Daily Archives: August 25, 2014

Arrestations de deux ex-officiers rwandais: l’armée s’explique

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David Kabuye et Frank Rusagara (et leurs familles et amis bien sûr) vont agrandir le nombre des opposants farouches à Paul Kagame

Cette semaine, coup sur coup, l’armée rwandaise a annoncé l’arrestation de deux de ses anciens officiers, le général Frank Rusagara et le capitaine David Kabuye, tous deux à la retraite. Ils seraient soupçonnés de crimes mettant en cause la sécurité de l’Etat, a indiqué le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l’armée, à des journaux locaux, insistant sur le fait que les deux hommes étaient innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit prouvée.

Plus que sur le motif des arrestations de Frank Rusagara et David Kabuye – des enquêtes seraient toujours en cours – le porte-parole de l’armée rwandaise a insisté auprès de la presse locale sur le fait que la procédure a été respectée, que les familles ont été dûment notifiées.

« Aucun membre de famille ne s’est plaint des arrestations », leur a assuré le général Joseph Nzabamwita ajoutant qu’« ils n’ont aucun problème avec les préoccupations de nos institutions ». Toujours dans l’entretien publié par la presse locale, le porte-parole de l’armée a conclu sur ce point : « ils sont nos frères et nos soeurs. »

« C’est assez cynique, commente un militant rwandais des droits de l’homme en exil, on ne peut pas se plaindre au Rwanda, surtout pas quand un proche est arrêté, on risque de lui causer davantage d’ennuis, voire même de suivre le même chemin. » Jusqu’à présent, effectivement, seul David Himbara qui avait refusé dans un premier temps de s’exprimer, a posté un commentaire indigné sur le réseau social Facebook : « Pourquoi Frank Rusagara est-il en prison ? Parce que la révolution mange ses enfants », écrit cet ancien conseiller du président Kagame, aujourd’hui en exil, prédisant que d’ici à la présidentielle de 2017, d’autres arrestations du même type auront lieu.

« Nous avons des préoccupations de sécurité nationale comme n’importe quel autre pays », explique une source officielle rwandaise ajoutant que « ce n’était pas à la communauté internationale – qui a fermé les yeux en 94 – ou à David Himbara d’expliquer au gouvernement ce qu’il doit faire pour assurer la sécurité de ses concitoyens. »

Source: http://www.rfi.fr/afrique/20140824-arrestations-deux-ex-officiers-rwandais-rusagara-kabuye-kagame-armee-s-explique/

France: What made the government resign?

French Economy Minister Montebourg attends a news conference at the Bercy Ministry in Paris

 

Arnaud Montebourg

The french premier Manuel Valls has submitted the government resignation to the President who immediately requested a new list of ministers by Tuesday August 27th, 2014. The main reason is the views expressed by the minister of economy Arnaud Montebourg who last Sunday told the media that France should take a different approach to save euro zone economy.

”The time has come for France to resist Germany’s “obsession” with austerity and promote alternative policies across the euro zone that support household consumption, firebrand French Economy Minister Arnaud Montebourg said on Sunday”. Hours after, the whole government was called to resign and the prime minister is to compose a new team to be presented to the president on Tuesday August 27, 2014.

Here is how Reuters put the story:

Deficit-reduction measures carried out since the 2008 financial crisis have crippled Europe’s economies and governments need to change course swiftly or they will lose their voters to populist and extremist parties, Montebourg told a socialists’ meeting in eastern France.

France is the euro zone’s second-biggest economy, the world’s fifth-greatest power, and it does not intend to align itself, ladies and gentlemen, with the excessive obsessions ofGermany‘s conservatives,” Montebourg said.

“That is why the time has come for France and its government, in the name of the European Union’s survival, to put up a just and sane resistance [to these policies].”

Montebourg said consensus was growing among economists and politicians worldwide on the need for growth-oriented policies and mentioned his German socialist counterpart Sigmar Gabriel and Italy‘s premier Matteo Renzi as potential allies.

He cited former president Charles de Gaulle and former British prime minister Margaret Thatcher as having effectively spoken up to change the course of EU policies they opposed.

Montebourg said he had personally asked President Francois Hollande for “a major re-direction of our economic policy”. The government should now focus less on cutting debt than on supporting households to revive consumption, a traditional economic driver, he said.

Montebourg, who makes no secret of his own presidential ambitions, is known for his frequent attacks on austerity, but his latest comments are likely to embarrass Hollande, who despite mounting pressure said just days earlier he would not back away from his policy based on spending cuts and corporate tax breaks.

Hollande’s business-minded policies have alienated many left-wing lawmakers and voters already frustrated with his failed pledge to curb unemployment. He is now the most unpopular president in over half a century, with an approval score of 17 percent in the latest Ifop poll.

Hollande’s office declined to comment on what Montebourg said. A source close to Prime Minister Manuel Valls said Montebourg had gone too far.

“Firstly, there are declarations on economic policy and secondly, statements on our European partner Germany that are extremely harsh. Therefore, considering the line has been crossed, the prime minister has decided to act,” the source said, giving no further details.

In an interview published on Saturday, Montebourg had already warned the austerity measures pursued by France and its European peers were strangling growth.

Six years after the collapse of banking group Lehman Brothers and the start of the global economic crisis, the United States and Britain have returned to growth while euro zoneeconomies are still shrinking or stagnating, he noted on Sunday.

“There is a disease specific to the euro zone, a serious disease, persistent and dangerous,” Montebourg said, arguing that fiscal and monetary austerity would not help end the crisis but had only worsened and extended it.

“The time has come for us to take on an alternative leadership, to set up an alternative motor and promote ideas and practices alternative to this destructive ideology,” he said.

 

Le gouvernement français en éclats

 

 

Tempête au sommet de l’Etat: la fronde du ministre de l’Economie,Arnaud Montebourg, a provoqué la chute du gouvernement deManuel Valls, qui a été chargé par François Hollande de composer une nouvelle équipe dès mardi.

Après un week-end agité par les déclarations anti-austérité de M. Montebourg dans les pages du Monde et ensuite depuis son fief électoral de Frangy-en-Bresse, le Premier ministre a présenté à François Hollande la démission de l’ensemble du gouvernement.

Manuel Valls, reçu pendant une heure lundi matin par le chef de l’Etat, est désormais chargé de constituer, d’ici mardi, une “équipe en cohérence avec les orientations” que François Hollande “a lui-même définies pour notre pays”, a déclaré l’Elysée dans un bref communiqué.

Rendez-vous avait été pris dès dimanche soir pour ce tête-à-tête à l’Elysée, indique l’entourage du chef de l’Etat, qui sera en fin de matinée à l’île de Sein (Finistère) pour le 70e anniversaire de la Libération du pays.

Dimanche soir, l’entourage de Manuel Valls avait lancé un premier avertissement en déclarant que le ministre de l’Economie avait “franchi une ligne jaune”, dans la mesure où “un ministre de l’Economie ne peut pas s’exprimer dans de telles conditions sur la ligne économique du gouvernement et sur un partenaire européen comme l’Allemagne”.

“Le Premier ministre est décidé à agir”, avait-il mis en garde. Mais l’hypothèse d’un recadrage était privilégiée et personne ne s’attendait à un remaniement.

Arnaud Montebourg, invité sur Europe 1 peu avant l’annonce de la démission du gouvernement, avait persisté dans sa critique du cap fixé par François Hollande, assurant toutefois qu’il ne se plaçait pas “dans l’hypothèse” d’un départ de l’exécutif.

“Il ne me semble pas qu’on se sépare de ministres pour la simple raison qu’ils portent des propositions dans un débat justifié”, avait-il dit, sans regretter ses déclarations. Rejoint dans son analyse par Benoît Hamon, qui était son invité vedette dimanche à Frangy-en-Bresse, il avait estimé qu’il n’y avait “nulle remise en question de la solidarité gouvernementale”.

– La gauche du PS furieuse –

“Ce soir, s’il est encore en poste à l’Economie, il n’y a plus de Premier ministre”, avait au contraire jugé le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, sur LCI et Radio Classique.

Soutenant la démarche de M. Montebourg, l’un de ses alliés quand elle était au gouvernement, l’ancienne ministre Cécile Duflot a affirmé de son côté: “nous serons nombreux à être aux côtés de tous ceux qui veulent ce changement de cap et de politique économique du gouvernement”.

Aux commandes depuis le printemps d’un grand pôle ministériel économique, Arnaud Montebourg, 51 ans, électron incommode de la famille socialiste, n’a cessé au cours de sa carrière politique de multiplier les coups d’éclat.

Dimanche, a Frangy-en-Bresse, il avait demandé à François Hollande une “inflexion majeure de notre politique économique”, assurant qu’il avait “le devoir” de “ne pas se taire” et “de proposer des solutions alternatives”.

Dans le journal Le Monde il demandait de “hausser le ton” vis-à-vis de l’Allemagne, “prise au piège de la politique austéritaire”, quand François Hollande, mercredi, déclarait ne pas vouloir de “face-à-face” avec Berlin.

Il représentait, avec son collègue de l’Education nationale, Benoît Hamon, la caution de l’aile gauche du gouvernement. Il avait d’ailleurs pris du galon à la faveur du gouvernement Valls en élargisssant son portefeuille à l’Economie, en plus du Redressement productif qu’il détenait depuis mai 2012.

Dimanche soir, Benoît Hamon n’avait pas été visé par le rappel à l’ordre de Matignon.

“On est maintenant devant une situation où la réponse est le durcissement et l’autorité. C’est la ligne désastreuse après ne pas avoir pris l’ensemble des forces de gauche qui avaient fait sa victoire, éliminé les écologistes puis éliminé l’aile récalcitrante qui représente quand même beaucoup de gens au sein du PS, François Hollande se trouve comme un roi nu”, a réagi Marie Noëlle Lienemann sur BFMTV.

Prise de court par l’annonce de la démission du gouvernement, la droite n’avait pas encore réagi à ce séisme politique en milieu de matinée