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Nyakimana : après Kibeho, un autre « Srebrenica » au Rwanda

Entre le 23 et  le  28 octobre 1997, les soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) ont tué entre 5000 et 8000 civils qui s’étaient réfugiés dans la grotte de Nyakimana pour fuir les représailles exercées par les soldats du Général Kagame dans le cadre de la guerre qui faisait rage entre ces derniers et les « abacengezi » au nord du Rwanda. Malgré que le nombre de victimes rappelle le massacre de Kibeho perpétré le 22 avril 1995[1]sous les yeux de la communauté internationale, dont des casques bleus de l’ONU, ainsi que celui de Srebrenica,  considéré comme étant « pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », le massacre de Nyakimana reste fortement méconnu du grand public et notamment des Rwandais eux-mêmes.

Dans cet article Jambonews revient sur ce massacre qui est notamment documenté par Amnesty International dans son rapport  « Rwanda – Les civils pris au piège dans le conflit armé « On ne peut plus compter les morts ».

Entre le 23 et le 28 octobre 1997 : journées noires à Nyakimana

De nombreux civils non armés furent tués au Rwanda au cours de l’année 1997. La plupart des tueries étaient commises dans les préfectures de Gisenyi et de Ruhengeri, sur fond de guerre sanglante entre l’APR et les Infiltrés « Abacengezi ».

L’épisode de la grotte avait été précédé par des affrontements entre l’APR et des groupes d’opposition armés sur un marché de Mahoko situé dans la commune de Kanama, préfecture Gisenyi, entre le 8 et le 10 août 1997. Ces affrontements avaient emmené plusieurs milliers d’habitants, « terrorisés par les soldats de l’APR et par les groupes d’opposition armés (…)qui s’en prenaient aussi bien aux militaires qu’aux civils »  à quitter leurs foyers.[2] Ainsi les habitants des secteurs Bisizi, Kanama, Karambo et Kayove avaient fui vers les secteurs de Kigarama et de Mukondo.[3]

A la mi-octobre des soldats de l’APR faisaient irruption sur les lieux où vivaient les déplacés, en leur demandant de rentrer chez eux. La population avait refusé, évoquant le fait que l’insécurité qui l’avait poussée à fuir était toujours présente. En guise de réponse, les soldats de l’APR ont tiré sur la foule pour forcer la population à retourner chez elle. Amnesty International n’avait à l’époque pas pu vérifier le nombre de personnes décédées sur place sous les balles des militaires, ni le nombre de personnes décédées en chemin ou qui furent assassinées une fois reconduits chez eux dans le secteur de Kayove.[4]

Le reste des déplacés, estimés entre  5000 et 8000 personnes dont des femmes et des jeunes enfants  se sont réfugiés dans les grottes de Nyakimana afin d’échapper aux militaires de l’APR qui les prenaient pour cibles et avaient installé des barrages routiers pour les empêcher de fuir.[5]

Quelques jours plus tard, en date du 23 octobre 1997, les soldats de l’APR attaquèrent la grotte à l’aide de grenades et d’autres explosifs et condamnèrent ensuite l’entrée avec du ciment et des cailloux pour empêcher toute fuite tuant ou condamnant à une mort certaine toutes les personnes qui s’y étaient réfugiées.

Selon un témoin interrogé par la VRT, la principale chaine de télévision belge et qui a eu une vingtaine de membres de sa famille tués dans les grottes, entre 8000 et 12 000 civils de quatre secteurs, avaient pris l’habitude depuis plusieurs semaines de se réfugier dans les grottes en cas d’affrontements entre l’APR et les infiltrés « tous ceux qui sont entrés la dedans sont morts .»

L’intervention des médias internationaux

Ce massacre aurait pu passer inaperçu aux yeux de la communauté internationale sans les témoignages de personnes qui s’y étaient réfugiées et qui avaient pu en sortir in extremis. L’une de ces personnes, qui avait pu sortir le 23 octobre tout au début de l’attaque et n’avait pas pu retourner récupérer sa famille car les militaires assiégeaient la grotte à son retour, est partie à Kigali d’où il a alerté, par fax, le reste de sa famille en Belgique. C’est ainsi que le Centre de Lutte contre L’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR), lança l’alerte aux médias et à la communauté internationale  par le communiqué n°22/97 du 22 novembre 1997.

Une fois ce massacre révélé, les autorités rwandaises nièrent dans un premier temps les faits mais finirent par prétexter que la grotte était une base arrière pour les Infiltrés et que dans ce cadre ils avaient bouclé les entrées pour empêcher les rebelles armés de fuir. Elles n’ont jamais admis que des milliers de civils non armés s’y trouvaient.[6]

Amnesty International a précisé ne pas avoir été en mesure de confirmer si, parmi la population cachée dans la grotte de Nyakimana, se trouvaient effectivement des éléments armés. Cependant, précise l’association de défense des droits de l’Homme « les informations obtenues des personnes présentes sur les lieux indiquent que ceux qui ont été tués entre le 23 et le 28 octobre étaient principalement des civils non armés, dont des femmes et de jeunes enfants qui étaient venus se mettre à l’abri. »[7]

Pour le centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda, « Les déclarations qui ont été diffusées par l’APR faisant état de la découverte d’un réseau de grottes servant de Centre de Commandement à la rébellion sont totalement fausses et visent à protéger les responsables militaires qui ont commis ce massacre de l’ampleur de celle de Kibeho. Contrairement à ce qu’elle a annoncé, la grotte ne contenait aucun infiltré. A moins que toute la population hutue ne soit considérée comme « infiltrée »! [8] 

Le Centre avait demandé à l’armée rwandaise de donner accès à la grotte aux observateurs des droits de l’Homme de l’ONU au motif que si comme elle le prétendait, « la grotte n’était qu’une base de la rébellion et ne contenait que des munitions et de la nourriture, elle ne devrait avoir aucune crainte de rouvrir la grotte et permettre son inspection par des enquêteurs indépendants », l’armée refusa catégoriquement d’accéder à toute demande d’inspection de la grotte par des observateurs indépendants.[9]

Le calvaire de Pierre Claver Nzabandora

Parmi les victimes piégées dans la grotte, figurent les quatre enfants de Pierre Claver Nzabandora, à l’époque responsable de la coopérative KIAKA, une coopérative regroupant les artisans de Kanama. En détresse, Nzabandora était allé, en compagnie d’autres civils, alerter les autorités locales sur le fait que ses enfants étaient dans la grotte et risquaient une mort imminente si aucun secours ne leur était apporté. En réponse, les autorités mirent au cachot tous les plaignants, ne les libérant qu’un mois et demi plus tard, suite aux critiques internationales que commençait à susciter l’affaire.

Au mois de décembre 1997, dans le cadre d’un reportage réalisé conjointement par la RTBF, Pierre-Claver Nzabandora a confié, à visage couvert, son calvaire aux journalistes belges : « Mes enfants étaient en train de fuir, ils ont croisé les gens qui fuyaient vers les grottes et les ont suivis. Nous avons essayé de contacter les autorités, quand nous avons expliqué la chose au bourgmestre, on nous a emprisonnés. Après un mois et demi ils nous ont relâchés. »[10]

Le 2 octobre 1998, quelques mois après son témoignage, il fut à son tour assassiné en plein jour lors d’une attaque contre la coopérative par « un groupe de 80 personnes en tenue militaire semblable à celle de l’Armée patriotique rwandaise ».[11]

Selon le témoignage d’un témoin oculaire parvenu au Centre de Lutte contre l’injustice et l’impunité au Rwanda, un assaillant a tiré froidement et à bout portant sur Pierre Claver Nzabandora, sans lui adresser la moindre parole.[12]

Durant l’attaque, plusieurs autres membres de la coopérative Kiaka, dont Gaëtan Nangwahafi, vice-président du CA et chef de la Section Traditionnelle, ainsi que plusieurs civils qui se trouvaient près des bâtiments, furent également tués.

« Les forces armées ont fait du très bon travail » selon Richard Sezibera

Face à l’ampleur que prenait l’affaire dans les médias internationaux, les responsables de l’APR organisèrent le 8 décembre 1997 une visite jusqu’à l’entrée de la grotte pour les journalistes. Alors que les autorités avaient dans un premier temps nié l’existence de cet épisode, face aux caméras internationales, et confrontées à l’odeur de cadavres qui émanait des grottes, les responsables durent admettre que des personnes avaient effectivement été enfermées dans les grottes mais ils affirmèrent qu’il s’agissait d’infiltrés qui s’y étaient repliés après avoir été repoussés par l’armée.

Après les avoir refoulés vers les grottes, l’armée aurait d’abord gardé les différents accès puis comblé ceux-ci. Dans le rapport d’Amnesty International, celui qui était à l’époque le porte-parole de l’APR et nommé depuis peu le ministre rwandais des Affaires étrangères du Rwanda (octobre 2018), le major Richard Sezibera, déclara : « Les forces armées ont fait du très bon travail. » Dans un autre reportage, il expliqua que les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme font passer la situation comme si le gouvernement était en train de tuer la population, ce qui selon lui est faux, ce dernier estimant que ces accusations seraient formulées sans preuves.

« La guerre contre les Abacengezi a servi de prétexte pour réduire la population Hutu »

Aujourd’hui, 21 ans après les faits, les témoignages affluent. Patrick Horanimpundu qui vivait dans la région à l’époque du massacre et rescapé d’une épuration ethnique perpétrée dans sa commune, a ainsi raconté à Jambonews cet épisode : « Quand les soldats du FPR ont encerclé le secteur de Gihira, dans la commune de Giciye, mais dans la partie plus proche de chez moi à Gaseke, ils ont tiré sur les populations pendant toute la journée. Ne sachant pas comment fuir, les habitants se sont réfugiés dans une grotte. Ne voulant pas poursuivre leurs victimes dans cette grotte, les soldats ont bouté le feu aux pneus des véhicules placés à l’entrée de la grotte, dans le feu ils ont immergé du piment pour irriter leurs victimes et les pousser à sortir. Voyant qu’elles ne sortaient pas, les soldats ont lancé des grenades et se sont mis à tirer dans la grotte, et finalement ils ont fini par bétonner la seule entrée de la grotte, ne laissant aucune chance de survie aux centaines de personnes qui s’y étaient engouffrées, hommes, femmes et enfants confondus. »

Eric Maniriho, lauréat du Prix Jeunesse engagée 2018 décerné à Montréal par le Réseau international des femmes pour la démocratie et la paix a également raconté à Jambonews comment lui, en compagnie de plusieurs centaines d’autres civils qui fuyaient les exactions de l’APR, a échappé de peu au massacre de la grotte : « Quand je suis arrivé à la grotte, il y avait une longue file d’attente pour entrer, je me suis dit que quand mon tour d’entrée arriverait il serait trop tard et j’ai continué ma course. »

Du côté de l’APR, Judi Rever a pu recueillir le témoignage de  Serge qui vit actuellement en exil. Serge faisait partie de l’équipe DMI (Directorate of Military Intelligence, le service du renseignement militaire) qui a participé à l’attaque contre les civils réfugiés dans la grotte. L’opération a selon lui été dirigée et commandée directement par leur chef, le général Karenzi Karake. Il décrit que plusieurs brigades sont arrivées sur les lieux, où des milliers de civils et non des Infiltrés étaient cachés. Le 23 octobre 1997, témoigne-t-il, l’équipe DMI a interdit les accès à la grotte et les unités des militaires ont commencé à lancer des grenades dans l’entrée. Serge témoigne que l’attaque de la grotte faisait partie d’un grand schéma : « Il y avait un plan lors de la contre-insurrection d’éliminer la population civile dans le Nord, oui il y avait des Infiltrés qui essayaient de renverser le gouvernement. Mais la guerre contre eux a servi de prétexte pour réduire la population Hutu. Il n’y a pas de doute là-dessus. »[13]

Les victimes

Dans le rapport d’Amnesty International, quelques-unes des victimes mortes dans la grotte :

  • Uwimana, 27 ans, Dusabe 13 ans, et Murora, 8 ans, 3 sœurs
  • une femme nommée Dathive, son mari et leurs trois enfants ;
  • 5 enfants d’une même famille, le plus âgé ayant seulement 12 ans.
  • 20 membres d’une même famille, en majorité des femmes et des enfants :
    • Cécile Nyirabalisesa, 57 ans, ses filles et fils :
    • Nyiramajyambere, 25 ans
    • Marie-Claire Nyirabazimenyera, 29 ans, et ses 3 jeunes enfants, dont le plus âgé n’avait que six ans
    • Jean-Bosco Nshimiyimana, 27 ans, sa femme, et son bébé âgé de quelques mois.

 

Ruhumuza Mbonyumutwa et Constance Mutimukeye

Jambonews.net

[1]http://www.jambonews.net/actualites/20180422-kibeho-1995-20-ans-apres-un-massacre-aux-oubliettes-de-lhistoire-rwandaise/

[2]Amnesty international,  « Rwanda – Les civils pris au piège dans le conflit armé,  On ne peut plus compter les morts», mise à jour du rapport publié le 25 septembre 1997, p. 3.

[3]Centre de Lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda, communiqué n°22/97 du 22 novembre 1997

[4]Amnesty international,o.c.p. 8.

[5]Ibid.

[6]Amnesty international, o.c., p. 9.

[7]Ibid.

[8]Communiqué n°22/97, o.c.

[9]Ibid.

[10]Son identité a été confirmée à Jambonews par Peter Verlinden, le journaliste ayant réalisé l’entretien.

[11]http://www.rwandavictimesoubliees.com/fr/victimes/nzabandora-pierre-claver

[12]Ibid.

[13]Judi Rever, “In praise of blood, the crimes of the Rwandan Patriotic Front”, Canada, Penguin Random House, 2018, p. 140.

Top Secret: Rwanda War Crimes Cover-Up

The United States and its allies are experts at covering their crimes and finding scapegoats to take the blame for them. They are doing it now with their disinformation campaigns against Russia, China, Iran, Venezuela, North Korea, and Syria. The show trials at the UN’s Yugoslav tribunal, the ICTY, were all about covering-up NATO’s war crimes and spinning lies to blame everything on the Serbs who resisted NATO’s aggression. They use their influence at the International Criminal Court for the same purposes. And now a document has come to light, leaked from the UN’s Rwanda war crimes tribunal, the ICTR, that contains a report on the war crimes of the US supported Rwanda Patriotic Front that invaded Rwanda from Uganda in 1990, conducted four years of terrorist operations against the Rwanda people and government, then in 1994 launched their final offensive and slaughtered their way to power. To discuss this document, marked “Top Secret” I have to burden the reader with a brief history of events from the evidence available in order to give it some context.

The night of April 6, 1994 the Hutu presidents of Rwanda and Burundi, Juvenal Habyarimana andCyprien Ntaryamira, and General Nsabimana, the Rwandan Army Chief of Staff, as well as several other dignitaries and a French flight crew were murdered when the plane they were on was shot down over Kigali airport by anti-aircraft missiles fired by members of the Tutsi-led Rwanda Patriotic Front, or RPF, with the assistance of the governments of several countries. Paul Kagame, the leader of the RPF junta now in control of Rwanda, and who was seen with US Army soldiers at his headquarters two days before the event, gave the final order for the shoot down but he did so with the assistance or complicity of the governments of the United States of America, Britain, Belgium, Canada, and Uganda. It was the United States and its allies, hoping to gain total control of the resources of Central Africa through their proxies in the Tutsi RPF, that provided the military support for the RPF invasion of Rwanda from Uganda beginning in 1990, flowing that support through Uganda.

It is known that the missiles used to shoot down the aircraft came from stockpiles the Americans had seized in their first war against Iraq, passed to Uganda, and it was in a warehouse at Kigali airport, rented by a CIA Swiss front company, that the missiles were assembled. In fact, the French anti-terrorist judgeJean-Louis Bruguiere, who spent several years investigating the shoot down on behalf of the families of the French flight-crew, told Boutros-Boutros Ghali, the Secretary-General of the UN in 1994, that the CIA was involved in the shoot down, adding strength to Boutros-Ghali’s statement to a Canadian journalist that the Americans are 100% responsible for what happened in Rwanda.

There is strong direct and circumstantial evidence that the Belgian and Canadian contingents of the UN peacekeeping force in Rwanda in 1993-94, known as UNAMIR, were also involved in the shoot down and assisted the RPF in their final offensive that was launched with the decapitation strike on the plane. It was the Canadian General Romeo Dallaire, Force Commander of UNAMIR, who arranged for one axis of the runway at the airport to be closed at the request of the RPF, making it easier to shoot down the plane as it tried to land.

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Source: NEO

Dallaire consistently sided with the RPF during his mandate, gave continuous military intelligence to the RPF about government army positions, took his orders from the American and Belgian ambassadors and another Canadian general, Maurice Baril, in the Department of Peace-Keeping Operations in New York, then headed by Kofi Annan, lied to his boss, Jacques Roger Booh-Booh, about his knowledge of a build-up for a final Ugandan Army-RPF offensive, and turned a blind eye to the infiltration into Kigali of possibly 13,000 RPF combatants when they were permitted only 600 under the Arusha Peace Accords signed in October 1993. It was another Canadian, General Guy Tousignant, who took over from Dallaire after the RPF took power when UNAMIR II helped the RPF consolidate the rewards of its aggression.

Burundi was involved both by permitting 600 US Army Rangers to be situated in Burundi in case they were needed by the RPF and by invading Rwanda from the south in May, 1994 to link up with the RPF forces. Tanzania was involved in both the planning of the shoot down and, itself invaded Rwanda from the east and south blocking escape routes for the Hutu refugees fleeing the atrocities of the RPF in their sweep towards Kigali.

Finally, evidence indicates that Belgian UN soldiers were in the immediate area of the missile launch site at the time of the shoot down and were also involved.

The report into the shoot down of the plane by the French investigative judge Jean-Louis Bruguière was leaked to the French newspaper Le Monde in 2004 and states that the RPF was responsible with the help of the CIA. But before the French judge began his investigation The Chief Prosecutor for the Rwanda tribunal, Canadian judge Louise Arbour, the same woman that framed up President Milosevic on behalf of the USA at the Yugoslav tribunal, was told in 1997 by her lead investigator, Australian lawyer Michael Hourigan, that it was the RPF commando group known as the “Network”, with the assistance of a foreign power, implicating the CIA, that was responsible for the shoot down.

At that point Arbour, instead of prosecuting everyone involved, as she should have done, on American instruction, ordered the investigation closed and kept secret thereby making her an accessory to a war crime. The facts relating to Arbour’s action is detailed in Michael Hourigan’s affidavit, still available on the internet and his report to the Office of Internal Oversight of the UN.

During the war crimes trials at the Rwanda tribunal defence lawyers, representing the only group targeted for prosecution, the side that tried to resist aggression, members of the Rwandan government, its armed forces and officials as well as Hutu intellectuals, demanded full disclosure of all the evidence the prosecution had relevant to what happened in the war and the allegations of war crimes made against our clients. In the trial of my client, General Ndindilyimana, Chief of Staff of the Gendarmerie, who after a long struggle was finally acquitted, made repeated requests for disclosure of that evidence but we never received the complete disclosure we demanded because over time we became aware that the prosecution had much more material than they were willing to show us.

One famous example of this is the Gersony Report made by Robert Gersony, a USAID, official seconded to the UN, who filed a report to the High Commissioner For Refugees in October 1994 setting out his findings that the RPF forces engaged in the systematic massacres of Hutus across Rwanda during their offensive, which he characterized as genocide. This report too was kept secret by the UNHCR and by the prosecution lawyers in our trial who even denied that it existed. But in 2008 my team found it by chance, and in the prosecution files, and I was able to produce it into evidence in the trial, along with a letter from Paul Kagame dated August of 1994 in which he refers to a meeting with Ugandan president Museveni in which the “plan for Zaire” was discussed. Those two agreed that the Hutus were in the way of the “plan” but Kagame stated that they were working with the Belgian, American and British intelligence services to execute the “plan” and the problem would be solved, The world has since seen what this ‘plan” involved; the invasions of Zaire, the extermination of hundreds of thousands of Hutu refugees, the killings of millions of Congolese in the wars that followed, as detailed in the leaked UN Mapping Report of 2010, and the shattering of Congo into fragments to be easily exploited by western mining companies.

Yet, little did we know as our trial proceeded that the prosecution had in their hands another document, an internal report dated October 1, 2003 in which their own investigators list and describe in 31 pages the crimes of the RPF forces they had investigated. This report, designated Top Secret, has recently been leaked and a copy was sent to me, among others, to examine and it is as damning of the RPF, and therefore their western allies, as the others.

The document, with the subject reference General Report on the Special Investigations concerning the crimes committed by the Rwanda Patriotic Army (RPA) during 1994’ was sent to the then Prosecutor Hassan Jallow by three members of the Prosecution Special Investigations Unit. It provides to the Prosecutor the evidence they had gathered that the RPA had committed massacres of thousands of Hutus in various places across Rwanda, for example, Byumba, Kabgayi, Rambara, Gitarama, and Butare, as well as the murder of three Catholic bishops and nine other priests at a church. The circumstances set out in the report confirm Gersony’s Report of similar massacres and also confirms witness testimony we heard during the trials that the RPA forces had infiltrated men into civilian barricades to kill people in order to pin the crimes on the Rwandan government forces and the youth group known as the interahamwe.

Finally they provide, once again, further evidence that the RPA did shoot down the presidential plane, confirming the findings of Michael Hourigan in 1997 detailed above and which Louise Arbour had ordered kept secret, confirming the findings of the French report and confirming the evidence we filed at trial to the same effect, including a radio intercept from Kagame to his forces, the day after the plane was hit, celebrating the downing of the plane as a successful operation. It is a very important and damning report. Kept secret. One wonders how many more secret reports they have.

There is not space here to detail the horrific crimes set out in the document, or to relate to you the evidence we heard at the trials-what one Hutu refugee, speaking of the hunting down of Hutu refugees in the Congo by the RPF forces, assisted by spotter planes with US Air Force markings, called the “genocide with no name,” so I provide just a few examples from this document to give readers the picture. On page 28, in reference to the capital city of Rwanda, Kigali, it states:

Camp Kanombe (a government military base) at the end of May 1994. When the RPA captured Kanombe, approximately 1500 civilians had taken refuge in the camp. They were all massacred by the RPA.’

Kanombe Airport, at the end of May 1994, approximately 200 to 300 civilians of all ages were brought …and executed.”

Masaka, Kanombe commune, end of July 1994, – in 5 days approximately 6,000 women children and men were executed with their arms tied behind their back at the elbow.

Camp Kami, during the capture of the camp by the RPA thousands of civilians who had taken refuge there were executed”

The picture is clear. Yet, to this date not a single member of the RPF or their western allies has been charged for their responsibility for these crimes and Paul Kagame, who ordered these killings, is hosted with smiles by leaders from Canada to France to China. The prosecutors who decided to protect these war criminals, and who, by withholding evidence of what really happened, obstructed justice, conspired to frame up those standing accused before the tribunal, turned international justice into a travesty, and gave these criminals immunity from prosecution and encouragement to commit more crimes have moved on to lucrative positions. Fatima Bensouda, one of those former ICTR prosecutors, is now the prosecutor of the International Criminal Court.

Where is the justice for the 6,000 men, women and children murdered at Masaka? Where is the hue and cry for the head of Paul Kagame as there was for the head of President Milosevic and the allegations he faced or as President Aassad of Syria faces? Where is the hue and cry for the head of General Dallaire, or for Louise Arbour, who condoned these crimes, as there was for General Mladic regarding the allegations about Srebrenica? There is none. Instead they are made celebrities, for we live a world in which criminals have seized hold of morality and justice and hanged them from a tree.

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Christopher Black is an international criminal lawyer based in Toronto. He is known for a number of high-profile war crimes cases and recently published his novel “Beneath the Clouds. He writes essays on international law, politics and world events, especially for the online magazine “New Eastern Outlook.” He is a frequent contributor to Global Research.

Remaniement ministériel au Rwanda: deux poids lourds quittent le gouvernement

Au Rwanda, le président Paul Kagame a remanié son gouvernement. Il concerne notamment deux portefeuilles stratégiques : les Affaires étrangères et la Défense. Pour le premier, Louise Mushikiwabo, élue à la tête de la francophonie, laisse sa place quant au ministre James Kabarebe, il devient conseiller spécial du président.

C’est tout d’abord un gouvernement plus restreint, plus féminin qu’a désormais le Rwanda. Le nombre de ministères passe de 31 à 26, dont la moitié est occupée par des femmes. Après l’Ethiopie, il y a quelques jours, le Rwanda devient donc le second pays africain à respecter l’équilibre paritaire. « Ce nouveau remaniement vise à rendre le gouvernement plus structuré, plus efficace et davantage axé sur les services aux populations », expliqué la présidence dans un communiqué officiel.

Le gros changement de ce gouvernement, c’est le départ de deux poids lourds. Après dix ans à la tête de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo s’en va pour devenir la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie. Elle est remplacée par Richard Sezibera, ancien secrétaire général de la Communauté d’Afrique de l’Est. Plus inattendu, c’est le départ d’un des piliers du régime, James Kabarebe. Ministre de la Défense depuis 2010, ex-chef d’état-major de l’armée, et ancien compagnon de lutte du président Kagame lors du génocide, ce dernier occupera désormais le poste nouvellement créé de conseiller spécial du président pour les questions de sécurité.

S’agit-il d’une promotion ou d’une mise à l’écart ? James Kabarebe fait partie des sept proches du président Kagame inculpés en France dans l’enquête sur l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, qui a précipité le génocide en 1994. Sept personnes contre qui le parquet de Paris a justement demandé la semaine dernière l’abandon des poursuites faute de preuves suffisantes.

Pour le chercheur André Guichaoua, il faut comprendre ce qu’il considère comme « l’éviction » de James Kabarebe dans ce contexte et dans celui de l’élection de Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie. « James Kaberebe est le personnage-clé de la procédure engagée en France, rappelle-t-il. Au vu des succès récents acquis au niveau international, il faisait tâche d’autant plus qu’il avait plus ou moins été mis en retrait depuis plusieurs années, surtout depuis la relance de la procédure en 2017 quand il a été à nouveau convoqué par Paris ».

Kabarebe sort-il du jeu ? Une analyse contestée par des responsables rwandais. Si James Kabarebe perd en visibilité, il ne perd pas en influence et garde un regard sur la Défense.

RFI

Iperereza rya LONI (TPIR) ku bwicanyi bw’abasirikare bari aba FPR (APR) mu w’1994

Ku itariki ya 01 Ukwakira 2003, Lejmi Muhamed Ali, Hamidou Maiga, Jean Bastarache, bandikiye Umushinjacyaha mukuru muri TPIR Hassan Boubacar Jallow, ku bijyanye na raporo ku iperreeza ku bwicanyi bwakozwe n’ingabo zari iza FPR, bashyikirije mu mwaka w’1994. Imyaka 15 irashize. Turabaza umutumirwa wacu niba raporo nk’iyi izagera aho igahabwa agaciro k’icyo yari yateguriwe. Kuki bitashobotse mbere?

Ni mukiganiro naAmb Jean Marie Vianney Ndagijimana tariki ya 05/10/2018

LECP INFO