Monthly Archives: June 2019

Rwanda: “Dépasser Ligne la ligne rouge”: un programme macabre de Kagame

Publié le 29 Juin 2019 par Sylvestre Nsengiyumva

« Ndakureka ukisararangaaa…wamara kurenga umurongo utukura ntumenya ikigukubise! Actually, Sendashonga was shot dead because he had crossed the red line! ».

Voilà ! J’apprends à l’instant la mort « inopinée » du grand frère de Cassien Ntamuhanga, sans doute victime d’une opération « collatérale » dont la vraie cible est l’autre, momentanément hors champ.

Vous savez, un des nombreux jeunes qui disent « kiffer » mes chroniques radiophoniques et mes billets épistolaires n’arrête pas de « me les casser » gentiment, convaincu que je suis fait pour écrire des livres (ça rêve encore à cet âge !).

Soit, pour le calmer, voici en primeur ce qui pourrait être le titre de cet hypothétique ouvrage : RWANDA-LA LIGNE ROUGE SANG. Et, ci-après, une première « bonne feuille »…

Je suis sincèrement peiné de devoir m’inscrire encore en faux contre Paul Kagame (alors que, paraît-il, il me graisse pour « dizinguer » de temps à autres son ennemi mortel Rukokoma !), mais c’est plus fort que moi : sa proposition « tu passes la ligne rouge et je te tue » est une arnaque psychologique inouïe, recyclée par tout criminel depuis que le monde est monde, soucieux à la fois de tromper sa mauvaise conscience et de se dédouaner face aux tiers. Il espère ainsi faire porter le chapeau à sa victime en la rendant responsable de son forfait à lui, mais qu’elle aurait provoqué !

La proposition appropriée est : « je dépasse la ligne rouge, et je te tue » ! Nuance de taille s’il en est, car jamais le futur tué ne dépassera « LA » ligne rouge, et pour cause : il n’en connaît pas l’existence, encore moins la localisation. C’est le bourreau, le tueur, le sanguinaire qui se charge de tout : cette ligne, qui prend un jour naissance dans sa cervelle de psychopathe, sous la forme d’un continuum de sang humain, c’est lui qui en conçoit le tracé et en dessine le contour. Il en définit les modalités gestionnaires (déplacements éventuels dans le temps et /ou dans l’espace), et décide tout seul de l’instant fatidique où il va l’enjamber pour commettre l’irréparable : tuer, assassiner, massacrer, génocider … !

Au Rwanda comme ailleurs, tous les conflits (amasinde) individuels, familiaux, communautaires ou nationaux sont susceptibles d’être aplanis…tant qu’il n’y a pas encore mort d’homme ! Mais ici plus que dans maintes autres sociétés, dans cette culture qui valorise le « guhora » plus encore que la botte italienne valorise la « vendetta », celui qui franchit la ligne rouge et signe le geste ultime et irréversible de tuer, écrit de facto, à l’encre rouge sang indélébile, ce mot effrayant : INZIGO !

Pendant que j’écris ces lignes, la « somalisation » annoncée du Rwanda est déjà en cours dans les forêts du Congo, avant (qui sait ?) de passer la frontière : au moins quatre armées « rwandaises » sont occupées à se trucider mutuellement, sur les différentes lignes de fractures identitaires historiques qui traversent notre société, dans un chaos sanglant indescriptible.

C’est que Paul Kagame, s’il est un artiste en la matière, n’a pas inventé la roue : tout au long de notre histoire, des leaders irresponsables ont allègrement franchi des lignes rouges pour perpétrer des crimes de masse, inaugurant au passage des « Inzigo » collectifs entre les différents groupes prétendument communautaires que compte la société rwandaise.

Le Mwega Kabare a « tikizé » les Banyiginya, du verbe « gutikiza ». Le Hutu Kayibanda a massacré les Tutsi. Le Mukiga Habyarimana a « pogrommé » une cinquantaine de leaders historiques Banyanduga. Le Hutu Sindikubwabo a « génocidé » les Tutsi, pendant que le Tutsi Kagame « punguzait » les Hutu, du verbe swahili « kupunguza ». Paul Kagame continue, depuis, à « gafuner » indistinctement Hutu et Tutsi, du verbe « gukubita agafuni muri nyiramivumbi » ! Résultat : nul ne sait s’il est déjà né l’homme providentiel, le « Mandela rwandais » au charisme divin qui aura assez de magnétisme pour siffler la fin de cette récréation macabre et imposer (enfin) un État-Nation.

Sylvestre Nsengiyumva.

Source :

Inkotanyi ziri ugutatu: Turusheho gusobanukirwa

Inkotanyi ziri ugutatu : hari Inkotanyi « Sous-Statut », Inkotanyi « Sous-Contrat » n’Inkotanyi « Nyakabyizi ».

1.Inkotanyi Sous-Statut ni ab’ikubitiro, abo ba afandi Musitu biyonkoye kuli NRA ya Museveni batera u Rwanda bayobowe na Jenerali Rwigema Fred mu Ukwakira 90. Abo nibo umugabo Aloyizi Ngurumbe yaduhishuriye izina ryabo « Inyeenzi » aribyo ngo bivuga “Ingangurarugo ziyemeje kuba ingenzi”, nibo bamwe bise “inyéenzi” bitagize icyo bivuze usibye gutukana… Ikiranga izo Nkotanyi « Sous-Statut » ni uko Inyeenzi ihora ari Inyeenzi kabone n’ubwo yaba yaravanguye n’ubuyobozi bukuru ikitandukanya n’umuryango. Inyeenzi ihora ari Inyeenzi ntishobora guhinduka bibaho, n’ubwo yaba idacana uwaka n’Inyeenzi nkuru Pahulo Kagame basangiye amata n’amaraso, n’ubwo umwe yakwica undi bagahamba, bombi baba ari Inyeenzi. Izo Nyeenzi zihuriye ku kintu kindi gikomeye : gupfobya abatari Inyeenzi bose, gupfobya revolusiyo ya 1959, gushimagiza igitero cy’Ukwakira 90 no gupfobya demokarasi mpuzamahanga isobanura ko nta muntu uvukana imbuto, kuko buri wese afite ijwi ringana n’iry’undi.

2.Inkotanyi Sous-Contrat zo, ni abishyize mu biganza by’Inkotanyi Sous-Statut bamaze kubona ko zifite amahirwe adasubirwaho yo kuzegukana intsinzi. Inkotanyi Sous-Contrat ni benshi cyane, wahera kuli Kanyarengwe na Pasteur Bizimungu : bakoze uko bashoboye ngo bagume mu rukundo n’icyizere by’Inkotanyi Sous-Statut aliko ntibyatinze zibashyira aho bagomba kujya, zimaze kubona ko barangije kuziha umusanzu wose zari zibakeneyeho bakaba babaye yuzelesi (useless). Aho umukino w’Inkotanyi Sous-Statut ubereye akamaramaza aliko, ni uko iyo zisezereye Inkotanyi Sous-Contrat zikayohereza “kuryama” nk’uko amalimbi abitwereka bihagije, ni uko zihita ziyisimbuza indi Nkotanyi Sous-Contrat, dore ko abahara amavi basaba agakontaro bahora benshi. Nguko rero uko Inkotanyi Sous-Contrat zisohoka izindi zinjira. Reba nka Olivier Nduhungirehe uburyo akotana kurusha abazima n’abapfuye ngo arwane ku ga kontaro bamuhaye, agomba kuba asoma ku kamogi buli gitondo ! Ngurwo urupfu rw’Inkotanyi Sous-Contrat : guhora baceka inkoro bishinja ibyaha bitanabayeho, bakagomba no kuvuma abababyaye mu ruhame kumwe kwa Bamporiki. Inkotanyi Sous-Contrat si abantu bigenga ni ibikange by’ibishushungwe.

3.Inkotanyi-Nyakabyizi rero zo, ni abo bose babanda urugi rw’Inkotanyi Sous-Statut ngo zibazamure zibahe nabo agakontaro bave mu bwoba no mu butindi. Ikiranga izo Nkotanyi-Nyakabyizi zose zikaba zigihuriyeho, ni uko biyambuye ubumuntu bashyira ubwenge mu gifu. Ngabo kuli murandasi baririza umunsi wose bwakwira bakarikesha bashimagiza ibyo bita intsinzi kandi ari amahano yakozwe n’Inkotanyi Sous-Statut, bakaburanira shitani ku buryo rwose n’aho ba nyirubwite bagira isoni zo gusobanura baha urubuga izo Ntorehamwe z’Inkotanyi-Nyakabyizi zikaba ari zo zisobanura zidategwa kandi zigashimagiza agahomamunwa. Birababaje kubona Abanyarwanda tuzi kwirengagiza ukuli tugashyashyariza ishyano kubera uyu mwogo w’inda ! Gusa ikindema agatima, ni uko abo bose, bose rwose, ari Inkotanyi Sous-Contrat ari n’Inkotanyi Nyakabyizi, abenshi cyane muli bo barasenga uko bwije uko bukeye bategereje kwumva ifilimbi y’impinduramatwara.

Source: Dr Biruka, 24/06/2019

Belgique : Quand KAGAME exporte sa criminalité de Kigali à Bruxelles !

COMUNIQUE  142-2019
FB_IMG_1560935264932Le régime totalitaire du Rwanda consolide ses réseaux terroristes en Belgique et la police enquête en profondeur

 

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda dénonce et condamne plusieurs attaques terroristes contre les opposants politiques qui manifestaient pacifiquement à Tour et Taxis contre le séjour du dictateur Paul KAGAME, président du Rwanda, qui se trouve actuellement en Belgique. C’était pendant la manifestation de ce mardi le 18 juin 2019.

Les courtisans du président Kagame ont tenu leur manifestation autorisée pour le soutenir ce mardi matin 18 juin 2019 à partir de 9h.

Les opposants à Kagame ont tenu leur manifestation autorisée à partir de 14h. Comme c’est devenu une mauvaise habitude, KAGAME qui, depuis l’Uganda dans les années 1980, n’a jamais cessé de terroriser ses opposants par les meurtres, les agressions physiques, les emprisonnements arbitraires et autres harcèlements moraux, a commandité des attaques terroristes contre ses opposants sur le lieu même de la Manifestation. L’objectif c’est d’imposer ses méthodes terroristes en Europe en croyant décourager ses opposants. Pourtant la terreur ne fait que renforcer leur détermination.

Voici le déroulement de ces attaques et les dégâts constatés ce 18/06/2019 :

1) Un manifestant a été pris en chasse par deux agresseurs qui sont sortis d’une voiture. Il a couru pour leur échapper et a changé de trottoir à la recherche des ouvriers qui déchargeaient un camion non loin de là. Lorsque les agresseurs l’ont vu demander secours à ces ouvriers, ils se sont sauvés pour aller changer de voiture et revenir guetter son retour. Le manifestant les a remarqué et est revenu sur ses pas chercher les policiers qui n’ont pas pu les retrouver. Ce manifestant constituait une cible facile, puisqu’il venait de laisser sa voiture électrique en charge à la station Service TOTAL situé à 500 mètres environ de l’entrée principale du Site Tour et Taxis où se déroulait la manifestation des opposants au président Kagame.

2) Les agresseurs sont revenus à pieds en empruntant le trottoir boisé et ont cassé deux taxis voitures appartenant à deux manifestants qui ont porté plainte à la police après notre manifestation. Une des deux voitures a eu son pare-brise cassé, tandis que l’autre sa lunette arrière et la vitre latérale à l’arrière côté droit ont été casséés. Rien n’a été volé dans les deux voitures.

Le modus opérandi reste le même : Quelques individus ont été engagés pour attaquer et blesser des manifestants isolés, avant de prendre la fuite à bord des voitures qu’ils changent comme des chemises. En général, ces agresseurs se terrent dans des voitures et tentent de surprendre un ou deux manifestants isolés. En outre, certains courtisans du président Kagame sont impliqués à divers niveaux dans ces activités terroristes au Rwanda et ailleurs dans le monde. Ce sont eux qui identifient les cibles et engagent ces agresseurs.

Ce sont ces complices qui feront l’objet des enquêtes approfondies par les services de sécurité et la cellule antiterroriste belges. Parce que sans les commanditaires résidant en Belgique, il n’y aurait pas d’attaques terroristes contre des opposants politiques d’origine rwandaise. Nous avons fourni à la police un maximum de renseignements sur ces réseaux terroristes et les présumés complices. Nous avons exigé que ce dossier soit traité de la même façon que celui des casseurs de magasins du quartier Matonge à Bruxelles il y a quelques années.

Les opposants sont victimes du régime totalitaire de Paul Kagame :

Voici la description de ce genre de régime telle qu’elle a été définie par des spécialistes et publiée dans le livre du moine bouddhiste d’origine française, Mathieu RICARD intitulé « Plaidoyer pour l’Altruisme : La force de la bienveillance » pages 470 à 471 et publié aux Editions des Noyelles.

Les régimes totalitaires méprisent la raison et n’accordent aucune valeur à la vie humaine. Ils ne font aucun effort pour évaluer les conséquences de leur idéologie et de leurs activités. Ils méprisent également la liberté intellectuelle, l’essor des connaissances et le respect de la justice. Goering proclamait en mars 1933 : « Ici, je n’ai pas besoin de me préoccuper de justice ; mon unique mission est de détruire et d’exterminer, rien d’autre ».

Le mépris des dirigeants pour les individus au service d’un idéal aveugle conduit également à n’accorder aucune valeur à l’autre, et par extension à la vie humaine. Mao Tsé-toung n’hésitait pas à dire que la vie de ses citoyens ne comptait guère pour arriver à ses fins : « Si l’on additionne tous les propriétaires fonciers, les paysans riches, les contre-révolutionnaires, les mauvais éléments et les réactionnaires, leur nombre devrait atteindre 30 millions… Dans notre population de 600 millions de personnes, ces 30 millions ne sont qu’une (seule portion) sur vingt. Qu’y a-t-il à craindre ?… Nous avons tellement de monde. Nous pouvons nous permettre d’en perdre quelques-uns. Quelle différence cela fait-il » Il ajoutait : « Les morts ont des avantages. Ils fertilisent le sol ». Mao, directement ou indirectement, causa la mort de 50 millions de personnes.

Ceux qui sont au service des dictateurs et en exécutent les ordres sont souvent frappés du même aveuglement et du même mépris de la vie humaine. Comme l’explique Todorov, tous les régimes extrémistes se servent du principe : « Qui n’est pas pour moi est contre moi », mais seuls les régimes totalitaires ajoutent : « Et qui est contre moi doit périr ». Ce qui caractérise plus spécifiquement le totalitarisme est que cet ennemi se trouve à l’intérieur même du pays, et que l’on étend le principe de guerre aux relations entre groupes de compatriotes.

Les systèmes totalitaires renoncent à l’universalité et divisent l’humanité en êtres supérieurs (leurs partisans) et en êtres inférieurs (leurs opposants qui doivent être punis, voire éliminés). C’est le régime qui détient la mesure du bien et du mal et décide de la direction dans laquelle la société doit évoluer.

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L’Etat doit contrôler l’intégralité de la vie sociale d’un individu : son travail, son lieu d’habitation, ses biens, l’éducation de ses enfants, et même sa vie familiale et amoureuse. Cette totale mainmise lui permet d’obtenir la soumission de ses sujets : il n’y a plus de lieu où ils pourraient s’abriter et lui échapper.

Recommandations :

Nous demandons au Ministre de l’Intérieur du Royaume de Belgique, qui a la police dans ses attributions, de tout faire pour démanteler tous les réseaux terroristes que le président KAGAME tente d’implanter en Belgique et où se trouvent bon nombre de ses opposants. Pour ce faire, la police belge devra collaborer avec la police britannique qui a déjà démantelé quelques réseaux terroristes rwandais en Angleterre.

Nous demandons aux autorités rwandaises d’arrêter ce genre d’agressions terroristes et de comprendre qu’en Europe les populations sont civilisées et ne peuvent tolérer le terrorisme du président Kagame sur le territoire européen. Ces autorités savent très bien que la terreur ne fonctionne plus ni au Rwanda, ni ailleurs dans le monde. Il n’existe pas de bons terroristes.

Nous demandons aux courtisans du président Kagame de faire attention et de ne pas tomber dans le piège du tyran de Kigali. Ils connaissent très bien que Kagame finit toujours par éliminer ses courtisans tôt ou tard. Les courtisans qui lui survivront et qui auront été identifiés comme agresseurs ou comme complices de ces agresseurs risquent non seulement la prison ici en Europe mais aussi l’expulsion vers la terre de la brutalité rwandaise à Kigali.

Nous demandons aux opposants politiques de ne pas succomber à la peur et de poursuivre leur combat pour libérer le Rwanda de la tyrannie.

Nous saluons la publication ce matin du 18 juin 2019 de l’article de Jambonews intitulé : « Les activités obscures de l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles ». C’était très tôt le matin avant ces attaques terroristes qui ont été perpétrées dans l’après midi.

Fait à Bruxelles, le 18 juin 2019

Pour le CLIIR, MATATA Joseph, Coordinateur.

CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.

Imyigaragambyo yamagana Paul Kagame i Buruseli mu Bubiligi.

Paul Kagame akomeje iterabwoba ku banyarwanda bamuhunze !

Kuri uyu wa 18 kamena 2019, abanyarwanda batagira ingano bahuriye i Bruxelles mu Bubiligi
Kwamagana umunyagitugu Paul Kagame wari witabiriye inama ya EUROPEAN DEVELOPMENT DAYS(EDD) yateranye ku nshuro yayo ya 13.
Insanganyamatsiko y’iyi nama iragira iti “Addressing inequalities, building a world which leaves no one behind” ngenekereje mu Kinyarwanda “kurwanya ubusumbane, kubaka isi itagira uwo isiga inyuma”
Iyi nsanganyamatsiko yatumye nibaza icyo Umunyagitugu Paul Kagame aba aje gusangiza abandi mu gihe mu Rwanda harangwa ubusumbane mu mfuruka zose z’igihugu; muri serivise no mu buzima bwa buri munsi ! si icyo gusa kandi PAUL KAGAME icyo Arusha abandi nuko agerekaho gukenesha rubanda; kuburabuza; kwica umuntu wese ugerageje kugaragaza ko mu Rwanda ubusumbane bwahawe intebe!
Ni muri urwo rwego abanyarwanda baturutse imihanda yose y’isi, bakitabira imyigaragambyo bamaganira kure kandi bagaragariza amahanga uburyo umunyagitugu Paul Kagame adasiba kugarika ingogo haba mu Rwanda ndetse no hanze yarwo.
Intero y’abitabiriye imyigaragambyo yagiraga iti:”Paul Kagame umwicanyi, yishe Rwisereka, yica Anselme Mutuyimana, yica abanyarwanda, yica abanyekongo, yica abanyamulenge, yica abafaransa, yica ababiligi,……….Paul Kagame agomba gufatwa akajyanwa i La Haye” ayo niyo mashyi n’impundu yakirijwe umukuru w’igihugu cy’u Rwanda.
Igihe imyigaragambyo yari irimbanyije, intore za Kagame zibasiye imodoka za bamwe mu bari bitabiriye imyigaragambyo zizimena ibirahure! Izi modoka zari ziparitse kure gato y’ahaberaga imyigaragambyo.

Abigaragambya bakimara kubona ibyabaye bitabaje Police dore ko yari ibacungiye umutekano! Police yahise itangira iperereza kuko izo ntore zitahise zifatwa.
Abanyapolitike ndetse n’abahagarariye imiryango ya société civile bari aho, bavuzeko bagiyegukora rapport y’ibyabaye maze bagahamagarira abanyarwanda n’abanyamahanga cyane cyane abatuye i Bulayi mu myigaragambyo karundura yamagana iterabwoba umunyagitugu Paul Kagame akomeje gukorera abanyarwanda, haba mu Rwanda ndetse no hanze yarwo.
Mu ijambo ryo gusoza imyigaragambyo , umuhuzabikorwa wa société civile (CLIIR) Joseph Matata, yabwiye abitabiriye imyigaragambyo ati:”Kagame mwaramuhagurukiye, ntabwo ari igiparu aravaho! Indi nkuru nziza nuko intore ze yazitoje kwicana, twebwe twabatoje kuba libre no kwerekena uburenganzira bwanyu no gutinyuka. Muri abagabo!” Akomeza agira ati “umudigitateri yigiza nkana kuberako aba abona abantu bamwihoreye, ariko iyo bamuhagurukiye!!! Umudigitateri afite utuboko tubiri, akagira utuguru tubiri, akagira agatwe kamwe, akagira amatwi abiri, akagira umunwa umwe, akagira amaso abiri, ni nk’umuturage uwo ariwe wese! Ni ukuvuga ko imbaraga umudigitateri afite nimwe muzimutiza, muzimwambuye yakwirukanka akamera nk’inkoko ikwamiye mu nkike! Ubwo rero murabyumva ni ahanyu, mumwambure amaboko ahasigaye ak’umwicanyi kazaba gashobotse!”
“Kurwanya ubusumbane, kubaka isi itagira uwo isiga inyuma” bigomba guhera mu Rwanda , umunyagitugu Paul Kagame nta mwanya akwiye mu ruhando mpuzamahanga!

Ijisho ry’umutaripfana
Rugaravu Protais

Kagame regime’s false claims on financial self-reliance.

General Paul Kagame and his regime live in fantasy land. They tirelessly seek to impress the world that Rwanda is an African success story and development model. The latest big lie is that Rwanda is weaning itself off from foreign aid. This fantasy was floated by the minister of finance who spectacularly claimed in his budget speech that Rwanda is moving towards financial self-reliance:

”Total domestic resources and loans combined account for 85.8 percent of the entire budget of 2019/2020 fiscal year, which is a good indication towards our objective of self-reliance.”

A closer look at the 2019/20 budget shows the reverse. Kagame’s Rwanda remains a Banana Republic heavily dependent on foreign aid.

The 2019/2020 budget demonstrates the reverse of the regime’s claim that it is moving towards self-reliance.

According to Rwanda finance minister, the total budget for 2019/20 is RWF2.87 trillion or US$3.2 billion. He then says that RWF1,963.8 or US$2.1 billion will come from ”domestic resources.” Here, the minister’s story begins to fall apart. The US$2.1 billion to be raised from within Rwanda, in the minister’s own words ”include domestic borrowing.” Even though the minister does not reveal the amount of money that will come from domestic borrowing, he nonetheless indicates what will be generated from government via taxes. In the minister’s own words, ”tax revenue collections are estimated at Frw 1,535.8 billion which accounts for 53.4% of the total budget.” Put in another way, the regime’s own contribution to the 2019/20 is US$1.7 billion representing 53.4%.

This is embarrassing in a double sense. First, here is a regime that can mobilize only 53.4% of its budget from its own tax revenue but keeps boasting that it is an African success story. Second, here is a regime that thinks everyone else is stupid and will swallow its falsehoods.

Where will the rest of budget financing come from?

Government briefing donors during budget formulation, 2019

The rest of budget financing for 2019/20 will come from donor grants and loans — and of course, domestic borrowing. The ministry of finance describes donor financing of the budget as follows:

”The remainder of the budget will be funded through external sources worth Frw906.7 billion which accounts for 31.5% of the total budget. These include grants worth Frw409.8 billion (14.2%) and loans worth 497.0 billion (17.3%).

There goes Kagame’s financial self-reliance. As indicated in the ministry of finance’s statement, the external grant and external loan components of the 2019/20 budget amount to RWF9 billion or US$1 billion representing 31.5%.

Enormous amounts of foreign grants and loans go into Rwanda’s development budget.

According to the World Bank, 58.6% of capital formation in Rwanda comes from foreign aid.

There is worse news than foreign grants and loans that amount to 31.5% of Kagame’s budget. This is shown by the financing of the development budget as opposed to the recurrent budget. In 2019/20 Rwandan budget, 49.5% of the total budget is earmarked for the recurrent budget, while 40% will finance development budget.

The development budget amounting to RWF1.15 trillion or US$1.2 billion reveals an additional form of donor dependence by the Kagame regime. Donors will pump into the development budget some RWF458.2 billion or US$511 million versus the regime’s own funding of RWF694 billion or US$775 million. In other words, the difference between what Kagame and the donors will spend in capital formation is a mere US$264 million. And if 2017/18 is any indication, the Kagame regime may not fulfill its promises and donors may once again step in to supplement the development budget. Here is how the Ministry of Finance explains what happened in 2017/18:

”During the FY 2017/18, total actual capital expenditure amounted to 850 billion FRW…The increased performance under this category was driven by foreign financed expenditure and offset the shortfall in domestic capital financed. Regarding the domestically financed portion, the amount of 463 billion FRW spent was 23.4 billion FRW lower…This lower spending was due to some delays in completing all spending documents including those of tendering on time. While the excess in foreign capital expenditure was due to accelerated implementation of several on-going infrastructural projects especially in the roads sector.”

Wonders never cease in Kagame’s Rwanda

The Kagame regime claimed that it is moving towards financial self-reliance. Stripped of domestic borrowing, foreign grants, and foreign loans, the regime’s own contribution to the 2019/20 is US$1.7 billion representing 53.4%. This is not an indication that Rwanda is achieving self-reliance. Far from it. This is further evidence that in Rwanda, wonders never cease.

Source :Himbara

Kagame lies on corruption issues

Kagame Fed Nigerians A Flattery And A Big Lie In His Speech On Corruption
Open Letter To General Paul Kagame

Dear General, you accomplished two objectives in your speech on corruption delivered at Abuja, Nigeria, on June 11, 2019. First, you flattered Nigerian leaders that they lead a model African nation — wealth side by side with mass poverty notwithstanding. Second, you shamelessly lied to your Nigerian hosts that in Rwanda that you are Mr. Clean while your opponents fled Rwanda because they were corrupt. General Kagame, it’s a truism that politicians bend the truth. But in your case, the question is whether there is an element of truth in what you utter. Case in point is your Abuja speech on corruption.

Kagame flattered his hosts that Nigeria is a great achiever that makes Africa proud

Dear General, here is your flattery to your Nigerian hosts in your own words:

”I wish to start by calling to mind the greatness of this nation. The diversity, creativity, and ambition of Nigerians represent Africa. The achievements of Nigeria’s sons and daughters, here at home and in your global diaspora, make our continent proud. Nigeria has always shown common cause with Africa’s progress and prosperity, and this does not go unnoticed. This country is truly the engine of Africa’s potential. This is how we see Nigeria. I hope you know that.”

General Kagame, if you had said that Nigeria has the potential to be great, that would have been truthful. Your words are above are ill-informed, embarrassing, and clearly opportunistic designed to impress your hosts.

Despite its enormous wealth over half the population of Nigeria lives in poverty.
According to the World Bank, 53.5% of Nigerians are poor — defined as the population living on less than US$1.90 a day. With a population of 200 million, therefore, 107 million Nigerians are poor. Yet, Nigeria is Africa’s largest economy and the largest oil and gas producer on the continent .
The reason for enormous wealth side by side with mass poverty, as the eminent son of Nigeria, Chinua Achebe used to explain, is failure of leadership, social injustice, and corruption. Add to this mix the rise of Boko Haram, a jihadist terrorist organization that has caused havoc in northeastern Nigeria and beyond.

General Kagame, instead of uttering sycophantic phrases to your Nigerian hosts, a real African statesman would have encouraged them to lead Africa in fighting corruption since this was the topic being discussed. You could have also congratulated Nigerians in their current efforts to repatriate from foreign banks billions of dollars stolen by previous dictators. Nigeria has recently begun to recover some of the stolen assets — which is highly commendable.

Kagame’s description of corruption in Rwanda was a big lie

General Kagame, this is how you described corruption in Rwanda:

”We tend to focus on the petty corruption of everyday life while turning a blind eye to the more consequential forms, that people only whisper about because the rich and powerful are the main beneficiaries…Corruption does not take decades to eradicate. Huge gains can be made relatively quickly, once we decide to break the habit…Officials who did not live up to the agreed standards were dismissed or brought to justice. Others fled into exile and pretended to be so-called “opposition” or “pro-democracy” groups…Between fighting corruption and being authoritarian, I prefer being authoritarian. Some thought we could not afford to take this zero-tolerance approach, given the fragility of our environment. The truth, however, is that we couldn’t afford not to do it. It is the foundation of the modest progress for which Rwandans continue to work.”

General Kagame, these are pure lies. The people of Rwanda do not turn a blind eye to the more consequential forms of corruption. Rwandans know you are the kingpin of corruption but they dare not say so because you will wipe them out. Rwandans know you are the Chairman of the ruling party, the Rwandan Patriotic Front (RPF), which owns the business empire known as Crystal Ventures Ltd (CVL). This is how The Economist described the Rwandan situation:

“The dominant political party, the Rwandan Patriotic Front (RPF), does more than help business: it runs its very own conglomerate. Crystal Ventures, the RPF’s holding company, has investments in everything from furniture to finance. It owns the country’s biggest milk processor, its finest coffee shops and some of its priciest real estate. Its contractors are building Kigali’s roads. There are several firms offering security services in Rwanda but the guards from ISCO, part of Crystal Ventures, are the only ones who tote guns. The company is reckoned to have some $500m of assets.”

General Kagame, very simply, you have entrenched corruption and cronyism that would not be tolerated anywhere on the African continent.

Kagame and the history of the big lie

General Kagame, you are a perfect example of politicians who pretty much bend the truth as they please. In your case, the issue is not bending the truth — rather, the question is whether you have ever uttered an element of truth. You belong to the thinking pioneered and mastered by Joseph Goebbels who infamously said that ”if you tell a lie big enough and keep repeating it, people will eventually come to believe it.” Goebbels added:

”The lie can be maintained only for such time as the State can shield the people from the political, economic and/or military consequences of the lie It thus becomes vitally important for the State to use all of its powers to repress dissent, for the truth is the mortal enemy of the lie, and thus by extension, the truth is the greatest enemy of the State.”

General Kagame, you are the best pupil of Joseph Goebbels. You get away with the big lie because your regime has used all its might to smash dissent at home and abroad. Because you are fully aware that the truth is the mortal enemy of your big lie, you hounded out of Rwanda anyone who stood in your way. As the cliché goes, “history is written by the victors” — that is how you are able to call your victims who fled Rwanda the corrupt ones instead of you.

Best Regards,
David Himbara

Kagame signed US$100M to develop special economic zones. What will he do ?

Kagame Signed US$100 Million Indian Loan To Build Special Economic Zones

General Paul Kagame is into large loans to build large projects in the capital city, Kigali. Kagame just acquired another mega loan as indicated by his Presidential Order No 51/01 of May 20, 2019. Kagame’s decree ratified the loan agreement between his regime and the government of India via the Export-Import Bank of India. The loan amount is US$100 million. The purpose of the loan is to develop ”two special economic zones and the expansion of the Kigali Special Economic Zone”. The loan period is 25 years; repayment begins in 5 years from now.

Contractors restricted to Indian companies

According to the loan agreement, ”the bidding should be restricted to Indian companies registered in India and or incorporated under any law in force in India.”

What kind of economic zones are built by US$100 million?

Kigali Special Economic Zone

Special economic zones (SEZs) are typically packages of strong incentives aimed at attracting foreign direct investments. SEZs provide infrastructure, such as land and access to utilities including water and electricity. Other facilities provided in SEZs may include prefabricated factory units and warehouses.

My question is — what kind of infrastructure is Kagame building in his SEZs to warrant a US$100 million loan?

Will the Indian companies, perhaps, build a power plant to supply the badly needed electricity? Otherwise, it is hard to imagine how prefabricated factory units and warehouses can cost that much money. And, has the existing Kigali’s SEZ attracted any serious foreign direct investment before blindly sinking in US$100 million?As always, Kagame’s Rwanda is unfathomable.

Source : Himbara

Le 05 juin 1994: l’Église Catholique Rwandaise décapitée. Que s’est-il passé à Gakurazo ?

RWANDA: LA NUIT DE LONGS COUTEAUX

Gakurazo : 5 Juin 1994

De l’assassinat des évêques rwandais et d’autres ecclésiastiques à Gakurazo, le dimanche 5 juin 1994

Abbé Vénuste LINGUYENEZA
Waterloo, 2 décembre 1999

Je m’en vais raconter les événements qui ont trait à l’assassinat des évêques Vincent NSENGIYUMVA, archevêque de Kigali, Joseph RUZINDANA, évêque de Byumba et Thaddée NSENGIYUMVA, évêque de Kabgayi et président de la conférence épiscopale, avec 9 prêtres ainsi que le Supérieur Général des Frères Joséphites, Jean Baptiste NSINGA. Les prêtres assassinés sont tous du diocèse de Kabgayi sauf l’Abbé Denis MUTABAZI du diocèse de Nyundo: il avait fui Nyundo où il avait reçu une vilaine blessure d’un coup de lance dans la main (droite si je me rappelle bien) et le malheureux avait cru avoir échappé à la mort. Il s’agit de Monseigneur Jean Marie Vianney RWABILINDA, vicaire général; Monseigneur Innocent GASABWOYA, ancien vicaire général; les Abbés Emmanuel UWIMANA, recteur du petit séminaire, Sylvestre NDABERETSE, économe général, Bernard NTAMUGABUMWE, représentant préfectoral de l’enseignement catholique, François Xavier MULIGO, curé de la cathédrale, avec ses vicaires Alfred KAYIBANDA et Fidèle GAHONZIRE(ce dernier étant en même temps aumônier de l’hôpital). C’est donc pratiquement tout le staff du diocèse de Kabgayi qui a été ainsi décapité.

J’en fais le récit parce que témoin, parce que de fausses ou incomplètes relations circulent, parce qu’on ne demande pas aux témoins ce qui s’est réellement passé (même l’épiscopat rwandais, jusqu’à ce jour, ne m’en a jamais demandé le récit) et parce que, même les études les plus récentes, donnent toujours, des faits, la version du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.). Et pourtant beaucoup de témoins sont encore en vie qui pourraient en faire chacun sa relation: le recoupement de ces différents témoignages donnerait un récit le plus complet et le plus fiable possible. On pourrait même retrouver les noms des responsables militaires du site de Kabgayi, qui sont vraisemblablement les responsables de cet assassinat prémédité, faut-il le souligner.

D’entrée de jeu, j’atteste que les évêques savaient plus ou moins ce qui les attendait, mais ils ont refusé de fuir. Ils en avaient discuté avant avec tous les prêtres responsables des communautés de Kabgayi.

Le F.P.R. arrive le jeudi 2 juin 1994. Tout le site de Kabgayi tombe en leurs mains avec la fin de la matinée. Tout Kabgayi, c’est-à-dire jusqu’au garage du diocèse: toutes les propriétés du diocèse avec l’hôpital, les écoles, les ateliers, le grand séminaire de philosophie et les résidences du personnel.

Comme toujours le F.P.R. arrive un peu avant les heures du repas. C’est ainsi qu’ils sont arrivés à l’évêché entre 11h et midi; l’infiltration datait déjà de plusieurs jours, si ce n’est de plusieurs semaines. Ils ont cherché les évêques et spécialement l’archevêque de Kigali; celui-ci fêtait précisément l’anniversaire d’ordination épiscopale, puisqu’il a été ordonné le 2 juin 1974; on avait donc préparé un bon repas de circonstance, mais ceux qui s’en sont régalés n’étaient pas invités!

Les soldats du F.P.R. ont regroupé, devant la cathédrale, les trois évêques avec Mgr Gasabwoya, Mgr Rwabilinda, l’Abbé Muligo, le Frère Nsinga et plus tard l’Abbé Uwimana. On va garder tout le groupe là sous le soleil jusque vers 15h quand on les descend sur la route devant l’école des infirmières. Aux alentours de 19h, les militaires les remontent à l’évêché pour qu’ils prennent quelques effets personnels. Les soldats en profitent pour ramasser tous les prêtres qui se trouvaient à Kabgayi (à l’exception de ceux qui se trouvaient encore au Philosophicum). Trois jeunes filles tiennent à accompagner et à rester avec le groupe, bien que les soldats feront tout pour les éloigner. Ils leur proposaient par exemple, d’aller se mettre à l’abri, mais elles refusaient. Vers 3 h du matin du vendredi, on conduisit tout le groupe en voiture à Ruhango à une quinzaine de kilomètres; on les garda chez un particulier près de la maison communale. Dans la pièce d’à coté, d’autres prisonniers étaient ligotés à la manière F.P.R. qui va les passer par les armes tôt dans la matinée. Les évêques vont rester là avec les prêtres jusqu’au matin du dimanche 5 juin.

Le dimanche 5 juin dans la matinée, on conduit tout le groupe au noviciat des Frères Joséphites. Le curé de Byimana a la surprise de les voir là quand il va célébrer la messe dominicale pour les frères, les religieuses et les fidèles réfugiés là-bas: le Frère Vivens était venu lui demander de faire la messe parce qu’il n’y avait pas de prêtre et il concélébrera avec le groupe qui venait de Ruhango. Ce sera leur dernière messe puisqu’ils seront assassinés dans la soirée du même jour vers 19h. Est-ce une coïncidence que c’était la Fête-Dieu, appelée aussi Fête du Précieux Sang?

Il faut dire qu’entre-temps les militaires devaient attendre des ordres d’en-haut. Tout comme ils avaient voulu rassembler en un même lieu tous les responsables des communautés de Kabgayi. C’est ainsi que là où j’étais à Byimana, avec quatre autres confrères (le préfet des études de philosophât et les prêtres de la paroisse de Byimana), et avec la secrétaire de l’évêché, on est venu vendredi 3 juin au matin, nous dire que bientôt un véhicule viendrait nous emmener rejoindre les autres “banyakiliziya” (néologisme arrivé au Rwanda avec le F.P.R. pour dire “les gens de l’Eglise”). Celui qui nous a ordonné de nous préparer à partir, convoyait une camionnette qui emmenait les Sœurs Benebikira de Byimana ; pour des raisons que j’ignore on n’est pas venu nous embarquer. Y aurait-il eu divergences au sein du F.P.R., car même si le sort des évêques était déjà scellé, il n’en était pas de même pour tous les prêtres qui étaient avec eux et dont certains étaient tutsi. Finalement, les militaires tireront sur le groupe sans distinction.

J’étais donc à Byimana paroisse. En effectuant un flash-back, je me suis rendu compte que la tension était montée chez le militaires ce dimanche-là. Nous subissions une perquisition presque toutes les heures, et chaque fois la hargne était plus visible. Spécialement dans l’après-midi de ce dimanche, deux militaires ont failli même nous tuer; ils ont prétendu que ce qui les retenait, c’est que leur armé ne tue pas les prêtres, ce que nous avons cru à l’instant, sans savoir ce qui se tramait, et sans savoir à ce moment-là, que tous prêtres du diocèse de Byumba qui étaient sur place en avril 1994, avaient été exterminés sans en laisser échapper un seul. Les militaires qui nous ont malmenés cet après-midi, cherchaient à justifier leur colère par les accusations devenues habituelles selon lesquelles l’Eglise n’a pas protégé les Tutsi (et pourtant à Kabgayi, le personnel et les infrastructures du diocèse ont pu sauver plus ou moins 30.000 personnes) ; ils ont même accusé l’évêque de Kabgayi (qu’ils confondaient tout le temps avec l’archevêque de Kigali et le traitaient de “cya gikaridinali”, c’est-à-dire le gros cardinal) d’avoir chez lui un immense dépôt d’armes. Visiblement ils cherchaient à forger une culpabilité qui justifierait le massacre qui se préparait.

L’assassinat s’est fait comme partout ailleurs où le F.P.R. a tiré sur les gens: on réunit tout le monde soi-disant pour parler sécurité, puis brusquement on ouvre le feu. C’est ce qui s’est passé avec les évêques et le groupe qui était avec eux. Vers 19h, on les a réunis au réfectoire des Frères Joséphites pour parler de leur séjour et de leur sécurité, leur a-t-on dit. Les militaires se sont énervés quand ils ne voyaient pas arriver l’archevêque (qui était à la chapelle) : on est allé le quérir illico presto. Entre-temps, le chef de poste s’est éclipsé avec ses subordonnées qui jusque-là étaient restés assis à l’écart. Puis des militaires enragés ont fait irruption dans la salle en demandant ce que les “femmes” faisaient là: il s’agit des trois demoiselles qui avaient accompagné les ecclésiastiques depuis Kabgayi et qui s’était obstinées à entrer et à rester avec les religieux au réfectoire alors que les militaires avaient voulu les éloigner en leur disant que la réunion ne les concernait pas ; elles ont été séparées du groupe et jetées dans un coin avec violence ; deux sont restées sur place, littéralement pétrifiées et elles ont assisté à toute la scène quand on a tiré sur tout le monde. La troisième fille s’est échappée avec le seul prêtre rescapé du massacre : ils ont réussi à s’échapper par la porte du fond du réfectoire, une autre que celle par laquelle étaient entrés les militaires. Ils ont couru vers la ferme des frères; ils se sont cachés quelques minutes, puis quand on les a retrouvés, on ne leur a rien fait: l’orage était passé.

On a donc tiré sur les évêques et leur groupe vers 19h-20h. Vers minuit, les militaires rassemblèrent les religieux, les religieuses et tous ceux qui étaient chez les frères Joséphites. De force, tout le monde devait aller regarder les corps des victimes. Ceux qui étaient près de la porte comme Sylvestre NDABERETSE, étaient réduits à de véritables passoires. Toutes les victimes étaient allongées et avaient reçu le coup de grâce, une balle dans la tête: RWABILINDA et GAHONZIRE avaient même les yeux crevés. Un seul était resté assis dans son fauteuil et n’avait pas reçu le coup de grâce: l’évêque de Kabgayi avec sa carrure large, a reçu peut-être toute la première rafale et a dû mourir sur le coup.

Avec les ecclésiastiques, sont morts deux jeunes gens qui étaient restés sans rien savoir du danger qui les guettait. Et l’on s’étonne de la présence du Supérieur Général des Frères Joséphites parmi les victimes. Car les frères avaient su ce qui se tramait et lui-même devait le savoir, mais il est resté volontairement, peut-être parce qu’il pensait qu’on allait tuer l’un ou l’autre, et pas tout le monde. Le Frère Balthazar, maître des novices (hutu, burundais par surcroît) avait essayé de sauver quelques prêtres; il avait inventé un stratagème pour les avertir de l’imminence de l’assassinat: il les faisait sortir un à un soi-disant pour leur montrer leurs chambres; mais quand il a vu que celui qu’il venait d’avertir retournait obstinément dans le groupe, il y a renoncé. On l’a lui-même assassiné quelques semaines après à Kinazi, tout comme le Frère Vivens, neveu de Monseigneur KALIBUSHI. La plupart des autres frères Joséphites présents à Gakurazo en cette nuit du massacre, ont, comme par hasard, rejoint l’armée du F.P.R. la semaine qui a suivi.

Le matin du lundi 6 juin, les militaires du FPR accompagnent le seul prêtre rescapé pour nous annoncer la terrible nouvelle, dans la version qui sera désormais officielle: des jeunes écervelés ont commis la bavure, parce qu’ils auraient trouvé leur famille décimée alors que l’Eglise n’a rien fait pour empêcher les tueries.

Nous sommes atterrés et nous pensons que notre tour viendra bientôt. En début d’après-midi, nous prenons notre courage à deux mains pour aller voir les corps des victimes: ils ont été déplacés dans une autre salle et le réfectoire a été lavé; il n’y a plus de traces, sauf l’odeur forte et caractéristique du sang, ainsi que les impacts des balles, des nombreuses balles, dans les murs. Ce sont les Sœurs de Sainte Marthe (de Kabgayi) et celles du Foyer de Charité (Remera-Ruhondo) qui ont lavé les corps et les ont placés côte à côte sur des nattes et des tapis. Tous les visages ont été couverts.

Quand nous demandons à ensevelir les corps, l’on nous dit que justement des officiers voulaient arranger cela avec nous. On m’a dit plus tard qu’il y avait trois colonels dans le groupe. Nous faisons une réunion avec eux. Nous leur faisons trois propositions qu’ils rejettent l’une après l’autre. Heureusement d’ailleurs. La première était que chaque évêque devait être enseveli dans sa cathédrale, que ce serait possible certainement pour ceux de Byumba et Kabgayi puisque c’était en zone F.P.R., tandis que l’archevêque de Kigali pouvait être confié à la MINUAR ou à la Croix-Rouge pour être enterré à Kigali. Niet. Heureusement, car on ne sait jamais ce que seraient devenus les corps, tandis que maintenant c’est sûr qu’ils ont été enterrés, ce sont eux qui gisent dans la cathédrale de Kabgayi et ils ont eu une belle messe concélébrée (des photos ont été prises). La deuxième proposition était que ce n’est pas n’importe qui, qui enterre un évêque, que donc l’autorité du F.P.R. pouvait aller chercher l’évêque de Kibungo (zone F.P.R. également) pour venir enterrer ses confrères. Deuxième niet: les “civilians” ne circulaient pas. C’était notre troisième proposition qui allait rencontrer leur agrément: enterrer les évêques dans la cathédrale à Kabgayi, et le reste dans une fosse commune à Gakurazo.

On me donna tout de suite dans la même après-midi, une camionnette (avec un mineur d’âge comme chauffeur) pour aller chercher au ‘Philosophicum’, le matériel pour creuser les tombes et la fosse commune. J’en profitai pour me rendre compte des dégâts faits à mon établissement et pour prendre au passage ma soutane. Le lendemain très tôt, on creusa les tombes. A la cathédrale, une tombe fut creusée profondément pour l’évêque du lieu; les deux autres arrivèrent à 1 m puisqu’on pensait que pour les deux autres évêques, la sépulture était provisoire, qu’on les transférerait dans leurs cathédrales respectives le plus tôt possible. A Gakurazo, on creuse une longue fosse commune. A Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires furent alignés pour aider à creuser.

Les funérailles étaient prévues pour 14h le mardi 7 juin. Nous commencerons la messe avec un retard. Elle est chantée; je la préside: Seuls les cercueils sont sortis de la salle et rangés près de l’autel de fortune sur la ‘barza’ devant la salle où les autres corps restent allongés. Je fais un sermon qui a failli me coûter cher: il semble qu’on n’a pas attendu la fin de la messe pour tirer quelques personnes à l’écart et leur demander si je ne suis pas interahamwe, car je prenais la défense des évêques assassinés, de l’Eglise calomniée, et je m’en prenais à toute violence. Après la communion, le F.P.R. demande à parler: l’officier qui prend la parole affirme qu’ils sont tous navrés de cet assassinat, mais qu’on cherche avec acharnement les auteurs qui ne sont personne d’autres que de jeunes gens qui ont trouvé leurs familles décimées, et qui ont pensé que les évêques auraient dû empêcher ce malheur; il ajoute qu’un des coupables s’est tiré une balle parce qu’il savait qu’il serait sérieusement puni (sur le lieu-même, personne n’avait entendu aucun coup de fusil depuis la nuit horrible où furent assassinés nos confrères).

Après la messe, l’abbé Jean NSENGIYUMVA s’occupe de l’enterrement à Gakurazo; on lui demande de prendre la précaution de noter dans quel ordre les corps sont rangés, pour pouvoir les reconnaître à l’avenir. Moi je vais à la cathédrale avec d’autres personnes pour enterrer les évêques. Il fait déjà nuit et on termine l’enterrement à la bougie, avec, à l’extérieur de la cathédrale, on concert de rugissement de mitraillettes. Des journalistes anglophones passeront mais feront semblant de n’avoir rien remarqué, sauf un qui posera deux ou trois questions à la dérobée. Encore une fois, à Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires aident à combler les fosses.

Quand nous rentrons à Byimana, quelle ne fut pas notre surprise de remarquer qu’on a démoli toutes les portes de la paroisse, que nos affaires ont été volées, et que le reste est dispersé par terre. Pourtant des militaires avaient reçu l’ordre de garder la paroisse. Mais cela n’est rien.

Vers 2h du matin (c’est l’heure des exécutions chez le F.P.R.), un groupe de militaires nous terrorise. Il a pour chef KAMARAMAZA (nom de guerre comme il est de coutume chez le F.P.R.). Deux prêtres les accompagnent (Alexandre NGEZE qui est décédé au Bugesera début juillet, et un deuxième dont je dirai le nom en cas de besoin); visiblement, ces deux-là ne se doutent pas qu’une exécution est dans l’air. On me demande de suivre la troupe. Je passe ma soutane par dessus le pyjama et on me fait une place dans la cabine de la camionnette. On file sur Gakurazo. Le chef “afandi” va en conciliabule à l’intérieur avec ses homologues ou ses supérieurs encore sur les lieux. Quand il revient, il me dit qu’il me ramène à la paroisse. C’est par après que j’ai su avec certitude le danger que j’avais pressenti, que j’ai couru cette nuit-là, et même tout le temps que je suis resté au Rwanda: comment se fait-il que je sois encore en vie, alors que tous les chefs de communautés de Kabgayi ont été tués avec les trois évêques, sauf moi? Comment rester en vie encore après ce que j’ai dit à la messe des funérailles?

C’est le lendemain qu’un journaliste de Radio-Muhabura (du F.P.R.) est venu prendre des notes. On lui a donné tous les noms des victimes, mais il s’obstinait à demander pourquoi on ne dirait pas que le Frère NSINGA est dixième prêtre assassiné! Il semble que les membres du F.P.R. de parenté proche avec NSINGA (ceux de la famille GASABWOYA d’ailleurs aussi) avaient protesté contre son assassinat. On connaît la version qui a été lue à Radio-Muhabura. Ils ont faussé les dates en disant que l’assassinat avait eu lieu “hier”, c’est-à-dire le mardi 7 juin; on n’a jamais donné le nom du Frère NSINGA, mais on a donné plutôt…le mien!

Abbé Vénuste LINGUYENEZA
(Sé)