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Rwanda : que cache l’ouverture des ambassades?

Le 15 juillet 2019, la presse officielle du Rwanda a rendu public un décret présidentiel dans lequel Paul Kagame affectait QUINZE ambassadeurs pour représenter le Rwanda dans les quatre coins du monde. Certains sont des nouveaux dans la diplomatie d’autres permutent avec d’autres en changeant les pays d’affectation.

Ce mouvement diplomatique appelle quelques observations et remarques pour qui s’intéresse à la gouvernance du Rwanda sous le général Kagame.

Nouvelles ambassades ouvertes

On notera d’abord que par ce décret, Paul Kagame ouvre SEPT nouvelles ambassades qui viennent s’ajouter à la trentaine que le Rwanda entretient à travers le monde, sans compter les consulats. Ces nouvelles ambassades sont ouvertes en Angola, au Maroc, en Corée du Sud, au Qatar, à Singapour, aux Emirats Arabes Unis et au Ghana.

Permutations et nominations symptomatiques

 Certaines nominations ou permutations attirent une attention particulière. Ainsi l’ambassadeur Vincent Karega qui était en poste à Pretoria depuis plusieurs années a été envoyé à Kinshasa. Pour avoir couvert plusieurs actes spectaculaires contre les opposants de Paul Kagame vivant en Afrique du Sud, d’aucuns ne doutent pas qu’il va continuer à faire la chasse aux réfugiés rwandais vivant en RDC et dont beaucoup sont sans aucune protection juridique.

De même l’ambassadeur François-Xavier Ngarambe qui était en poste en Suisse est affecté à Paris. Ce tutsi seulement francophone pour avoir vécu uniquement au Rwanda connaît tous les opposants hutu vivant en France et dont certains sont très actifs en politique. Sans aucun doute l’une de ses principales missions est de les faire taire par tous les moyens en coordination avec Louise Mushikiwabo déjà à Paris dans l’OIF et Theos Badege à Lyon dans Interpol.

L’on notera aussi la nomination du général Charles Karamba comme nouvel ambassadeur en Tanzanie. Cet officier inculpé par la justice espagnole pour crimes de guerre et contre l’humanité était jusqu’ici et depuis peu chef d’Etat-major de la Force aérienne.

Pour mémoire, l’on se souviendra que c’est lui qui a convoyé de la frontière ougandaise à Kigali les missiles sol-air qui ont abattu l’avion présidentiel le 06 avril 1994 déclencha le génocide rwandais. S’il est envoyé en Tanzanie, c’est principalement pour suivre de près l’attitude et la connaissance de ce pays face aux visées belliqueuses de Paul Kagame.

Sachant qu’aucune action militaire ne peut réussir dans cette région si elle n’a pas l’aval de la Tanzanie, Paul Kagame doit s’assurer de la position de cette puissance régionale.

En Afrique du Sud, autre puissance qui compte dans la région et sur le continent, Paul Kagame vient d’y nommer un agent de ses services des Renseignements militaires DMI à savoir Monsieur Eugène Segore Kayihura. Il est clair qu’il va y poursuivre le sale boulot de son prédécesseur à savoir faire la chasse aux opposants réfugiés dans ce pays et dans toute l’Afrique australe.

Disgrâce ou fin de carrière

Ce décret reste muet sur le sort du général Charles Kayonga qui était ambassadeur en Chine et qui vient d’être remplacé par James Kimonyo longtemps conseiller à la présidence. Cet ancien chef d’Etat major qui avait remplacé Kayumba-Nyamwasa à ce poste quand ce dernier a pris le chemin de l’exil, serait-il lui aussi tombé en disgrâce ? L’avenir proche nous le dira. Il en est de même de Jacques Kabare qui était ambassadeur à Paris où il avait été nommé pour seulement être tutsi et francophone (car né et éduqué dans l’ex-Zaïre) mais sans autre qualité ni compétence.

Corps diplomatique monoethnique

Comme dans tous les services publics sensibles (Commandement de l’armée, de la Police, Service des Renseignements…), le corps diplomatique du Rwanda est presque exclusivement réservé aux Tutsi. Les quelques hutu de service qui y sont nommés sont destinés à la propagande extérieure et sont confinés dans des postes symboliques. Ainsi sur les quinze ambassadeurs concernés par ce décret une seule est d’ethnie hutu. Il s’agit de Madame Yasmin Amri Sued, la fille de feu Amri Sued Ismaël qui fut longtemps ambassadeur sous le régime Habyarimana et après. Sa fille a été nommée ambassadeur en Corée du Sud.

Vivre au-dessus de ses moyens

Ouvrir et entretenir une ambassade coûte cher. C’est pourquoi même les grandes puissances ne les disséminent pas dans chaque pays du monde. Ces pays regroupent souvent les pays par région et ouvrent une ou deux ambassades couvrant les autres. Le Rwanda de Paul Kagame semble être plus nanti que toutes ces puissances car au rythme où il y va, il battra bientôt le record d’avoir des ambassades dans les 180 pays du monde.

A part les ambassades ouvertes dans chacun des pays voisins, d’autres sont difficilement défendables. Comment en effet le Rwanda peut se permettre d’ouvrir cinq ambassades en Afrique australe alors qu’une seule pouvait les couvrir efficacement ? Mais Paul Kagame a une ambassade à Pretoria, à Maputo, à Harare, à Lusaka, à Windhoek et peut-être bientôt à Gaberones.

De même Paul Kagame ouvre des ambassades en cascade en Afrique de l’Ouest alors qu’une ou deux pourrait faire l’affaire. Une ambassade à Abuja, à Abidjan, à Dakar, à Accra et bientôt à Bamako et à Ouagadougou… comme pour épater davantage ces pays qui prennent naïvement et faussement Paul Kagame comme un leader hors pair et omniscient !

Au Moyen Orient, Paul Kagame étonne aussi en se permettant d’ouvrir et d’entretenir des ambassades dans presque tous les pays alors qu’une ou deux suffiraient à les couvrir. Comment en effet le Rwanda peut avoir une ambassade au Caire, une autre à Ryad, une autre à Jérusalem, une autre à Dubaï, une autre à Doha et bientôt une autre à Bagdad?

En Asie du Sud Est, le même phénomène s’observe. Paul Kagame y ouvre des ambassades qui sont tellement proches que ses ambassadeurs passent leurs Week-end ensemble! Le Rwanda a en effet une ambassade à Beijing, à New Delhi, à Singapour, à Séoul, à Tokyo … sans parler de celles en Australie et Nouvelle Zélande.

Conclusion

Après ce constat, on peut affirmer sans grand risque de se tromper que les ambassades que Paul Kagame ouvrent intempestivement à travers le monde ne sont pas de vraies ambassades au sens diplomatique du terme et selon les conventions de Vienne. Ce sont plutôt des antennes de l’organisation terroriste qu’est devenue l’ancienne rébellion tutsi du FPR qui s’est emparée du Rwanda en 1994 et qui sème la terreur dans toute la région et bientôt dans le monde entier. Ses fausses ambassades sont aussi des succursales des sociétés commerciales de Paul Kagame et sa clique qui pillent le Rwanda et les pays voisins principalement la RDC. C’est pourquoi ces antennes et ses succursales doivent être disséminées à travers le monde au prix du contribuable rwandais qui est saigné à blanc depuis 25 ans.

P.S: Selon le dernier décompte effectué en juillet 2019, le Rwanda comptent 42 ambassades à travers le monde. Ceci sans y inclure des consulats qui sont encore plus nombreux. Peu de puissances peuvent rivaliser avec lui en termes de représentations diplomatiques. Mais comme ce ne sont pas de vraies ambassades mais plutôt des postes de commandement des escadrons de la mort du régime et des points de chute ou des planques des trafiquants du dictateur tutsi Paul Kagame, personne ne peut s’en étonner.

Emmanuel Neretse
Bruxelles, le 31/07/2018

Patrick MBEKO rend hommage à Pierre PEAN.

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Il était le meilleur de sa génération; l’un des meilleurs journalistes d’enquête, non pas en France seulement, mais au monde. « Il », c’est Pierre Péan. Quand j’étais de passage en France et qu’il était disponible, nous nous organisions pour aller prendre un café au Café de la paix situé à la Place de l’opéra à Paris. Nos rencontres étaient l’occasion de parler de politique africaine, des enquêtes et surtout de la situation dans la région des Grands Lacs. Au fil des ans, il était devenu un ami, un aîné, que j’appelais affectueusement « MZEE » (littéralement « vieux » en swahili ou « sage »). À chaque fois que j’avais besoin de lui, il était disponible. Ses conseils et observations étaient toujours pertinents.

Pierre Péan n’est plus. Quelle triste nouvelle ! Une énorme perte. C’est un ami de l’Afrique et des Africains qui s’en est allé. Un homme dont les enquêtes faisaient trembler les puissants, aussi bien en France qu’en Afrique. Un homme d’un courage exceptionnel qui n’avait pas peur de susciter la controverse et qui savait tenir tête aux puissants, parfois au péril de sa vie. Des anecdotes, il en avait beaucoup à raconter. Un jour, il vient me prendre à la gare et on se rend chez lui. À l’entrée de sa résidence, il me montre un coin et me dit : «C’est ici qu’on a déposé la bombe… », conséquence directe de son enquête sur les liens pour le moins troublants entre la France et le Gabon (Affaires africaines, Fayard, 1983). Je suis abasourdi.

L’homme en a vu des vertes et des pas mûres. Son enquête sur le génocide rwandais (Noires fureurs, blancs menteurs, Ed. Fayard, 2005) lui a valu des attaques violentes de la part des soutiens et autres thuriféraires français de Paul Kagame et un procès pour « diffamation raciale » et «discrimination raciste». Procès qu’il a gagné en première instance et en appel.

Bref. De Pierre Péan, je retiens la simplicité, la rigueur, l’abnégation, le courage, mais aussi et surtout un grand amour pour le continent africain. Des comme lui, il n’y a presque plus. Repose en paix MZEE. À jamais dans nos coeurs…

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Patrick MBEKO

L’Élysée rend hommage à Pierre PEAN

L'ELYSEE REND HOMMAGE À PIERRE PÉAN

Décès de Pierre Péan

Pierre Péan, l’un des plus grands journalistes d’enquête français, nous a quittés hier.

Il incarnait la grande tradition du journalisme d’investigation quoiqu’il ne goutait guère ce mot dans lequel il décelait des accents inquisitoriaux.

Cet amoureux de Tintin était, comme son idole, toujours en reportage. Il menait de longues enquêtes avec patience et passion, avec le souci constant de l’expertise et de la justesse. Puis il publiait le fruit de ses recherches dans des ouvrages qui furent régulièrement de grands succès de librairie, d’autant que son écriture les rendait aussi haletants que des romans policiers.

Pierre Péan avait signé sa première grande révélation dans les pages du Canard enchaîné : c’était l’affaire des diamants qu’aurait offert le dictateur centrafricain Bokassa à Valéry Giscard d’Estaing.

Spécialiste de l’Afrique, il publia aussi Affaires africaines sur les relations entre la France et le Gabon et Noires fureurs et Blancs menteurs au sujet du génocide rwandais dans lequel il remettait en cause les accusations portées contre le gouvernement français.

Pierre Péan s’intéressait également aux coulisses des médias, enquêtant aussi bien sur TF1 que sur Le Monde.

Il n’hésitait pas non plus à sonder les parcours des personnalités politiques les plus éminentes. C’est avec Une Jeunesse française, son enquête sur le passé trouble de François Mitterrand durant l’Occupation, qu’il connut son succès le plus retentissant. Il y révélait que celui qui était encore Président de la République avait d’abord frayé avec le Régime de Vichy avant de rejoindre le chemin de l’honneur et de s’engager dans la Résistance.

Mais jamais Pierre Péan ne cherchait à s’ériger en procureur, encore moins en moraliste. Il lui importait trop de restituer toute la complexité des êtres et des situations. Sa boussole, c’était la vérité des faits. Son cap, la vérité tout court.

Farouchement libre et indépendant, rétif aux sujets en vogue et aux modes médiatiques, il n’avait jamais peur de soulever les couvercles qui recouvrent parfois les événements du passé, la marche des Etats et la vie des puissants. Mais il avait aussi le respect du secret défense et savait que la transparence absolue pouvait devenir une tyrannie.

Lui qui exerçait un journalisme aussi exigent que patient, qui menait des enquêtes au long cours, craignait la servitude de la vitesse qui s’est abattue sur nos sociétés contemporaines et s’inquiétait de la dérive des temporalités médiatiques qui tendent à clouer toute information à ce qu’il avait appelé le « pilori de l’instantané ».

L’œuvre de journalisme qu’il a bâtie en plus de 50 années de carrière a révélé des trésors d’informations. Elle constitue aujourd’hui un héritage plein de leçons pour les temps présents.

Le Président de la République salue la quête inlassable de vérité de Pierre Péan et adresse à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont travaillé avec lui ses respectueuses condoléances.

Le CLIIR soutient l’initiative de Diane RWIGARA.

COMMUNIQUE  n° 145/2019

La mort et l’humiliation des Rescapés Tutsis dénoncée par Diane Rwigara dans sa lettre du 15/07/2019 au Président Paul Kagame

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« La paix n’est pas un bien que l’on possède, mais un bien que l’on conquiert ».

Dans sa lettre ouverte adressée le 15 juillet 2019 au Président de la République Paul KAGAME, Mademoiselle Diane RWIGARA a osé lui demander d’assurer la sécurité et la paix pour tous. Bien qu’elle se soit focalisée sur les meurtres systématiques des rescapés tutsis, Diane Rwigara exige la fin des meurtres, de l’impunité et de l’injustice. Bref, elle exige le respect de tous les droits humains violés massivement par le régime Kagame depuis 25 ans.

 L’association des Rescapés TutsisIBUKA et la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG) se sont attaquées à Mlle Diane RWIGARApour lui dénier son droit naturel de défendre son prochain. Diane assume son devoir d’exiger la paix pour tous les survivants et donne, à titre de preuves, une liste de 40 victimes dont la majorité sont TUTSIS.

La religion rappelle à tout homme qu’il est “le gardien de son frère“. Accepter passivement l’injustice – la ségrégation – revient à dire à l’oppresseur que ses actes sont moralement bons. C’est une façon d’endormir sa conscience. Dès cet instant, l’opprimé cesse d’être le gardien de son frère.L’acceptation, si elle est souvent la solution de facilité, n’est pas une solution morale : c’est la solution des lâches. Diane demande des comptes au régime totalitaire qui enferme le peuple rwandais dans l’insécurité et la servitude imposée au Rwanda.

Depuis sa conférence de presse du 23/02/2017, Diane RWIGARA a décidé de travailler sans relâche à la conquête de sa propre dignité et celle de son peuple. Elle n’acceptera jamais de compromis avec le mensonge, la haine ou ladestruction du peuple rwandais. Quant au CLIIR, nous avons déjà publié deux communiqués n°70/2003 et n°120/2010 pour dénoncer et condamner les assassinats de rescapés tutsis tués depuis 1996, il y a 23 ans déjà. Ces deux communiqués sont annexés à notre présent communiqué n°145/2019 du 21/07/2019) :

Notre Communiqué n° 70/2003du 23/12/2003 intitulé :«RWANDA : A qui profite les assassinats de rescapés tutsis ?» ;

Notre Communiqué n°120/2010du 28/01/2010 intitulé «L’extermination programmée des rescapés Tutsis pour avoir un prétexte d’éliminer certains opposants politiques du Rwanda».

Le peuple rwandais est humilié, terrorisé, colonisé et racketté.

Le peuple rwandais vit dans l’humiliation totale et dans l’insécurité généralisée. Il est corvéable et taillable à merci.L’oppresseur est un groupuscule de criminels rassemblés autour du président Paul KAGAME qui accapare et contrôle tous les pouvoirs militaire, politique et économique. Ce peuple ne vit pas dans la paix et la justice. Il est terrorisé, trompé, colonisé, dépossédé et racketté par une véritable Mafia dont les crimes sont couverts par le parti unique : le Front Patriotique Rwandais (FPR). Ce mouvement politico-militaire règne par la terreur, le mensonge et la corruption généralisée. Bref, le peuple rwandais est un des peuples les plus humiliés de la planète. Particulièrement, depuis qu’il est pris en otage par ce noyau de chefs militaires et criminels sans frontières qui ont massacré des populations civiles en Uganda, au Rwanda, en République Démocratique du Congo. Ils ont assassiné des centaines de réfugiés rwandais dans plusieurs pays africains.

Sous le régime totalitaire du Rwanda, l’usage de la terreur, du mensonge et de la corruptionempêche les citoyens rwandais de vivre en paix et dans la dignité. La justice est impossible car l’arbitraire règne à tous les niveaux. Les institutions officielles de l’Etat Rwandais sont noyautéescontrôlées etparalysées par ce petit noyau de chefs militaires et politiques du FPR qui jouit d’un « pouvoir occulte ». Une sorte de « gouvernement parallèle » qui gère le pays par la terreur, le mensonge et la corruptionCe gouvernement invisible orchestre les meurtres, les enlèvements, les disparitions forcées, le racket, le chantage, les spoliations des biens mobiliers et immobiliers appartenant à des propriétaires de biens. Quand ses derniers refusent de céder leurs biens, ils sont assassinés, emprisonnés, pillés, persécutés et/ou contraints de s’exiler. Les pillages des ressources naturelles à l’intérieur et à l’extérieur du pays (en RDC) constituent une autre source d’enrichissement pour cette mafia insatiable et dont la soif de richesse est légendaire.

Les rescapés tutsis sont tués comme des opposants au régime :

 Tous les prétextes sont bons pour la junte militaire du général Paul KAGAME pour se débarrasser des ses opposants réels ou supposés. Toutes les ethnies confondues sont attaquées. Depuis 1996, les rescapés Tutsis nous ont appelés au secours. Notre Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)* a lancé plusieurs cris d’alarme pour demander la mise en place d’une Commission internationale indépendante pour enquêter sérieusement sur l’assassinat des rescapés Tutsis depuis 1996. Cette commission devrait découvrir non seulement les assassins mais aussi le ou les commanditaires ainsi que les bénéficiaires de la mort des rescapés Tutsis sacrifiés chaque fois qu’il y a une crise politique majeure au Rwanda.

 Il y a 16 ans, le CLIIR a déjà publié deux communiqués pour dénoncer et condamner l’assassinat des rescapés tutsis. Il est inutile de s’attaquer à Diane dont la lettre est justifiée.

 IBUKA et CNLG sont des outils du régime totalitaire. Elles ont un job de défendre le régime totalitaire. Elles n’ont jamais défendu les rescapés face au régime tyrannique. C’est pourquoi elles ont été contraintes de s’attaquer à Mlle Diane RWIGARA sur ordre de Kagame. Mais IBUKA ne se préoccupe jamais de défendre des rescapés tutsis que le régime Kagame qualifie d’opposants. Ces rescapés Tutsis, qui tentent de refuser toute forme d’HUMILIATION, sont décidés de marcher la tête haute dans leur pays. Ils refusent de  vivre dans la terreur quotidienne et dans la servitude imposées à tous les rwandais.

Mlle Diane tient à vivre LIBRE et DIGNE depuis l’assassinat de son père le 04 février 2015. Elle a enterré sa peur. Dans sa lettre du 15/07/2019, elle demande au Président Kagame d’exiger que les assassins du Rwanda « remettent leurs épées au fourreau ». Le CLIIR estime que la violence a vaincu le régime totalitaire de Kagame. Les fondations de ce régime sont gravement rongées par le meurtre, l’impunité, l’injustice, le pillage, la corruption, la cupidité et la stupidité. Il ne lui reste qu’à s’écrouler au moindre coup de vent de la révolution.

Or la cupidité et la stupidité engendrent la cruauté qui frappe tous les rescapés du Rwanda.

Nous encourageons chaque rwandais à être « le gardien de son compatriote » en toutes circonstances. Nous saluons le courage de Mlle Diane RWIGARA et demandons à IBUKA et au CNLG de reconnaître son intrépidité qui lui permet de ne pas trembler devant la tyrannie.

Dans l’histoire du peuple Rwandais, Mlle Diane Shima RWIGARA restera une citoyenne exceptionnelle. Pour elle, les valeurs de fierté et de courage sont universelles.

Le meurtre des rescapés du Rwanda permet au régime de Kagame de vider le pays de ses forces vives. Opposer IBUKA et la CNLG à Mlle Diane RWIGARA, c’est introduire la guerre et la discorde entre les rescapés tutsis, telle est la stratégie du président Kagame.

La guerre entre les rescapés doit cesser immédiatement. C’est l’union de tous les rescapés qui fera leur force. Mlle Diane et le peuple rwandais sont en résistance pacifique, selon le slogan populaire « Exister, c’estrésister». La peur paralyse le cerveau et l’intelligence humaine (selon notre slogan « ubwoba butoba ubwenge »)

Fait à Bruxelles le 21 juillet 2019.

Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur (gsm 0476701569)

Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) Rue de la Colonne, n°54/4 1080 BRUXELLES Tél/Fax : +32.81.601.113 GSM : +32.487.616.651 (Base) & +32.476.701.569 (Proximus)

Rwanda : le génocide des tutsi, révisionnisme des tutsi !

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« Le fait d’avoir arrêté le génocide ne vous donne pas le droit de terroriser et de tuer ceux qui en ont été rescapés. C’est insensé de tout le temps célébrer les morts, tout en tuant les vivants… »  Ainsi parlait, hier encore, Diane Rwigara, jeune fille universitaire tutsie.

« Vous avez déclenché intentionnellement le génocide tutsi en descendant l’avion du Président hutu. Puis vous avez massacré des innocents hutu qui nous avaient cachés, avant de vous en prendre aujourd’hui à nous… » Ainsi parlait, l’année dernière, Callixte Nsabimana, jeune homme universitaire tutsi. Plus encore que les quelques balles tirées aux abords de Nyungwe et (bêtement) revendiquées par ses soins depuis une chambre close des bas-fonds de Moroni, voilà d’ailleurs la phrase qui avait poussé Kigali à mettre sur sa tête 12 millions de dollars, mort ou vif ! Car l’enjeu est de taille…

Seulement voilà, à ce rythme, les caisses risquent de se vider bientôt puisque, comme on le voit aujourd’hui et comme on l’a vu hier et avant-hier, le pauvre « Sankara » n’est pas le seul tutsi à vibrer sur cette longueur d’onde. Y a même comme une hémorragie, et tout porte à croire que le phénomène ira crescendo ! Des tutsi de tous horizons sont fermement engagés dans ce « révisionnisme » d’un genre inédit, et pas des moindres : intellectuels de haut vol, médecins, journalistes ayant pignon su rue, professeurs d’universités, anciens haut- gradés, grands hommes d’affaires, religieux,…

Tous « questionnent » ce génocide, chacun à sa manière: y a ceux qui en attribuent le déclenchement, conscient et cynique, à Paul Kagame et son mouvement politique et armé, ceux qui dénoncent sa concomitance avec un autre, celui des hutu, entamé bien avant et perpétré par l’armée tutsie, d’autres qui dénoncent la gestion m’enfoutiste de l’après génocide, etc. Ce phénomène est tellement extraordinaire qu’il appelle cette question inévitable : comment diable en sommes-nous arrivés là?!

Au commencement était une erreur fatale de calcul politique, quand des stratèges mal inspirés ont décidé l’instrumentalisation outrancière de ce drame humain, jusqu’à faire du génocide le mythe fondateur du nouveau régime. Comme il fallait s’y attendre, cette machine implacable à « broyer du hutu » allait se révéler, à terme, le véritable tendon d’Achille sur lequel toute personne en rupture avec le FPR- hutu, tutsi ou même étranger- se doit tout naturellement de cibler!

L’autre énormité qu’on peut relever, parmi tant d’autres, c’est d’avoir fait preuve d’une méconnaissance inouïe de la société rwandaise d’après 1959. Dans ce Rwanda en effet, qui est tout sauf un ramassis de tribus, et « hutsisé » à outrance (biologiquement et sociologiquement), comment imaginer que tu peux globaliser les Hutu sans faire souffrir les Tutsi ?! Comment « se venger » sur un « juste » hutu et rêver faire le bonheur de ses protégés tutsis qu’il vient de sauver au risque de sa propre vie et celle de sa famille ? Comment tuer ou faire souffrir gratuitement un homme hutu innocent, et penser rassurer ainsi sa femme tutsie et sa famille ?! Comment parquer deux millions de hutu dans des prisons-mourroirs, et espérer que leurs « partenaires » tutsis de tous bords se tueront à la tâche, le cœur léger, pour leur apporter tous les jours à manger?!

La liste serait longue de ces « conneries » fatales qui nous conduisent là où nous en sommes, et qui nous rappellent étrangement les Interahamwe qui, dans leur délire génocidaire, avaient fini par massacrer plus de Hutu et de Hutsi, que de Tutsi! Et maintenant alors? Maintenant, avec certainement beaucoup d’autres, je m’interroge: qu’en serait-il advenu si, après guerre, des personnalités juives de premier plan avaient défié l’Agence Juive Mondiale sur la question fondamentale de la gestion de la mémoire de la Shoah? Ou si Aznavour, Manoukian et bien d’autres, avaient « questionné » le génocide arménien?!

Avant de me rendre compte que la réponse, effrayante, se trouve dans la question: l’extinction probable, à moyen ou long terme, de la mémoire ! Ne voit-on pas, d’ailleurs, déjà venir? Dans des pays où les Tutsi sont libres, c’est à dire à l’étranger, les commémorations ont commencé à tourner au pathétique. Ainsi par exemple en avril dernier, j’assistais d’une terrasse de café à un de ces rassemblements, auxquels bien évidemment même les Hutsi sont regardés de travers (encore une connerie)! La foule était tellement éparse que le pauvre reporter photographe de Igihe.com en était réduit à se contorsionner, tel un gymnaste de haut niveau, pour essayer des angles de vues improbables de nature à produire des clichés donnant l’illusion du nombre! Ça promet d’ailleurs encore du sport l’année prochaine puisque, après ce « cirque », l’un des participants me rejoignit, pour me confier: on ne m’y reprendra plus, c’est ma dernière fois ! Avant d’ajouter : et je suis loin d’être le seul…

 

Sylvestre NSENGIYUMVA

Rwanda: 16 prisonniers mis à mort par torture

Tout a commencé le 08 juillet dans l’avant midi. La prison de Mageregere dans les faubourgs de la capitale Kigali a un nouveau directeur, le commissaire de police Innocent Kayumba. Il est connu pour ses méthodes brutales envers les prisonniers. Il s’est illustré par des tortures infligées aux détenus dans la prison de Gisenyi et est en train d’user des mêmes méthodes dans son nouveau lieu d’affectation.

Certains prisonniers de Mageragere, ayant eu un ras-le-bol de ces mauvais traitements de leur nouveau dirigeant, ont organisé une mutinerie. Le 8/7/2019, la prison et ses alentours ont été secoués par des rafales de coups de feu.

Face à cette situation, Innocent Kayumba a sévi. Il a ordonné aux surveillants de la prison d’isoler les prisonniers suspectés d’être des meneurs. Ceux-ci ont alors été tabassés, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Le 09 juillet 2019, des renforts atterrissent à la prison: militaires, policiers et autres agents de sécurité; ils font un tri dans les prisonniers et en extraient 150. Passage à tabac, tortures, toutes sortes de mauvais traitements, rien n’a été épargné pour faire souffrir ces pauvres prisonniers.

Aujourd’hui le 10 juillet, la presse fait état de 16 décès suite à la torture par des officiers de police en nombre à la prison de Mageragere. Le premier à succomber à ces mauvais traitements est un certain Habimana Sadiki, sorti de prison et battu en aparté avec des morceaux de fer à béton et des câbles électriques.

Un observateur avisé, Sylvestre Nsengiyumva, nous a envoyé un billet d’humeur à ce sujet :

KAGAME ACTUALITÉ! Même les plus grands détracteurs de cet homme lui reconnaissent une qualité cardinale à l’école de Machiavél: « the dude » possède un extraordinaire don d’ubiquité bipolaire!  Exemple en ce moment : depuis samedi dernier, pendant qu’il officiait comme personne ressource « incontournable » de l’historique sommet UA de Niamey, et orchestrait comme du papier à musique un mariage princier non moins historique, il dirigeait à distance l’un des plus grands massacres de prisonniers de ces dernières décennies, lequel se poursuit par ailleurs au moment où je couche ce petit billet. Et comme souvent quand il est aux commandes concomitantes d’opérations diamétralement opposées eu égard à l’opposition manichéenne Bien/Mal, les deux premiers événements font carton plein de couverture médiatique, alors même que le dernier, eh bien…tout le monde s’en bat les couilles (pardon Barokore)! Sauf évidemment The Rwandan…
Sylvestre Nsengiyumva.

La répression continue à la prison de Mageragere et le bilan risque de s’alourdir vu que plus d’une centaine de prisonniers restent concernés par cette opération punitive.

Gaspard Musabyimana
10/07/2019

Le 04/07 , la Nakba du peuple Hutu

“Dans le cadre du conflit israélo-palestinien au Moyen Orient, le jour de la Nakba est une commémoration des événements de 1948 qui ont mené à la défaite arabe et au déplacement de la population palestinienne. Il est généralement célébré le 15 mai, le jour de l’indépendance d’Israël. En Israël, la législation interdit l’usage du mot « Nakba » dans les manuels scolaires. La criminalisation de sa commémoration est régulièrement suggérée par des responsables politiques. L’exode palestinien de 1948 fait référence à l’exode de la population arabe palestinienne qui se produisit pendant la guerre israélo-arabe de 1948. L’événement est commémoré dans la mémoire collective palestinienne en tant que Nakba (arabe : النكبة, al-Nakbah, lit. « désastre » ou « catastrophe »)”. [ Wikipedia]

Sans aller jusqu’à affirmer que la Shoah est assimilable au “génocide rwandais” comme voudrait le faire croire le régime du FPR issu de la conquête militaire du pays pour s’attirer les sympathies de la puissante communauté juive du monde et ainsi jouir de la protection de ses lobbies, mais en nous limitant tout simplement à l’exode des palestiniens de 1948 et la création de l’état hébreu d’Israël, faisons le parallèle avec les événements du Rwanda de juillet 1994. L’on pourrait dire -mutatis mutandis- que la fuite des hutu en juillet 1994 après la conquête militaire de leur pays par les combattants tutsi venus d’Ouganda, est assimilable à l’exode des palestiniens de 1948  et à la création de l’état d’Israël.

Au Rwanda, en 1994, l’on se souviendra qu’après trois mois de durs combats étant sous embargo international au moment où les envahisseurs recevaient des renforts en hommes et en matériels ou des systèmes de renseignements des pays comme les USA, la Grande Bretagne, l’Ouganda, le Burundi et l’Ethiopie entre autres, les unités des Forces Armées Rwandaises ont réussi à rompre l’encerclement et à sortir de la capitale Kigali dans laquelle elles étaient assiégées depuis le 07 avril 1994.

Quant aux populations hutu, elles fuyaient en masse à chaque avancée des conquérants pour quitter les zones conquises et ceci depuis l’invasion de l’armée tutsi venue d’Ouganda du 01 octobre 1990. C’est ainsi que plus de trois millions de rwandais (sur une population totale de plus ou moins cinq millions à l’époque) se retrouveront en exil dans les pays voisins du Rwanda dès fin juillet 1994.

Les nouveaux maîtres du pays venus d’Ouganda choisiront alors la date de la rupture d’encerclement par les FAR, le jour où elles ont évacué Kigali comme jour de commémoration de sa prise du pouvoir, à savoir le 04 juillet. Désormais la date du 04 juillet 1994 va remplacer comme Fête Nationale celle du 01 juillet 1962 jour où le Rwanda a acquis sa souveraineté internationale en devenant un Etat indépendant débarrassé de la tutelle belge.

Ainsi donc, selon de quel bord on se trouve, l’histoire récente du Rwanda est différemment rapportée. En effet, deux versions parallèles de cette histoire sont proposées dans lesquelles on trouve des termes et concepts différents et souvent contradictoires qui pourtant nomment ou décrivent un même fait historique.

A titre illustratif nous donnons quelques exemples.
L’invasion des éléments tutsi de l’armée ougandaise la NRA du territoire rwandais le 01 octobre 1990 est qualifiée par une partie de rwandais comme une “guerre de libération” tandis qu’une autre la considère comme une “guerre de reconquête”. Les sympathisants et/ou agents secrets de ceux qui ont envahi le pays qui opéraient de l’intérieur sont qualifiés par certains de “complices et collaborateurs de l’envahisseur”, mais par l’autre partie de “militants et soutiens de la guerre de libération”.
Les “actes terroristes, crimes de guerre et crimes contre l’humanité” commis par les combattants tutsi qui ont conquis le pays en 1994 tels qu’ils sont dénoncés par les victimes et les défenseurs des droits de l’homme sont qualifiés par le régime issu de cette conquête comme “opérations pour arrêter le génocide”.

Les “actions de résistance” des populations conquises ou réfugiées dans les pays voisins face à l’oppression et aux tentatives de leur extermination sont qualifiés par le régime “d’ actes terroristes”. De même la “dénonciation des crimes du régime et ses violations des droits de l’homme” est qualifiée par ce dernier de “négation et minimisation du génocide des tutsi”.

On le voit, en lisant la littérature en rapport avec le Rwanda (son histoire récente ou l’actualité), il faudrait prendre la précaution de d’abord savoir de quel bord est l’auteur ou la ligne éditoriale du média pour ensuite nuancer les affirmations qui y sont contenues.

Enfin, à cet effet, nous lançons un petit test à nos lecteurs. La date du 04 juillet 1994 au Rwanda est considérée comme jour de la libération. Mais pour ceux qui sont opprimés et ou ont été chassés par les combattants tutsi qui ont pris Kigali à la même date, ce jour est pour eux “la Nakba” / catastrophe qui s’est abattue sur le peuple (ishyano ryagwiriye rubanda). Qui a raison et qui a tord? A chacun de répondre selon son obédience.

Emmanuel Neretse
Bruxelles le 01 /07/2019

Source: musabyimana.net