Monthly Archives: November 2019

Génocide contre les Hutu au Rwanda et en RDC: la fin de l’omerta?

Génocide contre les Hutu au Rwanda et en RDC : la fin de l’omerta ?

Génocide contre les Hutu au Rwanda et en RDC : la fin de l’omerta ?

Retour sur la lettre ouverte des 60 « scientifiques » qui s’étaient insurgés contre les conférences de Judi REVER en Belgique

Le mardi 8 octobre dernier, une lettre ouverte signée par une soixantaine d’ « universitaires, scientifiques, chercheurs, journalistes et historiens » était publiée dans les deux plus grands quotidiens belges francophones, avec pour ambition de faire annuler les conférences et exposés de la journaliste canadienne, Judi REVER, prévus du 8 au 11 octobre 2019 au sein de plusieurs universités flamandes[1].

Les conférences de Judi REVER devaient tourner autour de son livre : « In Praise of Blood : The Crimes of the Rwandan Patriotic Front », réédité en néerlandais en octobre 2018, sous le titre : « De Waarheid over Rwanda ; het regime van Paul Kagame » par Amsterdam University Press[2].

La lettre ouverte, prétextant lutter contre une « négationniste connue du génocide de 1994 contre les Tutsi du Rwanda », demandait ni plus ni moins « aux recteurs des KULeuven, UAntwerpen, VUB et au directeur dʼArtevelde hogeschool Gent, respectivement Luc Sels, Herman Vangoethem, Sicco Wittermans et Tomas Legrand » de fermer leurs portes à Judi REVER.

Toutefois, aucune suite ne fut réservée à cette ambitieuse lettre, pourtant co-signée par de nombreuses personnalités de renom et, bien entendu, toutes les conférences et exposés prévus pour Judi REVER ont bien eu lieu, à Anvers, Bruxelles, Leuven et Gand,allant parfois jusqu’à capter l’attention de centaines d’étudiants dans les facultés de droit et de sciences politiques de ces universités.

Nous souhaitons revenir sur la lettre en question et surtout essayer de comprendre comment et pourquoi celle-ci n’a pas obtenu le résultat espéré par ses signataires, ou plutôt par ses commanditaires.

Couverture du livre en néerlandais

Une lettre qui se trompe de combat ?

Pour commencer, la lettre du 8 octobre s’est visiblement trompée de combat.

En effet, la lettre disait vouloir lutter contre le négationnisme du génocide des Tutsi, alors que les conférences de Judi REVER portaient sur les crimes commis par le Front Patriotique Rwandais.

Or, il n’y a absolument aucun acte ou parole négationniste dans la démarche de Judi REVER, ou de quiconque d’ailleurs, qui dénonce les crimes du FPR, même en les qualifiant de génocide contre les Hutu.

Il n’y a qu’au Rwanda, dirigé par le même FPR, que la seule évocation des crimes commis contre les populations civiles Hutu par le FPR est considérée comme du « négationnisme », à l’encontre d’ailleurs de toute logique universelle, ainsi que l’a confirmé la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, dans son jugement contre l’Etat rwandais en novembre 2017.[3]

C’est donc en suivant la logique de Kigali, que les signataires de la lettre ouverte ont voulu se servir du sentiment d’horreur qu’inspire legénocide contre les Tutsi, afin de faire taire une journaliste indépendante qui a consacré plus de 20 ans de sa vie à documenter et dénoncer les crimes du FPR,crimes qui ontfait des centaines de milliers de victimes au Rwanda et en RDC dans les années 1990, principalement parmi les civils Hutu.

Paradoxalement, c’est précisément dans cette logique du FPR que réside la plus grande minimisation du génocide contre les Tutsi, qui consiste à le réduire à un vulgaire bouclier psychologique, politique et médiatique, brandi à chaque fois qu’il faut défendre le triste bilan du FPR dans les années 1990, ou même encore, pour justifier les violations des droits de l’homme qui font encore rage au Rwanda en 2019[4].

Des signataires controversés ?

Ensuite, la deuxième faiblesse de cette lettre réside précisément dans la longue liste des signataires, dont on se demande s’ils ont eu l’occasion de la relire, et dont certains sont connus pour leur militantisme politique en faveur du FPR, cequi enlève donc tout caractère scientifique à leurs préoccupations. On notera, entre autres :

En 1èreposition, Guillaume Ancel, très controversé, pour ne pas dire contradictoire, ancien militaire français qui courtise le FPR depuis quelques années, allant même jusqu’à déclarer avoir assassiné des miliciens Interahamwe en juin 1994,pour se faire passer pour un héros.

En 3èmeposition, le docteur Philippe Basabose, ancien militaire de l’APR devenu depuis professeur associé au Canada, à la Memorial University of Newfoundland et qui a donc un intérêt naturel à défendre les actions d’une armée au sein de laquelle il a combattu.

En 9èmeposition, Patrick de Saint-Exupéry, journaliste français, condamné en France par deux fois pour diffamation, alors qu’il tentait de blanchir l’image du FPR.

En 10èmeposition, Alain Destexhe, ex-sénateur belge ayant acquis la nationalité rwandaise et récompensé par le Général Paul Kagame lui-même pour « services rendus » au FPR et qui fait aujourd’hui l’objet d’une plainte pour diffamation et calomnie en Belgique.

En 18eposition, Alain Gauthier, militant français, également de nationalité rwandaise et décoré par le Général Paul Kagame pour « services rendus »

Richard GISAGARA en tenue de militant FPR, le 30 juin dernier dans uneretraite du FPR qui s’est tenue à Lille – source : igihe.com

En 20eposition, Richard Gisagara, avocat français d’origine rwandaise et membre éminent du FPR opérant sur le territoire Français.

En 49èmeposition, Jean Philippe Schreiber, professeur à l’Université Libre de Bruxelles et dont l’indépendance sur les questions rwandaises est souvent questionnée, notamment après avoir écrit qu’Octavien Ngenzi, ancien Bourgmestre Hutu de Kabarondo avait tué sa femme tutsie et ses enfants devant « l’ensemble de la population de la commune, pour l’exemple » alors que ces derniers sont bien vivantset séjournent en France.[5]

Rien qu’avec ces quelques signataires « politisés », c’est la crédibilité et la neutralité de toute la liste qui est remise en cause, malgré la présence d’autres personnalités renommées, et cela n’a certainement pas échappé aux recteurs des universités flamandes.

Une démarche diffamatoire ?

Enfin, et c’est là l’élément le plus important, les recteurs des universités flamandes, qui supervisent certaines des plus grandes facultés de droit du pays, faut-il le rappeler, ne pouvaient évidemment pas donner suite à une lettre qui qualifie publiquement une journaliste de « négationniste » au seul motif que les signataires n’ont pas eu l’occasion de « contester son point de vue » (SIC) !

C’est de la diffamation en bonne et due forme, punissable en Belgique en vertu des articles 443 et 444 du Code pénal.

De plus, la Belgique dispose, depuis le 25 avril 2019, d’une loi qui punit le négationnisme des génocides établis par une juridiction internationale, dont le génocide contre les Tutsi[6]. Il est donc inconcevable que des Universités aient pu inviter une personne dont les actes ou les paroles pouvaient tomber sous le champ d’application de cette nouvelle loi.

D’ailleurs, si la démarche des 60 signataires étaitprécisément de lutter contre le négationnisme, pourquoi n’ont-ils pas porté plainte ou demandéen référé l’interdiction des conférences ?

La fin d’une instrumentalisation, la fin d’une omerta ?

En définitive, les conférences et exposés tenus par Judi REVER en Belgique la semaine du 7 au 11 octobre, sur les crimes commis contre les populations civiles Hutu ont sans doute ouvert une nouvelle ère dans la reconnaissance du deuxième génocide que les Rwandais ont connu, cette-fois ci, contre les Hutu.[7]

Conférence du vendredi 11 octobre à Bruxelles – source Twitter
https://twitter.com/gmbonyumutwa/status/1182792677718409216?s=20

N’en déplaise aux complices, soutiens et partisans indéfectibles du FPR, ces crimes contre des centaines de milliers de civils Hutu innocents, ne seront pas éternellement ignorés par l’Histoire.

Le Docteur Denis MUKWEGE, appelle même désormais à la création d’un Tribunal Pénal International pour le génocide commis sur le territoire de la RDC[8].

Est-il négationniste pour autant ?

Ceux qui instrumentalisent le génocide contre les Tutsi pour cacher celui contre les Hutu font du tort à tous les Rwandais et finissent par minimiser tous les crimes dont les Rwandais ont été victimes.

Au plus tôt toute la souffrance des Rwandais sera reconnue, au plus vite la nation rwandaise pourra guérir et se reconstruire, et c’est bien dans cette optique que le travail de Judi REVER prend toute sa valeur.

Gustave Mbonyumutwa

11 Novembre 2019

http://www.jambonews.net


[1]La Libre Afrique et le Soir du mercredi 9 octobre 2019, avec comme titre : « Génocide des Tutsis : lettre internationale à des recteurs d’universités flamandes »

[2]https://www.standaardboekhandel.be/p/de-waarheid-over-rwanda-9789463723602

[3]http://www.rfi.fr/afrique/20171125-affaire-ingabire-defense-salue-arret-cour-africaine-droits-homme

[4]https://www.hrw.org/fr/world-report/2019/country-chapters/325445

[5]MRAX, Ibuka, « N’épargnez pas les enfants », sous la direction de Radouane Bouhlal et Placide Kalisa, p. 52.

[6]http://www.jamboasbl.com/droits-de-lhomme/observations-de-jambo-asbl-sur-le-nouvel-article-de-loi-tendant-a-reprimer-la-negation-des-genocides-reconnus-par-une-juridiction-internationale-en-ce-qui-concerne-le-cas-du-rwanda

[7]https://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/30/congo-rwanda-l-autre-genocide-impuni_1417845_3232.html

[8]https://www.jambonews.net/actualites/20190922-rdc-denis-mukwege-appelle-a-letablissement-dun-tribunal-penal-international/

Professor KAMBANDA rubishes BUSINGYE’s response to UK legislators.

Charles Kambanda

Dr Charles Kambanda, PhD

MEMORANDUM

TO: MR. Johnston Busingye
Minister of Justice and
Attorney General,
Rwanda, Kigali

From: Charles KM Kambanda, PhD
Attorney and Counsel-at-Law
New York State,
United States of America

Date: November 08th, 2019

RE: Concerning the contrivance and misapprehension of common law sub judice rule, in your response to the British Legislators’ call for Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara’s release.

I. Introduction
This Memorandum serves to draw your attention to the shameful falsehoods and inaccuracies in your letter dated 6 November 2019, addressed to The Rt. Hon. Baroness D’Souza CMG, and other UK Legislators, hereafter the British legislators. On behalf of the government of Rwanda, you dismissed the British legislators’ call for the immediate release of Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara. You wrongly argued that the British legislators’ letter amounts to ex facie contempt of court and your government does not interfere with cases that are before a competent Court of law.

You invoked the Common Law sub-judice rule; that substantive issues of the matter before a competent court cannot be discussed outside the Court. You contend that the government of Rwanda wouldn’t comment on Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara case because the detainees appealed their conviction. Your ‘argument” is erroneous, at law, because it is settled law that the common law sub judice rule does not apply (1) where the case involves matter of public concern, like the instant case and (2) when citizens are exercising their duty to hold government officials accountable
In your letter, you faked what you called a UK case; “Assange v. United Kingdom”. No such case has ever been litigated in the United Kingdom. You faked the parties, facts and the “ruling”.

II. Background
On 4 November 2019, The Rt. Hon. Baroness D’Souza CMG, House of Lords et al., wrote to the President of Rwanda, expressing their concern regarding continued detention of Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara.

On 31 March 2016, Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara were convicted different political crimes. Col Tom Byabagamba was convicted of Inciting insurrection or trouble amongst the population, committing an act aimed at tarnishing the image of the Country or the Government, Contempt of the national flag and Concealing objects which were used or meant to commit an offence. Rtd Brig Gen Frank Rusagara was convicted of Inciting insurrection or trouble amongst the population, committing an act aimed at tarnishing the image of the Country or the Government, Illegal possession of guns and their ammunitions.

On 23 December 2017, The UN Working Group on Arbitrary Detention rendered its opinion No 85/20 17 that the deprivation of liberty of Mr. Frank Rusagara, and Tom Byabagamba is arbitrary and in contravention of Article 95,9,10,12 and 19 of the Universal Declaration of Human Rights and Articles 7, 9,10,14,15,17 and 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights, Category I, II and III, and that the deprivation of liberty of Mr. François Kabayiza is arbitrary and in contravention of articles 9 and 10 of the Universal Declaration of Human Rights and Articles 9 and 14 of the International Covenant on Civil and Political Rights, category III.

Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara were sentenced to 21 and 20 years, respectively.

The British legislators requested for the release of Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara, at least on humanitarian ground, because of the deteriorating health condition of the two former Kagame loyalists.

III. Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara case is a matter of public concern for Rwandans and friends of Rwanda, including the British Legislators – whose taxpayer’s money sustains your government. The British Legislators moved to hold Rwanda to the Commonwealth and/or international human rights standards.

The “crimes” for which the two Kagame former loyalists were convicted of are ridiculous political crimes; spreading rumors, tarnishing the image of the country and government, concealing evidence from the government and undermining Rwanda flag. These “crimes” are classic political crimes in Criminology. Political ‘crimes” are legal acts, criminalized at the convenient of the dictator trying to hold on to power by all means. Jefferson Thomas, one of the Founding Fathers of the US, in his Correspondence and Papers vol. 12, 1816 -1826, calls political crimes “acts against the oppression of the government”. The two detainees, like thousands of other political prisoners, are in prison for standing up to oppression.

The “crimes” the two detainees are accused of constitute State crime; your government is perpetrating hilarious crimes against Rwandans using unconstitutional codified political crimes, in contravention of the 2003 Constitution of Rwanda, as amended. The 2003 Constitution of Rwanda, in its Preamble, provides that “Rwanda is committed to uphold people’s fundamental human rights … and build a State governed by rule of law and a pluralistic Democracy”. Chapter IV provides that “Rwanda is committed to uphold human rights and freedoms”. Article 24 guarantees the right to liberty and security of a person. Article 27 provides for free participation in government [affairs]. Article 29 provides for Due Process. Article 38 provides for freedom of expression. The political crimes against Col Tom Byabagamba and Brig. General Frank Rusagara are evidence that the government of Rwanda does not respect the 2003 Constitution and the international legal instruments Rwanda ratified. President Paul Kagame’s junta uses the law, and courts of law, to entrench violation of human rights and freedoms.

Aside from the preposterous political crimes the two former senior military officers were convicted of, the two men were denied their right to fair hearing and the right to confront their accusers. The detainees were not allowed to cross-examine their accusers, in contravention of the 2003 Constitution of Rwanda and the relevant International Conventions Rwanda ratified.

Busingye

Mr. Busingye Johnson, Kagame’s minister of justice

IV. Your claim that The UN Working Group on Arbitrary Detention opinion NO 85/20 17 is not binding on Rwanda is outrageous. Your insistence that the British Legislators should not cite the UN Group’s opinion is ridiculous.

A. The UN Working Group on Arbitrary Detention points to binding legal instruments
You “argued” that the UN Working Group on Arbitrary Detention opinion NO 85/20 17 is not “binding” on Rwanda ” [because] the United Kingdom government recently noted in the case of Assange v United Kingdom, that opinion of UN Working Group on Arbitrary Detention is not judicial in nature and non-binding on domestic courts”. First, you faked Assange v United Kingdom No such Court case has ever happened in the UK. Second, the UN Working Group has never issues an opinion over the UK. The only Court case involving Assange in the UK is Assange v Swedish Prosecution Authority, [2012] UKSC 22. It’s direful for a Minister of Justice and Attorney General to “cite” a fake case, in a letter of such importance.

The UN Working Group on Arbitrary Detention opinion on Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara case determined that your government is in violations of specific international legal instrument and the Constitution of Rwanda. These legal instruments are binding on Rwanda. The UN Group on Arbitrary Detention “named and shamed” the government of Rwanda. Thereupon, your argument that the Group’s opinion is not binding on Rwanda is a lazy no-count and must be treated with the contempt it deserves.

B. Contrary to your “argument”, Assange’s case is distinguishable from Co. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara
Assuming your intention was to cite Assange v Swedish Prosecution Authority, [2012] UKSC 22, not Assange v United Kingdom you faked, you or your office should have bothered to know that in Assange v Swedish Prosecution Authority, [2012] UKSC 22, Mr Julian Assange challenged the validity of the European Arrest Warrant (EAW) on the ground (amongst others) that his arrest warrant had been issued by a public prosecutor who was not a ‘judicial authority’ as required by article 6 of the Framework Decision and by sections 2(2) and 66 of the 2003 Act. The Supreme Court (Majority) held that the EAWs were binding to domestic Courts. Whilst Minority – Lord Mance – ruled that domestic courts were not bound as a matter of European law to interpret Part 1 of the 2003 Act in a manner which accords with the Framework Decision. It is heinous that you and your office confuse the Framework Decision in Assange v Swedish Prosecution Authority, [2012] UKSC 22 with the UN Working Group on Arbitrary Detention opinion Co. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara’s case.

V. The government of Rwanda cannot rely on Common Law sub judice rule in this case

A. It is despicable, at law, to invoke common law sub judice rule in matters of public concern and/or interest.
In your letter, you opined that President Kagame and his government cannot interfere with the judiciary, in violation of the common law sub judice rule. For all we know of President Kagame’s dictatorship, this is frothy assertion. First, Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara are in prison for ridiculous political crimes. Political crimes are created by dictators, for the dictator’s political survival. Second, there is no independent institution in Rwanda. The fact that you have draconic laws like the crimes Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara are accused of is proof that your government is a dictatorship. In a dictatorship, all institutions serve the absolute ruler. The British Legislators, like all right thinking Rwandans, are asking your government to drop those ridiculous political crimes from the criminal code, respect the 2003 Constitution of Rwanda and all the international legal conventions Rwanda ratified.
In Exparte Bread Manufacturing Lts, Re Truth and Sportsman Lt (1937) SR (NSW) 242, Court held that statements are not contemptuous if they raise legitimate and pressing issues of public importance; also Rv Edmonton Sun, 200 ABQB and Midi Television (pty) Ltd v Director of Public Prosecution (2001) SCA 56 (RSA). In Attorney General v Time Newspapers [1973] 1 ALL ER. 815 (UKCA), the Supreme Court held that matters of public interest cannot be suppressed merely because of the common law sub judice rule. When citizens are exercising their constitutional duty to hold government accountable for its excess, government cannot invoke sub-judice rule. Your government cannot invoke sub judice rule in this case.

B. Where government is involved, common law sub judice rule triggers complex freedom of speech legal issues

In Dagenais v Canadian Broadcasting Corp. [1994] 3 S.C.R. 835, Court held that the common law sub judice rule cannot overshadow freedom of expression. Dagenais case set two-fold standard to ensure that sub judice rule does not suppress freedom of speech; the necessity and salutary effect standard. Justice Ruthrfold reasoned that sub judice rule is not a tool that can be pulled out of the box for use on occasions when it suits one’s interests.” In almost all cases when government evokes common law sub judice rule, freedom of speech legal issues arise. When government invocation of sub judice rule trigger free speech legal issues, the Dagenais two-fold sub judice standards convert to strict scrutiny standard because freedom of speech is a fundamental right.

In jurisdictions where ex facie contempt is codified, the Statute must create a public affairs exception or a defense. The rationale is that matters of public concern or when people endeavor to hold their government accountable, sub judice rule does not apply. That’s the law; your government can’t re-invent common law sub judice rule

VI. Conclusion
Concocting case law ( fake parties, facts and ruling) and invoking sub judice – which you know or should know – does not apply to the instant case – puts you, your office and government of Rwanda to disrepute and raises competence issues for you and your office. ‘Citing” a bogus case, like the “Assange v United Kingdom” you faked, in a document of national importance, is unbecoming of any lawyer, much less a country’s Attorney General. Col. Tom Byabagamba and Brig. Gen. Frank Rusagara, like many other Rwandans, are languishing in prison because President Kagame perceives them as a threat to his absolute power. Heed the British legislators’ call; your government should respect the 2003 Constitution of Rwanda and all the international human rights conventions Rwanda ratified. Rwandans must build a democratic society for sustainable development or your government is clutching at straws.

Dr Kambanda Charles,  PhD

Attorney at Law

The danger of unchallenged myth: The lie that is Rwandan President Paul Kagame.

 

1*9mch3Fn5a2fXGPQ7M-Byng@2xThe danger of an unchallenged myth: The lie that is Rwandan President Paul Kagame

When I set about writing this, two poignant quotes kept bouncing around in my head, which describe everything I want to express in this column. The first, by Martin Luther King goes thus: “Nothing in all the world is more dangerous than sincere ignorance and conscientious stupidity.” The second quote, from a speech by US President John F. Kennedy at Yale University goes thus: “For the great enemy of truth is very often not the lie — deliberate, contrived and dishonest — but the myth — persistent, persuasive, and unrealistic.”

These two quotes perfectly sum up my views on the sudden appearance of Paul Kagame as a kite being flown within Nigerian political and policy circles. Regardless of who is behind the sudden emergence of an East African strongman as a purported example for Nigerian or African leadership, it is very important to question and challenge this dangerous narrative before it takes root and begins to infect national decision making, as is so often the case. The case for Kagame-style leadership as a panacea to African development issues hinges on two major beliefs: that Kagame is a “benevolent dictator” who leads with his country’s interests in mind, and that he is a “competent dictator” who knows how to get things done and achieve results.

Let us briefly interrogate these two notions.

The ‘benevolent dictator’ is fictional

What is most commonly used to sell the myth of Paul Kagame is the idea that he is some sort of patriotic strongman – the father of the modern Rwandan nation who came in like a hero at the country’s darkest hour to steer it away from genocidal division toward the cusp of a 21st century economic breakout. His “example” is typically cited by non-Rwandan Africans as a stark contrast to their incompetent and corrupt (elected) governments. “If only Kagame’s peers across Africa could be like him! Africa would be so developed by now!”

This myth conveniently ignores some very inconvenient facts that tell a completely different story about who Kagame is and what the modern state of Rwanda is actually built on. First of all, Kagame’s portrayal as a hero in the context of the events of 1994 could not be wider of the mark. It often comes as a shock to many who discover upon some cursory reading, that there was a second genocide happening almost concurrently in Rwanda as well as in neighbouring Burundi and Eastern DRC in 1994. This genocide, which was characterised by massacres and rapes of hundreds of thousands of Hutu civilians and refugees between 1990 and 1996, was twice recognised the UN in 1997 and 1998 as a genocide under Article 2 of the 1948 Genocide Convention.

Paul Kagame’s Rwandan Patriotic Front (RPF), and later on his Rwandan-backed Alliance of Democratic Forces for the Liberation of Congo-Zaire (AFDL), were repeatedly implicated in these sordid events, but the sheer ferocity of the 1994 Tutsi genocide perhaps allowed him to fly under the radar as the lesser of two evils. By invoking the memory of April 1994 at every opportunity, Kagame has successfully convinced the world to forget that he was in fact, a tribal warlord fighting an illegitimate war against an elected government, before a series of “convenient” events led him into power in Kigali.

What Kagame really is more than anything else, is an opportunist – the ruthless winner who got to write history and cynically exploit the world’s emotions by presenting a complicated – and by no means concluded – conflict as a 3-month spurt of madness that he heroically ended. Rather than contextualise the Rwandan genocide as part of a wider African Great Lakes regional crisis, and acknowledge the ongoing role of the Kagame regime in destabilising and plundering the Eastern DRC, Africa and the world have falled for his contrived and carefully cultivated leadership myth, allowing him to repeatedly escape difficult questions.

Difficult questions like: “Why do Rwandan opposition members keep going missing?” “How did he get 99 percent of the votes cast in the 2017 Rwandan election?” “Why is Diane Rwigara in prison?” “Why does his government regularly seize, expropriate and auction homes, property and businesses belonging to government critics?” “How come Rwanda has barely any coltan deposits, but is one of the world’s largest coltan exporters, while coincidentally sharing a border with the Eastern DRC which has extensive coltan deposits and an everlasting civil war fueled by armed groups linked to Kigali?” “How many civilian massacres and mass rapes did the RPF under his leadership carry out between 1990 and 1996?”  “Why did he respond to a 2006 report by French magistrate Jean-Louis Bruguière, linking him to the assassination of former Rwandan president Juvenal Habyarimana by breaking off Rwanda’s diplomatic relationship with France?”

In an alternate universe, Paul Kagame would be answering questions about RPF war crimes and his role in the events of 1994 at the United Nations International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR) in Arusha, Tanzania. Instead, because of the power of the “benevolent dictator” myth, this charming, narcissistic Mobutu Sese Seko regen with a nice smile and good PR is currently the toast of many within Africa’s ironically-termed intelligentsia.

The ‘competent dictator’ is another myth

When Customs Controller General, Col. Hamid Ali recently made a comment comparing Nigeria’s nonsensical border closure to China’s alleged border closure in the 20th century, it was a sign that Nigeria’s government has moved on from selling myths and inaccurate information to Nigerians, and started formulating real policies with long term consequences based on false information. Why this worried me was that it presented the possibility of a scenario where the Kagame myth will be used as a basis for policy and political moves that will destroy our hard-won democratic freedoms and wreck our economy for nothing.

If an MDA head and his boss in Aso Rock are making policy decisions based on Chinese ‘historical events’ that simply did not happen, they can also make decisions based on a Rwandan success story that is entirely fictional. As of today, for example, Rwanda has roughly one doctor per 15,600 people. To put that in perspective, Nigeria has roughly one doctor per 2,500 people, and it is widely accepted that this figure represents a healthcare emergency. Rwanda’s per capita GDP is also a miserable $850, putting it behind Chad and war-torn Yemen, and just ahead of economic powerhouses like Haiti, Afghanistan and South Sudan. In 25 years since seizing power, Paul Kagame’s regime has managed to pave just 1,000km of the country’s 12,000km of roads – about 8.3 percent of the total road network.

Even in the famously clean and shiny capital city Kigali, only the most important roads are paved, with the majority of streets still brown earthroads. Most tellingly, anything from 30 to 50 percent of Rwanda’s national budget is still funded by foreign aid every year, more than a quarter of a century after Paul Kagame seized power. Behind the shiny, clean streets of Kigali and the PR-savviness of Kagame’s regime, complete with poverty statistics manipulated to look good as discovered recently by the Financial Times, Rwanda remains a dirt poor banana republic populated by impoverished and terrified people.

If there is such a thing as a “competent dictatorship,” Rwanda is not it, and I cannot stress this point enough. The economically illiterate decision to self harm by closing the borders without sorting out any of the underlying issues that make imported goods more competitive, is an example of ruinous national decision decision-making based on myths like “the Chinese closed their borders.”

Hopefully, we won’t have to learn the hard way that the myth of Paul Kagame – no matter how much we want to believe in it – is just a myth.

David HUNDEYIN

Businessday.ng

Lettre ouverte au Président Félix Tshisekedi.

ALERTE DU 1 NOVEMBRE 2019 : LETTRE AU PRÉSIDENT FÉLIX TSCHISEKEDI, PRÉSIDENT DE LA RDC

ALERTE DU 1 NOVEMBRE 2019 : LETTRE AU PRÉSIDENT FÉLIX TSCHISEKEDI, PRÉSIDENT DE LA RDC

Monsieur le Président,

1. Au Kivu comme dans toute la Région des Grands Lacs, mis à feu et à sang ces 25 dernières années, la situation de violence permanente n’est pas confuse, comme celles et ceux qui font les malins voudraient nous le faire croire. Nous savons bien évidemment quel est le problème et quelle en serait la solution. Nous savons très exactement pourquoi tant de groupes armés pullulent en République Démocratique du Congo, y semant la mort et menaçant la sécurité de tous les pays de la Région. Nous savons avec certitude qui est le bourreau et qui sont les victimes. Nous n’ignorons pas non plus que tous les efforts nationaux et internationaux ne peuvent aucunement venir à bout de ces groupes armés si le « Super-Seigneur-de-Guerre » qui en est le Promoteur et le BOSS reste en poste

2. Vous êtes fraichement investi comme chef d’Etat d’un pays, où, selon le Mapping Report des Nations Unis (2010) entre autres, le sang de plus de huit millions de personnes innocentes a coulé comme pour satisfaire la volonté de puissance d’UN SEUL et UNIQUE INDIVIDU ! Et cela depuis 1996 seulement !

3. Allez donc voir à l’origine de tous ces groupes armés congolais, vous en trouverez UN, toujours le même bien que parfois sous différentes dénominations, qui attaque les autres pour prendre leurs vies, leurs terres et leurs biens afin de les asservir. Et les lésés, acculés à l’auto-défense, créent tant bien que mal leurs propres groupes armés. Ignoreriez-vous l’identité de l’INDIVUDU qui soutient, finance et manipule à sa guise les guerres tribales du Kivu, depuis au moins 25 ans ?

4. Les groupes armés d’origine rwandaise présents sur le sol de la RDC ne sont pas non plus tombés du ciel. En 1994, des millions de citoyens rwandais ont débarqué en RDC en fuyant le même INDIVIDU qui venait de prendre tout le pouvoir au Rwanda en assassinant le Président Habyarimana, d’heureuse mémoire : rappelons-nous que pendant sa présidence (1973-1994), il n’y a jamais eu de problème entre son pays et le Zaïre, il n’y avait que des projets de paix et de développement régional telle la CPGEL, etc. N’oublions pas que depuis 1996, le même INDIVIDU n’a cessé de violer les frontières du Zaïre/RDC en toute impunité pour aller détruire à coup de bombes mortelles les camps de ces millions de concitoyens qui l’avaient fui. Le nombre d’innocents massacrés dépasse tout entendement.

5. Venons-en maintenant aux groupes armés d’origine burundaise en maquis au Kivu. Ils ont tous quelque chose à voir avec la situation de chaos créée par l’assassinat sauvage du premier président bantou démocratiquement élu au Burundi : il s’appelait Melchior NDANDAYE ! Ce n’est plus un secret pour personne, Paul KAGAME était présent à Bujumbura en cette nuit du 20 au 21 octobre 1993 et il a eu son mot à dire dans la conduite des malheureux événements. De sources concordantes et sûres, Paul Kagame voyait d’un très mauvais œil l’élection d’un hutu/bantou à la tête du Burundi. Il avait peur de perdre ainsi un allié stratégique (le président burundais sortant), alors qu’il s’apprêtait à provoquer le cataclysme à Kigali pour prendre tout le pouvoir, peu importe la quantité du sang à verser.

Monsieur le Président,

6. Nous avons toujours à l’esprit la longue lutte pour la dignité du Peuple Congolais menée par votre père, feu Etienne Tschisekedi d’heureuse mémoire… Vous connaissez mieux que moi l’histoire de votre pays. Je suis très convaincu que vous êtes un homme profondément croyant, de très bon cœur et que vous voulez vraiment le bien suprême de votre peuple, c’est-à-dire, le développement économique, la stabilité, la PAIX.
Et si c’est le cas, s’il vous plaît, pourquoi ne pas prendre votre courage à deux mains ? Ne zigzaguez plus, arrêtez de jouer la comédie et cessez de prendre des vessies pour des lanternes. Au fait, quel intérêt auriez-vous à vous allier avec le FOSSOYEUR de votre peuple, le PYROMANE invétéré, heureux de mettre continuellement le feu à votre maison ?

7. Pour tout vous dire, tous les hommes et femmes sensés, y compris les simples paysans de notre Région, sont arrivés à la conclusion immuable selon laquelle :

(1) Paul KAGAME n’est pas la solution, c’est lui le PROBLEME

(2) Il n’y aura jamais de paix ni en RDC, ni au Burundi, ni en Ouganda, ni en Tanzanie, ni au Rwanda… tant que le dictateur Paul KAGAME reste « monarchiquement » à la tête de la République du Rwanda dont il a fait le « départ de tout feu » qui consume toute la Région des Grands Lacs africains depuis bientôt 30 ans.

(3) Toutefois, il convient de bien noter que les appétits inassouvis de conquête de Monsieur Paul Kagame ne peuvent se réaliser qu’en manipulant et en s’aliénant une partie des ressortissants de son groupe ethnique pour en faire son cheval de guerre. Voilà pourquoi «la cause de la minorité Banyamulenge », version congolaise de « la cause de la minorité Tutsi » du Rwanda et du Burundi….est à prendre au sérieux pour mieux en comprendre les tenants et les aboutissants.

Monsieur le Président,

8. Il n’y a qu’une condition à l’avènement de la paix durable en République Démocratique du Congo et dans la Région de Grands Lacs : Le DEPART de Paul KAGAME.

9. Les Bantous ont déjà perdu plus de huit millions de vies humaines, sans parler de la destruction de leurs biens matériels sur un espace record de 25 ans seulement. Et tout ce sang n’a pas encore suffi à assouvir la VOLONTE DE PUISSANCE d’un seul et unique individu : Paul KAGAME.

10. Il est certainement temps que les Bantous se réveillent et comprennent dans quels sales draps ils se retrouvent en face d’un Paul Kagame organisé, bien armé, prêt à détruire encore des millions de vies humaines pour sa propre convenance ! Une situation inédite impose une action appropriée, coordonnée et proportionnée.

11. Le prix Nobel de la Paix dernièrement décerné à votre compatriote Denis MUKWEGE est sans aucune ombre de doute le signe prophétique des temps nouveaux, le temps de grâce accordé aux vrais bâtisseurs de paix.

Monsieur le Président,

12. Personne n’osera nier l’évidence : la République Démocratique du Congo est, par la force des choses, une vraie puissance régionale. Et vous-mêmes, étant actuellement en position de Leader, vous ne pouvez nullement échapper au premier des devoirs qui vous incombent, celui de présider aux destinées de vos concitoyens. Et à ce titre, tous les Bantous de la Région ont droit de compter sur votre loyauté pour contribuer à les sortir de la gueule du LOUP. Or, à notre humble avis, ce qu’il faut aux Bantous de la Région des Grands Lacs, à l’heure actuelle, c’est une action bicéphale :

(1) Une alliance stratégique, intelligente et saine en vue d’harmoniser une vision politique régionale, et ;

(2) Une organisation militaire puissante et salutaire, si pas pour chasser Paul Kagame, du moins pour contrecarrer ses expéditions destructrices et les futures réalisations de son agenda macabre.

Monsieur le Président,

13. Depuis 1993, six présidents d’origine bantoue ont été assassinés, dans le seul intérêt de Paul KAGAME et de ses alliés. Aujourd’hui encore, un autre président bantou pourrait tomber à tout moment.
Attendrez-vous de subir le triste sort de vos prédécesseurs pour agir plus sérieusement en faveur de la Paix de votre peuple et de celle des peuples voisins ?

Monsieur le Président,

La voie épistolaire n’étant qu’un pis-aller pour dire ce qu’on a sur le cœur, je vous quitte en espérant vous rencontrer un jour.
Que le Seigneur Dieu vous bénisse, qu’Il vous protège de tout mal et qu’Il vous comble des dons du discernement et du courage à toute épreuve ; car, énorme est la tâche qui vous attend, et immense l’espoir que le peuple a placé en vous.

Fait à Paris, ce 01/11/2019
Abbé Thomas NAHIMANA,
Président du Gouvernement du Peuple Rwandais en Exil
Tél : +33 6 63 95 50 74
Email : nahimanathom@gmail.com

Copie pour information à :

• Monsieur Pierre Nkurunziza, Président du Burundi ;
• Monsieur John Magufuri Pombe, Président de Tanzanie ;
• Monsieur Cyril Ramaphoza, Président d’Afrique du Sud ;
• Monsieur Yoweri Museveni, Président de l’Ouganda ;
• Monsieur Uhuru Kenyata, Président du Kenya ;
• Monsieur Joao Lorenço, Président d’Angola ;
• Monsieur Abdel Fatah Al-Sissi, Président d’Egypte et Président en exercice de l’UA ;
• Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française ;
• Monsieur Vladimir Poutine, Président de Russie ;
• Monsieur Xi Jinping, Président de Chine ;
• Madame Sophie WIMES, Premier Ministre du Royaume de Belgique ;
• Monsieur Jean-Claude Juncker, Président de la Commission Européenne ;
• Monsieur Donald Trump, Président des USA ;
• Monsieur Boris Johnson, Premier Ministre de Grande Bretagne ;
• Général Elias Rodrigues Martins Filho, Commandant de la MONUSCO ;
• Mme Fatou Bensouda,Procureur de la CPI ;
• Monsieur Filippo Grandi, Haut-Commissaire UNHCR ;
• La SADC, tous les pays ;
• Le CICR-Genève ;
• Human Right Watch;
• Amnesty International ;
• Monsieur Paul Kagame, Président du Rwanda ;

Le 1er Novembre 1959: Que s’est-il passé ?

Voici comment il décrit lui-même ce qui s’est passé, dans un entretien qu’il a eu à l’occasion du 25ème anniversaire de la Révolution de 1959.

Le 1er novembre 1959

Question : Que s’est-il passé le 1er Novembre 1959 ?

Réponse : Tout a commencé le vendredi 30 octobre 1959 lorsque, sur convocation de mon chef Gashagaza, je me suis rendu à Gitarama pour une réunion de sous-chefs, qui devait avoir lieu le jour même. Dans le message de convocation, il était précisé que je devais me faire accompagner de mon épouse parce que, en vue de je ne sais plus quelle rémunération, les photos des sous-chefs et de leurs épouses étaient exigées.

C’est donc avec enthousiasme que je me suis fait accompagner de ma femme dans l’espoir de profiter du week-end pour saluer notre fille, élève à Byimana et rendre visite à ma belle-famille à Mbare. Je suis donc arrivé très tôt, le vendredi, au poste de Gitarama, l’administrateur s’étonna de ma présence et me certifia qu’aucune réunion des sous-chefs n’était prévue.

En remontant vers le marché, je croise un collègue du nom de Gakwaya à qui je parle de cette réunion. Il me répond qu’il était à Gitarama pour d’autres raisons et qu’il ignorait tout de cette convocation. Je me rappelle encore que, dans notre conversation, il avait marqué son inquiétude au sujet du climat politique qu’il trouvait extrêmement tendu. Quand on s’est séparé, je me suis rappelé que j’avais également vu le sous-chef Bikuramuki sur mon chemin, à Ndiza même, qui vaquait tranquillement à ses occupations habituelles. Je ne m’en étais pas étonné, chacun devant gagner Gitarama par ses propres moyens.

Toujours à Gitarama, je rencontre un autre sous-chef du nom de Gasekurume, mais qui n’était pas du ressort de Gitarama. Il s’étonne de me voir encore vivant car, me dit-il, il avait appris que j’étais déjà mort. Cela m’a également rappelé qu’en embarquant le matin même, à bord du véhicule d’un commerçant de Ndiza (Remera), celui-ci m’avait soufflé à l’oreille qu’il avait entendu dire que je ne reviendrais pas vivant ! J’étais dès lors assuré d’avoir reçu une fausse convocation, et je décidai d’aller à Kabgayi rendre visite à Kimonyo de Musambira, un Tutsi qui venait d’être sérieusement tabassé la veille par des éléments unaristes (partisans de l’UNaR).

A l’entrée de l’hôpital, j’ai croisé le nommé H… qui était encore troubadour à la cour de la Reine, à Shyogwe. Il m’interpella ainsi : “Vous venez voir votre ami Aprosoma battu à mort ? ” Je dis oui. “Attendez-vous vous au même sort”, me répondit-il. A la sortie de l’hôpital, mon épouse, qui suivait toutes ces conversations alarmantes, me conseilla de rentrer vite chez ses parents. Nous sommes arrivés à Mbare le soir tombant.

Question : La convocation du chef Gashagaza était-elle écrite ou verbale ?

Réponse : Elle était verbale, et je comprendrai plus tard qu’il s’agissait d’un guet-apens. Le lendemain, samedi 31 octobre 1959, je suis resté chez mes beaux-parents. Toutes les conversations tournaient autour des victimes de l’agression des “unaristes”. Le peuple ne comprenait pas pourquoi nous, les leaders, ne réagissions pas, ni ne donnions l’ordre d’attaquer pour nous défendre.

C’est le dimanche 1er novembre que nous avions prévu d’aller rendre visite à notre fille Claire, élève interne à Byimana (8 km de Gitarama). Nous avons assisté à la messe célébrée par l’abbé Ferdinand Marara qui, dans son homélie, implorait Dieu pour qu’Il nous épargne des malheurs qu’il sentait proches car, disait-il, le climat politique est très tendu et la fraternité entre Rwandais est menacée.

Après la messe, on rendit visite à notre fille. Comme l’abbé Marara avait vécu à Kanyanza (paroisse de Ndiza) comme directeur des écoles (il venait d’être promu curé de Byimana), nous sommes passés chez lui. Nous l’avons tr:ouvé en compagnie de notables tutsis, dont deux sous-chefs, entrain de boire. Dès mon arrivée, il y eut des mouvements d’allée et venue bizarres. Je me suis retiré et l’abbé Marara se proposa de m’accompagner. Arrivés à la hauteur de Bukomero (environ à 1 km de la Mission de Byimana), un messager cycliste vint dire à l’abbé Marara de rentrer chez lui à la demande de son collègue, l’abbé Ngomiraronka.

A peine l’abbé Marara s’était-il éloigné, je vis des jeunes gens qui s’assemblaient à gauche et à droite. Comme la messe était terminée depuis longtemps, je me demandai la raison des ce rassemblement. Je posai la question à ces jeunes gens qui me répondirent qu’ils venaient voir un match de football. J’ai continué mon chemin et, chose bizarre, ces jeunes gens me suivirent. Tout d’un coup, l’un d’entre eux m’interpella : “Sous-chef, vous devenez très important; vous voulez, paraît-il, renverser notre roi”; avant même que je n’achève de répondre, ce jeune me prit par le col et me gifla. A ma réplique, je vis d’autres jeunes se précipiter. Ils me tapent, je tape aussi !

Question : Même bâti en Hercule, selon l’expression de Jean Hubert, comme vous étiez, comment êtes-vous parvenu à vous dégager? Combien étaient-ils?

Réponse : Ces jeunes gens n’étaient par armés. Ils m’ont fait tomber pour me battre, mais je suis parvenu à me relever et, dès cet instant, ils ont pris peur et se sont enfuis. C’est à ce moment que j’ai pu les estimer à une douzaine.

Question : Qu’avez-vous alors fait?

Réponse : Mon premier réflexe fut de retrouver mon épouse et un neveu qui s’étaient échappés et avaient couru chercher le secours. Arrivé au niveau de la grand-route, j’ai vu un groupe de personnes qui causaient. J’ai demandé si elles n’avaient pas vu une femme en détresse. Oui, oui, répondirent-elles ; si c’est la femme qui courait en pleurant, elle doit être loin ; elle a même enlevé ses chaussures. J’étais certain que mon épouse était partie chez elle à Mbare (une demi-douzaine de kilomètres plus loin). Je suis allé voir le conseiller du village.

Pendant que nous nous rassemblions pour aller à la chasse des jeunes agresseurs, je vis arriver les gens de Mbare, alertés par ma femme. D’autres gens arrivèrent bientôt de tous les côtés, même de Remera, de chez Rwasibo, et la nouvelle se répandit partout.

Question : Qui conduisait ce peuple, et comment se dispersa-elle?

Réponse :  Le peuple se conduisait lui-même. Il ressentait l’agression d’un de ses leaders comme un signe manifeste du danger qu’il courait lui-même. Après de vaines recherches pour retrouver les agresseurs, j’ai décidé de regagner mon logement, et les gens se dispèrsent. Bon nombre d’entre eux m’accompagnèrent jusqu’à Mbare. Le soir, entre autres visites, j’ai reçu celle de Kayibanda en compagnie de Rwasibo, et l’ont s’est donné rendez-vous le lendemain chez Kayibanda.

Question : Mais Kayibanda devait être menacé au premier chef ?

Réponse : Bien sûr, et c’est pour cela qu’en sa qualité de chef de parti, il avait une garde militaire comme tous les autres chefs de partis politiques. Leur sécurité était aux mains de la tutelle belge.

Question : Au niveau du parti, n’aviez-vous pas prévu une stratégie d’attaque ou de défense en cas d’agression ?

Réponse : Non, personne ne croyait que l’UNaR irait jusqu’à des agressions physiques, jusqu’à soulever l’indignation générale du peuple. On n’imaginait pas que le combat politique que nous menions aller déboucher sur un affrontement armé. Même les Européens, pourtant en position d’avoir des renseignements, ne le prévoyaient pas.

Ils croyaient que les agressions physiques resteraient isolées. La preuve ? Dans l’après-midi du vendredi 30 octobre, après avoir entendu toutes les menaces dont j’ai parlé ci-dessus, j’avais été voir l’administrateur pour lui demander un pistolet. Il me répondit que j’avais peur pour rien.

Sources

Extrait des mémoires de Louis Jaspers, alors Administrateur de Territoire de Nyanza.

Interview de Dominique Mbonyumutwa parue dans “Rwanda: A Quand la Démocratie? 2 guerres civiles sur 1 génération” (par Shingiro Mbonyumutwa, l’Harmattan)