Monthly Archives: March 2020

“Libérez les prisonniers pour lutter contre COVID-19” – ONU.

Les gouvernements sont exhortés à libérer les prisonniers dans le cadre de lutte contre Corona Virus. C’est une recommandation du Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Madame BACHELET Michelle en date du 25 mars 2020.

UNHRC

La détention de détenus pendant la crise # COVID19 comporte un risque élevé et devrait être une mesure de dernier recours. Avec les flambées épidémiques en augmentation et le nombre croissant de décès dans les prisons et autres institutions dans de nombreux pays, les autorités devraient agir maintenant.  

Le Rwanda étant parmi les pays dont la concentration carcérale est très élevée devrait respecter cet appel du Haut Commissaire afin d’éviter la propagation. Selon World Prison Brief, le Rwanda occupe la 28ème place au monde avec 65.000 de prisonniers, soit à peu près 550 détenus sur une population de 100.000. Les vieux, les porteurs de maladies chroniques sont beaucoup plus vulnérables au Corona Virus.

La réponse du Rwanda est susceptible d’être négative car, pour le régime en place, l’emprisonnement ne constitue pas une correction et une préparation à l’insertion dans la société après la peine, mais plutôt, une injustice institutionnalisée, un moyen de règlement de compte, un moyen d’éliminer à petit feu les opposants politiques réels et supposés. Dans les situations ordinaires, même les clauses de la loi qui ordonnent la mise en liberté  de détenus sont ignorées. Par exemple en 2018, lors de la candidature du Rwanda à la direction de ‘Organisation Internationale de la Francophone (OIF), le gouvernement a annoncé la libération de 2500 prisonniers, un chiffre qui plus tard est confirmé fictif. En réalité quelques détenus ont été libérés dont l’opposante Madame Victoire INGABIRE et le chantre de la réconciliation Kizito MIHIGO. Les autres comme Déogratias MUSHAYIDI se sont vu refuser la liberté alors qu’ ils remplissaient les mêmes conditions. Le 17 mars 2020, MIHIGO est retrouvé mort dans sa cellule de police, MUSHAYIDI est toujours en prison et INGABIRE subit des persécutions et harcèlements incessants dans sa demie liberté, en dehors de la prison.

Madame BACHELET propose, par exemple, la libération des malades. Ce qui est délicat car au Rwanda, la majorité de prisonniers sont malades à cause des conditions de détention déplorables.

Un défi lancé aux dirigeants du Rwanda qui dernièrement ont profité de la situation du pays face au COVID-19 pour booster leur réputation mythifiée. 

Par contre,  le président nigérien Issoufou Mahamadou a annoncé vendredi 27 mars 2020 la remise gracieuse des peines pour 1.540 détenus, l’Iran en a libéré 85.000.

Chaste GAHUNDE. 


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Covid-19: Les Rwandais vont-ils servir de cobayes?

Le 30 mars 2020, le Dr Clet Niyikiza a annoncé à la télévision gouvernementale rwandaise que sa société, L.E.A.F Pharmaceuticals (Lifting and Empowering All Families), basée aux USA, allait procéder à des essais cliniques d’un vaccin contre le corona virus (Covid-19). Dr Charles Karangwa, directeur de Rwanda Food and Drugs Authority (FDA) lui a emboîté le pas et a confirmé que cette société avait reçu les autorisations nécessaires pour commencer ses expériences.

D’emblée, sur les réseaux sociaux et dans certains média en en ligne, des gens ont crié, à juste titre, au scandale. La question lancinante est de savoir comment ces essais cliniques vont s’effectuer au Rwanda alors que le pays ne compte qu’une septantaine de malades en comparaison aux autres pays comme l’Italie ou même les USA où cette pandémie fait des morts par milliers.

Une autre raison d’inquiétude est de voir avec quelle rapidité la société LEAF a obtenu les autorisations nécessaires. Dans la stricte application des protocoles préliminaires à ce genre d’expériences, il y a de longues consultations entre les acteurs nationaux et (Ordre des médecins et des pharmaciens, Comité national d’éthique, spécialistes des maladies pulmonaires, médecine des catastrophes,..), internationaux (OMS) et les autorités du pays concerné, non pas pour freiner ou retarder la recherche, mais pour s’assurer que le produit n’aura pas de conséquences néfastes sur la santé de la population. Au Rwanda, ces assises consultatives n’ont jamais eu lieu. La décision est passée comme une lettre à la poste. Même le ministre de la Santé est resté bouche bée alors que c’est à lui, en tant que haute autorité de la Santé, qu’il incombe d’annoncer cette initiative qui a des incidences incommensurables sur la vie des Rwandais.

Comment cela peut-il s’expliquer ? David Himbara, ex-conseiller économique de Paul Kagame, nous apprend que Clet Niyikiza est un homme de main du président rwandais.

En effet en 2009, Paul Kagame a prélevé plus de 22 millions de dollars sur les fonds de pension rwandais (Rwanda Social Security Board, ex- Caisse sociale du Rwanda). Il les a versés dans la société américaine Merrimack Pharmaceuticals et qui compte parmi ses actionnaires, Michael Fairbanks et Michael Porter, deux éminents membres de son conseil consultatif présidentiel (Presidential Advisory Council : PAC).

Dans le cadre de l’accord régissant cet investissement « rwandais », Clet Niyikiza, membre lui aussi du PAC, a rejoint Merrimack en tant que vice-président principal en 2009. Sans aucune explication, Niyikiza a quitté cette multinationale pharmaceutique en 2014 et a formé sa propre société, L.E.A.F. Pharmaceuticals LLC. Personne ne sait ce que sont devenus les 22 millions de dollars investis par le Rwanda. Est-ce l’argent que Niyikiza a utilisé pour lancer sa propre entreprise, avec Kagame comme investisseur en filigrane ? Et voilà encore que le corona virus devient une mine d’or pour le président Paul Kagame, Clet Niyikiza interposé. En effet, ce vaccin, c’est une affaire de gros sous. Des millions de dollars ont été versés pour la recherche du vaccin. Voilà pourquoi pour en bénéficier, le Rwanda va exposer sa population pour des intérêts financiers d’un seul homme, Paul Kagame. Et voilà comment Clet Niyikiza prend les antennes de la télévision nationale pour annoncer la « bonne nouvelle ». Qui d’autre pouvait l’y autoriser si ce n’est le tout puissant président rwandais ?

Il n’est pas inutile de signaler que Clet Niyikiza n’est pas médecin. Après des études de statistiques au Rwanda, il est parti aux Etats-Unis où il a décroché un doctorat en Mathématiques. Il est entré dans le secteur pharmaceutique. C’est un pur produit de Big Pharma. En 1991 il était chez Syntex Corporation rachetée par Roche Holding AG ; entre 1993 à 2005, il était chez Eli Lilly, une société biopharmaceutique ; de 2005 à 2009, il était vice-président de GlaxoSmithKline (GSK), l’un des dix géants de l’industrie pharmaceutique mondiale puis de 2009 à 2014, il fut Vice-President Exécutif de Merrimack Pharmaceuticals.

En 2011, la société américaine Merck a reçu l’autorisation de vacciner plus de 100.000 jeunes filles rwandaises dont l’âge tournait autour de 12 ans et qui étaient en 6è année de l’école primaire. Sur les centres scolaires, elles ont été alignées et contre leur gré, furent injectées avec le gardasil, un vaccin sensé lutter contre le cancer du col utérin, mais dont les effets indésirables étaient encore loin d’être suffisamment maîtrisés. Et si les 100.000 jeunes filles avaient servi de cobayes à ce laboratoire? Ce qui est à noter est que derrière cette campagne massive de vaccination inédite, – le Rwanda a été le premier pays africain à administrer ce vaccin à grande échelle sur sa population – se cachait une affaire de gros sous. Le géant pharmaceutique Merck avait offert gratuitement au Rwanda 2 millions de doses. Mais à quelles conditions ces facilités de vaccination massive avaient-elles été accordées ?

Nous avons également en mémoire des actes de stérilisation obligatoire masculine sous couvert de circoncision soit disant pour lutter contre le Sida. N’eût été la vigilance des ONG des Droits de l’homme dont Human Rights Watch, cet acte criminel aurait fait des ravages. En effet HRW avait alors rappelé au gouvernement rwandais que la vasectomie obligatoire qu’ il applique à sa population masculine est une pratique dévalorisante, coercitive et qui dénie à l’être humain ses droits en matière de santé reproductive et que donc elle devait être stoppée.

Avec le corona virus, le Rwanda va également être un des premiers pays africains, voire au monde, à tester le vaccin contre cette pandémie. Comment cela est possible ? Ceci me rappelle un ami de la Banque Mondiale (BM) qui m’avait expliqué un jour que les institutions de Bretton Woods aimaient bien les dictateurs des pays en voie de développement. Il m’a dit : la BM et la FMI sont des banques. La raison d’être d’une banque, c’est placer l’argent et le rentabiliser. Dans certains pays africains, un délégué de ces banques atterrit au pays, il approche le président et lui miroite les bienfaits du crédit. En bon dictateur, le président concerné ne consulte personne et donne ordre au ministre des Finances qui signe le crédit souvent à un taux d’intérêt non négocié. Le pays peine ainsi, pendant une cinquantaine d’années à payer un crédit obtenu avec des clauses léonines.

Si le Rwanda a été choisi pour tester le vaccin du corona virus, c’est que le président Paul Kagame est un dictateur patenté et que le modus operandi est rôdé pour ce genre de magouilles.

La population à vacciner sera-t-elle volontaire ou on va convoquer la population, la regrouper et la vacciner à la chaîne comme cela a été fait pour les pauvres jeunes filles évoquées ci-haut ?

Wait and see.

Gaspard Musabyimana

Source: https://www.musabyimana.net


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Chaste Gahunde dans le collimateur de la présidence rwandaise!

Oui, ça arrive encore. Traiter gratuitement un réfugié rwandais de génocidaire. Bien qu’illégal, la présidence rwandaise le fait quand même. Pourvu qu’il soit hutu qui ne se range pas derrière Kagame. Tant que ça puisse faire taire et semer la terreur dans le camps des opposants politiques réels et supposés. Sauf que cette fois-ci, ça concerne un homme qui au moment des faits dont il est question avait l’âge mineur. Un homme qui ne s’est jamais caché et l’on se demande pourquoi il n’a pas fait objet d’enquête pour être traduit en justice.

On est dimanche 29/03/2020 au matin. Je fais ma grasse matinée, pas de messe et pas de courses à faire, on est en plein milieu de confinement. Mon téléphone sonne et me réveille. Il s’agit d’un ami qui habite à Kigali. Il vient de trouver sur un mur Facebook appartenant à un certain Peter Mahirwe un message m’incriminant, un poste dans lequel je suis identifié, et ma photo dessus. Pas une accusation simple.

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Et pour appuyer son accusation, Peter Mahirwe, ajoute une photo prétendument de moi  “armé” au moment des crimes. Heureusement que le ridicule ne tue pas!

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Pour comprendre d’où vient ce mensonge, il faut savoir qui est le fameux Peter Mahirwe. Un nom de profil, utilisé par les employés de la présidence rwandaise qui se remplacent 24 heures sur 24. Il a près de 5000 amis dont 374 en commun avec moi, et on est amis depuis janvier 2014. Habituellement, il partage les postes qui encensent le dictateur de Kigali, et, curieusement, m’identifie à chaque fois. Pourquoi tagger un génocidaire dans « TOUS » les postes et messages de la présidence ?

Et la guerre s’impose inévitable

Les Rwandais ne sont pas cons. Ils savent tout et comprennent les tenaants et les aboutissants des insinuations aussi ignobles. Quelques-uns n’en peuvent plus. Qu’est-ce que ce génocide ? et les autres répliquent, le climat s’alourdit et Peter Mahirwe disparaît à l’horizon tel l’esprit du mal touché de l’eau bénite.

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Blame it on COVID-19

Ça faisait un moment je n’avais pas eu assez de temps pour caresser le clavier de mon ordinateur. Et comme c’est le confinement et en chômage, et bien il faut qu’on s’occupe. Surveiller le dictateur à la loupe, ça me fascine. Et ma stratégie est simple: poser les questions même celles qui fâchent. Et si Peter Mahirwe et ses similaires n’en disent mot, et bien, je pose les hypothèses qu’ils auront à confirmer ou infirmer faute de quoi le peuple tranchera. Pas de haine, ni colère, il faut cultiver la transparence qui fait défaut dans la gouvernance rwandaise.

Les réactions ne sont pas toujours favorables à vivre. Il faut être fort et en forme. Physiquement et surtout psychologiquement. Il faut avoir une maîtrise de soi pour résister aux provocations. Il faut être politiquement correct au plus possible. Car, la « brigade cyber » de Kagame est, on dirait, une bande de filles sans vergogne. Sans manières. Sans pitié. De vrais assassins de caractères, des terroristes qui fassent perdre l’appétit aux bons bouffeurs. Pour eux, le débat civilisé n’existe pas. Tu te tais tu les lis, vous êtes en bons termes. Tu poses les questions qui fâchent, tu es génocidaire, voleur, criminel ou encore l’arrière-grand-père du cousin de ton parrain faisait partie de l’administration dans la première république et donc tu as l’idéologie génocidaire !

J’ai frappé au bon endroit. J’ai posé la question. Pas de réponse. Et les hypothèses , ça fâche. Plus de vingt mille personnes ont lu l’article. Et cela, toucher à la réputation du dictateur du siècle, ça mérite de représailles. Je le sentais. Résultat, Kagame sort de son bunker, très affaibli, visiblement malade, s’exprimant à peine pour ne rien dire sauf confier le peuple rwandais au Bon Dieu, chose qu’il n’avait jamais fait avant. D’ailleurs, son clan clamait avoir tiré sur, et tué Dieu il y a longtemps. Mon nom ne lui est pas non familier. En personne, il m’a bloqué sur son compte Twitter, et puis sa fille l’a fait aussi. A la guerre comme à la guerre!

 BLOQUE

Avouant que je n’ai pas épargné le dictateur, je désavoue ses pratiques d’intimidations qui ne visent qu’à faire taire les voix dissidentes. Mon engagement est pour le bien de mon peuple. Je leur dois ça. L’opportunité d’avoir fréquenté l’école et brillamment réussi à mes tests n’a pas été offerte à tout le monde. Et là, je pense à Paul Kagame. Je regrette. Mais que j’aie à payer pour ça, c’est insensé. Si, défier le dictateur constitue un crime de génocide, j’assume. Que les Peter Mahirwe débouchent bien leurs oreilles, depuis 2014 ils devraient savoir à qui ils ont affaire. Les chiens aboient la caravane passe. Mais ils sont dangereux les chiens galeux!

Qui est Chaste GAHUNDE ?

Né dans la commune de Mabanza, préfecture de Kibuye, Chaste GAHUNDE est également connu sous le surnom de Dynamique. Il a fait ses études primaires à Mushubati avant de rejoindre le petit séminaire catholique de Nyundo (Gisenyi). En 1994, à l’âge mineur, il a fui, comme beaucoup d’autres Rwandais, vers la République Démocratique du CONGO (ex-Zaïre) où il est resté pendant trois ans.

À son retour en 1997, il a été victime de violences répétées de la part des soldats du FPR. En 2000, il a terminé ses études secondaires en Latin / Sciences au petit séminaire catholique de Nkumba (Ruhengeri). En 2002, il s’est enrôlé à l’Institut Supérieur Pédagogique de Kigali.
En 2005, il a été contraint à l’exil après avoir succombé à la violence la plus cruelle des FPR.

Il est titulaire d’un diplôme de troisième cycle (Master) en droit, économie et gestion, spécialisation en économie de l’environnement et gestion du développement durable (France) ; d’une double licence en géographie et économie (Guyana) et d’un diplôme en valeurs du Commonwealth et développement de la jeunesse (Royaume Uni). Il est convaincu avoir survécu pour apporter sa pierre à l’édifice au service de la réconciliation véritable entre les Rwandais.

Il est politiquement engagé au sein du Parti Ishema, dont il est actuellement Vice-Président. En même temps il est Ministre de l’information et communication au sein du Gouvernement du peuple rwandais en exil. Il est l’auteur du site www.gahunde.org .


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Perezida Kagame (niba akiriho) na Ministiri w’intebe bagomba kweguzwa mu maguru mashya

Mu bihe by’amage iyo Leta yirengagije nkana inshingano zayo, abaturage bagomba kwimenya no kwirwanaho.

Itangazo N° ISH202003002

Mu nama yayo idasanzwe yateranye ku cyumweru tariki ya 29/03/2020 iyobowe na Madame Claire Nadine KASINGE, Komite nyobozi y’Ishyaka Ishema ry’u Rwanda yize ibibazo by’ingutu byugarije u Rwanda muri iki gihe isi yose ihanganye n’icyorezo kizwi nka Corona Virus (Covid-19).

Bamaze kunguranga ibitekerezo, abagize Komite nyobozi batangaje ibi bikurikira :

  1. Igihugu cy’u Rwanda cyinjijwe mu bihe by’amage n’imidugararo ku buryo bunyurayije n’amategeko. Mu magambo make “ibihe by’amage” ni ibihe bidakurikiza amategeko asanzwe y’igihugu bitewe n’ikibazo gikomeye igihugu kirimo nk’imvururu, ibyorezo cyangwa ibindi biza bishobora kubangamira imikorere isanzwe y’inzego z’igihugu na Rubanda ariko bitaragera ku rwego rwo kwitwa imidugararo cyangwa intambara.
  2. Mu bihe nk’ibi hahita hashyirwaho amategeko n’amabwiriza adasanzwe yo guhangana n’ibyo bihe bidasanzwe. Itegeko Nshinga ryo mu 2003 nk’uko ryavuguruwe kugeza ubu rirabiteganya mu ngingo ya 108, 136, 137, 138.

Ingingo ya 108 mu gika cya gatatu igira iti : « Perezida wa Repubulika atangaza ibihe by’amage cyangwa ibihe by’imidugararo mu buryo buteganywa n’Itegeko Nshinga n’andi mategeko ».

  1. Mu Rwanda, Leta irimo kugendera ku “ingamba nshya” zatangajwe na Minisitiri w’Intebe Dr Ngirente Edouard kuwa 21 Werurwe 2020. Nyamara izi ngamba ntizubahirije Itegekonshinga cyane cyane ko zibangamira uburenganzira bw’ingenzi bw’abenegihugu n’ububasha bw’inzego z’ubutegetsi bw’igihugu. Izo “ngamba nshya” za Bwana Ngirente zerekana gusa uburenganzira bukomeye umuturage yambuwe, ariko ntabwo zerekana icyo Leta iteganya mu guhangana n’ingaruka zigoye uwo muturage ashyizwemo, zirimo kurimburwa n’inzara, kwiyahura, kuraswa, n’ibindi.
  2. Icyorezo cya Koronavirusi kirarushaho kwiyongera mu Rwanda kimwe no ku isi yose. Buri munsi, abandi bayobozi b’ibihugu babwira abaturage uko byifashe ndetse bakabajya imbere muri uru rugamba rutoroshye. Paul Kagame yagiye kwihisha ntaboneka ku buryo abenshi bakeka ko atakiri ku isi cyangwa atagifite ubushobozi bwo kuyobora igihugu. Imyitwarire nk’iyi yo gutinya aho rukomeye, ntikwiye, irutwa no kwegura bikamenyekana.
  3. Paul Kagame ntiyigeze ajya ahagaragara ngo ahumurize abenegihugu, ngo avuge ku buryo bufututse icyo Leta ayoboye yiteguye gukora, uburyo n’igihe bizakorerwa. Ibi ni ugutererana abanyarwanda aho bamukeneye cyane.
  4. Mu gihe Leta idashoboye guhangana n’ibi bihe, ntikwiye gushora abenegihugu mu kaga karushije iki cyorezo ubukana. Biragaragara ko “ingamba nshya” za Bwana Ngirente zisaba abaturage bose b’igihugu kwikingirana mu nzu ariko ntizerekane uko bari bubeho. Ntizerekana abakoreraga Leta uko bari bugumye guhembwa. Ntizerekana uko abikorera bamaze gufunga ibikorwa byabo bari bubashe kubaho n’imiryango yabo. Ariko cyane cyane ntizerekana uko ba “ntahonikora” na rubandigoka bari bubashe kuramuka n’ibibondo byabo.

Kubera izo mpamvu zose:

  1. Perezida Kagame (niba akiriho) na Ministiri w’intebe bagomba kweguzwa mu maguru mashya bagakurikiranwaho icyaha cyo kwica bikomeye kandi nkana itegekonshinga (Ingingo 105). Ikindi kandi biragaragara ko nta bushishozi bafite bwo gukura miliyoni 12 z’abanyarwanda mu menyo ya rubamba (Koronavirusi). U Rwanda rukeneye umuyobozi udatinya urugamba, utajya kwihisha mu mwobo mu gihe abaturage bamukeneye.
  2. Abanyarwanda muri rusange barasabwa kwimenya no kwirwanaho bagasubirana uburenganzira bwabo: ubutegetsi bwa Rubanda, bukorera Rubanda, kandi bukayoborwa na Rubanda. Ntibategereze ko ngo hari ibihugu by’amahanga bizaza kubagoboka, kuko buri wese muri iki gihe arireba n’abaturage be.

Abayobozi b’ishyaka Ishema ry’u Rwanda biteguye gutanga umuganda wabo.

Turashishikariza abanyarwanda gukomeza kwirinda kwndura no gukwirakwiza icyorezo cya Koronavirusi.

Twese hamwe tuzatsinda.

Nadine Claire KASINGE

Perezida Ishema Party

Nadine CK

Source: https://ishema-party.org


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RWANDA : du refus de la paix à l’apartheid mémoriel

A l’heure où on s’apprête à commémorer le vingt-sixième anniversaire du génocide perpétré au Rwanda d’avril à juin 1994, il peut être utile de revenir sur les causes de ce drame.

Les origines du conflit qui a amené le génocide sont assez bien décrites dans les mémoires de Laurent SERUBUGA [1],. Paru cette année , ce livre décrit en détail l’évolution des rapports ayant prévalu entre Rwanda et Ouganda pendant la deuxième république rwandaise.

Sous la première république rwandaise, les soubresauts provoqués par l’abolition de la royauté et par l’indépendance s’étaient accompagnés de différentes tentatives de reconquête menées par les tutsi exilés dans les pays voisins (Burundi principalement semble-t-il). Elles n’avaient pas obéré gravement  les relations entre Rwanda et Ouganda.

Le président Grégoire Kayibanda avait, le 11 mars 1963, adressé un message[2] aux réfugiés rwandais, incitant à rentrer au pays ceux qui le souhaitaient, fustigeant les « féodaux impénitents (qui) se livrent à des tromperies destinées à leur faire donner des sommes d’argent énormes soi-disant pour aider la cause prétendue nationaliste ou humanitaire». Il posait –déjà –  la question qui resurgit aujourd’hui, vingt-six ans après le drame de 1994 : « Qui est génocide ? Ceux qui vous appuient et financent vos menées terroristes et fratricides vous rappellent-ils aussi que les Bahutu ne se laisseront jamais malmener et qu’à vos coups ils n’entendent pas du tout opposer un héroïsme qui serait d’ailleurs de mauvais aloi ? qui est génocide ? D’où viennent les armes que vous employez à terroriser vos frères des frontières ? Pour quels buts vous sont-elles données ?….

… A supposer par l’impossible que vous veniez à prendre Kigali d’assaut, comment mesurez-vous le chaos dont vous seriez les premières victimes ? Je n’insiste pas : vous le devinez, sinon vous n’agiriez pas en séides et en désespérés ! Vous le dites entre vous : « Ce serait la fin totale et précipitée de larace tutsi ». Qui est génocide ?[3]»

La problématique posée par les « réfugiés rwandais » a ainsi été présentée, dès le début des années soixante, non pas en terme de retour des réfugiés – auquel collaborera le HCR (Cf. infra) – mais en terme de conquête du pouvoir et de rétablissement d’un régime ancien aux relents féodaux.

Au demeurant, cette question semblait se poser principalement à partir du Burundi. Les relations avec l’Ouganda  étaient excellentes jusqu’à l’arrivée au pouvoir à Kampala d’Idi Amin Dada en janvier 1971. Or Grégoire Kayibanda, président de la I° république rwandaise aurait refusé de reconnaître le nouveau maître ougandais qui venait de renverser son ami Milton Obote. Un froid se serait alors installé entre les deux pays..

Deux ans plus tard, l’arrivée au pouvoir à Kigali de Juvénal Habyarimana aurait marqué, sinon un net apaisement, du moins l’aménagement d’un modus vivandi acceptable entre Rwanda et Ouganda.

Le départ d’Idi Amin Dada et le retour au pouvoir à Kampala de Milton Obote survenant en 1979 auraient pu laisser penser au retour d’une certaine sérénité transfrontalière si, en 1982, Obote n’avait ordonné l’expulsion de tous les Banyarwanda[4]. Les rwandais exilés depuis près de vingt ans en Ouganda auraient alors repris le chemin du Rwanda. Et les efforts d’ Habyarimana pour rencontrer Obote seraient demeurés vains, Obote restant sourd à toute tentative d’approche rwandaise. De même, les différentes propositions d’intercession présentées par les autres pays de la région resteront lettre morte.

Le Rwanda aurait alors fini par porter l’affaire devant les instances onusiennes, sollicitant l’intervention du Haut-commissariat aux Nations Unies  pour faire le tri entre les « véritables réfugiés rwandais », passés du Rwanda en Ouganda au début des années soixante et les « ougandais d’expression rwandophone », résidant depuis toujours sur leurs terres attribuées à l’Ouganda lors des partages coloniaux de 1885. Laurent Serubuga affirme que les premiers auraient été accueillis au Rwanda tandis que les seconds auraient été renvoyés en Ouganda. Prudemment, il n’avance aucun chiffre mais indique que ce qu’il appelle l’entêtement d’Obote aurait amené les trois pays de la  Communauté des Grands Lacs à appuyer la rébellion ougandaise  naissante.

L’appui d’Habyarimana à cette rébellion ougandaise aurait été essentiellement logistique. Elle aurait néanmoins amené au  pouvoir à Kampala un Museveni qui, ménageant la chèvre et le chou, se révélera fin stratège. Tout en recevant l’aide d’Habyarimana en lui assurant de conserver en Ouganda les réfugiés rwandais, Museveni aurait secrètement promis à ceux-ci, devenus d’importants cadres de son armée, de les aider ultérieurement à prendre le pouvoir à Kigali. Mais officiellement, Museveni a toujours donné verbalement les meilleures garanties  à Habyarimana…en reversant à son profit les termes du discours prononcé en 1963 par Kayibanda  en 1963 : « Soyez sans crainte. Il n’y aura pas d’attaque à partir de l’Ouganda tant que vous ne ferez pas de mal aux tutsi du Rwanda [5]» aurait répété Museveni à chaque inquiétude d’Habyarimana. On retrouve ici la dialectique utilisée par le FPR. Fort habilement Museveni désigne comme une des causes de l’attaque à venir ce qui dans les propos de Kayibanda n’étaient que les conséquences prévisibles de cette éventuelle attaque.

Cependant, ces paroles pouvaient paraître rassurantes, puisque depuis 1973, personne au Rwanda ne songeait à « faire du mal aux tutsi », Habyarimana étant désigné par certains jusqu’au-boutistes comme le « protecteur des tutsis » pour avoir mis fin aux exactions de 1973. Par ailleurs, come on l’a vu, Museveni étant parvenu au pouvoir avec leur aide, ses alliés rwandais jouissaient de droit d’une situation sociale méritée comme Ougandais à part entière.

Ces assurances très ambigües seront répétées par Museveni ad libitum jusqu’au 1 octobre 1990, voire même après et ce, contre toute évidence.

Cependant l’existence d’un plan de retour par la force élaboré par les réfugiés rwandais étant parvenue aux oreilles d’Habyarimana, celui-ci  se rendit en Ouganda en février 1988 et prononça un discours où il estimait inadmissible de demeurer éternellement réfugié de père en fils. Il  invita ceux qui voulaient rentrer au Rwanda à le faire[6].

En 1989, des commissions rwando-ougando-HCR étudièrent les modalités de retour de ces réfugiés.

Le 27 juillet 1990, un communiqué du comité interministériel conjoint prévoyait la poursuite du processus et une visite du Rwanda par une délégation des réfugiés afin de se rendre compte de la réalité de vie dans le pays. A l’été 1990 et depuis dix-sept années, la réalité du Rwanda était incontestablement la Paix !

En septembre 1990, nombreux furent les échanges entre diplomates et  ministres  rwandais et ougandais. Plusieurs ministres rwandais sont à Kampala au cours de la dernière semaine de septembre. Le 1° octobre 1990, le Président Habyarimana se trouvait au sommet de l’UNICEF aux Etats-Unis où il allait rencontrer le Président Museveni.

Or, le 01 octobre 1990, le jour où était attendue au Rwanda cette délégation de réfugiés, le FPR attaqua.

Pourtant, nombreux étaient ceux qui, jusqu’au 1 octobre 1990, ont pu croire que le problème des réfugiés rwandais en Ouganda était sur le point de se résoudre. D’autres, ou les mêmes, estimaient que ces difficultés seraient aplanies par  la marche vers la démocratie, encouragée  à La Baule mais assez largement anticipée par Habyarimana dans son aggiornamento politique,

L’Abbé SIBOMANA, rédacteur en chef de la revue « Dialogues » et opposant déclaré au président Habyarimana  a fait un excellent état des lieux du contexte politique très ambigu dans lequel se trouvait le Rwanda à l’automne 1990.

DEBUT DE CITATION[7] : « C’est une question qui, aujourd’hui encore, est très controversée. Officiellement, du point de vue du FPR, l’échec des négociations justifiait l’ouverture d’un front militaire. Il fallait déployer tous les moyens de pression sur le pouvoir pour l’obliger à conclure un accord; la pression militaire était un moyen parmi d’autres.

Les détracteurs du FPR estiment au contraire que les négociations étaient un alibi de la lutte armée. Selon eux, le FPR avait dès le départ, l’intention de prendre le pouvoir par la force, à n’importe quel prix, afin de ne pas avoir à le partager. Quant au choix de la date, , il aurait été dicté par l’évolution rapide que connaissait le Rwanda. En cas de succès, le processus de démocratisation en cours risquait de priver le FPR d’une partie de sa légitimité. Car, à l’intérieur du Rwanda comme sur la scène internationale, le FPR ne se présentait pas seulement comme le parti d’une minorité opprimée ; il prétendait agir au nom de tous les partisans de la lutte contre la dictature du général Habyarimana[8]. En un sens, l’opposition démocratique qui commençait à prendre de l’ampleur à l’intérieur du Rwanda lui faisait de l’ombre. Même les relations entre le FPR et les partis qui, sans s’en réclamer ouvertement, en étaient très proches, étaient empreintes d’ambigüité.

Ajoutons à cela que, même si le pouvoir n’était pas pressé de voir revenir les réfugiés, des négociations étaient en cours, et risquaient d’aboutir. Comme l’écrit fort justement Colette BRAECKMAN dans Terreur Africaine[9] , « jamais autant qu’à la veille du déclenchement des hostilités, (on avait été) aussi près d’une solution négociée ». Dans une telle hypothèse, le FPR aurait perdu sa raison d’être . Il fallait agir  vite car, comme on dit, « l’Histoire ne repasse pas les plats ». » FIN DE CITATION

On ne peut que constater aujourd’hui que le schéma d’une attaque déclenchée par le FPR alors que des négociations étaient en cours et risquaient d’inscrire durablement la paix dans le marbre s’est reproduit en 1994 avec l’attentat du 6 avril suivi par l’offensive généralisée de l’APR.

On retrouve également les mêmes discours se renvoyant mutuellement la responsabilité de la rupture des négociations ou des accords de paix. Et, dans les deux cas, l’ONU était présente, par le biais du HCR en 1990 ou par celui de la MINUAR en 1994.

Cinquante-sept ans après avoir été posée par Grégoire Kayibanda, la question de la responsabilité du génocide resurgit avec une acuité rendue plus dramatique par le génocide de 1994, mais aussi par les crimes de masse commis au Congo au cours des années qui suivirent. Par sa formulation brutale et un brin provocatrice « Qui est génocide ? », elle interroge très justement sur le partage des responsabilités entre celui qui a perpétré le crime et celui qui l’a délibérément provoqué.

Les efforts déployés par Kagame dans sa stratégie post-génocide pour externaliser sa culpabilité et s’approprier la victimité du génocide [10] ne font que confirmer le cynisme hors norme du personnage. Tous ceux qui défendent ses thèse et participent à la mise en place de cette stratégie post génocide font preuve du même cynisme… ou d’un aveuglement volontaire confinant au cynisme.

Or, ce cynisme est d’autant plus insupportable que, sous prétexte de lutter contre on ne sait trop quel négationnisme inventé pour la circonstance, on met en place un véritable apartheid mémoriel , interdisant aux victimes qui ne seraient pas de la bonne ethnie, voire même de la bonne chapelle politique, de commémorer leurs morts. Le « génocide des tutsi et des hutu modéré » a laissé la place au seul génocide des tutsi. Les descendants des hutu modérés sont priés de ne pas se recueillir !  Et que dire de tous ceux, si nombreux, qui furent massacrés par les troupes du FPR à Byumba en 1992, à Ruhengeri en 1993, dans tout le Rwanda en 1994 et au Congo dans les années qui suivirent ? Jusqu’à aujourd’hui, en 2020 au Rwanda, le seul fait de laisser entendre dans une chanson qu’ils ont pu exister conduit à mourir en prison.

Comme l’a dit un éminent représentant d’une éminente association droit de l’hommiste : « évoquer le sang des hutu , c’est salir le sang des tutsi ». L’apartheid mémoriel au nom des droits de l’homme, il fallait être Kagame pour inventer cela ! Il fallait être Kagame pour entraîner une foule de bobos paumés sur ce chemin pavé d’intentions douteuses et aux conséquences dramatiques. Le refus de la paix a conduit aux génocides perpétrés au Rwanda et au Congo. L’apartheid mémoriel porte les gênes d’un nouvel enfer comme nous l’a très justement explique un hutu/tusi de grande qualité lors de son intervention du 9 mars dernier au palais du Luxembourg :

https://youtu.be/qx_9fYVPXVw 

MICHEL ROBARDEY  (blogs.mediapart.fr )


Références 

[1] « Rwanda –Juvénal HABYARIMANA- la ligne d ecrête de sa trajectoire » – Mémoires du colonel  Laurent SERUBUGA – Editions Scribe janvier 2020.

[2] Message du Président Grégoire Kayibanda auxréfugiés rwandais  Tel que publié dans : Rwanda Carrefour d’Afrique, No 31 : http://francegenocidetutsi.org/Kayibanda11mars1964.pdf

[3] Message du Président Grégoire Kayibanda auxréfugiés rwandais  Tel que publié dans : Rwanda Carrefour d’Afrique, No 31 : http://francegenocidetutsi.org/Kayibanda11mars1964.pdf op.cité

[4] Les rwandais vivant en Ouganda, les «  Nyarwandas »,  alimentaient la rébellion de Museveni contre Obote..

[5] « Rwanda –Juvénal HABYARIMANA- la ligne d ecrête de sa trajectoire » – Mémoires du colonel  Laurent SERUBUGA – Editions Scribe janvier 2020.

[6] A cette occasion, il y eut des cérémonies de remise des décorations aux officiers ougandais et le Président Habyarimana fut invité à remettre la décoration au Général Rwigema vice-ministre de la défense celui qui allait conduire l’attaque contre le Rwanda.

[7] André Sibomana « Gardons Espoir pour le Rwanda » – Editions Desclée de Brouwer – 1997 _-pages 69 s

[8] On écoutera avec intérêt l’intervention à la radio-télévision  belge, le 7 octobre 1990, du porte-parole du FPR, Pasteur BIZIMUNGU, futur président de la république rwandaise à partir de 4’30 » sur https://www.dailymotion.com/video/x36lck

[9] Colette BRAECKMAN « Terreur Africaine » – Fayard 1996

[10] Titi Palé : « Les eatas Unis et le Rwanda génocidaire » – L’Harmattan – 2019

“Pas d’état d’urgence au Rwanda” Nduhungirehe persévère dans l’ignorance.

covidrwLa question de savoir où se trouve le Président rwandais a provoqué des vagues. Comme si l’on y avait pas droit. Ne trouvant pas Kagame auprès de son peuple au moment où son implication est indispensable, à la recherche des réponses, deux hypothèses étaient mises en avant:

  1. Le président va mal ou est en dehors du pays
  2. Le Premier Ministre acte anticonstitutionnellement 

La première hypothèse se fonde sur le fait que selon la Constitution rwandaise, l’état d’urgence sanitaire (comme tout autre état d’urgence) ne peut être déclaré par le Premier Ministre sauf si le Président est indisponible (malade ou en dehors du pays). D’ailleurs le jet du Président était vu à Londres depuis le 21 mars 2020.

La deuxième hypothèse suppose que le Premier Ministre, pour des raisons qu’on ignore, aurait acté anticonstitutionnellement, sans assumer les fonctions du Président par intérim. D’ailleurs, il n’a jamais eu de Conseil des Ministres pour lui autoriser ce qu’il a fait.

Ambassadeur Nduhungirehe sort du silence en commentant sur l’un de nos articles:

ONDU

Amb. Olivier NDUHUNGIREHE

“Un état d’urgence peut être sanitaire c’est vrai, mais tout état d’urgence implique la SUSPENSION DE LA CONSTITUTION pour octroyer au pouvoir exécutif des pouvoirs exceptionnels qui étaient autrement détenus par d’autres pouvoirs. Et ceci n’est pas le cas au Rwanda”.

Me Joseph Cikuru Mwanamayi octroie une leçon gratuite à l’Ambassadeur Olivier Nduhungirehe, qui est aussi le Ministre d’Etat au ministère rwandais des affaires étrangères. L’avocat aux barreaux de Kigali et Bruxelles partage notre avis que ce qui est fait au Rwanda est anticonstitutionnel.

CIK

Me Joseph Cikuru Mwanamayi

“M. Nduhungirehe n’est pas sans ignorer qu’en droit international public, un État d’urgence peut peut être décrété, généralement en temps de guerre où la Constitution n’est nécessairement pas suivie dans son application. C’est dans ce contexte qu’il insiste – à tort et à travers- sur le fait qu’il n’y a aucune disposition constitutionnelle ayant été suspendue d’être appliquée pour parler d’un Etat d’urgence où l’un de 3 pouvoirs n’a pas été en mesure d’exercer son rôle.

Pourtant, en l’espèce, à moins de m’établir le contraire, il s’est avéré que les membres de l’Exécutif se sont permis d’agir dans une situation d’urgence sanitaire, en prenant des mesures qui ne relevaient pas de leurs compétences matérielles ( ratione materiae).

En effet, en cas d’une crise générale sur l’étendue du territoire, aucun Ministre n’a compétence (légale) d’arrêter des mesures visant l’intérêt général de la population sans que ces mesures n’aient été adoptées par l’organe constitutionnellement habilité.

Quel cet organe tel que prévu par la Constitution du Rwanda?

– C’est le Président de la République (Chef de l’Exécutif),

– Le Parlement, et ;
– Le Judiciaire.

Pour le cas qui nous intéresse, “l’état du Codiv-19” qui s’est abattu, d’une façon inattendue, sur le Rwanda devrait, d’après les dispositions constitutionnelles, impérativement être débattu en Conseil des Ministres en sa session ordinaire.

Mais comme cette urgence s’est fait sentir, sans que le Conseil du Gouvernement ne puisse se tenir, la Présidence de la République devrait prendre un acte administratif et le diffuser le plus urgemment possible car visant la vie de la population en danger.

En cas d’empêchement du Président, le Chef du Gouvernement (Dr Ngirente Edouard) allait intervenir.

Mais cela n’a pas été le cas. Plutôt le MINISANTE, le MINALOC, le MINEDUC, le MINICOM, la Police Nationale, se sont contentés, chacun pour ce qui le concerne, à lancer des communiqués officiels en désordre bien ordonné (l’un après l’autre), et ce EN PRESENCE du Président de la République et de celle du PM.

C’est que les juristes professionnels, nous relevons la suspension de la Constitution car certains Ministres ont usurpé les pouvoirs qui ne leur appartiennent pas.

A supposer même que, vu l’extrême urgence, les Ministres intéressés se soient concertés mutuellement, soit par téléphone, soit par autre moyen, leur proposition n’a pas fait l’objet d’une approbation du Cabinet Meeting.

D’ailleurs, d’aucuns s’interrogeaient sur la portée du communiqué du PM Ngirente Edouard daté du 21 mars 2020, intervenu postérieurement à ceux lancés par ses subalternes et dont le contenu ou le message est presqu’identique (renforcement des mesures de confinement).

M. l’Amb. Nduhungirehe persévère toujours en affirmant qu’aucune disposition constitutionnelle n’a été violée. Mais, il ne parvient pas à éclaircir sur quelle base légale divers chefs de portefeuilles ministériels sont autorisés à prendre les décisions susceptibles d’être qualifiées de “privation de liberté de tout un peuple”, SANS AVOIR ÉTÉ APPROUVÉES, NI SIGNÉES par le Président de la République ou son Premier Ministre ?

Et pire encore, selon le discours pré-enregistré du Chef de l’État du 27/03/2020 à 22h, une Commission chargée de la question Covid-19 dont la direction a été confiée au Premier Ministre aurait été mise en place.

M. l’Amb.Nduhungirehe ne saurait décrire sa composition, dégager quand plus précisément elle a été constituée et publiée officiellement, QUI ET QUI L’ ONT INSTITUÉE, etc.

Telles sont les violations flagrantes de la Constitution qui emporteraient certains dans leurs conviction que la Constitution a été suspendue d’être appliquée, contrairement à la fausse prétention du Secrétaire d’état au MINAFFET”.

I cannot agree more.

Chaste GAHUNDE


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Kagame Propaganda On Food Distribution Backfired – Minister Nduhungirehe Caught Redhanded Lying

Wonders never cease in General Paul Kagame’s Rwanda.

His minister Olivier Nduhungirehe used a picture of super market he stole from the internet to convince the world that Rwanda is massively distributing food to the poor. This is part of regime’s propaganda that it is distributing food to the poor across Rwanda to save them from starvation after the regime imposed a total lockdown in response to Covid19 lockdown. This claim is bogus.

According to the World Bank data, 55.5 percent of Rwandans are poor – they live on less than US$1.90 a day. Which means that 6.6 million out of 12 million Rwandans are poor. If the Kagame regime were to pay the 6.6 million poor people US$1.90 a day in lost income due to the lockdown, that would amount to US$12.5 million in just one day. This translates into US$62.5 million for a five-day working week. The regime does not have that kind of money. And, of course, the regime’s claim that it is distributing food to the poor is a big lie.

That is how Kagame minister Nduhungirehe entered the picture. He proclaimed on Twitter that “National solidarity is a core value of the people of Rwanda” and that the Rwanda government has “started the distribution of food and essential goods for the most vulnerable, who were affected by measures to prevent COVID19 from further spreading.”

Food stuff

There was one problem, however. The minister’s proof that Rwanda is distributing food proved to be false. The minister hunted on the internet a stock photo of super market somewhere out there. Nduhungirehe was immediately caught redhanded by Twitter users. There goes another shameful chapter in the Kagame regime’s crude propaganda that does not add up.

David Himbara, Ph D

medium.com


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COVID-19: Quand Amb Nduhungirehe saute à la rescousse de ses chefs!

S’il y a une chose de précieux qui manque aux Rwandais, c’est le débat au sujet de gestion de la chose publique. Le régime en place n’offre pas l’espace propice aux échanges et débats contradictoires constructifs. Et par peur d’être tenu responsable de ses actions, le régime préfère les ténèbres à la lumière, l’opacité à la transparence.

Depuis quelques jours, un débat est soulevé par un citoyen concerné, engagé à la promotion de la culture du débat autour des affaires d’intérêt national. Soucieux de voir un jour la transparence régner dans tout ce qui (n’)est (pas) fait pour le peuple, l’auteur de ce blog , basé sur la situation inquiétante du Coronavirus, a posé la question qu’il partage avec des milliers d’autres Rwandais: Kagame est-il vraiment confiné? Et pour cause, un document dit “Ingamba nshya zo gukumira icyorezo cya Koronavirusi” (nouvelle mesures contre la propagation de la pandémie Corona Virus). Ce document signé par Dr Edouard NGIRENTE, Premier Ministre rwandais, met en place les mesures à mettre en exécution à partir de 23 heures 59 du même jour.

Après l’analyse approfondie de ce document, il s’est avéré qu’il soit anticonstitutionnel. En effet, la partie “visa” du document ne fait référence à aucune loi,  à aucun instrument légal, plutôt “aux mesures prises par d’autres pays dans la lutte contre le même virus”.

visa

 Or ces pays ont décrété l’état d’urgence sanitaire. Pourrait-on en déduire que le Premier Ministre l’a fait aussi?! Peut-être oui, peut-être non, même le Premier Ministre n’en sait rien!

S’il a fait comme les autres pays, c’est dire qu’il a mis le pays en état d’urgence mais sans suivre la procédure prévue par la Constitution rwandaise.

Pour l’Ambassadeur Nduhungirehe, “Cette mesure d’état d’urgence implique la suspension de la Constitution et l’octroi à l’exécutif de pouvoirs exceptionnels pour faire face à une crise où un désastre. Et cela n’est pas le cas au Rwanda. Aucune provision de la Constitution n’a été suspendue et les trois (3) pouvoirs, ainsi que la population, maintiennent leurs prérogatives, droits et obligations” 

Il nous est commode de faire remarquer la note suivante à l’Ambassadeur Nduhungirehe.

  1. Les autres pays auxquels se réfère le Premier Ministre et dont il imite les mesures sont en état d’urgence. Pourquoi auriez-vous appliqué les mesures de l’état d’urgence sanitaire si ce n’était pas les cas?

 

covid soe

 

  1. Les provisions de la Constitution ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre par le document du Premier Ministre. Les déplacements suspendus, les marchés aussi, les taxis moto, les bars et restaurants.

ingamba

Ci-après quelques articles de la Constitution qui ont été suspendus par le document du Premier Ministre.

Article 26: Droit à la liberté de circulation et de résidence
Tout Rwandais a le droit de se déplacer librement et de résider dans n’importe quel lieu du territoire rwandais.

Article 30: Droit au libre choix du travail
Toute personne a droit au libre choix de son travail.

Le cas du Rwanda est un état d’urgence sanitaire. Si votre Premier Ministre n’a pas écrit exactement “état d’urgence sanitaire“, il s’est référé aux autres pays en état d’urgence et pour la même pandémie. L’Italie est en état d’urgence sanitaire,  la France aussi, les USA, l’Espagne, pour ne citer que ceux-là. Tous en état d’urgence sanitaire! Et vous avez copié-collé leurs mesures tout court. Sauf que eux, ils ont suivi les procédures légales selon les lois des pays respectifs et ont prévu les packages pour pallier la perte subséquente à ces mesures.

Maintenant dites nous, sur quelle base, Dr Ngirente a décidé de prendre les mesures qui violent les droits de circulation des Rwandais? Sur quelle base légale, deux hommes ont été tués parce qu’ils ont violé la mesure de confinement publiée par  le Premier Ministre. Et enfin, pourriez-vous dire que ce que le Premier Ministre a FAIT EST JUSTIFIABLE LÉGALEMENT ? J’ai l’impression que vous vous entêtez, juste que pour défendre votre gouvernement, mais dans des moments comme ceux-ci, l’intelligence qui une fois vous a défini, devrait obliger.  Il faut qu’on crée un espace du débat et de transparence? surtout en ce qui concerne la gestion de la chose publique.

Chaste Gahunde


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COVID-19 : Le Congo va-t-il encore une fois sauver la planète ?

Avec l’éclosion du COVID-19 et la découverte du Professeur Didier Raoult sur les vertus de la chloroquine, tout le monde parle désormais de ce médicament. Cet antipaludéen, utilisé depuis plusieurs décennies dans les pays tropicaux, est un substitut synthétique de la quinine, molécule naturelle extraite du quinquina. Et vous savez quoi ? L’Est du Congo posséderait les plus grandes plantations de quinine au monde. Le Congo va-t-il sauver la planète du COVID-19?

À la fin du 19è siècle, l’industrie automobile, en plein essor, eut besoin du latex naturellement sécrété par l’hévéa, un arbre qui pousse en abondance au Congo, pour la fabrication des pneus. Pendant la Première Guerre mondiale, ce sont les mines du Congo qui fournirent le cuivre utilisé dans la production des munitions utilisées par les alliés. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Congo participe considérablement à l’effort de guerre allié en accroissant sa production de matières premières (huile de palme, hévéa, coton, étain, uranium, cuivre…). Lorsque les États-Unis entrent en guerre, ils dépendent presque entièrement du Congo pour leur approvisionnement en cobalt et en uranium. Idem pour les Britanniques qui reçoivent à l’époque 800 mille tonnes de cobalt pour leur industrie militaire.
Les usines qui travaillent dans le cadre de programmes militaires ont besoin de quantités croissantes de cobalt qui entre dans la composition d’aciers spéciaux avec lesquels on fabrique des outils à coupe rapide, des soupapes de chars et d’avions, des projecteurs de marine, des turbocompresseurs d’avion… Et nul n’ignore que c’est du gisement de la mine de Shinkolobwe (situé dans le Katanga) que fut extrait l’uranium qui permit aux États-Unis de fabriquer la première bombe atomique qui fut larguée sur Hiroshima en 1945.

Au début des années 2000, c’est la colombo-tantalite (communément appelée coltan) et la cassitérite du Congo qui ont été sollicitées avec le boom de l’industrie technologique et aéronautique mondiale. Avec l’essor des véhicules électriques ces dernières années, le cobalt du Congo est revenu au goût du jour. Comme l’a souligné l’auteur belge David Van Reybrouck, dans son livre “ Congo : une Histoire » (Actes Sud, 2010)”;

“Ces cent cinquante dernières années, chaque fois que le marché international a exprimé une demande pressante pour une certaine matière première ─ l’ivoire à l’époque victorienne, le caoutchouc après l’invention du pneu gonflable, le cuivre lors de la forte expansion industrielle et militaire, l’uranium durant la guerre froide, le courant alternatif pendant la crise pétrolière des années 1970, le coltan à l’ère de la téléphonie mobile ─, le Congo s’est avéré disposer de gigantesques réserves de la marchandise convoité “

Maintenant que tout le monde parle de la chloroquine pour neutraliser le COVID-19, le Congo va-t-il encore une fois voler au secours de la planète ?

Peut-être. Mais rien ne dit que les Congolais en tireront profit si cela devait arriver. Parce que depuis près de 150 ans, tout le monde profite des richesses du Congo, excepté les Congolais…

Je ne sais pas pourquoi mais une profonde amertume m’a envahi en bouclant ce post…

Patrick MBEKO

Source:Facebook


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