Monthly Archives: April 2020

Rwanda/COVID-19 : Bad governance kills more than the pandemic !

Other countries have devised strategies to fight COVID-19. These include:

1. A Task Force to manage the response
2. A framework to coordinate funds /aids received  as well as voluntary contributions from local and or non-local benefactors.
3. A reporting system to ensure transparency of the process.

Here is what  Rwanda did:
1. No Task Force knwon. In fact, nobody knows who is in charge.
2. No independent body to manage funds and aids. The Government takes all monies, and nobody knows how much is received,  how it is managed, where the monies are sent , and who to be held accountable.
3. Since there is nobody  in charge, no reporting is made on regular basis, even the communiqués from Ministry of health are not signed, thus the people do not know who to hold accountable.

This is how far Rwanda is down. Where have all intellectuals, economists, scientists, doctors gone? Since when mediocrity is preferred over logic, common sense and knowledge?

Who knows whether these monies are not sent to fiscal paradises abroad?
The country cannot move forward in this state.

One last but not least point: do you know that Rwandans would chose COVID-19 over bad gouvernance? Why?
Because, with good governance, the preparedness is possible, well informed decisions are available, and efficient response is possible. Because of bad governance, the number of famine victims beats the number of the pandemic victims.

Ladies and gentlemen, I am ashamed to introduce to you the Banana Republic of Kagame .

Admin

Soldats rwandais en RDC : un secret de Polichinelle.

Contrairement aux affirmations du président Paul Kagame, des troupes rwandaises fidèles au régime de Kigali, font souvent des incursions dans l’est de la RDC.

Les faits attestent la présence rwandaise à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) même si le président Paul Kagame affirme le contraire. Evoquant la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC, Paul Kagame a fait savoir, lundi (27.04.20) qu’ »il n’y a aucun soldat des RDF (Forces de défense rwandaises) dans cette partie du monde ».

Le président rwandais ne nie pas cependant l’échange d’information entre les deux pays pour lutter contre les rebelles hutus rwandais des forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Enième dénégation de Kigali

Selon Boniface Musavuli, analyste des questions sécuritaires, les incursions de militaires rwandais en RDC relèvent d’un secret de polichinelle :

« Les troupes rwandaises sont dans l’est du Congo depuis la guerre de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), c’est-à-dire en 1996. Ces troupes ont trouvé une autre façon de se dissimuler en revêtant les uniformes de l’armée congolaise. Paul Kagame ne peut pas le reconnaître parce que s’il le faisait, ça deviendrait une affaire de droit international. C’est un homme qui est assez prudent par rapport à la justice internationale. »

En 2009, des soldats rwandais se retirent de la ville de Goma, dans l’est de la RDC après une offensive controversée contre les FDLR.

Sujet politiquement délicat

Le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) a affirmé, en se basant sur « plusieurs sources militaires, diplomatiques et de la société civile », que des soldats des forces spéciales rwandaises ont participé, fin novembre, à une offensive en RDC. Ce n’est pas la première fois que le Rwanda nie la présence de son armée chez son voisin, relève Jean-Claude Mputu, spécialiste de ce pays.

Il n’y a eu aucune réaction des autorités congolaises après les dénégations de Paul Kagame. Jean-Claude Mputu pense que reconnaître la présence rwandaise en territoire congolais est un casse-tête pour Kinshasa.

« Les dirigeants politiques qui assumeront cet état de fait savent qu’ils vont faire l’objet d’un courroux populaire inédit, ça c’est une réalité aujourd’hui. Donc ils font semblant de nier alors qu’entre eux, en off, ils reconnaissent clairement cette présence. »

Diplomatie transparente : une condition pour la paix

De son côté, Paul Kagame affirme que ce sont des militaires burundais qui sont présents dans le Sud-Kivu congolais, voisin du Burundi. « Ce sont des éléments de l’armée burundaise qui travaillent officiellement pour leur pays », croit savoir le chef de l’Etat rwandais.

Pour le président Tshisekedi comme pour ses prédécesseurs, admettre la présence rwandaise sur le territoire congolais relève du casse-tête

Onesphore Sematumba, analyste à l’International Crisis Group (ICG), estime qu’une diplomatie transparente est nécessaire dans la région, en vue de l’instauration de la paix : « Tant que l’est congolais va rester le ventre mou de la sécurité régionale, tant que les rebelles armés y trouveront leur sanctuaire, les armées étrangères seront tentées de traverser. »

Selon le site actualite.cd, des rebelles hutus rwandais du CNRD (Conseil national pour la renaissance et la démocratie) ont encore fait une incursion dans le Sud-Kivu mardi (28.04.20) nuit. Un enfant de sept ans aurait été tué, des biens des habitants emportés.

Dans un communiqué publié lundi (27.04.20), les rebelles hutus rwandais des FDLR ont démenti leur implication vendredi (24.04.20) dans une attaque qui a fait une dizaine de morts, dont des écogardes du parc de Virunga. Les FDLR indiquent que le territoire où a eu lieu l’attaque est sous contrôle de militaires rwandais « en connivence avec certains officiels congolais ».

Reliou Koubakin

Source : DW.COM

Faustin Twagiramungu s’adresse aux intellectuels rwandais. Lettre ouverte.

Faustin Twagiramungu dans une conférence de presse à Bruxelles en 2015

« Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui » (Martin Luther King)

Chers compatriotes,

En ma qualité d’homme politique rwandais et de témoin de l’histoire de notre pays, je me vois dans l’obligation d’attirer votre attention sur l’immense détresse et les terribles humiliations que subit le peuple rwandais depuis plus de 25 ans. Plus le temps passe, plus la situation de nos compatriotes ne cesse de se détériorer. Jamais le pays n’avait connu autant de malheurs orchestrées par le pouvoir en place, dont des atteintes massives à la vie, à la liberté et à d’autres droits fondamentaux, des spoliations et des destructions de biens privés, des famines endémiques délibérément provoquées pour décimer une partie de la population, et bien d’autres maux devenus le lot quotidien des Rwandais. Au rythme où vont les choses, le pire est à craindre, aussi longtemps que le Rwanda sera sous le joug d’un tyran sanguinaire qui ne s’en cache plus.

En effet, lorsqu’un Chef d’Etat en exercice, en l’occurrence le Général Paul KAGAME, affirme haut et fort qu’il a tué et qu’il va continuer de tuer ses citoyens, et qu’en dépit d’être condamné il soit plutôt applaudi, ne peut que nous amener à nous inquiéter et à nous interroger!

Cet exemple récent et d’autres cas que vous connaissez certainement, me poussent à pointer du doigt votre passivité, collective ou individuelle, devant le drame qui se joue devant vos yeux. N’entendez-vous pas cette petite voix de la conscience vous demander instamment: « Qu’as-tu fait de ton intelligence, de ton savoir et de ton savoir-faire ? Qu’as-tu fait pour ton peuple ? »

Chers compatriotes, RÉVEILLEZ-VOUS !

Le seul pouvoir légitime est celui qui repose sur le consentement du peuple. Par conséquent, l’exercice du pouvoir ne saurait avoir d’autre finalité, que le bien de la communauté publique. Et pourtant, le régime du FPR exerce son pouvoir par le fer et le sang dans le but de l’enrichissement illicite de ses dignitaires. Que faudra-t-il faire pour que vous soyez pleinement sensibilisés à cette situation pour le moins injuste et inacceptable ? La tyrannie est présente. Elle fait des ravages tous les jours.

Certains d’entre vous se disent : «Je ne vais pas risquer ma peau pour affronter ce régime impitoyable ! Je m’en remets au destin!». C’est ce fatalisme qui nourrit et entretient le mal. C’est l’alibi de l’indignité ! Qui pense ainsi est un lâche qui s’ignore. Souvent, nous oublions que mourir ne dépend pas de nous. Mais n’oubliez jamais, qu’il dépend de vous de sauver votre peuple en détresse.

Ce que nous avons vécu et que vivent nos compatriotes est indicible ! Qui parmi vous n’a pas perdu un ami, un frère, une sœur, un parent ? Toutes les familles ont été touchées par la volonté des assassins, qui se croient toujours et pour toujours au-dessus des lois.

Combien parmi vous sont tellement terrorisés, qui se déguisent en cadavres ambulants, pour ne pas « être tués une deuxième fois » ! Ils sont devenus comme des zombis, qui obéissent, au doigt et à l’œil, à ce régime qui les tue. Ce n’est pas en abandonnant votre corps et votre esprit à ces forces du mal, que vous vivrez mieux ! Soyez dignes, pensez au moins au bien et à l’avenir de vos enfants et leurs descendants ; l’histoire vous en saura gré !

Chers compatriotes, ENGAGEZ-VOUS !

Les hommes, les femmes, les garçons et les filles de votre âge ont décidé de mener une lutte sans merci contre ce régime du FPR-KAGAME qui tue et malmène les Rwandais. Rejoignez-les ou soutenez-les d’une façon ou d’une autre ! Ils comptent sur vous. Ils sont engagés dans des associations ou partis d’opposition au Rwanda et à l’extérieur. Ils sont en prison ou en exil. Ils se battent jour et nuit, chacun à sa manière, pour la dignité, la paix, la justice, la liberté et la démocratie dans notre pays.

Certains en payent le prix fort, et malgré cela les autres continuent. Avec eux, je crois en la victoire finale. Ceux qui ont été tués dans ce combat, sont des filles et fils dignes de la nation. Ils sont tombés sur le champ d’honneur, nous ne les oublierons jamais. Ils forcent notre admiration, ils nous inspirent jour et nuit ; faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que leur sacrifice ne soit pas vain.

Certains pensent, à tort, ne pas être concernés par cette lutte, au motif qu’ils ont une situation sociale ou financière enviable. Ils oublient que le régime dictatorial du FPR-KAGAME peut à tout moment tout leur prendre, à ceux qui sont à l’intérieur du pays, ou, pour ceux qui sont en exil, les malmener d’une façon ou d’une autre, par le biais de sbires mandatés à cet effet. Faut-il encore souligner qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un combat pour la dignité et la liberté ? En l’espèce, ces paroles d’un sage africain méritent toute notre attention : « Etre pauvre et libre plutôt que riche dans l’esclavage ! » 

Chers compatriotes, BATTEZ-VOUS !

Pour que votre peuple et vous-même soyez en sûreté, il faut être délivré de la force tyrannique ! Cette machine d’oppression est contraire au droit, elle s’oppose à votre liberté, elle nuit à votre vie tout simplement !

Comme tout être humain, la raison vous oblige, tous et chacun, de considérer comme ennemi de votre conservation, celui qui veut vous ravir votre vie, si vous ne vous soumettez pas comme son esclave corvéable à merci. Dans ces conditions, il vous impose une situation d’état de guerre et devient ipso facto votre agresseur, contre qui vous avez le droit et surtout le devoir de combattre. Vous l’aurez compris, c’est une question de survie et de légitime défense.

Chers compatriotes, INDIGNEZ-VOUS !

Vingt-cinq ans que les ossements des nôtres sont exposés comme des trophées de guerre ; ça suffit ! Le régime FPR dirigé par Paul KAGAME a décidé d’ôter l’humanité à nos défunts. Ils sont privés du repos éternel auquel ont droit tous les morts. Tous ces corps exposés à GISOZI et ailleurs sont ceux des nôtres, vous et moi. Aucun de ces morts n’appartient à la famille de KAGAME, car si c’était le cas, pareille humiliation lui aurait été épargnée.

Les nôtres sont devenus des objets de curiosité. Ils sont déshumanisés tous les jours, sous le regard complice des visiteurs étrangers, qui sont soumis malgré eux, à un exercice émotionnel des plus étranges, qu’ils n’osent pas dénoncer. Cette mise en scène macabre est choquante et inacceptable : elle est savamment entretenue par le régime dictatorial du FPR-KAGAME en vue de maintenir dans la culpabilisation une partie des Rwandais et de s’attirer la sympathie d’une Communauté internationale dont la naïveté est habilement exploitée par le pouvoir de Kigali.

Nous ne le dirons jamais assez : l’exposition de ces ossements doit cesser. Non seulement elle procède d’une instrumentalisation politique des plus condamnables, mais aussi elle constitue le comble du cynisme, quand on sait que, dans la plupart des « sites mémoriaux », il s’agit des restes des corps des personnes tuées massivement par l’Armée du Général KAGAME lors de sa conquête du pays en 1994.

Il faut agir et vite, pour que ces corps soient enterrés en toute dignité. Ne laissons plus faire cette affreuse exposition, contraire à nos croyances et notre culture. Notre passivité chosifie nos morts et les réduit au néant. Ils sont morts injustement, et comble du drame, ils sont devenus le décor d’un spectacle politique pitoyable !

Le FPR nous terrorise tellement qu’il est difficile de protester contre cette infamie. Mais jusqu’à quand nos morts devront supporter notre silence complice ? ll est temps d’agir, pas seulement pour ce cas, mais aussi pour d’autres injustices du quotidien. Ensemble, levons-nous comme un seul homme pour briser ce cycle de violence et d’impunité qui a trop duré, et pour mettre un terme au régime dictatorial et criminel de Paul KAGAME.

Chers compatriotes,

Je n’en doute pas, mon message aura contribué, je l’espère, à vous rappeler votre devoir d’intellectuel. Vous, comme moi, avons l’obligation de nous engager résolument en faveur de l’avènement au Rwanda d’un nouvel ordre politique respectueux de la vie, de la dignité, de la liberté et d’autres droits fondamentaux dont nos compatriotes sont privés depuis plus de 25 ans.

Nous devons d’abord et avant tout compter sur nous-mêmes car, comme le dit bien à propos un adage rwandais, « les semences venant d’ailleurs arrivent généralement en fin de saison » (Ak’imuhana kaza imvura ihise). Au lieu d’attendre notre salut d’une Communauté internationale indifférente à notre sort ou en complicité avec notre oppresseur, misons plutôt sur notre énergie et celle de la jeunesse de notre pays, acquise dans sa grande majorité à l’urgence et la nécessité d’un changement politique au Rwanda, qui doit se faire dans l’unité de toutes les composantes de la société rwandaise.

Demain ou après-demain, sonnera le départ pour une marche commune vers la libération du peuple par le renversement du régime honni qui l’asphyxie depuis que le Général KAGAME règne en tyran sanguinaire sur le pays. Soyez au Rendez-vous de l’histoire, de votre histoire, que vous écrirez avec un cœur de patriotisme, de fraternité et de concorde nationale. « A la fin, nous nous souviendrons, non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. » (Martin Luther King)

Avec toutes mes amitiés et mes sincères salutations.

Faustin Twagiramungu

Ancien Premier Ministre rwandais

Bruxelles, Avril 2020.

RDC: Vital Kamerhe, de quoi est-il accusé?

Le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe annonce que la première audience aura donc lieu le 11 mai. Une décision qui est intervenue à la suite du transfert du dossier Vital Kamerhe par Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete vers le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour fixation.Vital Kamerhe sera devant les juges, pour le début de son procès, le 11 mai 2020, de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Dans une citation à prévenu, le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat congolais connaît désormais les accusations qui pèsent sur lui.

A charge des prévenus Samih Jammal et  Kamerhe Lwa Kanyigini Vital

  1. En l’espèce, avoir, entre les mois de mars 2019 et janvier 2020, comme co-auteurs par coopération directe, étant respectivement, Directeur Général de la Société SAMIBO SARL et Agent public de l’Etat, en l’occurrence personnel politique de la Présidence de la République, détourné la somme de 48,831148 $US qui était remise à la Société SAMIBO SARL pour l’achat et l’érection de 1500 maisons préfabriquées dans le cadre du projet des logements sociaux, au profit de cinq provinces de la République Démocratique du Congo, en l’occurrence celles de Kinshasa, du Kongo Central, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental et du Sud Kivu, inscrit au programme de 100 jours initie initié par le Président de la République« Faits prévus et punis par les articles 21 et 23 du Code Pénal Livre 1 et 145 du Code Pénal Livre II »
  2. En l’espèce, avoir, dans les mêmes circonstances des lieux que ci-dessus, sans préjudice de date certaine, mais entre les mois d’août et septembre 2019, co-auteurs par coopération directe, étant respectivement. Directeur Général de la Société HUSMAL SARL et Agent public de l’Etat, en l’occurrence personnel politique de la Présidence de la République détourné la somme de 2.137.500$US (dollars américains deux millions cent Trente-sept mille cinq cents) qui était remise à la Société HUSMAL SARL pour l’achat et l’érection de 3.000 maisons préfabriquées pour les policiers et militaires de la ville de Kinshasa dans le cadre du programme de 100 jours initié par le président de la République

A charge des prévenus Kamerhe Lwa Kanyigini Vital et Muhima Ndoole Jeannot

La troisième prévention, s’agissant cette fois de Kamerhe et Muhima Ndoole Jeannot concerne le détournement de la somme de 1.100.000 USDO remis à Muhima pour le dédouanement  et le transport des maisons préfabriquées.Par ailleurs, une autre accusation concerne l’acceptation indirecte par l’intermédiaire de madame Soraya Mpiana qui est sa belle-fille de l’achat à son profit de la concession mesurant 70 mètres sur 100 mètres, située sur la baie Ngaliema, au quartier Basoko, dans la commune de Ngaliema, afin d’abuser de son influence réelle en tant que Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat et superviseur du programme de 100 jours initié par le Président de la République, pour faire gagner à Samih Jammal, sous les noms de ses sociétés SAMIBO SARL et HUSMAL SARL, les marchés publics de l’achat et de l’érection de 1500 et 3000 maisons préfabriquées en violation de la procédure d’appels d’offres et seuils fixés par la législation en matière de passation des marchés par voie de gré à gré.

Révélations accablantes autour de l’attaque des gardes de l’ICCN à Rumangabo du 24 avril 2020.

Hommage aux Garde Park de l’ICCN de Virunga

Nous avons promis d’offrir dans le délai le plus raisonnable possible les raisons pour lesquelles des agents de l’ICCN ont été attaqués à Rumangabo, juste à côté de leur station. Pour dévoiler les vérités autour de ce meurtre ignoble, nous avons voulu le faire le jour même où nos vaillants agents de l’ICCN sont en train d’être inhumés, afin de leur rendre, par notre contribution à la vérité, un chaleureux hommage. Que la terre de nos ancêtres leur soit douce. Et qu’ils reposent dans la paix aux côtés de tous les congolais qui sont morts pour défendre les intérêts de la nation.

Cela dit, voici les faits accablants qui entourent ce triste événement.

Pour ceux qui ne connaissent pas bien la géographie du Nord-Kivu, Rumangabo est un lieu référentiel quant à ce qui est des stratégies militaires à l’Est du Congo. Il y a un grand camp militaire, mais également une station des gardes du parc national de Virunga. C’est donc un lieu normalement contrôlé par les FARDC et leurs alliés. Les FDLR ne devraient donc pas s’y infiltrer facilement, moins encore avec un armement comme celui utilisé pour commettre l’élimination ignoble des vies humaines des rangers du Virunga le 24 avril 2020, dans une attaque qui a eu lieu juste à trois cent mètres de leur position de Rumangabo.

Quelques heures après cette attaque, nous avions signalé que des éléments armés rwandais venaient d’être signalés à cet endroit plusieurs jours avant. En fait, possédant une technologie qui leur permet d’infiltrer le système de communication de la station des grades parc et du camp militaire qui sont juste à côté, les militaires de Kagamé avaient déjà accédé à une série des informations qui compromettaient les responsables de l’ICCN au Nord-Kivu par rapport à une question très sensible pour le Rwanda.

Pourquoi cette attaque a-t-elle visé les agents de l’ICCN à Rumangabo ?

Voici les révélations au sujet des événements successifs qui ont conduit à cette attaque :

1. Quelques jours plus tôt, dans des opérations conjointes contre les FDLR, opérations cachées à l’opinion publique par Tshisekedi, l’ami improvisé et indolent de Kagame, les FARDC venaient d’attraper un élément très déterminant dans le commandement et l’intelligence des FDLR. Et, tout en réfléchissant sur ce qu’il fallait en faire, les commandants le cachèrent d’abord dans une prison à Vitshumbi.

2. Au lieu de l’offrir directement à l’abattoir de leurs collaborateurs sanguinaires, les militaires congolais décident de consulter préalablement, par coup de fil privé, les instances de Kinshasa, d’où ils reçoivent l’indication de transférer l’élément à la capitale, via Goma.

3. Cependant, n’ayant ni hélicoptère, ni autres moyen pratique pouvant leur permettre de réaliser l’opération sans que leurs amis-ennemis ne se rendent compte, les militaires congolais se sentent obligés de solliciter la collaboration de Mr Emmanuel De Merode, qui, lui-même, soumis à la peur liée aux circonstances, accepte de mettre en jeu ses véhicules et ses agents.

4. L’opération est lancée dans la matinée du 24 avril à partir de Rwindi, d’où partent les agents de De Merode, pour aller récupérer l’élément attrapé par les FARDC. Mais, en cours de route, ils se confrontent à plusieurs difficultés. Les FDLR, déjà informées par une source intérieure aux FARDC, veulent récupérer leur leader par tous les moyens. Au même moment, et c’est ce que les agents de l’ICCN ignoraient, les militaires rwandais, déjà mieux informés par plusieurs voies, notamment celle des collaborateurs ex M23 déversés dans les FARDC, ainsi que grâce aux infiltrations du système de communication de l’ICCN, etc., sont déjà en position d’attaque pour éliminer ce cadre des FDLR, avec tous ceux qui se trouveraient à son côté. Ainsi, les agents de l’ICCN se transforment en ennemis de deux ennemis.

5. Se sentant vraiment menacés, les agents de l’ICCN décident de se défaire du cadre des FDLR, et le laisse dans une prison, à Kiwanja, en mi-chemin. Malheureusement, au lieu de retourner à Rwindi, ils optent pour continuer la route vers Rumangabo jusqu’à Goma, où des ennemis plus farouches les attendaient. C’est là qu’ils vont être tués à la place de l’agent des FDLR.

6. A quelques centaines de mètres seulement de leur station de Rumangabo, ils sont réduits en cendres par des roquettes provenant des mains des militaires rwandais au Congo. En fait, les militaires rwandais étaient sûrs que le leader FDLR était dans ce véhicule brulé.

Nécessité d’une enquête indépendante

Le gouverneur du Nord-Kivu a annoncé que des enquêtes étaient en cours au sujet de cet acte ignoble.

Cependant, étant donné que le gouvernement congolais est complice dans ce meurtre, nous exigeons de tout notre vœu qu’une enquête internationale et indépendante soit mise en place pour élucider les circonstances et les causes de ce meurtre ignoble. Et que les auteurs soient conduits à la justice et répondent de leur crime.

De la présence des militaires rwandais au Congo

Ce n’est plus un secret, même si Tshisekedi fait tout pour cacher la vérité à l’opinion publique. Des militaires rwandais sont en train d’œuvrer aux  cotés des FARDC. On les trouvent surtout au Nord-Est du parc national des Virunga : Vitsumbi, Mugogo, Nyamilima, Nyabanira, Vusesa, Mabenga (aux entrées du lac Edouard), Kiwanja, Rutsuru, Jomba, Kisharo,Katwiguru, Mushumba, Kihorobo, etc. Et s’il faut y ajouter des ex CNDP et M23 incorporés au sein des FARDC, on comprend ce que cela signifie comme danger pour la région.

1. Pourquoi les FDLR, utilisées à la fois par les FARDC et les FPR comme cheval de Troie, continuent-elles d’être à la base de la mort des milliers des congolais ?

Que Mr Tshisekedi nous réponde.

2. Pourquoi le gouvernement du Congo continue-t-il de donner à Kagame un alibi qui lui permet de perpétrer des massacres et génocides à l’Est, tout en pillant les richesses du pays ?

Que Mr Tshisekedi nous réponde.

3. Pourquoi le gouvernement congolais continue-t-il à nier la présence des militaires rwandais à l’Est de la RD Congo depuis plusieurs mois, alors que tout le monde vivant dans les zones que nous avons citées est indubitablement témoin de ce forfait suicidaire sur la terre de nos ancêtres ? Ce n’est plus un secret. Il conviendrait que le gouvernement l’annonce clairement.

Que Mr Tshisekedi nous réponde.

BeniLubero

A sa sortie, Kagame est encore peu prometteur!

Ça faisait longtemps que Paul Kagame ne s’adressait pas aux Rwandais, et quand il fait ce 27 avril 2020, il s’exprime en anglais. Moins de 20% de Rwandais comprennent cette langue. Quant au contenu, le président rwandais ne livre rien. Absolument rien. La seule chose qu’il aura réussie, c’est de semer plus de doutes sur sa localisation sa conférence étant faite à distance.

Avant cette sortie, beaucoup de rumeurs circulaient. L’absence du président inquiétait les Rwandais, les uns allant jusqu’à poser qu’il est mort. C’est peut-être cette prétendue mort qui l’a poussé à sortir subitement, et visiblement, mal préparé. Dans ces réponses , aux journalistes bien sélectionnés comme si le message était destiné à une audience précise,  Kagame ne maîtrise rien. Ceci soulève plus de questionnements: Est-il vraiment vivant? Comment se peut-il qu’après plus d’un mois, un chef d’Etat ne s’adresse pas à son peuple pour exprimer une solidarité?

De la crise causée par la pandémie, Kagame ne livre rien. Pas de statistique. Pas de stratégie, pourtant demandée par plusieurs Rwandais. Le président ne dit rien sur la gestion des fonds déjà reçus dans l’effort de lutter contre Covid-19. Il ne pense pas aux citoyens du menu peuple dont le bien-être est mis à mal par les mesures de confinement décrétées sans suivre la procédure légale pourtant prévue par la Constitution rwandaise. Tout ce qu’il révèle est qu’un conseil des ministres va se tenir cette semaine pour déterminer la voie à suivre dans les prochains jours.

Une journaliste de RFI lui pose la question sur l’assassinat du chantre rwandais Kizito Mihigo mort en février 2020. Kagame, manifestement mal à l’aise avec cette question, réplique qu’il ne sera jamais capable de convaincre qui que ce soit sur la thèse du suicide. Lui-même sait que ce mensonge ne tient pas la route. Et, il demande à la journaliste: “Can we put it to rest, please?” Il évite d’en parler.

Rappelons que depuis l’assassinat de ce jeune homme, Kagame a du mal à justifier son innocence dans ce dossier. Dans ses notes, Kizito explique le rôle important de la directrice de cabinet de Kagame à l’époque, Inès MPAMBARA, dans son calvaire. La femme est même  allée jusqu’à menacer de mort le jeune artiste.

Une question intéressante sur l’incursion de l’armée rwandaise au Congo, une information qui circule depuis quelques semaines. Sauf que le chef de l’Etat nie toutes les allégations en bloc, tentant de façon maladroitement voilée, de justifier cette action militaire s’elle avait eu lieu. Pour tout observateur avisé, sa réponse constitue un aveu sans équivoque. Sauf un enfant né d’hier, l’on sait que les soldats rwandais ont toujours été au Congo, et que Kagame l’a toujours nié.

Le silence de Kagame au sujet de la misère du peuple rwandais, sa disparition des radars pendant longtemps, les actes de barbarie commis par son armée contre les citoyens, l’arrestation des journalistes au nom du Covid-19 mais, qui réellement, on le sait, vise à museler les lanceurs d’alerte, tout porte à croire que Kagame n’est pas l’homme de la situation, maintenant, encore moins pour la période après Covid-19.

Chaste Gahunde


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Uganda/ COVID-19: 883 prisoners released after Presidential pardon.

The Uganda Prisons Service has, on Monday, April 27, confirmed the pardon and release of 883 prisoners from their facilities across the nation.

While speaking to the media, Uganda Prisons Services Spokesperson, Frank Baine confirmed the development citing the 833 prisoners released was an effort to decongest prisons amid the COVID-19 Pandemic.

On April 6, the Commissioner-General of Uganda Prisons, Dr Johnson Byabashaija, disclosed that government was planning to decongest prisons by pardoning over 2,000 inmates as one of the ways to decongest prisons in a move to control the spread of COVID-19.

Byabasahija made this revelation while addressing the media at parliament after his appearance before the parliamentary committee on appointments for vetting following the renewal of his contract by President Museveni.

He said that inmates who were on light sentences and those who had covered three-quarters of their sentences are being considered. Others to be considered for pardon include; breastfeeding mothers and those inmates aged above 65 years.

“We are going to submit the list to the Attorney General for consideration of pardon in order to decongest the prisons. Secondly, we are also writing to the registrar of courts of judicature to release remands who have reached their remand mandatory period. This is not for capital offenders,” Byabashaija said.

He added that apart from decongesting the prisons, they have also isolated prisons around across the country where new prisoners are being held for the moment, also all prison staff have been prohibited from going back to their homes as one of the measures to contain the spread of the virus.


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The genocide plan against Rwandans currently disguised as COVID-19 confinement

The genocide plan against Rwandans currently disguised as COVID-19 confinement

1. The 1994 genocide as a precedent
During the period of April-June 1994, Hutus and Tutsis were killed for who they were in either controlled zones by the Rwandan Patriotic Front (RPF) led by Paul Kagame or the then Rwandan government headed by Jean Kambanda.
2. The enabler of the 1994 genocide
The then US president Bill Clinton refused to call genocide what was happening in Rwanda at that time, because of his administration’s strategy for non-intervention to enable RPF to gain power. This US attitude was part of a regional political game plan, which considered RPF as the main player to have more influence at the expense of France and Belgium.
3. A never-ending genocide
After RPF took over from the Hutu government, it put in place internal and external policies aimed at reducing the number of Hutus, among these were:

1. Targeting and killing Hutu political leaders and intellectuals inside and outside Rwanda, with an objective of retaining the political supremacy of RPF as long as possible; while this was happening, Hutu refugees were attacked, killed and persistently disturbed in their precarious lives everywhere.
2. Denying their survivors access to any sort of assistance that would help them to recover from suffered traumas.
3. Devising economic, agricultural, employment, health and educational policies aimed at making Hutus poorer, die silently or feel as second class citizens.

4. How Rwanda’s neighbouring countries are dealing with COVID-19 Burundi, DRC, Uganda and Tanzania, the neighbouring countries of Rwanda, haven’t instructed their citizens to strictly stay at home as a way of fighting the COVID-19 pandemic. After objective analysis of the conditions within which their people live, they consequently found that confining them without giving them food would’ve been like ordering them to die.

5. The suffering of Rwandan people under confinement
Since the Prime Minister’s public announcement of the confinement on March 21st, we have noticed that there is no provision of food to the population from the government. The journalists who went out to learn from the people how they were coping with the confinement and highlighted the dire conditions under which they were living, were arrested. Presently, the general public doesn’t know what is happening indoors across Rwanda, because no independent journalist is allowed to report about that situation.

6. The coverup of an ongoing genocide
The same way the RPF government has covered up deliberate killings of Rwandans over the past 26 years, it is feared that under the current COVID-19 pandemic, everything seems to point to a well-engineered strategy of drastically reducing the number of Rwandans. If the confinement is not immediately reversed, with the lack of any provision of food to the confined people, between 3 to 4 millions of Rwandans can die by the end of May. These deaths would only be discovered years later because of the RPF mastery of covering up its crimes.

Maniragena Valens   and Nzeyimana Ambrose


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Rwanda. La Vision 2020 a montré son vrai visage. Que nous réservent les rêves de Clare Akamanzi, pour 2050 ?

Au moment où l’année 2019 se termine et que 2020 arrive à grands pas, l’heure du bilan pour la « Vision 2020 » est arrivée.

La « Vision 2020 » est ce plan directeur lancé en 2000 par le gouvernement rwandais et  annoncé avec grand fracas dans des discours politiques et sur les réseaux sociaux. Sur papier, ce plan visait entre autres à faire du Rwanda un Etat de droit avec une bonne gouvernance, à développer l’économie, à promouvoir le secteur privé et à moderniser l’agriculture et l’élevage. Sans oublier la promotion de l’éducation et de la santé. Bref, il s’agissait de niveler vers le haut tous les secteurs de la vie nationale. Un pan caché de cette Vision était de « venger les Tutsi » en s’en prenant aux Hutu, considérés globalement comme « génocidaires ».

Plus d’une vingtaine d’années de massacres impunis

A sa victoire en juillet 1994, le FPR a procédé systématiquement au massacre des populations qui n’avaient pu fuir vers les pays limitrophes. Les informations recoupées par le journal français Libération font état de 150.000 victimes d FPR entre fin mai et début septembre 1994, massacres confirmés par d’autres sources dont le rapport Gersony.

La population qui a fui ces massacres et qui s’est mise sous la protection des Casques Bleus de l’ONU et regroupée dans le camp de Kibeho au Sud du Rwanda n’a pas été épargnée. En avril 1995, le FPR l’a exterminée à l’arme lourde faisant environ 10.000 morts. Le témoignage d’un Casque Bleu australien, présent au moment des faits, donne de la chair de poule.

Poursuivant ses « actions punitives », le FPR a attaqué les camps de la RDC entre 1996 et 1998, faisant des centaines des milliers de morts. Le rapport mapping des Nations Unies, produit en 2010, précise que des actes commis, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide.

Les rescapés de ces massacres sont revenus de force au Rwanda où ils sont devenus des citoyens de seconde zones, considérés globalement comme des « génocidaires ». Comme tels, dans le plan du FPR, ils ne sont bons que pour la mise à mort par tous les moyens. Les tueries du FPR n’ont pas cessé sur les villages, loin des regards indiscrets, comme le souligne Amnesty International notamment dans son rapport du 23 juin 1998 intitulé : Rwanda À l’abri des regards, les « disparitions » et les homicides continuent.

 

Pour montrer un semblant de visage humain, un simulacre de justice fut mis sur pied par le FPR : les tribunaux Gacaca qui ont débuté procès en 2005. Ils ont officiellement clôturé leurs travaux en juin 2012. Selon le journal « Le Monde » se référant à des données du gouvernement rwandais, deux millions de personnes furent jugés, pour un taux de condamnation de 65%. Au bas mot au moins 1.300.000 Hutu ont été condamnés par les Gacaca à des peines allant de 19 ans à la perpétuité. Alison Des Forges, pourtant l’un des principaux témoins à charge au TPIR, n’a pas manqué de s’interroger sur la nature des Gacaca, a qualifié les Gacaca « d’avantage politique que judiciaire ».

Cette coupe sombre dans les rangs de Hutu ne s’est pas arrêtée là, elle a continué par le biais d’autres programmes visant spécifiquement à stigmatiser à jamais le Hutu et ses descendants afin qu’ils se sentent partout coupables du « péché originel ».

En effet, un an après la clôture des procès Gacaca, il fut mis sur pied un autre programme non moins cruel appelé « Ndi Umunyarwanda » (Je suis rwandais). Il fut lancé par le président Paul Kagame le 30/06/2013 alors qu’il participait à une réunion d’« Imbuto Foundation », une mystérieuse organisation chapeautée par son épouse. Kagame dévoila un des objectifs de « Ndi Umunyarwanda » : il enjoignit, séance tenante, à tous les enfants hutu de demander pardon pour les crimes commis par leurs parents. Autrement dit, comme les adultes hutu ou ceux qu’il en restait, étaient pratiquement tous à genoux, leurs enfants devenaient une cible bien indiquée.

L’agenda caché de la Vison 2020 était en train d’être mis inexorablement en application. Dans ce cadre, comme l’a écrit l’analyste politique Faustin Nsabimana en décembre 2013, l’objectif du système-FPR est d’« atteindre le psychique des Hutu pour leur faire perdre « l’estime de soi ». Et pour ce faire, il a été mis « en place le plan génocidaire sous le nom de code « Ndi Umunyarwanda » qui procède à la fois de la culpabilisation collective et de l’humiliation », bref une « déshumanisation des Hutu. Ce qui est en fait une exploitation éhontée du génocide dans le but de faire taire ou de casser dans l’œuf toute opposition réelle ou potentielle des Hutu ».

Des politiques contre une partie de la population

Le PNUD, dans son rapport de 2007, a fait remarquer que 62% de la population rurale vivait dans la misère la plus abjecte alors que cette proportion n’était que de 50,3% en 1990, que le Rwanda figurait parmi les 15% des pays les plus inégalitaires au monde et que le gouvernement accordait seulement 3% de son budget à l’agriculture alors que ce secteur employait 80% de la main d’œuvre rwandaise.

Dans le cadre de la réforme agraire et des plans directeurs des villes, des lois contraires à la propriété privée ont été imposées.

Ainsi, suite à la politique de villagisation, le paysan a été obligé de détruire sa maison pour aller s’installer dans une zone insalubre, sans aucune infrastructure, où il dormait souvent à la belle étoile ou dans des abris couverts de plastique alors qu’il avait une maison en matériau durable.

A la mi-octobre 2004, le ministre de l’Enseignement, Romain Murenzi, décida de renvoyer et de mettre en prison plus de 450 étudiants hutu qui terminaient leurs études secondaires. Ils étaient soupçonnés d’avoir été en possession d’un poison censé être donné à leurs collègues tutsi. Leurs noms furent diffusés à plusieurs reprises sur les antennes de la radio nationale comme si leur culpabilité avait été déjà prouvée. Le renvoi suivi de la prison toucha également des professeurs et des directeurs, accusés de propager ‘‘une idéologie génocidaire’’.

La stigmatisation d’une partie de la population à travers des lois iniques et des réformes intempestives se poursuivit après 2004.

Fin décembre 2005, le gouvernement procéda au nouveau découpage territorial. La population eut de la peine à s’y retrouver. A cela, il faut ajouter le déplacement et la disparition des archives surtout celles en rapport avec l’état civil, une opération visant, ni plus ni moins, à provoquer la « mort civile » d’une partie de sa population.

En 2006, le pouvoir décréta, pour apparemment des raisons d’hygiène, le port obligatoire de chaussures dans plusieurs endroits publics. Comme les chaussures coûtent cher et que leur port n’est pas une priorité pour une population pauvre qui a à peine de quoi se nourrir, plusieurs personnes ne purent pas aller se faire soigner, faire des démarches administratives ou se rendre au marché pour vendre les produits de leur récolte.

 

 

 

 

 

 

 

 

La même année, en septembre, les autorités rwandaises ordonnèrent à la population de Gitarama d’arracher ses bananiers et de les remplacer par la culture des fleurs et des arbres fruitiers. Cette décision autoritaire condamnée par les ONG de défense des droits de l’Homme, ne peut s’expliquer que par la volonté d’affamer le paysan rwandais et d’enrichir les dignitaires du régime.

Dans la même période, le gouvernement imposa la monoculture, consistant à cultiver une seule culture par région. Les paysans qui refusaient de se plier à cette directive étaient punis par la destruction de leurs plantes.

A partir de l’année scolaire 2009, le gouvernement décréta l’anglais comme langue d’enseignement. Cette réforme improvisée sacrifia toute une génération d’élèves car les enseignants n’étaient pas formés pour dispenser les cours dans cette langue.

Depuis novembre 2010, le gouvernement du Rwanda adopta un programme de destruction des maisons en paille sur toute l’étendue du pays. La police et l’armée furent mises à contribution. Plus de 115.000 maisons furent ainsi abattues, sans aucune compensation ou une autre alternative pour leurs occupants.

Deux ans plutôt, soit en février 2008, un programme de stérilisation obligatoire des hommes par la vasectomie fut initié. Le 30 janvier 2011, Dr Richard Sezibera, alors ministre de la santé, devant le Parlement, laissa entendre que pour faire face à une démographie galopante, le gouvernement rwandais avait lancé une campagne de stérilisation masculine : 700.000 personnes devaient être vasectomisées sur 3 ans. Dans l’identification des groupes-cibles pour cette opération, un accent particulier devait être mis sur les ménages pauvres à travers le pays, selon le ministre. Human Rights Watch avait, à cette occasion, rappelé au gouvernement rwandais que la stérilisation obligatoire allait à l’encontre des objectifs d’amélioration de la santé reproductive qu’il s’était fixés et que les « dispositions dévalorisantes, coercitives ou qui refusent à l’être humain ses droits en matière de santé reproductive doivent être retirées de l’actuel projet de loi ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Victimes des toutes ces multiples politiques de harcèlement, la population rwandaise n’est pas du tout heureuse. Selon l’Indice de bonheur de la population 2015-2017 publié tous les 3 ans par le « Global Happiness Council », le dernier rapport paru en  2018 a classé le Rwanda à la 151ème place sur 156 pays, derrière la Syrie.

Le Rwanda, un Etat de non droit

De 2000 à 2019, tous les rapports des ONG de défense de droits de l’homme n’ont cessé de dénoncer les violations des droits humains au Rwanda. Human Right Watch (HRW), dans son rapport du 25 juillet 2008 intitulé « La loi et la réalité », signalait que le régime rwandais sanctionnait, muselait et limitait les activités des opposants politiques ou des personnes considérées comme telles par le FPR. Le constat de HRW reste d’actualité en 2019.

Dans son récent rapport sur le Rwanda, le département d’Etat américain aux droits de l’homme signale qu’en 2018, les forces de sécurité de ce pays se sont livrés aux actes illégaux dont des détentions arbitraires, des homicides, des disparitions forcées,  des tortures par asphyxie ou par décharges électriques, … ; des menaces et des violence contre les journalistes, des blocages de sites Web, …

S’agissant de la bonne gouvernance, nous avons encore en mémoire le bidouillage de la Constitution en 2015 pour permettre à Paul Kagame de régner sur le Rwanda jusqu’au moins en 2034. Par ailleurs, il est éclairant de mentionner que quiconque a voulu se présenter pour « challenger » Paul Kagame en a appris à ses dépens : en 2003, Dr Théoneste Niyitegeka a voulu se présenter aux élections présidentielles, il a été arrêté mis en prison et condamné à 30 ans. En 2010, lors d’un déplacement à Ruhango, Paul Kagame a déclaré : « Cette femme doit aller où est sa place » [c’est-à-dire en prison], instruisant ainsi publiquement les juges de stopper cette brave dame par ce qu’il a appelé « un mur de lois ». Par la suite Victoire Ingabire  a écopé de 15 ans de prison et fut libérée sur grâce présidentielle après 8 ans passés derrière les barreaux. En 2017, ce fut le tour de Diane Rwigara : sitôt sa candidature annoncée, elle fut mise en prison. Elle n’a dû son salut qu’à la pression des sénateurs américains.

Le baromètre de Democracy Index publié chaque année par The Economist Intelligence Unit, le Rwanda se situe dans le rouge, à la 128 place, avec 3,35/10 sur 167 pays du monde.

Le développement économique : des chiffres falsifiés

Au cours des assises du Dialogue national qui ont eu lieu à Kigali du 19 au 20 décembre 2019, les ministres du gouvernement rwandais ont rivalisé d’adresse pour étaler les performances de l’économie rwandaise dont la croissance aurait atteint 8% voire 10% dans certains secteurs.

Ces chiffres ne peuvent tromper personne quand on se souvient qu’en août de cette année, le journal Financial Times, relayés par d’autres médias comme France 24, ont montré avec force détails, que le Rwanda n’a cessé de falsifier ses statistiques économiques notamment pour cacher la pauvreté de la population. Cette hantise de présenter le Rwanda comme un eldorado a pris une envolée avec à l’approche du somment Commonwealth qui aura lieu à Kigali en juin 2020. Des quartiers pauvres sont rasés sauvagement pour cacher la misère aux 10.000 délégués attendus.

Il est utile de savoir que l’économie rwandaise est aux mains du FPR. Son holding Crystal Ventures est tentaculaire. Il a le monopole dans presque tous les secteurs de l’activité économique. Quiconque veut se lancer comme indépendant ne peut qu’être sous-traitant de cette méga-entreprise.

Le développement économique du Rwanda, tant vantée à coups de dollars donnés aux sociétés de lobby, n’est qu’un mirage. Cela est affirmé par l’ancien Conseiller économique de Paul Kagame (2006-2010) qui analyse ce phénomène dans un livre fouillé intitulé : « Kagame’s Economic Mirage ».

La santé et l’éducation

Ces deux secteurs sont les parents pauvres du système politique rwandais. L’enseignement est au rabais. Des enfants terminent l’école primaire sans savoir ni lire ni écrire ni compter. Une première dans l’histoire du monde !

Dans la santé, le système de « mutuelles », qui était en principe une bonne initiative, est entaché par le système d’Ubudehe, consistant à classer la population catégories : riches, moyennement riches, pauvres, … Les autorités locales, pour appliquer le vicieux mot d’ordre de cacher la pauvreté de la population, placent la majorité des habitants dans la catégorie intermédiaire et qui doivent du coup payer des sommes exorbitantes pour leur mutuelle de santé. Résultat : beaucoup de personnes n’ont pas de mutuelle faute de moyens de la payer.

Vingt ans d’une discrimination  légale

L’histoire se répète. Avant 1959, les dignitaires tutsi empêchaient les enfants hutu d’aller à l’école, privaient la propriété à leurs parents pour les appauvrir davantage, les exploitaient en les obligeant à travailler gratuitement pour les chefs, les empêchant ainsi à accéder à la richesse, à l’emploi rémunéré, … Les mêmes méthodes sont aujourd’hui utilisées par Paul Kagame et son régime.

Pour ce faire, il a été institué, légalement un statut de « rescapé » qui confère au détenteur de la carte ad hoc tous les avantages socio-économiques et financiers.

Dans le domaine de l’éducation, l’enfant « rescapé » étudie gratuitement au niveau primaire et secondaire. Il a une bourse pour ses études supérieures et universitaires. Il bénéficie des aides du Fonds d’Aide aux Rescapés du Génocide (FARG) pour l’achat du matériel scolaire.  Le « rescapé » a une mutuelle gratuite pour les soins médicaux. Il a une maison mise à sa disposition, etc. Dans les services publics, il est servi prioritairement.

Or quand on sait que « rescapé » = Tutsi, tout devient clair. Au Rwanda où les ethnies sont officiellement bannies, il n’y a que deux catégories de citoyens : les rescapés du génocide contre les Tutsi et les Hutu.

Comme le « rescapé » a tout ce qu’il lui faut, il n’y a que le Hutu qui doit remuer ciel et terre pour trouver l’argent pour payer les frais de scolarité de ses enfants. Pour des études supérieures, c’est la même galère. Pour la mutuelle, il doit trouver l’argent pour sa cotisation. La mutuelle de santé est obligatoire. Pour toute famille incapable de payer cette mutuelle, elle se voit dépouillée de tous ses biens qui sont ensuite vendus aux enchères. Au point de vue économique, des mesures ont été prises par le pouvoir en vue de réduire drastiquement le pouvoir d’achat du Hutu. Cette situation est vécue quotidiennement par une partie de Rwandais, devenus citoyens de seconde zone, mais personne n’en parle sous peine d’être condamné pour « idéologie génocidaire ».

Clare Akamanzi, gourou de la Vision 2050

Lors des Assises du Dialogue national, Clare Akamanzi, patronne de Rwanda Development Board, un super ministère, a fait l’éloge de la Vison 2020 et est longuement revenue sur la Vison 2050.

Pour ce faire, elle a mis en scène une jeune fille qui va naître en 2020 et qui aura 30 ans en 2050. Elle a dit que cette fille sera bien éduquée, qualifiée entre autres en ingénierie informatique. Elle va fonder une entreprise semblable à Facebook et qui va générer un milliard de dollars par an, avec beaucoup d’employés ayant un salaire mensuel de 10.000 dollars chacun, tous polyglottes,… Voilà, par un exemple romancé, ce que sera les jeunes rwandais en 2050.  Un rêve irréalisable !

Clare Akamanzi, future présidente du Rwanda

Clare Akamanzi est bardée de diplômes universitaires et donne l’impression d’être une dame intelligente. Ce qui est sûr, c’est qu’elle est un des membres du cercle fermé autour du président Paul Kagame.

Dans son discours d’ouverture des Assises du dialogue national, Paul Kagame a fait une déclaration qui a surpris son auditoire. Il a dit qu’il se pourrait qu’il soit remplacé par une dame comme future présidente de la République Rwandaise. Comme il fallait s’y attendre, les réseaux sociaux se sont emballés en spéculations : sa femme Jeannette, sa fille Ange Kagame, …

Mais les connaisseurs pensent plutôt à Clare Akamanzi, dont il est certain qu’elle a des relations privilégiées avec Paul Kagame. Son investiture serait faite à la Poutine, c’est-à-dire qu’elle serait là pour un mandat pour ensuite permettre à Paul Kagame de reprendre sa place. Cette option est à prendre au sérieux car lors de son séjour à Doha du 14 au 15 décembre 2019, Kagame, a lâché, évidement sans conviction, qu’il pense se retirer en 2024.

Dans ce scénario que Paul Kagame est en train de monter, aucun doute que Victoire Ingabire, politicienne chevronnée, ne compte pas, car c’est un opposant de taille qui ne s’accommoderait pas de ces manigances.

En conclusion, comme pour la Vision 2020, la Vision 2050 ne peut qu’être un leurre. Elle sera, elle aussi, une couverture à d’autres politiques criminelles que les officines du FPR ont déjà élaborées pour continuer cette « vengeance » qui est loin d’être assouvie à voir ce qui se passe dans l’actualité. Les quartiers qui sont en train d’être rasés sans indemnisation appartiennent à une population qui habitent ces quartiers depuis une trentaine d’années.

Gaspard Musabyimana

http://www.echosdafrique.com


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