Daily Archives: April 9, 2020

BIZIMANA Jean Damascène viole le droit de liberté à la religion.

Figure controversée, Dr Jean Damascène BIZIMANA est le secrétaire exécutif de la Commission Nationale de Lutte Contre le Génocide (CNLG). Il s’est rendu célèbre par ses propos déplacés et discours mensongers dont l’unique but est de salir les Rwandais d’origine hutu, et de les qualifier de génocidaires, tous sans exception aucune. Un travail qu’il exécute à l’aide des frais du contribuable rwandais dont la majorité est constituée de ceux qu’il intente démolir.

Sa toute dernière sortie est plus que surprenante. Il menacent les Chrétiens qui mettent l’image de Jésus comme photo de profil sur les réseaux sociaux dans la période de commémoration du génocide. En effet, comme la commémoration a lieu en même temps que la semaine sainte, période de réflexion sur la mort de Jésus Christ, ceux y croient exercent leur droit. En colère, Monsieur BIZIMANA qualifie ce comportement de crime de déni et minimisation du génocide, les Chrétiens voient ça comme entrave à leurs droits.

La déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, dans son article 18 stipule: “Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites”. 

Et la Constitution rwandaise de 2003 telle que révisée jusqu’aujourd’hui dit dans son article 37, alinéa 1 que ” la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte et de leur manifestation publique est garantie par l’Etat conformément à la loi.

Que la mémoire des victimes du génocide soit légitime et légale, elle ne devrait en aucun cas servir d’instrument de musellement des droits internationaux et, encore moins, constitutionnels.

Chaste Gahunde


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d’auteur et le site web source.
Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author’s name and the source website are cited.

Les Twa, victimes oubliées de la tragédie rwandaise.

Alors que la journée Internationale de réflexion sur le génocide de 1994 au Rwanda est célébrée aujourd’hui, Sandrine Gashonga, qui a dû fuir le Rwanda avec sa famille pour le Luxembourg, revient sur les oubliés d’un pays qui panse toujours ses plaies.

«Pour la première fois ce 7 avril, la plupart des activités commémoratives du génocide rwandais seront annulées en raison de la pandémie du Covid-19. Elles seront remplacées par des célébrations virtuelles à travers le monde, invitant à honorer les 800.000 personnes qui ont été assassinées en moins de trois mois en 1994, et à réfléchir aux souffrances de ceux et celles qui ont survécu.

Ce chapitre parmi les plus sombres de l’humanité fut l’aboutissement de près d’un siècle de divisions, renforcées par la domination belge lors de la colonisation. Le choix stratégique de la Belgique d’imposer les éleveurs Tutsi sur ce territoire pour exercer l‘autorité, sous la tutelle de l‘administration coloniale, a eu pour conséquence le renversement de l’ordre social préexistant. Dans cette alternance du pouvoir, on trouve pourtant une continuité depuis l’arrivée des Hutu entre le XIe et le XIVe siècle, puis des Tutsi au cours du XVe siècle: la persécution de la troisième ethnie du Rwanda, les Twa.

Les Twa (ou Batwa, ou encore Pygmées d’Afrique Centrale), les plus anciens habitants connus de la région des Grands Lacs, sont un peuple de chasseurs-cueilleurs marginalisé, qui ne constitue plus que 0,4% de la population rwandaise. La pression dont ils ont constamment fait l’objet au cours de l’histoire pour quitter leurs terres au profit des deux autres ethnies, les forçant à abandonner leur mode de vie traditionnel et leur culture, a connu son apogée avec les politiques de déforestation et de préservation de l’environnement mises en place par le gouvernement Hutu au pouvoir après l’indépendance. L’accaparement de ses terres par l’État et la privation de sa principale source de subsistance a provoqué sa précarisation croissante, entraînant par la même occasion sa marginalisation et sa stigmatisation par le reste de la population. Au point qu’un préjugé populaire leur attribuait une connivence avec les Tutsi, entraînant sans doute le massacre de 10.000 personnes (un tiers de la population Twa du Rwanda) pendant le génocide des Tutsi.

L’issue du génocide et l’arrivée au pouvoir du Front Patriotique Rwandais (FPR) de Paul Kagame est loin d’avoir amélioré la situation des Twa. En 2004, le Ministère de la Justice rwandais décide de suspendre les activités de la Communauté des Autochtones Rwandais (CAURWA), une association de défense des droits des Batwa. Les raisons invoquées sont l’antagonisme entre la mission de l’ONG et la politique d‘unité nationale et de réconciliation inscrite dans la constitution en l’an 2000, sensée forger une identité unifiée du peuple rwandais en gommant l’appartenance ethnique. Plus tard, prise à la gorge par un chantage à la subvention, la CAURWA fut contrainte de changer sa dénomination en COPORWA (Communauté des Potiers du Rwanda).

Pourtant, le fait d’effacer le nom des Twa des textes officiels ne fera pas disparaître les nombreuses discriminations dont ils sont victimes. Afin de s’acquitter de son obligation de protéger les minorités et les peuples autochtones en vertu du droit international, le Rwanda doit permettre l’établissement de données statistiques à propos des communautés batwa. Le regroupement de données est essentiel à ce que les programmes de développement répondent de manière suffisante et appropriée aux besoins spécifiques de cette population.»

 

Kloertext


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d’auteur et le site web source.
Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author’s name and the source website are cited.

Rwanda : tâtonnements dans la gestion du COVID-19.

A voir de près la façon dont le Rwanda gère la crise du COVID-19, l’on sent l’absence d’un plan d’action, comme celle de Paul Kagame. C’est ça qui conduit aux tâtonnements ici et là, la prise de décisions en violation de la loi, les actions contradictoires aux objectifs, etc. Bref, les décideurs rwandais affichent une attitude de croire que la bonne chance résoudra le problème!

Tout a commencé le jour où la Banque Mondiale a annoncé la mise en place d’un fonds destiné aux pays en voie de développement frappés par COVID-19, pour “soutenir les économies et protéger les emplois”. Quand on parle du pognon, le dictateur de Kigali n’a pas de temps à perdre. Il a mis tout en marche pour la demande d’aide, si impossible, d’un crédit. Ce qui est marrant, il ne sait pas de combien il aura besoin. Pas d’estimations. Car, pas d’état des lieux, pas d’avis du conseil des ministres, pas de concertation des professionnels de la santé, l’homme tâtonne. Et il ne sait pas non plus à quel hauteur son gouvernement saura financer. En plus, il ne veut pas toucher son porte-monnaie aussi longtemps que les “blancs” sont prêts à débloquer des sous. Qui vivra paiera!

Uzziel

MinistreUzziel NDAGIJIMANA

Le FMI accorde 109.4 millions de dollars en crédit, la Banque Mondiale 14 millions de dollars en crédit aussi, USAID apporte 1 million de dollars en aide et l‘Union Européenne 52 millions d’euros en aide. Sauf qu’il n’existe pas de comité de gestion de ces fonds. Le ministre des finances, Mr NDAGIJIMNA Uzziel “embêté” avec cette question, répond, sans honte, qu’il n’ y pas de projet précis,  que ces fonds rentrent dans le budget ordinaire du gouvernement. En d’autres termes, vous ne pourrez jamais en suivre les traces!

Les hauts fonctionnaires privés de leur salaire.

Dans un communiqué, pas comme les autres, il est dit que l’Etat rwandais a décidé que les hauts fonctionnaires allaient ne pas toucher leurs salaires du mois d’avril pour venir en aide aux plus démunis de la société rwandaise ainsi que les plus touchées par le confinement. Le communiqué n’est pas clair quant aux concernés surtout quand il parle des hauts dirigeants des organes du pays (Abayobozi bakuru mu nzego z’igihugu/ senior officials)! Qui sont-ils ? C’est quoi l’objectif? Quel est le montant visé? Et pourquoi tout le monde donne la totalité de son salaire alors qu’ils ne touchent pas tous le même montant? D’ailleurs, quand est-ce qu’a eu lieu le Conseil des Ministres pour approuver ce geste?

Imaginez que, selon ce communiqué, le président du sénat va abandonner son salaire de 4.3 millions de francs rwandais et le secrétaire exécutif du Conseil nationale de la jeunesse 1.3 million de francs rwandais. Comme s’ils avaient le même niveau de vie! Et qui va collecter ces fonds? Qui va les gérer? A quoi vont servir ces fonds? Acheter les masques? De la nourriture? Payer les loyers et les factures d’énergie? Et surtout, comment allons-nous savoir qu’il ne s’agit pas d’une autre de ces farces dont l’objectif est d’inciter les commerçants et autres agents du secteur privé à donner leur argent alors que la destination n’est pas sûre? Ce ne serait pas la première fois. En effet, ce n’est pas tout le temps que celui qui promet de donner une grosse somme le fait réellement.

Fonds de développement Agaciro (AGDF), un précédent

Le Fonds de développement Agaciro (AGDF) est le fonds souverain du Rwanda qui a été lancé en 2011 et lancé officiellement par Paul Kagame le 23 août 2012. AGDF a été créé pour constituer une épargne publique afin de devenir autonome, maintenir la stabilité en période de chocs économiques nationaux et accélérer les objectifs de développement socio-économique du Rwanda. Tous les Rwandais sont obligés de donner leur contribution à ce fonds.

Au lendemain des mesures de confinement, les Rwandais ont commencé à demander que les fonds placés dans AGDF soient débloqués et utilisés car l’un des objectifs est de “maintenir la stabilité en période de chocs économiques nationaux“.  En réponse, le ministre des finances informe le public que leur argent a été investi, sans dire ni où, quand, ou comment. Il ajoute que les Rwandais ne sont plus tenus à verser leurs contributions. Rien n’est plus sûr que les fonds collectés au nom de COVID-19 seront mal gérés et que le peuple n’en gagnera rien. Qui veut parier?

Les tâtonnements se multiplient. Et à chaque demande de transparence, le gouvernement perd les pédales davantage, persévérant dans l’erreur. Rappelons que jusqu’aujourd’hui, l’état de santé de Kagame reste top secret, tout comme sa position géographique.

Chaste Gahunde


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d’auteur et le site web source.
Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author’s name and the source website are cited.