Daily Archives: May 26, 2020

GÉNOCIDE DES TUTSI : HOLD UP DÉCISIONNEL À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU!

L’ONU a décidé de faire du 07 avril une « Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 », sans qu’aucun consensus ne se dégage entre les pays membres de cette organisation, comme cela est d’habitude.
Un de nos analystes politiques nous donne ses observations .

Le 26 janvier 2018, dans sa Soixante-douzième session,  l’Assemblée générale des Nations Unies a décide « de proclamer le 7 avril Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 » et a rappelé, à la même occasion, «  que, durant le génocide des Tutsis en 1994, des Hutus et d’autres personnes s’étant opposées au génocide ont également été tués ».

Cela signifie que cette date va désormais être mentionnée sur le calendrier des commémorations Nations Unies. Les observations ci-dessous montrent les manquements de cette décision, ce qui fait qu’elle n’a pas toute sa force erga omes qu’elle est censée avoir.

Sur la forme

Le Président de l’Assemblée générale, Mr Miroslav Lajcak, un peu peut-être embarrassé, a décidé d’adjoindre à cette décision le lancement d’un appel au respect de la Trêve olympique sur lequel il a eu un long exposé. Il n’a pas fait aucun exposé de motif sur cette décision comme il venait de le faire au sujet de la Trêve olympique.

Le consensus se définit comme la pratique  destinée à parvenir à l’élaboration d’un texte par voie de négociation et à son adoption sans vote. Or, la décision a été concoctée en toute discrétion par les diplomates rwandais, israéliens et équato-guinéens (ces derniers représentaient le groupe Afrique). Les autres ont été mis devant un fait accompli. C’est ce qu’on peut constater en lisant la réaction du représentant de l’UE: “une réunion aussi importante aurait requis davantage de temps et qu’il aurait été adéquat de débuter les discussions bien avant le 20 novembre 2017”.

Il est clair que pour parvenir à cette décision, il n’y pas eu assez de réunions (ni officielles, ni officieuses) entre tous les groupes géographiques.  On dirait un hold up décisionnel à l’Assemblée générale de l’ONU! Piège à l’Assemblée générale qui est considérée comme l’organe dont les décisions devraient être transparentes et équitables. Où est la défense des intérêts de tous les peuples?

Malheureusement, il n’existe pas de voie de recours en annulation pour les décisions de l’Assemblé générale. Mais l’annulation de ses propres décisions est possible (il y a eu des cas). C’est question de rapport de force en présence.

Sur le fonds

Sur le fonds, cette décision n’est pas le reflet des vues de la communauté internationale pour des raisons ci-dessous.

Des réserves qui équivaudraient à des opinions dissidentes

La représentante des États-Unis a insisté sur l’importance qu’il y a à commémorer la mémoire des plus de 800 000 personnes qui ont perdu la vie pendant des violences innommables au Rwanda en 1994.

En se ralliant au consensus sur ce texte, les États-Unis, a confié la représentante, voient l’occasion de nous rappeler notre humanité commune pour pouvoir prévenir ce type d’atrocités de masse et défendre les droits et la dignité de chaque être humain.  Toutefois, la représentante a estimé que la seule modification du titre et de certains termes du dispositif de la résolution de 2003 ne permettait pas de couvrir toute l’ampleur des atrocités.

Elle n’a pas caché ses réserves quant à l’idée de revenir sur des textes précédents, sans pour autant s’opposer au texte adopté aujourd’hui.

Le représentant de l’Union européenne a jugé essentiel de se souvenir et de réfléchir, au niveau international, à des tragédies comme le génocide qui a frappé le Rwanda.  L’Union européenne se félicite donc de la décision adoptée ce jour mais elle regrette profondément que le consensus n’ait pas été possible sur le fait que la Journée devrait aussi inviter à réfléchir sur le sort des autres victimes, les non-Tutsis qui s’étaient opposés au génocide.

Même si la représentante d’Israël s’est associée au consensus, c’est en Israël même que sont venues des critiques sur cette décision. Avraham Avi Gabbay, Président du Parti travailliste israélien, a condamné Netanyahu pour cette résolution sur le génocide rwandais.

Pour Avraham Avi Gabbay, Israël a soutenu une résolution de l’ONU proposée par le Rwanda pour instaurer une journée de commémoration du génocide du pays comme étant spécifiquement dirigée contre le groupe ethnique des Tutsis, soutenant un geste largement considéré comme minimisant la mort de milliers de Hutus pendant le génocide de 1994.

Contradictions et hypocrisie du gouvernement rwandais dirigé par le FPR

Remplacer les mots “génocide au Rwanda” par ceux de “génocide des Tutsi” renforcer l’idée de l’existence des ethnies au Rwanda. On ne peut pas dire que les ethnies n’existent plus,  alors qu’on  s’investit pour les pérenniser à travers des décisions pareilles.

Les soutiens et leurs intérêts : Israël et Guinée Equatoriale

  • Israël

Statut d’observateur à l’Union africaine

Dans ses visées expansionnistes, Netanyahu a multiplié des rencontres avec certains dirigeants et hommes influents sur le continent africain pour trouver des soutiens à sa demande d’obtenir le statut d’observateur à l’UA. Le président Paul Kagame, président de l’UA en 2018, est le mieux placé pour Netanyahu. Raison pour laquelle Israël a ouvert son ambassade à Kigali pour pouvoir travailler étroitement avec Kagame sur ce sujet.

Trafic de migrants

Kagame et Netanyahu ont conclu des accords pour que des migrants africains, essentiellement venant de l’Erythrée, de l’Ethiopie et du Sud Soudan,  qui ne sont pas les bienvenus en Israël, soient renvoyés au Rwanda moyennant le paiement du prix de 5000 dollars par migrant déporté. Même des survivants de la Shoah, des rabbins, des médecins et des pilotes d’avions et d’autres acteurs de la société civile israélienne se sont mobilisés pour tenter de contrecarrer ces projets. Personne n’est dupe, les accords sont là.

L’attentat du 06 avril 1994 contre l’avion du président Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais Cyprien Ntaryamira

Ce qui n’est pas dit dans tout cela, c’est que Paul Kagame espère rendre ces services à Netanyahu et en retour, il attend de celui-ci d’user de son influence pour persuader les autorités françaises de permettre le non-lieu sur cette affaire toujours en cours en France.

  • Guinée équatoriale: l’ennemi de mon ennemi est mon ami” !

Deux évènements se sont passés en 2017 montant les autorités équato-guinéennes contre la France.

En octobre 2017, Teodorin Obiang Ngwema a été condamné à 3 ans de prison avec suris en France pour “s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France” dans un procès appelé “biens mal acquis”. En sa qualité de Vice-président et fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, cette condamnation a été perçue comme une atteinte à la souveraineté de la Guinée Equatoriale.

En outre, un putsch a été déjoué en Guinée équatoriale dans la nuit du 27 au 28 décembre 2017. Du coup, le chef de l’Etat Obiang Nguema a accusé la France et le Tchad.

Même s’il n’y a pas de tensions officielles entre la France et Guinée Equatoriale, cette situation montre que Kagame a des facilités pour convaincre son homologue équato-guinéen que la France ne respecte pas leurs souverainetés. Ils doivent se rallier et se soutenir pour défendre car leur ennemi devenu commun.

En observant toutes ces manœuvres de Paul Kagame, l’on se demande pourquoi il crie victoire et se targue d’avoir développé le pays alors que la société rwandaise se polarise et que la fracture sociale se creuse davantage. Il n’a jamais eu, dans toutes ses interventions et tous ses actes, ni un ton conciliant, ni un discours apaisant, ni un projet de réconciliation nationale. Il ne fait que raviver, dans la population, toute cause de discorde, de tension, voire de haine.

La question que tout observateur se pose est le pourquoi un gouvernement s’investit autant pour un projet qui divise profondément le peuple qu’il est censé réconcilier? La dictature néolibérale imposée au peuple rwandais ira jusqu’où?

Jean-Charles Murego

18-02-2018

https://www.musabyimana.net

UK joins US to disagree with the framing of the genocide purely as the “1994 genocide against the Tutsi”.

20 April 2020

H.E. Mr Tijjani Muhammad-Bande

President of the United Nations General Assembly

Your Excellency,

I have the honour to submit the UK’s Explanation of Position on the draft resolution entitled “International Day of Reflection on the 1994 Genocide against the Tutsi in Rwanda” (A/74/L.40).

Yours sincerely,

Jonathan Allen

Explanation of Position by the United Kingdom on draft resolution entitled “International

Day of Reflection on the 1994 Genocide against the Tutsi in Rwanda” (A/74/L.40.) The UK thanks the President of the General Assembly for the circulation of the draft General Assembly resolution on the Rwandan genocide.

We strongly support the remembrance of victims of the 1994 Rwandan genocide and believe it is important to ensure that these commemorations recognise all victims. Whilst
we did not break silence on the text, we would like to use this opportunity to express some reservations on the text. These reservations relate to the substance – we disagree with the framing of the genocide purely as the “1994 genocide against the Tutsi”.

As noted in previous resolutions, we believe that Hutus and others who were killed should also be recognised. Our concerns also relate to the process – we note that there were some shortcomings in regards to transparency in the negotiation and adoption processes.
The UK remembers the tragic events in April 1994 and is firmly committed to ensuring that such atrocities never happen again.

UK-EOP-on-Rwandan-genocide-resolution-20-April

 

The US urges UN General Assembly to honour Hutu killed in Rwandan genocide.

Ambassador Kelly Craft
Permanent Representative
U.S. Mission to the United Nations
New York, New York
April 23, 2020

Explanation of Position on the UN General Assembly Resolution on the Rwandan Genocide

Since the 1994 Genocide in Rwanda and the establishment in 2003 of the “International Day of Reflection on the Genocide in Rwanda,” April 7 has become a solemn day to commemorate the more than 800,000 men, women, and children whose lives were lost during 100 days of unspeakable violence.  The United States joins consensus with the entire UN General Assembly to support the continuation of this “International Day of Reflection on the 1994 Genocide against the Tutsi in Rwanda” so that each year, we may continue to honor the victims and the survivors who carry the memories of these atrocities.

This annual day of reflection is a reminder of our common humanity and recommits us to protect the vulnerable, prevent mass atrocities, and respect the inherent dignity of every human being.

The United States remains committed to supporting the people of Rwanda in their efforts to preserve the evidence of the 1994 genocide.  Indeed, one of the strongest measures we can take to prevent mass atrocities from occurring again is to preserve the history of what has taken place and to properly capture the scope of the acts committed.

As such, the United States is concerned that changes made to the text – starting in 2018 and extended today – narrow the focus of the resolution to the Genocide against the Tutsi in Rwanda, and fail to fully capture the magnitude of the violence that was committed against other groups.  Many Hutu and others were also killed during the genocide, including those murdered for their opposition to the atrocities that were being committed.  Failing to honor and remember these victims presents an incomplete picture of this dark part of history.

Revising the language used to describe past genocides sets a dangerous precedent and risks leading to revisiting other days of reflection.  We support the resolution’s overall aim to reflect on the genocide in Rwanda, but also must underscore that our understanding of the circumstances of the genocide in Rwanda has not changed. 

We urge our fellow member states to insist that histories of past genocides and other mass atrocities do not fade over time.  We owe it to each and every victim of these crimes to faithfully carry forward their memories as part of our vow of “never again.” 

We are also concerned about the removal of the reference to the International Residual Mechanism for Criminal Tribunals, which continues its important work to hold those responsible for genocide accountable.  The United States urges all states to cooperate with the IRMCT, including its search for eight Rwandans still wanted for their roles in the genocide.

The United States firmly believes that respect for all human rights, including freedom of expression, is critical in the prevention of genocide and other mass atrocities.  We reiterate that any efforts to counter incitement and hate speech should respect freedom of expression.

We must also express our disappointment in the negotiation process that led to this resolution.  The result is a weaker text that strips out references that would have benefited the Government of Rwanda in its efforts to seek accountability, while forcing Rwanda’s allies, including the United States, to accept language we find concerning.  While we are not calling for a vote lest others get the wrong impression about our unwavering support for justice for victims of the genocide, we are concerned that the negotiation process potentially weakened the text, limited the impact, and added unexpected costs. 

As we reflect on the Rwandan genocide this year and always, the United States joins with the people of Rwanda and the international community in solemn reflection to commemorate all of the victims killed in the genocide in Rwanda, and to recommit to doing everything in our power to prevent such atrocities from happening again.

https://usun.usmission.gov/