Daily Archives: June 21, 2021

Le travail de justice est loin d’être terminé au Rwanda

Par Lewis Mudge, Directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.

La visite du président français Emmanuel Macron au Rwanda a mis en lumière l’importance de faire face aux responsabilités dans les crimes du passé, quel que soit le temps que cela prend. Ceux qui portent une responsabilité d’atrocités, qu’il s’agisse de génocide ou de crimes de guerre, devraient en prendre note.

La visite est intervenue après des années de relations tendues entre les deux pays. En demandant pardon, Macron entend ouvrir une nouvelle page entre la France et le Rwanda. La semaine dernière, Kigali a approuvé le choix de la France pour son prochain ambassadeur au Rwanda – le premier à occuper ce poste depuis 2015.

Les origines de ces tensions remontent au génocide au Rwanda, en 1994. Orchestré par les extrémistes politiques et militaires de l’ethnie hutue et perpétré essentiellement contre l’ethnie tutsie, le génocide a fait au moins un demi-million de morts et a été exceptionnel par sa brutalité, son organisation méticuleuse et la vitesse à laquelle les massacres ont été perpétrés. La France avait appuyé l’ancien gouvernement extrémiste du Rwanda, et avait soutenu et entraîné son armée et certaines des forces qui ont commis le génocide.

La France a aussi été critiquée, y compris par l’actuel gouvernement rwandais, pour son manque d’empressement à traduire en justice les génocidaires en fuite vivant en France. Emmanuel Macron, faisant allusion à cette question, a déclaré à Kigali : « reconnaitre ce passé, c’est surtout aussi poursuivre l’œuvre de justice ».

Le président rwandais Paul Kagame a salué son discours, affirmant que : « La vérité guérit. » Ils ont tous les deux raison. Mais une approche sélective de la vérité risque fort, un jour ou l’autre, de les rattraper.

Au Rwanda, tout le monde n’est pas autorisé à parler des exactions subies par soi-même ou ses proches au cours de l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire du pays. Le 31 mai, Aimable Karasira, un universitaire, rescapé du génocide et critique du gouvernement, a été arrêté, accusé de nier et de justifier le génocide, d’être un instigateur de divisions, et de fraude. Depuis plusieurs mois, il est harcelé et régulièrement convoqué par le Bureau d’investigation rwandais pour avoir publié sur YouTube des vidéos critiques sur l’histoire de sa famille et le génocide.

Issu de l’ethnie tutsie, Aimable Karasira affirme que des soldats du Front patriotique rwandais (FPR) ont tué plusieurs membres de sa famille à la suite du génocide. Parler des crimes commis par le FPR, qui gouverne le pays depuis 1994, représente une ligne rouge que la plupart des Rwandais n’osent pas franchir. Les crimes commis par le FPR au Rwanda n’égalent certes pas le génocide en termes de portée et d’échelle, mais ils restent des crimes de guerre atroces dont personne n’a eu à répondre.

En mars, une commission établie par Emmanuel Macron pour enquêter sur le rôle de la France dans les massacres de 1994 a publié un rapport de 1 200 pages qui a conclu que la France a des responsabilités qualifiées de « lourdes et accablantes », notamment son aveuglement quant à la préparation du génocide et sa lenteur à rompre avec le gouvernement qui l’a orchestré. En avril, un rapport mandaté par le gouvernement rwandais a conclu que le gouvernement français « porte une lourde responsabilité pour avoir rendu possible un génocide prévisible ».

Tandis que les autorités rwandaises saluent les efforts de la France pour faire face à son rôle dans les atrocités, elles continuent d’ignorer les crimes internationaux commis par des soldats rwandais dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors qu’il se trouvait à Paris pour un sommet sur le financement post-pandémie pour le continent africain, le président rwandais Paul Kagame a, dans des interviews, écarté les questions sur les crimes terribles commis en RD Congo au lendemain du génocide. Une fois de plus, il a rejeté l’enquête de l’ONU sur ces crimes, le « Rapport Mapping » publié en 2010, et l’a qualifié de « controversé », « politisé » et « très contesté ».

Le Rapport Mapping fournit un compte-rendu détaillé de l’enquête menée par le Bureau du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme au Congo, documentant les crimes graves commis entre mars 1993 et juin 2003. Il conclut que la majorité de ces crimes peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, notamment des massacres, des violences sexuelles et des attaques contre des enfants, ainsi que d’autres exactions.

Les enquêteurs de l’ONU ont décrit le rôle de l’ensemble des principales parties congolaises et étrangères responsables, y compris les soldats rwandais et les rebelles congolais qu’ils soutenaient, qui sont accusés de certains des crimes les plus graves documentés dans ce rapport. L’absence de justice pour ces crimes est choquante, et les remarques de Paul Kagame indiquent clairement que le gouvernement rwandais n’a aucune intention de demander des comptes aux auteurs rwandais pour les crimes et exactions commis.

L’impunité pour les crimes perpétrés par des acteurs étatiques rwandais se poursuit. Lors de la même interview à Paris, Paul Kagame a rejeté d’un revers de main les préoccupations sur l’extradition illégale médiatisée de Paul Rusesabagina en août dernier et le décès particulièrement suspect en garde à vue du chanteur très populaire et engagé pour la paix, Kizito Mihigo, en février 2020. Paul Kagame est apparemment peu concerné par la reconnaissance par son propre ministre de la Justice, lors d’un appel vidéo enregistré, du rôle du gouvernement dans la disparition forcée, le transfert illégal et les violations des droits à un procès équitable de Paul Rusesabagina. Son procès pour terrorisme s’est ouvert le 17 février.

Plus d’un an après le décès de Kizito Mihigo, Paul Kagame a fait une vague allusion à une enquête fantoche, une tactique d’écran de fumée courante au Rwanda. « Tout est réglé par le biais de l’enquête et du tribunal », a-t-il dit. Ceci est clairement faux. Une enquête véritablement indépendante est nécessaire. Étant donné le nombre de meurtres d’opposants politiques à l’intérieur et hors du Rwanda, il n’est pas surprenant qu’une telle enquête n’ait pas encore été menée.

La France est en train de faire face à ses responsabilités pour les atrocités passées, mais elle devrait aller plus loin et s’assurer que les auteurs du génocide soient traduits en justice. Les dirigeants du Rwanda devraient reconnaître leur propre rôle dans les crimes passés et actuels. Entre-temps, Emmanuel Macron devrait veiller à ne pas  adhérer à des discours réécrivant le passé et à des présentations tronquées du présent, et s’engager à défendre les droits humains dans son pays comme à l’étranger.

Human rights Watch

Itangazo mbwirwaruhame ry’umuryango wa Yuvenali Habyarimana

Twebwe abana b’umuryango wa Habyarimana tubabajwe n’amakuru amaze iminsi acicikana mu binyamakuru ko umubyeyi wacu yateguye kandi akanashyira mu bikorwa amahano yabereye mu Rwanda muri 1994 y’ubwicanyi bwiswe itsembabwoko.

Tubabazwa cyane n’uburyo abanyarwanda (ndetse n’abanyamahanga) bamwe bakomeje umuco wo gushyigikira ibinyoma bakanga kuvuga ukuri kugirango bateshe umutwe abatavuga rumwe nabo.

Ibinyoma ku mubyeyi wacu byatangiye kera ku buryo byageze n’aho bavuga ko ari we wishe data muri cya gikorwa terabwoba cyamuhitanye ku ya 6 Mata muri 1994. None bigeze n’aho bamugerekaho ko yateguye itsembatsemba.

Ababivuga biyibagiza nkana ko inkiko zakoze kuri iki kibazo cya jenoside mu Rwanda zitashoboye kugira uwo ziyihamya kuyitegura mu bo zemeye gucira imanza. Mu muryango wacu twabaha nk’urugero kuri musaza wa mama, Protazi Zigiranyirazo, nawe wari wararezwe kuba yarateguye akanakora iyo jenoside ko urubanza rwe rwarangiye, «Urukiko Mpanabyaha Mpuzamahanga Rwashyiriweho u Rwanda» (TPIR) rwa Arusha, rumugize umwere mu byaha byose yaregwaga. Turagira ngo twibutse, by’umwihariko, ko ku bijyanye n’ikirego cy’Akazu bakunze gutsindagira kuri mama, urwo rukiko rwasanze ibimenyetso ubushinjacyaha bwaruzaniye, bishingiye ku mazimwe adafite ifatizo.

Tuributsa kandi ko mu madosiye yose yizwe n’urwo rukiko, nta na hamwe izina rya maman rivugwa ko haba hari uruhare yagize mu bwicanyi bwabaye mu Rwanda.

Umubyeyi wacu turamuzi neza. Kuva yashakana na papa, nta kazi ka Leta yigeze akora; nta mwanya w’ubuyobozi yigeze agira mu rwego rw’ubucungagihugu cyangwa urw’amashyaka. Yewe, nta n’ibiro yigeze agira nk’uko tubibona mu bihugu bimwe na bimwe, ku mufasha w’umukuru w’igihugu.  Ntabwo yigeze akoresha inama cyangwa ngo ayitabire, yaba iya gisilikare cyangwa iyabanyapolitiki, haba mbere cyanga nyuma y’aho papa wacu yitabiye Imana. Ku batabizi, cyangwa abatangiye kubyibagirwa, twibutse ko mama yahise ahungishwa papa akimara kwicwa, ku tariki ya 8 Mata, kubera imirwano yari yubuye muri Kigali, yibasiye cyane cyane agace ka Kanombe aho twari dutuye. Abafaransa babimufashijemo bakamugeza i Bangui mu gihugu cya République Centrafricaine, barabizi neza. Kandi n’umuntu ushyira mu gaciro wese yakumva ko, urebye ukuntu itumanaho ryo muri ibyo bihe ryari rimeze, nta kuntu washobora gutanga amabwiriza ku basirikari cyangwa ku bakuru b’amashyaka, umunsi ku wundi. Ese ubundi, usibye gushinyagura, umugore ukimara gutakaza umugabo, agahungishwa atanashoboye kumushyingura, icyamushishikaza ni iki kindi usibye gushaka uko yakwiyubaka mu gahinda n’ishavu biri kumushengura?

Icyaha kigaragarizwa mu bucamanza: Twemera ko ubucamanza butagira aho bubogamira mu gushaka ukuri aribwo bwonyine bufite ubushobozi bwo gutanga ubutabera. Nta n’umuntu n’umwe wundi ubifitiye uburenganzira, kabone n’ubwo yaba akomeye ate muri politiki.

Umubyeyi wacu ntabwo yihishe. Nta rukiko rwigeze rumushaka ngo rumubure. Ntiyigeze ahwema gutangariza amahanga yose ko yiteguye kwitaba urukiko rwose rwo mu gihugu abarizwamo cy’Ubufaransa igihe cyose ruzumva rumukeneye. Tuboneyeho no gusaba abirirwa bamwandagaza ko bamuha amahoro bakareka inzego z’ubutabera, niba barazitabaje, zigakora akazi kazo.

 Amategeko agenga ikiremwa muntu bita mu gifransa «Déclaration Universelle des Droits de l’Homme», yashyizweho n’umuryango w’abibumbye, ntabwo yemera ko umuntu afatwa nk‘igicuruzwa, agatotezwa ndetse akaba ashobora kuguranwa inyungu z’agatsiko aka n’aka, amafaranga cyangwa ibintu ibyo ari byo byose.  https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/. Igituma tugombye kubyibutsa ni uko duhereye ku byo tubona mu nzego z’ikwirakwiza amakuru, Perezida w’Ubufransa asa n’ushaka kugira umubyeyi wacu kimwe mu biguzi Perezida w’u Rwanda yamuciye kugira ngo ibyo bihugu byombi bishobore gutsura umubano umaze igihe uri mu mahindure.

Icyo twifuza :

  • Dufitiye icyizere inzego z’ubutabera z’Ubufaransa. Nizo zishobora gukemura ikibazo cy’ibirego byose bamuhimbira. Turahamya ko zitazabura gusanga ko ari umwere koko.
  • Dusabye abantu bose bazi ukuri ku bahanuye indege ko badufasha kugushyira hanze, maze uwakomye imbarutso akagaragara kandi agashyikirizwa ubucamanza.
  • Twifuza ko abanyarwanda twashyira imbere gushaka ukuri n’ubutabera ku byabaye mu Rwanda tutabangamirana. Ni byo nzira y’ubwiyunge nyabwo.
  • Ikwirakwiza ry’ibihuha no gusebanya bihagarare maze umubyeyi wacu agire amahoro. Aha ageze mu zabukuru, abone igihe cyo kwiyitaho we n’umuryango we. Buri wese afite uburenganzira bwo kuba aho ashaka mu mahoro n’umutekano.
  • Abanyarwanda bicare bashyire hamwe bashake ubumwe n’ubwiyunge aho guhora bashyamirana bakanahimbirana ibyaha bitigeze bikorwa.
  • Ifatwa, irigiswa n’ iyicarubozo ku banyarwanda bya buri munsi rigomba guhagarara hagashyirwa imbere ingamba zihuza Abanyarwanda aho kubatanya.

Dushimiye abadufasha bose muri uru rubanza rwo gushaka ukuri.  Imana ibahe umugisha

Bikorewe i Paris kuri 20/06/2021.

Umuryango wa Habyarimana.