Burundi: la volte-face d’Agathon Rwasa change la donne politique

Au lendemain de l’élection surprise d’Agathon Rwasa au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, les cartes politiques sont rebattues dans l’opposition burundaise. Celui qui comptait parmi les principaux adversaires au troisième mandat de Pierre Nkurunziza a été élu grâce aux voix du parti au pouvoir, au lendemain d’une élection présidentielle dont il affirmait ne pas reconnaître le résultat.

Que va recevoir Agathon Rwasa en échange ? Quel sera le prix de son ralliement ? Personne ne peut le dire pour le moment, mais les choses semblent avoir radicalement changé pour l’opposition burundaise, constituée en coalition contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza depuis la fin avril.

En ramenant Agathon Rwasa dans ses filets, le pouvoir de Pierrre Nkurunziza vient de réussir un coup de maître. Jeudi, celui qui était encore considéré comme le principal opposant burundais a été élu au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationaleavec les voix du CNDD-FDD, le parti présidentiel. Pour le reste de l’opposition burundaise, c’est le signe qu’Agathon Rwasa a conclu un pacte avec son ennemi d’hier.

Charles Nditije isolé

Charles Nditije, qui dirige l’aile majoritaire du parti tutsi de l’Union pour le progrès national (Uprona, parti non reconnu par le pouvoir) et était le principal allié d’Agathon Rwasa au sein de la coalition des Indépendants de l’espoir, se retrouve aujourd’hui tout seul. « On n’attend rien de cette alliance qui va plutôt radicaliser la société burundaise et réveiller les démons de la division ethnique alors que nous commencions quand même à tourner la page », a-t-il déclaré au micro de RFI, jeudi, après l’annonce de ce rapprochement des deux principales forces politiques burundaises, issues toutes les deux de la rébellion hutu de ce pays (CNDD-FDD de Pierre Nkurunziza et FNL d’Agathon Rwasa).

Hasard du calendrier, le reste de l’opposition – composée d’un rassemblement hétéroclite de leaders en exil, d’autres restés au Burundi, ainsi que les auteurs du putsch manqué de mai dernier – se retrouve depuis jeudi 30 juillet à Addis-Abeba, en Ethiopie. Leur objectif est de créer une union sacrée en vue de chasser Pierre Nkurunziza du pouvoir. Mais l’on peut s’interroger sur la marge de manœuvre dont disposera cette opposition.

Le satisfecit de Pierre Nkurunziza

A Bujumbura, Agathon Rwasa reconnaît en effet désormais que Pierre Nkurunziza a « réussi son forcing », même si la communauté internationale considère qu’il a été réélu pour la troisième fois au terme d’un scrutin sans aucune crédibilité.

Dans un discours livré après la validation de sa victoire par la Cour constitutionnelle, jeudi soir, Pierre Nkurunziza a lui-même assuré que la présidentielle s’était « très bien déroulée » et a promis d’être « le président de tous les Burundais » pendant son troisième mandat. Il n’a pas dit un mot sur la crise qu’a traversée le pays depuis qu’il s’est déclaré candidat à un troisième mandat, en avril dernier.

RFI

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