Décédée le 3 octobre 2026 à Reims, Dafroza Mukarumongi-Gauthier laisse derrière elle un engagement de plusieurs décennies dans la poursuite des personnes accusées d’avoir participé au génocide des Tutsi au Rwanda. Une question fondamentale mérite d’être posée : son combat était-il celui d’une justice véritablement universelle, indépendante et impartiale, ou celui d’une justice sélective, influencée par les fractures politiques et ethniques du Rwanda ?
I. Une vie consacrée aux poursuites judiciaires contre les Rwandais installés en France
Née le 4 août 1954 à Butare, Dafroza Mukarumongi-Gauthier est décédée le 3 octobre 2026 à Reims, à l’âge de 72 ans. Avec son époux, Alain Gauthier, elle avait fondé en novembre 2001 le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une association ayant pour objectif de poursuivre devant les juridictions françaises les personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide des Tutsi de 1994.
Pendant plus de deux décennies, le couple Gauthier a multiplié les déplacements au Rwanda, recueilli des témoignages, constitué des dossiers et soutenu des procédures judiciaires en France. Le CPCR a contribué à plusieurs procès ayant abouti à des condamnations pour génocide et crimes contre l’humanité. Cet engagement a valu aux époux Gauthier une reconnaissance importante dans certains milieux associatifs, judiciaires et médiatiques.
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