Rwanda : 124 millions de francs pour influencer l’opinion — l’étrange armée numérique du pouvoir

Une enquête intitulée The influence operation we aren’t supposed to know about, réalisée par Michela Wrong et James O’Kong’o, apporte des éléments troublants sur l’existence d’un dispositif organisé d’influence sur les réseaux sociaux au Rwanda. Selon les auteurs, une erreur administrative aurait rendu accessible un tableur Google détaillant les noms, numéros de téléphone, comptes X, équipements et budgets concernant neuf opérateurs numériques financés par l’État.

Le document, créé en janvier 2024, intervient dans un contexte de pressions internationales croissantes sur Kigali concernant son soutien présumé au M23 dans l’est de la RDC. Les journalistes disent avoir analysé environ 60 000 publications sur X, en anglais, français, kinyarwanda et kiswahili.

Selon leur analyse, plusieurs méthodes se dégagent : contester les accusations visant Kigali, mettre en cause la crédibilité de ses détracteurs, amplifier les documents officiels et introduire des contre-récits favorables aux positions gouvernementales.

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Le protocole qui dérange Kigali : comment l’accord RDC–FDLR bouscule le narratif rwandais sur les réfugiés hutu

La réaction virulente de Kigali révèle les enjeux d’un protocole qui replace, pour la première fois, la question des réfugiés hutu et les dimensions politiques du dossier des FDLR au cœur du processus de paix dans les Grands Lacs.

La publication d’un protocole de désarmement, démobilisation et cantonnement conclu entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), suivie de la lettre d’adhésion signée par le président par intérim des FDLR, Victor Byiringiro, a suscité une réaction particulièrement vive des autorités rwandaises. Sur le réseau X, le ministre des Affaires étrangères, Olivier J.P. Nduhungirehe, a rejeté ce qu’il qualifie de « prétendu protocole », estimant qu’il est contraire aux Accords de Washington. Selon lui, les FDLR ne sont pas une partie aux accords mais uniquement leur objet, et la RDC chercherait ainsi à se soustraire à son obligation de neutraliser militairement ce mouvement.

La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a adopté la même ligne. Elle a affirmé que ce protocole était incompatible avec les engagements de Washington et qu’il traduisait, selon Kigali, la poursuite d’une collaboration entre Kinshasa et les FDLR. Pour les autorités rwandaises, toute démarche susceptible d’accorder une forme de reconnaissance politique au mouvement constitue un détournement de l’objectif prioritaire du processus de paix, à savoir sa neutralisation. Cette convergence de communication illustre la tentative de Kigali de délégitimer l’initiative congolaise auprès de ses partenaires internationaux.

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Pourquoi le peuple congolais devrait-il reconduire le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la tête de la RDC ?

J’ai toujours été de ceux qui pensent que le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo n’a jamais disposé du temps nécessaire pour mettre pleinement en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Et cela vaut, selon moi, pour ses deux premiers mandats.

Pourquoi ?

Dès son accession au pouvoir en 2019, des contestations ont entouré les résultats de l’élection présidentielle. Certains ont soutenu que Martin Fayulu était le véritable vainqueur du scrutin. Au fil des années, des accusations d’accord politique entre Félix Tshisekedi, Joseph Kabila et Corneille Nangaa ont également alimenté le débat public. Lorsque ce dernier a rejoint par la suite la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, beaucoup y ont vu une confirmation de leurs analyses. Chacun est libre de son interprétation.

Une chose est certaine : le premier mandat du président Tshisekedi a été marqué par une cohabitation politique particulièrement complexe. Beaucoup ont eu le sentiment que le pouvoir restait largement influencé par l’ancien président Joseph Kabila. Les conseils des ministres parallèles et les consultations régulières à Kingakati ont nourri cette perception.

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Washington, Kinshasa, Kigali : les FDLR ouvrent une nouvelle page de l’histoire des Grands Lacs

En adhérant au protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement, les FDLR annoncent leur disponibilité à dissoudre le mouvement. Une décision qui pourrait rebattre les cartes des accords de Washington et transformer les rapports entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis.

L’annonce de l’adhésion des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) au protocole de désarmement, démobilisation et cantonnement par la sensibilisation constitue l’un des développements les plus significatifs depuis la signature des accords de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, sous la médiation des États-Unis.

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Dr RWAMUCYO nta cyaha na kimwe yigeze akorera abatutsi. Madame KARINGANIRE mu kiganiro.

Tariki 24/07/2026 twagize ikiganiro ku nsanganyamatsiko yagiraga iti: RWAMUCYO Eugène: bemeje ko afungwa kandi yatsinze urubanza. Ni ayahe masomo ku baharanira impinduka?

Umwe mu batumirwa ni Madame KARINGANIRE Illuminée. Dore ibyo yatubwiye kuri Dr Eugène RWAMUCYO.

Dukeneye inkunga yawe mu guteza imbere izindi mbuga zacu:

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De l’allié privilégié au partenaire sous surveillance ? Pourquoi Washington envoie un ancien de la CIA à Kigali ?

La nomination de Nicholas Checker comme nouvel ambassadeur des États-Unis au Rwanda constitue bien plus qu’un simple changement de représentation diplomatique.

Proposé par le président Donald Trump le 21 juillet 2026, Checker est un diplomate de carrière dont le parcours se distingue par plus d’une décennie passée au sein de la Central Intelligence Agency (CIA) avant son retour au Département d’État. Si sa nomination doit encore être confirmée par le Sénat, le choix de son profil envoie déjà un message fort.

Les États-Unis désignent régulièrement des diplomates expérimentés à la tête de leurs ambassades. En revanche, lorsqu’ils choisissent un ancien spécialiste du renseignement pour un pays donné, c’est souvent parce que celui-ci revêt une importance stratégique particulière. Dans le cas du Rwanda, cette décision intervient dans un contexte régional marqué par la guerre persistante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les rivalités géopolitiques en Afrique et une attention croissante portée aux enjeux de sécurité.

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Bill Gates à Kigali : philanthropie, diplomatie ou soutien politique à un régime sous pression ?

La visite de Bill Gates à Kigali intervient à un moment particulièrement délicat pour le Rwanda. Depuis plusieurs mois, les États-Unis ont renforcé leurs pressions sur Kigali en raison de son implication présumée dans le conflit de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), avec l’adoption de sanctions ciblées contre des responsables rwandais et des entités liées au commerce de minerais provenant des zones contrôlées par le M23.

Dans ce contexte, une question mérite d’être posée : la visite du milliardaire américain constitue-t-elle uniquement la poursuite d’une coopération philanthropique de longue date, ou offre-t-elle également un soutien politique et diplomatique au président Paul Kagame au moment où celui-ci fait face à un isolement croissant sur la scène internationale ?

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Procès du Dr Eugène Rwamucyo : une condamnation qui interroge l’exigence de preuve.

Depuis le procès en appel du Dr Eugène Rwamucyo devant la Cour d’assises de Paris, le public a été largement exposé aux accusations du ministère public, aux témoignages retenus par l’accusation et, désormais, à la condamnation prononcée par la Cour.

En revanche, les arguments développés par la défense durant plusieurs semaines d’audience ont bénéficié d’une visibilité extrêmement limitée. Cette asymétrie nourrit un sentiment préoccupant : celui d’un débat public où le verdict semble avoir précédé la confrontation complète des arguments.

Il ne s’agit pas de remettre en cause la réalité ni l’ampleur du génocide des Tutsi. Il s’agit de rappeler un principe essentiel de toute justice pénale : ce n’est pas l’horreur d’un crime qui dispense de prouver la culpabilité individuelle de l’accusé.

En matière criminelle, la condamnation ne peut reposer ni sur une conviction générale, ni sur un contexte historique, ni sur une proximité supposée avec un pouvoir politique ou des personnes physiques. Elle doit reposer sur des preuves suffisamment solides pour écarter tout doute raisonnable. Or c’est précisément sur ce point que le procès du Dr Rwamucyo soulève de nombreuses interrogations.

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URGENT – Le juge Mahrez Abassi aurait démissionné après le procès du Dr Eugène Rwamucyo : une démission qui soulève des interrogations

Des informations circulant depuis ce jour affirment que Mahrez Abassi, président de la Cour d’assises d’appel de Paris ayant présidé le procès du Dr Eugène Rwamucyo, aurait présenté sa démission de la magistrature aux assises.

S’il est vrai que le juge président des Assises de Paris qui a condamné Eugène Rwamucyo a vraiment démissionné, sa démission intervient tardivement. Et pour cause!

S’il avait réellement été confronté à un problème de conscience au point de ne plus pouvoir assumer sa fonction, il aurait pu — ou dû — se retirer bien avant le prononcé du verdict. Il existait d’ailleurs d’autres moyens de ne pas présider ce procès, notamment en invoquant un problème de santé. Sans aller jusqu’à parler d’un certificat médical de complaisance, une véritable difficulté médicale aurait pu justifier son absence.

Dans ce cas, il est peu probable que sa carrière ou son évolution dans la fonction publique en auraient été affectées.

Dès lors, la question se pose : pourquoi avoir attendu la fin du procès et le prononcé de la décision pour démissionner ?

Si sa conscience lui interdisait réellement de participer à ce jugement, pourquoi ne pas s’être retiré avant que le verdict ne soit rendu ?

Cette démission tardive ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un quelconque remords ou à un problème de conscience. Elle peut susciter des interrogations, mais il faut se garder d’interpréter comme une preuve certaine de culpabilité morale un geste dont les motivations réelles ne sont pas connues.

Jean-Claude NDUNGUTSE

Sociologue et Enseignant