COVID-19 : Le Congo va-t-il encore une fois sauver la planète ?

Avec l’éclosion du COVID-19 et la découverte du Professeur Didier Raoult sur les vertus de la chloroquine, tout le monde parle désormais de ce médicament. Cet antipaludéen, utilisé depuis plusieurs décennies dans les pays tropicaux, est un substitut synthétique de la quinine, molécule naturelle extraite du quinquina. Et vous savez quoi ? L’Est du Congo posséderait les plus grandes plantations de quinine au monde. Le Congo va-t-il sauver la planète du COVID-19?

À la fin du 19è siècle, l’industrie automobile, en plein essor, eut besoin du latex naturellement sécrété par l’hévéa, un arbre qui pousse en abondance au Congo, pour la fabrication des pneus. Pendant la Première Guerre mondiale, ce sont les mines du Congo qui fournirent le cuivre utilisé dans la production des munitions utilisées par les alliés. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Congo participe considérablement à l’effort de guerre allié en accroissant sa production de matières premières (huile de palme, hévéa, coton, étain, uranium, cuivre…). Lorsque les États-Unis entrent en guerre, ils dépendent presque entièrement du Congo pour leur approvisionnement en cobalt et en uranium. Idem pour les Britanniques qui reçoivent à l’époque 800 mille tonnes de cobalt pour leur industrie militaire.
Les usines qui travaillent dans le cadre de programmes militaires ont besoin de quantités croissantes de cobalt qui entre dans la composition d’aciers spéciaux avec lesquels on fabrique des outils à coupe rapide, des soupapes de chars et d’avions, des projecteurs de marine, des turbocompresseurs d’avion… Et nul n’ignore que c’est du gisement de la mine de Shinkolobwe (situé dans le Katanga) que fut extrait l’uranium qui permit aux États-Unis de fabriquer la première bombe atomique qui fut larguée sur Hiroshima en 1945.

Au début des années 2000, c’est la colombo-tantalite (communément appelée coltan) et la cassitérite du Congo qui ont été sollicitées avec le boom de l’industrie technologique et aéronautique mondiale. Avec l’essor des véhicules électriques ces dernières années, le cobalt du Congo est revenu au goût du jour. Comme l’a souligné l’auteur belge David Van Reybrouck, dans son livre “ Congo : une Histoire » (Actes Sud, 2010)”;

“Ces cent cinquante dernières années, chaque fois que le marché international a exprimé une demande pressante pour une certaine matière première ─ l’ivoire à l’époque victorienne, le caoutchouc après l’invention du pneu gonflable, le cuivre lors de la forte expansion industrielle et militaire, l’uranium durant la guerre froide, le courant alternatif pendant la crise pétrolière des années 1970, le coltan à l’ère de la téléphonie mobile ─, le Congo s’est avéré disposer de gigantesques réserves de la marchandise convoité “

Maintenant que tout le monde parle de la chloroquine pour neutraliser le COVID-19, le Congo va-t-il encore une fois voler au secours de la planète ?

Peut-être. Mais rien ne dit que les Congolais en tireront profit si cela devait arriver. Parce que depuis près de 150 ans, tout le monde profite des richesses du Congo, excepté les Congolais…

Je ne sais pas pourquoi mais une profonde amertume m’a envahi en bouclant ce post…

Patrick MBEKO

Source:Facebook


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