Category Archives: International

French PM says Paris had no role in genocide

manuel-valls

Manuel Valls

IN SUMMARY

The shooting down of the president’s plane over Kigali late on April 6, 1994 was the event that triggered 100 days of meticulously-planned slaughter that claimed 800,000 lives, mainly of the Tutsi minority.

Paris, Wednesday. France’s new Prime Minister Manuel Valls on Tuesday said his country could in no way be held responsible for the Rwandan genocide 20 years ago.

His comments came amid a bitter spat over allegations by Kigali of Paris’ complicity in the bloodshed. “I do not accept the unjust accusations suggesting that France was an accomplice in the Rwandan genocide,” Valls told parliament in his first policy speech since being named prime minister. He said France’s aim “had always been to separate the warring sides”. The row revolves around France’s role prior to the genocide as a close ally of the Hutu nationalist regime of Juvenal Habyarimana. The shooting down of the president’s plane over Kigali late on April 6, 1994 was the event that triggered 100 days of meticulously-planned slaughter that claimed 800,000 lives, mainly of the Tutsi minority. France is accused of missing or ignoring the warning signs, and of training soldiers and militia who carried out the killings. When the genocide was in full swing, France was accused of using its diplomatic clout to stall effective action. France maintains its deployment stopped the killings and saved thousands of lives. French officials insist that any guilt for failing to prevent the genocide is shared by the entire international community, and in turn accuse Rwandan President Paul Kagame of only raising the issue to distract attention from what they say is his own poor human rights record. (AFP)

Léotard : “Nous n’avons aucune excuse à faire à Kagame

francois-leotard

François Léotard

INTERVIEW – Ministre de la Défense de 1993 à 1995, au moment du génocide rwandais, François Léotard réagit à son tour aux propos du président Paul Kagame, qui met en cause le rôle de la France dans les massacres.

Comment jugez-vous la montée des tensions entre la France et le Rwanda, et notamment les accusations du président Kagame?

Je pense tout d’abord que le gouvernement français n’a pas suffisamment réagi à cette insulte, car c’en est une, il n’y a pas d’autres mots. Nous aurions dû aller beaucoup plus loin et plus fort. On pouvait par exemple éviter toute représentation de la République française aux commémorations. C’était à nous, de notre propre chef, de n’envoyer personne, pas même l’ambassadeur. Je suis scandalisé que l’on remette en cause l’opération Turquoise que j’ai menée, avec l’appui de François Mitterrand, d’Edouard Balladur et d’Alain Juppé (respectivement Président, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ndlr). Cette opération était extrêmement compliquée et nous sommes aujourd’hui accusés de façon infamante par ce monsieur. Paul Kagame agit ainsi pour se sortir d’une passe diplomatique et intérieure difficile. C’est un petit dictateur comme malheureusement un certain nombre de pays en ont produit.

Y a-t-il eu pour autant des “erreurs” ou un “aveuglement” de la France par rapport à ces massacres, comme l’a reconnu Nicolas Sarkozy en 2010?
Je crois qu’on a eu tort de dire cela à ce régime dictatorial. Pour une question d’honneur et de dignité, on devait être beaucoup plus dur. Il y a des moments où la République française doit se faire respecter. En 1994, l’émotion était très grande dans le monde et nous avons été les seuls à intervenir. C’est quand même scandaleux que cela retombe sur nous. Nous n’avons aucune excuse à faire à M. Kagame.

«C’est une réécriture de l’Histoire que de croire que la France avait connaissance d’une volonté de génocide»

Avant même le début de l’opération militaire française au Rwanda, la France est accusée par Paul Kagame d’avoir “préparé le génocide”. Cela repose la question des relations de Paris avec le régime rwandais d’alors…
Je n’ai pas l’intention de juger ce qui a pu être fait avant ma nomination dans le gouvernement d’Edouard Balladur. Mais je me souviens des discussions que j’ai pu avoir avec François Mitterrand. Il y avait une réflexion, de la part du Président, fondée sur le passé quant aux rapports entre les pays anglophones et le Rwanda. Cette conception prévalait lors qu’il y a eu une infiltration dans ce pays francophone venue du nord (la rébellion tutsie menée par Paul Kagame, le FPR, avait été créé quelques années plus tôt en Ouganda, Ndlr).

Le gouvernement auquel vous apparteniez n’a pas soutenu le régime génocidaire?

Je n’ai pas le sentiment que c’était le cas. Il y avait certainement la volonté de freiner l’avancée du FPR sur Kigali. Mais c’est une réécriture de l’Histoire que de croire que la France avait connaissance d’une volonté de génocide. C’est absurde. Il n’y avait certainement pas de complicité. Quant au passé, j’ai dû mal à me prononcer car je n’ai pas tous les éléments d’information. Je souhaite d’ailleurs qu’ils soient aujourd’hui ouverts.

Vous êtes donc favorable à la levée du secret défense dans ces événements, à l’instar d’Edouard Balladur?
A chaque fois que la France est mise en cause de façon aussi malhonnête, je pense que nous avons tout intérêt à ouvrir les dossiers, tant qu’il n’y a pas de menaces sur nos forces ou sur le pays, ce qui ne semble pas le cas ici. Nos soldats ont été exceptionnels, ils ont fait un travail incroyable et ont sauvé des milliers de vie. Qu’ils se fassent aujourd’hui cracher dessus, c’est aberrant. Et que le gouvernement ne les défende pas davantage, cela me choque beaucoup.

Arnaud Focraud – leJDD.fr

lundi 07 avril 2014

 

 

Lâché aujourd’hui visiblement par ses alliés américains,… il ne reste à Kagame que la fuite en avant, que les accusations outrancières, que les méthodes les moins démocratiques…

 

FIGAROVOX/OPINION – Jacques Hogard, militaire français qui a vécu le génocide rwandais de l’intérieur, s’insurge contre les accusations portées contre la France par Paul Kagame. Selon lui, le président rwandais a souhaité les massacres pour mieux installer sa dictature.


Le Colonel Jacques Hogard a été commandant du groupement de Légion Étrangère lors de l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994. À ce titre, il est membre fondateur de l’association France-Turquoise, dont l’objet principal est le «rétablissement de la vérité sur l’action de l’armée française et des militaires français au Rwanda» suite aux allégations concernant ceux-ci durant le génocide au Rwanda.


Le 6 avril 1994 à la nuit tombante, l’avion transportant Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamira, respectivement présidents hutus du Rwanda et du Burundi, de retour d’un sommet régional qui venait de se tenir à Arusha en Tanzanie, était abattu par un missile sol-air alors qu’il se présentait pour atterrir à Kigali, la capitale rwandaise.

Trois heures plus tard, dans le nord est du Rwanda, les colonnes en armes du FPR, la rébellion tutsie, se mettaient en marche pour la dernière étape de leur conquête guerrière du pays. A leur tête, un redoutable stratège et chef de guerre, Paul KagameTutsi issu de l’émigration aristocratique rwandaise en Ouganda et colonel des renseignements de l’armée ougandaise, formé dans les écoles américaines.

Kigali, au même moment, le bataillon du FPR stationné dans l’ancien parlement rwandais au titre des accords d’Arusha d’octobre 1993, se mettait également aussitôt en mouvement dans la capitale.

Le lendemain, débutaient des massacres d’une horreur indescriptible qui allaient ensanglanter le pays des mille collines pendant une centaine de jours, des habitants hutus tuant sans relâche leurs compatriotes tutsis dans des conditions abominables.

Le génocide des Tutsis commençait et avec lui, le malheur de ce petit pays des Grands Lacs qui, vingt après, vit sous un régime totalitaire où la démocratie et les libertés élémentaires sont un rêve pour le moment inaccessible.

Ce génocide ne restera pas seul. Aux 800 000 victimes tutsies de 1994, succéderont hélas entre 1995 et 1997 quelques 400 000 victimes hutues, pourchassées et décimées dans les forêts orientales de l’actuelle RDC, sans parler des centaines de milliers de Congolais de toutes ethnies, massacrés eux aussi dans des combats et des tueries qui durent encore de nos jours.

Il y a quelques jours, à la veille du vingtième anniversaire du génocide, le président Kagame dans un violent discours s’en prenait une fois encore à la France qu’il accuse avec persévérance depuis vint ans de complicité de génocide, quand il ne dit pas tout simplement qu’elle en est quasiment l’unique responsable!

Devant le caractère intolérable de telles accusations énoncées en dépit des faits et de l’Histoire, hier 6 avril, la France a donc renoncé à déléguer un ministre de son Gouvernement aux cérémonies officielles organisées à Kigali.

En rétorsion, le président Kagame a alors décidé d’interdire à notre ambassadeur au Rwanda d’assister à ces cérémonies auxquelles cependant était présent un ex-ministre français en la personne du controversé Bernard Kouchner, ami de longue date du potentat rwandais.

Comment expliquer une telle impasse entre la France et le Rwanda d’aujourd’hui?

Certes il y a l’Histoire. L’Histoire contemporaine commencée dès l’établissement d’une coopération militaire entre le Rwanda et la France au début du septennat de Valery Giscard d’Estaing alors que Juvénal Habyarimana était depuis quelques années au pouvoir au Rwanda.

C’est en effet au nom de ces accords que le même président Habyarimana en octobre 1990 décide de faire appel à la France pour contrer les éléments armés en tenue ougandaise et dotés de matériels militaires ougandais qui pénètrent dans le nord du pays. C’est l’époque de l’opération Noroit qui consiste avec deux ou trois compagnies d’infanterie à protéger nos ressortissants et assurer la stabilité de la capitale. C’est aussi l’époque où la coopération militaire française va assurer la remise à niveau des FAR (Forces armées rwandaises) face au FPR.

Ceci on s’en doute, ne nous attire guère les faveurs du guerillero tutsi!

Mais ce soutien de la France au Président Habyarimana ne se fait pas sans contrepartie. Nous sommes quelques mois après le Discours de La Baule et cette contrepartie, exigée et obtenue par la France, est la démocratisation du régime, l’abandon du monopartisme, l’adoption du multipartisme et l’ouverture du dialogue tant avec l’opposition intérieure qu’avec la rébellion armée du FPR.

Au point que Habyarimana doit ainsi entrer dans une période de cohabitation où sa position devient difficile.

Les Accords d’Arusha signés en octobre 1993 consacrent cette évolution tout en mettant officiellement un terme au soutien militaire de la France qui retire donc toutes ses unités militaires du Rwanda, laissant la place à une force de l’ONU, la MINUAR commandée par le général canadien Roméo Dallaire.

C’est donc cette force de plus de 2000 hommes qui, par décision de l’ONU, sera amputée des 9/10èmes de ses effectifs, dix jours seulement après le déclenchement du génocide début avril 1994!

C’est donc cette force, et derrière elle, l’ONU, mais plus encore la Communauté internationale qui assistent sans intervenir, comme impuissants, au déroulement du génocide de 800 000 Tutsis, en ce sinistre printemps de 1994.

Or, c’est bien la France qui par la bouche de son ministre des affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, est la première à appeler le génocide par son nom, pour le dénoncer et demander l’envoi d’une force internationale qui mette fin aux massacres.

Mais les Etats-Unis notamment, par la bouche de Madeleine Albright, s’y opposent de tout leur poids.

Il faudra donc attendre fin juin pour qu’à force de pressions, l’ONU vote la résolution autorisant la France à mener une opération limitée à deux mois au Rwanda, afin d’y mettre un terme au génocide.

C’est l’opération Turquoise (22 juin/22 août 1994) pendant laquelle moins de 2000 hommes s’emploieront à rétablir ordre et sécurité pour tous dans le sud-ouest du Rwanda, tandis que s’effondre le régime hutu radical qui a succédé au président Habyarimana et à son gouvernement d’opposition. Cette opération s’effectue dans un contexte de grande tension avivée par la débandade du gouvernement intérimaire et de l’administration et le délitement des FAR soumises depuis des mois à un strict embargo des armes et des munitions. En face se déploie alors la force militaire d’un FPR puissamment armé et soutenu par l’Ouganda au moins. En quelques semaines le pays est conquis, à l’exception de cette zone humanitaire sûre (ZHS) constituée par la France avec l’aval de l’ONU dans le sud-ouest du pays.

A l’époque il faut se souvenir que Kagame, depuis des semaines, menace la France de ses foudres si elle s’avise

d’intervenir au Rwanda et de perturber ainsi la conquête du territoire.

En ce mois de juillet 1994, on connaît déjà bien, par ailleurs, la nature totalitaire du FPR et ses pratiques et c’est donc avec une posture très militaire, et dotée de moyens de combats significatifs que la Force Turquoise s’installe au Rwanda.

La fureur de Kagame qui n’a jamais porté dans son cœur la France et les Français, est grande.

Après quelques escarmouches, le général tutsi renoncera cependant, malgré ses rodomontades, à affronter les troupes françaises. Lesquelles pourront ainsi faire leur travail et sauver alors quelques milliers de Tutsis encore cachés dans les campagnes rwandaises.

Fin août 1994, Turquoise passe la main aux unités africaines, notamment éthiopiennes de la MINUAR II.

Les Français quittent définitivement le Rwanda après deux mois d’un mandat intense où ils n’auront pas ménagé leur peine pour pacifier une région grande comme un département français, et de convaincre d’y rester des centaines de milliers de Hutus tentés par l’exil dans les pays voisins, Burundi et Zaïre.

Dès lors, la propagande de Kagame se déchaîne contre les forces françaises accusées d’avoir protégé les génocidaires, d’avoir favorisé les milices hutues et pourquoi pas d’avoir participé elles même aux massacres!

La surprise est alors immense pour le soldat que je suis, immense parce que je suis de retour en France parmi les miens au terme d’une opération à laquelle je suis particulièrement fier d’avoir participé, estimant en effet y avoir fait de mon mieux, de même que chacun de mes hommes, de mes pairs et de mes chefs, pour ramener un peu d’ordre, de stabilité et de paix dans ce pays dévasté par la haine et la barbarie.

Mais ma surprise est d’autant plus grande que je découvre aussi des lobbies français et européens, disposant de solides moyens médiatiques et financiers, qui relaient alors sans vergogne, pour quels intérêts?, les accusations abominables contre la France et son armée proférées depuis Kigali par le FPR vainqueur au Rwanda.

En vingt ans, les choses se sont beaucoup décantées.

Et personne de bonne foi ne peut aujourd’hui ignorer la sombre réalité du FPR au pouvoir au Rwanda depuis 1994: disparitions, assassinats, emprisonnements, jugements sommaires, exécutions, tortures, humiliations, contraintes morales et psychologiques, camps de rééducation et d’autocritiques…etc.

Comment ne pas citer par exemple les noms de l’héroïque Victoire Ingabire Umuhoza, l’ «Aung San Suu Kyi rwandaise», opposante démocratique à Kagame et comme telle condamnée après tortures de toutes sortes à la prison à vie, et celui de Théodore Munyangabe, sous-préfet, «Juste parmi les Justes», Hutu sauveur de Tutsis au péril de son existence, condamné lui aussi à la prison à vie pour seul crime d’avoir été mon ami et collaborateur le plus engagé et courageux à Cyangugu durant l’été 1994?

Kagame a provoqué le génocide de 1994. Il le souhaitait, car les massacres à grande ampleur des Tutsis de l’intérieur, étaient pour lui le seul moyen d’échapper à la démocratie qui ne lui aurait définitivement laissé qu’un second rôle, le seul moyen de reprendre la lutte armée et de légitimer cette dernière, le seul moyen de prendre le contrôle du Rwanda et d’asseoir son régime d’une main de fer pour des décennies.

Lâché aujourd’hui visiblement par ses alliés américains, certainement du fait de ses frasques guerrières trop visibles en RDC et de son trop évident mépris pour les valeurs démocratiques, l’instrumentalisation du génocide est aujourd’hui la seule et dernière carte qui lui reste pour se maintenir au pouvoir.

Voilà pourquoi il fallait cet incident subit avec la France.

Ce n’est pas moi qui le dit mais ses frères d’armes tutsis, anciens déçus du FPR qui ont fui le Rwanda lorsqu’ils en ont constaté la dérive totalitaire, le général Kayumba Niamwasa, le docteur Théogène Rudasingwa, le procureur Gerald Gahima, le major Jean-Marie Micombero; ces mêmes Tutsis courageux poursuivis par la haine de Kagame où qu’ils se trouvent dans le monde et cela parfois jusqu’au sacrifice de leur vie comme le colonel Patrice Karegeya assassiné le 1er janvier dernier en Afrique du Sud.

Ce sont ces mêmes hauts dignitaires tutsis en exil qui accusent formellement Kagame avec luxe de détails et de témoignages de l’assassinat programmé de son prédécesseur.

Ce sont ces mêmes hauts dignitaires tutsis en exil qui accusent formellement Kagame d’avoir cyniquement bâti sa stratégie de conquête du pouvoir sur le sang de ses compatriotes.

Ce sont ces mêmes haut dignitaires tutsis qui lui prédisent comme à tous les dictateurs de l’Histoire, une fin prochaine et terrible.

Alors devant tout cela, il ne reste à Kagame que la fuite en avant, que les accusations outrancières, que les méthodes les moins démocratiques…

Ses déclarations aussi violentes que mensongères, réitérées la semaine dernière à la veille des commémorations du génocide de 1994, n’avaient pour but que d’éviter à tout prix tout contact avec la France: c’est qu’il peut être dangereux à terme pour un potentat de trop fréquenter les démocraties et de trop s’habituer par capillarité aux valeurs de l’Esprit!

Colonel (er) Jacques Hogard

Ancien commandant du Groupement Sud de l’Opération Turquoise

Source: Le figaro 08/04/2014

Rwanda-France: ”Hollande doit défendre l’honneur de la France, l’honneur de son armée, l’honneur de ses diplomates”

«Il serait aujourd’hui intolérable que nous soyons désignés comme les principaux coupables. J’appelle le président de la République et le gouvernement français à défendre sans ambiguïté l’honneur de la France, l’honneur de son armée, l’honneur de ses diplomates», a écrit Alain Juppé sur son blog.

Les déclarations du président rwandais Paul Kagame accusant la France d’avoir pris part aux massacres du génocide de 1994 dans son pays ont choqué la scène politique française, certains politiques regrettant toutefois l’absence de la France aux commémorations.

635023-le-president-rwandais-paul-kagame-a-londres-le-5-avril-2014

 

Paul Kagame, un ex-rebel qui a sacrifié les Tutsis pour s’emparer du pouvoir  et détruire la puissance française dans la région Africaine des grands lacs. Il est plus que grand temps de corriger les erreurs de la France de minimiser les propos de Kigali. (note de l’administrateur de blog).

Dans une interview à Jeune Afrique parue dimanche, le président du Rwanda Paul Kagame a accusé la France d’avoir joué, de même que l’ex-puissance coloniale belge, un «rôle direct dans la préparation du génocide» qui a fait environ 800.000 morts essentiellement dans la minorité tutsi, et d’avoir participé «à son exécution même».

Pour Paris, qui a annulé le déplacement prévu lundi à Kigali de la ministre de la Justice Christiane Taubira, ces déclarations «sont en contradiction avec le processus de dialogue et de réconciliation engagé depuis plusieurs années».

Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères à l’époque du génocide au Rwanda en 1994, avait réagi vivement samedi en appelant François Hollande «à défendre l’honneur de la France», face à ce qu’il qualifie d’«inacceptable mise en cause de la France».

«Il serait aujourd’hui intolérable que nous soyons désignés comme les principaux coupables. J’appelle le président de la République et le gouvernement français à défendre sans ambiguïté l’honneur de la France, l’honneur de son armée, l’honneur de ses diplomates», a écrit Alain Juppé sur son blog.

«La communauté internationale a failli, c’est un fait. Elle a été incapable de prévenir et d’arrêter le génocide», admet Alain Juppé. «Mais la communauté internationale, ce n’est pas la France seule», et «la France a été la seule puissance à agir».

Même réaction pour l’ex-président de la mission parlementaire française d’information sur le génocide du Rwanda, Paul Quilès qui a qualifié d’«ignomineuses» les accusations de¨Paul Kagame. «Les victimes, la mémoire du génocide du Rwanda méritent mieux qu’une accusation, que je considère comme ignominieuse (…) au regard des faits», a déclaré l’ancien ministre socialiste de la Défense.

«On peut accuser beaucoup la France sur les erreurs politiques qui ont été commises, sur la façon dont cela s’est déroulé, sûrement (…) mais +participation directe+, ça je n’y crois pas», a déclaré l’ex-chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, artisan du rapprochement entre Paris et Kigali en 2010.

L’ancien ministre et député UMP Laurent Wauquiez s’est également indigné. «Je ne peux pas accepter que notre pays soit insulté comme il l’a été par le président Kagame. Au-delà de toute polémique de partis, je soutiens ce qu’a été la réaction du gouvernement et de François Hollande, c’était la seule bonne réaction : ne pas aller aux commémorations», a-t-il dit sur France 3.

– D’autres voix se sont fait entendre –

D’autres voix se faisaient cependant entendre pour déplorer que la France ne participe pas aux commémorations du 20e anniversaire, une décision qualifiée par les Jeunes Socialistes du MJS «d’erreur indigne de la France».

«Par cette décision la France laisse encore une fois entendre qu’elle ne reconnaît pas son implication dans le génocide des Tutsi au Rwanda qui est pourtant établie par les historiens. Malgré la dureté des déclarations du président rwandais Paula Kagame, la gauche au pouvoir rate une occasion de faire la lumière sur ses fautes passées», écrivent-ils dans un communiqué.

Pour Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écologistes, «nous aurions dû intervenir plus vite, mais vingt ans plus tard, c’est facile à dire. Très sincèrement je pense qu’il fallait qu’il y ait une représentation de la France, au moins au niveau gouvernemental. Peut-être pas le président ou le Premier ministre mais quelqu’un des Affaires étrangères».

La décision de la France est «violente» pour les victimes, ont regretté dimanche des associations en installant une stèle symbolique en leur mémoire. «Les victimes sont prises en otage, c’est une honte», a estimé Marcel Kabanda, président d’Ibuka France qui milite pour la mémoire du génocide.

Europe Ecologie-Les verts a demandé la «déclassification et la publication de tous les documents se rapportant à l’action de la France au Rwanda de 1990 à 1994» et proposé de «refaire une commission d’enquête».

Source: http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/06/rwanda-la-classe-politique-choquee-par-les-accusations-de-kagame_993567

Rwanda bans French ambassador from genocide commemorations

By RFI

France’s ambassador to Rwanda said on Monday that he has been barred from attending events marking the 20th anniversary of the genocide, amid a major diplomatic row surrounding France’s controversial role in the events of 1994.

“Yesterday night the Rwandan foreign ministry telephoned to inform me that I was no longer accredited for the ceremonies,” said the French ambassador, Michel Flesch.

French Justice Minister Christiane Taubira had pulled out of attending Monday’s events after Rwandan President Paul Kagame repeated his accusation of French “participation” in the murder of 800,000 ethnic Tutsis.

France, an ally of the Hutu nationalist government prior to the 1994 killings, has repeatedly denied any complicity in the genocide.

Although choosing not to send a minister, France had said its ambassador would attend in a major diplomatic downgrading of its attendance.

Rwandan Foreign Minister Louise Mushikiwabo on Sunday told France to face up to the “difficult truth” over its actions two decades ago.

“For our two countries to really start getting along, we will have to face the truth, the truth is difficult, the truth of being close to anybody who is associated with genocide understandably is a very difficult truth to accept,” Mushikiwabo said.

Rwanda – Paul Barril, ex-gendarme de l’Élysée : “Kagame craint toujours mes révélations”

À 67 ans, alors qu’on le dit malade, Paul Barril, ancien membre de la cellule antiterroriste de l’Élysée sous le premier septennat deFrançois Mitterrand, n’a apparemment rien perdu de son assurance. “Si Paul Kagame s’en prend à la France pour les commémorations du 20e anniversaire du génocide rwandais, c’est qu’il est au courant de la sortie de mon livre, Le capitaine Barril brise le silence, lâche-t-il, sans modestie. C’est un président très affaibli, lâché par les Tutsi. Il sait que plusieurs de ses anciens proches collaborateurs, aujourd’hui en exil, me rencontrent.”

Alors qu’il est lui-même visé par deux instructions liées au génocide rwandais, Paul Barril ne cesse de répéter que Paul Kagame est l’instigateur de l’attentat qui a coûté la vie, le 6 avril 1994, au président rwandais Juvénal Habyarimana, et à son homologue du Burundi, Cyprien Ntaryamira. Leur avion, un Falcon 50, a été abattu par deux missiles qui auraient été tirés, selon Paul Barril, par le Front patriotique rwandais (FPR). “Si je n’avais pas déposé une plainte, il n’y aurait pas eu d’enquête sur cet attentat de la part de la France. Alors qu’il y avait trois Français dans l’appareil, le pilote, le copilote et un mécanicien. Le lendemain, deux adjudants-chefs de la gendarmerie et leurs épouses ont également été tués”, s’insurge le capitaine Barril.

L’homme, qui vivrait entre Londres, Doha et Dubai, ne parle pas de “génocide”, mais de “massacre”, dont les précurseurs seraient les Tutsi, coupables d’avoir assassiné en octobre 1993 le président du Burundi et massacré 100 000 Hutu. “Un crime de masse passé aux oubliettes de l’histoire. Les Hutu du Rwanda, terrorisés, pensaient que le même sort les attendait s’ils ne réagissaient pas. Ils ont tué avant qu’on ne les tue.” Interview.

Le Point.fr : Comment avez-vous rencontré Paul Kagame en 1993 ?

Paul Barril : J’avais reçu pour mission, de la part de François de Grossouvre, le conseiller de François Mitterrand, d’infiltrer le FPR. C’est dans ce cadre que je me suis entretenu en septembre 1993 à Paris avec Paul Kagame. Il voulait se procurer des télécommandes pour faire exploser des charges à distance ! C’est un homme très intelligent, mais un manipulateur. Avant de revenir au Rwanda, il était chef des services secrets d’Ouganda. L’attentat a eu lieu le 6 avril 1994 et François de Grossouvre est mort le lendemain, le 7 avril, d’une balle dans la tête dans son bureau de l’Élysée.

Malgré tout, quand on évoque le génocide, votre nom y est souvent associé. Il existe même une plainte contre vous pour “complicité de génocide”. 

On a prétendu que j’étais au Rwanda en avril 1994. C’est faux, j’étais alors à New York. On prétend aussi que j’aurais livré des armes aux Hutu. Faux également, j’en apporte la preuve dans mon livre. J’ai été perquisitionné à quatre reprises. En fait, le juge antiterroriste Marc Trévidic, en charge de l’enquête sur l’attentat, m’a dans le collimateur, car il considère que j’appartiens au clan de son prédécesseur, le juge Jean-Louis Bruguière. Et Trévidic veut “tuer” Bruguière.

Vous déclarez que Paul Kagame “se planque” derrière le génocide. Mais, quelles que soient ses responsabilités, il y a bien eu 800 000 morts. 

Je ne conteste pas ce massacre, mais je considère que Paul Kagame est l’homme qui est à l’origine de ce drame atroce. Il faut garder en mémoire que l’armée ougandaise, assistée par des rebelles tutsi, a attaqué par surprise le Rwanda en octobre 1990. Après l’échec de cette offensive, grâce à l’intervention de l’armée française, le FPR n’a jamais cessé d’exacerber les tensions entre Hutu et Tutsi : assassinats, enlèvements, attentats à la bombe, massacres dans les églises. Enfin, n’oubliez pas que les Hutu, anciens esclaves des Tutsi, en ont une peur viscérale. Seule la France s’est impliquée pour limiter le carnage. Elle n’a pas à rougir de son action, contrairement aux Américains et aux Anglais, qui soutenaient le FPR.

Source:http://www.lepoint.fr/monde/rwanda-paul-barril-ex-gendarme-de-l-elysee-kagame-craint-toujours-mes-revelations-07-04-2014-1809744_24.php

 

Rwanda, déjà 20 ans : une tragédie devenue une fiction impériale utile. LA RESPONSABILITÉ DE WASHINGTON DANS LE MASSACRE AU RWANDA EN 1994

Rwanda, déjà 20 ans : une tragédie devenue une fiction impériale utile

Image

La responsabilité de Washington dans le massacre au Rwanda en 1994

Le 6 avril 2014 marquera le 20e anniversaire de l’attentat au missile à Kigali qui a abattu l’avion transportant deux chefs d’État africains, Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi. Nous savons que ce crime terroriste – sans doute le pire des années 1990 – a déclenché une guerre sans fin, de la destruction et des massacres au Rwanda et au Congo. Or, ce crime n’a jamais été élucidé; personne n’a été amené en justice. Malgré l’aveuglement et l’amnésie volontaires à l’égard du crime le plus critique des tragédies rwandaises et congolaises, des politiciens, des diplomates, des commentateurs, des intellectuels ainsi que des présidents, généraux et premiers ministres à la retraite invoquent constamment le « Rwanda » comme si la seule mention de ce mot accorde de la vérité et de l’autorité morale sur les positions politiques, militaires et impériales qu’ils défendent. On a invoqué spécifiquement le « Rwanda » pour justifier l’intervention militaire violente en Libye, au Soudan, au Mali, en Syrie et en République centrafricaine. « Partout, c’est le ‘Rwanda’ pour l’impérialiste humanitaire », fait remarquer Max Forte dans son livre remarquable, Slouching Towards Sirte, NATO’s War on Libya and Africa.

Voici le récit officiel – et assourdissant – qui leur permettrait d’invoquer le « Rwanda » :

1) de terribles génocidaires Hutus du Rwanda ont préparé et mis en œuvre un plan satanique pour éliminer près d’un million de Tutsis après l’écrasement mystérieux de l’avion transportant le président rwandais le 6 avril 1994;

2) le Front patriotique rwandais dirigé par Paul Kagame, stratège militaire brillant et aujourd’hui président du Rwanda, stationné à la frontière de l’Ouganda au nord-est du pays, a pénétré au Rwanda et marché sur la capitale pour mettre fin au génocide et prendre le pouvoir;

3) la communauté internationale n’a pas levé le petit doigt pendant que des tueurs, semblables aux Nazis, ont exterminé la plupart des Tutsis du Rwanda;

4) Paul Kagame a transformé ce pays déchiré par le génocide en un miracle africain grâce à son leadership visionnaire, quoique sévère.

Nous avons ainsi appris du « Rwanda » que, à l’avenir et au nom de l’humanité, nous – soit les armées de l’Amérique du Nord et de l’Europe – devons intervenir militairement pour empêcher ces peuples de s’entretuer.

Paul Kagame

 “100 % la responsabilité américaine”—Boutros Boutros-Ghali

Boutros Boutros-Ghali, secrétaire général de l’ONU pendant la guerre rwandaise, fut l’un des premiers à mettre une fissure dans ce récit. Il m’a déclaré en entrevue que, « le génocide Rwandais était à 100 % la responsabilité américaine ». Celui, que les officiels du département d’État des États-Unis appelaient « Frenchie » avant de l’éjecter de son siège à l’ONU, explique : « Les États-Unis, avec l’appui énergique de la Grande-Bretagne, ont tout fait pour empêcher le mise en place au Rwanda d’une force des Nations Unies, et ils y sont parvenus. »

Des documents déclassifiés de l’administration Clinton confirme que l’ambassadrice étasunienne à l’ONU a reçu le 15 avril 1994 des directives du département d’État lui intimant de prendre tous les moyens pour s’assurer du retrait du Rwanda des troupes onusiennes de l’UNAMIR et de s’assurer qu’il n’y a plus de débats ni de résolutions à ce sujet. Ainsi, lorsque le FPR a repris la guerre le 6 avril au même moment où l’avion présidentiel a été abattu, la politique de Washington ne consistait pas à obtenir un cessez-le-feu. Cela qui aurait été la seule politique juste, logique et légitime en vertu de l’Accord de paix d’Arusha, que les deux parties ont signé en août 1993 dans le cadre d’un « processus de paix » que Washington, soutenu par Londres et Paris, avaient parrainé, au nom de l’ONU.

Toutes les preuves sérieuses et des témoignages sous serment indiquent que Paul Kagame et le FPR sont les auteurs de l’attentat du 6 avril contre les présidents du Rwanda et du Burundi. Cet attentat jumelé au blitzkrieg de la reprise de la guerre – ce qui révèle que le FPR était préparé et informé au préalable de l’attentat – dément le récit voulant que le FPR soit descendu du nord du pays pour mettre fin au génocide. C’était « choc et stupeur » sur Kigali.

La politique de Washington, en violation de l’Accord d’Arusha, consistait à créer des conditions d’une victoire décisive de l’armée du FPR – quel qu’en soit le coût. Au diable le partage du pouvoir prévu par l’Accord d’Arusha; cela aurait menotté le FPR et empêché qu’il domine militairement la région des Grands lacs africains. Tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni faisaient bloc contre toute tentative de paix, ce qui aurait permis de mettre fin aux tueries, l’histoire officielle serait comme suit : nous avons tous, la « communauté internationale » en entier, avons simplement abandonné les Tutsis au Rwanda; par conséquent, nous devons dire en chœur, sous la direction de Bill Clinton et de Madeleine Albright, dire « Mea culpa, mea culpa; plus jamais ».

D’anciens proches collaborateurs ont dissipé tout doute possible quant à la véracité de cette interprétation de la politique de Washington et du FPR. Théogène Rudasingwa, ancien ambassadeur du Rwanda aux États-Unis et chef de cabinet de Kagame, écrit : « Le FPR sentait qu’une force internationale allait geler la situation et enlever au FPR l’initiative militaire. Gerald Gahima et Claude Dusaidi ont expliqué cette position lors de réunions à Washington et à New York. » Rudasingwa ajoute que, en revanche : « Dans la campagne médiatique du FPR et à la Radio Muhabira, notre stratégie consistait à attaque le communauté internationale pour avoir abandonné le Rwanda. »  (Healing a Nation: Waging and Winning a Peaceful Revolution to Unite and Heal a Broken Rwanda, Createspace, 2014, p. 156).

Le « crime international suprême », sous le tapis

Le récit assourdissant sur le Rwanda enterre une autre vérité capitale, celle de la guerre qui a précédé l’attentat du 6 avril 1994. L’invasion du Rwanda le 1er octobre 1990 par 4000 troupes portant l’uniforme de l’armée ougandaise, qui formerait plus tard le FPR, n’était pas seulement une violation du droit international, elle a été le crime contre la paix, le « crime international suprême » selon les mot du juge Norman Birkett du tribunal de Nuremberg. (Dans sa sagesse infinie, le New York Times Magazine a qualifié l’invasion de « tensions accrues » entre Tutsis et Hutus.) Parmi ceux et celles qui invoquent le « Rwanda » pour justifier une intervention militaire humanitaire, personne ne mentionne ni l’invasion de 1990, ni l’occupation militaire du territoire rwandais, ni la guerre meurtrière qui a perduré pendant plus de 3 ans.

Un rapport de l’ONU sur le Congo d’octobre 2010 confirme que les tueries commises par l’armée rwandaise au Congo revêtaient un caractère génocidaire. Ça aurait dû sonner une autre alarme sur la nature du FPR et de son chef, Paul Kagame. Or, en revisitant la guerre au Rwanda de 1990 à 1994, on s’aperçoit que les tueries de masse ont commencé bien avant avril 1994. Et c’est le FPR qui en était responsable. Les Rwandais ont connu, avant 1994, ce qui les Congolais ont subi à partir de 1996

Une justice des vainqueurs contredit le récit officiel

Qu’en est-il des plans d’exterminer les Tutsis? Personne ne conteste le fait qu’il y a eu des massacres massifs au Rwanda en 1994. Mais le problème pour les défenseurs du récit officiel, c’est que les faits avérés ne sont pas au rendez-vous. Même si l’ONU a établi en 1995 un tribunal des vainqueurs – le Tribunal pénal international pour le Rwanda – doté des pouvoirs et des moyens nécessaires, en ce qui concerne le chef d’accusation fondamental, soit une entente en vue de commettre un génocide, l’homme qui aura été constamment accusé d’être le « cerveau » du génocide, Théoneste Bagosora, ainsi que ses trois accusés ont tous été acquittés de ce chef d’accusation. Après 18 ans de procès, de témoignages sous serment et de preuves, les faits révélés contredisent le récit officiel.

L’armée et les gendarmes rwandais, qui, seuls, auraient été en mesure de mettre fin aux tueries d’avril à juillet 1994, ne pouvaient le faire car ils étaient engagés dans une guerre à finir avec une machine militaire puissante, soit celle du Front patriotique rwandais. Et cette armée jouissait de l’appui politique, diplomatique et militaire de deux pays puissants, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Ces deux puissances, soutenus par certains pays laquais, ont ainsi semé la mort et la destruction à une échelle inégalée en Afrique centrale. Mais ces deux pays et deux anciens dirigeants vedettes, Bill Clinton et Tony Blair, ont le front de transformer ces tragédies inouïes en fiction impériale utile pour justifier d’autres interventions militaires, surtout en Afrique.

Robin Philpot

Robin Philpot est l’auteur de Ça ne s’est pas passé en Kigali (Les Intouchables, 2003), dont une version mise à jour et enrichie vient de paraître en anglais :  Rwanda and the New Scramble for Africa, From Tragedy to Useful Imperial Fiction.

Source: http://www.mondialisation.ca     21 Mars 2014

Barack Obama seeks European support for harder line on Russia sanctions

Russian troops storm one of last Ukrainian bases in Crimea as US president arrives in Netherlands for talks with G7 countries

Barack Obama arrives on Monday morning in the Netherlands, where he will try to gauge how far European allies are willing to go to stop Moscow from moving deeper into Ukraine after annexing Crimea.

The US president is visiting Europe for talks with fellow leaders of the Group of Seven industrial democracies, when he will try to persuade them to increase pressure on Russia.

It comes as Russian troops backed by helicopters stormed a Ukrainian naval base on the Crimea peninsula early on Monday, one of the few military facilities that was still flying a Ukrainian flag in Crimea after Russia’s annexation.

First Lieutenant Anatoly Mozgovoy told Reuters on the phone from inside the base that there were shots fired and that the Ukrainian soldiers were driven away.

Ukrainian army officer First Lieutenant Anatoly Mozgovoy told Reuters by phone from inside the compound on Monday that the Russians had fired shots and the Ukrainian soldiers were unarmed. Asked if the base had been taken over, he said: “Yes.”

“The invading troops were using stun grenades and also firing automatic weapons. The interior of the compound is full of Russian troops,” said Vladislav Seleznyov, a Ukrainian military spokesman in Crimea.

Seleznyov said Russian forces were taking away all Ukrainian officers from the base to another location in the city for questioning.

Russian troops used armoured vehicles, automatic gunfire and stun grenades to take the Ukrainian Belbek airbase on Saturday. The Russian flag is now flying at 189 Ukrainian military bases in the Crimea.

Obama, whose trip includes visits to Belgium, Italy and Saudi Arabia, has threatened US sanctions against key sectors of the Russian economy. European allies have far closer economic ties to Russia than the United States and their still-fragile economies could face a backlash if they get tough with Moscow.

Russia provides almost a third of the EU’s gas needs and some 40 percent of the gas is shipped through Ukraine.

“Europeans are committed to do something,” said Jeffrey Mankoff, a Russian analyst at the Center for Strategic International Studies. “I think it’ll be difficult to convince them to go anywhere near where the United States would like to go.”

Russia’s abrupt annexation of the Crimea region of southern Ukraine has presented Obama with an urgent foreign policy challenge, one that may weigh heavily on a second term that he would have preferred to devote to domestic affairs.

Privately, there is some doubt among US officials that Russian president Vladimir Putin can be persuaded to relinquish his grip on Crimea, where he took advantage of the ousting of pro-Moscow Ukrainian president Viktor Yanukovych to make a move.

While refusing to concede the loss of Crimea, Obama’s goal in Europe is to lead an effort to isolate Russia and dissuade Putin from moving into southern or eastern Ukraine.

“Our interest is not in seeing the situation escalate and devolve into hot conflict,” White House national security adviser Susan Rice told reporters. “Our interest is in a diplomatic resolution, de-escalation, and obviously economic support for Ukraine, and to the extent that it continues to be necessary, further costs imposed on Russia for its actions.”

Obama has imposed sanctions on 31 people in a campaign carefully crafted to target Russian officials with links to Putin without creating a backlash against US businesses.

But officials said Obama is prepared to launch widespread penalties against key sectors of Russia’s economy, such as its energy industry, should Putin move into southern or eastern Ukraine.

On Wednesday in Brussels, Obama will talk about ways to beef up Nato with Nato secretary-general Anders Fogh Rasmussen. A speech at Brussels’ Palais des Beaux Arts will focus on the importance of the transatlantic alliance.

“Obviously, the situation in the Ukraine will factor heavily into his presentation. It only reinforces the need for the United States to remain committed to a strong transatlantic alliance,” said Ben Rhodes, the White House deputy national security adviser.

Obama is facing pressure from Republican lawmakers to do more to bolster Nato allies near Russia, such as the Baltic nations, and quickly move to stronger sanctions.

“We need to send a message to Vladimir Putin through stronger sanctions. We need him to understand that the sanctions that we put in place can have a significant impact on his economy, that we need to deter further action from him,” Republican Senator Kelly Ayotte of New Hampshire told CBS’ Meet the Press.

Obama will have more on his plate than Ukraine this week. On Monday he will join allies for a nuclear security summit at The Hague and will sit down separately for talks with Chinese President Xi Jinping, their first face-to-face meeting since a G20 summit in Russia.

On Tuesday, he will participate in a three-way summit with Japanese prime minister Shinzo Abe and South Korea president Park Geun-Hye to try to defuse tensions between the Asian powerhouses ahead of an Obama visit to Asia in April.

Obama will also discuss with European leaders on Wednesday in Brussels a proposed Transatlantic Trade and Investment Partnership agreement and joint efforts to reach a comprehensive agreement with Iran to contain its nuclear program.

The European Union’s ambassador to the United States, Joao Vale de Almeida, said Europeans hope the US-EU summit will be a “clear restatement of the importance of our transatlantic ties”.

Source: http://www.theguardian.com/world/2014/mar/24/barack-obama-seeks-european-support-for-harder-line-on-russia-sanctions?CMP=EMCNEWEML6619I2

South Africa expelled Rwandan diplomats and rules were followed

b7ca6057950f49a39f83610a323d70b0

Maite Nkoana-Mashabane

Pretoria – Proper procedures were followed in the expulsion of Rwandan diplomats from Pretoria, International Relations Minister Maite Nkoana-Mashabane said on Tuesday.

“We are guided by internal and also by international laws that govern such relations. We follow the same rules in the relation between South Africa and Rwanda,” she said in Pretoria.

“Whatever action South Africa took in the past few days, we were unemotional. We had informed the Rwandese government in accordance with the norms that apply and informed by our Constitution.”

Earlier this month, South Africa expelled three Rwandan diplomats, one of whom has reportedly been linked to an “attempted hit” on exiled Rwandan army chief Faustin Nyamwasa at his home in Johannesburg.

A few days later, Rwanda responded by expelling six diplomats based at the South African mission in its capital Kigali.

While Rwandan Foreign Minister Louise Mushikiwabo said at the time that the expulsions were “in reciprocity”, there is speculation that the decision to exactly double the number expelled is a signal Rwanda is prepared to up the ante.

Nyamwasa, who is a former rival and critic of Rwandan President Paul Kagame, survived an assassination attempt in Johannesburg in 2010.

He and his family were not at home when the latest attack happened, reportedly having been moved to a safe place.

Nyamwasa and former Rwandan spy chief Patrick Karegeya were founding members of the opposition Rwanda National Congress.

Karegeya was murdered in a Johannesburg hotel room on New Year’s Eve.

Other Rwandan exiles have accused Kagame and his government of being behind Karegeya’s death and the latest attack on Nyamwasa.

Kagame and other senior Rwandan officials have denied any involvement in the attacks.

Also last week, South Africa expelled a Burundian diplomat – Jean-Claude Sindayigaya, the first secretary of the embassy of Burundi – but has offered no reasons for sending him home.

Source: http://www.news24.com/SouthAfrica/Politics/Rules-were-followed-on-diplomat-explusions-minister-20140318

US Congress writes to John Kerry about Kagame’s persistent criminal actions against his dissidents

Image

On 11 March 2014, Edward R. Royce, chairman of the Committee of Foreign Affairs in the US Congress wrote to the Secretary of State John Kerry highlighting the Congress concerns about Kagame’s criminal actions against Rwandan politicians opposed to his government.

Twenty years have passed that US have been an unconditional sponsor of the Rwandan government because Kigali plays an important role in the defence of American interests in the Great Lakes region even beyond, particularly through UN peacekeeping missions where involvement of Rwandan soldiers benefit more Kagame and US than ordinary citizens. The US backing of RPF has been costly in terms of millions of lives that have been wasted since 1990 in Rwanda and 1996 in the Democratic Republic of Congo.

The question that could be asked is this: Is US now realizing that time has come for regime change in Rwanda? The Chairman of the Foreign Affairs is in his letter saying to the Secretary of State that,

“President Kagame’s actions are louder than our words.”

Does the Congress want that Obama government do more than condemning? Time will tell if this is not another political game of saying one thing but doing the opposite.

From the Media Contact at the House Committee on Foreign Affairs:

Calls for reassessment of relations with Kigali

Washington, D.C. – U.S. Rep. Ed Royce (R-CA), Chairman of the House Foreign Affairs Committee, sent a letter to Secretary of State John Kerry to express his concern for the safety of those speaking out against the Kagame regime in Rwanda.  Specifically, the Chairman urged Secretary Kerry to reevaluate U.S. engagement with Rwanda, including future assistance.

In the letter to Secretary Kerry, Chairman Royce wrote: “I appreciate the State Department condemnation of President Kagame’s remarks and expressions of concern about the “succession” of politically motivated murders of prominent Rwandan exiles. Yet, President Kagame’s actions are louder than our words.  Legitimate opposition figures rightly fear for their lives. Allowing President Kagame’s violent rhetoric and the slaying of dissidents abroad to go unchecked will only embolden the regime. Toward that end, I encourage you to closely reevaluate U.S. engagements with Rwanda and take into account these troubling actions when considering future assistance.”

The signed letter to Secretary Kerry is available HERE.

The text of the letter follows:

March 11, 2014

The Honorable John F. Kerry
Secretary of State
U.S. Department of State
2201 C Street, N.W.
Washington, DC 20520

Dear Mr. Secretary:

I am writing to express my deep concern over the numerous attempted attacks and killings of Rwandan dissidents living outside that country. Any functioning and responsible democracy allows the voices of opposition to be heard. Yet in Rwanda there is a systematic effort to silence – by any means necessary – the voices of those who question the regime in Kigali.

As you know, Patrick Karegeya, a prominent Rwandan opposition figure and former high ranking government official, was killed in South Africa earlier this year. Last week, armed gunmen attacked the home of another popular Rwandan opposition figure in South Africa, Faustin Kayumba Nyamwasa.  This latest attack marks the third assassination attempt against Kayumba in recent years, and has led to the expulsion of Rwandan diplomats from South Africa.  Paul Rusesabagina, the well-known Rwandan humanitarian and anti-genocide activist, has told me of attempts to intimidate and threaten him. Karegya’s murder and the numerous assassination attempts on Kayumba are just the most recent examples of the many Rwandan dissidents who have been killed, exiled, tortured, and unjustly imprisoned over the years.

Rather than condemning targeted attacks against popular opposition figures, President Paul Kagame publicly celebrates them, many times falling just short of taking personal credit. Even while denying accusations of official involvement in the Karegeya assassination, President Kagame told the press, “I actually wish Rwanda did it. I really wish it.” Consistently in public remarks, President Kagame indicates that there will be “consequences” for those who question his authority. During an official visit to Rwanda by Maina Kiai, a U.N. Special Rapporteur tasked with examining a country’s freedom of peaceful assembly, found that “peaceful public disagreement with the [Rwandan] government is equivalent to criminality.”

I appreciate the State Department condemnation of President Kagame’s remarks and expressions of concern about the “succession” of politically motivated murders of prominent Rwandan exiles. Yet, President Kagame’s actions are louder than our words.  Legitimate opposition figures rightly fear for their lives. Allowing President Kagame’s violent rhetoric and the slaying of dissidents abroad to go unchecked will only embolden the regime. Toward that end, I encourage you to closely reevaluate U.S. engagements with Rwanda and take into account these troubling actions when considering future assistance.

While I am cognizant of the strategic role Rwanda’s security forces play in peacekeeping missions throughout the continent, this should not blind us to the regime’s attempts to violently close the political space for opposition voices. As we prepare to mark the twenty year anniversary of the genocide in Rwanda – which claimed the lives of over 800,000 people in just three months and sparked a regional conflict that has yet to be resolved – the friends of Rwanda must ensure that we do not, once again, miss the warning signs of political dysfunction and repression. I appreciate your attention to this matter and look forward to working with you to ensure that Rwandan dissidents can speak freely without fear for their lives.

Sincerely,

EDWARD R. ROYCE
Chairman

Source: http://therisingcontinent.wordpress.com/2014/03/13/us-congress-writes-to-john-kerry-about-kagames-persistent-criminal-actions-against-his-dissidents/