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Rwanda – Grands Lacs: la piste israélo-sioniste

Un billet d’humeur
de Sylvestre
Nsengiyumva

Le major extrémiste tutsi Pierre Buyoya, deux fois président putschiste du Burundi dans une autre vie, occupe depuis quelques années un bureau à l’état-major de l’armée…rwandaise !

Il y dirige le « Burundi Desk », structure secrète chargée de mettre au point le projet « Apocalypse Burundi », en étroite collaboration avec le Brigadier Général Bosco Kazura, chef d’état-major, et lui-même « ancien » du Burundi….

Ce que se répètent ces deux hommes à longueur de journées, dans le secret des murs du « Pentagone » rwandais, nous a été récemment résumé sur les ondes par le « vuvuzela » attitré du tutsisme grand-lacustre, Jean Bwejeri: « …Le vote des Hutu du Burundi sera sans valeur. Nous ne laisserons pas faire ces esclaves-nés, débarqués dans la région par les colons blancs dont ils étaient porteurs, et qui continuent de souiller Havila, la terre promise du Peuple légitime juif tutsi… »!

BWEJERI!

L’histoire que je m’en vais vous résumer ici, je ne vous en voudrai pas si vous n’y croyez pas. On me l’aurait racontée que j’en aurais doutée aussi, si je n’en avais pas été témoin !

J’ai connu Jean Bwejeri à l’Université de Louvain, au milieu des années 1990, dans la foulée du « génocide rwandais ». Boursier du gouvernement burundais, il était censé faire un doctorat en je-ne-sais quoi.

Seulement voilà, quand tu cherchais Jean Bwejeri, tu avais plus de chances de le trouver au comptoir de « Chez Gaston », le bistrot zaïrois branché du campus, que dans les amphis de sa faculté !

Personnage (très) court de taille mais « haut en couleurs », l’homme ne passait pas inaperçu. Rien à faire, tu devais absolument te pencher pour l’écouter vociférer, à longueur de soirée et de verres de jupiler, sa haine viscérale contre des Hutus !

Plus rigolo que vraiment énervant, c’était le genre de raciste minable dont t’avais envie de remplir le verre, pour qu’il en rajoute encore une couche…

Nous n’avons rien vu venir !

Un bon matin, la nouvelle tomba que le petit tutsi burundais malade de l’ethnisme, ivrogne et tête de « vache qui rit », s’était fendu d’une thèse volumineuse !

Hypothèse, confirmée hâtivement par ses soins sans  démonstration scientifique : les Tutsi des Grands Lacs constituent la nième tribu d’Israël, descendants du Roi David, et installés depuis des millénaires sur la terre bénie de Havila…et bla, et blabla !

Contre toute attente, Jean Bwejeri ne tarda pas à faire des émules : plusieurs jeunes tutsis rwandais et burundais se laissèrent aussitôt pousser la  barbe longue, et commencèrent à déambuler dans les rues de LLN et Bruxelles, arborant le petit bonnet juif sur le crâne, et portant de petits bâtons bizarres…!

Tout ce folklore faisait rire tout le monde, jusqu’au jour où on s’arrêta net de rigoler : tous frais payés, Bwejeri venait de se faire inviter à un Congrès Juif à New York, où il exposa sa thèse et fut acclamé !

Au terme du congrès, Jean Bwejeri reçut une assistance matérielle et en ressources humaines, pour l’aider à poursuivre ses recherches…

Plus tard, j’appris que Jean Bwejeri s’était envolé, avec femme et enfants, pour s’installer aux States…histoire de se rapprocher de la plus puissante communauté juive de la planète !

LE « PROJET OUGANDA »

Le sixième congrès de l’Agence Juive Mondiale, organisation rassemblant toutes les tendances du sionisme planétaire, s’est tenu dans la ville suisse de Bâle en août 1903.

Principal point à l’ordre du jour : discuter du « projet Ouganda », cette idée d’installer le futur état juif sur un territoire de 8000kms carrés, mis à disposition par la puissance coloniale britannique, et situé alors à cheval entre l’Ouganda et le Kenya.

Au terme d’un débat long et houleux, le projet Ouganda fut rejeté in extremis en faveur de la Palestine, mais un « Mouvement territorialiste », farouchement favorable au projet, fit cessession dans la foulée….

Plus tard, environ 150 familles juives européennes émigrerent au Kenya, et s’y trouvent toujours….

DU DÉLIRE À LA CONSCIENCE?

Des signes persistants semblent indiquer que Jean Bwejeri n’est pas un petit illuminé isolé et sans intérêt.

Au printemps de l’année dernière, dans la foulée de l’ouverture en grande pompe de l’ambassade israélienne à Kigali, le président de l’association Ibuka déclarait : « …les présumés génocidaires hutu blanchis par la justice des pays démocratiques où ils sont installés, nous devons les traquer et les déstabiliser, imitant en cela nos frères juifs… »

Pendant les négociations burundaises de paix à Arusha, quelques partis tutsis ont sérieusement revendiqué les origines juives du Peuple tutsi, appelant à ce que ce fait soit » considéré »!

Sur les réseaux sociaux, on entend et on lit des leaders d’opinion Banyamulenge (tutsis du Congo) brandissant fièrement l’ascendance juive de leur peuple !…..

UNE » PROFONDEUR AFRICAINE » D’ISRAËL?

Ce développement apparent de la « conscience juive » dans la région s’accompagne d’un activisme, tout aussi inédit, de l’état d’Israël et des lobbies juifs,au Rwanda et dans tous les pays voisins.

Il y a environ cinq ans, le président rwandais Paul Kagame effectuait une visite d’état en Israël, où il fut reçu comme un grand, conjointement par le Premier ministre et le président.

Dans son discours, le Président de l’état juif insista  sur l’histoire douloureuse et commune des deux peuples tutsi et juif, avant de passer le témoin à Benjamin Netanyahu, qui conclut en substance: « …mon cher ami Kagame, Israël a décidé de revenir en Afrique par la grande porte. Tu m’avais promis de m’aider dans cette entreprise, et tu es entrain d’y arriver ! »

Le Rwanda Development Board, la plate forme qui coordonne toutes les institutions de l’économie rwandaise, est dirigé par un homme d’affaires israélien, ancien financier du Likud. Il est chargé, depuis peu, de former le fils aîné du Président, officier militaire de son état, aux arcanes de la haute gestion économique et financière…

En 1994, juste après la guerre et le génocide des Tutsi, je me souviens avoir tiqué en lisant, sous la plume de Colette Braeckman, que plusieurs agents du Mossad israélien avaient séjourné à l’hôtel des Milles Collines, un peu avant et un peu après la chute de l’avion de feu Juvenal Habyarimana!

Plus tard, on a découvert dans la presse qu’une ONG israélienne avait un temps « opéré » dans les camps de réfugiés rwandais au Zaïre, elle aussi truffée d’agents du Mossad…

Dans une de ses interviews, le journaliste français d’ investigation Pierre Péan, auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le  « drame » des Grands Lacs de ces trois dernières décennies, déclarait : « …je me suis toujours demandé la raison de l’acharnement contre moi des milieux juifs de France dans cette affaire; avant de découvrir que cette région est  envisagée désormais comme la profondeur africaine d’Israël… »

Sylvestre Nsengiyumva

Source: http://www.echosdafrique.com

Les dépliants d’Addis, Bujumbura explique sa démarche

Les dépliants d’Addis,  Bujumbura explique sa démarche

Willy Nyamitwe: “Ce peuple meurtri a droit à la justice et c’est la démarche des instances judiciaires.”

Des dépliants ont été distribués par la délégation gouvernementale en marge du 32e sommet de l’UA évoquant le mandat d’arrêt du président Pierre Buyoya. Des tracts à mobile politique, selon le concerné.

Les opposants parlent de diversion et de récupération de l’affaire Ndadaye pour mobiliser l’électorat hutu à la veille des prochaines élections de 2020, et passer ainsi pour le justicier qui n’a pas peur de terrasser l’ancien homme fort du Burundi.

Le conseiller principal à la présidence de la République n’y va pas de main morte. L’ambassadeur Willy Nyamitwe assure que dans le même paquet que les détracteurs, il faut aussi ajouter la clique d’extrémistes qui, après avoir échoué à renverser les institutions démocratiquement élues par le truchement d’une insurrection et d’un Coup d’Etat, pensent qu’il est toujours possible de tirer sur la corde sensible, celle de l’ethnisme, pour capter la sympathie de l’opinion et attirer l’ostracisme sur le Gouvernement du Burundi. « Quand il fut battu par le président Ndadaye en 1993, le major et son artillerie propagandiste de mauvais perdants n’hésitèrent point à dénigrer le Peuple Burundais prétextant qu’il n’y avait pas eu d’élections mais qu’à la place d’une expression démocratique d’électeurs il y avait eu un recensement ethnique. La suite on la connaît, macabre. » Willy Nyamitwe indique qu’au-delà de leur appétit démesuré du pouvoir, ils ont commis l’irréparable, renversé les institutions et balayé avec une cruauté sans nom des vies humaines dont le nombre ne sera malheureusement jamais connu. « Ce peuple meurtri a droit à la justice et c’est la démarche des instances judiciaires. Que ceux qui détractent le Burundi et ses institutions comprennent que les temps sont révolus. »

Il est clair que Bujumbura ne va pas lâcher l’affaire. S’il ne mise pas trop sur l’extradition de l’ancien président, il n’en reste pas moins qu’il a décidé de ternir l’image du haut fonctionnaire de l’UA qu’il est devenu. Le dépliant le présente comme l’assassin du premier président démocratiquement élu et ses collaborateurs.

Au-delà de la bataille diplomatique et médiatique entre Bujumbura et Buyoya, les proches collaborateurs du président Melchior Ndadaye craignent que le volet judiciaire ne soit occulté.

Le président Sylvestre Ntibantunganya se dit favorable aux poursuites judiciaires. Les Burundais ont droit de connaître la vérité sur la préparation et l’exécution de l’assassinat du président Ndadaye. Pour l’ancien président qui a été destitué par le deuxième putsch de Pierre Buyoya, l’assassinat du président Ndadaye est la cause de toutes les difficultés auxquelles le Burundi a été confronté depuis lors jusqu’à aujourd’hui. Il n’exclut pas l’hypothèse d’une volonté de récupération politique. «Il a toujours été dit que d’une part le dossier sera tiré des tiroirs en cas de besoin pour des intérêts politiques. Et que d’autres se serviront de la politique d’autre part pour étouffer l’instruction judiciaire du dossier».

Pour rappel, Melchior Ndadaye est le premier président burundais démocratiquement élu. Investi le 10 juillet 1993, il est assassiné après 102 jours de pouvoir au cours d’un coup d’Etat sanglant, le 21 octobre 1993. Pontien Karibwami, président de l’Assemblée nationale, Gilles Bimazubute, vice-président de l’Assemblée nationale, Juvénal Ndayikeza, ministre de l’Administration du territoire et du Développement communal, trouvèrent également la mort.
Ce coup de force va déchaîner des violences inter-ethniques dans tout le pays, déclenchant une guerre civile, qui fera, selon les estimations, entre 50 000 (chiffre avancé par la Commission internationale d’enquête des ONG) et 100 000 (chiffre avancé par les délégués du Haut-commissariat aux Réfugiés).

Stupéfaction de Buyoya

Pierre Buyoya: « A un an des élections, le pouvoir veut instrumentaliser
la justice pour écarter des personnalités gênantes. »

Lors du 32e sommet de l’UA, la délégation de Bujumbura a arpenté couloirs et salles de conférence, distribuant un dépliant (deux pages) qui fait: « une mise au point du Burundi sur le mandat d’arrêt du président Pierre Buyoya. » Le dépliant explique que l’ancien homme fort du pays, Pierre Buyoya, doit rendre des comptes. Il est accusé d’être l’instigateur de l’assassinat du président Melchior Ndadaye et de plusieurs de ses collaborateurs.

Cette « mise au point » du Burundi, c’est aussi une réponse à Moussa Faki, le président de la commission de l’Union africaine. Dans son communiqué sorti au lendemain du lancement du mandat d’arrêt contre Buyoya, 2 décembre dernier, il s’était fermement opposé à cette poursuite estimant que « Cela va compliquer la recherche d’une solution consensuelle conformément à l’esprit de réconciliation nationale ».

Le dépliant distribué à Addis Abeba est clair. Bujumbura persiste et signe. « Pour le Burundi, ne pas poursuivre les auteurs et/ ou planificateurs d’un renversement d’institutions démocratiquement élues et de crimes atroces de 1993, c’est cela qui compliquerait, plutôt, la recherche d’une solution consensuelle ».

« Cela porte atteinte à mon honneur »

« Stupéfaction » C’est ainsi que l’on pourrait résumer la réaction de Pierre Buyoya, présent au sommet de l’Union africaine. Il s’est vite empressé de réagir. « Cela porte atteinte à mon honneur » a-t-il déclaré. L’ancien président occupe un poste important de haut représentant de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel. Dans son communiqué, il a parlé de tract distribué en méconnaissance des règles de fonctionnement de l’Union africaine. Pour lui, à un an des élections, le pouvoir veut instrumentaliser la justice pour écarter des personnalités gênantes. Pour « cette poursuite contre lui est une entreprise politique qui ne peut que pérenniser la haine dans l’esprit et la haine dans l’esprit et la mémoire du Burundais ». Bujumbura, dit-il, doit avoir d’autres priorités notamment un dialogue sincère pour mettre un terme à la crise.

Quid de la distribution des dépliants dans un sommet de haut niveau ?

«Originale » pour certains, peu orthodoxe pour d’autres, la démarche de la délégation burundaise au sommet de l’Union Africaine a suscité des réactions au sein de la classe diplomatique.

Selon un diplomate, les canaux traditionnels, en passant par l’ambassade ou par un envoyé spécial, sont préférables et sérieux. « La délégation burundaise a manifesté un manque de respect et de rigueur diplomatique. Diffuser un tract hors propos avec les débats du jour est ridicule. »

Un autre diplomate estime que tous les moyens sont bons pour transmettre l’information entre pairs. Cela peut passer par un coup de téléphone à un envoi de document suivant les canaux habituels. « Nous n’avez pas idée de ce qu’on peut se transmettre lors d’un sommet. Une clé USB contenant un document important peut passer d’une main à une autre. Alors pourquoi pas un dépliant ?

Source : Iwacu