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Comment les Banyamulenge sont devenus Congolais sans vraiment l’être

Comment les « Banyamulenge » sont devenus Congolais sans vraiment l’être
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Comme nous ne le savons tous, les « Banyamulenge » prétendent qu’ils sont originaires du Congo; ils déclarent à qui veut l’entendre qu’ils sont Congolais au même titre que les autochtones de ce pays. Mais que disent donc les faits, pour ne pas dire l’Histoire ?

Puisque la question de la nationalité congolaise est au cœur des revendications des « Banyamulenge », c’est donc autour de celle-ci que je vais articuler mon analyse. Cette dernière va porter sur l’historique de la nationalité congolaise à travers les grandes périodes de l’Histoire du Congo-Zaïre que l’on peut subdiviser en six périodes :

1. La période antérieure à la création de l’État Indépendant du Congo (EIC).
2. La période de l’État Indépendant du Congo (1885-1908).
3. La période coloniale (1908-1960).
4. La période prémobutienne (1960-1965).
5. La période mobutienne (1965-1997)
6. De la période AFDLienne à nos jours (1997-…)

Durant la première période, celle antérieure à la création de l’EIC, la notion de nationalité congolaise n’existait pas pour la simple et bonne raison que l’État congolais n’était pas encore créé. Toutefois, chaque individu appartenait à une tribu. Celle-ci était définie par les attributs suivants : la langue, le territoire et les coutumes. Même si la cartographie géographique n’était pas connue à l’époque, chaque tribu connaissait cependant les limites exactes de son territoire de telle sorte que, malgré les migrations, on ne pouvait pas venir s’installer n’importe où sans courir le risque d’en découdre avec le premier occupant d’un territoire donné. Dans le cas qui nous concerne, le territoire du Kivu revendiqué par certains immigrants rwandophones (Goma, Walikale, Rutshuru, Masisi, Kalehe et Idjwi) était occupé en premier lieu par les Shi et les Hunde après avoir chassé les pygmées. Ce sont ces deux tribus qui se sont donc approprié les terres conquises. Quant à la conquête ultérieure de ce même territoire par les rois Tutsis du Rwanda (RUGANZU II, NDORI et KIGERI IV, RWABUGIRI), aucun fait historique ne vient accréditer cette thèse, comme le démontre le professeur Assani, qui a produit une analyse interessante sur la question.

Durant la seconde période (celle de l’EIC-1885-1908), la situation change. Pour la première fois, la notion de nationalité congolaise est définie par décret le 27 décembre 1892. L’article premier de ce décret dit clairement que « la nationalité congolaise s’acquiert par la naissance sur le territoire de l’État de parents congolais, par la naturalisation, par la présomption de la loi et par l’option ». Il en découle que la nationalité congolaise d’origine procède du système du jus soli (né au Congo) et de celui du jus sanguinis (de parents congolais). Ce décret aurait-il attribué la nationalité congolaise aux immigrants rwandophones installés au Congo en 1892 ? Pas sûr. L’autorité coloniale belge savait pertinemment bien que les ressortissants rwandophones installés au Kivu étaient des immigrés qui ne jouissaient d’aucun droit politique ni foncier. N’étant donc pas nés sur le sol de l’EIC, ils ne pouvaient pas obtenir la nationalité congolaise au même titre que les autochtones. Durant toute cette période, aucun Rwandophone ne semble s’être prévalu de la nationalité congolaise.

La période coloniale (1908-1960) est celle qui a connu une immigration importante et soutenue des rwandophones au Congo, dans le cadre entre autres de la Mission d’Immigration de Banyarwanda (MIB), dont il a été question dans un texte précédent. Pendant toute cette période, l’autorité belge n’a jamais promulgué une nouvelle loi sur la nationalité congolaise de telle sorte que seules les personnes nées des parents congolais se sont transmis la nationalité congolaise de génération en génération par filiation.

Durant la période prémobutienne (1960-1965), le Congo a été confronté à plusieurs exodes massifs (1959, 1962 et 1963) des populations tutsies rwandaises fuyant leur pays suite à la Révolution sociale hutu de 1959. C’est durant cette période que la première loi sur la nationalité congolaise a été promulguée. Cette loi, édictée en 1964 par la Constitution dite de « Luluabourg », stipulait que : « Est congolais, au terme de l’article 6 de la Constitution, à la date du 30 juin 1960, toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une des tribus établies sur le territoire de la République démocratique du Congo dans ses limites du 18 octobre 1908 et telles que modifiées par les conventions ultérieures ». À l’instar du décret du 27/12/ 1892, cette loi n’attribue à aucun immigrant rwandophone la nationalité congolaise.

Toutefois un événement significatif se produisit à cette même période suite à l’accession du Rwanda à l’indépendance, en 1962 : la promulgation d’une loi sur la nationalité rwandaise. Cette dernière stipule que « est Rwandais, tout individu né d’un père rwandais ou dont la possession d’État Rwandais est établie ». Fondée sur le droit du sang, cette loi attribua d’office la nationalité rwandaise à tous les immigrants rwandophones installés depuis longtemps au Congo-Zaïre sans demander leur avis. Depuis la promulgation de ladite loi, aucun de ces immigrants n’a protesté ni renoncé à cette nationalité. En définitive, on peut donc dire que c’est à l’indépendance du Rwanda que la nationalité rwandaise des Rwandophones vivant au Congo a été confirmée. De plus, le statut de réfugiés des exilés tutsis installés au Congo (ceux qui se feront plus tard appeler « Banyamulenge ») durant cette période a été confirmé dans une note du Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), qui les enjoignait à ne pas s’impliquer dans aucune activité politique que ce soit sur le territoire congolais.

Si jusqu’ici la question de la nationalité congolaise des Rwandophones vivant au Congo n’a posé aucun problème, c’est à partir de la période mobutienne (1965-1997) que va réellement surgir la problématique des tutsis rwandais vivant au Congo. On va assister à des revendications de plus en plus virulentes, non pas de tous les Rwandophones, mais bien d’un groupe de Tutsis arrivés au Congo au début des années 1960, comme susmentionné.

Durant la Deuxième République qui a vu le Congo devenir le Zaïre, trois lois sur la nationalité furent promulguées. S’agissant des populations rwandophones, la première ordonnance-loi (n° 71-020), édictée le 26 mars 1971, stipulait que « les personnes originaires du Ruanda-Urundi établies au Congo à la date du 30 juin 1960 sont réputées avoir la nationalité zaïroise à la date susdite ».

Comme on peut le constater, cette loi fait la différence entre les Congolais d’origine et « les personnes ORIGINAIRES du Ruanda-Urundi » établies au Congo avant l’indépendance. En passant, le Rwanda-Urundi, c’est ce qui est devenu aujourd’hui le Rwanda et le Burundi…

Quelques mois après la promulgation de la loi du 26 mars 1971, une autre loi sur la nationalité est promulguée le 5 janvier 1972, référencée sous le n° 72-002. À son article 47, elle énonce : « L’ordonnance-loi n° 71-020 du 26 mars 1971 est nulle et non avenue. Toutes les dispositions législatives antérieures contraires à la présente loi sont annulées ». Au premier article, alinéa 2, cette loi stipule : « Sont Zaïrois, aux termes de l’article 5 de la Constitution, à la date du 30 juin 1960, toutes les personnes dont un des ascendants est ou a été membre d’une des tribus établies sur le territoire de la République du Zaïre dans ses limites du 15 novembre 1908 et telles que modifiées par les conventions ultérieures.» S’agissant des populations rwandophones, l’article 15 de la loi énonce : « Les personnes originaires du Ruanda-Urundi, qui étaient établies dans la province du Kivu avant le 1er janvier 1950 et qui ont continué à résider depuis lors dans la République du Zaïre jusqu’à l’entrée en vigueur de la présente loi, ont acquis la nationalité zaïroise à la date du 30 juin 1960. »

Deux observations à faire ici : 1) la seconde loi (no 72-002) annule les dispositions de la première (référencée sous le n° 71-020) en réaffirmant le principe de la définition de la nationalité d’origine par appartenance. 2) Toutefois, cette même loi (no 72-002), dans son article 15, octroie la nationalité congolaise aux sujets rwandophones.

Détail important : cette seconde loi, qui octroie la nationalité zaïroise au sujets rwandophones présents au Zaïre, a été instituée par un autre rwandophone évoluant dans les arcanes du pouvoir zaïrois, notamment dans le cabinet du Président Mobutu : le Tutsi Barthelemy Bisengimana. Ce dernier a été l’un des artisans de la stratégie d’infiltration des institutions zaïroises et d’autres pays de la région par les Tutsis exilés arrivés au début des années 1960. Dans les années 1970 déjà, Bisengeimana avait attiré l’attention des services de renseignement zaïrois qui, à la suite d’une longue enquête menée au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, au Kivu et au Katanga, avaient découvert qu’il était à la tête d’un redoutable réseau d’exilés tutsis aux ambitions obscures et démesurées. C’est à ce réseau que devait appartenir Paul Kagame qui évoluait à l’époque en Ouganda.

À la différence des Tutsis exilés [va-t-en-guerre] qui avaient tenté, en vain, de reconquérir le pouvoir au Rwanda par les armes en 1963 et 1966, Bisengimana, lui, préconisait une stratégie à long terme privilégiant l’accès à l’éducation pour les jeunes tutsis dans les pays d’accueil et l’établissement des liens d’amitié partout où cela s’avérait nécessaire. L’option militaire ne devait être relancée qu’une fois les réfugiés bien organisés et mieux outillés. C’est dans cette optique que les exilés tutsis ont bâti un vaste « réseau » s’étendant sur tous les continents avec des antennes dans les milieux politiques en Occident et dans les pays de la région. La création du FPR en Ouganda par Fred Rwigema et Paul Kagame s’inscrivait dans cette dynamique. Au Zaïre, il y avait Bisengimana et un certain nombre de notables tutsis, dont un certain Gisaro Muhoza. Ce dernier, l’éminence grise des exilés tutsis vivant au Zaïre, est à l’origine du nom « Banyamulenge » en 1976. Profitant de la loi sur la nationalité initiée par son frère Bisengimana, il va postuler et se faire élire, après une élection contestée, comme commissaire du peuple (Député) à Uvira. Fermons la parenthèse et revenons à l’analyse de la loi 72-002. Que constate-t-on ?

Bien que cette loi soit la seule qui attribue la nationalité zaïroise aux immigrants rwandophones, elle présente deux écueils majeurs sur lesquels je ne vais pas m’attarder ici. Ce qu’il importe de savoir, c’est que, contrairement à la pensée répandue, la loi 72-002 n’a jamais été appliquée dans les normes, puisque le recensement permettant d’identifier les sujets visés dans son article 15 n’a jamais eu lieu. C’est donc en toute illégalité que certains Rwandais ont acquis la nationalité zaïroise en se référant à la loi du 5 janvier 1972. Un autre point important: cet article ne concernait pas les «Banyamulenge» qui sont arrivés au début des années 1960, mais bien les Rwandophones arrivés avant le 1er janvier 1950…

Constatant l’anticonstitutionalité de cette loi et ayant pris conscience du danger qu’elle représentait, le législateur congolais promulgua une troisième loi sur la nationalité le 29 juin 1981, portant le n° 81-002. Cette loi abrogea avec effet rétroactif la loi de 1972. Mais c’est l’ordonnance n° 82-061 du 15 mai 1982 complétant cette nouvelle loi qui porta un coup dur aux desseins des « Banyamulenge » vivant au Congo-Zaïre. L’énoncé de cette ordonnance-loi portant certaines mesures d’exécution de la loi sur la nationalité disposait en effet, en son article 20 : « Sont nuls et non avenus les certificats de nationalité zaïroise ou tout autre document d’identité délivré en application de l’article 15 de la loi n° 72-002 du 5 janvier 1972 sur la nationalité zaïroise. » Par conséquent, tous les sujets Rwandophones, qui ont obtenu la nationalité zaïroise en se prévalant de la loi 72-002, ont automatiquement perdu cette nationalité.

À l’époque, les « Banyamulenge », furieux, ont écrit un mémo au secrétaire général de l’OUA. Voici un extrait de leur correspondance : « Grâce à notre influence grandissante dans le pays, certains de nos compatriotes occupent des postes de première importance. C’est ainsi, suite au soutien personnel de Son Excellence le président Mobutu Sese Seko, à cette époque-là, une loi sur la nationalité globale fut promulguée en 1972 et qui nous reconnaissait le droit à la citoyenneté zaïroise. »

On constate ici que les « Banyamulenge » fondent leur revendication de la nationalité zaïroise (congolaise) en se référant à la loi n° 72-002 du 5 janvier 1972 instituée par leur frère. Aucune allusion à une quelconque origine zaïroise…

Aujourd’hui, le problème identitaire au Kivu a été résolu sans équivoque. L’article 10 de la dernière mouture de la Constitution congolaise approuvée par référendum le 19 décembre 2005 stipule : « Est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la RDC) à l’indépendance. »

Au regard de tout ce qui précède, on peut affirmer, sans crainte d’être contredit par les petits « historiens de Wikipédia » qui intoxiquent certains Congolais naïfs et/ou intellectuellement paresseux, que les « Banyamulenge » ne sont pas originaires de la RDC; que depuis l’arrivée de tous les immigrants rwandophones au Congo en vagues successives, aucune loi ne leur a attribué globalement et définitivement la nationalité congolaise. C’est donc par les armes (en 1996-97, puis en août 1998), le mensonge et la fourberie que les « Banyamulenge » vont obtenir la nationalité congolaise sans vraiment devenir des vrais congolais, mettant ainsi à mal les autres populations rwandophones qui désirent vivre en paix avec leurs frères de la RDC et qui ont le droit d’obtenir la nationalité congolaise au même titre que tout étranger désirant faire du Congo sa seconde patrie. J’y reviendrai dans la troisième partie…

Patrick MBEKO

The danger of unchallenged myth: The lie that is Rwandan President Paul Kagame.

 

1*9mch3Fn5a2fXGPQ7M-Byng@2xThe danger of an unchallenged myth: The lie that is Rwandan President Paul Kagame

When I set about writing this, two poignant quotes kept bouncing around in my head, which describe everything I want to express in this column. The first, by Martin Luther King goes thus: “Nothing in all the world is more dangerous than sincere ignorance and conscientious stupidity.” The second quote, from a speech by US President John F. Kennedy at Yale University goes thus: “For the great enemy of truth is very often not the lie — deliberate, contrived and dishonest — but the myth — persistent, persuasive, and unrealistic.”

These two quotes perfectly sum up my views on the sudden appearance of Paul Kagame as a kite being flown within Nigerian political and policy circles. Regardless of who is behind the sudden emergence of an East African strongman as a purported example for Nigerian or African leadership, it is very important to question and challenge this dangerous narrative before it takes root and begins to infect national decision making, as is so often the case. The case for Kagame-style leadership as a panacea to African development issues hinges on two major beliefs: that Kagame is a “benevolent dictator” who leads with his country’s interests in mind, and that he is a “competent dictator” who knows how to get things done and achieve results.

Let us briefly interrogate these two notions.

The ‘benevolent dictator’ is fictional

What is most commonly used to sell the myth of Paul Kagame is the idea that he is some sort of patriotic strongman – the father of the modern Rwandan nation who came in like a hero at the country’s darkest hour to steer it away from genocidal division toward the cusp of a 21st century economic breakout. His “example” is typically cited by non-Rwandan Africans as a stark contrast to their incompetent and corrupt (elected) governments. “If only Kagame’s peers across Africa could be like him! Africa would be so developed by now!”

This myth conveniently ignores some very inconvenient facts that tell a completely different story about who Kagame is and what the modern state of Rwanda is actually built on. First of all, Kagame’s portrayal as a hero in the context of the events of 1994 could not be wider of the mark. It often comes as a shock to many who discover upon some cursory reading, that there was a second genocide happening almost concurrently in Rwanda as well as in neighbouring Burundi and Eastern DRC in 1994. This genocide, which was characterised by massacres and rapes of hundreds of thousands of Hutu civilians and refugees between 1990 and 1996, was twice recognised the UN in 1997 and 1998 as a genocide under Article 2 of the 1948 Genocide Convention.

Paul Kagame’s Rwandan Patriotic Front (RPF), and later on his Rwandan-backed Alliance of Democratic Forces for the Liberation of Congo-Zaire (AFDL), were repeatedly implicated in these sordid events, but the sheer ferocity of the 1994 Tutsi genocide perhaps allowed him to fly under the radar as the lesser of two evils. By invoking the memory of April 1994 at every opportunity, Kagame has successfully convinced the world to forget that he was in fact, a tribal warlord fighting an illegitimate war against an elected government, before a series of “convenient” events led him into power in Kigali.

What Kagame really is more than anything else, is an opportunist – the ruthless winner who got to write history and cynically exploit the world’s emotions by presenting a complicated – and by no means concluded – conflict as a 3-month spurt of madness that he heroically ended. Rather than contextualise the Rwandan genocide as part of a wider African Great Lakes regional crisis, and acknowledge the ongoing role of the Kagame regime in destabilising and plundering the Eastern DRC, Africa and the world have falled for his contrived and carefully cultivated leadership myth, allowing him to repeatedly escape difficult questions.

Difficult questions like: “Why do Rwandan opposition members keep going missing?” “How did he get 99 percent of the votes cast in the 2017 Rwandan election?” “Why is Diane Rwigara in prison?” “Why does his government regularly seize, expropriate and auction homes, property and businesses belonging to government critics?” “How come Rwanda has barely any coltan deposits, but is one of the world’s largest coltan exporters, while coincidentally sharing a border with the Eastern DRC which has extensive coltan deposits and an everlasting civil war fueled by armed groups linked to Kigali?” “How many civilian massacres and mass rapes did the RPF under his leadership carry out between 1990 and 1996?”  “Why did he respond to a 2006 report by French magistrate Jean-Louis Bruguière, linking him to the assassination of former Rwandan president Juvenal Habyarimana by breaking off Rwanda’s diplomatic relationship with France?”

In an alternate universe, Paul Kagame would be answering questions about RPF war crimes and his role in the events of 1994 at the United Nations International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR) in Arusha, Tanzania. Instead, because of the power of the “benevolent dictator” myth, this charming, narcissistic Mobutu Sese Seko regen with a nice smile and good PR is currently the toast of many within Africa’s ironically-termed intelligentsia.

The ‘competent dictator’ is another myth

When Customs Controller General, Col. Hamid Ali recently made a comment comparing Nigeria’s nonsensical border closure to China’s alleged border closure in the 20th century, it was a sign that Nigeria’s government has moved on from selling myths and inaccurate information to Nigerians, and started formulating real policies with long term consequences based on false information. Why this worried me was that it presented the possibility of a scenario where the Kagame myth will be used as a basis for policy and political moves that will destroy our hard-won democratic freedoms and wreck our economy for nothing.

If an MDA head and his boss in Aso Rock are making policy decisions based on Chinese ‘historical events’ that simply did not happen, they can also make decisions based on a Rwandan success story that is entirely fictional. As of today, for example, Rwanda has roughly one doctor per 15,600 people. To put that in perspective, Nigeria has roughly one doctor per 2,500 people, and it is widely accepted that this figure represents a healthcare emergency. Rwanda’s per capita GDP is also a miserable $850, putting it behind Chad and war-torn Yemen, and just ahead of economic powerhouses like Haiti, Afghanistan and South Sudan. In 25 years since seizing power, Paul Kagame’s regime has managed to pave just 1,000km of the country’s 12,000km of roads – about 8.3 percent of the total road network.

Even in the famously clean and shiny capital city Kigali, only the most important roads are paved, with the majority of streets still brown earthroads. Most tellingly, anything from 30 to 50 percent of Rwanda’s national budget is still funded by foreign aid every year, more than a quarter of a century after Paul Kagame seized power. Behind the shiny, clean streets of Kigali and the PR-savviness of Kagame’s regime, complete with poverty statistics manipulated to look good as discovered recently by the Financial Times, Rwanda remains a dirt poor banana republic populated by impoverished and terrified people.

If there is such a thing as a “competent dictatorship,” Rwanda is not it, and I cannot stress this point enough. The economically illiterate decision to self harm by closing the borders without sorting out any of the underlying issues that make imported goods more competitive, is an example of ruinous national decision decision-making based on myths like “the Chinese closed their borders.”

Hopefully, we won’t have to learn the hard way that the myth of Paul Kagame – no matter how much we want to believe in it – is just a myth.

David HUNDEYIN

Businessday.ng

Kagame regime’s false claims on financial self-reliance.

General Paul Kagame and his regime live in fantasy land. They tirelessly seek to impress the world that Rwanda is an African success story and development model. The latest big lie is that Rwanda is weaning itself off from foreign aid. This fantasy was floated by the minister of finance who spectacularly claimed in his budget speech that Rwanda is moving towards financial self-reliance:

”Total domestic resources and loans combined account for 85.8 percent of the entire budget of 2019/2020 fiscal year, which is a good indication towards our objective of self-reliance.”

A closer look at the 2019/20 budget shows the reverse. Kagame’s Rwanda remains a Banana Republic heavily dependent on foreign aid.

The 2019/2020 budget demonstrates the reverse of the regime’s claim that it is moving towards self-reliance.

According to Rwanda finance minister, the total budget for 2019/20 is RWF2.87 trillion or US$3.2 billion. He then says that RWF1,963.8 or US$2.1 billion will come from ”domestic resources.” Here, the minister’s story begins to fall apart. The US$2.1 billion to be raised from within Rwanda, in the minister’s own words ”include domestic borrowing.” Even though the minister does not reveal the amount of money that will come from domestic borrowing, he nonetheless indicates what will be generated from government via taxes. In the minister’s own words, ”tax revenue collections are estimated at Frw 1,535.8 billion which accounts for 53.4% of the total budget.” Put in another way, the regime’s own contribution to the 2019/20 is US$1.7 billion representing 53.4%.

This is embarrassing in a double sense. First, here is a regime that can mobilize only 53.4% of its budget from its own tax revenue but keeps boasting that it is an African success story. Second, here is a regime that thinks everyone else is stupid and will swallow its falsehoods.

Where will the rest of budget financing come from?

Government briefing donors during budget formulation, 2019

The rest of budget financing for 2019/20 will come from donor grants and loans — and of course, domestic borrowing. The ministry of finance describes donor financing of the budget as follows:

”The remainder of the budget will be funded through external sources worth Frw906.7 billion which accounts for 31.5% of the total budget. These include grants worth Frw409.8 billion (14.2%) and loans worth 497.0 billion (17.3%).

There goes Kagame’s financial self-reliance. As indicated in the ministry of finance’s statement, the external grant and external loan components of the 2019/20 budget amount to RWF9 billion or US$1 billion representing 31.5%.

Enormous amounts of foreign grants and loans go into Rwanda’s development budget.

According to the World Bank, 58.6% of capital formation in Rwanda comes from foreign aid.

There is worse news than foreign grants and loans that amount to 31.5% of Kagame’s budget. This is shown by the financing of the development budget as opposed to the recurrent budget. In 2019/20 Rwandan budget, 49.5% of the total budget is earmarked for the recurrent budget, while 40% will finance development budget.

The development budget amounting to RWF1.15 trillion or US$1.2 billion reveals an additional form of donor dependence by the Kagame regime. Donors will pump into the development budget some RWF458.2 billion or US$511 million versus the regime’s own funding of RWF694 billion or US$775 million. In other words, the difference between what Kagame and the donors will spend in capital formation is a mere US$264 million. And if 2017/18 is any indication, the Kagame regime may not fulfill its promises and donors may once again step in to supplement the development budget. Here is how the Ministry of Finance explains what happened in 2017/18:

”During the FY 2017/18, total actual capital expenditure amounted to 850 billion FRW…The increased performance under this category was driven by foreign financed expenditure and offset the shortfall in domestic capital financed. Regarding the domestically financed portion, the amount of 463 billion FRW spent was 23.4 billion FRW lower…This lower spending was due to some delays in completing all spending documents including those of tendering on time. While the excess in foreign capital expenditure was due to accelerated implementation of several on-going infrastructural projects especially in the roads sector.”

Wonders never cease in Kagame’s Rwanda

The Kagame regime claimed that it is moving towards financial self-reliance. Stripped of domestic borrowing, foreign grants, and foreign loans, the regime’s own contribution to the 2019/20 is US$1.7 billion representing 53.4%. This is not an indication that Rwanda is achieving self-reliance. Far from it. This is further evidence that in Rwanda, wonders never cease.

Source :Himbara

Kagame lies on corruption issues

Kagame Fed Nigerians A Flattery And A Big Lie In His Speech On Corruption
Open Letter To General Paul Kagame

Dear General, you accomplished two objectives in your speech on corruption delivered at Abuja, Nigeria, on June 11, 2019. First, you flattered Nigerian leaders that they lead a model African nation — wealth side by side with mass poverty notwithstanding. Second, you shamelessly lied to your Nigerian hosts that in Rwanda that you are Mr. Clean while your opponents fled Rwanda because they were corrupt. General Kagame, it’s a truism that politicians bend the truth. But in your case, the question is whether there is an element of truth in what you utter. Case in point is your Abuja speech on corruption.

Kagame flattered his hosts that Nigeria is a great achiever that makes Africa proud

Dear General, here is your flattery to your Nigerian hosts in your own words:

”I wish to start by calling to mind the greatness of this nation. The diversity, creativity, and ambition of Nigerians represent Africa. The achievements of Nigeria’s sons and daughters, here at home and in your global diaspora, make our continent proud. Nigeria has always shown common cause with Africa’s progress and prosperity, and this does not go unnoticed. This country is truly the engine of Africa’s potential. This is how we see Nigeria. I hope you know that.”

General Kagame, if you had said that Nigeria has the potential to be great, that would have been truthful. Your words are above are ill-informed, embarrassing, and clearly opportunistic designed to impress your hosts.

Despite its enormous wealth over half the population of Nigeria lives in poverty.
According to the World Bank, 53.5% of Nigerians are poor — defined as the population living on less than US$1.90 a day. With a population of 200 million, therefore, 107 million Nigerians are poor. Yet, Nigeria is Africa’s largest economy and the largest oil and gas producer on the continent .
The reason for enormous wealth side by side with mass poverty, as the eminent son of Nigeria, Chinua Achebe used to explain, is failure of leadership, social injustice, and corruption. Add to this mix the rise of Boko Haram, a jihadist terrorist organization that has caused havoc in northeastern Nigeria and beyond.

General Kagame, instead of uttering sycophantic phrases to your Nigerian hosts, a real African statesman would have encouraged them to lead Africa in fighting corruption since this was the topic being discussed. You could have also congratulated Nigerians in their current efforts to repatriate from foreign banks billions of dollars stolen by previous dictators. Nigeria has recently begun to recover some of the stolen assets — which is highly commendable.

Kagame’s description of corruption in Rwanda was a big lie

General Kagame, this is how you described corruption in Rwanda:

”We tend to focus on the petty corruption of everyday life while turning a blind eye to the more consequential forms, that people only whisper about because the rich and powerful are the main beneficiaries…Corruption does not take decades to eradicate. Huge gains can be made relatively quickly, once we decide to break the habit…Officials who did not live up to the agreed standards were dismissed or brought to justice. Others fled into exile and pretended to be so-called “opposition” or “pro-democracy” groups…Between fighting corruption and being authoritarian, I prefer being authoritarian. Some thought we could not afford to take this zero-tolerance approach, given the fragility of our environment. The truth, however, is that we couldn’t afford not to do it. It is the foundation of the modest progress for which Rwandans continue to work.”

General Kagame, these are pure lies. The people of Rwanda do not turn a blind eye to the more consequential forms of corruption. Rwandans know you are the kingpin of corruption but they dare not say so because you will wipe them out. Rwandans know you are the Chairman of the ruling party, the Rwandan Patriotic Front (RPF), which owns the business empire known as Crystal Ventures Ltd (CVL). This is how The Economist described the Rwandan situation:

“The dominant political party, the Rwandan Patriotic Front (RPF), does more than help business: it runs its very own conglomerate. Crystal Ventures, the RPF’s holding company, has investments in everything from furniture to finance. It owns the country’s biggest milk processor, its finest coffee shops and some of its priciest real estate. Its contractors are building Kigali’s roads. There are several firms offering security services in Rwanda but the guards from ISCO, part of Crystal Ventures, are the only ones who tote guns. The company is reckoned to have some $500m of assets.”

General Kagame, very simply, you have entrenched corruption and cronyism that would not be tolerated anywhere on the African continent.

Kagame and the history of the big lie

General Kagame, you are a perfect example of politicians who pretty much bend the truth as they please. In your case, the issue is not bending the truth — rather, the question is whether you have ever uttered an element of truth. You belong to the thinking pioneered and mastered by Joseph Goebbels who infamously said that ”if you tell a lie big enough and keep repeating it, people will eventually come to believe it.” Goebbels added:

”The lie can be maintained only for such time as the State can shield the people from the political, economic and/or military consequences of the lie It thus becomes vitally important for the State to use all of its powers to repress dissent, for the truth is the mortal enemy of the lie, and thus by extension, the truth is the greatest enemy of the State.”

General Kagame, you are the best pupil of Joseph Goebbels. You get away with the big lie because your regime has used all its might to smash dissent at home and abroad. Because you are fully aware that the truth is the mortal enemy of your big lie, you hounded out of Rwanda anyone who stood in your way. As the cliché goes, “history is written by the victors” — that is how you are able to call your victims who fled Rwanda the corrupt ones instead of you.

Best Regards,
David Himbara

Kagame signed US$100M to develop special economic zones. What will he do ?

Kagame Signed US$100 Million Indian Loan To Build Special Economic Zones

General Paul Kagame is into large loans to build large projects in the capital city, Kigali. Kagame just acquired another mega loan as indicated by his Presidential Order No 51/01 of May 20, 2019. Kagame’s decree ratified the loan agreement between his regime and the government of India via the Export-Import Bank of India. The loan amount is US$100 million. The purpose of the loan is to develop ”two special economic zones and the expansion of the Kigali Special Economic Zone”. The loan period is 25 years; repayment begins in 5 years from now.

Contractors restricted to Indian companies

According to the loan agreement, ”the bidding should be restricted to Indian companies registered in India and or incorporated under any law in force in India.”

What kind of economic zones are built by US$100 million?

Kigali Special Economic Zone

Special economic zones (SEZs) are typically packages of strong incentives aimed at attracting foreign direct investments. SEZs provide infrastructure, such as land and access to utilities including water and electricity. Other facilities provided in SEZs may include prefabricated factory units and warehouses.

My question is — what kind of infrastructure is Kagame building in his SEZs to warrant a US$100 million loan?

Will the Indian companies, perhaps, build a power plant to supply the badly needed electricity? Otherwise, it is hard to imagine how prefabricated factory units and warehouses can cost that much money. And, has the existing Kigali’s SEZ attracted any serious foreign direct investment before blindly sinking in US$100 million?As always, Kagame’s Rwanda is unfathomable.

Source : Himbara

Rwanda : 71 % of central government expenditure financed by foreign aid.

Kagame’s central government expenditure is financed by foreign aid to the tune of 70.9%. Rwanda is among the top three most aid-dependent countries in the world and the topmost aid-recipient state in East Africa. Kagame’s 2016 call for deadline to end aid addiction was empty rhetoric.

SUMMARY: What do we learn from the most recent Annual Activity Report of Rwanda Revenue Authority (RRA), namely, the 2017/2018 Report? Is the ability of Rwandans to pay taxes improving so as to achieve General Paul Kagame’s stated goal of ending the reliance on outsiders for basic sustenance? The taxpayer data in 2017/2018 RRA’s Annual Activity Report demonstrates that Rwanda’s prospects for lessening let alone ending aid-dependence are dismal. Kagame’s ill-conceived closure of the common border with Uganda, and by extension, Kenya, will undoubtedly sabotage Rwanda’s already wretched taxpayer base.

In 2016, Kagame called for a deadline to end Rwanda’s reliance on others.

In his “state of the Nation Address” of 2016, Kagame called for a deadline for restoring Rwanda’s dignity by ending the practice of “relying on others.” As Kagame put it:

”It is better to face things the hard way and go straight to the heart of any problem. An example, is something we have been talking about for a long time, the issue of relying on others to pay for things that benefit us. It is really a question of dignity, our agaciro. Therefore, among the decisions of this Umushyikirano, we should resolve to set a deadline, which should come sooner rather than later, after which Rwanda will no longer be waiting for what others hand out to us.”

This was a tall order. Rwanda is one of the top three most aid-dependent countries in the world, and the topmost aid-dependent state in the East African Community (EAC). Two World Bank indicators demonstrate this — foreign aid per capita and the percentage of foreign aid in the central government’s expenditure.

In the case of foreign aid per capita, Rwanda’s aid per capita is US$100 against Burundi at US$39; Kenya, US$50; Tanzania, US$45; and Uganda with an aid per capita of US$47. Foreign aid as a percentage of central government expenditure in Rwanda stands at 70.9%. There are only two countries in the world with a higher percentage of donor support to central government expenditure than Rwanda. These are Malawi at 127.9% and Micronesia at 120.6%.

Is Rwanda’s domestic capacity to generate revenue improving? Is the number of taxpayers increasing?

According to the 2017–2018 RRA’s Annual Activity Report, the number of taxpayers in Rwanda is 172,988 as of June 2018. RRA describes Rwandan taxpayers as follows:

”There was a decrease in total number of taxpayers in tax registry from 179,665 as of end June 2017 to 172,988 as of end June 2018…Of the current taxpayers in the tax registry, 375 are categorised as large taxpayers (0.2% of the total); 850 are medium taxpayers (0.5% of the total) and 171,763 are small or micro taxpayers (99.3% of the total). Regarding the percentage contribution of each category of taxpayers to total tax collection, large taxpayers contributed 62.6%, medium taxpayers’ contribution was 12.2%, while small taxpayers contributed 25.3%.”

In other words, the number of taxpayers in Rwanda decreased by 6,677 between 2017 and 2018. There is an even bigger problem than the drop in the number of taxpayers. That is the existing taxpayers’ ability to pay taxes which, naturally, are the means of ending the dependence on foreign aid.

Rwandan taxpayers’ ability to pay taxes is dismal.

As indicated by RRA’s data, of Rwanda’s 172,988 taxpayers, 171,763 or 99.3% are small and micro taxpayers. These are defined as entities having an annual turnover equal to or less than RWF 20 million (US$22,159). Put in another way, the number of taxpayers with an annual gross revenue of over US$22,159 is only 1,225 (0.7% of total taxpayers) comprising 375 ”large taxpayers” and 850 ”medium taxpayers.” The term “pitiful” describes both the profiles and capabilities of Rwandan taxpayers.

Kagame’s rhetoric on ending Rwanda’s dependence on foreign aid is just that — empty rhetoric.

Kagame’s Rwanda is Banana Republic per excellence. Rwandan taxpayers are mostly small and micro businesses. Shockingly, of 172,988 Rwandan taxpayers, only 1,225 or 0.7% have more than US$22,159 in annual gross revenue. Little wonder then that 70.9% of Kagame’s central government expenditure comes from foreign donations. Rwanda’s high foreign aid dependence is further illustrated by aid per capita. In comparison to its neighbours, Rwanda’s foreign aid per capita of US$100 more than doubles Burundi’s, and doubles that of Uganda. Kagame’s rhetoric of ending Rwanda’s dependence on foreign aid is just that – empty rhetoric. This gentleman has since February 27, 2019, closed the international that connects Rwanda to Uganda and to the Kenyan seaport of Mombasa via which a significant amount of Rwandan international trade is conducted. Preliminary reports indicate taxpayers in the transport sector that used to transport people on the Rwanda-Uganda-Kenya corridor have been decimated by this self-inflicted injury.

 

Miracle ou mirage rwandais: faut-il croire aux chiffres?

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Vue de la ville de Kigali.© RFI/Stéphanie Aglietti
Des Journées européennes de développement au sommet du G7, Paul Kagame, actuel président en exercice de l’Union africaine, est invité partout, malgré son troisième mandat officiellement obtenu à près de 99% des suffrages exprimés. Même en France, malgré les accusations réciproques et l’interdiction de l’enseignement du français, c’est au Rwanda et à sa candidate Louise Mushikiwabo que le président Emmanuel Macron apporte son soutien pour le poste de secrétaire général de la Francophonie. Le Rwanda est présenté comme un modèle de développement pour l’Afrique et le bon élève de la politique de l’aide. Pourtant, tout comme sur la question des droits de l’homme et de la démocratie, de plus de plus de voix se font entendre pour critiquer ce modèle qui exclut des fruits de la croissance des millions de paysans rwandais parmi les plus défavorisés.

« Le Rwanda est aujourd’hui perçu comme l’un des pays les plus avancés et les plus respectés d’Afrique », justifie un porte-parole d’Arsenal. En s’achetant une manche du maillot de son équipe fétiche, Paul Kagame a créé une polémique, suscitant des critiques, y compris chez les parlementaires britanniques et néerlandais, deux pays qui ont longtemps été les soutiens du pays. Mais le célèbre club anglais persiste et signe, parlant d’un contrat de sponsoring signé après un processus d’évaluation menée par des « experts indépendants ». « Le Rwanda s’est transformé radicalement ces derniers temps », croit savoir le porte-parole du club.

Dans un contexte de restriction, de l’aide humanitaire internationale, le Rwanda qui figure toujours parmi les plus pauvres et les plus assistés d’Afrique, vient de débourser 40 millions de dollars sur trois ans pour cette campagne des plus ambitieuses, « Visit Rwanda ». Selon l’Agence rwandaise de promotion des investissements, avec cette simple mention sur un maillot vu 35 millions de fois par jour, selon le club, les revenus du tourisme devraient doubler sur les six prochaines années pour dépasser les 800 millions de dollars. L’une des principales attractions touristiques du Rwanda, ce sont ses parcs, ses volcans et les gorilles des montagnes chers à l’anthropologue Diane Fossey. Un fan d’Arsenal devra débourser 1 500 dollars pour une heure en leur compagnie. Comme dans d’autres secteurs, le petit Rwanda a toujours visé un tourisme haut de gamme, cantonné aux lodges et aux hôtels de luxe. Pour atteindre son objectif, il lui faudra entre 10 000 à 15 000 touristes supplémentaires par an, avec des poches bien garnies. Rien que l’on considère impossible au pays des Mille Collines, 24 ans après un génocide qui, selon l’ONU, a coûté la vie à 800 000 Tutsis et Hutus modérés, soit un dixième à l’époque de sa population.

Aujourd’hui présenté par les bailleurs comme l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique, le Rwanda a connu une croissance du PIB d’environ 8% par an entre 2001 et 2014, sous la conduite de son homme fort. L’ancien chef rebelle, Paul Kagame, prend officiellement le pouvoir six ans après le génocide. L’an dernier, le président rwandais s’est officiellement fait réélire à près de 99%. Une modification de la Constitution peut lui permettre aujourd’hui de garder les rênes du pays jusqu’en 2034. Il n’y a plus beaucoup de détracteurs pour lui barrer la route. Au Rwanda, presque tous les opposants ont été tués, emprisonnés ou vivent en exil, selon l’ONU. Même les bailleurs, sans doute sur fond de culpabilité liée au génocide, mais aussi peut-être par crainte de représailles, hésitent à le contredire.

Des distributions alimentaires ciblées

Dans une Afrique de l’Est et centrale soumise depuis 2014 à des sécheresses, des inondations à répétition causées par le changement climatique, le Rwanda est étrangement absent des rapports du Programme alimentaire mondial sur la sécurité alimentaire, comme si les phénomènes climatiques s’arrêtaient à la frontière. « C’est sans doute faute de données récentes », assure un porte-parole du PAM qui se dit bien conscient de la gravité de la sécheresse au Rwanda. Mais l’agence onusienne dit espérer être en mesure de publier dans les prochaines semaines les résultats préliminaires de l’analyse sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité des personnes au Rwanda. Quand la presse régionale fait état de déplacements dans les pays voisins de milliers de familles rwandaises frappées par la sécheresse, le HCR dit ne pas être informé.

L’existence des distributions alimentaires d’urgence était quasi-taboue au Rwanda. Des journalistes ont été inquiétés pour avoir voulu évoquer la question de la malnutrition. Mais en janvier 2018, le gouvernement rwandais a finalement reconnu avoir assisté en 2016 quelque 100 000 « foyers », soit plus d’un demi-million de Rwandais, avec une aide alimentaire d’urgence dans les provinces du sud et de l’est. Selon le New Times, quasi-agence de presse du régime, la ministre des Affaires sociales s’est engagée cette année encore à ce que « aucun Rwandais ne meure de faim », malgré une nouvelle période de sécheresse débutée en octobre 2017 puis des inondations qui ont déjà fait des centaines de morts.

Depuis le début de l’année, Kigali annonce tous les mois des distributions alimentaires ciblées et assure avoir suffisamment de nourriture pour tout le monde. Selon des documents internes au PAM, le gouvernement avait pourtant en 2016 demandé au moins une fois à l’agence onusienne d’assister quelque 125 000 Rwandais et l’agence onusienne avait planifié cette opération. Interrogé sur la fréquence et l’importance de ces distributions depuis, le Programme alimentaire mondiale assure que cette assistance ne s’est finalement pas révélé nécessaire et dit n’avoir fait depuis aucune distribution « à grande échelle » et « indiscriminée » à des Rwandais vivant au Rwanda. L’agence onusienne qui connaît de graves difficultés financières décrit comme une « évolution positive » le fait que Kigali se retrouve aujourd’hui seule en première ligne.

Les statistiques sont-elles truquées ?

En 2014, l’Institut rwandais des statistiques a annoncé que la pauvreté au Rwanda était en net recul, passant de 44,9 % en 2010 à 39,1% en 2014, soit une baisse de six points. L’Institut britannique OPM, qui jusque-là apportait un appui technique sur ce projet, s’est refusé à cosigner l’étude sans plus d’explication. Mais des chercheurs belges, comme Filip Reyntjens ou plus récemment Sam Desiere, ont remis en cause ces chiffres ; l’un dénonçant une manipulation derrière la « mise à jour » opérée par l’Institut rwandais dans le calcul du panier de consommation de base des ménages rwandais ; l’autre, démontrant que l’inflation était plus élevée que ce que les autorités pouvaient reconnaître.

Pour Sam Desiere, spécialiste de la question des statistiques dans les pays en voie de de développement, le taux de pauvreté au Rwanda n’aurait pas baissé de six points, mais augmenté d’un peu plus d’un point. Sur la même période, le taux d’inflation ne serait pas de 17%, mais de plus de 30%, ce qui entraînerait une plus grande vulnérabilité, notamment dans les couches les plus pauvres de la population rwandaise.

L’ancien expert de la Banque mondiale, Bert Ingelaere, en fait même une tribune dans le New York Times publiée le 2 août 2017 et intitulée « Le président pour toujours ». Quelques jours avant la réélection annoncée de Paul Kagame, il décrit publiquement comment, alors qu’il travaillait encore pour l’institution de Bretton Woods, on lui a demandé de ne pas poursuivre une étude dont les questions ne plaisaient pas au gouvernement rwandais. « Les questions étaient standard pour tous les pays, certaines portaient sur la gouvernance », précise Bert Ingelaere. « Je n’ai rien dit publiquement sur le coup parce que je pensais à la sécurité de nos équipes rwandaises sur le terrain », conclut ce désormais maître de conférences à l’Université d’Antwerp et auteur du livre Les cours Gacaca au Rwanda : rechercher la justice après le génocide.

Une autre experte explique avoir été elle aussi censurée. Elle avait effectué un rapport d’évaluation pour le compte d’une ONG d’un programme de lutte contre la pauvreté. « Mon rapport montrait des taux de malnutrition très inquiétants dans certains villages rwandais, l’ONG n’a pas voulu le publier parce que cela démontrait aussi que ses programmes n’avaient pas les résultats escomptés », confie encore l’experte. « Entretenir l’idée d’un miracle rwandais, ça profite tout autant aux bailleurs et aux ONG qu’au gouvernement rwandais », confirme un responsable d’ONG, qui poursuit : « Il y a une indulgence, sans doute emprunte d’un fond de culpabilité du génocide, mais qui ne rend pas compte de la réalité. »

Paul Kagame tape du poing sur la table

Au mois de février 2018, lors de la retraite organisée chaque année par le régime rwandais, le président Paul Kagame a lui-même tancé ses ministres pour les mauvais résultats en termes de malnutrition chronique. 37% des enfants de moins de cinq ans en souffrent toujours. « Est-ce que nous manquons à ce point de nourriture ? » a lancé l’homme fort du Rwanda, se disant fatigué de devoir répéter les mêmes choses. « Paul Kagame aime faire ça, il aime jouer les sauveurs, mettre le gouvernement en ordre, comme un PDG efficace », s’amuse un observateur. Officiellement, ces quatre dernières années, ce taux est resté quasi-inchangé. 37%, c’est six points de moins que son voisin, la République démocratique du Congo, souvent décriée pour sa mauvaise gestion.

De l’autre côté de la frontière, au Congo, avec un taux de malnutrition chronique de 43%, l’Unicef parle d’une « urgence silencieuse », d’un risque de retard dans l’éducation et le développement de ces enfants. Pour René Mugenzi, activiste rwandais en exil en Grande-Bretagne, la faim fait tellement partie du quotidien des Rwandais que pour pouvoir en parler sans violer le tabou, ils l’ont appelée « Nzaramba », ce qui signifie « que ta vie soit longue ». Un journaliste rwandais confirme : « C’est l’expression utilisée dans l’est du pays, mais il existe d’autres expressions “Warwaye ryani”, “Shira Umuteto”… Il y en a presque autant que de districts ». Pour les organisations paysannes rwandaises, certains de leurs partenaires, des chercheurs rwandais comme étrangers, cette insécurité alimentaire croissante dans certaines parties du pays n’est pas uniquement due au changement climatique.

Une mauvaise répartition de la croissance ?

Il y a dix ans, le Rwanda s’engageait à bras le corps dans la « révolution verte » promue par le FMI et la Banque mondiale, imposant des cultures de rente comme le maïs ou le blé, plus sensibles aux aléas climatiques, et un développement à marche forcée, à coup de semences améliorées, de fertilisants et d’engrais chimiques, à des paysans rwandais qui constituent aujourd’hui encore la frange de la population la moins éduquée et la plus pauvre du Rwanda. La production agricole, elle, contribue pourtant à plus de 30% du PIB. « Il y a des réels gains de productivité, c’est un facteur à ne pas négliger dans un pays aussi densément peuplé »,  explique An Ansoms, professeure à l’université catholique de Louvain.

An Ansoms fait partie d’un collectif de chercheurs étrangers qui, depuis l’an dernier, tire la sonnette d’alarme. Cette course à la productivité aurait surtout bénéficié aux élites rwandaises, devenues les intermédiaires dans cette « révolution verte », et aux agriculteurs qui disposent d’au moins deux hectares, quand 70% des parcelles cultivables font aujourd’hui moins d’un hectare et que 70% de la population vit encore de ce qu’elle produit.

« Ce qui n’est jamais expliqué dans toute la littérature sur la révolution verte ou dans les success stories sur le Rwanda relayées par le gouvernement et les bailleurs, c’est que pour chaque Rwandais qui accepte d’ouvrir un compte en banque et toutes les conditions des politiques d’Etat, il y a au moins un Rwandais qui en est exclu », affirme Chris Huggins, professeur à l’université d’Ottawa et auteur de La réforme agricole au Rwanda : autoritarisme, marchés et zones de gouvernance, paru en octobre 2017.

Les paysans aussi se plaignent d’être les laissés pour compte du « miracle rwandais ». « Ce n’est pas comme pour tous les autres métiers, nous, c’est un peu comme si on opérait dans l’informel », déplore un paysan rwandais. « Quand on distribuait les cartes d’identité, toute personne qui n’avait pas de boulot, qui était chômeur et travaillait une heure par jour, était enregistrée comme un agriculteur. » Au Rwanda, 17epays le plus pauvre au monde, le taux de chômage est officiellement de 16,7%, un chiffre comparable à celui de l’Espagne, 14e puissance mondiale.

« Même ceux qui ont quelques ares de terrain, même l’agent de l’Etat, même la prostituée avec un jardin, sont considérés comme des agriculteurs. Et ça empêche de faire des politiques adaptées aux différentes catégories », peste encore l’agriculteur.

Pour lui, comme pour d’autres sur les collines rwandaises, il faut aujourd’hui assouplir les politiques publiques, offrir des « services spécifiques ». Même si l’Etat fait « beaucoup d’efforts », reconnaissent ces paysans, en subventionnant les intrants pour ceux qui acceptent de rejoindre son programme d’intensification des cultures, ces efforts restent tournés vers le développement d’un agrobusiness dans lequel l’Etat, le régime et leurs démembrements tiennent une place prépondérante. Une des sociétés du ministère de la Défense, l’APTC (Agro Processing Trust Corporation), a longtemps été l’un des principaux acteurs dans la chaîne d’approvisionnement en fertilisants et en semences. « Nous, tout ce qu’on demande, c’est un traitement équitable » conclut l’agriculteur.

Sonia Rolley

Source: RFI

Miracle ou mirage rwandais: faut-il croire aux bienfaits de la révolution verte?

Rwanda-The_0Des Journées européennes de développement au sommet du G7, Paul Kagame, actuel président en exercice de l’Union africaine, est invité partout, malgré son troisième mandat officiellement obtenu à près de 99% des suffrages exprimés. Même en France, malgré les accusations réciproques et la suppression de l’enseignement du français au primaire, c’est au Rwanda et à sa candidate Louise Mushikiwabo que le président Emmanuel Macron apporte son soutien pour le poste de secrétaire général de la Francophonie. Le Rwanda est présenté comme un modèle de développement pour l’Afrique et le bon élève de la politique de l’aide. Pourtant, tout comme sur la question des droits de l’homme et de la démocratie, de plus de plus de voix se font entendre pour critiquer ce modèle qui exclut des fruits de la croissance des millions de paysans rwandais parmi les plus défavorisés.

La Fédération des agriculteurs et des éleveurs du Rwanda, Imbaraga, ose aujourd’hui le dire tout haut, ce que beaucoup d’observateurs étrangers n’auraient pas cru possible il y a encore quelques mois. « Le gouvernement fait beaucoup d’efforts, mais les agriculteurs rwandais restent les plus pauvres parce qu’ils dépensent aujourd’hui plus qu’ils ne reçoivent », assure son secrétaire général, Joseph Gafaranga. Une déclaration que les experts du régime rwandais jugent exagérée. « Ces paysans sont des assistés, le gouvernement dépense des millions en subventions et en formation », insiste l’un d’eux. Et pourtant la liste des dépenses est longue, de l’achat des semences et des fertilisants à l’imposition de taxes réelles ou illégalement établies par les dirigeants des coopératives ou des autorités locales. Mais des discussions sont en cours entre le gouvernement et la fédération paysanne qui a formulé une série de propositions visant à améliorer les conditions de vie des paysans les plus pauvres, très largement majoritaires dans le pays.

Avec la politique d’intensification des cultures mise en place depuis dix ans, le Rwanda s’est inscrit dans la « révolution verte » âprement défendue par la Banque mondiale et le FMI, maintes fois réformée officiellement pour produire plus de justice sociale, mais toujours aussi critiquée quarante ans pour les inégalités qu’elle creuse et son coût écologique. L’idée de cette « révolution » est simple : avec des semences améliorées et des fertilisants, la production peut croître et nourrit une population toujours croissante. En Asie, entre 1970 et 1995, grâce à l’introduction de nouvelles variétés de blé et de riz, la production agricole a cru de 310 millions à 650 millions de tonnes par an, alors que la population asiatique a plus que doublé.

Pour les détracteurs de la révolution verte, cette politique a eu un coût écologique élevé et aurait même plongé jusqu’à 800 millions d’Asiatiques sous le seuil de pauvreté. Vivre avec moins d’un dollar par jour, c’est le niveau choisi par la Banque mondiale pour définir le seuil de la pauvreté, selon ses plus âpres critiques. Certains de ses défenseurs rétorquent que, sans la Révolution verte, au vu de la croissance de la population mondiale (quatre milliards de plus d’êtres humains), le nombre de pauvres serait plus élevé encore. Le débat est presque aussi vieux que l’idée, même si les Institutions de Bretton Woods promettent à chaque réforme que la redistribution des ressources sera plus équitable.

L’épineuse question des terres

« Il y a beaucoup de rapports d’études là-dessus, ce sont les paysans les plus pauvres qui s’en sortent le moins avec la révolution verte, mais au Rwanda, malheureusement, cela constitue une très grande majorité de la population », explique Chris Huggins, professeur à l’université d’Ottawa. Ce dernier a passé plus de quinze ans à travailler sur l’épineuse question des terres, notamment au Rwanda, il a publié l’an dernier un livre intitulé La réforme agricole au Rwanda : autoritarisme, marchés et zones de gouvernance. Au pays des Mille Collines, la question des terres reste un sujet sensible. Ce n’est que dix ans après le génocide qu’une loi encadrant la propriété a été adoptée, avec pour objectif affiché de renforcer les droits des propriétaires terriens.

Pour enrayer le morcellement des terres, le gouvernement rwandais a interdit de diviser les terres de moins d’un hectare. « Même si c’est une bonne mesure d’essayer d’éviter les subdivisions à l’infini, chaque médaille a son revers », explique un membre de la société civile. « 70% des Rwandais n’ont que ça à transmettre en héritage à leurs enfants ». L’autre mesure qui réduit la possibilité pour le petit paysan de vendre ou de transmettre sa terre, ce sont les 30 000 francs rwandais de frais administratifs, exigés jusqu’ici pour enregistrer le titre de propriété, quelle que soit la taille de la parcelle. Pour le professeur Chris Huggins, cette dernière mesure est de nature à encourager les petits paysans à transmettre illégalement leurs parcelles et à nuire à terme à la fiabilité du cadastre que le gouvernement rwandais a mis quatre ans à constituer.

Avec 500 habitants au kilomètre carré, le Rwanda, c’est Taïwan sans les gratte-ciel, un maillage serré de micro-parcelles cultivées flanquées sur des collines plus ou moins escarpées, des agriculteurs, des éleveurs, des déplacements de populations depuis l’indépendance et des conflits fonciers à foison. Au Rwanda, même les marécages sont mis à contribution, surtout en saison sèche. Seuls les parcs, ses volcans et ses gorilles, sont protégés. Or depuis le génocide de 1994, la population rwandaise a doublé, dépassant les 13 millions d’habitants. Le nombre de terres cultivées au Rwanda croît chaque année.

Une surexploitation sur fond de croissance démographique

Selon le dernier rapport de l’Institut de recherche et de dialogue pour la paix (IRDP), entre 2007 et 2010, le nombre de terres officiellement cultivées a été multiplié par dix. Aujourd’hui encore, la Fédération des paysans et éleveurs du Rwanda demande au ministère de l’Agriculture à pouvoir utiliser les terres disponibles le long des rivières, des lacs, à l’aider à consolider les terres d’altitude. Toutes ces propositions ont été favorablement accueillies par le gouvernement tant la pression sur les terres est forte. « Depuis 2012, les femmes peuvent aujourd’hui hériter au Rwanda, ce qui est une bonne chose, mais cela rajoute encore de la pression », dit Chris Huggins.

Au Rwanda, c’est dans les milieux ruraux que la croissance de la population reste la plus forte. Sur les collines, les femmes continuent de faire cinq à six enfants. « Le nombre d’agriculteurs augmente et la superficie de terres cultivées par famille diminue. Nous avons moins de terres que nos voisins, ça nous rend moins compétitifs, on ne produit pas assez », regrette le patron du syndicat paysan Joseph Gafaranga, quand la production agricole représente déjà 30% du PIB. C’est aussi sur les collines qu’on enregistre les taux de malnutrition chronique les plus élevés chez les enfants de moins de cinq ans, 37% au niveau national, jusqu’à 60% dans certains districts selon les statistiques officielles de 2015. Ces districts défavorisés sont aussi trop souvent ceux qui ont été frappés ces dernières années par la sécheresse, les inondations, les invasions de parasites.

« Si vous comparez la taille des enfants par rapport à leur âge, ils sont très petits, ils ont des problèmes d’anémie, ils ont du mal à suivre à l’école, ils sont condamnés à ne pas être productifs, c’est une génération de perdue », déplore un membre de la société civile. Comme dans les autres pays qui ont adopté la révolution verte, le gouvernement a dû subventionner les intrants pour permettre aux petits producteurs de pouvoir produire plus, visant non seulement l’autosuffisance alimentaire, mais aussi l’exportation. « Comme la densité augmente, il y a une surexploitation des terres qui nécessite d’utiliser beaucoup d’intrants agricoles, en particulier des fertilisants. »

Des prix imposés aux paysans

Le réseau européen pour les Grands Lacs, EurAc, va plus loin, en reprenant tout ce qui fait le socle des critiques de la révolution verte. « Les politiques du gouvernement ont changé de façon radicale la manière dont les Rwandais produisent de la nourriture et cela dégrade leur sécuritaire alimentaire », explique l’un de ses chargés de plaidoyer et chercheur sur le Rwanda, Giuseppe Cioffo. Le sorgho, la banane à bière et parfois même la patate douce, « que l’on peut pourtant récolter toute l’année », ont été remplacés par des cultures destinées à la commercialisation et à l’exportation, un modèle « plus risqué » face au changement climatique, pas adapté à une « agriculture encore vivrière », modèle « trop cher » aussi pour la majorité des Rwandais et avec un coût écologique élevé qui est contraire à toute idée de durabilité. « Il y a des terres érodées, des terres qui deviennent infertiles, des semences qui n’ont pas donné la production promise », martèle le chargé de plaidoyer.

Dans son dernier rapport daté d’avril 2018, l’IRDP partage une partie de ces conclusions, mais soutient que les faiblesses observées sont moins du fait de la politique en elle-même que dans sa mise en œuvre. « On ne peut pas nier que dans la politique d’intensification des cultures (CIP), il y a une vision. Sur le papier, ce modèle se veut équitable », explique son directeur, Eric Ndushabandi. Dans les textes, la CIP est censée permettre aux petits paysans réunis en coopérative de « consolider leur terre », en produisant suivant les instructions du gouvernement une culture désignée comme favorable pour son district.

Au niveau national, toutes ses productions devaient amener à créer une alimentation peu chère et diversifiée pour les Rwandais. Mais selon l’enquête de satisfaction menée par l’IRDP, 47% des paysans interrogés disent ne pas être intéressés par cette politique, persuadés après dix ans de mise en œuvre qu’elle entraînerait des famines ou permettrait à l’Etat de s’accaparer leurs terres. Cette insatisfaction envers les réformes agraires et foncières est même perceptible dans le Citizen Report Card financé par l’ONU et basé sur des statistiques produites par le comité de gouvernance du Rwanda.

Ce que dénoncent les paysans et chercheurs, c’est qu’au Rwanda, sans surprise, on est bien loin du modèle libéral pourtant claironné par les institutions de Bretton Woods. Dans un pays où presque toutes les voix dissidentes ont été réprimées, c’est difficile de négocier. « Le petit paysan n’a pas beaucoup son mot à dire sur le prix des semences, des fertilisants, le prix d’achat des récoltes. Ce sont les gros vendeurs et acheteurs qui les fixent », explique Joseph Gafaranga, secrétaire général du syndicat paysan. Le docteur Eric Ndushabandi renchérit sur ce point : « Il y a deux choses que les coopératives ne doivent pas faire : imposer des contributions supérieures au prix que le paysan va obtenir avec sa récolte ; et elles doivent surtout, comme c’est écrit dans les textes, favoriser les petits paysans et non les grands producteurs ». Pour l’IRDP, il est crucial de rendre le système des coopératives plus attractif, et de mieux vulgariser ses effets positifs, car c’est dans cet espace que se concentrent les interventions du gouvernement, appui technique, formation, subventions.

« Education, éducation, éducation »

Pour la Fédération des paysans et éleveurs du Rwanda, il y a urgence à donner un statut aux agriculteurs, de définir des catégories pour pouvoir adapter les services, alors que trop souvent « même ceux qui n’ont pas de terres, même ceux qui ne travaillent pas ont ce statut », justifie son secrétaire général. Pour Joseph Gafaranga, cette proposition « est aussi avantageuse pour le gouvernement », parce qu’elle permettrait de lister les devoirs des agriculteurs vis-à-vis des terres ou de l’Etat. « Les objectifs de commercialisation et d’exportations sont bons, mais la réalité, c’est qu’au Rwanda, cela reste en majorité une agriculture de subsistance, avec des paysans très attachés à leur terre, à leurs traditions et encore trop peu formés aux nouvelles techniques », commente le docteur Eric Ndushabandi.

Une révolution est pourtant en marche au Rwanda. Selon l’étude menée par l’IRDP, moins de 3% des jeunes de 15 à 24 ans vivent des activités agricoles. Les trois quarts des paysans rwandais ont aujourd’hui entre 35 et 54 ans et ils ont à peine un niveau d’éducation primaire. « Le gouvernement rwandais fait beaucoup d’efforts sur la formation des jeunes et sur la création d’emplois, car c’est le défi d’avenir », souligne le directeur de l’IRDP. Mais ce dernier insiste sur la nécessité de renforcer l’information et la formation des agriculteurs pour « réduire les résistances au changement » : « Je n’ai qu’un mot pour les autorités : éducation, éducation, éducation pour créer des perspectives d’emploi. »

L’autre aspect de cette révolution dans les campagnes, c’est que, selon cette étude, un petit plus de la moitié des agriculteurs possède sa propre terre. Les autres 40% louent ou travaillent sur des propriétés qui appartiennent à des tiers. « C’est l’une des conséquences de cette politique, les paysans s’endettent, ils finissent par perdre leurs terres, doivent travailler pour d’autres pour des salaires souvent très limités »,  explique An Ansoms, professeure à l’université catholique de Louvain. Il est difficile d’évaluer le volume de « paysans sans terres » ni même d’expropriations. Mais la loi autorise les pouvoirs publics depuis 2015 à exproprier des citoyens pour une large palette de motifs, infrastructures « et autres activités sur décret ministériel ».

La hantise de l’expropriation

Selon une étude menée cette fois par la société civile sur les expropriations et transferts des terres, publiée en octobre 2017, le monde agricole, peu informé des lois et des recours, reste le principal touché par ce phénomène, inhérent à la politique du gouvernement rwandais d’un développement à marche forcée, à coup de grands projets pilotés par l’Etat. Si un système de compensation est prévu dans la loi, l’écart entre les villes et les campagnes peut dépasser les 150% et renforce le ressenti vis-à-vis du régime d’une partie des paysans, privés de leurs moyens de substances. « Pour comprendre ce ressenti, il ne faut pas négliger le poids du passé et les interférences permanentes exercées par le régime à la base. Mais cette tension porte moins aujourd’hui sur l’ethnie que sur l’adhésion politique ou non au FPR », explique encore le professeur Chris Huggins.

Depuis presque deux ans, des discussions sont ouvertes entre le gouvernement et les représentants du monde paysan, avec une liberté de ton qui surprennent les partenaires, comme les observateurs étrangers, habitué aux discussions plus policées dans une sphère publique très contrôlée. Pour la professeure An Ansoms, Kigali, comme les bailleurs de fonds, reconnaît jusqu’ici « des couacs » dans la politique agricole, mais n’est pas encore prête à une « remise en cause systémique » plus à même de permettre une meilleure répartition des ressources. « Le gouvernement sait aussi qu’il doit parfois les entendre », car la faim reste « le meilleur catalyseur pour une révolte », estime un observateur avisé. « Il ne peut y avoir deux Rwanda, celui qu’on vend à l’extérieur et la réalité du quotidien », renchérit un responsable de la société civile. « Ces paysans, c’est la majorité de la population, ils peuvent faire disparaître les pauvres dans les villes, mais pas dans les campagnes. Il faut faire avec. »

Sonia Rolley

RFI

Rwanda’s Forever President

kagame-fpr-bureau-politiqueANTWERP, Belgium — There is an election in Rwanda on Friday, but its outcome already is nearly certain: President Paul Kagame will win a third seven-year term. Elections there are not a contest for power. They are the ritual confirmation of the power in place.

Mr. Kagame generally wins by margins that would make a dictator proud: In 2010, he scored some 93 percent of the vote. He is the only ruler most Rwandans born since the 1994 genocide know. The Rwandans who remember leaders before him have reason to wonder if they will ever see another: The state’s mighty security apparatus is quietly eloquent, with all those soldiers and police officers routinely patrolling both city streets and the countryside.

Mr. Kagame is up against two innocuous candidates after the national election commission disqualified Diane Rwigara, his strongest opponent, and two other independent contenders. The opposition leader Victoire Ingabire, who was placed under house arrest in the lead-up to the 2010 election, is now in jail serving a dubious 15-year sentence for threatening state security, among other things. Journalists have also been intimidated and stifled; Freedom House categorizes Rwanda as “not free.”

Mr. Kagame wasn’t supposed to run this time because he would be coming up against the two-term limit set by the Constitution. But in 2015 the government proposed an amendment and had it sanctioned in a referendum (roundly criticized by human rights groups), opening the way for Mr. Kagame to stand for re-election this year — and again until 2034.

Burundi was condemned internationally in 2015 after President Pierre Nkurunziza flouted term limits to run for a third mandate. Last year, President Joseph Kabila of the Democratic Republic of Congo skirted term restrictions by simply delaying the next election, triggering protests and then a crackdown that led to sanctions against his government. Yet nothing of the sort has happened to Mr. Kagame or his administration despite its ploys to keep him in power basically unchallenged.

Why? Because Mr. Kagame has been masterful at deflecting criticism of his illiberalism by pointing to Rwanda’s economic performance. The country is touted as a model: The government claims that the economy grew by an average of about 8 percent a year between 2001 and 2014, and that the rate of poverty dropped from nearly 57 percent in 2006 to less than 40 percent in 2014. Neither Mr. Nkurunziza nor Mr. Kabila could proffer such results.

Mr. Kagame’s supporters, in Rwanda and beyond, sing to his tune. In a way, they have to. Western donors and international organizations may well prefer democratic values to big-man politics. But having poured great sums of money into Rwanda since the 1994 genocide, they want to be impressed by the headway Mr. Kagame claims to have made — on economic growth and poverty reduction, but also maternal health care and the prosecution of suspected mass killers. Asia has tigers; now Africa has found its lion. Many want to believe that while Mr. Kagame may have been cutting corners on democracy, he has delivered on development.

Has he, though?

In fact, his government’s record is shakier than it looks, including on some of the major achievements it is credited with.

Consider poverty reduction. Back in 2005, I was stationed in Rwanda with a World Bank team, working on a large-scale study of poverty. Six months into it, after we had collected hundreds of survey questionnaires about the well-being of ordinary Rwandans and conducted hundreds of discussions with villagers, the Rwandan security forces seized half of our files on the pretext that our research’s design was tainted by “genocide ideology” — a vague notion supposedly something like sectarianism that the government often invokes to criminalize what it sees as challenges to its authority. After lengthy negotiations between World Bank and Rwandan officials, the project was abandoned. We never determined what the poverty trends were: The information we had collected was destroyed before it could be analyzed.

Matters have hardly improved. Major studies can only be carried out by the Rwandan authorities or under their close supervision. Independent researchers have come to question the government’s methodology for analyzing data.

Officially, the poverty rate decreased by nearly 6 percentage points between 2011 and 2014. But Filip Reyntjens, a Rwanda expert at the University of Antwerp, has argued that it might actually have increased by about 6 percentage points during that period. Several articles published by the Review of African Political Economy also challenge Rwanda’s official poverty figures, as well as its G.D.P. growth rates.

I’m of the view that expanding individual freedoms is essential, not incidental, to a country’s long-term development. As Angus Deaton, a Nobel laureate in economics, said to a Rwandan minister in 2015, “improvements in public health can never be truly secure in nondemocratic states.” But I concede that Rwanda has made remarkable economic progress since facing near-total destruction in 1994, and that some think it is still worth debating the merits of trade-offs between democracy and development.

Whatever one thinks of these issues, however, everyone should be concerned that the Kagame government has been fudging, hiding or selectively presenting the raw facts of its economic record. Rwanda may be forgoing democracy for development only to wind up with no democracy and far less development than many think.

Faking it: The Rwandan GDP Growth Myth

This is a follow up to the blog-post, which was published on roape.net on 31 May, 2017, in which we showed that poverty increased by between 5 and 7 percentage points between 2010 and 2014 in Rwanda, even as the government claims it decreased by 6 percentage points. The blogpost concluded that the information emerging from the household survey data appeared to be incompatible with the official figures on economic growth, and invited researchers to more closely scrutinize the data coming out of the National Institute of Statistics of Rwanda (NISR). Indeed, with agriculture accounting for more than one third of GDP and two thirds of the workforce, it is difficult to imagine a scenario in which total GDP growth could average between 6% and 8% annual growth, while incomes in the agricultural sector appear to be decreasing for a substantial proportion of farmers. This blogpost tries to substantiate those claims using the NISR’s Integrated Household Living Conditions Survey (EICV) data as well as looking at more recent trends in relevant macroeconomic variables.

According to economic theory, GDP per capita measured from National Account Statistics (NAS) should be equivalent to average income or consumption measured from Household Surveys (HHS). In practice, this is rarely the case because of measurement errors. For instance, households tend to deliberately under-report earnings, while NAS have trouble capturing illicit and informal economic activity (read Ken Simler’s 2008 paper on this theme). Even when there are differences in levels of income estimated by the two methods, however, Martin Ravallion (2003) concludes that, “NAS consumption growth rate is an unbiased predictor of the HHS consumption growth rate.” Furthermore, he finds that NAS/HHS estimates should converge over time as the economy develops and becomes more formalized.[1]

In figure 1 below, we show the evolution of average household consumption between 2000 and 2013 in Rwanda, as estimated from the EICV datasets and nominal GDP per capita in local currency units, as reported in the World Bank’s World Development Indicators databank. [2] As the graph shows, estimates of average income/consumption from the EICV and national accounts were almost identical in 2000 and 2005, and started to grow apart thereafter. By 2013, the national account estimate was more than 50% higher than the average consumption estimated from the EICV. This does not constitute incontrovertible proof that GDP growth rates have been over-estimated in Rwanda, since there are different factors listed above that could explain such discrepancies. But it does strongly suggest that something is amiss in Rwanda’s GDP growth figures. At the very least, it does raise serious questions about the reliability of national account statistics, which the government and donors rely on to claim the success of their policies. As mentioned in our previous blogpost, GDP figures are easier to manipulate than household survey data, as the Greek case famously showed a few years back.

Figure 1: GDP per capita vs. Average EICV consumption

Source: EICV1-4, World Bank WDI

Even if we were to conclude that growth data have not been manipulated in the past, there are reasons to be concerned about the current performance of the Rwandan economy. The most recent growth data coming out of Rwanda shows that economic growth slowed to its lowest level since 2002 (1.7%) in the first quarter of 2017. With a population growth rate of 3% per year, this means that Rwanda’s GDP per capita growth rate is now effectively negative, even according to the NISR’s own estimates (see figure 2 below).

Figure 2: GDP Annual Growth Rate

Source: tradingeconomics.com

This should come as no surprise to those who have paid attention to the facts behind the dazzling numbers that Rwanda and its donors like to boast about. While there has been undeniable progress since the war, much of the improvements we see in Kigali today are cosmetic and driven by the government’s obsession to portray an image of success rather than to lay the foundations of lasting economic growth. As we mentioned in the previous blogpost, much of the investments have been financed with public debt, leading to a surge in external debt levels (see figure 3 – remember that actual debt to GDP ratios may be even higher, if GDP has been overestimated as our analysis suggests).

Figure 3: Debt to GDP

Source: tradingeconomics.com

This would all be fine, if the investments had been strategically targeted at growth areas aimed at leapfrogging development Korean style. But to date, the vast majority of investments have gone into cosmetic – and crucially loss-making – prestige projects, such as the Kigali Convention Centre, Rwanda Air, Kigali skyscrapers and luxury housing units for the non-existent Rwandan upper-middle class. Even if these investments were not making a loss, this would arguably be a questionable use of public resources, since they are all highly regressive and aimed at subsidizing the super-rich or foreign clients.  Rather than enabling economic development, these projects cost the Rwandan taxpayer dearly in running costs and take away precious resources from more pressing areas of development, such as the agricultural sector. The result of these irresponsible investments is beginning to  be felt. For the first time in recent years, capital account flows to Rwanda were negative by a large margin in 2016, indicating that investors may be starting to put their assets abroad (see figure 4 below).

Figure 4: Capital Flows

Source: tradingeconomics.com

At the same time, Rwanda’s current account deficit reached a whopping 16.6% of GDP, even as the government put in place draconian measures to restrict imports (see figure 5)

Figure 5: Current Account

Source: tradingeconomics.com

With such economic fundamentals, it is not surprising that the value of the Rwandan franc has almost been halved in the past few years (see figure 6 below):

Figure 6: Rwf/ USD exchange rate

Source: tradingeconomics.com

The situation is likely to get worse, not better, over the coming years as even larger prestige projects come online and existing ones start accumulating more losses. The East African reported on 3 July that “Rwanda’s foreign reserves are expected to fall below the East African Community’s convergence criterion of four months [of imports] in the coming year” and may fall below IMF’s critical threshold of three months of imports.

The conclusion of this brief analysis is that if there ever was a Rwandan economic miracle it has probably fizzled out some time ago and is likely to come crashing down very soon. At the very least, the data shows that the development strategy adopted by the Rwandan government is risky in the extreme, bordering on reckless. The closest example we can find in recent history of similar policies is Mobutu’s Zaire that squandered the country’s resources on space projects, nuclear power plants and a Concord airplane. As outlandish as they seem today, these projects also helped to give Mobutu an image of success up until the 1970s (remember the Rumble in the Jungle?) But Rwanda’s PR machine has even surpassed Mobutu’s, having managed to keep the narrative of success going for all these years even as evidence to the contrary has been in plain sight, or just below the surface waiting to be scratched. Even today, there is not a single article in the press (even the critical ones) that does not mention Rwanda’s alleged economic success, and its low levels of corruption – forgetting to mention that close associates of Kagame appeared in the Panama Papers last year and a transparency international coordinator was assassinated.

The authors of this article have asked for anonymity. 

Featured Photograph: Kigali Convention Centre dome (2014)

Notes

[1] Ravallion, M. 2003. “Measuring Aggregate Welfare in Developing Countries: How Well do National Accounts and Surveys Agree?” Review of Economics and Statistics 85(3): 645–652

[2] The do-files required to estimate average household consumption are the same ones that were published in the previous blogpost. Once the do-file has run its course, you simply need to run the following command to obtain average household consumption: svy: mean adtot. For EICV2 use this do-file (click here to download the file). For EICV1, we used the figures in Table 2, page 13 in: McKay, A. (2015). The recent evolution of consumption poverty in Rwanda (No. 2015/125). WIDER Working Paper.

Source: A Review Of African Political Economy (ROAPE)