L’Angola dans les crises congolaises : entre fantasmes et réalité des faits.

L’Angola. Oui, parlons un peu de l’Angola puisqu’il se raconte des choses depuis le passage de Félix Tshisekedi dans ce pays et la signature d’un accord de coopération militaire entre Luanda et Kinshasa. Dans le camp de la talibanie, on exulte en criant déjà victoire à la suite du fameux «meeting aérien» qui s’est déroulé dans le ciel kinois ce vendredi 20 novembre. Mais que peut-on retenir de tout ceci ?

Le fait que Félix Tshisekedi ait sollicité l’Angola pour l’aider dans le bras de fer qui l’oppose à Joseph Kabila signifie que lui Félix n’a pas confiance en l’armée congolaise, ce qui peut se comprendre. Mais contrairement à ce que pensent les intégristes de la secte et certaines personnes, l’Angola n’a jamais été le « faiseur de rois » en RDC. Jamais.

En 1997, l’Angola était intervenu aux côtés de l’AFLD à l’étape de Kisangani sur demande américaine, mais aussi et surtout parce que son adversaire de toujours, l’UNITA, s’était positionnée aux côtés du président Mobutu. Cette implication de l’Angola aux côtés de l’AFDL n’avait pas changé grand-chose sur le terrain militaire.

En 1998, l’intervention de l’Angola, mais aussi du Zimbabwe, aux côtés de Laurent-Désiré Kabila avait permis de défaire les troupes rwando-ougandaises au niveau du triangle Kitona-Banana-Moanda, sans plus. Avec le recul, on peut affirmer que l’implication de Luanda avait pour but de rééquilibrer les rapports de force sans nécessairement donner un avantage militaire conséquent à la RDC dont la partie Est était restée sous occupation des forces d’invasion jusqu’à la signature des accords de paix.

Sous Joseph Kabila, l’Angola a été un bon protecteur, mais pas un « faiseur de Rois » pour la simple et bonne raison que le pouvoir de Joseph venait de loin… si vous voyez ce que je veux dire. Le soutien que semble apporter l’Angola à Félix Tshisekedi aujourd’hui pourrait-il faire la différence en cas de confrontation armée avec Joseph Kabila ?

Dans une certaine mesure seulement puisque l’enjeu est régional et dépend de la position des acteurs composant aussi bien cet écosystème que l’échiquier international. Je vais y revenir dans une prochaine analyse sur Sputnik.

Pour le reste, il faut rappeler à certains rêveurs que l’Angola a besoin d’une RDC faible, que le soutien militaire qu’il avait apporté à Laurent-Désiré Kabila en 1998 n’avait pas empêché que celui-ci se fasse descendre dans son bureau…

À bon entendeur, je bois mon lait nsambarisé…

Patrick MBEKO

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