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Face aux violences, la Belgique soutient la lutte contre l’impunité en RDC

COMMUNIQUE DE PRESSE
Face aux violences, la Belgique soutient la lutte contre l’impunité en RDC
Comme l’Union européenne, la Belgique condamne avec la plus grande fermeté les violences dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), en particulier en Ituri et au Nord-Kivu, où les attaques se sont multipliées ces derniers jours, faisant de nombreuses victimes parmi les civils, y compris des femmes et des enfants.

L’est de la RDC est marqué depuis de nombreuses années par les violences de masse, perpétrées par des groupes armés, accusés de crimes de guerre et de graves violations des droits humains. Ces graves violations des droits humains touchent en premier lieu la population civile et contribuent à l’aggravation de la situation humanitaire et de l’instabilité dans cette région. Il est crucial de mettre fin à l’activité de ces groupes armés et de traduire les responsables de ces graves violations en justice.

Les droits humains et la lutte contre l’impunité sont au cœur des priorités de la politique étrangère et de la coopération au développement belges.
C’est la raison pour laquelle la Belgique vient d’apporter son soutien à un projet d’appui en matière de justice transitionnelle, de lutte contre l’impunité et de protection développé par le Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (BCNUDH) en RDC, dont la Belgique est un des principaux bailleurs de fonds. Il s’agit, au niveau national, d’un appui au processus de mise en place d’une commission de justice transitionnelle ainsi qu’au renforcement du système judiciaire, accompagné d’un appui aux processus provinciaux dans sept provinces particulièrement touchées par des conflits, dont le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri.

La Ministre de la Coopération au Développement Meryame Kitir souligne que : « Les habitants de plusieurs provinces de la RDC souffrent depuis des années d’une violence persistante. Sans punir les auteurs, il sera impossible de parvenir à la réconciliation et de faire en sorte que les armes se taisent. C’est pourquoi j’ai décidé de soutenir ce projet du Bureau des Droits de l’Homme des Nations Unies, car il facilitera l’accès des victimes à la justice et il contribuera à la lutte contre l’impunité ».

Le projet est basé sur 4 axes prioritaires :
La promotion de la paix durable et de la réconciliation à travers la justice transitionnelle et la lutte contre l’impunité
Le soutien aux victimes de violences et de crimes gravesLa participation et la protection des civils
L’appui au processus de réintégration des ex-combattants et miliciens et leur participation au processus de justice transitionnelle

La dimension genre se verra accorder une place centrale au sein de ce projet, avec un accent spécifique sur les victimes de violences sexuelles (appui juridique, médical, psycho-social, économique) et sur la participation des femmes aux activités mises en place. Une collaboration avec ONU Femmes est prévue afin dans ce cadre.

Ce soutien de la Belgique s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités nationales et des partenaires régionaux et internationaux pour s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité et de l’insécurité dans l’est de la RDC, condition indispensable pour rétablir une paix durable dans la région.

Pour la Vice-Première Ministre et Ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès : “Les violences dans l’est de la République Démocratique du Congo ont détruit trop de vies innocentes. C’est pourquoi nous continuons à déployer des actions en faveur de la paix. Pendant son mandat au Conseil de sécurité de l’ONU et, encore aujourd’hui, la Belgique plaide pour une mission des Nations Unies (MONUSCO) plus opérationnelle et plus attentive à la protection des civils. Nous avons aussi contribué à la récente stratégie onusienne pour les Grands Lacs afin de couper les ressources des groupes armés. Les autorités congolaises peuvent compter sur notre soutien dans leurs efforts visant à apporter la stabilité dans la région et protéger les populations.”

 « Emmanuel Macron et Paul Kagamé réinventent la Pravda et le révisionnisme soviétique » – Jacques Myard.

Tribune. Le voyage du Président de la République, Emmanuel Macron, au Rwanda, laisse pantois. Les accusations de responsabilités de la France dans les génocides rwandais relèvent du plus pure révisionnisme historique .

La mission d’information parlementaire présidée par Paul Quilès qui a rendu son rapport le 15 décembre 1998 le démontre parfaitement, j’y ai participé activement.

E. Macron a commandé le rapport Duclert afin de souligner l’aveuglement de la France sur la tragédie  du Rwanda. En réalité ce rapport est une « commande politique » sur la période post 6 avril 1994. Il ne porte que sur les événements tragiques du massacre des Tutsis par les Hutus en passant sous silence les événements d’avant et d’après.

Il y a bien évidemment eu génocide dans les moments qui ont suivi la destruction de l’avion d’Habyarimana à Kigali le 6 avril 1994. Le rapport Duclert, à ce propos, glisse sur cet acte de guerre et se refuse de répondre à la question « qui a décidé de détruire l’avion du Président rwandais ». Il ne fait que préciser qu’il y a des doutes sur les commanditaires …et pour cause.

Nous savons que les missiles qui ont abattu l’avion piloté par deux français étaient des missiles livrés par l’URSS à l’Ouganda.

Paul Kagamé a été le chef des services secrets de l’Ouganda avant de devenir le chef des forces du Front Patriotiques Rwanda ( FPR ) qui ont attaqué le Rwanda dès 1990 avec le soutien de milieux économiques anglo-saxons, notamment lors de l’attaque du 1er Octobre 1990 .

Lorsque le Président François Mitterrand a appris cet attentat, il a déclaré : « cela va être terrible ».

Au 6 avril 1994 la France n’avait plus de coopération militaire avec le régime d’Habyarimana. Elle avait retiré tous ses coopérants .

Il y avait sur place des casques bleus belges qui n’ont pas bougé, un bataillon du FPR, le Président Habyarimana revenait d’Arusha où avait été négocié un accord pour organiser des élections démocratiques au Rwanda. La France a tout mis en œuvre pour la conclusion de cet  accord.

Paul Kagamé savait parfaitement que s’il y avait des élections démocratiques, il ne les gagnerait pas, pour des raisons claniques, le seul moyen était la lutte armée pour prendre le pouvoir, ce qu’il a fait.

La faiblesse structurelle du rapport Duclert réside dans le fait majeur qu’il ne se concentre que sur la période post avril 1994, oubliant toutes les attaques armées du FPR de Kagamé, attaques répétées à partir de l’Ouganda, à partir de 1990 contre le gouvernement légal, avec le soutien actif de milieux économiques anglo-saxons, qui l’ont doté en armement.

C’est à cette période que la France a mis en place une coopération militaire pour répondre à ces agressions.

Juste avant le 6 avril 1994, il est exact que la radio des mille collines, contrôlée par les Hutus extrémistes, a appelé aux meurtres des Tutsis.

La première personne qui a parlé de génocide a été le Pape et dans la foulée Alain Juppé, Ministre des Affaires Étrangères qui a bataillé pour obtenir la résolution 929 du Conseil de Sécurité du 22 juin 1994 pour monter l’opération Turquoise contre l’avis des Américains qui ont tout fait pour que la Résolution ne mentionne pas le terme «  génocide ».

Cette résolution dispose: « Profondément préoccupé par la poursuite des massacres systématiques et de grande ampleur de la population civile au Rwanda ».

Cette formulation est loin d’être neutre, elle prend en compte le fait qu’après le massacre génocidaire, des Tutsis par les Hutus, il y a eu dans la foulée le massacre des Hutus pas les Tutsis, notamment dans leur fuite au Congo.

Les massacres réciproques constituent malheureusement une très longue histoire du Rwanda. La France en intervenant avec l’opération Turquoise a permis l’arrêt de ces massacres. C’est tout à son Honneur.

Il convient de rappeler que le chiffre de 800 000 Tutsis assassinés malheureusement, est sans doute inexact. Le recensement de 1991 dénombrant 596 000 Tutsis représentait 8,4 % de la population.

En conséquence, avoir une lecture biaisée, partielle de la tragédie du Rwanda, en ciblant la prétendue responsabilité française est non seulement du négationnisme, mais une faute lourde que les autorités françaises et rwandaises reprennent en niant les réalités historiques à des fins de volonté politique justifiant le voyage du Président de la République à Kigali.

The Economist du 27 mars 2021 consacre un long article sur Paul Kagamé. Il a eu dans le passé le soutien actif des médias anglo-saxons, lesquels doutent  désormais fortement de sa vraie nature. The Economist  titre « Paragon or Prison » « modèle de vertu ou prison ». Les actions de Kagamé, les assassinats multiples qu’il a perpétrés, dont l’assassinat de son ancien chef des services secret qui connaissait les activités de Paul Kagamé,- il a été assassiné dans son hôtel en Afrique du sud-  illustre sa véritable nature .

Les tueurs avaient simplement posé sur la porte « Don’t disturb », sans commentaire.

Un article du 30 Avril 2021du Washington Post va dans le même sens.

Les réalités historiques sur les événements au Rwanda et surtout sur la prétendue responsabilité de la France sont très loin des commentaires entendus sur nombre de médias français et autres qui véhiculent  une vision accusatrice de la France à des fins politiques pour justifier un voyage de la honte .

Pour ma part, j’estime que le voyage du Président de la République est une faute sans appel. Faire confiance à Paul Kagamé qui n’est rien d’autre qu’un criminel de guerre, un génocidaire, relève d’un total aveuglement.

La France n’a pas failli au Rwanda, rendons justice à nos militaires qui sont intervenus dans l’opération Turquoise !

Jacques Myard
Membre Honoraire du Parlement
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République

Entreprendre.fr

RDC: La société civile du Sud-Kivu se mobilise suite à des propos polémiques de Paul Kagame.

Des propos du président rwandais Pal Kagame sur les crimes commis en RDC ont choqué la société civile du Sud-Kivu (image d'illustration)
Des propos du président rwandais Pal Kagame sur les crimes commis en RDC ont choqué la société civile du Sud-Kivu (image d’illustration) AFP/File

La société civile du Sud-Kivu exige les excuses du président rwandais Paul Kagame, après les propos tenus sur RFI et France 24 lors de son passage à Paris il y a deux semaines. Paul Kagame avait estimé que le rapport Mapping des Nations Unies était controversé, et que d’autres rapports avaient conclus à l’absence de crimes en RDC. Des propos qui ont choqué la société civile du Sud-Kivu, qui a organisé un sit-in devant l’Institut français de Bukavu ce mardi matin.

Vêtus de noir, avec des foulards ou des sacs de la même couleur sur la tête en signe de lamentation, ils sont des centaines à camper pour faire entendre leur message. Banderole à la main, Nabintu Fortune est une rescapée d’un massacre commis à Kaziba il y a plus de 20 ans.

« J’ai perdu mon frère avec sa femme, j’ai perdu ma petite sœur avec son mari et leur bébé, j’ai perdu mon oncle avec deux cousins, et tous ont été enterrés dans une fosse commune à Namushwaga précisement, à Kaziba. Que la communauté internationale puisse s’investir dans ce dossier pour punir les auteurs des crimes. »

Sur les calicots, des messages comme : « Les crimes commis en RDC ne doivent pas rester impunis », ou encore « Debout Mapping ».

Après deux heures de sit-in à chanter la colère, le président de la société civile du Sud-Kivu Adrien Zawadi lit ce message:

« La société civile du Sud-Kivu demande aux Nations Unies la création d’un tribunal spécial pour la RDC ; au président rwandais, commandant supreme des forces armées rwandaises dont certains éléments sont présumés auteurs des crimes graves au Congo, de présenter des excuses au peuple congolais et de s’apprêter de rendre compte à la justice. A la France de savoir que les crimes commis en RDC ne sont pas un deal diplomatique redresseur des torts qu’elle a causé au Rwanda. »

Aussi, les manifestants fustigent le dénigrement du prix Nobel de la paix 2018, le docteur Denis Mukwege, par Paul Kagame, et appellent les Pays voisins de la RDC à soutenir leur démarche.

RFI

RDC : Félix Tshisekedi décrète un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri

Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a décrété vendredi 30 avril un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri. Cette décision a été prise « au regard de la gravité de la situation dans ces deux provinces conformément à l’article 85 de la constitution », a annoncé le ministre de l’Information et des Médias, Patrick Muyaya, tard dans la soirée à la télévision officielle (RTNC) lors de la lecture du compte rendu du premier conseil des ministres.

L’état de siège a été décrété après concertation entre le chef de l’Etat et le conseil supérieur de la défense, constitué notamment du premier ministre et des deux présidents des deux chambres du parlement.

Une ordonnance présidentielle sanctionnant cette décision sera rendue public dans les prochaines heures, a précisé Patrick Muyaya. Selon lui, l’objectif poursuivi est de mettre rapidement fin à l’insécurité qui décime quotidiennement la population locale.

Source : Radio Okapi

L’Angola dans les crises congolaises : entre fantasmes et réalité des faits.

L’Angola. Oui, parlons un peu de l’Angola puisqu’il se raconte des choses depuis le passage de Félix Tshisekedi dans ce pays et la signature d’un accord de coopération militaire entre Luanda et Kinshasa. Dans le camp de la talibanie, on exulte en criant déjà victoire à la suite du fameux «meeting aérien» qui s’est déroulé dans le ciel kinois ce vendredi 20 novembre. Mais que peut-on retenir de tout ceci ?

Le fait que Félix Tshisekedi ait sollicité l’Angola pour l’aider dans le bras de fer qui l’oppose à Joseph Kabila signifie que lui Félix n’a pas confiance en l’armée congolaise, ce qui peut se comprendre. Mais contrairement à ce que pensent les intégristes de la secte et certaines personnes, l’Angola n’a jamais été le « faiseur de rois » en RDC. Jamais.

En 1997, l’Angola était intervenu aux côtés de l’AFLD à l’étape de Kisangani sur demande américaine, mais aussi et surtout parce que son adversaire de toujours, l’UNITA, s’était positionnée aux côtés du président Mobutu. Cette implication de l’Angola aux côtés de l’AFDL n’avait pas changé grand-chose sur le terrain militaire.

En 1998, l’intervention de l’Angola, mais aussi du Zimbabwe, aux côtés de Laurent-Désiré Kabila avait permis de défaire les troupes rwando-ougandaises au niveau du triangle Kitona-Banana-Moanda, sans plus. Avec le recul, on peut affirmer que l’implication de Luanda avait pour but de rééquilibrer les rapports de force sans nécessairement donner un avantage militaire conséquent à la RDC dont la partie Est était restée sous occupation des forces d’invasion jusqu’à la signature des accords de paix.

Sous Joseph Kabila, l’Angola a été un bon protecteur, mais pas un « faiseur de Rois » pour la simple et bonne raison que le pouvoir de Joseph venait de loin… si vous voyez ce que je veux dire. Le soutien que semble apporter l’Angola à Félix Tshisekedi aujourd’hui pourrait-il faire la différence en cas de confrontation armée avec Joseph Kabila ?

Dans une certaine mesure seulement puisque l’enjeu est régional et dépend de la position des acteurs composant aussi bien cet écosystème que l’échiquier international. Je vais y revenir dans une prochaine analyse sur Sputnik.

Pour le reste, il faut rappeler à certains rêveurs que l’Angola a besoin d’une RDC faible, que le soutien militaire qu’il avait apporté à Laurent-Désiré Kabila en 1998 n’avait pas empêché que celui-ci se fasse descendre dans son bureau…

À bon entendeur, je bois mon lait nsambarisé…

Patrick MBEKO

URGENT ! IMMINENTE CHUTE DE BUNIA ET GOMA, ET RENVERSEMENT DE FELIX .A. TSHISEKEDI

General Rwandais

Toute la machine est en marche pour que le contrôle de la ville de Bunia, et ipso facto la province de l’Ituri, passe entre les mains des assaillants. Les acteurs visibles resteront toujours CODECO et FPIC, mais la réalité toujours inédite reste la détermination de Kagame et Kabila de parachever leur rêve de s’approprier l’est de la RDC en accordant présentement la priorité à l’Ituri, vu que le Kivu est considéré comme un terrain déjà acquis. Tout est déjà bien calculé pour encercler la ville de Bunia et la neutraliser sans beaucoup d’effort.Kigali prépare le M23 à déclarer une nouvelle rébellion

Kigali s’est rendu compte que ses mains sont devenues trop visibles dans les crimes de Beni et de l’Ituri de manière à éveiller des critiques de toutes parts. D’où, la nécessité d’opérer un changement de stratégie. Désormais c’est le M23 qui prendra ouvertement la relève. Sous le prétexte que les accords signés par le gouvernement congolais n’ont pas été respectés, le M23 déclarera bientôt qu’il reprend les armes et poursuit sa lutte sur le champ militaire. Il le fera au moment où l’assaut pour la prise de la ville de Bunia est mis au point. Mais Joseph Kabila et Paul Kagame qui sont les patrons de ce programme estiment que tout est prêt pour atteindre imminemment cet objectif en déclarant d’ici quelques jours la chute de la ville de Bunia, et donc de l’Ituri entre la main de leurs agents du M23. Cette assurance provient de la garantie qu’ils ont de la réserve de leurs combattants qu’ils tiennent à Tchabi et Boga ainsi que des milliers des soldats qu’ils ont infiltrés au sein des FARDC pour torpiller l’armée congolaise de l’intérieur, pendant que tout leur plan évolue dans l’ombre en utilisant sur l’écran des milices autochtones marionnettes.

Les rwandais masqués par le FPIC dans Irumu

Sur l’axe du sud de la ville, vient de naître un soi-disant nouveau groupe armé nommé FPIC, dont les actions se rabattent de plus en plus sur les FARDC dans le rayon d’Irumu, Nyankunde et Marabu. Les opinions se sont empressées pour accuser la communauté Bira pour porter la charge des crimes de ce nouveau crime. Ce qui est à la fois vrai et faux.
C’est vrai parce que des Bira se sont laissés effectivement recruter et entraîner pour se constituer un groupe d’autodéfense. C’est en même temps faux, parce que les Bira sont tombés victimes du piège dans lequel ils ont été entraînés par Monsieur Bamaraki, un notable Hema.

Le rôle du colonel de RDF Bernard Ngozi Kasumbu et des rwandais installés à Tchabi et Boga

Avec l’accord de Joseph Kabila, le président Rwandais a fait installer en Ituri, précisément à Boga et à Tchabi ainsi que sur les limites entre l’Ituri et le territoire de Beni, plus de cent mille rwandais présentés comme des Banyabwisha en quête de terre à cultiver. Il s’avère que ces multitudes d’immigrés sont en majorité des militaires bien formés par Kigali et envoyé plutôt pour la conquête de l’Ituri. Ils ont poursuivi constamment leur formation militaire sur leurs nouveaux sites au sud de l’Ituri. Avant de quitter le pouvoir, Joseph Kabila avait essayer sans succès de faire connecter ces envahisseurs avec le FRPI, pour qu’ils amorcent des opérations sous la couverture de cette milice locale. Ce qui n’a pas empêché Kigali et Kabila de fournir constamment des armes dans cette zonesen utilisant la piste de Zunguluke, au sud d’Irumu.

Cependant la personne la plus remarquable dans ce programme demeure le colonel de RDF Bernard Ngozi Kasumbu qui a été envoyé de Kigali expressément pour organiser les assaillants au sud de l’Ituri, en territoire d’Irumu. Le colonel Bernard est un des proches du président Paul Kagame œuvrant dans la force spéciale rwandaise. Sa mission consistait à recruter parmi les autochtones des candidats miliciens devant collaborer avec les combattants rwandais déployés pour conquérir l’Ituri. Initialement, sa mission était orientée auprès des Hema. Mais la contre campagne menée par certains notables de cette communauté a préservé les Hema de ce piège.

Néanmoins, un autre notable Hema emporté par l’opportunisme a préféré s’associer à ce plan rwandais. Il s’agit de monsieur Bamaraki. Ce dernier s’engagea à persuader la communauté Bira pour embrasser cette offre rwandaise. C’est ainsi que le colonel Bernard fit recruter autant de volontaire parmi les jeunes de la communauté Bira pour constituer la milice qui revendique aujourd’hui l’appellation de FPIC, et qui est active dans le rayon de Marabu – Nyankunde – Irumu. Toutes les attaques enregistrées ces jours dans ce rayon sont menées pour ouvrir le passage aux combattants rwandais provenant des sites de Boga et Tchabi, ainsi que ceux venant de la région de Beni pour renforcer Walu, Shari, Mwanga, Ngongo par où ils sont en train d’encercler la ville de Bunia qui doit tomber bientôt comme un fruit tout mûr.
Deux fermes dans la région servent de sites de transite aux assaillants rwandais. D’abord la ferme de l’honorable Tibasima à Sota et la ferme de Monsieur Bamaraki lui-même dans le rayon d’Irumu, dans laquelle est installé le dépôt de leur armement. C’est par là que passent tous les renforts.

Des renforts rwandais dans l’axe du nord de Bunia sous la couverture de CODECO

Toujours en préparation de la chute de la ville de Bunia et de l’Ituri, le Rwanda, en connivence avec Joseph Kabila et leurs complices qui contrôlent l’armée congolaise, a fait pénétrer parmi le CODECO (la milice Lendu de Djugu) plus de 17 officiers militaires dont la plupart sont ceux qui avaient jadis travaillé dans l’UPC ou dans l’une ou l’autre rébellion pro-rwandaise d’autrefois, mais qui disposent d’une bonne connaissance de l’Ituri. Le colonel Innocent Zimurinda, le Major Jimmy, le Major Maseva et beaucoup d’autres Officiers de l’ex-CNDP et de l’ex-M23 ont été envoyés parmi les éléments de CODECO, après avoir reçu des orientations données par le Colonel Innocent Kaina alias Indian Queen qui maîtrise davantage le milieu mais qui continue à les assister en distance, car lui-même n’est pas encore sur terrain. Voila autant de garantie qui rassurent les rwandais de la capacité de prendre le contrôle de l’Ituri.
Les officiers rwandais ci-dessus sont en train de préparer l’assaut sur la ville de Bunia par l’axe nord, en se cachant derrière CODECO.
A vrai dire, la supervision de ces forces génocidaires de l’occupation en Ituri par le commandement Rwandais est très organisée à partir de Kigali ; et Kagame a du dépêcher plusieurs personnalités de son armée et de son gouvernement pour cela. Récemment, par exemple, il y a envoyé son ministre de la sécurité intérieure, Le General Rwandais Patric Nyamvumba.

Ainsi, alors qu’on l’attendait plutôt en Ouganda pour le suivi du dossier de leur différend avec le voisin du nord, il est plutôt allé secrètement en Ituri, entre le 11 et le 14 décembre 2019, pour s’enquérir de la continuation des opérations des tueries en cours et renforcer l’organisation des troupes de l’occupation.
Pendant ce temps, c’est le silence à Kinshasa. Complicité ou incapacité ? Comment s’imaginer que toutes ces personnalités rwandaises pénètrent le Congo sans que les services de sécurité du pays ne se rendent même pas compte ?

Le Nord-Kivu est considéré par le Rwanda comme un acquis

C’est par l’irruption des attaques simultanées que le M23 déclarera son retour sur la scène. Le jour où la chute de la ville de Bunia sera proclamée doit coïncider avec d’autres attaques sur la ville de Goma et d’autres villes du pays en l’instar de l’opération du RCD du 2 août 1998. Kagame et Kabila sont rassurés par les multitudes des soldats qu’ils ont infiltrés massivement au sein des FARDC et qui tiennent le contrôle de l’armée congolaise.
La reddition du Mai-mai le colonel PALUKU SIKULI LAFONTAINE est très stratégique dans ce plan. On se souviendra avant tout que ce dernier un agent acquis au service du Rwanda et du M23 depuis de longues années. Toutes ses opérations de ces dernières années ont été orientées par le réseau de ces rwandais qui lui font parvenir les consignes du travail par le canal du colonel égorgeur Richard Bisambaza, un des cerveaux des massacres de Beni et de Djugu.
Suivant le plan desdits rwandais, le colonel Lafontaine devra bientôt être nommé dans la structure militaire des FARDC à Goma. Il en profitera alors pour prendre la tête d’une mutinerie qui sera en réalité une œuvre des soldats de l’obédience de Kabila et Kagame. Ceci provoquera la chute automatique de la ville de Goma.

Objectif ultime : renverser le pouvoir en place

C’est en fait le complot dont l’ultime objectif consiste à évincer le président Felix Tshisekedi à la tête du pays.

Pascal Masumbuko

https://benilubero.com/

Soldats rwandais en RDC : un secret de Polichinelle.

Contrairement aux affirmations du président Paul Kagame, des troupes rwandaises fidèles au régime de Kigali, font souvent des incursions dans l’est de la RDC.

Les faits attestent la présence rwandaise à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) même si le président Paul Kagame affirme le contraire. Evoquant la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC, Paul Kagame a fait savoir, lundi (27.04.20) qu’ »il n’y a aucun soldat des RDF (Forces de défense rwandaises) dans cette partie du monde ».

Le président rwandais ne nie pas cependant l’échange d’information entre les deux pays pour lutter contre les rebelles hutus rwandais des forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Enième dénégation de Kigali

Selon Boniface Musavuli, analyste des questions sécuritaires, les incursions de militaires rwandais en RDC relèvent d’un secret de polichinelle :

« Les troupes rwandaises sont dans l’est du Congo depuis la guerre de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), c’est-à-dire en 1996. Ces troupes ont trouvé une autre façon de se dissimuler en revêtant les uniformes de l’armée congolaise. Paul Kagame ne peut pas le reconnaître parce que s’il le faisait, ça deviendrait une affaire de droit international. C’est un homme qui est assez prudent par rapport à la justice internationale. »

En 2009, des soldats rwandais se retirent de la ville de Goma, dans l’est de la RDC après une offensive controversée contre les FDLR.

Sujet politiquement délicat

Le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) a affirmé, en se basant sur « plusieurs sources militaires, diplomatiques et de la société civile », que des soldats des forces spéciales rwandaises ont participé, fin novembre, à une offensive en RDC. Ce n’est pas la première fois que le Rwanda nie la présence de son armée chez son voisin, relève Jean-Claude Mputu, spécialiste de ce pays.

Il n’y a eu aucune réaction des autorités congolaises après les dénégations de Paul Kagame. Jean-Claude Mputu pense que reconnaître la présence rwandaise en territoire congolais est un casse-tête pour Kinshasa.

« Les dirigeants politiques qui assumeront cet état de fait savent qu’ils vont faire l’objet d’un courroux populaire inédit, ça c’est une réalité aujourd’hui. Donc ils font semblant de nier alors qu’entre eux, en off, ils reconnaissent clairement cette présence. »

Diplomatie transparente : une condition pour la paix

De son côté, Paul Kagame affirme que ce sont des militaires burundais qui sont présents dans le Sud-Kivu congolais, voisin du Burundi. « Ce sont des éléments de l’armée burundaise qui travaillent officiellement pour leur pays », croit savoir le chef de l’Etat rwandais.

Pour le président Tshisekedi comme pour ses prédécesseurs, admettre la présence rwandaise sur le territoire congolais relève du casse-tête

Onesphore Sematumba, analyste à l’International Crisis Group (ICG), estime qu’une diplomatie transparente est nécessaire dans la région, en vue de l’instauration de la paix : « Tant que l’est congolais va rester le ventre mou de la sécurité régionale, tant que les rebelles armés y trouveront leur sanctuaire, les armées étrangères seront tentées de traverser. »

Selon le site actualite.cd, des rebelles hutus rwandais du CNRD (Conseil national pour la renaissance et la démocratie) ont encore fait une incursion dans le Sud-Kivu mardi (28.04.20) nuit. Un enfant de sept ans aurait été tué, des biens des habitants emportés.

Dans un communiqué publié lundi (27.04.20), les rebelles hutus rwandais des FDLR ont démenti leur implication vendredi (24.04.20) dans une attaque qui a fait une dizaine de morts, dont des écogardes du parc de Virunga. Les FDLR indiquent que le territoire où a eu lieu l’attaque est sous contrôle de militaires rwandais « en connivence avec certains officiels congolais ».

Reliou Koubakin

Source : DW.COM

L’armée rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes» (GEC)

Y a-t-il des militaires rwandais qui opèrent sur le sol congolais ? La société civile et des députés du Nord-Kivu dénoncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la région et demandent à ce que le mécanisme de vérification mis en place par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette présence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont régulièrement signalé à travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allégations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’université de New York. Il répond aux questions de Sonia Rolley.

RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?

Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des différents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la société civile d’une présence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opérations, en soutien aux opérations FARDC contre les FDLR là-bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette présence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une série d’opérations que l’armée rwandaise a menée avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opérations ont lieu depuis l’année passée.

Ça veut dire que la présence rwandaise serait régulièrement sur le sol congolais depuis un an ?

Alors, c’est un peu compliqué de parler de la présence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette présence n’a presque jamais cessé depuis la fin de l’occupation officielle par l’armée rwandaise qui s’est terminée en 2002. C’est-à-dire que depuis cette époque, il y a souvent une présence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux différents groupes armés dans l’est du Congo, avec des périodes d’intensification comme à l’époque du M23. La présence rwandaise était principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.

Ce qu’on a constaté depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette présence. C’est-à-dire que depuis 2014 environ, l’armée rwandaise est là en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armée congolaise et du gouvernement rwandais. Et là aussi, avec des périodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi, on a vu une de ces périodes d’intensification avec plusieurs opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais depuis l’année passée.

Mais est-ce que ce soutien à l’armée congolaise ne devrait pas être signalé au Conseil de sécurité de l’ONU ?

Cette présence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc évidemment, ça n’a pas été le cas. Le Conseil de sécurité n’a pas ce constat, même si le personnel des Nations unies sur le terrain est informé pas seulement de cette présence aujourd’hui, mais aussi dans le passé.

Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?

Il y a plusieurs niveaux de problèmes par rapport à la présence de l’armée rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armée est là. On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mènent des opérations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autorités congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration était officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilité. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opérer sur le sol congolais.

L’autre niveau de problème, c’est la manière dont ils opèrent en RDC. Par exemple, il y a des allégations crédibles de massacres conduits par l’armée rwandaise contre la population réfugiée rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armé CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont là pour opérer contre les rebelles rwandais, mais cela a des répercussions considérables sur les populations civiles et réfugiées.

Source: RFI