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“Évitez de copier les politiques anti-covid-19 occidentales” – La Banque mondiale met en garde les pays africains.

Le Groupe de la Banque mondiale admire la Tanzanie pour sa stratégie originale visant contenir la pandémie de COVID-19.  A la même occasion, la Banque a averti les États africains de ne pas copier et coller les pratiques et politiques occidentales pour limiter la propagation du COVID-19.

“Merci, Monsieur le président John Magufuli de n’avoir pas dupliqué les politiques mises en œuvre dans les pays avancés et certains pays à revenu intermédiaire, telles que collées par certains pays africains de la région”.

Le rapport  de l’ Africa’s Pulse intitulé “Assessing the economic impact of COVID-19 and Policy Responses in Sub-Saharan Africa (Évaluation de l’impact économique du COVID-19 et des réponses politiques en Afrique subsaharienne) publié hier a salué la Tanzanie comme l’un des meilleurs exemples pour ses approches stratégiques qui tiennent compte du meilleur de son économie politique et du bien- être de la société.

Avec 32 cas confirmés de COVID-19, 3 décès et 5 récupérations, la Tanzanie, contrairement aux autres pays africains, n’a pas bloqué les entreprises et ses citoyens. Le pays n’a pas non plus fermé ses frontières mais a lancé des tests stricts et une quarantaine de 14 jours pour toutes les arrivées.

Le rapport de la Banque mondiale met en garde contre les conséquences catastrophiques pour les pays subsahariens qui ont copié et collé des politiques anti-COVID-19.

“Face à une situation en évolution rapide avec une grande incertitude et tant d’inconnues, la plupart des gouvernements du monde entier ont repris des approches similaires pour contenir la pandémie de COVID-19”, indique le rapport.

Le rapport mentionne l’Afrique du Sud, le Ghana, le Rwanda et le Kenya, qui ont réagi rapidement et de manière décisive pour freiner l’afflux et la propagation potentiels du virus COVID-19, ce qui correspond très bien à l’expérience internationale émergente.

Le rapport avertit ces pays que la situation évoluant, il y a plus de questions sur l’adéquation et l’efficacité probable de certaines de ces politiques, par exemple le confinement strict.

Il conseille aux gouvernements africains de déployer une série de mesures d’urgence et les caractéristiques structurelles des économies africaines qui façonnent les réponses politiques conçues et mises en œuvre pour repousser COVID-19.

La Banque mondiale a donné plusieurs raisons pour lesquelles les politiques économiques mises en œuvre en Afrique subsaharienne devraient être différentes de celles adoptées dans les pays avancés et (certains) pays à revenu intermédiaire.

Premièrement, l’emploi informel est la principale source d’emploi en Afrique subsaharienne, représentant 89,2% de tous les emplois (OIT 2018). Hors agriculture, l’emploi informel représente 76,8% de l’emploi total. Sur la base du nombre d’entrepreneurs (travailleurs indépendants et employeurs) qui sont propriétaires d’unités économiques informelles, la grande majorité des unités économiques de la région sont informelles (92,4%). Les travailleurs informels ne bénéficient pas d’avantages tels que l’assurance maladie, l’assurance chômage et les congés payés. La plupart des travailleurs informels, en particulier les travailleurs indépendants, doivent travailler tous les jours pour gagner leur vie et payer leurs nécessités de base. Dans ces conditions, un confinement prolongé mettra en danger la subsistance de leurs ménages.

En outre, la majorité des travailleurs embauchés se trouvent dans une situation précaire, et la plupart de ces emplois sont temporaires et à faible rémunération, n’offrent pas de sécurité sociale et exposent les travailleurs à un risque accru de blessure et de mauvaise santé.

Deuxièmement, les petites et moyennes entreprises (PME), un important moteur de croissance dans les économies de la région, représentent jusqu’à 90% de toutes les entreprises et représentent 38% du PIB de la région. L’accès au financement est l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les PME en temps normal, la majorité de ces entreprises ne disposant pas du financement nécessaire pour se développer. Avant COVID-19, le déficit de financement pour les PME de la région était estimé à 331 milliards de dollars (IFC 2018).

Troisièmement, les préoccupations concernant l’impact économique négatif de l’épidémie de COVID-19 ont entraîné des baisses de taux d’intérêt dans plusieurs pays africains conformément aux mesures de politique monétaire dans le monde. Cependant, ce type de relance monétaire peut ne pas être efficace pour deux raisons:

  • la prévalence des effets de l’offre au niveau des mesures de confinement (c’est-à-dire une offre de main-d’œuvre réduite et des entreprises fermées, en particulier dans les secteurs à forte intensité de contact), et
  • la faible transmission monétaire dans les pays aux marchés financiers intérieurs sous-développés.

Les économies africaines doivent encore concevoir des voies politiques pour réaliser une croissance durable, une diversification économique et l’inclusion.

La durabilité économique des économies africaines dépend de leur capacité à transformer leur stock décroissant de richesse naturelle en d’autres immobilisations reproductibles telles que le capital physique, les infrastructures et le capital humain.

Les conclusions de l’impact de Covid-19 sur les économies africaines reposaient sur deux modèles à l’échelle de l’économie: un modèle macro-structurel, le modèle macroéconomique et budgétaire de la Banque mondiale, «MFMOD», et le modèle d’équilibre général calculable dynamique (MEGC) de la Banque mondiale ».

L’analyse s’est appuyée sur deux scénarios.  Le premier est un scénario optimiste qui repose sur les hypothèses selon lesquelles la pandémie culmine dans les économies avancées, que les mesures de confinement seront progressivement supprimées au cours des deux prochains mois, la pandémie s’estompe en Chine et les épidémies sont contenues dans d’autres pays et en Afrique subsaharienne.
Le deuxième est un scénario à la baisse qui suppose que l’épidémie de COVID-19 continue de peser sur l’économie au cours des troisième et quatrième trimestres de 2020 et jusqu’en 2021, car certaines mesures de distanciation sociale sont nécessaires pour maintenir la propagation du virus à des niveaux gérables.

Le rapport en anglais est téléchargeable ici 13358-African Pulse-April

Traduction libre par Chaste GAHUNDE


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Il a fallu 10 jours pour mettre Kagame à genoux.

Nous sommes confrontés à une pandémie inédite qui affecte les politiques et économies mondiales. D’ailleurs, les observateurs avisés affirment que, à cause du COVID-19, nous entrons dans un nouvel ordre mondial. Face à ce choc, certaines économies sont plus résistantes et plus résilientes que les autres. L’économie du Rwanda s’est avérée la plus fragile, la plus moins résistante. Kagame se met à genoux et prie le Fond Monétaire International (FMI).

Le 2 avril 2020, le FMI a du intervenir pour sauver l’économie rwandaise qui selon l’institution de Bretton Woods, est aux abois. Un crédit de 109.4 millions de dollars est octroyé au Rwanda pour faire face au covid-19.  Selon le FMI, ce crédit “soutiendra les efforts des autorités en soutenant la baisse des réserves internationales”  d’abord, et une partie servira “de financement au budget pour l’augmentation des dépenses visant à contenir l’épidémie et à atténuer son impact économique”. Le FMI propose que le financement  catalyse “une assistance supplémentaire de la communauté internationale, de préférence sous forme de dons”.

De ce fait, l’économie rwandaise est la première, la moins résistante malgré les acolytes de Paul Kagame qui se vantent du contraire. Plus particulièrement, le Rwanda prend ce crédit après quelques jours, un article avait paru citant l’intention de ce dirigeant de ne plus recourir aux institutions de Bretton Woods.

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“Nous devons cesser d’emprunter et commencer à imprimer de l’argent pour notre développement”. Et pourquoi ce changement de position? Un autre de ses mensonges qui n’ont pas tenu pour longtemps?! Ou Kagame aurait reçu cet argent sous conditions de livrer les rwandais afin qu’ils servent de cobayes pour le test du vaccin COVID-19?

Pour rappel, Paul Kagame parlait déjà du Covid -19 en février 2020, exactement le weekend qui a emporté Kizito Mihigo. Sauf que Kizito n’a pas succombé au virus dont nous parlons. Il a été assassiné dans la cellule de police. Le premier cas de la pandémie est reconnu au Rwanda le 14 mars 2020, et sept (7) jours après, le Premier Ministre, en violation de la Constitution met la totalité du pays en confinement sans pour autant déclarer l’état d’urgence. Pourtant les provisions de la Constitution rwandaise sont très claires à ce sujet.

Il y a pas mal d’inquiétudes quant à la gestion ces fonds qui pourraient finir dans des paradis fiscaux. Selon la Banque mondiale, 190 millions d’aide destinés au Rwanda sont transférés dans des paradis fiscaux. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que ce pays est cité dans ce genre de malversations.

“Début avril 2016, « Le Monde » publiait les résultats d’une enquête internationale connue sous le nom de « Panama Papers » et qui révélait les noms des personnes qui avaient caché des millions de dollars dans des paradis fiscaux, dont le Panama. Parmi celles-ci figurait en bonne place Emmanuel Ndahiro, ex-conseiller à la sécurité du président Paul Kagame et patron des services de renseignement de 2004 à 2011 et nommé général en 2015. Il a été directeur d’une société maffieuse, Debden Investments Limited, enregistrée aux îles Vierges britanniques et dont le propriétaire est l’ancien militaire devenu homme d’affaires Hatari Sekoko, à la tête de plusieurs biens immobiliers dont l’hôtel Marriott à Kigali. Parmi d’autres rwandais dénoncés par les « Panama Papers » se trouve le beau-fils du président Paul Kagame”. Musabyimana.net

Quoiqu’il en soit, l’on se souviendra que l’économie de Kagame, a été la plus moins résistante aux chocs. Dix jours ont suffi pour mettre à genoux le dictateur de Kigali.

Chaste Gahunde


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