Des informations circulant depuis ce jour affirment que Mahrez Abassi, président de la Cour d’assises d’appel de Paris ayant présidé le procès du Dr Eugène Rwamucyo, aurait présenté sa démission de la magistrature aux assises.
S’il est vrai que le juge président des Assises de Paris qui a condamné Eugène Rwamucyo a vraiment démissionné, sa démission intervient tardivement. Et pour cause!
S’il avait réellement été confronté à un problème de conscience au point de ne plus pouvoir assumer sa fonction, il aurait pu — ou dû — se retirer bien avant le prononcé du verdict. Il existait d’ailleurs d’autres moyens de ne pas présider ce procès, notamment en invoquant un problème de santé. Sans aller jusqu’à parler d’un certificat médical de complaisance, une véritable difficulté médicale aurait pu justifier son absence.
Dans ce cas, il est peu probable que sa carrière ou son évolution dans la fonction publique en auraient été affectées.
Dès lors, la question se pose : pourquoi avoir attendu la fin du procès et le prononcé de la décision pour démissionner ?
Si sa conscience lui interdisait réellement de participer à ce jugement, pourquoi ne pas s’être retiré avant que le verdict ne soit rendu ?
Cette démission tardive ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un quelconque remords ou à un problème de conscience. Elle peut susciter des interrogations, mais il faut se garder d’interpréter comme une preuve certaine de culpabilité morale un geste dont les motivations réelles ne sont pas connues.
Jean-Claude NDUNGUTSE
Sociologue et Enseignant
