Vendredi 09 octobre 2026, une foule immense a accompagné Callixte Mbarushimana à sa dernière demeure. Une grande messe de Requiem a été célébrée. Les fidèles ont chanté du fond de leur âme. Les témoignages émouvants ont fait vibrer les entrailles, et j’ai vu, çà et là, des hommes et des femmes pleurer à chaudes larmes.
Lorsque Nyiramana — dont le nom signifie « celle que Dieu protège » —, la fille aînée du Dr Eugène Rwamucyo, est montée à l’ambon pour lire l’hommage vibrant que son père, depuis son pénitencier, adressait à son ami et frère Callixte Mbarushimana, je n’ai pas pu me retenir. J’ai fondu en larmes.
Je me moquais alors du dicton de ma langue qui dit : « Les larmes de l’homme coulent de l’intérieur. » Autrement dit, seuls les femmes et les enfants auraient le droit de pleurer, tandis que les hommes devraient ravaler leurs larmes et afficher leur impassibilité.
Eh bien, moi, je n’ai pas résisté aux paroles de Nyiramana. Et, finalement, pleurer un peu m’a fait du bien. Car il arrive que les larmes disent ce que les mots ne parviennent plus à exprimer.Revenons à cette messe. J’ai aimé tous les chants, mais deux m’ont particulièrement marqué : Rumuli rutazima, qui évoque pour moi la Lux aeterna, la lumière éternelle, et Nzasanga Maria, que l’on pourrait traduire par : « Au ciel, j’irai un jour la voir, elle, Marie. »
Oui, je veux croire que notre frère Callixte savoure désormais la joie de l’éternité, en compagnie de notre Mère céleste.En tant qu’ancien séminariste, j’aurais personnellement choisi les chants traditionnels du Missel romain, notamment cette prière bouleversante : Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière perpétuelle brille sur eux. »
Mais, de nos jours, les chants latins semblent quelque peu désuets. Qu’à cela ne tienne ! L’essentiel n’est-il pas que les prières montent vers Dieu, quelle que soit la langue dans laquelle elles sont exprimées ?
Du haut du ciel, notre frère Callixte devait être fier de ses amis, qui n’ont pas démérité en lui rendant un dernier hommage à la mesure de l’affection qu’ils lui portaient.
Notre ami commun, Jean-Pierre Nahimana, le Burundais, m’a alors chuchoté à l’oreille :« Jean-Claude, je suis content que notre ami ait été accompagné par une foule aussi immense. » Et moi de lui répondre :« Il le méritait bien. »
Très cher frère et ami Callixte, nous avons déposé ton enveloppe charnelle au cimetière. Tu es poussière et tu retourneras à la poussière. C’est la loi de notre condition humaine.
Mais notre foi nous ouvre une autre perspective, que ces paroles du Kinyarwanda expriment avec une simplicité et une profondeur admirables :
« ROHO Z’INTUNGANE ZIRI MU BIGANZA BY’IMANA. »
Oui, les âmes des justes sont dans les mains de Dieu.
Alors, mon cher Callixte, repose en paix. Que la lumière éternelle brille sur toi. Et, si telle est la promesse qui nous attend, profite allègrement de la joie de l’éternité auprès de notre Mère céleste.
“Requiem aeternam dona ei, Domine, et lux perpetua luceat ei”. (Que le Seigneur lui accorde le repos éternel et que la lumière perpétuelle brille sur lui).
Paix à ton âme, cher frère et ami.
Jean-Claude Ndungutse
