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Rwanda: Pourquoi Ange KAGAME est la Vice-Présidente en exercice?

Dans son livre, “Failed States: The Abuse of Power and Assault on Democracy”; Noam Chomsky a noté: «Nous marchons donc, suivant nos dirigeants, vers un Armageddon de notre propre fabrication.» Avec la situation actuelle, le Rwanda se dirige vers Armageddon et tous les indicateurs sont devant nous, à l’exception des fanatiques aveugles qui supposent que le statu quo est tenable.

Maintenant, le pays a atteint un point où la fille de Kagame est responsable du bureau du président sans aucune annonce ou nomination officielle. Sauf qu’à la base, ce n’était pas à elle que ce rôle revenait.

En essayant de construire la dynastie Kagame, le dirigeant du Rwanda a d’abord focalisé sur son fils ainé, Ivan Cyomoro Kagame. Le criminel Paul Kagame admirait le modèle du Général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni, et voulait qu’Ivan Cyomoro emprunte le même chemin.

Ivan Cyomoro a été enrôlé à la prestigieuse académie militaire de West Point – États-Unis en 2010, et en moins de six mois, il était sorti de l’académie militaire en raison du manque d’intérêt pour la vie militaire. Il s’est ensuite inscrit dans une université, et, après avoir obtenu son diplôme, le père a tenté à nouveau de relancer sa carrière militaire en le plaçant sous la tutelle du major Ronald Rwivanga (aujourd’hui lieutenant-colonel), qui était le chef des renseignements de la garde présidentielle. En 2014, Cyomoro a été envoyé en Corée du Sud pour une formation de trois mois en contre-espionnage. À son retour, il a été affecté au ministère de la défense dans le bureau du chef d’état-major, le général Patrick Nyamvumba.

Début 2016, le jeune homme en avait marre de la vie militaire; il n’était absolument pas intéressé et a cessé de se présenter au travail. À ce stade, il était déjà capitaine sans aucune formation ou expérience militaire appropriée. Actuellement, Ivan Cyomoro Kagame est aux États-Unis en tant qu’investisseur dans le commerce des actions et le blanchiment d’argent des richesses pillées de la République Démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda. Ses opérations commerciales se situent également en Angola et à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis où il gagne de l’argent dans le développement immobilier. Il ne s’intéresse absolument pas à l’armée, encore moins aux ambitions politiques.

Après avoir été déçu par son premier fils, Paul Kagame a cherché une autre alternative dans sa dynastie, le deuxième en ligne aurait été Ian Kagame. Malheureusement, en 2016, Kagame a appris que Ian Kagame n’est pas son vrai fils, plutôt, l’enfant de l’ambassadeur Eugène Gasana. L’ambassadeur Eugène Gasana a été menacé et a cherché la sécurité aux États-Unis.

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Paul Kagame et l’ambassadeur Eugène Gasana

Au sein du régime, l’Ambassadeur Eugène Gasana était considéré comme un super diplomate, détenant deux rôles diplomatiques clés en même temps: il était l’ambassadeur du Rwanda auprès de l’ONU, et ministre de la coopération internationale. Il était aussi en charge des actifs financiers et des intérêts commerciaux du criminel Paul Kagame dans l’hémisphère occidental. A son départ, l’ambassadeur Eugène Gasana a emporté avec lui la plupart des actifs financiers et des économies de Kagame, et aujourd’hui il bénéficie de la protection de l’autorité américaine en raison de la nature de menaces contre lui et sa famille immédiate.

Avec Ian Kagame étant hors de l’équation en raison de l’absence du sang “présidentiel”, Paul Kagame n’investirait pas beaucoup pour le troisième fils – Brian Kagame en raison de ses conditions médicales. Il serait injuste et immoral de discuter  l’état de santé de ce jeune homme, surtout qu’il n’est impliqué dans aucun rôle public ou gouvernemental.

Avec tous les garçons hors d’équation, Paul Kagame a focalisé et investi toute son énergie vers sa fille, Ange Kagame. Aujourd’hui, Ange Kagame tient les rênes du pouvoir au sein du “royaume”. Une jeune femme qui est totalement ambitieuse, vive, concentrée, impitoyable et désireuse de gouverner ou de prendre le pouvoir si l’opportunité se présente. Méfiez-vous de son visage de bébé, elle soutient totalement les meurtres et les pratiques autoritaires de son père, le président qu’elle s’apprête à seconder, voire remplacer.

Tous les employés du Village Urugwiro savent à quel point cette jeune femme peut aller et son impitoyabilité. Paul Kagame n’ayant personne d’autre qui gagne sa confiance, ne voulant pas laisser le pouvoir à son épouse, et les problèmes d’Ian Kagame toujours dans son esprit, Ange Kagame est de facto la Vice-Présidente en exercice.

https://rpfgakwerere.org


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Who is Yolande MAKOLO, the lady who called Kenneth Roth a “virus” ?

To understand Yolande MAKOLO, you need to know Jeannette Nyiramongi, wife of Paul Kagame. The two ladies’ stories are intertwined.

Jeannette Nyiramongi

She is the daughter of Mr. Murefu. Their family lived in exile in Bujumbura, Burundi when in 1983 Murefu was accused of spying on behalf of  the Government of Hayarimana in Rwanda. Mr Murefu was expelled to find himself in Kigali where he was well received. He started doing business. He ran a bistro and a nightclub in the center of the capital city, Kigali; in a building belonging to Matthieu Ngirumpatse, who was then president of the MRND, the political party under President Habyarimana’s regime. A rental guarantee check was deposited by Jean Huss Mugwaneza, a family friend, and a successful businessman. Mr Mugwaneza was the elder brother to Robert Kajuga, the famous leader of the Interahamwe.

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Robert Kajuga, leader of the Interahamwe

At that time, Jeannette Nyiramongi wass a young flourishing girl enjoying herself in Kigali. Jean Huss Mugwaneza offered to help her follow studies in Naïrobi, Kenya. Mr  Jean Huss Mugwaneza had a juicy market of supplying gypsum to the CIMERWA factory. Gypsum is a kind of rock used as a raw material for making cement. This stone was imported from the mountains of Kenya where Jean Huss Mugwaneza had opened mining sites. He therefore used to make frequent stays in the Kenyan capital, Nairobi.

How Makolo comes in

Despite Mr. Mugwaneza’s support, Jeannette Kagame fell in troubles. She was rescued and taken in by the family of a certain Speciose Kayihura, mother of Yolande Makolo. After a few years, from that family Jeannette Nyiramongi was introduced to her charming prince Paul Kagame who, in 1989, hastened the wedding arrangements before going to war.

Kagame conquered Rwanda in July 1994. He reigned as the strong man in Kigali and will be officially sworn in as president in 2000, making Jeannette Nyiramongi de facto the First Lady. Jeannette Kagame will not forget her benefactors, starting with the Speciose Kayihura family who sheltered her during the bad days in Naïrobi. This is how Yolande Makolo landed in President’s office as director in charge of the communications.

Nepotism at play:

Jeannette Kagame wants to keep control on everything, or at least , to have an eye in each corner of the State’s. As such , she places her cronies tactically ( in different times).

  1. Yvonne Makolo ( sister to Yolande Makolo) is CEO of Rwandair, the national  air company.
  2. Viviane Kayitesi Kayihura, chief of the Rwandan Development Bank (BRD), then posted to Ankara in Turkey;
  3. Teta Rutimirwa Kayihura, head of urban planning in the city of Kigali;
  4. Eugene Kayihura, Ambassador of Rwanda to South Korea, Tanzania and then to the Seychelles Islands;
  5. Tesi Kayihura, stationed at the Embassy of Rwanda in Singapore;
  6. Rema and Minego, board members of the government newspaper The New Times;
  7. Urujeni Manzi Bakuramutsa, current director of the office of Paul Kagame,  her mother is the sister of Speciose Kayihura, …

The father of Yolande Makolo is a Congolese man from Luba tribe (muluba). She is married to another congolese man, but not a less important one: Bosco Ntaganda’s brother. Bosco Ntaganda aka “Terminator”, was a henchman of President Paul Kagame in the Democratic Republic of the Congo (DRC) before being arrested and tried by the International Criminal Cout (ICC) in The Hague. He was sentenced to 30 years’ imprisonment for war crimes and crimes against humanity committed in Ituri in 2002-2003.

Power-drunk ?

Strengthened by her relationships with the first lady, Yolande Makolo has become, over the years, one of the most powerful women in “New Rwanda”. In her role as Director of Communication for President Kagame, she spearheaded  attacks on social media against Presidents Pierre Nkurunziza of Burundi and Yoweri Museveni of Uganda, who, – it is in the air- maintain not-so-good relations with President Paul Kagame.

Recently, Yolande Makolo has been replaced by another woman in the seraglio, Stéphanie Nyombayire, but she remains in power as responsible for “General Affairs of the Presidency of the Republic”. It is unclear as to what her post refers to, but we know that in this capacity she attacked Kenneth Roth, Director of Human Rights Watch, calling him “virus Ken Covid-20”.

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It reminds me that  in Lexico the adjective “power-drunk” applies to a person intoxicated by the possession of power; rendered irrational by power.

Information from www.echosdafrique.com

Free translation and comments by Chaste Gahunde.


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Colloque de l’Afrique des Grands Lacs au Sénat: Charles Onana répond !

Colloque de l’Afrique des Grands Lacs au Sénat: Charles Onana répond !

Sénat français, le colloque sur l’Afrique des Grands Lacs a subi des pressions mais a eu lieu. Journaliste et politicologue, Charles Onana est un panafricaniste avéré et digne fils d’Afrique, Charles Onana a braqué ses projecteurs sur les morts en RDC. Il est devenu l’ambassadeur itinérant et plénipotentiaire des victimes congolaises du régime dictatorial du Rwanda. Il a été orateur au Sénat.

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Journaliste et politicologue, Charles Onana (à gauche) a mis vingt-ans de sa vie pour ses investigations sur l’Afrique des Grands Lacs. Il en est l’un des experts. Personne ne nie qu’il y a eu génocide au Rwanda en 1994. Panafricaniste avéré et digne fils d’Afrique, Charles Onana a braqué ses projecteurs sur les morts Congolais. Il est devenu l’ambassadeur itinérant et plénipotentiaire des victimes congolaises du régime dictatorial du Rwanda. Paul kagamé et ses affidés européens et anglo-saxons ont “boutiqué” l’histoire du génocide au Rwanda. Ce génocide rwandais est devenu un fonds de commerce pour Paul kagamé, qui le brandit pour culpabiliser le monde entier d’avoir laissé faire. C’est son faire valoir. C’est l’histoire des vainqueurs.

Or il s’est avéré que le même Paul Kagamé qui crie au génocide pour son peuple, uniquement des Tutsi, pas des Hutus ni des Twa, commet des crimes de sang, crimes de génocide et crimes contre l’humanité en République démocratique du Congo. Mieux, Kagamé pille et recel les ressources du Congo en toute impunité. Ayant culpabilisé le monde entier, les crimes de Kagamé sont tus, ignorés et oubliés. Et Charles Onana à la manière d’Emile Zola au cours de l’affaire Dreyfus dit: “J’accuse Paul Kagame de massacrer les populations congolaises pour piller les ressources du Congo”.

Cela choque et gène, tous ceux qui ont bâti le château des cartes de Paul Kagamé sur des mensonges et manipulations. A la différence de Pierre Péan, Charles Onana est un africain, on ne peut donc pas l’accuser de raciste. Et donc on l’accuse d’être “Négationniste” ! Simplement parce qu’Onana a choisi d’écrire l’histoire avec les lunettes du gibier pas avec celles du Chasseur. Sauf que dans les pays des Grands Lacs: prédateurs, pillards, receleurs et chasseurs sont nombreux. Les victimes, plus de 12 millions de morts uniquement en RDC, les Hutus et Twa Rwandais sont décimés, on regarde ailleurs. Un mort est un mort qu’il soit Congolais, Hutu, Tutsi ou Twa dans les pays des Grands Lacs. Charles Onana a été l’un des intervenants du Colloque sur l’Afrique des Grands Lacs au Sénat francais , le lundi 9 mars dernier…colloque que le président du Sénat rwandais et plusieurs associations tutsies rwandaises ont réclamé l’annulation. Le Colloque a bien eu lieu.

1. Réveil FM International: Le palais du Luxembourg, siège du sénat français était imprenable avec le colloque sur l’Afrique des Grands Lacs, le lundi 9 mars. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères a même dit que jamais le sénat n’avait subi autant de pressions extérieures pour l’annulation de ce colloque…

Charles Onana: Oui, la campagne contre ce colloque sur la tragédie des Grands Lacs africains a été d’une violence et d’une agressivité inouïes. Il s’agissait pourtant d’un simple débat intellectuel qui regroupait des chercheurs européens, africains et nord-américains très compétents et très qualifiés que l’on n’a pas l’habitude d’entendre. L’assistance était composée de chercheurs, de sénateurs, de diplomates, de députés, d’anciens ministres, de responsables politiques, de militants associatifs et de citoyens africains et français de tous bords. C’était un grand moment d’échanges, très civilisés et de réflexion intellectuelle de haut niveau. Mais ce n’est pas nécessairement ce qui ressort du compte rendu des médias en général.

2. Réveil FM International: Aucun média n’a relayé ce que vous avez dit au sénat.. qu’avez réellement dit dans votre intervention ?

Charles Onana: Je crois que certains ont des difficultés à reprendre mes propos tellement ils s’obstinent à dresser de moi un portrait peu flatteur comme le leur demandent les amis du régime de Kigali. Mon propos s’inscrivait plutôt dans le prolongement de ma démarche scientifique relative à mon livre sur l’opération Turquoise. J’ai d’abord précisé que depuis vingt-cinq ans, les accusations contre l’opération Turquoise étaient d’une pauvreté affligeante et que les assertions des accusateurs ne résistaient pas à l’examen des faits et des preuves. J’ai également rappelé que j’avais minutieusement examiné les archives émanant du Conseil de sécurité pendant dix ans et ce que j’ai découvert m’a donné le vertige.

Contrairement à ce qui a été dit et écrit depuis plus de deux décennies, le conseil de sécurité ne s’est jamais désintéressé du Rwanda ni des Rwandais en 1994 mais c’est le FPR de Paul Kagame qui a écrit, entre avril et juin 1994, plusieurs lettres au président et aux membres du Conseil de sécurité pour exprimer son refus catégorique d’une intervention multinationale permettant de mettre fin aux massacres et au génocide. Cette découverte m’a bouleversé. L’existence de ces lettres de la rébellion est une bombe sur le plan scientifique et elle remet en cause l’histoire officielle telle qu’elle est racontée depuis vingt-cinq ans.

3. Réveil FM International: L’hommage à Pierre Péan, grand journaliste Français d’investigation dont vous avez repris le flambeau, doit vous honorer…

Charles Onana: Un hommage a effectivement été rendu à Pierre Péan par Judi River et moi-même car il a été très violemment attaqué, lui aussi, par ceux qui sont hostiles à la vérité et aux révélations qu’il avait apportées dans le dossier de la tragédie des Grands Lacs. Il a fait le travail que peu de journalistes ont eu le courage de faire. En cela, il a fait honneur à toute la profession.

4. Réveil FM International: Que répondez vous à ceux qui vous accuse d’être “Négationniste » ?

Charles Onana: Je n’ai pas de temps à consacrer à des individus qui sont spécialisés dans l’invective et refusent le débat scientifique. Dire de quelqu’un qui publie un livre que personne n’a d’ailleurs attaqué devant les tribunaux qu’il est « négationniste » n’apporte rien au progrès de la connaissance sur les événements du Rwanda et sur ce qui se passe au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) depuis 1994. Ceux qui me qualifient ainsi sont précisément ceux qui nient l’extermination des millions de Congolais, des Twa, des Hutu et aussi de Tutsi au Rwanda et au Zaïre par les troupes de Paul Kagame. Qui est donc « négationniste », eux qui nient ces victimes ou moi qui apporte les preuves des crimes commis par le « camp des vainqueurs » ? En fait, ces soutiens inconditionnels de criminels contre l’humanité attribuent à des auteurs ou à des responsables politiques un qualificatif qui pour moi relève du même mépris et de la même arrogance avec laquelle ils traitent les victimes congolaises et rwandaises.

5. Réveil FM International: Vous n’avez jamais tué personne, ni fait un coup d’État en Afrique ni envahi un autre pays africain pour piller ses ressources, pourquoi faites-vous peur ? Pourquoi cette volonté de vous bannir dans l’espace francophone ? Vous donner la parole, c’est s’attendre aux ennuis ?

Charles Onana: Manifestement, des messages circulent dans plusieurs rédactions parisiennes interdisant de m’inviter surtout dans les médias publics. Il n’y a toutefois aucune restriction, dans les mêmes médias, envers ceux qui défendent le régime rwandais et qui me traitent de tous les noms d’oiseaux. Je n’écris pourtant que des livres très appréciés du public des Grand lacs africains et je fais simplement de la recherche scientifiques avec un certain niveau d’exigence et de probité. Je crois que les livres et les auteurs qui osent examiner les choses en profondeur sont en principe « dangereux », d’après certains régimes criminels et leurs sympathisants. Aller en profondeur, c’est aussi porter la lumière là où certains préfèrent absolument conserver l’obscurité et le silence de leurs cadavres. Tenter d’apporter des preuves du mensonge là où certains refusent qu’on les montre est effectivement propice aux ennuis.

6. Réveil FM International: Le colloque Afrique des Grands lacs a eu lieu, quelle suite donner à cette rencontre ?

Charles Onana: Une suite qui viserait à cesser de se soumettre intellectuellement au discours officiel de la tragédie rwandaise. La suite serait de ne plus accepter que l’on prétende que le génocide du Rwanda a eu des conséquences non prévues en République Démocratique du Congo (RDC). C’est inexact ! Le drame du Rwanda visait l’invasion et le pillage du Congo. Les preuves existent. Il est donc urgent de réexaminer ce discours stigmatisant, continuellement méprisant et discriminant envers les autres victimes de la tragédie des Grands Lacs. Il faut faire entendre les voix de toutes les victimes : Hutu, Twa, Tutsi et Congolais, tués par les troupes de Paul Kagame au Rwanda et en RDC. C’est une exigence intellectuelle, humaine et scientifique que de refuser de trier dans les charniers. Fléchir et ramper devant les pressions d’une caste de criminels contre l’humanité ou de leurs thuriféraires est une renonciation à notre propre humanité. Tous ceux qui furent tués au Rwanda et en RDC méritent, sans discrimination ni restriction, d’être considérés et respectés. Je ne trie pas les morts Tutsi, Hutu et Twa. De même qu’on ne saurait, pour un enfant né d’un parent Tutsi et d’un parent Hutu et qui a perdu ses deux parents en 1994, s’intéresser à une seule partie de sa famille et considérer que l’autre n’existe pas.

7. Réveil FM International: On dit que vous êtes le chouchou des Africains silencieux, la prunelle des yeux des Congolais l’avez-vous ressenti au Sénat ?

Charles Onana: En tout cas, j’ai le sentiment d’avoir fait mon travail de façon honnête et avec humilité. Je n’ai jamais prétendu détenir la vérité, loin de là. Mais les lecteurs sont ravis et me disent merci d’avoir osé. Ils connaissent bien les enjeux qui pèsent sur ce dossier. Les milliers de femmes violées de la RDCongo en savent quelque chose. J’ai rencontré des lecteurs et lectrices venus de loin, du Canada et même d’Afrique pour ce colloque. C’est dire son importance. Les organisateurs de la rencontre du Sénat ont réussi leur pari. En plus d’ouvrir un débat démocratique et intellectuel d’une grande tenue, ils ont aussi posé un acte de catharsis. Les victimes congolaises ont eu droit à la parole qu’on leur refuse. Les visages, tantôt émus tantôt souriants, exprimaient une grande satisfaction. L’ambiance était chaleureuse et les poignées de mains franches. Dans les médias, on avait plutôt annoncé un « colloque de la honte » et « de la haine » ou du « négationnisme ». Il n’y a rien eu de tout cela. Et c’est dommage que les médias soient passés, une fois de plus, à côté de la réalité en restant sur leurs préjugés plutôt que de rendre compte en toute objectivité.

8. Réveil FM international: Il y a un procès au pénal contre vous pour avoir nié le génocide des Tutsi. Etes-vous déjà fixé ?

Charles Onana: N’importe quoi ! Le ridicule ne tue pas et que rien ne les arrête dans la diffusion du mensonge… Ils seraient bien inspirés de s’intéresser à la situation dramatique de mon ami Déo Mushayidi, victime Tutsi du génocide de 1994, condamné à perpétuité parce qu’il a réclamé, comme moi, vérité et justice pour les Tutsi et les Hutu. Demandez à tous les journalistes et associations qui ont diffusé cette rumeur à quelle date se tient le procès ? C’est hallucinant ! Ce sont des méthodes de voyous. Le droit français reste tout de même précis. Vous aurez remarqué qu’ils m’ont même baptisé « Adrien » pour l’occasion. Je n’ai jamais vu ce prénom dans mes papiers d’identité. Cela vous donne une idée du niveau de rigueur de ceux qui me poursuivent. S’ils en sont à ne même pas savoir comment je m’appelle alors que mon nom est sur tous mes livres, je serais tenté de dire qu’ils vont jusqu’à nier publiquement le nom que m’ont donné mes parents… N’est-ce pas du « négationnisme » ça ?

9. Réveil FM International: 20 ans de votre travail sur les Grands Lacs pour que seulement aujourd’hui la vérité commence petit à petit à faire son chemin…avec la conséquence de votre diabolisation…

Charles Onana: Souvenez-vous que Mandela fut longtemps traité de « terroriste » avant que le monde entier le traite de « Grand homme » ou de « démocrate », Martin Luther King était aussi présenté comme un homme « dangereux pour la sécurité de l’État » simplement parce que ces gens réclamaient la vérité et la justice dans leur pays. Moi je n’ai ni la taille ni le niveau de combativité de ces illustres personnalités. J’écris simplement des livres en apportant généralement des preuves sur ce que j’avance. Ce sont ces preuves qui permettent d’expliquer et de comprendre l’origine ou la cause principale de la tragédie du Rwanda et du Zaïre. Ce sont les même preuves qui me valent toutes les insultes, attaques et autres dénigrements. J’ai découvert des documents que je ne devais pas découvrir, des documents qui devaient rester cachés pour toujours au Conseil de sécurité. Voilà mon crime !

10.Réveil FM International: Êtes-vous en sécurité ? Vous sentez-vous menacé ?

Charles Onana: Je suis serein.

 

Freddy Mulongo

Source: Mediapart 


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