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Les FDLR et les interahamwe : un problème inter-rwandais

Il y a lieu de se demander où se situe la responsabilité de la RDC sur cette question. Il s’agit bel et bien d’une question rwandaise qui stipule une réponse appropriée du Gouvernement rwandais élude sa responsabilité depuis des décennies, la renvoyant paradoxalement au gouvernement de la RDC, avec la compréhension complaisante et la fuite en avant de la communauté internationale.

Faut-il rappeler, aussi douloureux que soit ce souvenir, que le génocide de 1994 au Rwanda, s’est passé entre Rwandais, sans aucune implication des Congolais.

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Résolutions du congrès du Parti Ishema qui s’est tenu à Paris du 1 au 3 Juillet 2021.

RWANDA: Madame Nadine Claire KASINGE annonce sa candidature aux présidentielles de 2024

NOUS NE CEDERONS JAMAIS AUX CAPRICES DU FPR QUI NOUS POUSSE A ABANDONNER NOTRE LUTTE POLITIQUE LEGITIME.

Résolutions du congrès du Parti Ishema qui s’est tenu à Paris du 1 au 3 Juillet 2021

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Vu les articles 46, 50, 51 et 52 des statuts du parti adoptés le 28 avril 2013 concernant les prérogatives du Congrès du Parti Ishema du Rwanda et les articles 59, 60, 61 et 62 du Règlement d’ordre intérieur du 28 janvier 2018 en sa dernière version ;

Nous Abataripfana et Indemyarugamba réunis en congrès ordinaire du Parti Ishema tenu du 1er au 3 juillet 2021 ;

Après de longues discussions et des échanges constructifs sur les problèmes cruciaux auxquels font face les Rwandais aujourd’hui, problèmes résultant essentiellement de la dictature fondée sur le mensonge et la terreur, dictature qui tue, terrorise, appauvrit, vole et spolie le peuple rwandais ;

Ayant constaté que le parti unique FPR-Inkotanyi a pris le pouvoir par les armes et instrumentalise le génocide pour s’éterniser à la tête du pays au détriment des valeurs et principes républicains et démocratiques que le peuple a adoptés ;

Faisant état de la situation que les hommes et femmes politiques de l’opposition endurent au quotidien, leurs droits étant bafoués, qu’ils sont terrorisés, accusés injustement, emprisonnés, portés disparus et/ou assassinés ;

Vu que le parti FPR-Inkotanyi a choisi de gouverner le pays selon le modèle du régime monarchique révolu, ignorant à dessin les exploits des Pères de la République et leur lutte acharnée finalement couronnée par le Référendum du 25 septembre 1961 qui a confirmé la volonté du peuple de rejeter la monarchie et ses pratiques tyranniques ;

Vu qu’aujourd’hui ce même peuple est de nouveau privé des acquis de la République ;

Rappelant au peuple rwandais que le parti FPR-Inkotanyi a montré son intention de fermer l’espace politique à jamais en nous refusant à deux reprises l’entrée au pays pour participer à la vie politique bien que cela soit notre droit inaliénable reconnu par la Constitution du Rwanda et les accords internationaux ratifiés par le Rwanda ;

Le Congrès décide de ce qui suit :

  1. Ne jamais renoncer au droit d’aller mener notre lutte politique au Rwanda jusqu’à ce que le pouvoir soit remis entre les mains du peuple. Nous refusons de donner au FPR le CADEAU PRECIEUX d’abandonner le combat pacifique pour la démocratie.
  2. Participer à toutes les élections. A cet effet, nous élisons et présentons au peuple rwandais et au monde entier le candidat qui représentera le parti Ishema aux élections présidentielles prévues en 2024 en la personne de Madame Nadine Claire KASINGE.
  3. Présenter au peuple notre projet “Démocratie des jumeaux” amélioré afin de mettre fin au cycle vicieux rwandais de violences basé sur le manque de la volonté politique de partager le pouvoir entre hutu et tutsi.

Le Congrès demande :

a.   Aux organisations internationales : L’organisation des nations unies (ONU), L’Union africaine (UA), L’Union Européenne (UE) et toutes les autres organisations de nous soutenir dans notre lutte de mener le Rwanda à un changement pacifique nécessaire.

b.  A tous les hommes et femmes politiques rwandais de se rallier à notre cause pour l’ouverture du terrain politique au Rwanda jusqu’à ce que le pouvoir soit remis entre les mains du peuple.

Fait à Paris le 04 juillet 2021

Valence Maniragena

Porte-parole du Congrès

Vendredi de gratitude avec Ariane Mukundente

Vendredi de gratitude : La résiliente Ingabire Umuhoza Victoire

Vendredi de gratitude : La résiliente Ingabire Umuhoza Victoire

La quasi majorité des personnes que j’ai présentée jusqu’à maintenant pour mes vendredis de gratitude sont des hommes. Le Rwanda est un pays patriarcal où la femme était toujours effacée. C’est pour cela qu’on n’a pas vu beaucoup de femmes rwandaises qui peuvent rivaliser avec les hommes dans leur carrière, sauf tout récemment après 1994. C’est ainsi que pour mon vendredi de gratitude d’aujourd’hui, j’ai le plaisir de présenter une femme très courageuse, Mme Umuhoza Ingabire Victoire.
Femme politicienne, elle suscite beaucoup de réactions. Elle est violemment calomniée par ses adversaires politiques et admirée par les autres pour son courage et sa résilience. Une chose est sûre c’est une personnalité qui ne passe pas inaperçue, sa notoriété est même internationale pour l’opposante la plus populaire au Rwanda.

Bien que je m’intéresse à la politique en générale, moi qui crois au vrai multipartisme et aux vrais partis d’opposition qui aspirent au pouvoir, la politique Rwandaise n’est pas très excitante, car tout est prévisible. Donc, avant, je ne me suis jamais intéressée à la politique de qui que ce soit au Rwanda, y compris celle Ingabire. Elle a attiré mon attention par un simple hasard suite à un article d’un journal en ligne, igihe.com. Cet article affirmait qu’Ingabire lors d’une réunion avec ses partisans avait demandé à ces derniers de ne pas recruter des Tutsi dans son parti. C’était quelque mois après sa sortie de prison. Cette nouvelle m’a coupé le souffle. Comment une femme intelligente, instruite comme Ingabire qui vient de sortir de prison et qui connait les conséquences des tels propos au Rwanda pouvait prononcer ces mots? Il y avait anguille sous roche, pour moi, c’était impossible. Le mensonge était trop gros pour être vrai. Il s’est avéré effectivement que c’était un mensonge grossier, Igihe.com s’est distancé de cet article lorsqu’Ingabire a voulu porter plainte.

Après cet incident, j’ai été très curieuse. Le journal Igihe.com est un journal pro-gouvernemental, il peut plaider l’ignorance, mais il ne peut pas publier un article comme celui-là sans raison. Je comprends très bien les attaques d’un adversaire en politique, c’est de bonne guerre.
Mais ce qui m’a intrigué ce jour-là, c’est la nature de l’attaque. Comment les gens peuvent-ils inventer des mensonges en rapports avec la haine ethnique? Pourquoi vouloir attribuer à Ingabire, un discours raciste qu’elle n’a pas tenu? Pourquoi ressortir les fantômes de l’ethnisme délibérément dans un pays où on dit que les ethnies n’existent plus? Comment un journal pro-gouvernemental comme Igihe.com a-t-il publié un article sur la haine ethnique en manipulant la population ? J’avais beaucoup de questions, car de simples paysans avaient été manipulés pour mentir sur la haine ethnique. On ne joue pas avec ces choses-là, ça a conduit à un génocide. Et j’ai commencé à suivre attentivement les discours d’Ingabire, car je voulais savoir exactement ce qu’elle dit dans ses discours pour déceler moi-même l’extrémisme qu’on voulait lui attribuer. Je venais de me rendre compte que ce qu’on écrit et dit sur elle n’étaient plus fiable, il fallait l’écouter soi-même pour mieux comprendre ses propos.

Je voulais savoir entre Ingabire et ses adversaires qui dit la vérité, qui véhicule les discours de la haine et de la division ethnique. Je l’ai suivie à la lettre, je disséquais chaque mot qu’elle disait pour l’analyser. Je suis tombée des nues. De tous les discours des politiciens tant de l’intérieur que de l’extérieurs, du Rwanda, Ingabire est parmi les plus pacifistes. Elle a un discours rassembleur, inclusif qui s’adresse à toute la population rwandaise. Après cette découverte, je me suis amusée à demander aux gens qui ne l’aimaient pas, le pourquoi de cette animosité car j’étais curieuse de leur réponse.

La plupart d’entre wux ne pouvait pas me répondre, c’est comme si je les prenais de court, car ils étaient obligés de réfléchir pour me répondre. Certains me disaient qu’elle était extrémiste et quand je leur demandais de me donner une seule phrase qu’elle aurait dite qui prouve son extrémisme ethnique, ils ne savaient pas me répondre car, certains n’avaient même pas écouté aucun des discours d’Ingabire. Les plus virulents évoquaient des mots qu’elle aurait prononcés au site mémorial de Gisozi en 2010, insinuant que les Hutus ont été tués aussi et qu’il fallait le reconnaître publiquement. Au fait ce que Victoire Ingabire a dit ce jour-là ne fait pas d’elle une extrémiste ethnique, car cela n’a pas de rapport. De plus , ce qu’elle a dit a été repris récemment par le Président Kagame dans un journal Britannique à savoir qu’un grand nombre de Hutus sont morts.

J’ai lancé un défi à n’importe quelle personne de me montrer un seul discours d’Ingabire qui prêche la haine que ses adversaires essayent de nous faire avaler. Au fait, plus ils mentent à propos d’elle, plus les gens éprouvent de la sympathie pour elle et elle gagne en popularité. Car les mensonges et les calomnies sont tellement grossiers et violents qu’on a envie de chercher à connaître Mme Ingabore et d’écouter ce qu’elle dit. Et quand on se rend compte du contraste de ce qu’elle dit et ce qui est dit sur elle, on tombe des nues. C’est à se demander qui véhicule la haine. Et c’est admirable de voir comment elle reste digne devant cette animosité à son égard. Elle reste une politicienne modèle qui appelle au respect de la loi et des institutions. C’est ici qu’on voit l’aura de cette grande dame et son respect devant la fonction suprême qu’elle convoite. Elle en a les qualités et les compétences, ces épreuves font d’elle, une femme résiliente et aguerrie de la politique rwandaise. Qui est-elle?

Ingabire Umuhoza Victoire est née le 3 Octobre en 1968 au Rwanda. Après ses études primaires et secondaires, elle ira faire ses études universitaires au Pays-Bas, en droit commercial et comptabilité. Brillante, en 1997, elle continue ses études supérieures en économie commerciale et gestion des entreprises. Après ses études, elle obtient un poste de cadre dans une compagnie privée de dimension internationale ayant son siège aux Pays-Bas, où elle est chargée de contrôler et de coordonner les services comptables de 25 filiales installées en Europe, en Asie et Afrique. Ingabire a tout: un emploi prestigieux, un foyer et trois adorables enfants.

Toutefois, en 2010 elle plaque tout et descend dans son pays natal, le Rwanda pour briguer la présidence aux élections de 2010. Arrivée sur le terrain, son calvaire commence. Quelques mois après son arrivée au Rwanda, elle est arrêtée et fut condamnée en première instance à 8 ans d’emprisonnement pour «conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre» et «minimisation du génocide» de 1994. Elle porte le jugement en appel en Cour Suprême. Ce dernier alourdit à 15 ans de prison la condamnation de Victoire Ingabire. Son avocat porta le jugement à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP). Septembre 2018, elle est libérée par la grâce présidentielle. Entre temps, elle est blanchie par CADHP le 7 décembre 2018, et ce denier condamne le gouvernement rwandais à verser 72 000$ à l’opposante Victoire Ingabire en guise de réparation des préjudices matériels et moraux occasionnés par ses huit années d’emprisonnement.

Dès sa sortie de prison le 15 Septembre, Ingabire n’a pas abandonné la politique active, malgré les épreuves. L’élite du Rwanda tape fort sur elle sans arrêt avec les accusations les plus abjectes sous l’œil bienveillant du pouvoir qui laisse cette haine se déverser sur une citoyenne innocente, malgré ses appels aux autorités pour le respect de la loi. Elle perd toute sa garde rapprochée, les assassinats et disparitions des partisans de son parti FDU-Inkingi, ensuite Dalpha-Umurinzi ne s’arrêtent pas, la liste est longue. Mais devant ces épreuves Mme Ingabire dans sa douceur reste zen, elle continue son bout de chemin sans broncher en gardant le focus sur son travail de politicien.

À ceux qui ne la connaissent pas je ne vous demande pas de me croire, écoutez vous-même ses discours et c’est à vous de juger si vous êtes devant un monstre qu’on essaye de nous présenter. Ensuite , demandez-vous la raison de cette violence qui flirte souvent avec de l’ethnisme dans notre Rwanda d’après 1994. Vous allez entendre qu’elle négationniste. Demandez à voir la preuve de cette accusation : une seule phrase qu’elle aurait prononcée, un seul geste qu’elle aurait fait. Et saviez-vous quoi? Elle a perdu son petit frère dans le génocide, on l’avait pris pour un Tutsi. Dans cette période de commémoration, elle aussi, elle se souvient la mort de son frère. Acceptons que Mme Ingabire a le droit de faire la politique et d’aspirer à la fonction suprême. C’est son droit le plus absolu. Mais si on choisit aussi, l’option de mentir à son égard, eh bien préparez-vous, car elle défie toutes règles. Lorsqu’il s’agit d’elle le « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » devient « mentez, mentez et la vérité sortira ». Si je n’étais pas tombée sur ce gros mensonge de l’article d’Igihe, j’aurais peut-être cru à ce qu’on me dit sur elle. Mais ce jour-là, j’ai compris l’importance de vérifier toujours l’information surtout quand on est en face de la propagande pure et dure.

Ses adversaires et les autres politiciens ont beaucoup à apprendre d’elle. Elle a beaucoup d’avance sur eux étant sur le terrain et maîtrisant comment faire de la politique, la vraie : par un discours positif et apaisant, une attitude de proximité sincère avec les gens; par le respect des lois du pays et les droits humains; et enfin, par la recherche du bien commun plus que les intérêts personnels.
Quant à nous, simples citoyens, nous ne pouvons que souhaiter d’avoir des politiciens à l’image Victoire Ingabire Umuhoza qui ont un message apaisant, inclusif et rassembleur axé sur le respect de la loi et l’émergence d’un pays de droit. Un peuple a les politiciens qu’il mérite, exigeons la qualité.

Rendons, aujourd’hui, hommage à cette grande dame charismatique dont le discours rassembleur et inclusif apaise les esprits dans un pays où la peur de l’autre risque de s’installer au quotidien si les politiciens ne font pas attention à leur discours imbu de haine.
Les Rwandais ont besoin d’entendre un discours apaisant.

Mme Ingabire Victoire Umuhoza, niyubahwe!

Mme Ingabire Victoire Umuhoza, yubahwe!

Ariane Mukundente Clarisse Kayisire

 « Emmanuel Macron et Paul Kagamé réinventent la Pravda et le révisionnisme soviétique » – Jacques Myard.

Tribune. Le voyage du Président de la République, Emmanuel Macron, au Rwanda, laisse pantois. Les accusations de responsabilités de la France dans les génocides rwandais relèvent du plus pure révisionnisme historique .

La mission d’information parlementaire présidée par Paul Quilès qui a rendu son rapport le 15 décembre 1998 le démontre parfaitement, j’y ai participé activement.

E. Macron a commandé le rapport Duclert afin de souligner l’aveuglement de la France sur la tragédie  du Rwanda. En réalité ce rapport est une « commande politique » sur la période post 6 avril 1994. Il ne porte que sur les événements tragiques du massacre des Tutsis par les Hutus en passant sous silence les événements d’avant et d’après.

Il y a bien évidemment eu génocide dans les moments qui ont suivi la destruction de l’avion d’Habyarimana à Kigali le 6 avril 1994. Le rapport Duclert, à ce propos, glisse sur cet acte de guerre et se refuse de répondre à la question « qui a décidé de détruire l’avion du Président rwandais ». Il ne fait que préciser qu’il y a des doutes sur les commanditaires …et pour cause.

Nous savons que les missiles qui ont abattu l’avion piloté par deux français étaient des missiles livrés par l’URSS à l’Ouganda.

Paul Kagamé a été le chef des services secrets de l’Ouganda avant de devenir le chef des forces du Front Patriotiques Rwanda ( FPR ) qui ont attaqué le Rwanda dès 1990 avec le soutien de milieux économiques anglo-saxons, notamment lors de l’attaque du 1er Octobre 1990 .

Lorsque le Président François Mitterrand a appris cet attentat, il a déclaré : « cela va être terrible ».

Au 6 avril 1994 la France n’avait plus de coopération militaire avec le régime d’Habyarimana. Elle avait retiré tous ses coopérants .

Il y avait sur place des casques bleus belges qui n’ont pas bougé, un bataillon du FPR, le Président Habyarimana revenait d’Arusha où avait été négocié un accord pour organiser des élections démocratiques au Rwanda. La France a tout mis en œuvre pour la conclusion de cet  accord.

Paul Kagamé savait parfaitement que s’il y avait des élections démocratiques, il ne les gagnerait pas, pour des raisons claniques, le seul moyen était la lutte armée pour prendre le pouvoir, ce qu’il a fait.

La faiblesse structurelle du rapport Duclert réside dans le fait majeur qu’il ne se concentre que sur la période post avril 1994, oubliant toutes les attaques armées du FPR de Kagamé, attaques répétées à partir de l’Ouganda, à partir de 1990 contre le gouvernement légal, avec le soutien actif de milieux économiques anglo-saxons, qui l’ont doté en armement.

C’est à cette période que la France a mis en place une coopération militaire pour répondre à ces agressions.

Juste avant le 6 avril 1994, il est exact que la radio des mille collines, contrôlée par les Hutus extrémistes, a appelé aux meurtres des Tutsis.

La première personne qui a parlé de génocide a été le Pape et dans la foulée Alain Juppé, Ministre des Affaires Étrangères qui a bataillé pour obtenir la résolution 929 du Conseil de Sécurité du 22 juin 1994 pour monter l’opération Turquoise contre l’avis des Américains qui ont tout fait pour que la Résolution ne mentionne pas le terme «  génocide ».

Cette résolution dispose: « Profondément préoccupé par la poursuite des massacres systématiques et de grande ampleur de la population civile au Rwanda ».

Cette formulation est loin d’être neutre, elle prend en compte le fait qu’après le massacre génocidaire, des Tutsis par les Hutus, il y a eu dans la foulée le massacre des Hutus pas les Tutsis, notamment dans leur fuite au Congo.

Les massacres réciproques constituent malheureusement une très longue histoire du Rwanda. La France en intervenant avec l’opération Turquoise a permis l’arrêt de ces massacres. C’est tout à son Honneur.

Il convient de rappeler que le chiffre de 800 000 Tutsis assassinés malheureusement, est sans doute inexact. Le recensement de 1991 dénombrant 596 000 Tutsis représentait 8,4 % de la population.

En conséquence, avoir une lecture biaisée, partielle de la tragédie du Rwanda, en ciblant la prétendue responsabilité française est non seulement du négationnisme, mais une faute lourde que les autorités françaises et rwandaises reprennent en niant les réalités historiques à des fins de volonté politique justifiant le voyage du Président de la République à Kigali.

The Economist du 27 mars 2021 consacre un long article sur Paul Kagamé. Il a eu dans le passé le soutien actif des médias anglo-saxons, lesquels doutent  désormais fortement de sa vraie nature. The Economist  titre « Paragon or Prison » « modèle de vertu ou prison ». Les actions de Kagamé, les assassinats multiples qu’il a perpétrés, dont l’assassinat de son ancien chef des services secret qui connaissait les activités de Paul Kagamé,- il a été assassiné dans son hôtel en Afrique du sud-  illustre sa véritable nature .

Les tueurs avaient simplement posé sur la porte « Don’t disturb », sans commentaire.

Un article du 30 Avril 2021du Washington Post va dans le même sens.

Les réalités historiques sur les événements au Rwanda et surtout sur la prétendue responsabilité de la France sont très loin des commentaires entendus sur nombre de médias français et autres qui véhiculent  une vision accusatrice de la France à des fins politiques pour justifier un voyage de la honte .

Pour ma part, j’estime que le voyage du Président de la République est une faute sans appel. Faire confiance à Paul Kagamé qui n’est rien d’autre qu’un criminel de guerre, un génocidaire, relève d’un total aveuglement.

La France n’a pas failli au Rwanda, rendons justice à nos militaires qui sont intervenus dans l’opération Turquoise !

Jacques Myard
Membre Honoraire du Parlement
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République

Entreprendre.fr

Rwanda: 10 ans après l’assassinat politique du premier Vice-président des Verts.

André Kagwa RWISEREKA était le Premier Vice-Président du Parti “Rwandan Democratic Green Party ” (RDGP)

Il y a 10 ans jour pour jour: assassinat d’André Kagwa Rwisereka Vice-président de Green Party. C’était le 13/07/2010, à quelques jours de l’élection présidentielle du 09/08/2010, dont son parti avait été exclu.
Selon les ONG de droits de l’homme (comme HRW), ce meurtre s’inscrivait dans une série d’assassinats ou tentatives d’assassinats frappant des opposants au régime de PaulKagame.

Qui était cet homme sauvagement assassiné et sans qu’aucune enquête indépendante ne puisse faire la lumière sur les auteurs comme son parti l’avait demandé?

Exilé politique dans les années 1960, André Kagwa Rwisereka s’installa au Congo-Léopoldville (l’actuelle République démocratique du Congo), où il obtint un diplôme d’Éducation. Il fut l’un des principaux membres du Front patriotique rwandais.

De retour au Rwanda, il devint propriétaire d’un bar à Butare, ville de sa province natale du Sud.

Il se distança par la suite du Front patriotique rwandais. Il quitta le FPR en 2009 et, avec plusieurs autres anciens membres du parti, fonda, le 14 août 2009, un parti d’opposition, « Rwandan Democratic Green Party » (RDGP). Il en fut le premier vice-président.

Le 13 juillet 2010, il fut porté disparu à Butare, après avoir quitté son lieu de travail. Le lendemain, son corps fut retrouvé près de la ville, décapité.

Monsieur Rwisereka a été décapité dans des circonstances non encore élucidées

Mr Rwisereka est sur la longue liste des hommes et femmes opposants au régime du FPR assassinés sans que les criminels ne soient ni traduits devant les instances compétentes, ni officiellement identifiés.

Jean-Claude MULINDAHABI- Page Facebook

Abagize Opozisiyo nyarwanda n’amashyirahamwe ategamiye kuri Leta mu nama.

Ni inama yahawe izina rya Rwanda Bridge Builders. Yabaye kuwa 23 kugeza kuwa 24 Gicurasi 2020. Yahuje abari hafi 60 harimo amashyaka ya politiki atavuga rumwe na FPR ndetse n’imiryango itegamiye kuri Leta yita ku bibazo by’u Rwanda.

Inkuru ya Radiyo Ijwi ry’Amerika.

 

 

 

 

 

Ingabire Victoire akomeje kubuzwa uburenganzira bwe mu Rwanda.

Muri iyi minsi, Madamu Victoire Ingabire Umuhoza akomeje gusiragizwa no kubuzwa uburenganzira bwe ku mpamvu zitavugwa, ahubwo hakavugwa ibidafite aho bihuriye.
  • Yigeze gutumizwa ngo avuge ku bitero byagabwe mu Kinigi. Ikibazo: Ese uyu Munyapolitike afite irihe peti rya gisirikare ku buryo abazwa ibyabereye ku rugamba, nk’aho ari we wari uruyoboye?
  • Arahamagazwa ngo avuge ku iyicwa ry’umuntu ryabaye adahari. Ikibazo: Ese uyu Munyapolitike ni we ushinzwe umutekano mu karere kabereyemo ubwo bwicanyi ku buryo agomba gusobanura uko byagenze?
  • Hari impuruza yo kumwica yatanzwe kandi ishyigikiwe na FPR.

Ikigaragara ni uko FPR yubatse imitwe y’iterabwoba yica abantu igafitira ibitero ku gihugu maze igashaka kubitwerera abatavuga rumwe nayo. Na none ariko biragaragara ko FPR itakimenya gutekinika. Ubu ikoranabuhanga rirahari biroroshye kumenya ko Ingabire atigeze ajya kurwana mu Kinigi cyangwa ngo ajye kwica aho ariho hose. Biranoroshye kubona ko nta tegeko yatanze ngo ibyo bikorwe.

Ingabire Victoire arazira iki?

Arazira kuba ari umunyapolitike udatinya guhangana n’amabi ya FPR Inkotanyi ntatinye kuvuga icyo atekereza kandi agakoresha inzira itamena amaraso. Iyi nzira FPR irayitinya cyane. Ikindi ni uko ari umunyapolitike utari mu murongo wa FPR ariwo wa Lunari, ni ukuvuga “ubutegetsi bw’abantu bakeya babwifatira bakabugena uko bashatse, bagakeberaho ubakomeye amashyi, bakita ku nyungu zabo gusa, abasigaye on s’en fout”.  

Arazira umwenda Leta imurimo wa miliyoni 65 yatsindiye mu Rukiko nyafurika rw’uburenganzira bw’ikiremwamuntu. Iyo bigeze ku ifaranga, FPR nta shyano isiga inyuma. Kugira ngo Ingabire atabona umwanya wo kwishyuza aya mafaranga, FPR imuhoza muri muzunga, ishaka kubeshya rubanda ko ari we mugiranabi. Nyamara si ko bimeze. Imana tugira iwacu, ni uko abacyemera ibinyoma bya FPR ari bake cyane.

Mu gusoza, reka twibuke uko Ingabire yasobanuye ikimugenza. Hari tariki ya 16 Mutarama 2010 ku kibuga mpuzamahanga Gregoire Kayibanda, i Kanombe. Na none twakwibuka ko nyuma ya Ingabire , abandi bashatse gutaha ngo bakorere politiki mu gihugu cyabo bangiwe kwinjira .Ubusanzwe, kubuzwa kwinjira mu gihugu cyawe, biguha uburenganzira bwo gufata umuheto ukaburwanira.

Ijambo rya Ingabire Victoire:

Ndatashye

Banyarwanda, Banyarwandakazi, Nshuti z’u Rwanda, Nyuma y’imyaka 16 mu buhungiro, uyu munsi nageze iwacu.

Hagati aho habaye amahano y’urukozasoni mu gihugu. Habaye Jenoside n’itsembatsemba byahitanye miliyoni z’Abanyarwanda. Buri muryango w’umunyarwanda warapfushije. Ariko habuze politiki ihamye y’ubumwe n’ubwiyunge bityo abantu bakomeza guhahamuka.

Nzanywe n’amahoro, kandi niyo azaranga imikorere yanjye muri politiki yo guca ingoyi mu gihugu cyanjye.

Mu buhungiro, twashinze umuryango, FDU-INKINGI, tuhakorera politiki, none igihe cyageze cyo kwimukira mu rwatubyaye, tukegera Abanyarwanda bahasigaye, tukivugurura kugira ngo imbaraga zacu twese hamwe zitubere umusemburo wo guca ingoyi no kwimakaza demukarasi ishingiye ku kwishyira ukizana.

Mbazaniye intashyo y’abavandimwe banyu bakiri ishyanga.Bifatanije na mwe muri aya mahindura dutangiye yo gusubiza Umunyarwanda agaciro mu mahoro, nta maraso yongeye kumeneka.Nje kwandikisha ishyaka ryanyu kugira ngo tuzapigane n’abandi mu matora azaba uyu mwaka. Iyi nzira ni ndende, ni révolution kandi itora si ryo herezo.

Ingoyi nje kurwanya ni iyi:

Cyane cyane ubwoba, ubukene, inzara, igitugu, ubuhake, ruswa yahindutse inkuyo, gacaca ibogamye, akarengane,gereza ya tije no gucirwa ishyanga umwana ntamenye umubyeyi n’umuryango ugasenyuka, ubusumbane,ivangura , kwirukanwa mu byabo, gusembera, kubundabunda, kugenda bubitse imitwe, ndetse n’ingoyi y’akandoyi.

Ndi umukobwa utashye iwacu, ntabaye mu mahoro, nje gufatanya namwe kwigobotora iyi ngoyi. Simperekejwe n’ingabo kuko nje mbasanga, nsanga ababyeyi, basaza banjye, barumuna na bakuru banjye.Umwana utaha iwabo ntiyimirwa.

 Abasigaye mu gihugu turabashima, nimwe muzi ubukana bw’ingoyi.Tuzi akababaro kanyu, muracecetse ariko murareba. Agahinda k’inkoko kamenywa n’inkike itoramo.

Guca ingoyi si induru.Uko usakuza niko yongera ubukana. Mu bwitonzi, mu mahoro, twitegereze ipfundo ry’iyi ngoyi kugira ngo tuyice burundu nta yandi maraso amenetse. Nta ntambara dushaka kandi uzayigarura wese tuzamwamaganira hamwe. Uwibohoje mu maraso aramwokama. Niyo mpamvu tutazabashora muri za mitingi zo gahangana. Mushire ubwoba, mw’ibanga rya gakondo mwigishe abanyu bigishe abandi n’abandi. Tuzaharanire ko nta jwi rizapfa ubusa ndetse n’ibarura ry’amajwi ribe ku mugaragaro aho mwatoreye.Uzabirwanya muzaba mumureba.

Politiki yacu ni ugukora mu bwitonzi, tukazatsinda urugamba nta ntambara ibaye. Uzayishoza akazayiryozwa.

 Tugamije kuvugurura burundu ubutegetsi bw’igihugu, imicungire y’ibya rubanda, inzego z’umutekano n’ingabo, imibereho n’ubuzima bw’abaturage, uburezi, ubutabera. Tugamije politiki irengera Umunyarwanda wese, bityo ntihazagire uwongera kwicwa cyangwa gutotezwa azira ubwoko bwe, akarere cyangwa ibitekerezo bye.

Abambaza bati ese nta byiza iyi ngoma yagejeje ku Banyarwanda? Si akazi kanjye kuyivuga ibigwi. Icyo mbasubiza ni uko uyobora igihugu aba yiyemeje kugikorera neza no guteza imbere abagituye. Agawa ibibi agikorera. Ibigwi bye afite abavugizi bazi kubirata mu itangazamakuru rya Leta n’irindi rimubogamiyeho.

Imitamenwa n’amagorofa ni birebire koko ariko ntibimbuza kubona inzara iyogoza uturere, ntibihisha bwaki, amavunja, ihahamuka, imibereho ibabaje, ubuhake, ibikingi, kwigura ngo uramuke, ruswa, ivangura n’ubusumbane. Ntibimbuza kubona ingoyi zose zikandamije Umunyarwanda.

Nimukanguke mushire ubwoba, twigobotore ingoyi mu mahoro.

Twese hamwe tuzatsinda. 

Koko rero, Twese hamwe tuzatsinda. Ikinyoma n’ukwikanyiza bizatsindwa. Igitugu n’ivangura kizatsindwa. Urasabwa gutanga umuganda wawe.

Ubwanditsi


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Faustin Twagiramungu s’adresse aux intellectuels rwandais. Lettre ouverte.

Faustin Twagiramungu dans une conférence de presse à Bruxelles en 2015

« Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui » (Martin Luther King)

Chers compatriotes,

En ma qualité d’homme politique rwandais et de témoin de l’histoire de notre pays, je me vois dans l’obligation d’attirer votre attention sur l’immense détresse et les terribles humiliations que subit le peuple rwandais depuis plus de 25 ans. Plus le temps passe, plus la situation de nos compatriotes ne cesse de se détériorer. Jamais le pays n’avait connu autant de malheurs orchestrées par le pouvoir en place, dont des atteintes massives à la vie, à la liberté et à d’autres droits fondamentaux, des spoliations et des destructions de biens privés, des famines endémiques délibérément provoquées pour décimer une partie de la population, et bien d’autres maux devenus le lot quotidien des Rwandais. Au rythme où vont les choses, le pire est à craindre, aussi longtemps que le Rwanda sera sous le joug d’un tyran sanguinaire qui ne s’en cache plus.

En effet, lorsqu’un Chef d’Etat en exercice, en l’occurrence le Général Paul KAGAME, affirme haut et fort qu’il a tué et qu’il va continuer de tuer ses citoyens, et qu’en dépit d’être condamné il soit plutôt applaudi, ne peut que nous amener à nous inquiéter et à nous interroger!

Cet exemple récent et d’autres cas que vous connaissez certainement, me poussent à pointer du doigt votre passivité, collective ou individuelle, devant le drame qui se joue devant vos yeux. N’entendez-vous pas cette petite voix de la conscience vous demander instamment: « Qu’as-tu fait de ton intelligence, de ton savoir et de ton savoir-faire ? Qu’as-tu fait pour ton peuple ? »

Chers compatriotes, RÉVEILLEZ-VOUS !

Le seul pouvoir légitime est celui qui repose sur le consentement du peuple. Par conséquent, l’exercice du pouvoir ne saurait avoir d’autre finalité, que le bien de la communauté publique. Et pourtant, le régime du FPR exerce son pouvoir par le fer et le sang dans le but de l’enrichissement illicite de ses dignitaires. Que faudra-t-il faire pour que vous soyez pleinement sensibilisés à cette situation pour le moins injuste et inacceptable ? La tyrannie est présente. Elle fait des ravages tous les jours.

Certains d’entre vous se disent : «Je ne vais pas risquer ma peau pour affronter ce régime impitoyable ! Je m’en remets au destin!». C’est ce fatalisme qui nourrit et entretient le mal. C’est l’alibi de l’indignité ! Qui pense ainsi est un lâche qui s’ignore. Souvent, nous oublions que mourir ne dépend pas de nous. Mais n’oubliez jamais, qu’il dépend de vous de sauver votre peuple en détresse.

Ce que nous avons vécu et que vivent nos compatriotes est indicible ! Qui parmi vous n’a pas perdu un ami, un frère, une sœur, un parent ? Toutes les familles ont été touchées par la volonté des assassins, qui se croient toujours et pour toujours au-dessus des lois.

Combien parmi vous sont tellement terrorisés, qui se déguisent en cadavres ambulants, pour ne pas « être tués une deuxième fois » ! Ils sont devenus comme des zombis, qui obéissent, au doigt et à l’œil, à ce régime qui les tue. Ce n’est pas en abandonnant votre corps et votre esprit à ces forces du mal, que vous vivrez mieux ! Soyez dignes, pensez au moins au bien et à l’avenir de vos enfants et leurs descendants ; l’histoire vous en saura gré !

Chers compatriotes, ENGAGEZ-VOUS !

Les hommes, les femmes, les garçons et les filles de votre âge ont décidé de mener une lutte sans merci contre ce régime du FPR-KAGAME qui tue et malmène les Rwandais. Rejoignez-les ou soutenez-les d’une façon ou d’une autre ! Ils comptent sur vous. Ils sont engagés dans des associations ou partis d’opposition au Rwanda et à l’extérieur. Ils sont en prison ou en exil. Ils se battent jour et nuit, chacun à sa manière, pour la dignité, la paix, la justice, la liberté et la démocratie dans notre pays.

Certains en payent le prix fort, et malgré cela les autres continuent. Avec eux, je crois en la victoire finale. Ceux qui ont été tués dans ce combat, sont des filles et fils dignes de la nation. Ils sont tombés sur le champ d’honneur, nous ne les oublierons jamais. Ils forcent notre admiration, ils nous inspirent jour et nuit ; faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que leur sacrifice ne soit pas vain.

Certains pensent, à tort, ne pas être concernés par cette lutte, au motif qu’ils ont une situation sociale ou financière enviable. Ils oublient que le régime dictatorial du FPR-KAGAME peut à tout moment tout leur prendre, à ceux qui sont à l’intérieur du pays, ou, pour ceux qui sont en exil, les malmener d’une façon ou d’une autre, par le biais de sbires mandatés à cet effet. Faut-il encore souligner qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un combat pour la dignité et la liberté ? En l’espèce, ces paroles d’un sage africain méritent toute notre attention : « Etre pauvre et libre plutôt que riche dans l’esclavage ! » 

Chers compatriotes, BATTEZ-VOUS !

Pour que votre peuple et vous-même soyez en sûreté, il faut être délivré de la force tyrannique ! Cette machine d’oppression est contraire au droit, elle s’oppose à votre liberté, elle nuit à votre vie tout simplement !

Comme tout être humain, la raison vous oblige, tous et chacun, de considérer comme ennemi de votre conservation, celui qui veut vous ravir votre vie, si vous ne vous soumettez pas comme son esclave corvéable à merci. Dans ces conditions, il vous impose une situation d’état de guerre et devient ipso facto votre agresseur, contre qui vous avez le droit et surtout le devoir de combattre. Vous l’aurez compris, c’est une question de survie et de légitime défense.

Chers compatriotes, INDIGNEZ-VOUS !

Vingt-cinq ans que les ossements des nôtres sont exposés comme des trophées de guerre ; ça suffit ! Le régime FPR dirigé par Paul KAGAME a décidé d’ôter l’humanité à nos défunts. Ils sont privés du repos éternel auquel ont droit tous les morts. Tous ces corps exposés à GISOZI et ailleurs sont ceux des nôtres, vous et moi. Aucun de ces morts n’appartient à la famille de KAGAME, car si c’était le cas, pareille humiliation lui aurait été épargnée.

Les nôtres sont devenus des objets de curiosité. Ils sont déshumanisés tous les jours, sous le regard complice des visiteurs étrangers, qui sont soumis malgré eux, à un exercice émotionnel des plus étranges, qu’ils n’osent pas dénoncer. Cette mise en scène macabre est choquante et inacceptable : elle est savamment entretenue par le régime dictatorial du FPR-KAGAME en vue de maintenir dans la culpabilisation une partie des Rwandais et de s’attirer la sympathie d’une Communauté internationale dont la naïveté est habilement exploitée par le pouvoir de Kigali.

Nous ne le dirons jamais assez : l’exposition de ces ossements doit cesser. Non seulement elle procède d’une instrumentalisation politique des plus condamnables, mais aussi elle constitue le comble du cynisme, quand on sait que, dans la plupart des « sites mémoriaux », il s’agit des restes des corps des personnes tuées massivement par l’Armée du Général KAGAME lors de sa conquête du pays en 1994.

Il faut agir et vite, pour que ces corps soient enterrés en toute dignité. Ne laissons plus faire cette affreuse exposition, contraire à nos croyances et notre culture. Notre passivité chosifie nos morts et les réduit au néant. Ils sont morts injustement, et comble du drame, ils sont devenus le décor d’un spectacle politique pitoyable !

Le FPR nous terrorise tellement qu’il est difficile de protester contre cette infamie. Mais jusqu’à quand nos morts devront supporter notre silence complice ? ll est temps d’agir, pas seulement pour ce cas, mais aussi pour d’autres injustices du quotidien. Ensemble, levons-nous comme un seul homme pour briser ce cycle de violence et d’impunité qui a trop duré, et pour mettre un terme au régime dictatorial et criminel de Paul KAGAME.

Chers compatriotes,

Je n’en doute pas, mon message aura contribué, je l’espère, à vous rappeler votre devoir d’intellectuel. Vous, comme moi, avons l’obligation de nous engager résolument en faveur de l’avènement au Rwanda d’un nouvel ordre politique respectueux de la vie, de la dignité, de la liberté et d’autres droits fondamentaux dont nos compatriotes sont privés depuis plus de 25 ans.

Nous devons d’abord et avant tout compter sur nous-mêmes car, comme le dit bien à propos un adage rwandais, « les semences venant d’ailleurs arrivent généralement en fin de saison » (Ak’imuhana kaza imvura ihise). Au lieu d’attendre notre salut d’une Communauté internationale indifférente à notre sort ou en complicité avec notre oppresseur, misons plutôt sur notre énergie et celle de la jeunesse de notre pays, acquise dans sa grande majorité à l’urgence et la nécessité d’un changement politique au Rwanda, qui doit se faire dans l’unité de toutes les composantes de la société rwandaise.

Demain ou après-demain, sonnera le départ pour une marche commune vers la libération du peuple par le renversement du régime honni qui l’asphyxie depuis que le Général KAGAME règne en tyran sanguinaire sur le pays. Soyez au Rendez-vous de l’histoire, de votre histoire, que vous écrirez avec un cœur de patriotisme, de fraternité et de concorde nationale. « A la fin, nous nous souviendrons, non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. » (Martin Luther King)

Avec toutes mes amitiés et mes sincères salutations.

Faustin Twagiramungu

Ancien Premier Ministre rwandais

Bruxelles, Avril 2020.

A sa sortie, Kagame est encore peu prometteur!

Ça faisait longtemps que Paul Kagame ne s’adressait pas aux Rwandais, et quand il fait ce 27 avril 2020, il s’exprime en anglais. Moins de 20% de Rwandais comprennent cette langue. Quant au contenu, le président rwandais ne livre rien. Absolument rien. La seule chose qu’il aura réussie, c’est de semer plus de doutes sur sa localisation sa conférence étant faite à distance.

Avant cette sortie, beaucoup de rumeurs circulaient. L’absence du président inquiétait les Rwandais, les uns allant jusqu’à poser qu’il est mort. C’est peut-être cette prétendue mort qui l’a poussé à sortir subitement, et visiblement, mal préparé. Dans ces réponses , aux journalistes bien sélectionnés comme si le message était destiné à une audience précise,  Kagame ne maîtrise rien. Ceci soulève plus de questionnements: Est-il vraiment vivant? Comment se peut-il qu’après plus d’un mois, un chef d’Etat ne s’adresse pas à son peuple pour exprimer une solidarité?

De la crise causée par la pandémie, Kagame ne livre rien. Pas de statistique. Pas de stratégie, pourtant demandée par plusieurs Rwandais. Le président ne dit rien sur la gestion des fonds déjà reçus dans l’effort de lutter contre Covid-19. Il ne pense pas aux citoyens du menu peuple dont le bien-être est mis à mal par les mesures de confinement décrétées sans suivre la procédure légale pourtant prévue par la Constitution rwandaise. Tout ce qu’il révèle est qu’un conseil des ministres va se tenir cette semaine pour déterminer la voie à suivre dans les prochains jours.

Une journaliste de RFI lui pose la question sur l’assassinat du chantre rwandais Kizito Mihigo mort en février 2020. Kagame, manifestement mal à l’aise avec cette question, réplique qu’il ne sera jamais capable de convaincre qui que ce soit sur la thèse du suicide. Lui-même sait que ce mensonge ne tient pas la route. Et, il demande à la journaliste: “Can we put it to rest, please?” Il évite d’en parler.

Rappelons que depuis l’assassinat de ce jeune homme, Kagame a du mal à justifier son innocence dans ce dossier. Dans ses notes, Kizito explique le rôle important de la directrice de cabinet de Kagame à l’époque, Inès MPAMBARA, dans son calvaire. La femme est même  allée jusqu’à menacer de mort le jeune artiste.

Une question intéressante sur l’incursion de l’armée rwandaise au Congo, une information qui circule depuis quelques semaines. Sauf que le chef de l’Etat nie toutes les allégations en bloc, tentant de façon maladroitement voilée, de justifier cette action militaire s’elle avait eu lieu. Pour tout observateur avisé, sa réponse constitue un aveu sans équivoque. Sauf un enfant né d’hier, l’on sait que les soldats rwandais ont toujours été au Congo, et que Kagame l’a toujours nié.

Le silence de Kagame au sujet de la misère du peuple rwandais, sa disparition des radars pendant longtemps, les actes de barbarie commis par son armée contre les citoyens, l’arrestation des journalistes au nom du Covid-19 mais, qui réellement, on le sait, vise à museler les lanceurs d’alerte, tout porte à croire que Kagame n’est pas l’homme de la situation, maintenant, encore moins pour la période après Covid-19.

Chaste Gahunde


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