Covid-19: Les Rwandais vont-ils servir de cobayes?

Le 30 mars 2020, le Dr Clet Niyikiza a annoncé à la télévision gouvernementale rwandaise que sa société, L.E.A.F Pharmaceuticals (Lifting and Empowering All Families), basée aux USA, allait procéder à des essais cliniques d’un vaccin contre le corona virus (Covid-19). Dr Charles Karangwa, directeur de Rwanda Food and Drugs Authority (FDA) lui a emboîté le pas et a confirmé que cette société avait reçu les autorisations nécessaires pour commencer ses expériences.

D’emblée, sur les réseaux sociaux et dans certains média en en ligne, des gens ont crié, à juste titre, au scandale. La question lancinante est de savoir comment ces essais cliniques vont s’effectuer au Rwanda alors que le pays ne compte qu’une septantaine de malades en comparaison aux autres pays comme l’Italie ou même les USA où cette pandémie fait des morts par milliers.

Une autre raison d’inquiétude est de voir avec quelle rapidité la société LEAF a obtenu les autorisations nécessaires. Dans la stricte application des protocoles préliminaires à ce genre d’expériences, il y a de longues consultations entre les acteurs nationaux et (Ordre des médecins et des pharmaciens, Comité national d’éthique, spécialistes des maladies pulmonaires, médecine des catastrophes,..), internationaux (OMS) et les autorités du pays concerné, non pas pour freiner ou retarder la recherche, mais pour s’assurer que le produit n’aura pas de conséquences néfastes sur la santé de la population. Au Rwanda, ces assises consultatives n’ont jamais eu lieu. La décision est passée comme une lettre à la poste. Même le ministre de la Santé est resté bouche bée alors que c’est à lui, en tant que haute autorité de la Santé, qu’il incombe d’annoncer cette initiative qui a des incidences incommensurables sur la vie des Rwandais.

Comment cela peut-il s’expliquer ? David Himbara, ex-conseiller économique de Paul Kagame, nous apprend que Clet Niyikiza est un homme de main du président rwandais.

En effet en 2009, Paul Kagame a prélevé plus de 22 millions de dollars sur les fonds de pension rwandais (Rwanda Social Security Board, ex- Caisse sociale du Rwanda). Il les a versés dans la société américaine Merrimack Pharmaceuticals et qui compte parmi ses actionnaires, Michael Fairbanks et Michael Porter, deux éminents membres de son conseil consultatif présidentiel (Presidential Advisory Council : PAC).

Dans le cadre de l’accord régissant cet investissement « rwandais », Clet Niyikiza, membre lui aussi du PAC, a rejoint Merrimack en tant que vice-président principal en 2009. Sans aucune explication, Niyikiza a quitté cette multinationale pharmaceutique en 2014 et a formé sa propre société, L.E.A.F. Pharmaceuticals LLC. Personne ne sait ce que sont devenus les 22 millions de dollars investis par le Rwanda. Est-ce l’argent que Niyikiza a utilisé pour lancer sa propre entreprise, avec Kagame comme investisseur en filigrane ? Et voilà encore que le corona virus devient une mine d’or pour le président Paul Kagame, Clet Niyikiza interposé. En effet, ce vaccin, c’est une affaire de gros sous. Des millions de dollars ont été versés pour la recherche du vaccin. Voilà pourquoi pour en bénéficier, le Rwanda va exposer sa population pour des intérêts financiers d’un seul homme, Paul Kagame. Et voilà comment Clet Niyikiza prend les antennes de la télévision nationale pour annoncer la « bonne nouvelle ». Qui d’autre pouvait l’y autoriser si ce n’est le tout puissant président rwandais ?

Il n’est pas inutile de signaler que Clet Niyikiza n’est pas médecin. Après des études de statistiques au Rwanda, il est parti aux Etats-Unis où il a décroché un doctorat en Mathématiques. Il est entré dans le secteur pharmaceutique. C’est un pur produit de Big Pharma. En 1991 il était chez Syntex Corporation rachetée par Roche Holding AG ; entre 1993 à 2005, il était chez Eli Lilly, une société biopharmaceutique ; de 2005 à 2009, il était vice-président de GlaxoSmithKline (GSK), l’un des dix géants de l’industrie pharmaceutique mondiale puis de 2009 à 2014, il fut Vice-President Exécutif de Merrimack Pharmaceuticals.

En 2011, la société américaine Merck a reçu l’autorisation de vacciner plus de 100.000 jeunes filles rwandaises dont l’âge tournait autour de 12 ans et qui étaient en 6è année de l’école primaire. Sur les centres scolaires, elles ont été alignées et contre leur gré, furent injectées avec le gardasil, un vaccin sensé lutter contre le cancer du col utérin, mais dont les effets indésirables étaient encore loin d’être suffisamment maîtrisés. Et si les 100.000 jeunes filles avaient servi de cobayes à ce laboratoire? Ce qui est à noter est que derrière cette campagne massive de vaccination inédite, – le Rwanda a été le premier pays africain à administrer ce vaccin à grande échelle sur sa population – se cachait une affaire de gros sous. Le géant pharmaceutique Merck avait offert gratuitement au Rwanda 2 millions de doses. Mais à quelles conditions ces facilités de vaccination massive avaient-elles été accordées ?

Nous avons également en mémoire des actes de stérilisation obligatoire masculine sous couvert de circoncision soit disant pour lutter contre le Sida. N’eût été la vigilance des ONG des Droits de l’homme dont Human Rights Watch, cet acte criminel aurait fait des ravages. En effet HRW avait alors rappelé au gouvernement rwandais que la vasectomie obligatoire qu’ il applique à sa population masculine est une pratique dévalorisante, coercitive et qui dénie à l’être humain ses droits en matière de santé reproductive et que donc elle devait être stoppée.

Avec le corona virus, le Rwanda va également être un des premiers pays africains, voire au monde, à tester le vaccin contre cette pandémie. Comment cela est possible ? Ceci me rappelle un ami de la Banque Mondiale (BM) qui m’avait expliqué un jour que les institutions de Bretton Woods aimaient bien les dictateurs des pays en voie de développement. Il m’a dit : la BM et la FMI sont des banques. La raison d’être d’une banque, c’est placer l’argent et le rentabiliser. Dans certains pays africains, un délégué de ces banques atterrit au pays, il approche le président et lui miroite les bienfaits du crédit. En bon dictateur, le président concerné ne consulte personne et donne ordre au ministre des Finances qui signe le crédit souvent à un taux d’intérêt non négocié. Le pays peine ainsi, pendant une cinquantaine d’années à payer un crédit obtenu avec des clauses léonines.

Si le Rwanda a été choisi pour tester le vaccin du corona virus, c’est que le président Paul Kagame est un dictateur patenté et que le modus operandi est rôdé pour ce genre de magouilles.

La population à vacciner sera-t-elle volontaire ou on va convoquer la population, la regrouper et la vacciner à la chaîne comme cela a été fait pour les pauvres jeunes filles évoquées ci-haut ?

Wait and see.

Gaspard Musabyimana

Source: https://www.musabyimana.net


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