Paris, juillet 2026. Le procès en appel du Dr Eugène Rwamucyo, ancien médecin rwandais de 67 ans se poursuit devant la cour d’assises de Paris. L’accusé dénonce un harcèlement judiciaire à motivation politique. Plusieurs témoignages se sont déjà révélés être des mensonges flagrants, des usurpations d’identité ou des récits incohérents.
1. L’imposture à l’Office national de la population (ONAPO)
Un témoin s’est présenté comme ancienne employée de l’Office national de la population. Cette personne accusait formellement le Dr Rwamucyo d’avoir élaboré des listes de « candidats à la mort ». L’ancienne directrice de l’office est venue expressément à la barre pour démentir : cette prétendue employée n’a jamais fait partie du personnel. Un mensonge d’identité professionnellement construite pour donner du poids à une accusation grave.
2. La rencontre impossible de 1988
Un témoin a affirmé avoir connu le Dr Rwamucyo au Rwanda en se rendant au dispensaire où il exerçait en 1988. La cour a été surprise. Le médecin effectuait ses études en Russie à cette époque et n’est revenu au Rwanda qu’en 1992. Un simple contrôle biographique suffit à démontrer que ce témoignage est faux.
3. Le conducteur fantôme de la machine de chantier
Un témoin a prétendu avoir reconnu le médecin parce qu’il conduisait lui-même une machine de chantier pour inhumer les corps dans des fosses communes. Or, le véritable conducteur de cette machine (tractopelle) s’était déjà présenté à la barre et avait témoigné. Un mensonge grotesque et facilement démasquable.
4. La témoin séropositive et la « déconnexion d’internet miraculeuse »
Une témoin de sexe féminin, se disant séropositive, a été interrogée sur les personnes qui l’avaient hébergée et ainsi sauvée la vie. Elle a déclaré ne se souvenir de personne.
La défense l’a alors confrontée : « Comment vous souvenez-vous du Dr Rwamucyo que vous n’avez jamais rencontré, mais vous avez oublié les gens à qui vous devez la vie ? »
Comme par « coïncidence », la connexion vidéoconférence (la témoin témoigne depuis Kigali) s’est mise à bégayer. On n’entendait plus rien. Il a fallu se déconnecter et se reconnecter. À la reconnexion, Madame « avait soudain les prénoms »!
La cour a parfaitement compris que quelque chose se tramait. Ce genre de « bug technique » opportun suivi d’une réponse soudainement précise sent le coaching ou le soufflage de réponses en direct. La défense n’est pas dupe. Les jurés non plus.
5. Le témoin qui change de cachette et entend l’inaudible
Un autre témoin s’est complètement perdu dans ses déclarations. D’abord, il affirme qu’il se cachait dans le plafond de l’église de Nyumba. Puis, il déclare qu’il se cachait dans la bananeraie, d’où il aurait entendu des gens parler d’Eugène Rwamucyo.
La question est implacable : comment, au milieu du bruit assourdissant d’un moteur de caterpillar (la machine qui creusait les fosses), des sanglots, des cris de terreur et d’agonie des hommes et des femmes en train de mourir, et cela à une distance considérable, un homme caché aurait-il pu entendre des conversations précises au point de distinguer clairement le nom « Eugène Rwamucyo » ? Ce témoignage défie toute logique physique et acoustique. C’est un récit construit après coup, pas un souvenir authentique.
Le procès continue, mais les mensonges s’accumulent
Ces cinq exemples ne sont pas des cas isolés. Ils dessinent un “pattern clair” : usurpations d’identité, incohérences chronologiques et biographiques, contradictions internes flagrantes, « bugs techniques » opportuns qui permettent des ajustements de témoignage, et des récits qui défient les lois de la physique et de la logique.
Dans un contexte où le “coaching des témoins à Kigali” est une pratique régulièrement dénoncée dans les procès impliquant des Rwandais en exil, où les liens vidéo avec le Rwanda permettent des interventions extérieures, et où le temps et la pression politique font leur œuvre, Aucun témoignage ne devrait être pris au sérieux sans une vérification impitoyable et contradictoire.
La défense fait son travail avec rigueur. La cour commence visiblement à percevoir les anomalies. Reste à espérer que les jurés, eux aussi, ne se laisseront pas impressionner par des récits qui s’effondrent dès qu’on les examine de près.
Le procès en appel se poursuit. La justice ne peut se contenter de témoignages fabriqués, contradictoires ou « miraculeusement » ajustés après une déconnexion. La vérité exige de la rigueur. La rigueur exige de rejeter les mensonges, quels que soient les intérêts politiques ou diplomatiques en jeu.
Justice ne rime pas avec complaisance.
Chaste GAHUNDE
06/07/2026

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