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Rwanda : Violations massives des droits de la personne.

Le Canada devrait prendre des sanctions contre des officiels du régime de Kigali.

Des ressortissants rwandais vivant au Canada font pression sur le gouvernement canadien afin qu’il adopte des mesures immédiates contre des officiels rwandais accusés d’être responsables de violations massives des droits de la personne qui sévissent dans ce pays. L’initiative vient du Congrès rwandais du Canada qui a adressé cette semaine une lettre au ministre des affaires étrangères, l’Honorable arc Garneau, lui demandant d’exercer un leadership à l’échelle internationale pour que des sanctions sévères soient prises à l’encontre des principaux chefs militaires et responsables politiques du régime rwandais réputés avoir joué un rôle dans les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les détentions arbitraires et plusieurs morts en détention.  Sont souvent cités, entre autres, le général James Kabarebe (conseiller de Paul Kagame), le Colonel Jeannot Ruhunga (Secrétaire général du Bureau d’investigation du Rwanda), Dan Munyuza (inspecteur général de la police rwandaise), le Général Joseph Nzabamwita (chef du service de renseignements), Jean-Damascène Bizimana (Président de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide) et Johnson Busingye (ministre de la justice).

Madame Idamange Iryamugwiza Yvonne aux arrêts pour avoir exprimé ses opinions.

L’arrestation cette semaine de madame Yvonne Idamange, une jeune mère de quatre enfants, très critique du pouvoir de Kagame ainsi que la disparition préoccupante d’un jeune prodige et poète rwandais ont constitué  l’élément déclencheur de la démarche du Congrès rwandais du Canada. Les deux événements ont lieu au moment où l’on commémore  à travers le monde le premier anniversaire du meurtre du chanteur Kizito Mihigo (assassiné dans sa cellule le 17 février 2020). Tout cela arrive également au moment où s’ouvre le procès de Paul Rusesabagina. Rendu célèbre par le film « Hôtel Rwanda » et opposant au régime de Kagame, Paul Rusesabagina a été kidnappé par les autorités rwandaises qui l’accusent d’actes de terrorisme. Le Parlement européen vient de voter une résolution condamnant cette arrestation illégale et demandant une enquête internationale du cas Rusesabagina.

En janvier dernier, lors de l’Examen périodique universel qui s’est tenu au Conseil des droits de l’homme à Genève, plusieurs pays ont pointé du doigt le bilan catastrophique du Rwanda en matière des droits de la personne. Et plus récemment encore, l’ONG Freedom House a révélé comment le pouvoir rwandais est devenu l’un principaux acteurs de la répression des opposants non seulement à l’intérieur mais aussi à l’étranger, y compris au Canada. Tous ces faits nous amènent à  exprimer nos très vives préoccupations quant à la situation actuelle des droits de la personne et à l’avenir particulièrement sombre du pays. Si rien n’est fait, le Rwanda se dirige inévitablement vers une autre hécatombe. Le Congrès rwandais du Canada est convaincu que le Canada peut et doit intervenir pour changer la trajectoire prise par un régime qui s’enlise dans la dictature.

SOURCE Congrès Rwandais du Canada (CRC)

Renseignements: Pierre-Claver Nkinamubanzi, Ph.D., Président, Congrès rwandais du Canada

www.newswire.ca/fr

Qui est hors-jeu entre Judi Rever et le FPR?

L’Histoire du Rwanda ne devrait pas nous diviser. Nous ne devrions pas non plus nous attaquer à ceux qui contribuent au rétablissement de la vérité par des faits historiques, scientifiquement vérifiés. Quand on est en désaccord, on a droit d’avancer, avec motivation, sa version des faits, plutôt que de proférer des menaces envers autrui. On n’est pas obligé d’être d’accord sur toute la ligne, avec Judi Rever. Mais ce n’est pas pour autant qu’on doit se déchaîner contre elle. Dans une situation pareille, la place revient au débat, et on laisse les faits parler d’eux-mêmes.

Judi Rever est une journaliste d’investigation. Elle a été au Rwanda et en RDC (ancien Zaïre). Elle raconte ce qu’elle a vu. Elle a, elle-même, recueilli des témoignages de Rwandais de tous bords, et en outre, elle a eu accès aux documents confidentiels du TPIR, et bien d’autres.

Est-il possible d’étouffer, déformer ou dissimuler l’Histoire ? Les faits sont têtus comme dirait l’autre ! La véritable Histoire récente de la tragédie rwandaise est bel et bien connue : d’abord, par ceux qui l’ont vécue, ensuite par ceux qui ont croisé les différents acteurs ou les victimes, et enfin, par ceux qui ont pris connaissance de cette Histoire grâce aux témoignages fiables.

Pourquoi certaines personnes se déchainent contre Judi Rever ?

Judi Rever, journaliste, auteure de In Praise of Blood, The crimes of the Rwandan Patriotic Front

Journaliste d’investigation, Judi Rever a révélé des faces cachées ou peu abordées par les grandes organisations tant nationales qu’internationales. Elle est aussi, en quelque sorte, témoin d’une partie de l’Histoire de la région des grands lacs africains. Ceux qui ont de lourdes responsabilités dans la tragédie de cette région ont tout fait pour étouffer la vérité. Ils racontent les événements à leur guise ; or l’Histoire ne s’invente pas. Ce sont des faits réels. Et celle ou celui qui met la lumière sur ces faits, se voit malmené par ces puissants « éphémères »

Il est impossible d’imposer sa narration, surtout quand elle est biaisée. Au contraire, ce sont des faits, avérés, qui s’imposent. Depuis plusieurs années, ceux qui ont combattu dans les rangs du FPR (comme par exemple, les Majors Alphonse Furuma, Michael Mupende, Dr Théogène Rudasingwa, Lt Abdul Ruzibiza, Deus Kagiraneza, James Munyandinda, Jonathan Musonera, Noble Marara, Aloys Ruyenzi, Abdallah Jabo Akishuli, et bien d’autres), n’ont cessé de raconter ce qui s’est réellement passé sur le terrain qu’ils occupaient, que ce soit au Rwanda ou en RDC (ancien Zaïre). Des écrits signés, des audios, des vidéos sous forme de témoignages sont disponibles sur différents canaux de communication ou réseaux sociaux, et tout le monde peut y avoir accès. La plupart d’entre eux racontent la même chose que Judi Rever. Ces personnes sont aussi témoins oculaires. Judi Rever a rencontré certaines d’entre elles, et bien d’autres témoins. Ce que publie Judi Rever sur le Rwanda, se fonde sur ce qu’elle a vu, elle-même, et sur son travail de recherche et d’investigation.

A juste titre, comme d’autres, Judi Rever parle du génocide perpétré contre les tutsi. Elle ne l’a jamais nié ni minimisé. Il suffit de consulter ses publications (articles, reportages en audio ou vidéo, livres etc.). Est-ce que quelqu’un qui se positionne de cette façon, doit être obligé d’occulter les crimes innommables commis par l’armée du FPR ? Y a-t-il quelqu’un qui puisse nier ces crimes alors que ceux qui ont combattu pour le compte du FPR le prouvent de manière irréfutable ? Judi Rever a mené une enquête de 20 ans dans le souci de recherche de la vérité. Est-il sensé d’étouffer ou dissimuler l’Histoire ? Non.

Quand Judi Rever dit qu’il y a eu aussi un génocide perpétré contre les hutu, cela n’implique pas du tout la négation de l’autre génocide ni forcément sa minimisation.

Le traitement intolérable et les propos violents dont fait l’objet Judi Rever sont injustes et inadmissibles. Je ne le dis pas seulement parce que Judi Rever est une consœur, mais tout simplement parce qu’elle a fait son travail de journaliste, et en plus, en sacrifiant de longues années pour une recherche minutieuse basée sur les faits, les témoignages de victimes de la tragédie et d’autres sources crédibles.

Jean-Claude Mulindahabi, Journaliste.

Jean-Claude Mulindahabi

Source: Facebook

Affaire Léon Mugesera : Le Rwanda condamné pour traitement cruel et inhumain

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSELéon Mugesera a été expulsé du Canada en 2012 au terme d’une saga judiciaire portant sur son immigration au pays, en 1993 ; il a ensuite été jugé au Rwanda pour incitation au génocide.

Le Rwanda s’est livré à un « traitement cruel, inhumain et dégradant » à l’égard de l’ancien résidant canadien Léon Mugesera, a statué vendredi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

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Le jugement ne change pas la condamnation à la prison à vie de Léon Mugesera, reconnu coupable d’incitation au génocide par un tribunal rwandais en 2016, mais blâme Kigali pour ses conditions de détention.

La Cour africaine conclut également que le Rwanda a violé le droit à la vie et le droit à la famille de l’ancien résidant de Québec.

En revanche, l’État rwandais n’a pas violé le droit à la défense de Léon Mugesera, tel que l’alléguait la poursuite déposée en 2017 devant le tribunal basé à Arusha, en Tanzanie.

« Nous sommes très contents que la souffrance de Léon soit reconnue enfin », a déclaré à La Presse sa femme, Gemma Uwamariya.

La famille espère un jour « revoir vivant celui qui [lui] a sauvé la vie » en lui faisant fuir le Rwanda à l’aube du génocide de 1994, confie Mme Uwamariya.

Nous implorons le Canada de s’assure que le Rwanda cesse immédiatement les souffrances cruelles dont Léon est victime.

Gemma Uwamariya, la femme de Léon Mugesera


Le cabinet du ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, n’avait pas réagi au jugement au moment d’écrire ces lignes.

Dédommagement de 32 000 $

Dans son jugement, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples condamne le Rwanda à verser 25 millions de francs rwandais, soit près de 33 000 $, à Léon Mugesera et sa famille, dont 10 millions à titre de préjudice moral.

Elle ordonne également qu’un médecin indépendant soit désigné pour évaluer l’état de santé de Léon Mugesera et déterminer les « mesures nécessaires à son assistance ».

Le tribunal a aussi rejeté la demande de Léon Mugesera d’ordonner sa remise en liberté et l’annulation de sa condamnation pour incitation au génocide, estimant que le litige portait sur ses conditions de détention et non pas sur la légalité de sa détention.

La Cour africaine a refusé également d’ordonner au Rwanda d’entamer des discussions avec le Canada pour que Léon Mugesera puisse purger le reste de sa peine d’emprisonnement à perpétuité au Canada, affirmant que cela relève de la compétence des États concernés et non du tribunal.

Léon Mugesera a été expulsé du Canada en 2012 au terme d’une saga judiciaire portant sur son immigration au pays, en 1993 ; il a ensuite été jugé au Rwanda pour incitation au génocide.

Au terme d’un procès jugé inéquitable par ses avocats, Léon Mugesera a été déclaré en 2016 coupable d’incitation publique à commettre un génocide, de persécution et d’enseignement de la haine basée sur l’ethnicité par la Haute Cour du Rwanda, qui l’a en revanche acquitté des chefs d’accusation de complot et de complicité de génocide.

Les dates clés de Léon Mugesera

– 1987 : Il obtient son doctorat à l’Université Laval, à Québec.

– Novembre 1992 : Il prononce, dans le nord-ouest du Rwanda, le discours qui lui a valu d’être accusé d’incitation au génocide.

– Août 1993 : Il arrive au Canada avec son épouse et leurs cinq enfants mineurs. Ils ont tous le statut de réfugiés.

– Juillet 1996 : La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) ordonne son expulsion, considérant que le discours de 1992 constituait une incitation au meurtre, une incitation au génocide et à la haine ainsi qu’un crime contre l’humanité.

– Janvier 2012 : Après des années de démarches judiciaires, il est finalement renvoyé au Rwanda par le Canada.

– Janvier 2013 : Début de son procès pour incitation au génocide à Kigali, au Rwanda.

– Avril 2016 : Il est condamné à l’emprisonnement à perpétuité.

Source : https://www.lapresse.ca/international/afrique/2020-11-27/affaire-leon-mugesera/le-rwanda-condamne-pour-traitement-cruel-et-inhumain.php

L’assassinat de Kizito Mihigo: Ines MPAMBARA risque la prison à vie.

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Depuis le 17 février 2020, le monde entier en général et les Rwandais en particulier n’ont cessé de pleurer le chantre de la réconciliation rwandaise, feu Kizito MIHIGO tué dans les locaux de la police rwandaise. Bien avant sa mort, pressentant le malheur qui le guettait, Kizito est parvenu à enregistrer le conte de son calvaire. Il a aussi pu sortir quelques manuscrits qui feraient objet d’un “bon” film d’horreur.

De son témoignage, nous connaissons désormais ses tortionnaires ainsi que tous leurs complices qui tôt ou tard ne pourront plus échapper à la justice. Parmi eux, une femme toute-puissante, seconde à la première dame du Rwanda: Inès MPAMBARA.

Directrice de cabinet du président KAGAME pendant près de 12 ans, Madame MPAMBARA se serait installée au Québec avec ses parents dans les années 1990 en provenance du Burundi, le pays d’exil de ses parents. Aujourd’hui elle a une double nationalité ( rwando – canadienne) à l’instar de son maître Kagame, rwando – ougandais.

Le Canada est intransigeant envers ses citoyens qui se rendent auteurs ou complices des crimes de guerre, génocides et crimes contre l’humanité, même si ces crimes sont commis en dehors des frontières. Ainsi l’article 6, de la loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre (1)  stipule :

Quiconque commet à l’étranger une des infractions ci-après, avant ou après l’entrée en vigueur du présent article, est coupable d’un acte criminel et peut être poursuivi pour cette infraction aux termes de l’article 8:

a)génocide;

b) crime contre l’humanité;

C)crime de guerre.

Et l’article 8 :

 Quiconque est accusé d’avoir commis une infraction visée aux articles 6 ou 7 peut être poursuivi pour cette infraction si l’une des conditions suivantes est remplie :

a) à l’époque :

(i)soit lui-même est citoyen canadien ou employé au service du Canada à titre civil ou militaire,

(ii) soit lui-même est citoyen d’un État participant à un conflit armé contre le Canada ou employé au service d’un tel État à titre civil ou militaire,

(iii) soit la victime est citoyen canadien,

(iv) soit la victime est un ressortissant d’un État allié du Canada dans un conflit armé;

b)après la commission présumée de l’infraction, l’auteur se trouve au Canada.

Le paragraphe 3 de l’article 6 définit le crime contre l’humanité comme: meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation, emprisonnement, torture, violence sexuelle, persécution ou autre fait — acte ou omission — inhumain, d’une part, commis contre une population civile ou un groupe identifiable de personnes et, d’autre part, qui constitue, au moment et au lieu de la perpétration, un crime contre l’humanité selon le droit international coutumier ou le droit international conventionnel ou en raison de son caractère criminel d’après les principes généraux de droit reconnus par l’ensemble des nations, qu’il constitue ou non une transgression du droit en vigueur à ce moment et dans ce lieu“.

Quant aux peines, quiconque commet ce genre d’infractions, (dans le cas de Kizito MIHIGO, madame Inès MPAMBARA) est passible de l’emprisonnement à perpétuité.

Chaste GAHUNDE

 


(1) https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/  

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