Category Archives: News

Louise Mushikiwabo, une candidate qui inquiète la Francophonie

maxresdefault
Le XVIIe Sommet de la Francophonie tiendra ses assises du 11 au 12 octobre à Erevan. À cette occasion, les États et Gouvernements membres choisiront le Secrétaire général pour les quatre prochaines années. La Rwandaise Louise Mushikiwabo est la seule qui se porte candidate pour succéder à l’actuelle Secrétaire générale Michaëlle Jean qui achève son mandat à la tête de la Francophonie.

Depuis l’annonce de sa candidature, le 23 mai dernier par le président de la France Emmanuel Macron pour sceller le pacte qu’il espère avec le président rwandais Paul Kagame, Mme Mushikiwabo n’a pas été très explicite sur ses ambitions réelles pour la Francophonie. L’actuelle ministre rwandaise des Affaires étrangères n’en avait que pour le rapprochement entre son pays et la France qu’elle n’a pourtant cessé de vilipender avec virulence autrefois.

Ce n’est que tout récemment, dans un entretien accordé à l’Agence France Presse, qu’elle a exposé brièvement sa vision et ses priorités, si elle était choisie. Pêle-mêle, Mme Mushikiwabo a parlé de divers sujets qui lui tiendraient à cœur, entre autres de la promotion de la langue française, il le faut bien pour accéder à la fonction. Elle estime que la visibilité de la langue française peut être améliorée sur le plan international et que l’Organisation internationale de la Francophonie « pourrait faire beaucoup plus pour peser sur la scène mondiale […] » et elle promet « d’apporter un vent de renouveau à la Francophonie » si elle était élue à la tête de cette Organisation.

Les quatre priorités de son programme d’actions pour les quatre années à venir sont détaillées brièvement sur son site Internet de campagne et sont essentiellement consacrées au rayonnement de la langue française, à la pertinence de la Francophonie, à l’emploi des jeunes, et à l’échange de bonnes pratiques.

Répondant à la question de l’AFP sur le déficit accablant de démocratie et le non-respect des droits de la personne et des libertés fondamentales dans son propre pays, la candidate du Rwanda s’est portée à la défense de son pays, en tentant de formuler ce qu’elle entend par démocratie :

« Toute la notion de démocratie et des droits, ce n’est pas toujours très clair et très précis ce qu’on veut dire par là. On a collé une étiquette au Rwanda par rapport à ces questions de liberté. Je suis très fière de la gestion politique du Rwanda. Je vois ce que, pas tout le monde, mais la majorité des Rwandais pensent. Ils sont contents du système démocratique qui est là… »

On est bien loin des termes de référence dans lesquels la Francophonie énonce les principes, balises, responsabilités et éléments fondamentaux en démocratie, consacrés entre autres dans la Déclaration de Bamako et dans combien de Conventions internationales que les États membres de l’OIF, dont le Rwanda, ont dûment signées et ratifiées.

Il est par ailleurs important de noter que de nombreux observateurs de l’OIF expriment leur très grande inquiétude et que certaines voix critiques s’élèvent pour exprimer leur crainte quant à l’avenir même de l’Organisation. C’est le cas notamment de l’universitaire Véronique Tadjo qui redoute la polarisation au sein de l’Organisation et le bras de fer possible qui s’annonce entre le Canada et le Rwanda pour le Secrétariat général de la Francophonie, et souligne que « la candidature de Louise Mushikiwabo ne se justifie pas dans le cadre d’une Francophonie rassembleuse ».

Louise Mushikiwabo en banalisant autant la démocratie, la défense des droits et les libertés, mais en insistant de manière si emphatique sur la promotion de la langue française, s’efforce de rejoindre la projection d’Emmanuel Macron pour « une nouvelle Francophonie » qui devrait se limiter au rayonnement, à l’enseignement et à l’usage du français dans le monde. L’action politique et la prévention des crises étant, dit-il, du ressort d’autres organisations, pas de l’OIF.

C’est tout le contraire de la définition des objectifs inscrits dans l’article 1er de la Charte de la Francophonie qui fait de l’action politique l’un de ses piliers. Plus surprenant encore est de vouloir même miser sur une ministre rwandaise pour promouvoir avec conviction l’usage et le rayonnement de la langue française, quand dans son propre pays, sous le régime de Paul Kagame, le français est banni comme langue d’enseignement et de travail dans l’administration publique. De plus, elle n’est surtout pas celle qui fera siennes les valeurs universelles, autre objectif clairement inscrit dans la Charte de la Francophonie, et qui sont si chères à l’OIF.

Comment s’attendre à ce que Mme Mushikiwabo, qui ne réalise pas encore que son pays ait des défis considérables à relever dans le domaine des droits de la personne, puisse s’engager résolument en faveur d’actions d’accompagnement des États dans leurs efforts de consolidation des processus démocratiques et des institutions garantes de l’État de droit ?

Malgré tout le soutien de M. Macron à la candidature rwandaise comme partie de l’opération visiblement pour construire une relation de coopération et faire baisser la tension diplomatique qui perdure depuis 1994 entre les deux pays, le Rwanda n’a, quant à lui, pas bougé d’un iota. Il n’y a toujours pas des signaux clairs en provenance de Kigali qui permettraient de croire au dégel possible des relations entre les deux pays ou à une volonté d’adhérer aux valeurs de la Francophonie.

Nous n’avons aucune raison de douter des bonnes intentions d’Emmanuel Macron et des efforts qui sont faits par la France pour normaliser ses relations avec le Rwanda. Toutefois, on ne peut s’empêcher de se questionner sur la sincérité des uns et des autres, dans une telle démarche qui apparait clairement être à sens unique. À l’heure actuelle, la France ne dispose toujours pas d’ambassadeur accrédité au Rwanda, alors qu’inversement, ce dernier en a un en France.

Il convient de souligner par ailleurs que l’idée d’Emmanuel Macron de présenter la candidature de Louise Mushikiwabo, Paul Kagame affirmant n’avoir jamais démarché en ce sens, non seulement crée beaucoup de remous dans le gotha politique français et international, mais également au sein de nombreuses associations de défense des droits humains, parmi lesquelles Reporters sans Frontières qui a d’ailleurs fait une sortie médiatique remarquée pour dénoncer les restrictions à la liberté de la presse et d’expression au Rwanda, Human Rights Watch, Amnistie internationale et combien d’enquêtes journalistiques qui dans leurs rapports dévoilent le côté sombre d’un régime brutal, répressif et dictatorial.

Le soutien de la France à la Rwandaise, au détriment de la Canadienne d’origine haïtienne a, au niveau national français, fait grincer les dents et vociférer certains ex-haut gradés de l’armée française qui se sont sentis trahis. Au niveau international, le Canada, le Québec, le Nouveau-Brunswick maintiennent leur soutien au renouvellement du mandat de Michaëlle Jean et l’ont déclaré devant les instances de la Francophonie. De manière générale dans le monde francophone, c’est l’embarras, sur fond d’incertitude quant à l’avenir de la Francophonie.

Il y a tout à parier que c’est le choix de la raison qui devra primer sur les intérêts obscurs des uns et des autres, que les chefs d’État et de gouvernement sauront privilégier l’intérêt supérieur de la Francophonie contre tout autre mobile politicien ou stratégique, et que finalement, au nom de ce même intérêt supérieur de l’OIF, Emmanuel Macron et Justin Trudeau sauront trouver un terrain d’entente pour désigner la personnalité qui serait plus encline à porter aisément les actions et missions qui font de l’OIF un acteur désormais incontournable et respecté à l’échelle mondiale.

L’auteur du texte est Isidore Kwandja Ngembo, politologue d’Ottawa.

Ledroit.com

Kagame is drowning Rwanda in debt

How donors wrote off Rwanda’s debts and thereafter Kagame accumulated new and larger debts

The Heavily Indebted Poor Countries (HIPC), 2000–2008, including Rwanda

Under the Heavily Indebted Poor Countries (HIPC) Initiative, the larger part of Rwanda’s external was written off between 2000 and 2008. By 2008, donors had struck off US$1.4 Billion from Rwanda’s debt leaving US$688.9 Million.TABLE 1 shows the drastic reduction of Rwanda’s debt measured by the debt-GDP ratio.

TABLE 1 — Rwanda’s debt as a percentage of GDP, 1995 to 2000

Source: International Monetary Fund’s database

As indicated in TABLE 1, Rwanda’s debt was 119.5% of the GDP in 1995, dropping to 19.5% of the GDP in 2008. In other words, while Rwanda’s debt was bigger than its GDP in 1995-2000, the debt was sharply reduced to 19.5% of the GDP by 2008.

From 2010 to 2017, however, Rwanda reversed course, accumulating a massive debt. By 2017, as indicated in TABLE 2, Rwanda’s debt had steeply climbed to US$3.2 Billion, constituting 46.2% of the GDP. Servicing the external debt in principal and interests costs Rwanda US$72.3 Million annually.

TABLE 2 — Rwanda’s debt and its ratio to GDP in 2016 and 2017

Source: Rwanda Ministry of Finance, The Annual Economic Report Fiscal 2016/2017

How did Rwanda acquire the US$3.2 billion debt?

Kagame’s megaprojects — RwandAir, Kigali Convention Center, and Bugesera International Airport

The primary contributor to Rwanda’s debt are RwandAir and the Kigali Convention Center (KCC). The Bugesera International Airport (BIA) will also contribute to Rwanda’s indebtedness in 2019–2020.

RwandAir is the main culprit. By 2016, RwandAir had accumulated US$222 Million in losses. The government pumped in US$192 Million in grants. Additionally, the government gave the airline US$238 Million in loans, while loans from outside government were US$100 Million. This means that Rwanda government kept RwandAir afloat with US$430 Million in loans and grants between 2013 and 2016. When the US$100 Million external loan is added, US$530 Million was pumped into RwandAir between 2013 and 2016. In 2018, an additional US$87 Million loan for RwandAir was acquired — with the government indicating to the IMF that more loans for RwandAir were to follow:

”The indicative US$500 million ceiling on new external debt contracted by public enterprises was exceeded by US$87 million, due to a lease signed by Rwandair. To accommodate this as well as other leases in the pipeline, we propose to raise the indicative ceiling to US$800 million.”

For building KCC, Rwanda issued a US$400 Million Eurobond in 2013. The IMF indicated that Rwanda acquired a new loan for KCC as well as for RwandAir in 2016:

“In 2016, new debt associated with the KCC totaled US$160 million, 80 percent of which was external debt. RwandAir’s continued expansion included US$171 million in loans for two new aircraft and leases for two other aircraft which, together with associated debt servicing.”

Lastly, there is the Bugesera International Airport (BIA). BIA might have become Kagame’s biggest disaster. Recall that in September 2014, Kagame suddenly announced a Eurobond of up to US$1 Billion build BIA. Kagame proclaimed this at the African Leaders Summit in Washington, DC, asserting that he would more than double the US$400 million Eurobond he acquired the previous year. Thankfully, this did not come to pass — the insane idea died quietly.

BIA is now being built as private concession. Nonetheless, the government has indicated it will acquire loans in 2019-2020 amounting to US$163.6 Million ”to finance import of goods and services for Bugesera.”

And of US$326 Million loans borrowed from India and China in 2018, US$50 Million from the latter is earmarked to build the road from Kigali to Bugesera International Airport. This means that BIA loans for 2018 — 2020 will total to US$213.6 Million.

Kagame — or at least his finance minister now recognizes the tough road ahead in managing debt

The Budget Framework Paper for 2018/2019–2020/2021 acknowledges ”deterioration” that is explained as thus:

”The Present Value of debt service-to-exports stands at 7.2% in 2017 but increases sharply to 17.3% in 2023, the year of Rwanda’s Euro bond repayment. The main reason for this deterioration is an increase in the level of non-concessional borrowing (as highly concessional multilateral lending sources are restricted), and leases incurred for Rwandair fleet expansion plan, debt service and repayment associated with the Kigali Convention Center in 2019- 2020, and the pressure of the Eurobond rollover in 2023.”

At present, servicing Rwanda’s external debt costs Rwanda US$72.3 Million annually. This is about the same amount of money Rwanda hopes to earn from conference tourism in 2018. Servicing Kagame’s debt is about to become even more costly, however. The Eurobond and other loans Kagame that accumulated since 2013 are due for repayment. And repaying loans is not rocket science. Kagame and his government have to do three things to seriously raise the national income by all means possible. Firstly, they must drastically expand export earnings. Secondly, they must drastically expand domestic revenue. Thirdly, they need a cure for addiction to loans. Each of these imperatives is easier said than done in Kagame’s Rwanda. After all, this is what Vision 2020 was supposed to achieve. But instead it was recently pronounced dead. The objective of transforming Rwanda into a middle-income state is now postponed to 2034. Don’t hold your breath.

ABANGA IMPINDUKA ZINYUZE MU MAHORO NI BO UBWABO BIKURURIRA IZINYUZE MU MIVU Y’AMARASO

Nadine

Bataripfanakazi, Bataripfana b’ishyaka ISHEMA ry’u Rwanda,

Banyarwandakazi, Banyarwanda namwe nshuti z’u Rwanda,

  1. « Abanga impinduramatwara zinyuze mu mahoro, ni bo ubwabo batuma habaho impinduka zinyuze mu mivu y’amaraso ». Iyi ni imvugo ya Perezida Kennedy wayoboye Leta zunze ubumwe z’Amerika guhera mu mwaka wa 1961 kugeza yishwe mu mwaka wa 1963. Mu bushishozi bwe, yasanze iyo impinduramatwara igeze igihe, hakagira uwanga ko ibaho mu mahoro, byanze bikunze aba ahamagarira abantu gukora impinduramatwara inyuze mu mivu y’amaraso.
  2. Igihugu cyacu cy’u Rwanda gikomeje kuyoborwa n’abantu bagifashe bugwate bakaba badakozwa na busa amajwi menshi abahamagarira kwemera ko habaho impinduka zisonzewe na bose. Barafunga, bakica cyangwa bagatorongeza uwo ari we wese uvugiye rubanda asaba ko abenegihugu bahabwa ijambo bagahabwa uburenganzira bwo kwihitiramo uko bayoborwa.
  3. Tariki ya 16/01/2010, Nyakubahwa Madame INGABIRE Vctoire yasesekaye I Kigali azanye ijambo ry’amahoro yifuza guhatanira ko ukuri n’ubutabera byadufasha kubaka umuryango nyarwanda wasenyutse biturutse ku mateka n’intambara yashojwe na FPR Inkotanyi. Yaratotejwe, arafungwa ndetse akatirwa imyaka 15 kuko yifuje impinduka zinyuze mu mahoro.
  4. Tariki ya 23/11/2016 jyewe ubwanjye Nadine Claire KASINGE mpetse umwana w’uruhinja, ndi kumwe na Padiri Thomas NAHIMANA na Bwana Vénant NKURUNZIZA twangiwe na FPR Inkotanyi kwinjira mu gihugu cyacu ngo duhatanire ko igihugu cyacu cyayoborwa hakurikije amahame ya demokarasi. Tariki ya 22/02/2017 twongeye gufata urugendo, Paul KAGAME na Leta ye bashyira iterabwoba kuri Kompanyi zose zitwara abagenzi zerekeza mu Rwanda ngo dusohorwe mu ndege tugeze ku kibuga cy’indege i Buruseli, mu Bubiligi. Twabujijwe dutyo kwinjira mu gihugu cyacu ngo dufatanye n’abandi kubaka igihugu nyamara nta ntwaro twari twitwaje kuko dushyize imbere impinduka inyuze mu nzira y’amahoro.
  5. Mu kwezi kwa 05/2017, Diane SHIMA RWIGARA yarahagurutse atangaza ko asanga akarengane gakorerwa Abanyarwanda gakabije, yiyemeza guhatanira kuyobora u Rwanda ngo amahame ya demokarasi ahabwe intebe. Yarafashwe arafungwa n’umubyeyi we, imitungo yabo iribwa n’ibisahiranda bitayivunikiye. Diane SHIMA RWIGARA yaharaniraga impinduka zinyuze mu mahoro.

Bataripfanakazi, Bataripfana b’ishyaka ISHEMA ry’u Rwanda,

Banyarwandakazi, Banyarwanda namwe nshuti z’u Rwanda,

Muri iyi minsi haravugwa imirwano ya hato na hato ishyamiranya abasirikare b’u Rwanda n’imitwe itandukanye yitwaje intwaro. Nkaba mboneyeho kubagezaho ibi bikurikira :

  1. Mu gihe haba koko hari urubyiruko rutagishoboye kubaho ruteze amajosi ngo Inkotanyi ziyateme, rugafata intwaro ngo rwirwaneho ndetse rukure abanyarwanda ku ngoyi, ingaruka zose zizabazwe abafite ubutegetsi muri iki gihe bakomeje kunangira ko impinduka zikorwa mu mahoro.
  2. Intambara zigira ingaruka nyinshi by’umwihariko ku bana n’abategarugori. Nk’umutegarugori ni inshingano zanjye gusaba abarwana kwitonda cyane kandi bakabungabunga uburenganzira n’ubuzima bwa’abana n’abari n’abategarugori. Ndasaba kandi ko abarwana bakwirinda icyahungabanya ubuzima bw’abanyarwanda no kwirinda gushora abasiviri mu mirwano badafitiye imyitozo, ubumenyi n’ubushobozi.
  3. Mu izina ry’ishyaka Ishema ry’u Rwanda mbereye umuyobozi, sinabura kwibutsa Paul KAGAME ko agifite akanya ko kwemera kugirana imishyikirano n’abatavuga rumwe nawe hagamijwe ko intambara zakumirwa amazi atararenga inkombe.

 

Harakabaho u Rwanda rugendera ku mahame ya Demokarasi

Harakabaho abanyarwanda babanye mu mahoro

Harakabaho ukuri, ubutwari n’ugusaranganya ibyiza by’u Rwanda.

Bikorewe i Montreal, Canada

Kuwa 23/07/18

Nadine Claire KASINGE

Présidente ISHEMA Party

logo ishema

Kigali refuses cooperation with the UN anti-torture team

detention

The United Nations Subcommittee on Prevention of Torture (SPT) has cancelled its mission to Rwanda after suspending the visit last October.

The UN body accuses Kigali of lack of cooperation.

“In 11 years of exercising its mandate and more than 60 visits, it is the first time the SPT is terminating a visit before its completion. There was no realistic prospect of the visit being successfully resumed and concluded within a reasonable timeframe,” the agency said in a statement on July 4.

The decision has irked Kigali which accuses the body of acting in bad faith.

“The allegations of lack of cooperation are untrue, unfounded and in bad faith and the Government of Rwanda rejects them now as it has rejected them previously,” the administration said in a statement last Tuesday.

The UN body regularly visits countries that have ratified the Optional Protocol to the Convention against Torture to investigate torture allegations and assess implementation of measures aimed at preventing torture and other forms of ill-treatment.

The mission was first suspended in October last year, when members of the subcommittee cut short their visit in Kigali citing a “series of obstructions imposed by authorities”.

The team also said it was denied confidentiality to certain interviewees who it argued could face reprisals.

“The Government of Rwanda acceded to and fully facilitated the visit of the SPT, including granting full and unimpeded access to places of detention and to detainees,” the government responded.

Termination of the mission now undermines UN’s recognition of Rwanda’s Human Rights Commission, which was granted the mandate by Parliament in February to serve as the national preventive mechanism against torture.

In a report by the Human Rights Watch last year, the watchdog alleged that the military routinely tortures detainees with beatings, asphyxiations, mock executions and electric shocks.

HRW said it had confirmed hundreds of people who were illegally detained and tortured in army detention centres between 2010 and 2016.

But Kigali dismissed the report as fake, arguing that the watchdog was “desperate for attention”.

Source: The East African

Rwanda : une nouvelle rébellion revendique les attaques au sud du pays

Ce dimanche 15  juillet  2018, le Mouvement rwandais pour le changement  démocratique (MRCD), a revendiqué les incursions armées qui se commettent depuis un mois au sud du Rwanda à la frontière avec le Burundi. Même si dans un discours du 13 juillet 2018, le général-major Paul Kagame a affirmé que le Rwanda était prêt à affronter toute personne qui lui déclarerait la guerre, le lieutenant-colonel Munyengango, porte-parole de l’armée, minimise la menace et qualifie les assaillants de « simples bandits ». Dans son article pour le journal belge Le Soir, Colette Braeckman semble plus alarmiste et suggère le prélude d’une  nouvelle guerre régionale en évoquant notamment un possible soutien de l’Ouganda, du Burundi et de la RDC à ces infiltrations armées au point que, comparant le Rwanda à Israël, « des officiels [rwandais] n’hésitent pas à évoquer la guerre du Kippour… »[1].  L’armée burundaise dément pour sa part les informations et affirme  « qu’aucun mouvement, ni trace d’éléments armés n’ont été constatés par les unités de la FNDB déployées sur la frontière du Burundi avec le Rwanda ».  Retour sur la chronologie des événements.

      – 04 juillet 2017 : Création du MRCD

MRCD-150x150Le  4 juillet 2017, alors que le FPR célèbre la 23ème année de sa prise du pouvoir, le CNRD-Ubwiyunge (Conseil National pour le Renouveau et la Démocratie) et le PDR-Ihumure (Parti pour la Démocratie au Rwanda) annoncent la création d’une nouvelle plateforme, le Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD).

Le CNRD est une rébellion rwandaise née d’une scission des FDLR et présidée par Wilson Irategaka. Il est essentiellement composé de jeunes rebelles Hutu qui, bien qu’ayant les mêmes revendications que les FDLR, à savoir un retour au Rwanda dans la dignité et un dialogue politique avec Kigali, divergent sur la stratégie à adopter pour atteindre cet objectif.

Le PDR-Ihumure est un parti politique rwandais opérant en exil et présidé par Paul Rusesabagina,  le héros du film Hôtel Rwanda qui en plein génocide réussit à sauver la vie des 1268 personnes qui s’étaient réfugiées à l’hôtel des Milles collines dont il assurait la gestion.

La nouvelle plateforme se donne pour objectifs de :

  • Combattre la dictature du Front patriotique rwandais et son président, Paul Kagame, pour un changement démocratique;
  • Réconcilier le peuple rwandais meurtri par la guerre de 1990-1994 qui a conduit au génocide et autres crimes contre l’humanité;
  • Résoudre définitivement le problème récurrent des réfugiés rwandais;
  • Instaurer un état de droit avec une vraie démocratie pluraliste;
  • Promouvoir un développement national basé sur les aspirations légitimes du Peuple rwandais ;
  • Développer une politique de bon voisinage et de coopération régionale et internationale basée sur les intérêts mutuels.

      – 27 octobre 2017 : création du MRR

Le 27 octobre 2017 est annoncée, à Londres, la création du Mouvement révolutionnaire rwandais (MRR).

Notamment créé par des dissidents du RNC, le MRR est présidé par  Callixte Nsabimana, alias « Sankara », un jeune rescapé du génocidedes Tutsis dans lequel il a notamment perdu son petit frère. Au Rwanda, il s’était particulièrement distingué lors de ses études universitaires en défendant à plusieurs reprises les intérêts et droits des étudiants, ce qui lui avait valu le surnom de « Sankara ». Progressivement devenu gênant pour les autorités rwandaises, auxquelles il s’opposait régulièrement dans l’intérêt des étudiants et qui devenaient de plus en plus menaçantes, il a été contraint de prendre le chemin de l’exil et s’est réfugié en Afrique du Sud.

A la fin du mois de mars 2018, dans une interview accordée à la radio « Ubumwe » (uniquement en kinyarwanda) animée par Esperance Mukashema, il avait appelé la jeunesse du Rwanda à se lever face au FPR et à réclamer le respect de ses droits et avait expliqué l’essence de son combat.

Le porte-parole du mouvement est Noble Marara, un ancien garde du corps de Paul Kagame, devenu farouche opposant du régime de Kigali. Dans son livre « Derrière les rideaux de la présidence » publié en kinyarwanda et en anglais, il relate une face particulièrement sombre et « largement inconnue » du chef d’Etat qu’il a étroitement côtoyé durant 8 ans.

      –  31 octobre 2017 : évasion de Cassien Ntamuhanga

Le 31 octobre 2017, Cassien Ntamuhanga, ancien animateur de la radio catholique « Amazing grace », activiste de la réconciliation et co-accusé de l’artiste Kizito Mihigo, s’échappe de la prison de Mpanga à Nyanza. Cette évasion  spectaculaire sera plus tard revendiquée par le MRR.

      – 10-11 mars 2018 : Noble Marara menacé (à nouveau) en Grande-Bretagne

Durant le week-end des 10 et 11 mars 2018, la police britannique s’est rendue au domicile de Noble Marara pour le prévenir de nouvelles menaces pesant sur sa vie et étudier les mesures nécessaires à sa protection.

L’intéressé a relaté à RFI le déroulement des faits et les raisons qui seraient derrière ces nouvelles menaces sur sa personne : « Ils sont venus chez moi samedi vers 9h du soir. Ils m’ont dit que le gouvernement rwandais projetait de m’éliminer et que je n’étais pas en sécurité. Ils m’ont dit qu’ils cherchaient à maîtriser ceux qui voulaient me faire du mal et qu’ils voulaient voir avec moi comment me mettre en sécurité.

Il y a plusieurs raisons qui sont, je pense, à l’origine de cette menace, mais je crois que la traduction de mon livre pèse plus que tout ce que j’ai pu faire avant. Nous sommes environ douze millions de Rwandais, deux millions vivent dans le luxe, et croient savoir alors qu’ils ne savent rien, et les autres,  la majorité, ne peut être touchée qu’en langue locale… Or ce livre va derrière le rideau présidentiel, dans les coulisses de la présidence, et c’est pour ça qu’il donne du fil à retordre au gouvernement. Ce livre va parler à l’esprit des Rwandais parce qu’il est écrit dans notre langue locale. Ne me demandez pas comment mais on est train de faire des efforts pour qu’il puisse atteindre chaque Rwandais. »[2]

      – 18 mars 2018, le MRR rejoint le MRCD

      – Le 15 mai 2018 : Herman Nsengimana rejoint le MRCD

Herman Nsengimana, qui vivait jusque-là au Rwanda, apparaît lourdement armé dans une vidéo publiée sur la platforme Youtube et annonce son ralliement au MRCD. Rescapé du génocide et frère de Gérard Niyomugabo, il explique dans cette vidéo ce qui l’a motivé à rejoindre ce mouvement.

Gérard Niyomugabo, un ami de Kizito Mihigo, est également un activiste de la réconciliation nationale qu’il prêchait régulièrement dans ses émissions. En 2014,  durant la même période que celle de l’arrestation de Kizito Mihigo et Cassien Ntamuhanga, et alors qu’il s’apprêtait à publier un livre sur les problèmes auxquels fait face le Rwanda, il a été kidnappé et n’est plus réapparu depuis. Selon son frère, il a été assassiné par les autorités rwandaises.

Dans cette vidéo publiée sur Youtube il explique, à travers notamment des exemples des persécutions dont lui-même et plusieurs membres de sa famille ont été victimes, l’injustice qui selon lui se commet au Rwanda, et face à laquelle « il ne pouvait pas rester assis les bras croisés ».

      – Mai 2018 : menace contre Rusesabagina en Israël

Paul Rusesabagina explique que le 28 mai 2018, alors qu’il s’apprêtait à tenir une conférence à l’Université de Tel Aviv, il a reçu un appel de la police israélienne l’informant qu’elle était en possession d’informations selon lesquelles sa vie était menacée.

Yediot Aharonot, le principal quotidien israélien rapporte que la conférence aura finalement lieu sous haute sécurité, en présence de l’ambassadeur du Rwanda en Israël qui était accompagné de plusieurs jeunes africains dont certains seraient originaires du Kenya. Les échanges auront lieu dans un climat tendu, l’ambassadeur et plusieurs membres du groupe l’accompagnant essayant à plusieurs reprises de discréditer Paul Rusesabagina en le qualifiant notamment de « négationniste ».

      – 10 juin 2018 : attaque d’une patrouille rwandaise dans le Bugarama

Durant la nuit du 10 au 11 juin 2018, une patrouille de militaires rwandais (RDF) est attaquée dans la région de Bugarama, district  de Rusizi à proximité du Sud-Kivu (RDC). Le journal The Rwandan annonce dans la foulée que cette attaque pourrait être l’œuvre du CNRD-Ubwiyunge

       19 juin 2018 : deuxième  attaque

Le 19 juin 2018, une deuxième attaque a lieu dans la zone de Nyabimata, district de Nyaruguru à proximité de la frontière burundaise. Deux civils sont tués, la voiture du secrétaire exécutif de la zone de Nyabimata est brulée et les assaillants attaquent  l’antenne locale de l’agence bancaire du gouvernement appelée « Umurenge SACCO ».

      – 04 juillet 2018 : combats dans la forêt de Nyungwe

Le 4 juillet 2018, de violents combats ont lieu dans la forêt de Nyungwe, tout près du district de Nyaruguru. Le journal The Rwandan affirme avoir été informé par une source au sein des autorités rwandaises de la stratégie adoptée par ces dernières, à savoir garder le silence sur ces attaques.

       8 juillet 2018 : le colonel Muhizi avertit la population

Le 8 juillet 2018, l’armée et la police du district de Rubavu dans la province de l’Ouest convoquent une réunion de la population. Le colonel Muhizi appelle la population à ne pas collaborer avec les assaillants et à les dénoncer aux autorités et se montre menaçant envers quiconque se hasarderait à héberger des membres de la rébellion : «(…) On ne veut rien qui puisse nous mettre en conflit avec la population, on ne veut pas devoir venir chercher les gens qui se cachent dans les maisons hébergées par les paysans (…) car quand tu acceptes d’héberger l’ennemi, tu acceptes que ton domicile soit un des sièges de la lutte armée n’est-ce pas ? (…) Ce sont des choses qu’on connait, qu’on a déjà traversées en 1994,  en 1997 lors de la guerre des abacengezi, à chaque fois qu’un paysan hébergeait un ennemi, il subissait le même sort que lui ».

Plusieurs membres de la population ayant assisté à la rencontre ont réagi au discours et affirmé avoir retenu « la leçon » de la guerre des abacengezi qui fut particulièrement meurtrière pour la population,  les autorités rwandaises allant parfois jusqu’à raser des collines entières lorsque des habitants étaient soupçonnés d’avoir hébergé des assaillants.  L’un des citoyens ayant assisté à la réunion a ainsi déclaré à la Voix de l’Amérique : « Au vu ce qu’on a traversé en 1997, en 1998 dans cette région aucun paysan ne peut souhaiter que ce qu’on a connu se reproduise. »

      – 10 juillet 2018 : de jeunes assaillants aperçus dans la zone de Kitabi

Le 10 juillet 2018, de jeunes rebelles sont aperçus dans la zone de Kitabi  dans le disctrict de Nyamagabe. Selon plusieurs sources en provenance du Rwanda, l’armée rwandaise aurait déployé les forces spéciales en direction de Kitabi pour les combattre.

      – 13 juillet 2018 : l’armée burundaise dément les informations

Dans un communiqué de presse du 10 juillet 2018 mais publié le 13 juillet 2018 sur son compte twitter, la FDNB (Force de défense nationale du Burundi) a réagi aux informations faisant état de « l’existence d’éléments armés qui attaqueraient le Rwanda à partir du Burundi et qui, après leur forfait se replieraient sur le sol burundais ».

L’armé burundaise dément ces informations et affirme « qu’aucun mouvement, ni trace d’éléments armés n’ont été constatés par les unités de la FNDB déployées sur la frontière du Burundi avec le Rwanda.  »

      – 13 juillet 2013 : Paul Kagame réagit et se dit prêt à la guerre s’il y est contraint

Le même jour, dans un discours prononcé à l’occasion de la promotion de 180 nouveaux officiers, Paul Kagame a implicitement réagi à la situation en déclarant que Kigali était prête à la guerre si elle y était contrainte : « Vous avez été préparés à résister dans des circonstances exceptionnelles (il s’agit d’entrer en guerre), le Rwanda ne le souhaite pas mais est prêt à affronter, s’il y est contraint. L’armée est formée pour la guerre mais n’est pas formée pour déclencher la guerre, elle ne souhaite pas la guerre mais est là pour affronter toute personne qui la déclencherait. Quand les autres nous voient comme un problème et nous déclarent la guerre alors nous utiliserons notre conscience, volonté, entrainement et connaissance pour en venir à bout comme il faut. »

Le lieutenant-colonel Innocent Munyengango minimise pour sa part la situation et compare les assaillants à des « bandits » : « Ce n’est pas avec ces provocations que l’armée rwandaise peut entrer en guerre mais ces gens sont des bandits. Il s’agit de petits problèmes habituels concernant les bandits qui viennent voler, d’où qu’ils viennent et quels que soient leurs objectifs nous promettons aux Rwandais qu’ils le sauront, s’il s’agit d’un groupe de malfaiteurs alors il sera puni. »

      – 15 juillet 2018 : le MRCD revendique les incursions armées au Rwanda

Le 15 Juillet 2018, par un communiqué de presse, le MRCD annonce la création d’une force armée dénommée Forces de libération nationale (FNL)  dont la mission est de mettre un terme sans délai « au pouvoir dictatorial FPR-Kagame en utilisant tous les moyens possibles, y compris la lutte armée ». Le porte-parole des FLN, le major Callixte Sankara revendique par la même occasion les attaques menées à Cyangugu, Nyamagabe, Nyaruguru, Bugesera et Huye.

      – 16 juillet 2018 : interview de Sankara sur les ondes de la BBC

Le 16 Juillet 2018, dans l’interview accordée à la radio BBC Gahuza le porte-parole de la FNL Callixte Sankara, affirme que c’est son armée qui mène les opérations militaires  dans le sud du Rwanda contre l’armée rwandaise et indique que  cela va faire un mois que ces combats ont lieu. Il affirme que les rebelles se trouvent dans plusieurs endroits au Rwanda mais essentiellement dans les districts de Nyaruguru et de Nyamagabe, plus précisément dans la forêt de Nyungwe.

A la question de savoir s’ils ont attaqué en provenance du Burundi comme le déclare le Rwanda, il dément catégoriquement et affirme que parmi les rebelles se trouvent des récents déserteurs de l’armée gouvernementale rwandaise (RDF) et de la police, lesquels, suite aux mauvais traitements que Paul Kagame fait subir à la population, se sont organisés pour se défendre. Il termine son interview en expliquant que l’objectif de leur mouvement, qui est composé de toutes les ethnies du Rwanda, est de libérer le Rwanda dans l’intérêt de l’ensemble des Rwandais.

Le même jour, sur les ondes de la Voix de l’Amérique Kinyarwanda (VOA), le nouveau commandant de l’armée rwandaise dans la zone de Nyaruguru, le lieutenant-colonel Nyirihirwe, a confirmé qu’il y avait eu deux attaques armées  dans cette zone. Il a voulu se montrer rassurant et a regretté qu’une partie de la population ait aidé les rebelles en leur fournissant de la logistique et des renseignements. Il les a mis en garde en indiquant qu’ils seront traités comme des assaillants également. Il a déclaré à la population que ces assaillants sont des « vauriens », infectés par des puce-chiques » et « qui ne pourront rien apporter à la population ».

Sur les mêmes ondes de VOA, Callixte Sankara a dénoncé la « stratégie du DMI », le service de renseignement militaire rwandais qui consisterait « à tuer la population à la machette pendant la nuit pour attribuer ces forfaits  au MRCD dans le but de soulever la population contre la rébellion ».

Constance Mutimukeye, Ruhumuza Mbonyumutwa et Grégoire Karekezi

Source: Jambonews.net

[1] « Rwanda : le président Kagame est sur le qui-vive » , Le Soir du 17 juillet 2018.

[2] « Un ancien garde du corps de Paul Kagame menacé en Grande-Bretagne », RFI du 14 mars 2018.

Kagame, le nouvel ami encombrant du Président Macron

KAGAME-MACRON

La vérité d’un homme ne se montre parfois qu’aux initiés qui connaissent la portée de certains gestes. L’engouement récent d’Emmanuel Macron pour un personnage aussi trouble que le président du Rwanda, Paul Kagame, détonne singulièrement par rapport à l’image de modéré, libéral, défenseur des droits de l’homme qu’il se donne par ailleurs. Les évènements qui se sont produits au Rwanda depuis 1990 sont mal connus des Français lesquels, non sans un zeste de racisme, trouvent normal que les Africains se massacrent entre eux et ne se préoccupent pas de rechercher qui est responsable de quoi.

Qui est Kagame ?

La meilleure manière d’appréhender en termes simples les évènements du Rwanda est de se référer à Aristote :

« Dans les oligarchies, c’est la masse des citoyens qui se soulève, comme étant victimes d’une injustice du fait que leur part n’est pas égale à celle des  autres, dont ils se considèrent pourtant les égaux, alors que dans les démocraties, au contraire, ce sont les notables qui se révoltent, parce que leur part est seulement égale aux autres alors qu’ils ne se considèrent pas comme leurs égaux. » (Politique V,3).  

La révolte de la masse, c’est ce qui s’est passé au Rwanda en 1961, celle des notables, ce qui s’y est passé à partir de 1990. Très ancien royaume africain où, depuis des siècles, une minorité d’éleveurs-guerriers, les Tutsis (environ 10 % de la population en 1990, moins aujourd’hui), dominait une majorité de cultivateurs bantous (houtous[1]), le Rwanda a vu à l’indépendance en 1961, la majorité prendre le pouvoir, par application de la règle démocratique, le tiers  environ des anciens maîtres tutsis s’exilant en Ouganda ou en Europe (où ils constituent un lobby puissant). A partir de 1990, l’un de ces exilés, Paul Kagame a entrepris, à partir de l’Ouganda voisin, de restaurer le pouvoir de la minorité tutsie avec une armée d’exilés (Front patriotique rwandais) bien équipée par les Anglo-Saxons. Le 6 avril 1994, l’avion transportant les deux présidents houtous du Rwanda et du Bouroundi était abattu sur ordre de Kagame, selon des témoignages aujourd’hui irrécusables[2]  :  affolés, les Houtous en déroute se mirent à massacrer la minorité tutsie restée dans le pays, ce qui n’empêcha pas la victoire totale de Kagame. Ces massacres du Rwanda du printemps et de l’été 1994 ont fait entre 500 000 et 800 000 morts, probablement en majorité tutsis bien que l’armée de Kagame ait aussi massacré beaucoup de houtous au fur et à mesure qu’elle avançait dans le pays.

Une fois la capitale Kigali prise, cette armée partit très vite au Congo voisin à la poursuite des houtous en fuite, qualifiés, de « génocidaires » – même les enfants pas encore nés au moment des faits !  Selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations-Unies[3], ces opérations de représailles ont entrainé la mort  de 4 millions de personnes, rwandais houtous réfugiés ou congolais, non seulement dans la province frontalière du Kivu mais dans tout le Congo ex-belge.  Les troubles qui se produisent aujourd’hui au Kasaï en sont la suite.

Kagame a certes sauvé du massacre une petite partie ses congénères tutsis encore en vie à l’intérieur du Rwanda, la seule chose que retient la communauté internationale dûment désinformée. Il n’en porte pas moins une   responsabilité écrasante pour l’ensemble de la tragédie : en envahissant le pays sans aucune légitimité autre que d’appartenir à l’ancienne élite, ce qui est la cause première de tous les évènements, en massacrant les houtous au fur et à mesure de son avancée dans le pays, en abattant l’avion des deux présidents, attentat qui a déclenché les premiers massacres et en opérant des massacres de représailles bien plus graves encore au Congo.

On peut dire que Paul Kagame est au total le responsable direct ou indirect de la mort de près de 5 millions de personnes.

Il faut ajouter que depuis vingt-cinq ans qu’il est au pouvoir, Kagame a pris la France pour cible : sa prise de pouvoir avait déjà signifié pour notre pays la perte de toute influence dans la région des Grands lacs et même au Congo-Kinshasa (ex-Zaïre) ; il n’a cessé d’accuser de complicité de crime les soldats français de l’opération Turquoise arrivée au Rwanda en juillet 1994 sur mandat de l’ONU pour tenter de limiter les dégâts, accusation sans aucun fondement.  Il a remplacé le français par l’anglais comme langue officielle et adhéré au Commonwealth.

« Poignez vilain, il vous oindra »

Voilà le sinistre personnage auquel le président Macron a déroulé le tapis rouge à l’Elysée le 23 mai 2018.  Il est allé plus loin :  la France soutient officiellement la candidature au secrétariat général de l’Association des pays francophones d’une proche de Kagame, Louise Mushikiwabo, ministre des affaires étrangères du Rwanda, ce dont seul Mélenchon s’est ému, en termes d’ailleurs très modérés si l’on considère l’énormité de la chose.  Il est clair que pour ceux qui connaissent les dessous de l’affaire, soit tous les Africains, Macron met la France dans la position humiliante du vilain : « poignez vilain, il vous oindra. »

Comment ne pas être confondu devant tant de servilité vis-à-vis d’un roitelet africain qui aurait dû depuis longtemps être traduit devant la Cour pénale internationale ?

Il est vrai que, dès  le début de son opération de reconquête, Kagame a reçu le soutien des principales puissances occidentales (à l‘exception de la France de Mitterrand) : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, l’ancienne puissance coloniale, l’Afrique du Sud.

Il est vrai aussi que Kagame est un grand corrupteur connaissant les moyens de s’acheter les soutiens inattendus : si le Rwanda, surpeuplé, n’a guère de ressources, il contrôle désormais le Kivu, province voisine du Congo d’une fabuleuse richesse en métaux rares.

Nicolas Sarkozy était allé jusqu’ à visiter le Rwanda de Kagame, y compris le musée dénonçant les prétendus crimes de la France[4]. Mais son ignorance des questions africaines, dont avait témoigné son ridicule discours de Dakar, pouvait passer pour une excuse.

Hollande, seul, n’est pas tombé dans le piège : bien informé, lui, il a ignoré Kagame pendant cinq ans.

Mais aucun de ces trois présidents n’a daigné prendre la défense de l’armée française injustement accusée comme ils en avaient le devoir.

Qu’est-ce qui motive Macron dans cette affaire scabreuse ? L’ignorance ? On a du mal à le croire. L’obéissance aveugle à l’ordre occidental dont Kagame est, depuis le début (comme lui), le poulain et dont il adopte les yeux fermés la version tronquée des faits ? Le souci de flatter un personnage désormais influent en Afrique ? Ou bien quelque fascination plus secrète qui témoignerait du côté sombre du président français ?

Kagame, grâce au soutien des puissants de ce monde, est aujourd’hui à son zénith. Il n’est pas sûr qu’il gagne à se trouver ainsi exposé, ses soutiens non plus.

 

Roland HUREAUX

[1] Nous avons volontairement francisé l’écriture de ces noms.

[2] Notamment ses proches d’alors  devenus  dissidents , du moins ceux qui n’ont pas été assassinés pour les empêcher de témoigner.

[3] http://cec.rwanda.free.fr/documents/doc/rapportONU/DRC_MAPPING_REPORT_FINAL_FR.pdf 

[4] Il est possible que cette visite humiliante, qui lui avait  fait perdre le soutien de l’armée, ait contribué à lui coûter sa réélection.

Source: Libertepolitique.com

Inquiétudes autour de la candidature rwandaise à la tête de l’OIF

louise_mushikiwabo_0
Louise MUSHIKIWABO, la ministre rwandaise des affaires étrangères 
Après avoir reçu d’importants soutiens et en l’absence d’autres concurrents déclarés, Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a toutes les chances de devenir la prochaine secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de cette candidature issue de l’un des pires régimes en matière de liberté de la presse.

Louise Mushikiwabo est à ce jour la seule candidate en lice pour contester un deuxième mandat à Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. L’actuelle ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement rwandais a déjà reçu le soutien public du président français Emmanuel Macron et de l’Union africaine. Le prochain secrétaire général de l’organisation sera désigné lors d’un sommet à Erevan en Arménie prévu les 11 et 12 octobre prochains.

Au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, le Rwanda est 154e. Parmi les 58 Etats membres de l’OIF, seuls cinq pays ont un bilan pire que le Rwanda en matière de liberté d’information. Censure, menaces, arrestations, violences, assassinats… Le régime dirigé d’une main de fer par Paul Kagamé depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l’un des pires systèmes de répression à l’égard des médias et des journalistes. Son président occupe une place de choix dans la galerie des prédateurs de la presse constituée par RSF.

Kagame Prédateur

“Comment l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) va-t-elle pouvoir favoriser le pluralisme des médias et la liberté de la presse conformément à ses objectifs en matière de droits de l’Homme, si elle est dirigée par l’une des principales dirigeantes d’un Etat qui piétine le droit à l’information et réprime les journalistes depuis 18 ans, s’inquiète Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. C’est la capacité de l’OIF à défendre les médias et les journalistes libres comme acteurs incontournables du développement dans l’espace francophone qui est en jeu”.

Depuis 1996, huit journalistes ont été tués ou sont portés disparus et 35 ont été contraints à l’exil. Ces dernières années, le nombre d’exactions enregistrées par notre organisation a baissé mais la censure reste omniprésente et l’autocensure la règle pour éviter de faire partie du tableau de chasse du régime. Les programmes très écoutés de la BBC en Kinyarwanda sont suspendus depuis 2015, après que la chaîne a diffusé un documentaire évoquant des massacres provoqués par le Front patriotique rwandais (FPR) au moment du génocide des Tutsis de 1994.

Lors du XVIe sommet de la Francophonie à Antananarivo en novembre 2016, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient rappelé leur engagement à “garantir la protection effective des journalistes et la liberté de la presse”.

Chaque année, l’OIF décerne le Prix francophone de l’innovation dans les médias avec RSF et RFI.

Source: Reporters Sans Frontières

Rwanda: Paradis Infernal

rwanda-1513
Paradis infernal, maladie australe
Zizanie ancestrale, apostasie fatale
Démocratie artisanale, propagande si pâle
Logorrhées sempiternelles, démagogie banale

Shirt of shame
Paradis pathétique, maladie gasabolique
Apparences canoniques, réalités apocalyptiques
Turbulences sarcastiques, coupables atypiques
Des justices dogmatiques aux logiques épileptiques

Victoire-Ingabire-handcuffed-in-court
Paradis infernal, maladie australe
Des sommes si colossales aux urnes,
Des primes si minimales pour pain diurne
Des épis rouges aux tapis rouges, tout pour le look,
Des ventres vides crevant fort comme nues autoroutes,
Des graines pour veines cédant aux pérennes injustes peines,
Les dus de base servent au show comme des guitares basses sur scène !

Ignorants errants matin-midi-soir sans cause,
Des pères et mères assis souvent seuls sans chose
Des lâches défaillants applaudis toujours à deux mains sans dose
Des sages vaillants maudits du jour au lendemain sans pause,
Beaucoup vivant ailleurs comme des morts en trouille sans prose,
Le reste demeure museaux cousus sous patrouille, rouillés sans glucose !

Des demains douteux, affreux sans garantie commode,
Pourtant tous étant pris pour des nantis nés pour la mode
par nos voisins prétendant que nous on fait une douche chaude ;
Des absurdités voilées jamais démenties soumises aux codes,
Des vérités vraies compromises en fait comme des antipodes,
Même les caboches pépites préfèrent la trêve avant qu’on ne les corrode.
Paradis infernal, maladie australe
Monde aux divers, Monde à l’envers Où :
Qui dit opinion dit punition
Qui dit émission dit démission
Qui dit apparition dit disparition
Qui dit ambition dit inhibition
Qui dit proposition dit opposition
Qui dit guérison dit trahison
Qui dit réunion dit coalition
Qui dit proportion dit division
Apparemment, ça ne fait que tourner en rond sans vision !
Pratiquement, on ne fait que bouffer à fond sans provision !
O losange des Mille collines, O Minable figurine !
D’où viens-tu- Où vas-tu comme ça sans discipline ?
Des substances grises privées de libres-triples pensées,
Des blessures saignant sans qu’elles ne soient pansées sans pour autant dépenser,
On pleure, tous écœurés, ballant sans bagage ni courage
On se dit que tout ira sans place ni parole,
Beaucoup étant d’ailleurs des acteurs fugaces sans un rôle
On jubile corps évidés tenant le coup sans gloire,
On soupire, cœurs abîmés, les coups baissés sans savoir ni pouvoir !
Mais, Quousque tandem ?
Ma plume creusant, son encre s’étiolant
Ma brune se vidant, sa mousse m’aiguillonnant ;
Je ne peux plus jamais baisser la tête
Malgré ceux qui me blessent et guettent,
Malgré ce qui me stresse et maltraite
Je ne veux plus jamais gâcher la fête
Malgré des requêtes-enquêtes qui s’apprêtent,
Malgré les cris des bêtes traîtres qui m’embêtent !
O Losange des mille collines qui nous parraine,
Je te félicite pour le pas franchis quand même,
Mais ta dignité mérite plus que ça comme per diem
Il est temps que les tiens ne vivent plus que du/par carême,
Il est grand temps que seule la transparence redevienne ton emblème
Que le suprême te maudisse tout aveugle engouement et l’abus des termes,
Que tes enfants se hissent pour l’unité et la franchise comme purs thèmes sans ces pires peines!
Ensemble pour une nation sereine & Plus ensemble pour un monde meilleur !

A suivre

Mushikiwabo à la tête de la Francophonie?! À moins qu’on veuille lui conférer de mandats autres que ceux de promouvoir la langue française et les droits et libertés de la personne.

Louise Mushikiwabo dans le commenwealth

Louise Mushikiwabo dans le commenwealth

Le Canada, le Québec et le Nouveau Brunswick ont réitéré vivement leur soutien à Michaëlle Jean. Depuis l’annonce de la candidature de Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le soutien officiel du président Emmanuel Macron, plusieurs médias ont relevé de nombreuses faiblesses de cette candidature, tant en ce qui a trait à son leadership pour la promotion de la langue française que pour la promotion des valeurs démocratiques prônées par l’organisation.
Une autre faiblesse majeure que les médias n’ont pas mentionnée assez, qui pointe déjà à l’horizon et risque de mettre à mal l’action de la Francophonie, est celle de la mobilisation des ressources financières nécessaires à la planification et à l’exécution de programmes et activités de l’OIF, au moment où la France annonce des coupures drastiques dans le budget de TV5, un opérateur de l’OIF. Comme on le sait, le financement de la Francophonie est assuré par les contributions statutaires des États, ainsi que par des contributions volontaires, transitant par le Fonds multilatéral unique (FMU) et dédiées aux programmes de coopération de l’OIF, de l’Agence universitaire, de l’Association des maires francophones, de l’Université Senghor d’Alexandrie et de TV5 Afrique.

Depuis près dix ans, Louise Mushikiwabo est ministre des Affaires étrangères du Rwanda et, en tant que telle, siège régulièrement au Conseil des ministres de la Francophonie (CMF), une instance chargée du suivi de l’action politique, diplomatique, économique, de coopération, ainsi que des questions administratives et financières de l’organisation. Et pourtant, son pays a toujours fait preuve d’une certaine nonchalance et de laxisme dans l’acquittement de sa contribution statutaire à l’OIF dans les temps requis, et ce, pendant des années. Malgré le fait que l’OIF a dû lui accorder une réduction de 50 % et s’entendre sur un calendrier de paiement régulier des sommes dues, le compte du Rwanda est resté en souffrance les années 2015, 2016, 2017 et 2018, pour une modique contribution annuelle de 30 000 euros, pour un pays que l’on considère comme le modèle de réussite économique en Afrique.

Comment Mme Mushikiwabo pourra-t-elle convaincre les États membres d’en faire un peu plus et de s’acquitter à temps de leurs obligations financières envers l’Organisation, alors qu’elle-même n’a pas daigné répondre favorablement aux rappelles de l’OIF à honorer le paiement des arriérés de son pays? En fait, le Rwanda de Paul Kagame n’a jamais cru en l’efficacité de cette organisation, pas plus qu’il ne lui a jamais fait confiance. Il est curieux de voir aujourd’hui la même ministre qui, hier avait critiqué les méthodes de la France d’imposer sa volonté au sein de cette organisation, et aujourd’hui se targuer du même soutien de la France pour accéder à la tête de la Francophonie !
Les chefs d’État africains ne sont pas dupes. Hier c’était la BAD, aujourd’hui l’UA, maintenant on convoite la Francophonie, en 2020 ce serait le Commonwealth. La seule motivation qui justifie le désir du Rwanda de prendre la direction de toutes les organisations qui comptent, répond à une logique qui est la tienne : avoir la mainmise de ces organisations pour l’intérêt personnel et national. La majorité silencieuse francophone croit profondément que Louise Mushikiwabo n’incarne pas les valeurs de la Francophonie et sa désignation serait une grande erreur de casting lourde de conséquences pour l’OIF. Comme disait Christophe Boisbouvier de RFI, ce serait de : « Faire entrer le loup dans la bergerie ». Cette désignation va sérieusement entamer le capital de crédibilité dont l’OIF bénéficiait encore auprès de l’opinion francophone et même internationale, mais surtout contribuerait à long terme à l’affaiblir complètement.
Désignation de Louise Mushikiwabo, un camouflet pour le Canada
Premier Ministre Trudeau accueilli à Paris par Madame Jean

Premier Ministre Trudeau accueilli à Paris par Madame Jean

Le Canada, le Québec et le Nouveau Brunswick ont réitéré vivement leur soutien à Michaëlle Jean. Et, le Premier ministre du Canada continue d’encourager les chefs d’État et de gouvernement membres à user de leur pouvoir, en reconduisant Mme Jean pour un second mandat à l’OIF. L’échec de la tentative de la faire réélire sera considéré, pas comme un échec personnel de Michaëlle Jean, mais bien comme un sérieux camouflet pour le Canada et sa diplomatie, ce qui ne serait pas sans conséquence. En effet, le Canada, en tant que l’un des membres fondateurs de l’Agence de coopération culturelle et technique en 1970, devenue par la suite l’OIF en 2005, est un acteur majeur au sein de cette organisation, tant par sa représentation que par sa contribution financière substantielle.

Hormis les contributions volontaires dans les domaines spécifiques tels que l’égalité des sexes, l’insertion économique des jeunes et des femmes dans le marché du travail et la lutte contre le chômagela contribution statutaire du Canada, avec ses trois provinces membres (Québec, Nouveau Brunswick et Ontario), aux institutions de l’OIF avoisine les 50 millions de dollars, soit plus de 30 % de l’ensemble du budget annuel de l’organisation. Quand on sait que les gouvernements canadiens membres de l’OIF tiennent beaucoup au respect des valeurs chères aux Canadiens, qui sont prônées autant par la Francophonie, à savoir les libertés publiques, la démocratie, l’État de droit et le respect de la dignité humaine, il est moins sûr qu’ils puissent continuer à verser de l’argent des contribuables canadiens à une organisation qui va fermer les yeux sur les violations des droits de la personne et les comportements antidémocratiques de certains États membres.

Quoi qu’il en soit, si on veut bien d’une Francophonie aussi ambitieuse, dynamique et cohérente avec ses missions légendaires notamment de promouvoir la langue française, l’éducation et les nouvelles technologies en français, ainsi que les valeurs démocratiques, d’une voix forte, il est évident que ce n’est pas avec Louise Mushikiwabo qu’on va réaliser ces objectifs. Ce qui est sûr, c’est que la Francophonie va, non seulement perdre son âme et sa raison d’être, mais va aussi perdre de son lustre qui la caractérisait, en tant qu’organisation vouée à la promotion des droits humains, de la démocratie et des libertés fondamentales. À moins qu’on veuille lui conférer d’autres mandats qui n’ont rien à voir avec les mandats traditionnels de la Francophonie et qui n’ont pas pour but de promouvoir la langue française et les droits et libertés de la personne.

RWANDA : QUELLE SOLUTION AU PROBLÈME HUTU-TUTSI ?

Le_Mwami_Kigeri_et_deux_de_ces_miliciens_01 (1) (1)

Qu’on le veuille ou non, les problèmes politiques du Rwanda, avec leurs corollaires, trouvent leurs origines dans le conflit Hutu-Tutsi dans leur lutte pour le pouvoir économique et politique.

Il nous semble intéressant de se pencher sur la façon dont les différentes puissances et régimes successifs qui ont régné sur le pays ont tenté de résoudre ce problème récurrent. Nous allons également tenter de comprendre pourquoi ces tentatives ont toutes échoué. C’est l’occasion aussi de se demander si la solution proposée par l’actuel régime du FPR qui règne sur le Rwanda depuis 1994 serait la bonne.

Le problème est ancien : la période allemande (1894-1916)

Le premier résident impérial allemand, le Dr Richard Kandt nommé en 1907 note dans son ouvrage « Caput Nili » qu’il avait reçu des plaintes des Hutu sur leurs mauvais traitements et leur marginalisation par les Tutsi.

Bien avant lui, les missionnaires et le Comte Von Gotzen avaient rapporté les plaintes des Hutu relatives aux humiliations et à l’exclusion qu’ils subissaient de la part de la monarchie tutsi.

Les Allemands, maîtres du Rwanda, se sont alors contentés d’une administration indirecte. Ils ont maintenu le régime oligarchique et ségrégationniste et l’ont même renforcé en apportant leur soutien aux efforts du régime pour soumettre les régions encore rebelles.

La première tentative pour résoudre le problème hutu-tutsi fut la révolte de Ndungutse, déclenchée en 1912. Celui-ci exigeait la suppression des corvées obligatoires auxquelles étaient soumis les Hutu. La révolte fut réprimée dans le sang par les troupes impériales allemandes ?

La période belge

Après la défaite de l’Allemagne, la Belgique reçut de la Société des Nations, ancêtre de l’ONU, le mandat d’administrer le Ruanda-Urundi. Les Belges continuèrent la politique menée par les Allemands. Ils iront même plus loin dans le renforcement de la domination Tutsi sur des Hutu.

Ainsi en 1926, le Gouverneur Charles Voisin concentra, sous la même autorité du sous-chef tutsi, les pouvoirs relatifs au bétail et à la terre étendit le système à toutes les régions du pays.

C’est sous ce gouvernorat que l’  « uburetwa » (travaux forcés non rémunérés) fut imposé aux régions dans lesquelles les corvées féodales n’existaient pas.

Et pour clore le tout, l’autorité tutélaire introduisit une carte d’identité avec mention de l’ethnie et du clan pour pouvoir déceler les Hutu qui tenteraient de se hisser aux rangs et aux fonctions auxquels ils ne seraient pas destinés de par leurs origines. Les Tutsi ne protestèrent pas contre cette classification. Et pour cause : elle renforçait le monopole sur leurs privilèges.

Après la deuxième guerre mondiale, le régime de mandat attribué à la Belgique par le Traité de Versailles en 1919 fut remplacé par celui de tutelle. Cette décision ordonnait à la Belgique d’assurer le développement politique, social et économique du Rwanda en vue d’éduquer la population à la démocratie, delà même à l’autonomie et à l’indépendance.

Sous la pression de la communauté internationale, la Belgique organisa des élections pour former des conseils dans les structures administratives du pays. Les Hutu s’adjugèrent des 30 à 80% des représentations dans ces conseils.

Les Tutsi comprirent que le suffrage universel direct était un danger pour leur régime. Le Conseil Supérieur du Pays, sorte de Parlement autochtone, qui était dominé par les Tutsi, prit peur et adressa à l’autorité de Tutelle et l’ONU un document appelé « Mise au point ».

Dans cette « mise au point », ils revendiquaient notamment l’accroissement des pouvoirs du roi et du Conseil Supérieur du Pays. C’est en réaction à ce texte que le 24 mars 1957, neuf intellectuels hutu publièrent le « Manifeste des Bahutu » dans lequel ils réclamaient notamment l’abolition du principe de l’administration indirecte, la suppression des corvées, la liberté d’expression, l’accès équitable à l’enseignement secondaire et à la promotion des Hutu aux fonctions publiques, bref plus d’égalité et de partage du pouvoir.

La solution proposée par le Mwami Mutara Rudahigwa

Le 30 mars 1958, le Mwami Mutara nomma une commission paritaire composée de 12 membres, six Hutu et six Tutsi pour étudier la question hutu-tutsi.

Avant que le Conseil Supérieur du Pays ne se réunisse pour débattre du problème, le 17 mai 1958 les « grands dignitaires de la Cour » donnèrent à la délégation conduite par Joseph Habyarimana Gitera, la réponse suivante : « L’on peut se demander comment les Bahutu réclament maintenant leurs droits au partage du patrimoine commun. Ceux qui réclament le partage du patrimoine sont ceux qui ont entre eux des liens de parenté. Or, les relations entre nous (Tutsi) et eux (Hutu) ont été de tout temps jusqu’à présent basées sur le servage. Il n’y a donc entre eux et nous aucun fondement de fraternité puisque nos rois ont conquis les pays hutu. Comment maintenant ceux-ci peuvent-ils prétendre être nos frères ? ».

Le roi lui-même avait pris une décision avant la tenue de la session du Conseil Supérieur du Pays, et dans des termes menaçants et péremptoires, disait : « On nous a posé un problème, après examen attentif nous déclarons qu’il n’y pas de problème. Et que prenne garde ceux qui disent le contraire,… ».

Rudahigwa mourra en 1959 laissant au Rwanda sa recette pour résoudre le problème hutu-tutsi, à savoir : « Il n’y pas de problème ». Et pourtant…!

La République

La République fut proclamée à Gitarama le 28 janvier 1961 par un congrès composé de Bourgmestres et de Conseillers élus en juin et juillet 1960 ainsi que des députés désignés proportionnellement à leur poids électoral lors des élections communales. Dès 1959, un certain nombre de Tutsi s’étaient réfugiés dans les pays limitrophes d’où ils ont mené des opérations de reconquête avant d’abandonner (provisoirement) les velléités belliqueuses en 1967. Ce ne sera que partie remise car ils vont réattaquer cette fois-ci avec succès en 1990 pour enfin reconquérir le pouvoir, après une guerre meurtrière de plus de 3 ans

La solution proposée par le régime Kayibanda (1961-1973)

Dès son entrée en fonction, le Président Grégoire Kayibanda n’a cessé de marteler que les Tutsi devaient accepter la démocratie et de ne plus prétendre à leur suprématie naturelle pour vivre harmonieusement avec les autres composantes de la société rwandaise.

Les appels répétitifs au retour du Président Kayibanda en 1963 et 1964 allaient dans ce sens. En définitive, Kayibanda croyait que la résolution du problème hutu-tutsi serait résolu par la démocratie.

Ainsi donc, tout comme Rudahigwa qui a décrété, en 1958, qu’il n’y avait pas de problème hutu-tutsi, le régime Kayibanda qui croyait aux vertus de la démocratie populaire pour résoudre le problème l’a laissé toujours pendant. En clair, ce fut un échec sur toute la ligne.

Le régime Habyarimana (1973-1994)

Il faut rappeler et insister, au risque de heurter certaines certitudes politiques, que Habyarimana est arrivé au pouvoir dans un sursaut de rétablir la paix et la sécurité de la population et plus concrètement en mettant un terme à une vague anti-tutsi qui s’était abattue sur le pays en 1973.

Le régime Habyarimana, tout en reconnaissant l’existence des ethnies, prit pour devise « Paix et Unité nationale ». Il la fera endosser par la formation politique qui fut mise sur pied pour asseoir son régime, à savoir le « Mouvement révolutionnaire National pour le Développement » (MRND).

Dans la mise en pratique de ces principes, le régime décréta la politique d’équilibre notamment ethnique. En clair il fallait que dans tous les domaines et à tous les échelons, chaque ethnie y soit représentée proportionnellement à son poids démographique.

Cette politique fut plus tard dénoncée par certains de ceux-là même elle était censée favoriser, comme une politique raciste et présentée comme la preuve du caractère discriminatoire du régime. Une fois de plus, la solution proposée n’était pas la bonne

Le régime FPR

Des éléments en provenance de l’armée ougandaise attaquent le Rwanda le 1 octobre 1990. Grâce à une bonne préparation médiatique, l’agression fut présentée comme « un retour des réfugiés dans leur pays ». Pourtant d’après les conventions internationales, l’attaque était bel et bien une agression extérieure.

Après quatre années de guerre les anciens ‘‘réfugiés’’ s’emparent du pouvoir à Kigali. Ils vont remodeler le pays à leur bon vouloir et édicter des lois liberticides et censées pérenniser leur régime.

Pour résoudre définitivement, croit-il, le problème hutu-tutsi, le régime FPR ne cherchera pas bien loin. Il va tout simplement décréter que les ethnies n’existent plus. Evoquer l’existence des Hutu ou des Tutsi sera considéré comme « divisionnisme » et sanctionné comme tel. Cette solution simpliste semble vouée à l’échec. Le mwami Rudahigwa qui avait la même position, été contredit par les événements quand éclata la révolte populaire qui mit fin à une monarchie féodale vieille de quatre siècles.

L’exemple du Burundi est parlant

Voisin du Rwanda et pays jumeau, le Burundi connaît le problème hutu-tutsi depuis la nuit des temps. Sa  »politique d’autruche » consistant à nier l’existence des groupes ethniques a très vite cédé au réalisme.

Au milieu des années 70, après le massacre des Hutu par l’armée gouvernementale dominée par les Tutsi en 1972, le régime du Colonel Bagaza qui, lors d’une révolution de palais, a succédé au Général Micombero, s’empressa de décréter que le fait d’évoquer le problème hutu-tutsi constituent une atteinte à la sécurité de l’Etat. Il dut très vite déchanter, puisque ce problème persista mais encore sera à la base d’une guerre civile sanglante. L’arrêt de celle-ci ne fut possible qu’en étalant le problème hutu-tutsi au grand jour et en emmenant les Burundais sur une table de négociations sur cette base.

Aujourd’hui le Burundi est régie par des textes issus de ces négociations et qui consacrent le partage du pouvoir entre Hutu et Tutsi dans tous les domaines et à tous les échelons.

Ne pas persévérer dans l’erreur

Ainsi donc va l’histoire. Les Allemands comme les Belges ont échoué à résoudre le problème hutu-tutsi parce qu’ils l’ont abordé d’un mauvais côté, celui qui les avantageait leur rendait la vie facile : maintenir et même renforcer la domination des uns par les autres.

Le mwami Mutara Rudahigwa essuya le même échec pour avoir cru qu’en occultant le problème, celui-ci disparaîtrait de lui-même.

Le président Grégoire Kayibanda, qui était un pur produit de la Révolution populaire, était mal placé pour proposer une solution acceptable au problème hutu-tutsi. Pour les unes il était leur libérateur, pour les autres leur ennemi. Il était entre le marteau et l’enclume.

Son successeur le Président Habyarimana a raté l’occasion d’entrer dans l’Histoire comme celui qui aurait résolu une fois pour toutes le problème hutu-tutsi. Ayant pris le pouvoir à la suite des troubles interethniques et s’étant fixé pour but de ramener la paix et l’unité au pays, son crédit était immense tant du côté des Hutu que des Tutsi. Les premiers étaient las d’assister aux intrigues d’un régime fatigué et sans vision, tandis que les seconds, les Tutsi, ils se voyaient enfin reconnus comme citoyens à part entière et comme tel jouissant d’une même protection de la part du pouvoir.

Pour n’avoir pas compris que le conflit était avant tout politique et que les Tutsi ambitionnaient avant tout le pouvoir, le régime Habyarimana ne parvint jamais à les rassurer et encore moins à les satisfaire même quand ils tenaient en leurs mains le pouvoir économique. La politique de la paix et de l’unité nationale prônée par le régime Habyarimana ne fit pas le poids face aux ambitions des ‘‘réfugiés’’ tutsi qui eux ne rêvaient qu’à reconquérir le pouvoir dans leur pays d’origine. Donc échec sur toute la ligne.

Le régime FPR compte sur le lavage des cerveaux (ingando), l’élimination d’une tranche de la population (celle éduquée dans ‘‘le cadre de l’idéologie du génocide’’, c’est-à-dire entre 1959 et 1994) pour créer une nouvelle population rwandaise qui ignoreraient ce que c’est un Hutu et un Tutsi et ce qui les a toujours opposé.

Le hic est que les initiateurs et les animateurs de cette politique n’ont comme but que de faire durer la domination de la bande d’aventuriers qui s’est emparé du pouvoir à Kigali en 1994.

L’échec de cette solution est certaine et le régime FPR viendra grossir les rangs de tous ceux qui, par opportunisme, ignorance ou naïveté politique, n’ont réussi à administrer le bon remède pour sauver le Rwanda de la maladie « conflit hutu-tutsi ».

Quelle solution ?

En ce qui nous concerne, nous préconisons l’approche burundaise qui consiste à emmener les Hutu et les Tutsi, comme tels, à une même table de négociations et à parler de ceux qui les opposent pour dégager les bases d’une coexistence pacifique dans leur pays commun, étant entendu que la pomme de discorde reste le partage du pouvoir politique.

Source: Archives