Rwanda: the Greens push for electoral reforms.

DGPR Declaration: Electoral Reforms Required for a Sustainable Peaceful Democratic Society in Rwanda

The National Executive Committee of the Democratic Green Party of Rwanda held a dialogue meeting on the necessary electoral reforms on 22nd May 2021 and thereafter had a press conference with different media houses in Kigali, Rwanda.

The Democratic Green Party resolved to once again call upon the concerned Rwandan authorities to consider the following electoral reforms before the next elections cycle:

1. The law and other regulations governing Local elections need to be amended and provide for political parties to compete in local elections. The current provisions of standing on individual merit has outlived the set purposes as those elected on individual end up becoming politically sensitive persons in State institutions.

2. There’s also a need to set up clear guidelines for those elected to always put citizens interests first other than those of political organizations they come from. It would also be prudent to build a culture that allows different political parties to be represented in all local administrative entities, starting from Village Councils up to District Councils.

3. The law and other regulations governing Parliamentary elections which were promulgated in 2003 and updated till now, need to be amended to reflect the progress the country has taken 18 years later. The threshold for political parties to enter parliament needs to be reduced from 5% of the national vote to 3%. The same should apply for Independent candidates and be reduced from 5% to 2% of the national Vote. The logic for this is indicated by the number of voters whom have almost doubled in the last 18 years. This change will also allow for proper citizen representation in Parliament.

4. We would also like to call for an increment in the number of directly elected Members of Parliament in the Chamber of Deputies from political organizations and therefore increase the current number from 80 MPs to at least 100 MPs, in consideration with the available national budget. This will allow for more citizen representation and will help in the continued efforts of strengthening democratic governance in the country.

5. The Law and other regulations governing Presidential elections should also be amended to allow the availability of campaign funding in advance for confirmed candidates, other than giving a provision to those who have gained at least 5% of the national vote at the end of elections. This would allow for candidates who have been confirmed by the National Electoral Commission to have a baseline to start with in the fundraising drive.

6. The Campaign period for all elections needs to be revised from the current 21 days to at least 60 days, this will allow for candidates to traverse the whole country in a proper peaceful manner.

7. Representation of all the current registered political parties in the National Electoral Commission structures from Village to National Level, should be made a priority. This will strengthen the electoral system and help in building more trust in the elections.

8. The Media should be allowed to give live updates of what’s been announced by electoral officials at all polling centers, other than waiting to report what has been compiled at the District level. This would promote more transparency and credibility in the electoral system.

                                                                                           Done at Kigali, 23rd May 2021

On behalf of the Democratic Green Party of Rwanda

                                                                                              Dr.Frank Habineza [MP]       

     Democratic Green Party of Rwanda                             

France-Rwanda: L’opposition rwandaise en exil demande que ses doléances soient prises en compte.

Lettre au président français

S.E. Monsieur Emmanuel MACRON Président de la République

Palais de l’Élysée

55 Rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris

Objet : Demande d’intégration des doléances de l’opposition Rwandaise Elargie dans les Relations de Paris avec le régime de Kigali.

Excellence Monsieur le Président,

Sans vouloir nous ingérer dans la politique étrangère de la France ou donner des leçons, nous, membres du Cadre de Concertation des organisations politiques et de la société civile de l’Opposition, RBB en sigle (Rwanda Bridges Builders),  prenons la liberté de vous faire part de nos  préoccupations quant aux conséquences négatives qu’une complaisance continue avec la dictature de Kigali  génère et continuera d’avoir sur la paix  et la concorde sociale  au sein des rwandais si certaines précautions ne sont pas prises.

Votre discours au cours de Votre campagne électorale sur Votre engagement à « défendre le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique » et « à reconsidérer votre soutien aux gouvernements qui bafouent les droits les plus fondamentaux » avait suscité beaucoup d’espoir au sein de la communauté rwandaise en exil victime du système de répression au Rwanda.

Au début de Votre mandat, beaucoup de citoyens africains, surtout les jeunes générations, y compris rwandaises, avaient cru en l’avènement d’une nouvelle dynamique positive dans les relations France-Afrique. Ils étaient encouragés par Votre discours du mardi 28 novembre 2017 à l’université Ouaga 1 d’Ouagadougou. Dans ce discours historique, à un moment Vous dites ceci ; ‘’ Je me reconnais dans les voix d’Albert Londres et d’André Gide qui ont dénoncé les milliers de morts du Chemin de fer du Congo, et je n’oublie pas que ces voix alors ont été minoritaires en France comme en Europe.’’ ;

En termes de morts, le Rwanda et la Région des Grands lacs en ont connu depuis octobre 1990 et en connaissent encore malheureusement aujourd’hui. Il est de notoriété publique que le régime de Kigali avec lequel votre gouvernement semble vouloir entretenir des relations privilégiées est fortement impliqué dans les conflits qui ont couté la vie à plus de 6 millions de personnes, la plus grande catastrophe humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale.

Nous constatons que le grand malheur de la société rwandaise fut, ces dernières années, d’avoir été prise en sandwich par les pôles extrémistes Hutu et Tutsi et que depuis près de 26 ans le pays est dirigé par le pôle extrémiste Tutsi qui est sorti vainqueur de la confrontation dont il porte une grande et lourde part de responsabilité.

Il Vous souviendra qu’une solution durable à la crise rwandaise avait été trouvée via la signature des accords de paix d’Arusha en 1993 que la communauté internationale dont la France avait soutenus et accompagnés. Ces accords d’Arusha ont été pulvérisés avec l’attentat du 6 avril contre l’avion présidentiel qui emportât deux chefs d’État Hutu et des membres d’équipage français. Vous aurez sans doute constaté toutes les manœuvres mises en route par le régime de Kigali afin d’éviter que la vérité sur cet attentat ne soit révélée.

L’on sait à quel point l’impunité et la complaisance entretiennent les cycles de crimes et de violence au Rwanda et dans la région. Dans le cas du régime rwandais, d’aucuns parmi les membres de la communauté rwandaise, toutes ethnies confondues, se demandent pourquoi les autorités françaises refusent toujours de regarder en face le dossier de l’élément déclencheur du génocide, à savoir l’attentat contre l’avion présidentiel au Rwanda le 6 avril 1994. C’est, en effet, un des éléments qui contribuent à renforcer la polarisation des groupes sociaux rwandais, et qui n’aident pas à aller vers le chemin obligé de la véritable réconciliation.

Sur le plan de l’impunité toujours, Vous aurez noté, Excellence Monsieur le Président, qu’il existe actuellement une forte demande des peuples de la région, en particulier des congolais, pour que les recommandations du Mapping Report [1] soient, enfin suivies d’effet.  Vous n’êtes pas sans savoir que les troupes de l’actuel régime de Kigali sont parmi ceux qui sont fortement soupçonnés d’avoir commis de graves crimes relatés dans ce rapport.

La communauté des rwandais s’attendrait plutôt à ce que la France soutienne ceux qui, comme le Parlement européen [2], en rapport avec l’initiative du Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix, demandent qu’il y ait des mécanismes qui permettent que justice soit faite en ce qui concerne les crimes inventoriés par le Mapping Report.

Or, il nous semble que la trajectoire des relations avec Kigali que Votre équipe est entrain de dessiner est incompatible avec une certaine rigueur et fermeté que l’on est en droit d’attendre d’un grand pays démocratique et des Droits de l’Homme comme la France.

Monsieur le Président,

Il est heureux de Vous entendre dire, dans Votre entretien, publié vendredi 20 novembre 2020, par Jeune Afrique qu’il faut regarder notre passé dans son intégralité sans volonté de dissimuler ni s’autoflageller.

Il est, par contre, surprenant de Vous entendre dans le même interview, louer le principal acteur des tragédies rwandaises et régionales qu’est Paul Kagame, en soulignant qu’il a beaucoup pacifié son discours politique à l’égard de la France. Comme si, à Votre avis, c’est le seul critère qui compte pour qu’un dictateur avec de si lourds soupçons de responsabilités soit autorisé à tout recevoir.

Connaissant la peur bleue du régime de Kigali face à ses responsabilités dans les drames rwandais et régionaux, nous osons espérer, Excellence Monsieur le Président, que la justice et la vérité qu’attend la majorité de rwandais et de ressortissants de la sous-région, ne seront pas sacrifiées à l’autel de cette realpolitik.

Excellence Monsieur le Président,

La société rwandaise est plus que jamais divisée et polarisée suite à une politique et une stratégie, voulues et entretenues par le régime du FPR centrées sur les tensions ethniques, la peur, la terreur et le mensonge.

C’est ainsi que jusqu’à ce jour le régime dirigé par Paul Kagame refuse et fait tout pour bloquer toute initiative qui vise à ce que les crimes commis par le FPR soient sanctionnés.

Entre autres indices, actuellement les prisons rwandaises sont essentiellement peuplées par les gens d’un seul groupe ethnique avec toutes les conséquences socio-économiques que cela engendre.

De même, au Rwanda, seuls les Tutsis ont droit de commémorer la disparition des leurs. Les Hutus, quant à eux, même si également fortement endeuillés, doivent rester l’échine courbée. Avec toutes les conséquences en termes de frustrations et d’entretien de haines refoulées.

Un autre indice assez concret et frappant de cette politique de polarisation des groupes sociaux est le type de serment que le FPR fait faire à ses partisans, qui jurent, de respecter les règles actuelles et à venir du mouvement (sous-entendu y compris la poursuite et harcèlement des critiques du régimes) et qui acceptent d’être pendus s’ils contreviennent à ces exigences. Dans un article du 19/11/2020, la BBC signale que ‘’Des images fuitées d’une cérémonie de “serment” controversée au Haut-Commissariat du Rwanda à Londres alimentent les allégations d’une répression mondiale agressive de la dissidence par le gouvernement autoritaire de la nation d’Afrique de l’Est, surnommée la nouvelle “Corée du Nord” par ses détracteurs’’. [3]

Une autre ligne de fracture ‘made in Rwanda’ est le double standard de traitement envers les partisans et les opposants au régime de Kigali. Plusieurs rapports d’organismes importants et crédibles (Département d’Etat Américain[4], Human Rights Watch[5], Amnesty International[6],Freedom house [7],…) relèvent régulièrement les cas d’assassinats, de disparitions ou d’emprisonnements d’opposants politiques et autres critiques rwandais. Le régime rwandais va jusqu’à pourchasser ses opposants et critiques dans les pays de refuge. Le dernier cas emblématique de ces comportements du régime de Kigali qui violent les règles internationales est le cas du kidnapping, depuis Dubai aux Emirats Arabes Unis de l’opposant Paul Rusesabagina. A ce sujet, il est utile de rappeler la résolution[8] du parlement européen qu’il convient de soutenir pour rendre son application effective.

Cette vague d’assassinats n’épargne pas les rescapés du génocide contre les Tutsis. Ainsi il y a un an, le 17 février 2020, le célèbre chanteur et homme de paix et de réconciliation, Kizito Mihigo  a été tué dans un cachot de la police à Kigali. Des organisations de droits de l’homme réclament à cor et à cri, en vain, une enquête indépendante à ce sujet.

Excellence Monsieur le Président,

Après 27 ans d’impunité et du “tout permis” au régime du FPR de Paul Kagame, des voix commencent à monter et à s’indigner de ces violations systématiques des droits de l’Homme en toute impunité. Ceci est d’autant plus remarquable que ces voix proviennent aussi des protecteurs et alliés traditionnels jugés inconditionnels au régime de Paul Kagame,USA[9] et Grande Bretagne [10] qui ont exprimé leurs claires positions lors du dernier Examen Périodique Universel du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (ONU) à Geneve.

Monsieur le Président,

Nous souhaitons que la France, berceau des Droits l’Homme,  se  range  du côté des opprimés. En l’occurrence, il est temps que la France cesse d’écouter les trompettes de ceux qui défendent, souvent à coup de milliers d’euros dépensés dans des actions coûteuses de relations publiques, le régime criminel et dictatorial de Paul Kagame.

Nous sommes d’avis que la France n’a pas à rougir de son attitude vis-à-vis de son action passée au Rwanda. Ce fut, en effet, le seul pays qui osa braver toutes les difficultés, y compris celles dressées par le FPR de Paul Kagame à toute intervention internationale pour stopper les massacres. Par honte ou par mépris de l’opinion, personne n’ose, actuellement, évoquer l’ultimatum de Paul Kagame de considérer toute troupe étrangère au Rwanda en avril 1994 comme « ennemi », ou tout simplement la demande officielle que le FPR a adressée à l’ONU à New York [11] lui demandant de ne pas intervenir en prétendant qu’il n’y avait plus aucun Tutsi à sauver.

Excellence Monsieur le Président,

Nous ne sommes pas contre une normalisation des relations rwando-françaises. Que du contraire.

Mais il convient d’attirer Votre aimable attention sur le fait  que Vous avez à faire à un régime qui ne respecte aucunement les règles classiques de coopération humaine. D’aucuns ont toujours à l’esprit qu’au paravent la France a essayé toutes sortes de soins palliatifs contre cette maladie chronique bien ancrée dans les relations France-Rwanda. Pour rappel, Monsieur Nicolas Sarkozy a rendu visite au Rwanda en 2010. Kagame a été bienvenu en France. Qu’est-ce que la France a reçu en retour ? Kagame et le FPR ont banni le français des écoles, fermé le Centre Culturel Français de Kigali, …

Entre-temps Vous êtes arrivés, Vous avez accordé à son bras droit, Madame Louise Mushikwabo, la direction de l’OIF. Il nous revient qu’elle a, aujourd’hui, entrepris de diriger cette importante organisation francophone à la manière cavalière de son patron de Kigali.

Notre groupement d’organisations comprend des personnes de toutes ethnies et toutes générations. Nous avons opté pour le rejet des idéologies des deux pôles extrémistes ci-haut mentionnés et d’œuvrer pour l’avènement d’un Rwanda réconcilié avec lui-même. Nous avons décidé de jeter les ponts entre les différentes fractures causées par l’Histoire et aggravées et entretenues par l’actuel régime de Kigali. Toutes ces fractures si elles sont laissées comme telles, elles vont continuer de miner la société rwandaise pour encore très longtemps. La nécessaire cohésion et paix sociale rwandaise se feront toujours attendre. Il serait dommage de constater, dans les temps à venir, que la France sous Votre direction soit accusée de s’être rangée contre le peuple rwandais et pour une dictature implacable.

Nous avons choisi de lutter pour l’instauration d’un système où la paix ne repose pas sur les fusils et les baïonnettes, mais sur la concorde et la bonne volonté des groupes sociaux.

Monsieur le Président, la devise de la République Française (Liberté-Egalité- Fraternité) fait peur à la dictature de Paul Kagame.

En effet en termes de ;

  • Liberté : au Rwanda, mêmes les libertés les plus élémentaires sont interdites ou réprimées
  • Égalité : Le Rwanda de Paul Kagame constitue une société parmi les plus inégalitaire d’Afrique et du Monde : L’avoir et le pouvoir sont concentrés dans les mains d’une clique autour de Paul Kagame (moins de 1% de la population). Les pauvres sont interdits dans la capitale Kigali et ceux qui y sont natifs sont chassés, déportés, souvent sans compensation. Les postes importants dans tous les secteurs clés du pays sont détenus par une faible minorité.
  • Fraternité : Le régime entretient de nombreuses lignes de fracture entre différentes tranches de Rwandais. Nous en avons souligné quelques-unes plus haut.

En Conclusion, Excellence Monsieur le Président, nous ne comprendrions pas que la France, pays de la Liberté, de l’Égalité, de la Fraternité et des Droits de l’Homme puisse continuer à courtiser une telle dictature sans exiger des avancées notables sur ces aspects, au risque de se compromettre et quelques fois en œuvrant dans le sens contraire aux valeurs républicaines.

Notre groupe est prêt à Vous présenter, en détails, notre vision sur la résolution, de manière durable, de la problématique de démocratisation et du respect des droits humains au Rwanda et dans la région, dans une rencontre à Votre convenance ou celle de Vos collaborateurs.

Vous remerciant de votre compréhension, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’assurance de notre plus haute considération.

Fait à Paris le 05 mars 2021

Signé

Membres signataires

  1. Action citoyenne pour la PaixSuisse ;
  2. Amahoro-People’s Congress, Canada;
  3. Association des rescapés du génocide des réfugiés rwandais au Congo (Ex-ZaïreRDC) ARGR-Intabaza, Nederland ;
  4. Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR), Belgique ;
  5. Comité pour l’Unité, la Paix et la Réconciliation au Rwanda (CUPR), France ;
  6. Congrès rwandais du Canada (CRC), Canada ;
  7. Convention Nationale Républicaine (CNR-Intwari), Suisse ;
  8. Comité de Suivi de la Problématique des Réfugiés Rwandais (CSPR), Suisse ;
  9. COVIGLA, Collectif des victimes des crimes de masse commis dans la region des grands lacs africains, France ;
  10. Democratic Rwanda Party, DRP-ABASANGIZI, USA;
  11. Forces Démocratiques Unifiées-Inkingi, UK ;
  12. Fondation Ibukabose-Rengerabose, Mémoire et Justice pour tous, France ;
  13. Global Campaign for Rwandans’ Human Rights (UK)
  14. Global Voice of Rwandan Refugees (GVRR), South Africa ;
  15. Groupe d’initiative France-Rwanda, France ;
  16. Inganzo Gakondo, Russie ;
  17. Initiative du Peuple pour l’Alliance Démocratique (IPAD-Umuhuza), USA ;
  18. Initiative Humanitaire pour la région des grands lacs (IHRGL), Belgique ;
  19. Initiative HUMURA, Belgique ;
  20. Institut Seth Sendashonga pour la Citoyenneté Démocratique ISCID asbl, Belgique ;
  21. JAMBO asbl, Belgique ;
  22. Liberté d’Expression Culture et Paix, LECP Info, USA ;
  23. Mouvement Républicain pour la Paix et le Progrès, MRP, Belgique ;
  24. Norway Sub Sahara Africa development organization (NSADO), Norway;
  25. Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda (ODHR), France ;
  26. Organization for Peace, Justice and Development in Rwanda and Great Lakes Region (OPJDR), USA;
  27. PDR IHUMURE, Belgique
  28. PS Imberakuri, Belgique;
  29. Réseau International pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Rwanda (RIPRODHOR), France ;
  30. Rwanda National Congress – RNC, South Africa ;
  31. Rwanda National Forum (RNF), USA ;
  32. Rwandan Alliance for the National Pact (RANP-Abaryankuna), Africa.
  33. Rwandan American Youth Association, USA;
  34. Rwandan Platform for Dialogue, Truth, and Justice (RDTJ), South Africa ;
  35. Rwandiske Forum in Norway (RFN), FORUM RWANDAIS DE NORVEGE (RFN);
  36. Rwandese Revolutionary Movement (RRM) Afrique du Sud
  37. United Freedom Fighters (UFF-INDANGAMIRWA), France;

RBB Contact address: rwandabridgebuilders@gmail.com


[1] DRC_MAPPING_REPORT_FINAL_FR.pdf (ohchr.org)

[2] Texts adopted – The case of Dr Denis Mukwege in the Democratic Republic of the Congo – Thursday, 17 September 2020 (europa.eu)

[3] Le serment de loyauté qui terrorise les Rwandais de la diaspora – BBC News Afrique

[4] RWANDA 2019 HUMAN RIGHTS REPORT (state.gov)

[5] Rwanda : Le meurtre d’un opposant est la dernière attaque en date contre des détracteurs du gouvernement | Human Rights Watch (hrw.org)

[6] Rwanda, assassinat du représentant politique de l’opposition – Amnesty International Belgique

[7] Rwanda Case Study | Understanding Transnational Repression (freedomhouse.org)

[8] MOTION FOR A RESOLUTION on Rwanda, the case of Paul Rusesabagina (europa.eu)

[9] UN: Countries Call Out Rwanda’s Rights Record | Human Rights Watch (hrw.org)

[10] Page not found – GOV.UK (www.gov.uk)

[11] COURRIER-DU-30-AVRIL-1994-DU-FPR-INKOTANYI-SIGNE-CLAUDE-DUSAIDI-ET-GERARD-GAHIMA.pdf (sciencespolitiquesrwandaises.fr)Burundi : Une démocratie et un modèle d’alternance politique qui dérangent.Débat : TENSIONS ENTRE LE RWANDA ET LA RDC APRÈS LE SOMMET DE PARIS SUR LES ÉCONOMIES AFRICAINES.

“23/05/1994 – 23/05/2021: Imyaka 27 irashize ndokotse ubwicanyi “- Vestina UMUGWANEZA.

Uyu munsi tariki ya 23 05 2021
Hashize imyaka 27 ndokotse ubwicanyi nabonye imirambo y’abantu bishwe na FPR inkotanyi Kicukiro Centre, imbere ya OPROVIA, mu Gatenga n’ahandi.

Uruvange rw’ abantu bahunga, abapfa, abapfuye , abarasa n’abaraswa, abarira abasigaranwa n’abicanyi kuri za bariyeri simbyibagirwa.

Hari ku wa mbere wa Penekositi.
Imana iduhitamo muri benshi turarokoka turacyariho. Twirutse mu mvura y’amasasu.

Uyu munsi ndaragiza Imana y’ukuri abazima barokotse uwo munsi ikomeze ibarebe kandi ibomore ibikomere byicaye ku mitima yabo no ku maso yabo yabonye ayo mahano.

Uyu munsi ndereka Imana abicanyi bibasiraga ubwoko muntu bica nta soni nta mpuhwe , Imana ibakoze icyo ishaka.

Uyu munsi ndereka Imana abasize amagara aho ni benshi pe. Ese imibiri yabo iri mu ruhe rwibutso? (Kubyibazaho ni ugucumura)

Uyu munsi ndashimira Imana kubera inkuru y’umwisengeneza wa Maman Madeleine uherutse kuboneka waburanye n’umuryango we muri biriya bihe bibi twari tumazemo iminsi ari umwana muto akaba ari inkumi nziza izi ubwenge.

Uyu munsi ndagukomeje wowe wambwiye uko Papa wawe yishwe n’abasilikare ba FPR inkotanyi ukanakorerwa ihohoterwa n’umwe mu basilikare ba FPR inkotanyi ukanamukizwa na bagenzi be ariko amaze ku kwangiriza ubukumi bwawe no guhindura amateka y’umuryango wawe, mpore !

Uyu munsi ndashima mwe twahuriye mu nzira ndende mukamfungurira, mwampaye imyenda, ibiryo, amafaranga, icumbi, ibirago , matela,…

Uwampaye Lifuti mu modoka nshimira ni umugabo witwa Shyamba wo mu Rwankeri ndetse n’umuryango we watwakiriye amasaha make ntashobora kwibagirwa.

Ndashimira n’uwo bari kumwe witwa Dieudonné n’umugore we nasanze kwa Shyamba.
Uwaba azi aho abo bantu baherereye yabatashya kandi akanabashimira kuko ineza bangiriye iracyandi ku mutima.

Uyu munsi ku cyumweru tariki ya 23 Gicurasi 2021 ndashimira Imana yaturinze kandi ikaba ikiturinze.

Ni iki natanze? Ntacyo ni ubuntu nagiriwe

Imana ishimwe cyane!

Vestina Umugwaneza

RDC : A son tour, l’ONU contredit Kagame: “le rapport Mapping documente des violations graves des droits de l’homme de 1993 à 2003”

Les réactions ne cessent de tomber après la déclaration du président rwandais Paul Kagame sur deux médias français .

A son tour , la MONUSCO réaffirme que « le rapport Mapping parle de lui-même et documente de manière très claire des violations graves des droits de l’homme de 1993 à 2003.»

Réagissant aux propos tenus à Paris par le président rwandais, Paul Kagame, le porte-parole de la MONUSCO, Mathias Gillmann, a affirmé mercredi 19 mai que ces violations graves avaient continué et continuent même à se commettre en RDC.

« Le rapport Mapping documente de manière très claire des violations graves des droits de l’homme, du droit humanitaire international sur la période qu’il couvrait, c’est-à-dire, de 1993 à 2003. Donc, pour nous, ce rapport parle de lui-même. Nous avons travaillé ici avec les autorités congolaises pour documenter toutes ces violations », a déclaré le porte-parole de la mission onusienne.

Selon Matthias Gillmann, c’est le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme qui documente et qui partage toutes ces informations avec les autorités congolaises. Et tout comme le rapport Mapping a également été remis au gouvernement congolais de l’époque.

Dans une interview accordée la veille à RFI et France 24, Paul Kagame a affirmé qu’«il n’y a pas eu de crimes. Absolument pas. C’est la théorie du double génocide qui est à l’œuvre. »

Le rapport Mapping, publié par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme en 2010, recense par ordre chronologique et par province 617 « incidents », des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de possibles crimes de génocide commis entre 1993 et 2003. Cette période couvre les deux guerres de la RDC, qui avaient impliqué jusqu’à neuf armées étrangères, dont les troupes rwandaises.

Abed Masiri

RDC : scientifiques, politiques, activistes, artistes, une cinquantaine de personnalités congolaises signent une tribune réagissant au négationnisme de Kagame.

Paul Kagame, Président du RwandaPaul Kagame, Président du Rwanda

Dignité, justice et réparation sont les seules réponses appropriées face au négationnisme de Kagame

Paul Kagame a nié l’existence des crimes commis par les troupes rwandaises dans l’Est de la République démocratique du Congo. C’était lors d’un entretien accordé, le lundi 17 mai, aux médias français RFI et France 24. Le président rwandais a également contesté la justesse des conclusions du Rapport du projet mapping du Haut-commissariat des Nations unies aux Droits de l’homme (HCNUDH). Des propos accueillis dans l’indifférence totale et le silence assourdissant du gouvernement congolais et ce, malgré une grande protestation et une immense indignation des Congolais toutes tendances confondues face à cette énième tentative de négationnisme érigé en stratégie de politique étrangère.

Les annales de l’Histoire retiennent cependant, de manière factuelle, que, à titre indicatif, du 5 au 10 juin 2000, les armées rwandaise et ougandaise se sont affrontées à Kisangani, sur le sol congolais, tuant un millier de civils, pillant et détruisant des biens. Ces faits sont indéniables et incontestables. Ils sont ainsi inscrits dans la mémoire collective congolaise. Et les victimes de ce qu’on appelle communément la « guerre de six jours » et leurs familles continuent d’exiger justice, vérité et réparation. En 2005, la Cour internationale de justice avait d’ailleurs reconnu la responsabilité de Kampala dans les exactions commises par ses troupes entre 1997 et 2003 dans la partie Nord-Est de la RDC, mais ne s’était pas prononcée sur le cas du Rwanda, Kigali ne reconnaissant pas sa compétence.

Aujourd’hui, les propos du président Kagame n’ébranlent ni des faits suffisamment documentés ni la détermination des victimes d’obtenir un jour justice. Ils marquent en revanche une profonde régression par rapport aux avancées des conversations sous-régionales, notamment dans le cadre des mécanismes de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, dit Accord d’Addis-Abeba. 

La tentative consistant à minimiser la portée des massacres perpétrés en RDC, y compris par les forces armées rwandaises ou leurs supplétifs locaux, ne sert ni la paix, ni la sécurité et la coopération régionale. Elle ne parvient pas non plus à démentir des faits largement documentés depuis vingt ans tant par la société civile et le gouvernement congolais dans ses livres blancs que par des instances internationales, à l’instar de l’ONU. 

Kasika, Makobola, Tingi-Tingi, Mbandaka, Kisangani sont des espaces où ont été perpétrés des massacres sur le sol congolais. Ce ne sont que des exemples du lourd tribut que paie la population congolaise après avoir accepté de recevoir sur son sol des réfugiés rwandais, fuyant le génocide. Ces milieux et les massacres qui s’y sont déroulés restent des cicatrices que des Congolais patriotes portent dans leur chair et qu’ils n’oublieront sous aucun prétexte fallacieux.

Les morts congolais méritent le respect. Les femmes violées méritent le respect. Les familles endeuillées, les enfants traumatisés et les communautés désarticulées méritent respect, justice et réparation. L’indifférence a trop duré ! Depuis plus de vingt ans, des morts congolais se comptent par centaines de milliers, mais nos propres dirigeants et la communauté internationale font la sourde oreille ou ne réagissent guère à la hauteur de cette situation dramatique. En face, Paul Kagame, lui, ne s’arrête plus à mépriser nos morts et nos souffrances, il s’en prend désormais au Docteur Denis Mukwege, prix Nobel 2018. Une posture qui laisse transparaître sa peur face à un homme mondialement reconnu pour son engagement auprès des victimes congolaises. Mais cela ne suffira point, car Dr Mukwege est simplement aux prises avec les stigmates des victimes  et demeure le porte-voix, dans le bouillonnement silencieux, des millions des Congolais.

Avec force, nous disons non au négationnisme ! Il s’agit ici d’une évidence que les propos blessants de M. Kagame, truffés de déni, ne peuvent rien changer. Face à cette ignominie, se battre pour que justice soit rendue un jour au nom des victimes doit devenir désormais une cause nationale. Cette tribune, c’est pour que nul ne l’ignore et pour la postérité. Qui d’autres que nous, si ce n’est pas à nous de nous indigner contre les mensonges du président Kagame. Qui d’autres que nous, si ce n’est pas à nous d’appeler les autorités congolaises à rompre le silence et à réagir. Notre indignation tout comme celle des Congolaises et Congolais qui fourmillent d’une colère légitime marque une nouvelle page dans la prise de conscience, dans la lutte contre la falsification de l’histoire et sa réécriture au gré de sentiments et non de la vérité historique.

Les faits et la vérité sont têtus et nous sommes confiants qu’un jour les responsables des crimes et massacres des citoyens congolais répondront de leurs actes. Ce jour arrivera. Le Congo n’oubliera pas. Nous n’oublierons jamais le sang de nos frères et sœurs qui continue à crier en nous et qui criera pour nos enfants. Vingt ans de silence coupable, de mensonge, de pillage, de vol et de viol ne disparaîtront pas du fait de quelques mots prononcés devant des journalistes. Nos morts sont présents en nous et alimentent chaque jour notre soif de justice et de vérité. Nous en sommes convaincus, un jour face à l’Histoire, mort ou vivant, chacun rendra compte de ses crimes, n’en déplaise à M.Kagame. Car la dignité, la justice et l’honneur d’un peuple n’ont pas de prix.

Signataires

Jacquemain Shabani Lukoo, avocat et Président de la Commission Électorale Permanente de l’UDPS

Fred Bauma, activiste

Mohombi Moupondo, artiste engagé

Jean-Claude Mputu, professeur des universités

Floribert Anzuluni, activiste

Trésor Kibangula, analyste politique

Claudel André Lubaya, député national

Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, député national

Christelle Vuanga, député national

Juvénal Munubo, député national

Jean-Jacques Lumumba, activiste

Dismas Kitenge, défenseur des droits de l’Homme

Nick Elebe, juriste, écrivain et expert en droit international pénal

Sinzo Aanza, écrivain

Jean-Claude Tshilumbayi, député provincial

André Mbata, député national

Florimond Muteba, professeur des universités

Yangu Kiakwakama, activiste

Yves Makwambala, activiste

Vianney Bisimwa, activiste

Bob Kabamba, professeur des universités

Paulisi Muteba  kcreascence, activiste

Eliezer Ntambwe, député national

Ados Ndombasi, député national

Bienvenu Matumo, doctorant et militant

Justin Bahirwe, avocat 

Maud-Salomé Ekila, activiste

Jean-Claude Maswana, professeur des universités 

Rebecca Kavugho, activiste

Rev. Eric NSENGA, coordonnateur national du Consortium des confessions religieuses pour la Justice transitionnelle en RDC

Tatiana Mukanire, activiste

Kambale Musavuli, activiste

Chris Shematsi, juriste

Vava Tampa, activist, Save the Congo

Jean-Claude Maswana, professeur d’économie 

Roger Puati, théologien, philosophe, historien et auteur 

Alphonse Maindo, professeur de science politique 

Christian Liongo, fiscaliste, Président Africa Rise

Blaise Pascal Zirimwabagabo Migabo, enseignant de droit, Université Officielle de Bukavu 

Providence Ngoy W, doctorant en Droit, Université de Genève 

Youyou Muntu Mosi, activiste 

Bénédicte Kumbi Ndjoko, historienne, chargée d’enseignement, Activiste des droits humains 

Dom-Martin Puludisu, chercheur, Université Paris II 

Hygin-Hervé Luwawu, ICT Specialist

Célestin Mputu, juriste spécialiste en droits humains

Garry Iwele, journaliste et défenseur des droits humains 

Jonathan Mboyo Esole, professeur des universités

Jacques Issongo, activiste

Chantal Faida, activiste

Madame Eugénie Kikango, juriste

Joseph BAYOKO LOKONDO, activiste

Fabien Mayani, défenseur des droits humains

Jean Pierre Okenda, avocat

Jimmy Kande, activiste

Francine Mukwaya, activiste

Freddy KASONGO, activiste et défenseur des droits de l’homme

Patrick Mbeko, géopoliticien, auteur

Marie Madeleine Kalala,  militante droits des femmes

Jimmy Munguriek, avocat activiste

Alesh, artiste et activiste

Soirce: Actualite.cd

OUTRÉS PAR LES CALOMNIES QUI CONTINUENT DE SE DÉVERSER SUR L’OPÉRATION TURQUOISE, DES TÉMOINS RWANDAIS ADRESSENT UNE LETTRE AU PRÉSIDENT MACRON

Zone Humanitaire Sûre occupée par l'Operation Turquoise.

Zone Humanitaire Sûre occupée par l’Operation Turquoise.

OUTRÉS PAR LES CALOMNIES QUI CONTINUENT DE SE DÉVERSER SUR L’OPÉRATION TURQUOISE, DES TÉMOINS RWANDAIS ADRESSENT UNE LETTRE AU PRÉSIDENT MACRON

Originaires de Cyangugu et donc témoins de l’action de l’Opération Turquoise, révoltés par les calomnies qui ont fleuri de plus belle à l’occasion du rapport Duclert, des Rwandais adressent un…

GROUPE D’INITIATIVES CYANGUGU

Lyon le 10/05/2021. 

C/O RIPRODHOR 

Association Loi 1901 73 Rue des Martyrs de la Résistance 69200 VENISSIEUX FRANCE Tél : 0617278666 Email : riprodhor@hotmail.com

Objet Opération Turquoise : Témoignage de gratitude.

 À Son Excellence Monsieur Emmanuel MACRON Président de la République Française Paris- France.  Excellence Monsieur le Président,  Nous, signataires de la présente, tous originaires de Cyangugu au sud-ouest du Rwanda, principal terrain d’action de l’Opération Turquoise qui couvrait aussi l’ancienne préfecture de Kibuye et une partie de celle de Gikongoro, sommes profondément outrés par les calomnies que des associations et/ou des individus malveillants ou mal informés continuent à proférer contre l’action militaire humanitaire menée par la France au Rwanda, en partenariat avec 7 pays africains : Sénégal, Guinée Bissau, Tchad, Niger, Mauritanie, Egypte et Congo, à partir du 23 juin au 22 août 1994. Nous trouvons injuste et irresponsable de traîner dans la boue les autorités françaises de l’époque jusqu’au Chef de l’Etat, Feu Président François Mitterrand, les hommes et femmes du général Lafourcade, alors qu’ils ont sauvé tant de vies humaines au Rwanda en général et à Cyangugu dans toute la Zone Humanitaire Sûre (ZHS) du Rwanda, en particulier. 

 En effet, un bon nombre d’entre nous ont, en pleine tragédie rwandaise déclenchée le 6 avril 1994, participé et/ou contribué à la mise en place fin mai début juin 1994 d’un « Comité pour la pacification et la sécurité de Cyangugu », et ce, sous l’initiative et la direction du Sous-préfet Théodore MUNYANGABE et du Major Augustin CYIZA. Grâce à notre modeste action et au risque de nos vies ainsi que de celles des nôtres, nous avons considérablement réduit les ravages des miliciens Interahamwe en les apaisant dans le cadre d’un difficile dialogue et/ou en cachant les personnes que ces miliciens recherchaient pour les massacrer. A cet égard, nous avons été successivement témoins oculaires de l’arrivée et de l’action de l’Opération Turquoise, comme collaborateurs et heureux bénéficiaires de cette opération au même titre que les milliers, voire les millions de personnes qui se trouvaient de façon permanente ou seulement de passage dans la ZHS transformée en havre de paix par ladite Opération et qui lui en seront éternellement reconnaissantes. Comme nous avions contrecarré les ravages des miliciens Interahamwe, nous sommes, à ce titre, parvenus toujours au péril de nos vies, à empêcher le FPR arrivé à Cyangugu après le départ de l’Opération Turquoise, de se livrer dans la préfecture de Cyangugu aux tueries à grande échelle auxquelles il avait procédé dans d’autres coins du pays, le Rwanda, juste après sa conquête.

  Excellence Monsieur le Président, 

Permettez-nous de vous décrire, dans les lignes qui suivent, en tant que témoins oculaires de l’action de l’Opération Turquoise, un bon souvenir que celle-ci a laissé au Rwanda en général et dans notre ancienne préfecture, en particulier : 

1) Le 23 juin 1994, date d’entrée des forces françaises sur le sol de Cyangugu, marqua le début opérationnel de la Turquoise au Rwanda. Cela fut un soulagement généralisé au sein de la population ; 

2) Les militaires de l’Opération Turquoise ont installé leur premier campement à Nyarushishi, près du camp de réfugiés Tutsi. Leur présence y devint un symbole de paix, de vie et de sécurité. Ils sillonnaient collines et vallées, brousses et marais pour ramener les rescapés tutsis à Nyarushishi. Depuis l’arrivée des militaires français, la population du camp des réfugiés de Nyarushishi s’est accrue de plus d’un tiers ; et au terme de leur mission, plus de 13.000 Tutsis y avaient trouvé la vie sauve et bien d’autres qui n’étaient pas d’appartenance ethnique Tutsi; 

3) En dehors du camp des réfugiés de Nyarushishi, ces vaillants militaires sécurisaient le reste de la population de par leur seule présence. Les visites successives des membres du Gouvernement français dont le premier Ministre de l’époque, Monsieur Edouard Balladur en juillet 1994, ont renforcé cette réalité. Cela restera dans les annales comme symbole du succès de la Turquoise en l’honneur de la France, car un tel cas ne se retrouve nulle part ailleurs au Rwanda. Le mérite en revient principalement au Colonel Hogard qui supervisait le Secteur Sud de la ZHS établie par l’Opération Turquoise ; 

4) La ZHS a été nettoyée par l’Opération Turquoise de toutes armes de la part des Interahamwe ou anciens militaires, protégée de toute tentative ou manœuvres d’infiltration du FPR et de ses forces. Le désarmement total a été atteint et sans incidents grâce au tact de ces militaires disciplinés et aguerris de la Turquoise. Ils étaient aidés par des membres du « Comité pour la pacification et la sécurité de Cyangugu », composé tant des civils que des militaires, tous natifs de Cyangugu qui s’étaient désolidarisés du Gouvernement intérimaire;

 5) L’Opération Turquoise a stabilisé la situation humanitaire et sécuritaire de toute la région sous son contrôle grâce à laquelle les agences d’aide ont eu un meilleur accès aux bénéficiaires ; 

6) La ZHS établie par l’Opération Turquoise a accueilli plusieurs millions de personnes qui fuyaient les combats entre des belligérants et les tueries du FPR, en provenance d’autres horizons du Rwanda. Tout ce monde trouvait dans Cyangugu non seulement sécurité, mais aussi stabilité, dont une partie a su poursuivre volontairement sa fuite vers le Zaïre, une autre a regagné son domicile habituel au pays ; 

7) Sur environ 2.580.000 déplacés qui se trouvaient dans le triangle Cyangugu-KibuyeGikongoro, plusieurs ont opté pour le chemin du retour chez eux ou au travail, à la relance de la vie nationale. Des centaines de militaires de l’ancienne armée, encadrés dans la ZHS et au service de la population, ont rejoint l’armée régulière ;

 8) Sous la présence des soldats français, les populations avaient commencé à se réhabituer à une vie normale, en attendant l’arrivée imminente des troupes du nouveau régime, reprenant leurs travaux et bénéficiant des services minima de santé et d’administration ; 

9) L’effet de l’Opération Turquoise ne s’est pas seulement limité à Cyangugu ou à la ZHS. L’action mise en route a également été bénéfique pour le Gouvernement du FPR en lui permettant de mieux maîtriser le contrôle du territoire déjà sous son administration militaire et civile, alors rassuré de l’éloignement des Interahamwe et des FAR derrière la Zone Turquoise. Par ailleurs la sécurité assurée lui a offert l’opportunité de prendre pied et d’organiser le flanc Ouest du pays sans coup férir, une fois l’Opération Turquoise terminée. Très significativement, une forte délégation gouvernementale de quatre Ministres dont l’Intérieur, Affaires Etrangères, Justice et Réhabilitation a été reçue à Cyangugu le 16 août 1994 en tournée de reconnaissance, et ceux-ci se sont publiquement félicités des résultats de l’Opération Turquoise en franche collaboration avec le Comité de pacification et de sécurité de Cyangugu.  

Excellence Monsieur le Président,  En notre qualité de témoins oculaires, de collaborateurs interprètes -guides et de bénéficiaires de l’Opération Turquoise, nous ne saurions terminer ce dépôt de témoignage sans toutefois rendre un vibrant hommage à votre prédécesseur, Feu Président François Mitterrand ainsi qu’à ses proches collaborateurs qui, dans un contexte international extrêmement difficile, se sont dépensés pour mettre sur pied et déployer au Rwanda l’Opération Turquoise. Nous voulons lancer les meilleures fleurs méritées à ces militaires français, pour ce havre de paix qu’ils ont créé dans la ZHS pendant que notre pays était à feu et à sang. Comme dit supra, l’Opération Turquoise n’était pas que militaire, elle était aussi hautement humanitaire. Nos remerciements de tout cœur vont également à l’encontre des ONG(s) alors parties prenantes de l’intervention pour un parfait accomplissement de leur mission. Nous disons, enfin, un grand et cordial merci au peuple Français qui a accompagné cette historique et inoubliable Opération.  

Veuillez agréer Excellence Monsieur le Président, l’assurance de notre très haute considération.  

Pour le Groupe Initiatives Cyangugu Théoneste HABIMANA Coordinateur

LISTE DES SIGNATAIRES

1° NDUNGUTSE Evariste
Conseiller du Premier Ministre Membre du Comité Préfectoral de pacification et sécurité, Collaborateur
Nyakabuye
2°TWAGIRAMUNGU Noël
Professeur Lycée ,Interprète Volontaire Témoin oculaire, Bénéficiaire
Gishoma
3° GAKWAYA RWAKA Théobald
Directeur Général CIMERWA Responsable du Comité de Sécurité S/Préfecture BUGUMYA
Collaborateur
Karengera
4° RUTIHUNZA Théobald
Directeur du Personnel CIMERWA Préfet de Préfecture Cyangugu ,Témoin
Nyakabuye
5° NDAGIJIMANA Jean Marie Vianney
Ministre des Affaires Etrangères Membre de la Délégation
gouvernementale venue en Zone Turquoise
Cyimbogo
6°HABYARIMANA Malien
Directeur Général MINITRANSCO Interprète et Témoin oculaire
Bugarama
7° SHYIRAMBERE Anastase
Cadre SONARWA , Bénéficiaire
Kamembe
8° NAHIMANA Thomas
Etudiant Philosophicum Kabgayi Bénéficiaire et témoin oculaire
Gishoma
9° CIKURU MWANAMAYI
Etudiant Université Nationale Rwanda Interprète et Témoin oculaire
Kamembe
10°BIHEZANDE Simon
Professeur Lycée Nyamasheke Bénéficiaire , Témoin oculaire
Gisuma
11°HABIMANA Théoneste
Magistrat ,Chef Antenne LIPRODHOR,Responsable du comité pacification et Sécurité Commune
Karengera , collaborateur.
Karengera
12°NTAMABYARIRO Apollinaire
Prêtre Nyamasheke /Mwezi Collaborateur Interprète
Gishoma
13°SIBORUREMA Jean Baptiste
Chef de Projet SNV PADEC Bénéficiaire et Témoin oculaire
Kagano
14°HAKIZAMUNGU Athanase
Etudiant au Lycée, Bénéficiaire Témoin oculaire
Karengera
15°BITANGISHA Sixbert
Inspecteur de Police Judiciaire Parquet de la République Cyangugu
Témoin oculaire et Bénéficiaire
Nyakabuye
16°BIMENYIMANA Jacqueline
Réfugiée au Camp Nyarushishi Bénéficiaire
Cyimbogo
17°SINAMENYE Ildephonse
Chef de Service ORTPN
Membre du Comité Préfectoral de Sécurité ,Collaborateur
Gishoma
18°TUYISHIME Alfred
Etudiant UNR Butare Témoin oculaire
Gatare
19° NTAKIRUTIMANA Faustin
Enseignant Secteur Gafunzo Témoin oculaire et bénéficiaire
Gafunzo
20° MURINDA Janvier
Chauffeur
Témoin oculaire, bénéficiaire
Gisuma
21°HABINEZA Albert
Etudiant au Collège , Bénéficiaire
Cyimbogo
22°NSHIMIYIMANA Théodore
Rescapé Réfugié au Camp Nyarushishi Bénéficiaire
Cyimbogo
23°HATEGEKIMANA Célestin
Entrepreneur Témoin et bénéficiaire
Gafunzo
24°HATEGEKIMANA Fidèle
Commandant FAR détaché IRST Butare, bénéficiaire et témoin
Karengera
25°NTAGANZWA Jean Damascène
Activiste des Droits Humains,Témoin et bénéficiaire
Bugarama

Qui, aujourd’hui, en France, pour dire à haute voix: « notre pays n’est pas un paillasson ».

Le grand contraste qui cerne la visite de Paul Kagame à Paris: A bras ouverts, Emmanuel Macron accueille de nouveau Paul Kagame, un des hommes les plus controversés  de la planète, ce lundi 17/05/2021. Le Président français n’a qu’un seul objectif: redorer l’image de son pays et réchauffer les relations entre la France et le Rwanda. En effet,  les autorités rwandaises ont pendant longtemps lancé des critiques grotesques contre la France, jusqu’à l’accuser d’avoir participé au génocide! Aujourd’hui, le ton a changé, mais, la France n’a pas encore d’Ambassadeur au Rwanda depuis plus de 5 ans. Il n’y a qu’un Chargé d’affaires de la République française au Rwanda.

Emmanuel Macron, le reçoit donc dans l’intérêt de la France en tant que Chef d’Etat; mais il n’ignore pas le genre de personnalité à qui il tend la main. C’est le même dictateur qui a appris le pouvoir après le génocide et la guerre de 4 ans, chef de la rébellion à l’époque. Macron est entouré par de grandes personnalités qui connaissent bien les arcanes du pouvoir actuel au Rwanda. On peut citer Jean Yves Le Drian, Ministre ayant dans ses attributions les affaires étrangères, ou encore le Chef d’Etat Major de l’armée, le Général François Lecointre qui était présent au Rwanda durant l’opération turquoise en 1994.

Le totalitarisme est le qualificatif du pouvoir de Paul Kagame. Selon différents rapport des ONG de droits de l’homme, les Rwandais souffrent à cause de son régime plus que jamais répressif. La Région des grands lacs africains le connaissent pour les conflits et guerres au-delà des frontières, plus particulièrement en RDC. Il est en froid avec les Chefs d’Etats voisins, l’Ouganda et le Burundi en particulier. Longtemps soutenu par les USA et la Grande Bretagne, Paul Kagame n’est plus le bon élève des Américains ni des Britanniques. La France lui souhaite la bienvenue.

 Le revers de la médaille: 

Comment être fier, quand on déroule le tapis rouge à l‘un des hommes les plus violents de ce monde? En 2007, une femme courageuse et membre du gouvernement français, n’avait pas supporté la visite de Kadhafi à Paris. Rama Yade avait déclaré:  » «Notre pays n’est pas un paillasson». Bernard Kouchner avait estimé qu’elle «avait raison de parler ainsi». Mais Kouchner est-il capable de dire pour le cas de Kagame? Kouchner est-il capable de dire que Kadhafi est pire que Kagame? Aujourd’hui, Sarkozy est-il si fier d’avoir reçu en grandes pompes Kadhafi? Macron le sera-t-il dans 5 ans, 10 ans? L’Histoire le dira. 

Les Rwandais qui vivent en Europe ont obtenu une autorisation pour manifester à Paris ce 18/05/2021 contre Paul Kagame à la tête d’un régime très critiqué en matière de violation de droits de l’homme. HRW, Amnesty International, Crisis Group, ne cessent de tirer la sonnette. Personne ne pourrait prétendre ne pas savoir. Macron non plus.

Source: Rédaction LECP Info.

Le Groupe d’Initiative France – Rwanda (GIFR) réagit au Rapport Duclert.

Réaction du Groupe d’Initiative France-Rwanda aux conclusions du Rapport de la Commission chargée de mener un travail de fond centré sur l’étude de toutes les archives françaises concernant le Rwanda entre 1990 et 1994 afin d’analyser le rôle et l’engagement de la France durant cette période.

Paris le 16 mai 2021

Suite à la sortie du rapport de la Commission de Recherche sur les Archives que le Professeur Vincent DUCLERT a remis au Président de la République, Monsieur Emmanuel MACRON, le 26 mars 2021, le Groupe d’Initiative France-RWANDA (GIFR) aimerait exposer brièvement ses commentaires sur ce document long de plus de 1200 pages.

Il convient de rappeler d’abord que le Président Emmanuel MACRON, dans sa lettre du 5 avril 2019, adressée au Président de ladite Commission a défini les objectifs assignés à celle-ci :

  • Consulter l’ensemble des fonds d’archives françaises relatifs à la période pré-génocidaire et celle du génocide lui-même ;
  • Rédiger un rapport qui permettra -d’offrir un regard critique d’historien sur les sources consultées –d’analyser le rôle et l’engagement de la France au Rwanda au cours de cette période, en tenant compte du rôle des autres acteurs engagés au cours de cette période –
  • Contribuer au renouvellement des analyses historiques sur les causes du génocide des Tutsi, profondes et plus conjoncturelles, ainsi que sur son déroulement, en vue d’une compréhension accrue de cette tragédie historique et de sa meilleure prise en compte dans la mémoire collective, notamment pour les jeunes générations.

À la lecture de ce rapport, notamment dans sa conclusion, il ressort nettement que les membres de la commission accusent le Gouvernement français de l’époque, avec à sa tête le Président François Mitterrand, d’avoir entretenu des relations personnelles et directes avec le régime du Président Juvénal Habyarimana, ce qui est absolument faux car les relations entre les deux pays furent des relations diplomatiques normales.

De 1990 à 1994, Monsieur Jean Marie Vianney Ndagijimana, membre actuel du GIFR, fut ambassadeur du RWANDA à Paris. Aussitôt la commission de recherche sur les archives mise en place en avril 2019, le GIFR, et particulièrement cet ancien ambassadeur, a adressé un courrier recommandé avec accusé de réception dans lequel il exprimait son désir et sa disponibilité d’être auditionné par la commission, afin de témoigner au sujet de ces relations franco-rwandaises. Monsieur Ndagijimana promettait de mettre à la disposition de la commission des éléments d’archives personnelles et officielles. La Commission a refusé cette offre et ceci est bien regrettable.

Le Front Patriotique Rwandais (FPR), composé, en majorité, de réfugiés Tutsi en Uganda, a attaqué le Rwanda à partir du 1er octobre 1990, provoquant une guerre fratricide qui a duré trois ans et demi. À la demande du gouvernement légitime du Rwanda, et en application d’un accord de défense signé en 1975 par le Président Valéry Giscard d’Estaing, la France est intervenue au Rwanda pour stabiliser le front militaire et favoriser les négociations ayant abouti à la signature des Accords de Paix d’Arusha le 4 août 1993, entre le Gouvernement rwandais, dirigé par le Président Juvénal Habyarimana et les rebelles du FPR, dirigés par Monsieur Paul Kagame.

Les accords d’Arusha avaient permis de mettre fin à la guerre et devaient aboutir, in fine, à la mise en place d’un gouvernement consensuel basé sur le partager du pouvoir entre les deux parties en conflit. Mais c’était sans compter avec l’agenda caché du général Paul Kagame : prendre le pouvoir par la force et régner en maitre absolu sur le Rwanda au détriment du partage du pouvoir.

Le point culminant fut l’attentat du 06 avril 1994 perpétré contre l’avion transportant le Président rwandais Juvénal Habyarimana, le Président burundais Cyprien Ntaryamira, d’autres personnalités rwandaises et burundaises, ainsi que trois membres de l’équipage français. Cet attentat, commis par les rebelles du FPR, vint annihiler tous les efforts de paix consentis pas la France et fut ainsi l’élément déclencheur du génocide des Tutsis et des nombreux massacres au sein de la population rwandaise.

En application de la résolution 929 du 22 juin 1994 du Conseil de sécurité de l’ONU, la France fut alors le seul pays occidental qui accepta d’intervenir pour voler au secours des populations rwandaises, alors que la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR), dirigée par le Général canadien Roméo Dallaire, s’avérait impuissante et incapable d’arrêter le génocide.

Dans sa lettre de mission, le président de la République Emmanuel Macron a demandé à la Commission Duclert d’analyser le rôle et l’engagement de la France au Rwanda, en tenantcompte du rôle des autres acteurs engagés au cours de cette période. On peut citer les pays tels que l’Uganda qui a formé, armé et soutenu militairement et diplomatiquement la rébellion du FPR du début jusqu’à la fin de la guerre, sans oublier la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique qui ont apporté un appui militaire et diplomatique au FPR.

Pour sa part, la Belgique, ancienne puissance coloniale dont le contingent militaire constituait l’ossature de la MINUAR, a retiré ses troupes une semaine après le déclenchement du génocide.

II est donc incompréhensible et inadmissible que la commission de recherche sur les archives parle d’aveuglement à où la France a, la première, saisi opportunément le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour demander l’envoi de troupes au Rwanda, ce qui a été accepté en juin 1994 et a permis à l’« Opération Turquoise » de sauver des dizaines de milliers de Tutsi mais aussi de Hutus et de Twa en danger de mort. Les responsables politiques et militaires français témoins de cette période ont fourni des renseignements précis sur le déroulement des événements tels que vécus sur place au Rwanda ou à Paris.

Pour des raisons inavouées, et pour masquer ses propres responsabilités dans l’attentat terroriste du 6 avril 1994 et dans le génocide subséquent, le régime de Paul Kagame n’a cessé d’accuser la France d’être complice du génocide des Tutsis.

Dès son élection à la Présidence de la République en 2017, le Chef d’État français, Emmanuel MACRON a manifesté sa volonté d’améliorer les relations entre la France et le Rwanda. Cette démarche est compréhensible et normale entre deux pays et la création de la commission Duclert s’inscrit dans cette volonté de normalisation.

Cependant, au vu des conclusions de la commission, il s’avère que ce rapport est essentiellement politique, partiel et partial. En effet, à travers ses multiples déclarations dans la presse française et internationale, le Professeur Vincent Duclert, président de la commission, a donné l’impression de vouloir à tout prix faire plaisir aux autorités de Kigali, allant jusqu’à suggérer au président Macron de reconnaître la responsabilité de la France dans la tragédie rwandaise, tout en écartant toute complicité directe dans le génocide.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda considère qu’en stigmatisant par trop le régime de feu le Président Juvénal Habyarimana, et en présentant la rébellion du FPR comme de valeureux libérateurs ayant accouru pour arrêter le génocide des Tutsi, sans parler suffisamment du rôle des pays qui ont sponsorisé la guerre au cours de la période sous examen, la commission Duclert est sortie du cadre de sa mission de recherche historique objective. En prenant ouvertement fait et cause pour les thèses et le discours militant du régime de Paul Kagame, la commission Duclert a cessé d’être neutre.

Nos inquiétudes sont d’autant plus fondées que de sources diverses, certains membres de la commission seraient proches d’associations connues pour leur soutien sans réserve au régime de Paul Kagame. Il est donc permis de douter de la neutralité et du caractère strictement scientifique de ce rapport.

Pour conclure, le Groupe d’Initiative France-Rwanda (GIFR), composé de résidents rwandais et de Français d’origine rwandaise, soutient la volonté du Président Emmanuel MACRON de renouer les relations entre la France et le Rwanda. Cependant le groupe tient à rappeler que le régime actuel de Kigali, dirigé par le Président Paul Kagame depuis déjà 27 années, foule au pied la démocratie, l’état de droit et le respect des droits humains au Rwanda.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda demande en conséquence au Président Emmanuel Macron de ne pas ‘’faire de mauvais compromis sur les droits de l’Homme’’, notamment sur les nombreux crimes commis par le régime dictatorial de Paul Kagame contre les populations du Rwanda et des autres pays d’Afrique des grands lacs au cours de ces trois dernières décennies.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda demande instamment au président Emmanuel Macron de soutenirsans réserve l’Initiative du Dr. Denis MUKWEGE, Prix Nobel de la Paix 2018, pour la mise en place du Tribunal pénal international ad hoc recommandé par le Rapport du Projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo, ex-Zaïre.

La nouvelle page des relations franco-rwandaises ne devrait pas s’écrire sur la base du seul rapport partial et partiel présenté par la commission Duclert, au risque d’inscrire dans le marbre les nombreuses inexactitudes contenues dans ce rapport considéré par beaucoup comme par trop favorable aux thèses anti-françaises développées par le régime du président Paul Kagame.

Fait à Paris, le 16 mai 2021

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda (GIFR)

Contact : groupe.gifr@gmail.com

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How dictatorships manage their image

Authoritarian states deliberately use a number of tools to manage their image internationally, writes Alexander Dukalskis. Creating positive news, distracting and silencing critique, and shaping elite opinion help make the world safer for dictatorships

Photo: Wikimedia Commons

Rwanda’s authoritarian leader Paul Kagame Photo: Wikimedia Commons

In 2012 news broke about a public relations contract between a firm called Racepoint Global and the Rwandan government. The contract involved a plan written by the firm to improve Rwanda’s image internationally, including managing the image of its authoritarian leader, Paul Kagame.

The plan is telling. Of course, it includes the standard public relations stuff like making the country look attractive and Kagame a wise leader. But more interestingly, it details its aims to undermine Rwanda’s critics abroad – including human rights activists.

The plan also aims to cultivate journalists in leading outlets to promote a positive image of Kagame, and Rwanda. Thanks to the US Foreign Agents Registration Act (FARA), you can look up the plan for yourself.

Soft power or image management?

We often think about states promoting a positive image of themselves abroad through ‘soft power’ initiatives. And rightfully so: they do this a lot. But the Rwanda Racepoint memo is a revealing reminder that states – and especially authoritarian ones with an image problem – do a lot of other things to manage their image. These activities are often ethically dubious or sometimes outright illegal – violent, even.

In his excellent book, journalist Ron Nixon details the methods South Africa’s Apartheid regime used to improve its dire image internationally. These included paying lobbyists, and sponsoring ‘look and see’ tours to South Africa for opinion-shapers. The regime even attempted to purchase a newspaper covertly, discrediting critics as closet communists. Many authoritarian states do all these things and more.

Authoritarian image management

In my new book Making the World Safe for Dictatorship, I try to understand what motivates these efforts and how they operate. Focusing on authoritarian states, I create a framework of what I call ‘authoritarian image management.’

Authoritarian states use a range of tactics abroad to burnish their image and stamp out criticism; in short, they try to make their world safe for their dictatorship.

Authoritarian states use a range of tactics abroad to burnish their image and stamp out criticism; in short, they try to make their world safe for their dictatorship. The idea of the book is to put all these different methods into the same conversation. It aims to understand their strengths and weaknesses, and how different states adopt different tactics.

Authoritarian image management has two audiences: mass publics or specific elites. Further, it can have two main forms: promoting positive messages or obstructing criticisms of the state. Put together, you get four types of authoritarian image management, depending on audience and form.

To study these tactics, I use a range of data, including FARA documents, interviews, case study evidence, and video analysis. I also created a publicly available database of all instances in which authoritarian states threatened and/or repressed one of their own citizens abroad between 1991 and 2019.

Creating positive images

Here let me highlight some examples that have transpired since the book came out.

First, perhaps the most salient example of an authoritarian state putting out positive messages designed for a mass audience is covid-related messaging by the People’s Republic of China (PRC).

The Chinese authorities have attempted to present the PRC as successful at home in eliminating the disease and generous abroad in helping other countries meet the pandemic’s challenges.

In a recent paper with my co-author Sam Brazys, we analyse the messaging of Xinhua, China’s main state news agency, and find that it portrays China in positive and generous terms. The idea is to portray China’s authoritarian system as capable domestically and non-threatening internationally.

China’s Xinhua state news agency portrays the country’s authoritarian system as capable domestically and non-threatening internationally

Responding to criticism

Second, authoritarian states don’t just try to present positive images to the general foreign public. They also try to mitigate or distract from bad news or criticism.

If one examines Russia’s main external TV station – RT – for news about the case of arrested dissident Alexei Navalny, this mode of authoritarian image management is apparent. He is variously portrayed as an extremist or terrorist (or at least terrorist-adjacent), a stooge of foreign powers destined to be defeated, and yet another example of how Russia is reasonable while ‘the West’ is anything but.

Photo: Mitya Aleshkovsky, Flikr
Russian opposition leader Alexei Navalny speaks to journalists after a trial in Kirov, Russia Photo: Mitya Aleshkovsky, Flikr

Someone like Navalny is a public relations problem for Russian authorities, and his global name recognition means that the government can’t just pretend he doesn’t exist. The authorities perceive that they have to respond to the negative press.

Silencing critique

Third, authoritarian states can try to silence specific critics or groups of critics abroad. This tactic involves what scholars call ‘extraterritorial repression’ or ‘transnational repression.’ Freedom House has recently released a major report and underlying data on the subject.

Paul Rusesabagina
Activist and humanitarian Paul Rusesabagina was a prominent critic of Rwanda’s Kagame government Photo: Gerald R. Ford School of Public Policy, Flikr

A controversial and high-profile example is the case of Paul Rusesabagina, portrayed in the movie Hotel Rwanda as saving lives during Rwanda’s 1994 genocide.

From abroad he frequently criticised Kagame’s government. In August 2020 he was apparently deceived into boarding a charter flight and ultimately ended up in Rwanda where he now faces a terrorism trial.

A prominent critic of the Rwandan government is now no longer able to voice his criticisms to international audiences.

Shaping elite opinion

Authoritarian states try to cultivate elite opinion shapers to disseminate positive messages to international audiences. Sometimes this is through direct funding, sometimes through access. It may even stem from ideological affinity.

Authoritarian states try to cultivate elite opinion shapers to disseminate positive messages to international audiences

There are lots of potential examples here and many grey areas. One topic is funding for think tanks. In her recent report on the subject, Nadège Rolland details how authoritarian states try to fund think tanks to shape elite conversation on issues important to them. A similar logic can extend to universities.

These examples are just the tip of the iceberg. Authoritarian image management is about more than just ‘soft power’.

Once you start thinking about the multiple methods available to authoritarian actors abroad it becomes important to see them as tools in a toolkit rather than as unrelated to one another.

Alexander Dukalskis

Source: https://theloop.ecpr.eu

RDC : Félix Tshisekedi décrète un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri

Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a décrété vendredi 30 avril un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri. Cette décision a été prise « au regard de la gravité de la situation dans ces deux provinces conformément à l’article 85 de la constitution », a annoncé le ministre de l’Information et des Médias, Patrick Muyaya, tard dans la soirée à la télévision officielle (RTNC) lors de la lecture du compte rendu du premier conseil des ministres.

L’état de siège a été décrété après concertation entre le chef de l’Etat et le conseil supérieur de la défense, constitué notamment du premier ministre et des deux présidents des deux chambres du parlement.

Une ordonnance présidentielle sanctionnant cette décision sera rendue public dans les prochaines heures, a précisé Patrick Muyaya. Selon lui, l’objectif poursuivi est de mettre rapidement fin à l’insécurité qui décime quotidiennement la population locale.

Source : Radio Okapi