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Le Groupe d’Initiative France – Rwanda (GIFR) réagit au Rapport Duclert.

Réaction du Groupe d’Initiative France-Rwanda aux conclusions du Rapport de la Commission chargée de mener un travail de fond centré sur l’étude de toutes les archives françaises concernant le Rwanda entre 1990 et 1994 afin d’analyser le rôle et l’engagement de la France durant cette période.

Paris le 16 mai 2021

Suite à la sortie du rapport de la Commission de Recherche sur les Archives que le Professeur Vincent DUCLERT a remis au Président de la République, Monsieur Emmanuel MACRON, le 26 mars 2021, le Groupe d’Initiative France-RWANDA (GIFR) aimerait exposer brièvement ses commentaires sur ce document long de plus de 1200 pages.

Il convient de rappeler d’abord que le Président Emmanuel MACRON, dans sa lettre du 5 avril 2019, adressée au Président de ladite Commission a défini les objectifs assignés à celle-ci :

  • Consulter l’ensemble des fonds d’archives françaises relatifs à la période pré-génocidaire et celle du génocide lui-même ;
  • Rédiger un rapport qui permettra -d’offrir un regard critique d’historien sur les sources consultées –d’analyser le rôle et l’engagement de la France au Rwanda au cours de cette période, en tenant compte du rôle des autres acteurs engagés au cours de cette période –
  • Contribuer au renouvellement des analyses historiques sur les causes du génocide des Tutsi, profondes et plus conjoncturelles, ainsi que sur son déroulement, en vue d’une compréhension accrue de cette tragédie historique et de sa meilleure prise en compte dans la mémoire collective, notamment pour les jeunes générations.

À la lecture de ce rapport, notamment dans sa conclusion, il ressort nettement que les membres de la commission accusent le Gouvernement français de l’époque, avec à sa tête le Président François Mitterrand, d’avoir entretenu des relations personnelles et directes avec le régime du Président Juvénal Habyarimana, ce qui est absolument faux car les relations entre les deux pays furent des relations diplomatiques normales.

De 1990 à 1994, Monsieur Jean Marie Vianney Ndagijimana, membre actuel du GIFR, fut ambassadeur du RWANDA à Paris. Aussitôt la commission de recherche sur les archives mise en place en avril 2019, le GIFR, et particulièrement cet ancien ambassadeur, a adressé un courrier recommandé avec accusé de réception dans lequel il exprimait son désir et sa disponibilité d’être auditionné par la commission, afin de témoigner au sujet de ces relations franco-rwandaises. Monsieur Ndagijimana promettait de mettre à la disposition de la commission des éléments d’archives personnelles et officielles. La Commission a refusé cette offre et ceci est bien regrettable.

Le Front Patriotique Rwandais (FPR), composé, en majorité, de réfugiés Tutsi en Uganda, a attaqué le Rwanda à partir du 1er octobre 1990, provoquant une guerre fratricide qui a duré trois ans et demi. À la demande du gouvernement légitime du Rwanda, et en application d’un accord de défense signé en 1975 par le Président Valéry Giscard d’Estaing, la France est intervenue au Rwanda pour stabiliser le front militaire et favoriser les négociations ayant abouti à la signature des Accords de Paix d’Arusha le 4 août 1993, entre le Gouvernement rwandais, dirigé par le Président Juvénal Habyarimana et les rebelles du FPR, dirigés par Monsieur Paul Kagame.

Les accords d’Arusha avaient permis de mettre fin à la guerre et devaient aboutir, in fine, à la mise en place d’un gouvernement consensuel basé sur le partager du pouvoir entre les deux parties en conflit. Mais c’était sans compter avec l’agenda caché du général Paul Kagame : prendre le pouvoir par la force et régner en maitre absolu sur le Rwanda au détriment du partage du pouvoir.

Le point culminant fut l’attentat du 06 avril 1994 perpétré contre l’avion transportant le Président rwandais Juvénal Habyarimana, le Président burundais Cyprien Ntaryamira, d’autres personnalités rwandaises et burundaises, ainsi que trois membres de l’équipage français. Cet attentat, commis par les rebelles du FPR, vint annihiler tous les efforts de paix consentis pas la France et fut ainsi l’élément déclencheur du génocide des Tutsis et des nombreux massacres au sein de la population rwandaise.

En application de la résolution 929 du 22 juin 1994 du Conseil de sécurité de l’ONU, la France fut alors le seul pays occidental qui accepta d’intervenir pour voler au secours des populations rwandaises, alors que la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR), dirigée par le Général canadien Roméo Dallaire, s’avérait impuissante et incapable d’arrêter le génocide.

Dans sa lettre de mission, le président de la République Emmanuel Macron a demandé à la Commission Duclert d’analyser le rôle et l’engagement de la France au Rwanda, en tenantcompte du rôle des autres acteurs engagés au cours de cette période. On peut citer les pays tels que l’Uganda qui a formé, armé et soutenu militairement et diplomatiquement la rébellion du FPR du début jusqu’à la fin de la guerre, sans oublier la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique qui ont apporté un appui militaire et diplomatique au FPR.

Pour sa part, la Belgique, ancienne puissance coloniale dont le contingent militaire constituait l’ossature de la MINUAR, a retiré ses troupes une semaine après le déclenchement du génocide.

II est donc incompréhensible et inadmissible que la commission de recherche sur les archives parle d’aveuglement à où la France a, la première, saisi opportunément le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour demander l’envoi de troupes au Rwanda, ce qui a été accepté en juin 1994 et a permis à l’« Opération Turquoise » de sauver des dizaines de milliers de Tutsi mais aussi de Hutus et de Twa en danger de mort. Les responsables politiques et militaires français témoins de cette période ont fourni des renseignements précis sur le déroulement des événements tels que vécus sur place au Rwanda ou à Paris.

Pour des raisons inavouées, et pour masquer ses propres responsabilités dans l’attentat terroriste du 6 avril 1994 et dans le génocide subséquent, le régime de Paul Kagame n’a cessé d’accuser la France d’être complice du génocide des Tutsis.

Dès son élection à la Présidence de la République en 2017, le Chef d’État français, Emmanuel MACRON a manifesté sa volonté d’améliorer les relations entre la France et le Rwanda. Cette démarche est compréhensible et normale entre deux pays et la création de la commission Duclert s’inscrit dans cette volonté de normalisation.

Cependant, au vu des conclusions de la commission, il s’avère que ce rapport est essentiellement politique, partiel et partial. En effet, à travers ses multiples déclarations dans la presse française et internationale, le Professeur Vincent Duclert, président de la commission, a donné l’impression de vouloir à tout prix faire plaisir aux autorités de Kigali, allant jusqu’à suggérer au président Macron de reconnaître la responsabilité de la France dans la tragédie rwandaise, tout en écartant toute complicité directe dans le génocide.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda considère qu’en stigmatisant par trop le régime de feu le Président Juvénal Habyarimana, et en présentant la rébellion du FPR comme de valeureux libérateurs ayant accouru pour arrêter le génocide des Tutsi, sans parler suffisamment du rôle des pays qui ont sponsorisé la guerre au cours de la période sous examen, la commission Duclert est sortie du cadre de sa mission de recherche historique objective. En prenant ouvertement fait et cause pour les thèses et le discours militant du régime de Paul Kagame, la commission Duclert a cessé d’être neutre.

Nos inquiétudes sont d’autant plus fondées que de sources diverses, certains membres de la commission seraient proches d’associations connues pour leur soutien sans réserve au régime de Paul Kagame. Il est donc permis de douter de la neutralité et du caractère strictement scientifique de ce rapport.

Pour conclure, le Groupe d’Initiative France-Rwanda (GIFR), composé de résidents rwandais et de Français d’origine rwandaise, soutient la volonté du Président Emmanuel MACRON de renouer les relations entre la France et le Rwanda. Cependant le groupe tient à rappeler que le régime actuel de Kigali, dirigé par le Président Paul Kagame depuis déjà 27 années, foule au pied la démocratie, l’état de droit et le respect des droits humains au Rwanda.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda demande en conséquence au Président Emmanuel Macron de ne pas ‘’faire de mauvais compromis sur les droits de l’Homme’’, notamment sur les nombreux crimes commis par le régime dictatorial de Paul Kagame contre les populations du Rwanda et des autres pays d’Afrique des grands lacs au cours de ces trois dernières décennies.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda demande instamment au président Emmanuel Macron de soutenirsans réserve l’Initiative du Dr. Denis MUKWEGE, Prix Nobel de la Paix 2018, pour la mise en place du Tribunal pénal international ad hoc recommandé par le Rapport du Projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo, ex-Zaïre.

La nouvelle page des relations franco-rwandaises ne devrait pas s’écrire sur la base du seul rapport partial et partiel présenté par la commission Duclert, au risque d’inscrire dans le marbre les nombreuses inexactitudes contenues dans ce rapport considéré par beaucoup comme par trop favorable aux thèses anti-françaises développées par le régime du président Paul Kagame.

Fait à Paris, le 16 mai 2021

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda (GIFR)

Contact : groupe.gifr@gmail.com

Le document en format PDF

Dossier Rusesabagina: le Gouvernement rwandais n’a pas de marge de manœuvre

Parmi les dossiers qui auront exposé les failles du système de justice au Rwanda figure celui de Paul Rusesabagina, le héros du Hotel Rwanda. En effet, l’histoire récente nous montre d’autres cas plus ou moins similaires où le gouvernement s’est vu dans l’obligation de relâcher les suspects car leurs arrestations avaient eu lieu en violation du droit, ou bien que la pression extérieure et la realpolitik voiyaient les choses sous un angle différent. C’est d’ailleurs, d’après nos pronostics, ce qui risque d’arriver dans le cas de Rusesabagina.
Tout observateur avisé n’oubliera Professeur Peter Erlinder, cet avocat américain qui est venu au Rwanda en 2010 pour faire partie de l’équipe de défense de Madame Victoire Umuhoza. Le régime du FPR l’a arrêté et l’a accusé de négationnisme du génocide. Il fut jeté en prison mais son procès n’aura jamais lieu grâce à la pression du gouvernement américain. Le gouvernement rwandais, pour cacher son échec dans cette affaire, a dit à la presse que le Professeur reviendra le moment du procès venu, que ses problèmes de santé étaient trop sérieux pour rester en détention. Les acolytes du régime se sont sentis trahis car pour eux, le Rwanda étant un État souverain, aurait jugé ce “blanc” pour démontrer que l’ère coloniale était révolue.

Qui ignore le cas du Père Guy Theunis ? Peut-être ceux qui, en 2005, étaient plus jeunes ou éloignés de l’information! Ce prêtre de la congrégation des Pères Blancs a été arrêté à l’aéroport de Kigali alors qu’il se rendait en Belgique, son pays d’origine. Il fût accusé de génocide dans les actes les plus sérieux : la préparation de ce crime. Il risquait la peine capitale car, dans le temps, cette peine était toujours applicable. Il passera soixante-quinze jours en prison avant d’être libéré grâce à la pression de la diplomatie belge. Le régime du FPR frappé de honte devant ses “rukurikirizindi” ( les suiveurs qui défendent sans rien comprendre), a expliqué que le Père allait être jugé par la Belgique, sans dire pourquoi alors que les crimes dont il était accusé avaient eu lieu sur le territoire de son arrestation.

Et puis, en 2017, on a assisté au cas de Violette Uwamahoro, une jeune femme d’origine rwandaise naturalisée anglaise. Elle qui se rendait au pays de ses ancêtres pour des raisons familiales, s’est vu arrêter, accusée d’appartenir à des raisons terroristes qui cherchent à destabiliser le Rwanda. Il y a même eu un complice qui collaborait avec les enquêteurs pour consolider le dossier. Les circonstances aggravantes dans cette affaire étaient sa relation familiale, qui à vrai dire, constituait sa source d’annuis: son mari est un membre actif du Rwanda National Congress (RNC), l’organisation de Kayumba Nyamwasa. Sauf que, quelques jours après, le gouvernement britannique a exigé la libération de son citoyen, qui a pu regagner Londres sous peu.
Une fois de plus, le régime liberticide de Kigali se justifiera: elle est libérée mais elle restera joignable pour la poursuite judiciaire. Tout le monde sait que ceci n’aura jamais lieu.

Le cas de Rusesabagina n’est pas différent. D’ailleurs il est le plus dur des autres de ce genre. Le monsieur a été kidnappé dans une opération que Kigali n’a pas réussi à voiler. D’abord, c’est le Rwanda Investigation Bureau ( RIB) qui se venta d’avoir réalisé un grand exploit grâce à la coopération internationale. Le lendemain, les autorités des Émirats Arabes Unis se distancient de cette affaire, niant toute coopération. Le Rwanda n’a pas eu d’option, le ministre de la justice a admis le rôle du gouvernement dans cette opération qualifiée de terrorisme internationale.
Rusesabagina est un citoyen belge et un résident des États-Unis d’Amérique, un pays qui lui a attribué la plus importante médaille , la fameuse “Presidential medal of Freedom”.
Les américains constituent le peuple le plus chauviniste jamais connu. Non seulement ils défendent leur honneur mais aussi témoignent, par force s’il s’avère nécessaire, leur grandeur. Ils se sont investis dans cette affaire jusqu’à pousser 37 membres du congrès à envoyer un message clair et fort au gouvernement rwandais: libérez Paul Rusesabagina sous peine de subir la colère que vous n’aimeriez pas expérimenter. Le Rwanda fait semblant de ne pas entendre mais c’est une question de temps It’s a matter of time. La marge de manœuvre n’est pas large, Rusesabagina doit être libéré sans tarder. Le parlement européen ne peut être plus clair. Rusesabagina n’appartient pas là où il se trouve.

Les suiveurs ignorants du régime ne cessent de répéter combien le pays est indépendant et souverain, et que, de ce, le Rwanda ne reçoit des ordres de personne. Une chose leur échappe : ce n’est ni le droit ni la justice qui prévalent, la realpolitik est au dessus de tout. Or , à l’heure qu’il est, cette dernière n’est pas de leur côté.

Chaste GAHUNDE

France-Rwanda : pourquoi les lobbies pro-FPR de France s’agitent autour d’un banal télégramme diplomatique?

Depuis quelques jours, les milieux pro-FPR de France et d’Europe sont montés au créneau pour clamer haut et fort qu’un document explosif venait d’être découvert dans les archives de l’ancien Président français François Mitterrand désormais accessibles. Le document serait susceptible, d’après ces milieux, de faire accuser la France de complicité de génocide ou tout au moins d’en accuser certaines personnalités politiques et militaires français qui étaient aux affaires à l’époque.

Ces milieux qui vont, des associations comme “Survie”, “Ibuka-France”, jusqu’aux individualités comme la belge Colette Braeckman en passant par des médias comme RFIMédiapartLa CroixLa Libre Afrique, …, rivalisent d’efforts pour présenter ce document comme explosif par des titres plus ronflants et triomphalistes les uns que les autres:

Timing

Le timing adopté pour mener cette campagne autour de cette curieuse découverte en dit long sur leurs intentions et leurs calculs. Nous sommes en effet à quelques semaines de la sortie du rapport des historiens à qui le président français a demandé de se pencher sur le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994. Ce rapport devrait sortir le 02 avril 2021.

Nous sommes aussi à quelques semaines du 07 avril 2021 qui marquera le 27ème anniversaire officiel du génocide rwandais et que ces milieux comptent exploiter pour marquer encore des points comme chaque année. Ils y mettent autant le paquet que le président français Emmanuel Macron avait souhaité se rendre au Rwanda en cette année 2021. Pour ces milieux, tout serait parfait s’il s’y rendait pour demander pardon après que la France ait été reconnue comme complice dans le génocide rwandais.

Le télégramme lui-même

Mais quel est ce document explosif et que révèle-t-il ?

Il s’agit en fait d’un simple télégramme diplomatique qui rapporte les échanges entre un ambassadeur sur le terrain en juillet 1994 et sa hiérarchie de Paris. Celui-ci demandait quelle attitude prendre envers les dignitaires du régime qui venait d’être renversé par le FPR et qui se retrouveraient dans la Zone Humanitaire Sûre instaurée suite à l’Opération Turquoise autorisée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en juin 1994.

Sa hiérarchie lui répondit qu’il fallait “inviter” ces dignitaires à quitter la Zone et pour le reste ils devraient être considérés comme toute personne se trouvant dans cette zone dans laquelle l’Opération Turquoise avait pour mission d’y protéger toute personne s’y trouvant et d’y empêcher toute violence.

Le télégramme date du 15 juillet 1994. A noter que Kigali avait été prise le 04 juillet, donc 10 jours auparavant.

D’après la résolution de l’ONU autorisant l’Opération Turquoise ainsi que les ordres opérationnels donnés par le Gouvernement et l’Etat-Major français, les militaires de l’Opération Turquoise, (non seulement Français mais aussi d’autres pays, on l’oublie souvent), n’avaient pas mandat pour exercer des missions de Police Judiciaire dans la zone Turquoise. En clair, ils n’avaient pas la possibilité d’enquêter sur les criminels présumés, de les inculper pour ensuite les arrêter. Ils ne devaient qu’assurer la sécurité de toute personne se trouvant dans la zone Turquoise.

A noter que le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) ne fut mis en place par l’ONU qu’en novembre 1994 et que ses premiers inculpés ne furent arrêtés qu’en 1997 et 1998.

Il est donc compréhensible que les militaires de l’Opération Turquoise ne pouvaient pas arrêter quelqu’un soupçonné de n’importe quel crime au Rwanda en juillet 1994 fusse-t-il membre du Gouvernement intérimaire qui venait d’être renversé.

Il n’y a donc aucune découverte sensationnelle à retrouver dans les échanges diplomatiques du message dans lequel la Hiérarchie rappelait à ceux qui étaient sur le terrain dans le cadre de l’Opération Turquoise en juillet 1994 qu’ils n’avaient aucune base légale ni moyens pour enquêter et arrêter les criminels présumés.

Membres du Gouvernement intérimaire présumés coupables en 1994 ?

Pour revenir aux membres du Gouvernement intérimaire que ces lobbies pro-tutsi voudraient qu’ils aient été arrêtés par les militaires de l’Opération Turquoise en juillet 1994, il est à noter que peu d’entre eux ont séjourné dans la Zone Humanitaire Sûre. Et parmi ceux qui y ont séjourné ou l’ont traversée en 1994, presque tous ont été inculpés et jugés par le TPIR depuis 1998. Curieusement ils ont tous été acquittés, que ce soit individuellement, que ce soit comme membre du Gouvernement car le TPIR n’a jamais pu établir que ce Gouvernement fut une “organisation criminelle”.

Nous citerons :

– Ministre des Transports et Communication : André Ntagerura, acquitté

– Ministre des Affaires Etrangères : Jérôme Bicamumpaka, acquitté

– Ministre de la Santé : Dr Casimir Bizimungu, acquitté

– Ministre de l’Enseignement primaire et secondaire : Dr André Rwamakuba, acquitté

– Ministre du Commerce et de l’Artisanat : Justin Mugenzi, acquitté.

– Ministre de la Fonction Publique : Prosper Mugiraneza, acquitté.

On se demande alors comment les militaires de l’Opération Turquoise non mandatés pour cette mission pouvaient en juillet 1994 inculper des personnalités envers lesquelles le TPIR, avec tous les moyes requis et pendant DIX ans d’enquêtes, allait être incapable de prouver leur culpabilité.

Motivations et but de la campagne actuelle

Ce qui suit est un essai de compréhension des motifs et du but de cette étrange campagne médiatico-judiciaire.

Nous pensons qu’il s’agit d’une diversion afin de maintenir le statut du régime du FPR : impunité garantie. En effet, après 27 ans d’impunité et du “tout permis” au régime du FPR de Paul Kagame, des voix commencent à monter et à s’indigner de ces violations systématiques des droits de l’Homme en toute impunité. Ceci est d’autant plus inquiétant pour ses lobbies que ces voix proviennent aussi des  protecteurs et alliés traditionnels jugés inconditionnels au régime tutsi de Paul Kagame : USA et Grande Bretagne.

Les mêmes lobbies font pression pour influencer la politique étrangère de la France en Afrique et spécialement au Rwanda en l’obligeant de faire profil bas.

Au passage les mêmes lobbies tentent de salir et diaboliser les personnalités politiques et militaires français qui ont pu résister au diktat et à la toute-puissance des lobbies pro-tutsi de France.

Ce faisant, ils comptent humilier les Armées Françaises sur le théâtre d’opérations d’Afrique.

Et au passage, ils cherchent à justifier l’invasion et l’occupation de la RDC par l’armée tutsi de Kagame depuis 1996 à nos jours au moment où les voix se lèvent pour réclamer justice (Mapping Report).

Bref, ceci constitue un cas illustratif de la transformation d’un fait banal et un non-événement en un tremblement de terre qui secoue la classe politique d’une puissance moyenne et frileuse comme la France. Le plus étonnant est que le coup réussit souvent.

Emmanuel Neretse

Source : echosdafrique.com

Quand Félix Tshisekedi offre la RDC à Paul Kagame

Mardi dernier ( 19/01/2021), Félix Tshisekedi a reçu une délégation rwandaise au Palais de nation pour des entretiens sur la coopération bilatérale entre la RD Congo et le Rwanda. La composition de cette délégation interroge : il y avait bien entendu l’ambassadeur du Rwanda à Kinshasa, le tonitruant Vincent Karega, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération Vincent Biruta et le secrétaire général des services de renseignement, le général Joseph Nzabamwita. Il y avait également la ministre du Commerce et de l’Industrie du Rwanda, Soraya Hakuziyaremye, qui est arrivée après.

De Gauche à droite : Ambassadeur Vincent KAREGA, Général Joseph NZABAMWITA, Général Jean Bosco KAZURA, Dr Vincent BIRUTA.

Juste à voir la composition de cette délégation rwandaise, les Congolais auraient dû se poser des questions. Surtout quand on sait qu’un récent rapport de l’ONU a révélé la présence des troupes rwandaises sur le territoire congolais. Hélas ! Ils ont préféré s’enfermer dans des débats stupides sur l’Union sacrée. Jusqu’à présent, personne n’a interpellé le gouvernement sur la présence des Rwandais sur le sol congolais. Les gens se battent pour savoir combien ils vont empocher en rejoignant ou non l’Union sacrée. D’autres (des journalistes et certains membres de la société dite civile) préfèrent se lancer dans le djalelo pour le compte de leur leader. Le Congo n’a que les politicards et les journaleux qu’il mérite.

Mais revenons à la rencontre entre le pouvoir congolais et l’imposante délégation rwandaise. Selon la presse présidentielle à Kinshasa, les Rwandais ont porté un « message spécial » du président Paul Kagame à Félix Tshisekedi. Le contenu de ce fameux message n’a pas été dévoilé, et la délégation rwandaise a été avare de commentaires à ce sujet. Mais quand on analyse la composition de cette délégation et les propos de Madame Soraya Hakuziyaremye, on comprend qu’il est question de coopération bilatérale entre Kinshasa et Kigali dans plusieurs domaines. Sur le plan sécuritaire, il n’y a pas de doute que Félix Tshisekedi va continuer à soumettre le Congo aux desiderata du Rwanda. Pour la petite histoire, il ne s’est jamais prononcé sur la présence des Forces de défense rwandaises sur le sol congolais. Plus intrigant, c’est la coopération économique et commerciale. Madame Soraya Hakuziyaremye a fait allusion à la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). Or la ZLEC ne peut profiter à la RDC dans les conditions actuelles. Ce qu’il va permettre, c’est la légalisation du commerce illicite des ressources naturelles congolaises. En soutenant ce projet, Félix Tshisekedi s’engage à légaliser et à légitimer l’exploitation illégale et le commerce des minerais à l’est de la RDC. Le Rwanda n’aura donc plus besoin de cacher ou de falsifier les chiffres de ses exportations d’or et de coltan congolais (pour ne citer que ces deux minerais), comme l’ont montré les experts de l’ONU, il y a deux ans.

La RDC est trop faible politiquement, économiquement et sur le plan sécuritaire. Elle n’aurait déjà pas dû adhérer à la ZLEC, qui est un projet certes ambitieux mais problématique à certains égards. Avec le renforcement des relations avec le Rwanda, c’est l’avenir du pays qui est compromis à moyen et à long terme. Parce qu’en l’état actuel de la situation, le Rwanda gagnera à tous les niveaux et à tous les coups. Un cadeau signé Félix Tshisekedi Tshilombo. À voir comment cet homme se comporte, c’est à se demander s’il n’est pas en service commandé pour le compte du Rwanda tout simplement. Même Joseph Kabila, qui est voué aux gémonies, n’est pas allé aussi loin…

Patrick Mbeko

Source: https://www.facebook.com/100008886482325/posts/2562618420711016/

ISHYAKA PS IMBERAKURI RIRASABA LETA Y’U RWANDA GUKURA ABASIRIKARE BAYO MU GIHUGU CYA REPUBULIKA Y’AFRIKA YO HAGATI

ITANGAZO N° 002/PS.IMB/NB/2021:’’ ISHYAKA PS IMBERAKURI RIRASABA LETA Y’U RWANDA GUKURA ABASIRIKARE BAYO MU GIHUGU CYA REPUBULIKA Y’AFRIKA YO HAGATI’’

Kuwa 21 Ukuboza 2020 , Umukuru w’Igihugu yagejeje ijambo ku Banyarwanda yerekana uko igihugu gihagaze.Muri iryo jambo yemeje ko u Rwanda rwohereje ingabo zarwo mu gihugu cya Repubulika y’Afrika yo Hagati mu rwego rwo kubungabunga umutekano.
Impamvu zikomeye zagarutsweho n’Umukuru w’igihugu mu gufata icyemezo cyo kohereza ingabo z’u Rwanda ni uko icyo gihugu cyari kirimo kwitegura amatora ya Prezida wa Repubulika mu gihe inyeshyamba zirwanya ubutegetsi zari ziyemeje kuyaburizamo.
Ishyaka PS Imberakuri riributsa ko ingabo z’u Rwanda ziri mu gihugu cya Repubulika y’Afrika yo Hagati kuva cyera nk’ingabo ziri mu butumwa bwa ONU mu rwego rwo kubungangabunga umutekano wabaye agatereranzamba kuva Prezida Francois BOZIZE yahirikwa ku butegetsi.
Abanyarwanda ndetse n’amahanga baje gutungurwa no kumva Umukuru w’igihugu ahamiriza u Rwanda ndetse n’isi ko ingabo z’umugereka Leta y’u Rwanda yohereje muri iyi minsi muri icyo gihugu bishingiye ku masezerano y’inyabubiri yo gutabarana yabaye hagati y’ibihugu byombi.
Ishyaka PS Imberakuri rirasanga ayo masezerano y’inyabubiri yo gutabarana Leta y’u Rwanda yagiranye n’igihugu cya Repubulika y’Afrika yo Hagati atarakozwe mu nyungu z’Abanyarwanda ahubwo, niba koko anariho, yarakozwe bishingiye gusa ku nyungu za politiki mpuzamahanga aho u Rwanda rushaka kwiyerekana nk’igihugu cy’igihangange gifite ubushobozi bwa gisirikare bwo gutabara aho rukomeye muri Afrika.
Ishyaka PS Imberakuri ritabiciye ku ruhande, rirasanga kohereza ziriya ngabo muri kiriya gihugu byafatwa nk’aho Leta y’u Rwanda yigerezaho kuko ishaka kwiha igihagararo kirenze ubushobozi ifite muri politiki mpuzamahanga dore ko n’ibintu bitangiye gukomera kuko amakuru atandukanye yerekana neza ko ingabo z’u Rwanda zatangiye kugirira akaga muri kiriya gihugu.
Ishyaka PS Imberakuri rirasaba Inteko Ishinga Amategeko y’u Rwanda gushyira mu gaciro aho gukomeza kuruca ikarumira,igatumiza Ministre w’Ingabo kugira ngo asobanurire Abanyarwanda iby’amasezerano y’inyabubiri Leta y’u Rwanda yagiranye na Repubulika y’Afrika yo Hagati yabaye nka ya mpamvu ingana ururo yatumye ingabo z’u Rwanda zoherezwa hutihuti muri kiriya gihugu none ubuzima bw’ abana b’u Rwanda bukaba buri mu kaga.
Ibyo ari byo byose,Ishyaka PS Imberakuri rirasanga Leta y’u Rwanda igomba gukura ingabo yohereje muri kiriya gihugu mu rwego rw’amasezerano y’inyabubiri yabaye hagati y’ibihugu byombi kuko Abanyarwanda ntabwo babyariye kumenera amaraso igihugu kitari icyabo n’ibiri amambu biragaragara ko ingabo z’u Rwanda zoherejwe mu buryo bunyuranyije n’imigenzo myiza iteganywa n’Umuryango w’Ubumwe bw’Afurika mu rwego rwo gukemura ibibazo by’umutekano dore ko hari n’ibihugu byo mu Karere Repubulika y’Afrika yo Hagati iherereyemo byamaganye ingabo z’u Rwanda rugikubita.
Koko rero, mu rwego rwo gukemura ibibazo by’umutekano byavutse mu gihugu iki n’iki cyangwa mu Karere aka n’aka ko muri Afrika,Umuryango w’Ubumwe bw’Afurika uteganya ko ibi bibazo bibanza bigakemurwa biciye mu nzira yumvikanyweho n’ibihugu bigize Akarere igihugu gifite ibibazo giherereyemo.Ku bireba igihugu cya Repubulika y’Afurika yo Hagati, ni Umuryango wa CEAC wagombaga kwiyambazwa ku ikubitiro. Kuba u Rwanda rwarohereje ingabo bidasabwe nibura n’uriya Muryango byafashwe nko kwihuruza ibi bikaba byitwa muri diplomasi kwivanga. Ibi byose bituma ingabo z’u Rwanda ziri muri kiriya gihugu zishobora kwibasirwa n’abenegihugu bacyo cyangwa n’izindi ngabo zikomoka mu bihugu byo muri kariya Karere kuko zifatwa nk’abacanshuro bakorera bimwe mu bihugu by’ibihangage birwanira igihagararo mu rwego rwa politiki mpuzamahanga.


Bikorewe i Kigali,kuwa 14 Mutarama 2021
Me NTAGANDA Bernard
Prezida Fondateri wa PS Imberakuri (Sé)

Génocide au Rwanda : une historienne controversée se retire de la commission sur le rôle de la France

Au sein de la communauté scientifique, on n’hésitait pas à parler de “l’affaire Julie d’Andurain”. L’historienne militaire, membre de la commission chargée de faire la lumière sur le rôle de la France au Rwanda lors du génocide de 1994, est accusée de parti pris. La commission a annoncé samedi 14 novembre dans un bref communiqué qu’elle avait “pris acte” de “la décision” de l’universitaire française de “se mettre en retrait” des travaux.

Polémique après un article du “Canard enchaîné”

D’après le communiqué, cette décision a été prise le 25 août, mais n’a été rendue publique que près de trois mois plus tard. L’annonce survient après la parution fin octobre d’un article du Canard enchaîné qui a déclenché la polémique. L’hebdomadaire a exhumé un texte de l’historienne sur l’opération Turquoise lancée par la France au Rwanda de juin à août 1994. La professeure y estimait notamment que “l’histoire rendrait raison” au bilan de cette opération controversée.

Après la publication de l’article du Canard enchaîné, plusieurs chercheurs et universitaires avaient dénoncé les “erreurs”, le “parti pris”, voire le “négationnisme” du texte de Julie d’Andurain. Ils avaient estimé qu’il discréditait le travail de la commission.

Le rapport attendu début avril

“Cette mise en retrait volontaire signifie que madame d’Andurain ne consulte plus d’archives, qu’elle ne participe plus aux réunions d’équipe et qu’elle ne contribue pas à la rédaction du rapport”, a expliqué à l’AFP l’historien Vincent Duclert qui préside la commission. “Le rapport sera remis le 5 avril au président Macron, lequel le rendra aussitôt public avec l’intégralité des sources in extenso, comme cela a toujours été décidé et annoncé”, a assuré le haut fonctionnaire.

Mise en place en avril 2019 par Emmanuel Macron, cette commission indépendante de 15 membres doit examiner les archives françaises relatives à l’implication politico-militaire de Paris au Rwanda entre 1990 et 1994. Le chef de l’Etat s’était engagé à cet accès facilité à de tels documents, en mai 2018, lorsqu’il avait reçu le président rwandais Paul Kagame à l’Elysée.

Les zones d’ombre sur le rôle de la France dans le génocide rwandais empoisonnent les relations entre Paris et Kigali depuis plus de 25 ans. Parmi les points les plus disputés figurent l’ampleur de l’assistance militaire apportée par la France au régime du président Habyarimana de 1990 à 1994, ainsi que les circonstances de l’attentat qui a coûté la vie au chef d’Etat, le 6 avril 1994, et déclenché le génocide.

Source: https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/rwanda/genocide-au-rwanda/genocide-au-rwanda-une-historienne-controversee-se-retire-de-la-commission-sur-le-role-de-la-france_4181143.html

France – Rwanda : une autre dette pour financer le luxe de Kagame ?

Le gouvernement français vient d’accorder au gouvernement rwandais un prêt de 40 millions d’euros et une subvention de 5.8 millions d’euros. Le prêt serait destiné à maîtriser les impacts du COVID-19, et la subvention, à l’enseignement de la langue française.

D’après notre analyse, ce dont le Rwanda a besoin n’est pas l’argent, car, rien sur cette planète n’égalera les sommes reçues par ce pays dans la reconstruction après la guerre de 1990 – 1994. Selon l’étude de la Banque mondiale, plus de 190 millions de dollars n’ont pas servi à ce qui était prévu et se sont retrouvés dans les paradis fiscaux. Billy NDENGEYINGOMA, le beau-fils de KAGAME, BUSIGNYE Johnson via son petit frère Denis KARERA, un autre haut gradé de l’armée et conseiller de KAGAME , détiennent des comptes cités dans ce scandale. Il y va sans dire les autres détournements scandaleux qui impliquent, notamment Bernard Makuza, ancien Président du Sénat; Dr Ndayambaje Irenée, Directeur général de REB; Dr Conco Jeanine, ancienne Directrice générale de RBC; Dr James Gashumba, Vice-Chancelier de Rwanda Polytechnic; Ing. Aimé Muzola, Directeur général de WASAC; Richard Gasana, Maire du District de Gatsibo; Ndayambaje Godefroid, Maire du District de Ngororero; Rutaburingoga Jérôme, Maire du District de Gisagara; Sebutege Ange, Maire du District de Huye; Habyarimana Gilbert, Maire du District de Rubavu; Espérance Mukamana, Directrice générale de RLMUA.

Kagame lui même n’aménage rien en se servant de ces fonds qui seront remboursés par le contribuable rwandais sans en avoir bénéficier. Les coûts de déplacements inutiles du Présidents ont été analysés par les experts:

Ce dont le Rwanda a besoin n’est pas l’argent, plutôt la bonne gouvernance.
En effet, bien que la pandémie COVID – 19 ait causé ses propres dégâts, force est de constater que ceux-ci auraient pu être évités dans un système politique avec des institutions fortes et un environnement socio-économique plus libre et propice à l’optimisation du potentiel national.

Afin de doter le pays de telles capacités, il faut:
1. L’ouverture de l’espace politique pour permettre à toutes les forces vives du pays de jouer leur rôle dans la refondation de la nation.
2. La proposition d’un gouvernement de transition qui ouvre les portes à l’opposition politique et tous les acteurs de la société civile avec la mission de préparer les élections démocratiques de 2024.
3. La restructuration des institutions de l’Etat pour en faire organes démocratiques, efficaces et opérationnels.
4. La refonte des forces de l’ordre du pays et création des services dignes de confiance, et qui reflètent la réalité de la société rwandaise.
5. La création des commissions distinctes chargées des questions diverses.

Lire la feuille de route pour la gouvernance du Rwanda après COVID-19

Chaste GAHUNDE

GIFR dénonce la complaisance du CAPS face à la dictature de Kagame

Communiqué N° GIFR 20-04-2020

Dans une note intitulée “L’effet pangolin : la tempête qui vient en Afrique ?”[1] et rendue publique par latribune.fr dans son édition du 01/04/2020, le Centre d’analyse, de prévention et de stratégie (CAPS) estime que la crise du Covid-19 pourrait être pour l’Afrique “la crise de trop, qui déstabilise durablement, voire qui mette à bas des régimes fragiles (Sahel) ou en bout de course (Afrique centrale)”.

Avant d’envisager des stratégies à adopter en cas de crise grave, d’effondrement des régimes politiques et des interlocuteurs pour la France, le CAPS établit une comparaison entre États dits fragiles (Sahel et Afrique centrale) et ceux considérés comme solides comme le Rwanda et le Sénégal.

Les membres du GIFR, Groupe d’Initiatives France Rwanda, apprécient la pertinence et l’opportunité de cette analyse qui vient à point nommé. Ils déplorent cependant son aveuglement vis-à-vis du Rwanda quand elle suggère à la France d’envisager des stratégies à adopter en cas de crise grave et d’effondrement des régimes politiques. Il est stupéfiant de voir une note du CAPS qualifier le Rwanda d’”État solide”. Les effets de cette manipulation scandaleuse ne se sont pas fait attendre car, au lendemain de cette sortie, l’Elysée a invité le dictateur Paul Kagame à participer à la vidéo-conférence dédiée aux chefs d’États africains triés sur le critère de viabilité de leur pays respectif. Or, personne au CAPS n’est en droit d’ignorer la situation qui prévaut dans ce pays sur les plans politique et socio-économique.

Politiquement, le Rwanda connaît une situation on ne peut plus explosive due non seulement à une gouvernance autocratique, au non-respect des libertés les plus fondamentales de la personne humaine mais aussi à des relations tendues avec ses voisins notamment l’Ouganda et le Burundi. La terreur qui règne dans le pays conduit d’innombrables ressortissants rwandais à prendre le chemin de l’exil pour ne pas être tués ou arrêtés arbitrairement. Si les plus chanceux peuvent prétendre à l’asile politique dans les pays lointains d’Asie, d’Europe et d’Amérique, le plus grand nombre s’entassent dans les pays de la sous-région comme l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie et le Kenya.

Ne pouvant se résoudre à une vie de misère, désireux de rentrer dans leur pays quel qu’en soit le prix, beaucoup de rwandais de l’extérieur ont déjà opté pour l’usage de la force en vue de renverser le pouvoir du FPR.

En définitive, parler de solidité pour un pays qui vit perpétuellement sous la menace d’une attaque armée nous parait quelque peu erroné.

La fragilité du pays réside aussi dans les inégalités chroniques entre différentes couches de la population rwandaise. La gestion calamiteuse des ressources, l’appropriation illégale des biens par les oligarques du pouvoir ont créé deux principales catégories dans le pays : une classe aristocratique qui vit dans une insolente opulence et une majorité de la population qui vit dans une misère sans précédent. Si rien n’est fait pour redresser la barre, pour arrêter les injustices, il est à craindre que, à la longue, la population se soulève contre ce pouvoir qui la maintient sous le joug. Cela constitue à nos yeux une sorte de bombe à retardement qui ne permet pas de classer le Rwanda parmi les pays solides en Afrique.

A la lumière de ces quelques éléments de mise au point, nous appelons les autorités diplomatiques de la France à revoir leur copie d’analyse en ce qui concerne le Rwanda, à classer le régime parmi les plus fragiles et à en tirer toutes les conséquences.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda, GIFR en sigle

Paris 20 avril 2020

[1] https://www.latribune.fr/economie/international/comment-la-france-imagine-une-possible-implosion-de-l-afrique-face-au-covid-19-844055.html