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Rwanda : un youtubeur critique du pouvoir arrêté et risque 10 à 25 ans de prison pour négation du génocide

Les autorités rwandaises ont annoncé lundi soir l’arrestation d’un youtubeur critique du pouvoir, accusé de négation du génocide de 1994, au cours duquel 800.000 personnes, majoritairement des Tutsi, ont été tuées.

Aimable Karasira, 40 ans, ancien professeur d’université, anime une chaîne YouTube suivie par 62.000 abonnés, sur laquelle il attaque régulièrement le gouvernement.

Ses prises de position sont radicales dans un pays où débattre publiquement de certains aspects du génocide est tabou. 

Kigali a souvent été critiqué par les groupes de défense des droits humains pour sa répression de la liberté d’expression et son utilisation des lois contre la négation du génocide pour envoyer ceux qui le critiquent en prison.

Aimable Karasira a commenté pendant des jours sur les réseaux sociaux le génocide de 1994 contre les Tutsi, affirmant qu’il n’était pas planifié et a semé la division parmi les Rwandais“, a déclaré dans un communiqué diffusé lundi soir le Bureau rwandais des enquêtes (RIB). 

S’il est reconnu coupable, Aimable Karasira encourt entre 10 et 25 ans de prison. Il a récemment été renvoyé pour “indiscipline” de l’Université du Rwanda, où il enseignait les technologies de l’information.

D’autres antécédents

Dans une vidéo du 20 mai, il critiquait le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir, l’accusant d'”alimenter la haine“, et remettait en cause certains aspects du génocide.

En septembre 2020, la police rwandaise avait menacé de l’arrêter et de le poursuivre après l’interview d’un ancien candidat à la présidence, Fred Barafinda Sekikubo, également critique du gouvernement.

YouTube est très populaire au Rwanda, où le contrôle des médias est strict, et plusieurs personnes s’exprimant sur cette plateforme ont été arrêtées ces dernières années. 

En mars, Yvonne Ndamange a ainsi été détenue pour avoir appelé sur YouTube à des manifestations contre la “dictature” du président Paul Kagame. 

Innocent Bahati, qui a publié sur la plateforme des poèmes critiquant le gouvernement, est porté disparu depuis le 7 février. Selon l’ONG Human Rights Watch, sa disparition devrait être considérée comme “suspecte“, M. Bahati ayant été plusieurs fois détenu pour ses prises de position.

Belga

RDCongo – Rwanda : Prof Auguste MAMPUYA réagit aux propos de Paul Kagame.

Par son arrogance, Kagame ne mérite aucun ménagement

7SUR7

La dernière déclaration du président rwandais Paul Kagame sur les crimes commis à l’Est en République démocratique du Congo continue à susciter des réactions au sein de l’opinion nationale. 

En effet, lors d’une interview accordée à deux médias français lundi dernier, en marge du sommet de Paris sur les économies africaines, le chef de l’État du Rwanda a déclaré qu’il n’y a pas eu des crimes commis par des armées étrangères dans les Kivus. Pour lui, c’est la “théorie du double génocide qui est à l’œuvre“. Il avait aussi qualifié le Prix Nobel de la paix 2018, le docteur congolais Denis Mukwege, qui réclame l’application du rapport Mapping, de quelqu’un manipulé par des “forces obscures”.

Ces propos ne sont pas passés inaperçus en RDC. Ils ont suscité de l’indignation et de l’émoi auprès des congolais. Certains ont appelé à des manifestations devant l’ambassade du Rwanda à Kinshasa. Dans une interview accordée à 7SUR7.CD ce samedi 22 mai 2021, le professeur Auguste Mampuya est revenu sur ce sujet. Il a affirmé que Paul Kagame, par son “arrogance, ne mérite aucun ménagement“. Dans cette interview, le constitutionnaliste revient sur les raisons de l’échec pour le moment d’attraire devant la justice internationale le Rwanda contrairement à l’Ouganda. Quant à la réaction officielle, le professeur la trouve pas assez large car le ministère des affaires étrangères ainsi que les deux chambres du Parlement devraient aussi réagir, pas seulement le président de la République.

Ci-dessous l’intégralité de cette interview.

7SUR7 : Tout le monde sait que le Rwanda était avec l’Ouganda dans l’agression que notre pays a subie en 1998, peut-être même en y jouant le rôle de locomotive. Mais tout le monde est également étonné que seul l’Ouganda ait été jugé par la justice internationale. Qu’est ce qui explique que le Rwanda échappe ainsi à la justice ?

AM : C’est une situation qui a énervé beaucoup de gens, en premier les victimes congolaises de l’Est de notre pays, de voir que l’un de nos deux agresseurs de 1996 et de 1998, sans doute le plus grand, n’ait pas été inquiété par la justice internationale, ni pour les crimes commis par ses armées (responsabilité de jus in bello) ni pour l’agression elle-même (responsabilité de jus ad bellum). Mais, tous les internationalistes savent que si les décisions de la justice internationale sont obligatoires pour les parties ayant comparu devant elle pour un différend qui les oppose, aucun Etat n’est cependant obligé de répondre devant les instances judiciaires internationales, en particulier la Cour internationale de justice de La Haye, sans son consentement,  soit en reconnaissant à l’avance que les différends entre lui et d’autres Etats soient soumis à la Cour soit qu’à la survenance d’un différend son consentement à soumettre ce dernier à la Cour soit sollicité et obtenu notamment par l’autre partie au différend. Dans notre cas, si  la RDC a prouvé sans contestation aucune que l’Ouganda avait reconnu la compétence de la Cour pout tout différend, il ne réussit pas à le faire pour le Rwanda. En effet, lors d’une première requête, il fut manifeste que, en l’absence d’une déclaration d’acceptation de la compétence obligatoire de la Cour, celle-ci ne pouvait pas être valablement saisie et être compétente pour en juger ; tandis qu’à une deuxième requête (2002), la RDC fit appel à plusieurs traités et conventions comprenant une clause de reconnaissance de la compétence de la Cour et qui liaient les deux Etats, il se trouva qu’à chaque fois le Rwanda avait exclu la clause compromissoire reconnaissant la compétence de la Cour internationale de justice. C’est ainsi que, à la différence du cas de l’Ouganda, cette Cour n’a pas pu connaître judiciairement du cas d’agression dont tous les Congolais accusent encore le Rwanda.

7SUR7 : L’impunité du Rwanda est donc irréversible ? On ne peut plus rien faire pour rattraper la situation ? Faiblesse diplomatique ?

AM : La Cour internationale de justice n’est pas l’unique cadre de règlement pacifique des différends entre Etats. Il y a avant tout le cadre diplomatique, les deux Etats discutant de leurs relations et s’accordant à en régler tel aspect par la négociation. Concrètement, la RDC, au cours d’une telle éventuelle négociation, mettrait cet aspect de la responsabilité et des réparations sur la table pour amener le Rwanda à reconnaître sa responsabilité et à accepter de réparer. L’occasion nous en avait été donnée lors de la conclusion des deux « accords de paix », l’accord de Pretoria (30 juillet 2002) avec le Rwanda, et l’accord de Luanda (6 septembre 2002) avec l’Ouganda, mais ces aspects n’y furent pas évoqués. Je connais personnellement les négociateurs congolais de ces accords, je ne crois pas que ce fut par ignorance, mais la RDC négociait en position de faiblesse, avec une bonne partie du territoire encore occupée par les armées des deux Etats, vainqueurs triomphants défiant l’ONU et l’UA, une armée à sa propre recherche et un gouvernement vacillant ; les deux accords se limitèrent à envisager les conditions de l’évacuation du territoire congolais, celui de Pretoria n’évoquait même pas quelque litige que ce soit, tandis que celui de Luanda parlai dans l’une de ses dispositions des « relations judiciaires » mais se contenta de les renvoyer à des recherches d’arrangements à l’amiable, qui n’eût pas lieu. Aujourd’hui il est sans doute trop tard pour une telle voie, difficile d’identifier les autorités congolaises qui, dans le rapport de force actuel, toujours défavorable à notre pays, seraient capables de convaincre diplomatiquement un Kagamé hautain et supérieur pour qu’il s’humilie à accepter qu’il a commis une agression en RDC et y a commandité des centaines de crimes internationaux.
Une autre possibilité de recourir à la Cour de La Haye existe. En effet, avec un Etat dans la situation du Rwanda n’ayant pas reconnu la compétence de la Cour, le Règlement de celle-ci prévoit que la RDC, en l’occurrence, pourrait solliciter et obtenir du Rwanda son consentement pour que le différend soit malgré tout soumis à la Cour. Avec le caractère exécrable de nos relations en ce moment, avec le mépris maintes fois exprimé de Kagamé à l’égard de la RDC tout en fricotant avec certaines de ses autorités, sauf véritable délivrance et guérison miraculeuse du maître du Rwanda, cette éventualité est difficilement envisageable, alors que Kagamé dit à la ronde n’avoir rien fait de mal en RDC. 

7SUR7 : Comment jugez-vous les derniers incidents en marge de la conférence de Paris ?

AM : Après avoir fait chanter Paris depuis des années et avoir vu la France, réagissant mal à ce que tout l’Occident avait considéré comme un remord collectif, une sorte de sourde culpabilité, a fini par donner à Kagamé ce qu’il voulait, l’humiliation de la France, en tout cas ressenti comme tel par nombre de milieux français, pour avoir mené une opération décidée par la communauté internationale à travers le Conseil de sécurité. On connaîtra peut-être plus tard quels intérêts, au regard de ce que peut offrir la RDC, les dirigeants actuels de la France visent dans la relation dorénavant privilégiée avec le Kigali d’un certain Kagamé ; coup supplémentaire, alors que notre Chef était encore à Paris, le Président Macron annonçait avec fierté son voyage au Rwanda à fin mai, où il aura 
Quant à Kagamé, il est une montagne de mépris et d’arrogance, surfant sur un fonds de commerce commode et apitoyant, le génocide rwandais de 1994, il a profité d’une sorte de mauvaise conscience ressentie par la communauté occidentale pour son impuissance lors du déclenchement du génocide ; il en a obtenu une sorte de forfait, à mon avis injustifié, de sympathie des Occidentaux prêts à lui tout pardonner et lui tout permettre, au point de longtemps minimiser les malheurs que Kagamé avait fait subir à la RDC et à son peuple. Un homme qui a exploité le malheur de ses compatriotes pour en faire un background fructueux pour son ascension personnelle vers un pouvoir dictatorial sans partage ; on lui a tout permis, on a multiplié les dons et les investissements, on a fait fi des droits de l’homme et des droits politiques qu’il ignore totalement, excusé les crimes de sang qui ont accompagné cette ascension, certains commis sur le territoire d’autres Etats souverains… Du haut du piédestal qu’il s’est ainsi donné, il traite le Congo avec mépris, s’attribuant le pouvoir de considérer selon ses propres critères les dirigeants congolais, sans jamais manquer l’occasion d’égratigner le peuple lui-même. Qu’une telle masse d’orgueil et d’arrogance, jouissant de l’impunité garantie par les puissances favorables, nie toute existence de crimes à l’Est de la RDC ne peut surprendre que des naïfs. Alors que nous ne cessons nous-mêmes de répéter que nos relations avec le Rwanda sont très bonnes, qu’on est entre frères, que nous laissons entendre même que nos agresseurs impénitents, Rwanda et Ouganda, sont aujourd’hui en train de « nous aider » pour la pacification de l’Est, oubliant que pyromanes-pompiers, ça existe. Je voudrais juste dire comment nos attitudes floues ou ambiguës sont exploitées par ces adversaires, ennemis de guerre avérés. L’Ouganda n’a pas raté l’occasion de fanfaronner que c’est grâce à lui que le cas M23 fut réglé, qu’il joue un rôle décisif pour la pacification de l’Est, et, pays sous-développé qu’il est, fait état de projets de développement qu’il va mener pour l’Est de la RDC.
Tout patriote devrait non pas se sentir mais se dire indigné et l’exprimer haut et fort, tout en étant conscient que ces pays sont des voisins mais sans plus, sans nous laisser berner par des expressions genre « frères et amis », et n’y voir que des Etas étrangers dont les relations avec nous sont soumises au droit international, comme avec tous les autres, au droit de l’Union africaine et aux us et coutumes diplomatiques qui, malgré les conventions de Vienne, portent au frontispice le principe de réciprocité. 

7SUR7 : Quelle aurait dû être la réaction des autorités congolaises ?

AM : Une première réaction. On dirait que nous sommes quelque peu timides ou comme bloqués ; si les diverses franges de l’opinion publique réagissent, du côté des autorités tout le monde attend que ce soit uniquement le PR. Pourtant le ministère des affaires étrangères et les deux chambres à travers leurs commissions chargées des relations extérieures peuvent agir, séparément ou ensemble par exemple par l’audition du ministre par telle commission. Deuxième observation, le seul Président de la République qui s’est prononcé, sans être relayer par le gouvernement, dont c’est le rôle, a, selon moi, non pas réagi mais répondu à la substance des propos fallacieux du maître absolu de Kigali, à savoir en rétablissant la vérité qu’il y a eu des rapports internationaux attestant l’existence de crimes étrangers en RDC et que le Dr Mukwege est une valeur nationale à laquelle est attaché tout Congolais. Mais selon moi, nous n’avons pas à nous dissimuler derrière des rapports internationaux, des massacres ont eu lieu dans des villages, des millions de vies ont été fauchées, des fosses communes et autres charniers ont été découverts, des entreprises et des ressources ont été pillées, nos victimes existent, tout cela parle et témoigne, ces associations des victimes si nombreuses dans l’Est ce n’est pas du théâtre de chez-nous ; il y a donc, au-delà des rapports, des preuves humaines et matérielles, qui ont creusé de véritables sillons dans la chaire des Congolaises et des Congolais. J’avoue qu’on aurait dû sentir et savoir que, comme le vit aujourd’hui le Congolais, si les relations avec le Rwanda étaient jusque-là bonnes, elles viennent d’en prendre un coup, qu’elles ne peuvent plus, comme on dit diplomatiquement, être « au beau fixe », que quelque chose a changé depuis ce jour-là. Certains expliquent qu’il a fallu « faire de la diplomatie » ! Kagamé, lui, la diplomatie il ne connaît pas, agresseur ayant impunément versé notre sang, il ne comprend pas la courtoisie diplomatique, sans quoi il n’aurait pas fait ce que consciemment et volontairement, il a fait à Paris, à quelques encablures de notre Président et, donc, l’insultant par l’humiliation, sans s’embarrasser de diplomatie. D’ailleurs la diplomatie, avec tous ses usages feutrés et parfois hypocrites, n’a jamais signifié abaisser les autres ou se laisser abaisser par d’arrogantes provocations ; sans nécessairement menacer des plaies et des bosses, c’est vrai, il faut être diplomate, en fait ça signifie « un poing de fer dans un gant de velours », fermeté « civilisée » mais fermeté, sans jamais céder sur l’honneur national, nombre de guerres dans l’histoire ont été justifiées par la défense de l’honneur, afin que non seulement l’Etat, la RDC, mais aussi les Congolais qui savent qu’ils sont sous la protection de nos autorités, le sentent, savoir et sentir ce n’est pas la même chose, c’est comme dans l’amour chacun sait que l’autre l’aime parce qu’ils se sont mis ensemble mais il doit le sentir ; ainsi les Congolais seront fiers de savoir et sentir que leurs autorités jouissent de la considération des voisins, y trouvant un supplément de force pour agir. Au Rwanda toute tentative de ce qu’ils appellent « négationnisme » entraîne emprisonnement et mort ; que Kagamé pratique du négationnisme au sujet des pires crimes internationaux attestés et vérifiés par la Cour internationale de justice (CIJ) concernant l’Ouganda, co-auteur des mêmes faits que le pays de Kagamé qui en était le principal maître d’œuvre, et reconnus vis-à-vis du Rwanda dans l’ordonnance de la même Cour sur les mesures conservatoires, ça mérite au moins de la fermeté diplomatique et les réactions civiques d’indignation nationale et de dénonciation. Je crois que c’était là l’occasion de convoquer aux Affaires étrangères cet autre arrogant, Karega, qui a  provoqué et irrité plusieurs fois notre peuple, qui laisse pratiquement entendre que d’être né au Congo et d’avoir bénéficié du système d’instruction congolais lui permet de se conduire en seigneur ; ce peut être également l’occasion de rappeler sine die « pour consultation » notre ambassadeur à Kigali… On devrait laisser librement manifester les Congolais indignés ainsi que les associations des victimes du Rwanda organisées dans tout l’Est, etc. Par ailleurs, c’est l’opportunité d’une véritable « union sacrée de toute la nation » dans l’épreuve, pas des coalitions politiciennes pour le partage et la confiscation du pouvoir ; du coup une telle union est hélas impossible. 

7SUR7 : Justement par rapport à l’Est, que pensez-vous de l’état de siège proclamé récemment ?

AM : L’état de siège fait partie de l’arsenal à la disposition des autorités pour faire face à certaines situations sécuritaires et politiques caractérisées. Le Chef de l’Etat n’a donc pas eu tort d’y recourir, même si sur le plan juridique, le juriste sourcilleux que je suis et je ne cesserais d’être contre vents et marées, aurait à dire. Une bonne décision, à laquelle malheureusement le système de gouvernance politique, d’exclusion, ne permet pas  de bénéficier du nécessaire soutien de tous. Nous, nous sommes quelques-uns à avoir une véritable vision, désintéressée, impersonnelle, progressiste et moderne, celle d’une démocratie, souvent dite « consociative » ou « consensuelle » mais que dorénavant nous appellerons simplement « démocratie inclusive », dont nous avons conçu tout le schéma opératoire et dont la mise en œuvre mettrait fin à toutes les pitreries politiciennes qui distraient la nation et n’amusent que les  politiciens. Il reste que la nomination de généraux pour remplacer les autorités civiles provinciales, ainsi que la neutralisation des autres institutions provinciales, suspendant ainsi un bon pan de notre constitution et du régime politico-administratif qu’elle a mis en place, doivent vite être accompagnées de mesures de terrain en termes de lutte contre les groupes armés pour les éradiquer. La seule déclaration de l’état de siège, qui ne fait qu’installer un cadre, ne saurait remplacer cette politique de terrain, même si tout le monde n’est pas capable de voir quelles actions, nécessairement militaires et sécuritaires, ne pouvant pas être menées auparavant pour intensifier la lutte contre ces groupes armés ne peuvent être décidées et menées que grâce à l’état de siège, augmentant la puissance de feu et les capacités stratégiques et tactiques de nos forces armées pour en finir avec les malheurs de notre peuple dans l’Est…

7SUR7 : Un petit saut en politique. Parlons de la proposition de réforme de la nationalité.

AM : Sans doute résultat d’un calcul bassement politicien dans lequel le peuple n’a rien à gagner, juste pour écarter tel ou tel candidat ; c’est dégoûtant et ridicule. Une conception surannée, rétrograde et anti développement. On n’y pense pas du tout, mais personne ne se demande quelle serait la validité constitutionnelle d’une telle option. En effet, la constitution du 18 février 2006, encore en vigueur malgré les multiples coups de canif qu’elle reçoit, précise au deuxième alinéa de son article 10 que « La nationalité congolaise est soit d’origine, soit d’acquisition individuelle », étant entendu que la nationalité d’acquisition est essentiellement celle par naturalisation (outre le mariage, l’adoption…), quant à la loi qui règle la problématique de la naturalisation, si elle parle de « petite » et « grande » naturalisation, elle ne prévoit nulle part la notion de « Congolais de père et de mère » même s’il est présumé que celui dont tous les deux parents sont congolais est bien évidemment congolais, mais on y parle d’enfant de parents congolais ou dont l’un des parents est congolais… On devrait s’habituer à vérifier la constitutionnalité de la loi électorale, en particulier concernant sa conformité à ces dispositions, ne devant pas inventer de nouvelles catégories de Congolais, mais aussi sa conformité à l’article 13 qui dit : « Aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique ». J’affirme qu’une telle loi serait contraire à la constitution de la République. Par ailleurs, politiquement elle ouvrirait dangereusement la boîte de Pandore, sans que les apprentis sorciers qui en rêvent ne puissent nous dire ce qu’on pourrait y découvrir, de dangereux ou d’inattendu ou d’imprévu ou de… non souhaité. Il est encore temps d’arrêter la…tentation.

Propos recueillis par Israël Mutala

7sur7.Cd

RDC : Félix Tshisekedi décrète un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri

Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a décrété vendredi 30 avril un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri. Cette décision a été prise « au regard de la gravité de la situation dans ces deux provinces conformément à l’article 85 de la constitution », a annoncé le ministre de l’Information et des Médias, Patrick Muyaya, tard dans la soirée à la télévision officielle (RTNC) lors de la lecture du compte rendu du premier conseil des ministres.

L’état de siège a été décrété après concertation entre le chef de l’Etat et le conseil supérieur de la défense, constitué notamment du premier ministre et des deux présidents des deux chambres du parlement.

Une ordonnance présidentielle sanctionnant cette décision sera rendue public dans les prochaines heures, a précisé Patrick Muyaya. Selon lui, l’objectif poursuivi est de mettre rapidement fin à l’insécurité qui décime quotidiennement la population locale.

Source : Radio Okapi

RBB exige la libération immédiate et sans conditions de Madame Yvonne Iryamugwiza Idamange.

Communiqué sur la situation sécuritaire de Madame Idamange Yvonne.


Usant de sa liberté d’expression, Madame Yvonne Iryamugwiza Idamange a publié des vidéos sur sa chaîne YouTube dans lesquelles elle s’est montrée critique des mesures impopulaires prises par le gouvernement de Kigali pour contrer la pandémie du Covid-19. Elle a ensuite subi de nombreuses menaces de mort à peine voilées de la part de personnalités du régime qui l’ont qualifiée d’Interahamwe et de négationniste, alors qu’elle est elle-même une rescapée du génocide. Son enfant mineur a même été porté disparu pendant vingt-quatre heures avant d’être retrouvé vivant. Il a confirmé avoir été séquestré par la police rwandaise.

Le matin du 15 février 2021, sur sa chaîne YouTube, Madame Idamange a diffusé une autre vidéo dans
laquelle elle a dénoncé le harcèlement, l’intimidation et les menaces de mort dont elle a été l’objet de
la part de la police rwandaise. Aussitôt après avoir délivré son message, elle a été violemment
attaquée à son domicile puis arrêtée arbitrairement par un groupe d’agents de police.

Connaissant les méthodes criminelles du régime de Kigali à l’égard de toute voix critique, le Cadre de
Concertation – Rwanda Bridge Builders (RBB) – craint le pire et voudrait attirer l’attention de la
communauté internationale sur les atteintes à la sécurité de Madame Idamange.

Le Cadre de concertation met en garde le régime de Kigali sur son modus operandi consistant à tuer
ses opposants en faisant croire à l’opinion qu’ils se sont suicidés.
Le Cadre de Concertation – Rwanda Bridge Builders (RBB) – demande particulièrement aux pays qui
soutiennent financièrement le régime de Kigali d’exercer des pressions sur le gouvernement rwandais, afin qu’il cesse de harceler et d’intimider cette mère de 4 enfants.
Le Cadre exige la libération immédiate et sans conditions de Madame Yvonne Iryamugwiza Idamange,
afin qu’elle continue de jouir sans entraves de ses droits fondamentaux. En tout état de cause, le
régime de Kigali sera tenu responsable de tout ce qui pourrait arriver à Madame Yvonne Idamange.

C’est ici l’occasion de rappeler qu’un autre activiste de la réconciliation nationale, le poète Innocent Bahati est toujours porté disparu depuis une semaine, après un rendez-vous avec un agent de la police rwandaise.
Cette campagne de terreur arrive au moment où les Rwandais commémorent la mort de l’artiste chanteur Kizito Mihigo, chantre de la réconciliation nationale, lui aussi assassiné il y a un an jour pour jour par le régime de Paul Kagame. Le 17 février 2020, la police avait annoncé la mort de Kizito Mihigo, arrêté trois jours plus tôt aux motifs qu’il se préparait à fuir le pays. Le porte-parole de la police rwandaise avait ensuite prétendu que le chanteur s’était suicidé dans sa cellule, au poste de police de
Remera, à Kigali.

Malgré l’insistance de plusieurs organisations rwandaises et internationales de défense des droits
humains, le gouvernement rwandais s’est toujours opposé aux demandes d’une enquête internationale
indépendante pour identifier les vraies circonstances de l’assassinat de notre héros national, Kizito Mihigo.


Fait le 15 février 2021.

Les signataires :

  1. Action citoyenne pour la Paix
  2. Amahoro-PC
  3. Association des rescapés du génocide des réfugiés rwandais au Congo (Ex-ZaïreRDC) ARGR-
    Intabaza
  4. Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)
  5. Comité pour l’Unité, la Paix et la Réconciliation au Rwanda (CUPR)
  6. Congrès rwandais du Canada (CRC)
  7. Convention Nationale Républicaine (CNR-Intwari)
  8. Comité de Suivi de la Problématique des Réfugiés Rwandais (CSPR)
  9. COVIGLA, Collectif des victimes des crimes de masse commis dans la région des grands lacs
    africains
  10. Democratic Rwanda Party, DRP-ABASANGIZI
  11. FDU-Inkingi
  12. Fondation Ibukabose-Rengerabose, Mémoire et Justice pour tous
  13. Global Campaign for Rwandans Human Rights
  14. Global Voice of Rwandan Refugees (GVRR)
  15. Groupe d’initiative France-Rwanda (GIFR)
  16. Inganzo Gakondo
  17. Initiative du Peuple pour l’Alliance Démocratique (IPAD-Umuhuza)
  18. Initiative Humanitaire pour la région des grands lacs (IHRGL)
  19. Initiative HUMURA
  20. Institut Seth Sendashonga pour la Citoyenneté Démocratique ISCID asbl
  21. JAMBO asbl
  22. Liberté d’Expression Culture et Paix, LECP Info
  23. Mouvement Républicain pour la Paix et le Progrès, MRP
  24. NSADO Norway
  25. Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda (ODHR)
  26. Organization for Peace, Justice and Development in Rwanda and Great Lakes Region (OPJDR)
  27. Pacte Démocratique du Peuple (PDP-IMANZI)
  28. PS Imberakuri
  29. Réseau International pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Rwanda
    (RIPRODHOR)
  30. RNC-Ihuriro
  31. Rwanda National Forum (RNF)
  32. Rwandan Alliance for the National Pact (RANP-Abaryankuna)
  33. Rwandan American Youth Association
  34. Rwandan Platform for Dialogue, Truth, and Justice (RDTJ)
  35. RFN NORWAY, FORUM RWANDAIS NORVEGE
  36. United Freedom Fighters (UFF-INDANGAMIRWA)
    RBB Contact address: rwandabridgebuilders@gmail.com

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Rwanda : Paul Rusesabagina a été victime d’une disparition forcée

Les violations des droits de cet opposant soulèvent des craintes quant à la possibilité d’un procès équitable

(Nairobi, le 10 septembre 2020) – L’arrestation par le gouvernement rwandais de Paul Rusesabagina, personnalité connue pour ses critiques du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir, a constitué une disparition forcée et une grave violation du droit international. Le Rwanda devrait immédiatement accorder à cet opposant l’accès à un avocat de son choix, des échanges confidentiels, ainsi que la possibilité d’être en contact régulier avec sa famille. Les autorités devraient lui permettre d’exercer rapidement son droit de contester la légalité de son arrestation, et d’être représenté par un avocat de son choix devant un tribunal indépendant appliquant les normes internationales en matière de droits humains.

Paul Rusesabagina s’est enfui en Belgique en 1996. Il est aujourd’hui citoyen belge et réside aux États-Unis. Le 27 août 2020, il voyageait entre les États-Unis et Dubaï, aux Émirats arabes unis. Des membres de sa famille ont déclaré à Human Rights Watch avoir échangé des messages WhatsApp avec lui ce soir-là, n’avoir pu le contacter de nouveau et n’avoir rien su de ce qui lui était arrivé jusqu’à ce que, le 31 août, le Bureau d’enquêtes rwandais (Rwanda Investigation Bureau, RIB) annonce qu’il détenait Rusesabagina à Kigali, au Rwanda. Sa famille n’a pu lui parler que le 8 septembre.

« Les antécédents du Rwanda dans l’utilisation de méthodes illégales et interlopes pour cibler ceux que le parti au pouvoir perçoit comme une menace sont bien connus », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Le fait que le Rwanda n’ait pas appréhendé Paul Rusesabagina en utilisant une procédure d’extradition légale suggère que les autorités ne pensent pas que leurs preuves ou les garanties d’un procès équitable résisteraient à l’examen d’un tribunal indépendant, les amenant à choisir de contourner l’état de droit ».

Human Rights Watch s’est entretenu avec trois membres de la famille de Rusesabagina et avec l’un de ses avocats, et a examiné les informations accessibles au public, notamment les données des vols entre Dubaï et Kigali et les entretiens accordés par le président Paul Kagame et par le porte-parole du RIB.

Rusesabagina est surtout connu comme étant l’ancien patron de l’hôtel des Mille Collines, un établissement de luxe du centre de Kigali où des centaines de personnes sont venues chercher protection pendant le génocide de 1994 au Rwanda. Après le génocide, craignant pour sa sécurité, il a fui le Rwanda. Par la suite, il est devenu un détracteur féroce du gouvernement rwandais et a cofondé le Mouvement rwandais pour le changement démocratique, le MRCD, une coalition de groupes d’opposition, dont la branche armée est connue sous le nom de Forces de libération nationale (FLN). Les FLN ont revendiqué plusieurs attaques dans la province du Sud, au Rwanda, depuis 2018.

Plus de 10 jours après que le Rwanda a reconnu que Rusesabagina avait été arrêté, les autorités n’ont toujours pas fourni un compte rendu cohérent ou complet de la manière dont il avait été appréhendé puis détenu. En particulier, les autorités rwandaises n’ont pas révélé qui l’avait placé sous sa garde depuis son appréhension à Dubaï le 27 août jusqu’à sa réapparition à Kigali le 31 août.

Rusesabagina a parlé au téléphone à trois membres de sa famille le 8 septembre. L’un des membres de sa famille a déclaré à Human Rights Watch qu’ils craignaient que Rusesabagina ne puisse s’exprime librement parce que deux avocats qui ne font pas partie de l’équipe de défense qu’ils ont constituée étaient présents lors de cette conversation. Des membres de la famille ont également déclaré que ces deux avocats étaient présents lors d’une visite d’un représentant du consulat belge le 7 septembre.

Il est difficile de savoir si Rusesabagina a eu accès à un avocat de son choix, les autorités rwandaises ayant confirmé aux médias qu’elles avaient refusé un avocat qui s’était présenté comme étant autorisé par la famille de Rusesabagina à le représenter.

Les membres de la famille de Rusesabagina ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils craignaient que Rusesabagina ne reçoive des médicaments différents de ceux qu’il prend habituellement pour traiter ses problèmes de santé.

Les autorités rwandaises ont d’abord déclaré qu’elles avaient arrêté Rusesabagina grâce à la coopération internationale, mais le 8 septembre, elles ont semblé faire marche arrière, suggérant qu’elles étaient seules responsables de l’arrestation de Rusesabagina et que d’autres pays n’avaient aidé le pays que pour de précédentes enquêtes. Si tel est le cas, cela signifie que des agents rwandais opéraient sur le sol des Émirats pour le capturer.

Un responsable anonyme des Émirats cité dans un article de CNN a déclaré que Rusesabagina avait quitté le pays « légalement » à bord d’un jet privé pour le Rwanda plusieurs heures après son arrivée aux Émirats. Radio France Internationale a confirmé qu’un avion Bombardier Challenger 605 appartenant à la société Gainjet – qui a un bureau à Kigali et qui est régulièrement utilisée par des responsables rwandais, notamment par le président – a quitté l’aéroport international Al Maktoum de Dubaï vers 1h du matin le 28 août et est arrivé à l’aéroport de Kigali quelques heures plus tard.

Le 6 septembre, le président Kagame a nié toute allégation d’enlèvement : « Il n’y a pas eu de kidnapping. Aucun acte répréhensible n’a été commis dans le processus qui l’a mené ici ».

Alors qu’il était détenu au poste de police de Remera, Rusesabagina a été présenté pour un entretien à The East African le 3 septembre, au cours duquel il a refusé de répondre aux questions sur son arrestation et sur son arrivée au Rwanda. Dans son entretien avec The East African, Rusesabagina a déclaré qu’il avait accès à de la nourriture, des médicaments, une assistance médicale et qu’il était en train de choisir son avocat. Le fait qu’une personne soupçonnée d’une infraction pénale accorde une interview « exclusive » à la presse avant d’avoir accès à ses avocats, aux services consulaires ou à des contacts avec sa famille est extrêmement suspect, a déclaré Human Rights Watch.

Les autorités rwandaises devraient fournir de toute urgence un compte rendu complet et corroboré de la façon dont Rusesabagina a été appréhendé et transféré au Rwanda, a déclaré Human Rights Watch. Sur la base des recherches de Human Rights Watch qui s’appuient sur des informations accessibles au public, Rusesabagina était détenu par les Rwandais ou leurs intermédiaires dès la nuit du 27 août, alors que sa détention n’a été reconnue par les Rwandais que le 31 août, ce qui signifie que sa disparition forcée a duré au moins trois jours.

Quand des autorités privent une personne de sa liberté et refusent de reconnaître sa détention, ou cachent l’endroit où elle se trouve, elles procèdent à une disparition forcée, qui est un crime prohibé en toutes circonstances au regard du droit international. Les personnes impliquées et responsables de tels actes devraient être tenues pénalement responsables, a déclaré Human Rights Watch.

La détention légale et le transfert d’un suspect d’un pays à un autre pour des poursuites pénales devraient être exécutés dans la cadre d’une procédure d’extradition supervisée par un tribunal indépendant pour vérifier la légalité de la demande d’extradition et déterminer si les droits du suspect, notamment le fait d’être protégé contre les traitements inhumains et de bénéficier d’une procédure régulière et d’un procès équitable, seront garantis. Le fait que les autorités rwandaises aient contourné la procédure légale d’extradition de Rusesabagina remet sérieusement en cause la légitimité et la bonne foi qu’ils revendiquent dans leurs efforts pour engager des poursuites contre lui.

En vertu de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (la « Convention contre la torture »), ratifiée par le Rwanda et les Émirats arabes unis respectivement en 2008 et 2012, nul ne peut être envoyé dans un pays où il y a des motifs sérieux de croire qu’il pourrait être torturé ou maltraité. Cette obligation a été interprétée comme obligeant les gouvernements à fournir un mécanisme permettant aux personnes de contester les décisions de les transférer vers un autre pays.

Les autorités belges devraient de toute urgence mener à bien une enquête sur le transfert de Rusesabagina au Rwanda et publier leurs conclusions sans délai, a déclaré Human Rights Watch.

« Le traitement de cette affaire par les autorités rwandaises jusqu’à présent a fait fi de bon nombre de protections prévues par le droit international, suscitant de sérieuses craintes quant au bien-être de Rusesabagina et au respect de son droit à un procès équitable au Rwanda », a déclaré Lewis Mudge. « La gravité des accusations qui pèsent contre Rusesabagina ne donne pas aux autorités rwandaises le droit de recourir au crime de disparition forcée et d’ignorer la régularité des procédures ainsi que les normes internationales d’équité des procès ».

Inquiétudes quant à l’équité du procès d’un opposant de longue date

Au fil des ans, Rusesabagina est devenu une personnalité connue pour ses critiques du Front patriotique rwandais et a accusé Kagame d’armer des milices secrètes. En décembre 2018, Rusesabagina a dénoncé le gouvernement de Kagame dans une vidéo sur YouTube et a appelé à « user de tous les moyens possibles pour provoquer le changement au Rwanda, car tous les moyens politiques ont été essayés et ont échoué ». Dans la vidéo, il promet un « soutien sans réserve » aux FLN, la branche armée du MRCD. Depuis 2018, les FLN ont revendiqué plusieurs attaques autour de la forêt de Nyungwe, dans la province du Sud, près de la frontière avec le Burundi.

En avril 2019, les autorités judiciaires rwandaises ont confirmé que Callixte Nsabimana (également connu sous le nom de « Sankara »), un chef du mouvement et porte-parole des FLN, était sous leur garde, plusieurs semaines après avoir été porté disparu par sa famille. Sa famille a déclaré aux médias qu’il avait été enlevé aux Comores, alors que les autorités rwandaises déclaraient qu’il avait été extradé grâce à la « coopération internationale ».

Richard Sezibera, ministre rwandais des Affaires étrangères à l’époque, a déclaré aux médias qu’il « avait été arrêté et ramené [au Rwanda] » mais n’a pas précisé depuis où ni par quelle procédure son transfert avait eu lieu. Nsabimana a plaidé coupable de toutes les accusations portées contre lui, notamment d’avoir formé un groupe armé illégal, de terrorisme, de meurtre, d’enlèvement et de déni de génocide.

Le 6 septembre, Kagame a déclaré : « Rusesabagina dirige un groupe de terroristes qui ont tué des Rwandais. Il devra payer pour ces crimes. Rusesabagina a le sang des Rwandais sur les mains ». Les déclarations du président, faites avant qu’une procédure judiciaire indépendante n’ait déterminé la culpabilité de Rusesabagina, compromettent ses chances de bénéficier d’un procès équitable au Rwanda. Cela a fréquemment été le cas pour d’autres criminels présumés que le gouvernement accusait d’avoir des liens avec l’opposition et avec des groupes armés, a déclaré Human Rights Watch.

Le 9 septembre, Rusesabagina aurait été déféré à l’Organe national de poursuite judiciaire rwandais et son dossier transféré à cette institution. Rusesabagina devrait avoir accès à un avocat de son choix à chaque interrogatoire ou audition, a déclaré Human Rights Watch.

En vertu de la loi antiterroriste du Rwanda, toute personne soupçonnée de terrorisme peut être détenue provisoirement pour une durée maximale de 15 jours, renouvelable jusqu’à 90 jours. Toutefois, l’article 9 (3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) dispose que « Tout individu arrêté ou détenu du chef d’une infraction pénale sera traduit dans le plus court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires ».

Le Comité des droits de l’homme, un organe d’experts indépendants qui surveille la mise en œuvre du PIDCP, a déclaré que le délai entre l’arrestation d’un accusé et le moment de sa déposition devant une autorité judiciaire « ne devrait pas dépasser quelques jours ».

La position de Human Rights Watch, qui s’appuie sur toutes les normes pertinentes des droits humains, est que toute personne détenue par les autorités d’un État pour quelque raison que ce soit devrait, dans les 48 heures qui suivent le début de sa détention, être physiquement traduite devant un magistrat indépendant pour être autorisée à contester la légalité de sa détention, sauf circonstances exceptionnelles qui rendent cette opération impossible. En tout état de cause, la période de 15 jours autorisée par la loi rwandaise viole le droit international et les obligations découlant des traités auxquels le Rwanda est partie.

Le 7 septembre, les avocats de Rusesabagina ont déposé un appel urgent auprès du Dr Nils Melzer, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Le 31 août 2020, les gouvernements belge et américain ont déclaré à l’Associated Press qu’ils ne disposaient pas d’information sur cette affaire.

Les avocats de Rusesabagina basés aux États-Unis ont déclaré qu’il avait, par le passé, « subi des cambriolages à son domicile, reçu des menaces de mort et survécu à une tentative d’assassinat en 1996 ».

Rusesabagina, qui a le statut de résident permanent aux États-Unis, a reçu la Médaille présidentielle de la liberté des mains de George W. Bush en 2005 et a été lauréat du Prix des Droits de l’homme Tom Lantos en 2011. Le 2 septembre 2020, le Secrétaire adjoint du Bureau des affaires africaines au Département d’État des États-Unis, Tibor Nagy, a tweeté que les États-Unis s’attendaient à ce que le gouvernement rwandais réserve un traitement humain à Rusesabagina, qu’il adhère à l’état de droit et lui donne accès à une procédure judiciaire équitable et transparente.

Attaques contre les dissidents au Rwanda

Le retour à première vue forcé et illégal de Rusesabagina au Rwanda s’inscrit dans un contexte de répression bien documenté des critiques du gouvernement rwandais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le gouvernement a arrêté, détenu et poursuivi au Rwanda des critiques et opposants au gouvernement dans le cadre de procès politiquement motivés et a menacé à plusieurs reprises d’autres personnes vivant à l’extérieur du pays. Certains ont été physiquement attaqués et même tués.

En 2017, Human Rights Watch a documenté l’existence d’actes systématiques de torture, de disparitions forcées, de détentions illégales et arbitraires, de procès inéquitables et d’autres violations graves des droits humains de 2010 à 2016 dans des centres de détention de l’armée au Rwanda, en violation flagrante du droit rwandais et international.

Ces méthodes de détention illégales se sont révélées être conçues pour obtenir des informations auprès de membres réels ou présumés, ou de sympathisants de groupes armés d’opposition, notamment des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé basé dans l’est de la République démocratique du Congo dont certains des membres ont participé au génocide de 1994 au Rwanda. Dans plusieurs procès suivis par Human Rights Watch depuis 2010, les juges ont exercé des pressions sur les prévenus accusés de terrorisme et les ont empêchés de témoigner sur l’illégalité de leur transfert ou de leur détention.

Plus récemment, les autorités rwandaises n’ont pas mené d’enquête crédible et transparente sur la mort suspecte en garde à vue, en février 2020, du chanteur bien connu Kizito Mihigo. Les autorités rwandaises ont affirmé qu’il s’était « étranglé » dans sa cellule du poste de police de Remera. Mihigo, une personnalité critique du gouvernement qui avait été poursuivi et emprisonné pendant quatre ans, avait peu de temps avant sa mort fait part à Human Rights Watch des risques sérieux qu’il encourait d’être tué par des agents du gouvernement.

Mihigo a été détenu au secret dans un lieu inconnu pendant neuf jours en avril 2014, où selon son propre témoignage il a été battu, menacé et forcé d’avouer des crimes dont il a ensuite été accusé. En février 2015, la Haute Cour de Kigali l’a condamné à 10 ans de prison pour des infractions présumées d’association de malfaiteurs, d’entente en vue de commettre un assassinat et de complot contre le gouvernement en place ou le président. Il a été libéré en septembre 2018 après une grâce présidentielle. Il a de nouveau été arrêté en février 2020 à la frontière avec le Burundi.

Après plusieurs années de menaces, d’intimidations, de morts mystérieuses et de procès très médiatisés à motivation politique, peu de partis d’opposition restent actifs ou s’autorisent à commenter publiquement les politiques gouvernementales.

En 2019, trois membres du parti d’opposition non enregistré des Forces démocratiques unifiées (FDU)-Inkingi ont été portés disparus ou retrouvés morts. En septembre, Syldio Dusabumuremyi, le coordinateur national du parti, a été poignardé à mort. À l’époque, le RIB a annoncé avoir placé deux hommes en garde à vue. Eugène Ndereyimana, également membre des FDU-Inkingi, a été porté disparu le 15 juillet, après n’être jamais arrivé à une réunion à Nyagatare, dans la province de l’Est, au Rwanda. Le corps d’Anselme Mutuyimana, un assistant de la dirigeante des FDU-Inkingi à l’époque, Victoire Ingabire, retrouvé mort en mars, présentait des signes d’étranglement. Le RIB a déclaré avoir ouvert des enquêtes sur ces différentes affaires.

En décembre 2019, la Cour d’appel du Rwanda a confirmé la condamnation de deux anciens responsables de l’armée, bien que le tribunal ait réduit leur peine à 15 ans chacun. Le 31 mars 2016, la Haute Cour militaire de Kanombe avait condamné le colonel Tom Byabagamba et le général de brigade à la retraite Frank Rusagara à 21 et 20 ans de prison respectivement pour avoir incité à l’insurrection et terni l’image du gouvernement. Human Rights Watch a dénoncé leurs condamnations pour avoir critiqué les autorités et les politiques gouvernementales, ainsi que l’utilisation de preuves non fiables pendant leur procès, notamment des informations faisant état de mauvais traitements et de problèmes de santé traités de manière inadéquate en détention.

Attaques contre les dissidents à l’étranger

Outre la répression des voix critiques à l’intérieur du Rwanda, des dissidents et critiques réels ou supposés vivant à l’extérieur du pays – en Ouganda et au Kenya voisins, voire plus loin, comme en Afrique du Sud et en Europe – ont été victimes d’attaques et de menaces. 

Les victimes d’attaques à l’étranger sont plutôt des opposants politiques ou des critiques acharnés du gouvernement rwandais ou du président Kagame lui-même. Les anciens responsables du FPR qui se sont retournés contre le président Kagame et sont devenus des opposants en exil ont plus particulièrement été la cible d’attaques et de menaces. Des similitudes existent entre les attaques dans plusieurs affaires très médiatisées, comme par exemple les assassinats de l’ancien ministre de l’Intérieur Seth Sendashonga en 1998 et de l’ancien chef du renseignement extérieur Patrick Karegeya en 2014, et la tentative d’assassinat de l’ancien chef d’état-major de l’armée Kayumba Nyamwasa en 2010, le premier au Kenya et les deux autres en Afrique du Sud.

Karegeya, ancien chef des services du renseignement extérieur du Rwanda et opposant de premier plan au gouvernement, exilé en Afrique du Sud, a été assassiné dans une chambre d’hôtel à Johannesburg le 1er janvier 2014. En 2019, les services du Procureur général d’Afrique du Sud ont émis des mandats d’arrêt contre deux Rwandais accusés du meurtre. Lors de l’enquête sur le meurtre de Karegeya, l’unité spéciale d’enquête sud-africaine a déclaré dans un témoignage écrit que le meurtre de Karegeya et les attaques contre l’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, le général Kayumba Nyamwasa, « étaient directement liés à l’intervention du gouvernement rwandais ».

Suite à son assassinat, le président, le premier ministre et les ministres des Affaires étrangères et de la Défense rwandais ont tous publiquement qualifié Karegeya de traître et d’ennemi, laissant entendre qu’il avait obtenu ce qu’il méritait.

La sécurité de certains réfugiés et demandeurs d’asile rwandais a elle aussi été menacée dans leur pays d’asile, en particulier en Ouganda. Le 20 août 2013, des hommes armés ont enlevé Joël Mutabazi, un ancien garde du corps présidentiel au Rwanda qui avait le statut de réfugié en Ouganda, de la résidence protégée d’une banlieue de la capitale, Kampala, où il vivait depuis qu’il avait échappé à une tentative d’assassinat en Ouganda en juillet 2012. Il a été libéré le jour même grâce à l’intervention de la police ougandaise.

Le 25 octobre 2013, il a été porté disparu d’un autre lieu où il vivait sous protection de la police ougandaise 24 heures sur 24. Il été impossible de le localiser pendant six jours. Le 31 octobre, la police rwandaise a confirmé qu’il était détenu au Rwanda, tout en refusant de révéler son lieu de détention. Le 13 novembre, il a comparu devant un tribunal militaire de Kigali avec 14 coaccusés pour terrorisme et d’autres délits. Le gouvernement ougandais a affirmé qu’un policier ougandais avait remis par erreur Mutabazi à la police rwandaise, sans suivre les procédures légales qui s’imposaient.

En octobre 2014, un tribunal militaire a déclaré Mutabazi coupable de terrorisme, de formation d’un groupe armé et d’autres infractions liées à une collaboration présumée avec un groupe d’opposition en exil et avec les FDLR. Il a été condamné à la prison à vie.

Mutabazi et plusieurs de ses coaccusés ont déclaré aux juges qu’ils avaient été torturés et forcés de signer des déclarations. Les juges n’ont ordonné aucune enquête, mais le président du tribunal a déclaré à l’issue du procès que le tribunal avait condamné plusieurs accusés à de longues peines de prison pour avoir menti au sujet de la torture.


Source: https://www.hrw.org/fr/

Pourquoi Kagame serait-il intéressé à accueillir Hassoun, une personne que les États-Unis et Israël considèrent comme un terroriste international?


Le Rwanda a demandé aux États-Unis de considérer Adham Amin Hassoun comme apatride et de l’envoyer au Rwanda, en vertu de la Convention internationale de 1954 sur le statut des apatrides. Le Liban est le pays natal de Hassoun. Cependant, le Liban a refusé de recevoir Hassoun après sa peine de 15 ans de prison aux États-Unis. Un tribunal fédéral a condamné Hassoun pour terrorisme. Le Rwanda était impatient de recevoir Hassoun après avoir purgé sa peine de prison aux États-Unis.

a) Quelle est la stratégie de Kagame?

Un tribunal fédéral américain a déclaré Hassoun coupable d’avoir été membre d’une cellule de collecte de fonds dans le sud de la Floride qui a envoyé de l’argent et des recrues aux jihads à l’étranger. Le tribunal a appris que Hassoun avait recruté Jose Padilla, un membre d’un gang de rue de Chicago qui s’était converti à l’islam et avait ensuite été accusé d’avoir comploté un attentat radioactif à la «bombe sale» aux États-Unis. Jose Padilla a été retrouvé avec une bombe sale qui, selon l’accusation, faisait partie d’un complot terroriste en cours visant à attaquer les États-Unis.

(b) Pourquoi Kagame serait-il intéressé à accueillir Hassoun, une personne que les États-Unis et Israël considèrent comme un terroriste international?

Au cours des deux dernières années, Kigali a entretenu des relations cordiales avec Israël. Cependant, l’année dernière, Kagame n’a pas été invité pour le 75e anniversaire de l’Holocauste en Allemagne et en Israël, respectivement. La même année, Nyetanyahu s’est rendu en Ouganda, a rencontré le président du Soudan du Sud mais n’a pas visité Kigali.

c) Que signifie le fait d’accueillir Hassoun, une personne qu’Israël considère comme proche des militants palestiniens, pour les relations entre le Rwanda et Israël?

Adham Amin Hassoun

Le Rwanda est la cachette de Moustapha Ould Lima. Moustapha est accusé de parrainer des terroristes du Maghreb islamique (AQMI) Al-Qaïda / Sahel. Hassoun est accusé de travailler avec les terroristes du Sahel et est «l’invité» de Kagame.

L’Emir du Qatar serre la main de Moustapha, le financier du terrorisme au Sahel, une rencontre arrangée par Paul Kagame.

d) La présence de Moustapha et Hassoun au Rwanda signifie-t-elle que la sous-région des Grands Lacs pourrait devenir un foyer de terrorisme à l’avenir?

Le Qatar est accusé de financer l’Etat islamique, entre autres organisations terroristes. La récente «lune de miel» Rwanda-Qatar est bien documentée.

e) L’émir du Qatar et Moustapha auraient-ils pu utiliser leurs bonnes relations avec Kagame pour sauver Hassoun, sous prétexte de la Convention internationale de 1954 sur le statut des apatrides?

Dr Charles Kambanda, Ph D

Source : Facebook / TEXTE en anglais sur http://www.echosdafrique.com traduction libre par Chaste GAHUNDE.

Rwanda: 10 ans après l’assassinat politique du premier Vice-président des Verts.

André Kagwa RWISEREKA était le Premier Vice-Président du Parti “Rwandan Democratic Green Party ” (RDGP)

Il y a 10 ans jour pour jour: assassinat d’André Kagwa Rwisereka Vice-président de Green Party. C’était le 13/07/2010, à quelques jours de l’élection présidentielle du 09/08/2010, dont son parti avait été exclu.
Selon les ONG de droits de l’homme (comme HRW), ce meurtre s’inscrivait dans une série d’assassinats ou tentatives d’assassinats frappant des opposants au régime de PaulKagame.

Qui était cet homme sauvagement assassiné et sans qu’aucune enquête indépendante ne puisse faire la lumière sur les auteurs comme son parti l’avait demandé?

Exilé politique dans les années 1960, André Kagwa Rwisereka s’installa au Congo-Léopoldville (l’actuelle République démocratique du Congo), où il obtint un diplôme d’Éducation. Il fut l’un des principaux membres du Front patriotique rwandais.

De retour au Rwanda, il devint propriétaire d’un bar à Butare, ville de sa province natale du Sud.

Il se distança par la suite du Front patriotique rwandais. Il quitta le FPR en 2009 et, avec plusieurs autres anciens membres du parti, fonda, le 14 août 2009, un parti d’opposition, « Rwandan Democratic Green Party » (RDGP). Il en fut le premier vice-président.

Le 13 juillet 2010, il fut porté disparu à Butare, après avoir quitté son lieu de travail. Le lendemain, son corps fut retrouvé près de la ville, décapité.

Monsieur Rwisereka a été décapité dans des circonstances non encore élucidées

Mr Rwisereka est sur la longue liste des hommes et femmes opposants au régime du FPR assassinés sans que les criminels ne soient ni traduits devant les instances compétentes, ni officiellement identifiés.

Jean-Claude MULINDAHABI- Page Facebook

Révélations accablantes autour de l’attaque des gardes de l’ICCN à Rumangabo du 24 avril 2020.

Hommage aux Garde Park de l’ICCN de Virunga

Nous avons promis d’offrir dans le délai le plus raisonnable possible les raisons pour lesquelles des agents de l’ICCN ont été attaqués à Rumangabo, juste à côté de leur station. Pour dévoiler les vérités autour de ce meurtre ignoble, nous avons voulu le faire le jour même où nos vaillants agents de l’ICCN sont en train d’être inhumés, afin de leur rendre, par notre contribution à la vérité, un chaleureux hommage. Que la terre de nos ancêtres leur soit douce. Et qu’ils reposent dans la paix aux côtés de tous les congolais qui sont morts pour défendre les intérêts de la nation.

Cela dit, voici les faits accablants qui entourent ce triste événement.

Pour ceux qui ne connaissent pas bien la géographie du Nord-Kivu, Rumangabo est un lieu référentiel quant à ce qui est des stratégies militaires à l’Est du Congo. Il y a un grand camp militaire, mais également une station des gardes du parc national de Virunga. C’est donc un lieu normalement contrôlé par les FARDC et leurs alliés. Les FDLR ne devraient donc pas s’y infiltrer facilement, moins encore avec un armement comme celui utilisé pour commettre l’élimination ignoble des vies humaines des rangers du Virunga le 24 avril 2020, dans une attaque qui a eu lieu juste à trois cent mètres de leur position de Rumangabo.

Quelques heures après cette attaque, nous avions signalé que des éléments armés rwandais venaient d’être signalés à cet endroit plusieurs jours avant. En fait, possédant une technologie qui leur permet d’infiltrer le système de communication de la station des grades parc et du camp militaire qui sont juste à côté, les militaires de Kagamé avaient déjà accédé à une série des informations qui compromettaient les responsables de l’ICCN au Nord-Kivu par rapport à une question très sensible pour le Rwanda.

Pourquoi cette attaque a-t-elle visé les agents de l’ICCN à Rumangabo ?

Voici les révélations au sujet des événements successifs qui ont conduit à cette attaque :

1. Quelques jours plus tôt, dans des opérations conjointes contre les FDLR, opérations cachées à l’opinion publique par Tshisekedi, l’ami improvisé et indolent de Kagame, les FARDC venaient d’attraper un élément très déterminant dans le commandement et l’intelligence des FDLR. Et, tout en réfléchissant sur ce qu’il fallait en faire, les commandants le cachèrent d’abord dans une prison à Vitshumbi.

2. Au lieu de l’offrir directement à l’abattoir de leurs collaborateurs sanguinaires, les militaires congolais décident de consulter préalablement, par coup de fil privé, les instances de Kinshasa, d’où ils reçoivent l’indication de transférer l’élément à la capitale, via Goma.

3. Cependant, n’ayant ni hélicoptère, ni autres moyen pratique pouvant leur permettre de réaliser l’opération sans que leurs amis-ennemis ne se rendent compte, les militaires congolais se sentent obligés de solliciter la collaboration de Mr Emmanuel De Merode, qui, lui-même, soumis à la peur liée aux circonstances, accepte de mettre en jeu ses véhicules et ses agents.

4. L’opération est lancée dans la matinée du 24 avril à partir de Rwindi, d’où partent les agents de De Merode, pour aller récupérer l’élément attrapé par les FARDC. Mais, en cours de route, ils se confrontent à plusieurs difficultés. Les FDLR, déjà informées par une source intérieure aux FARDC, veulent récupérer leur leader par tous les moyens. Au même moment, et c’est ce que les agents de l’ICCN ignoraient, les militaires rwandais, déjà mieux informés par plusieurs voies, notamment celle des collaborateurs ex M23 déversés dans les FARDC, ainsi que grâce aux infiltrations du système de communication de l’ICCN, etc., sont déjà en position d’attaque pour éliminer ce cadre des FDLR, avec tous ceux qui se trouveraient à son côté. Ainsi, les agents de l’ICCN se transforment en ennemis de deux ennemis.

5. Se sentant vraiment menacés, les agents de l’ICCN décident de se défaire du cadre des FDLR, et le laisse dans une prison, à Kiwanja, en mi-chemin. Malheureusement, au lieu de retourner à Rwindi, ils optent pour continuer la route vers Rumangabo jusqu’à Goma, où des ennemis plus farouches les attendaient. C’est là qu’ils vont être tués à la place de l’agent des FDLR.

6. A quelques centaines de mètres seulement de leur station de Rumangabo, ils sont réduits en cendres par des roquettes provenant des mains des militaires rwandais au Congo. En fait, les militaires rwandais étaient sûrs que le leader FDLR était dans ce véhicule brulé.

Nécessité d’une enquête indépendante

Le gouverneur du Nord-Kivu a annoncé que des enquêtes étaient en cours au sujet de cet acte ignoble.

Cependant, étant donné que le gouvernement congolais est complice dans ce meurtre, nous exigeons de tout notre vœu qu’une enquête internationale et indépendante soit mise en place pour élucider les circonstances et les causes de ce meurtre ignoble. Et que les auteurs soient conduits à la justice et répondent de leur crime.

De la présence des militaires rwandais au Congo

Ce n’est plus un secret, même si Tshisekedi fait tout pour cacher la vérité à l’opinion publique. Des militaires rwandais sont en train d’œuvrer aux  cotés des FARDC. On les trouvent surtout au Nord-Est du parc national des Virunga : Vitsumbi, Mugogo, Nyamilima, Nyabanira, Vusesa, Mabenga (aux entrées du lac Edouard), Kiwanja, Rutsuru, Jomba, Kisharo,Katwiguru, Mushumba, Kihorobo, etc. Et s’il faut y ajouter des ex CNDP et M23 incorporés au sein des FARDC, on comprend ce que cela signifie comme danger pour la région.

1. Pourquoi les FDLR, utilisées à la fois par les FARDC et les FPR comme cheval de Troie, continuent-elles d’être à la base de la mort des milliers des congolais ?

Que Mr Tshisekedi nous réponde.

2. Pourquoi le gouvernement du Congo continue-t-il de donner à Kagame un alibi qui lui permet de perpétrer des massacres et génocides à l’Est, tout en pillant les richesses du pays ?

Que Mr Tshisekedi nous réponde.

3. Pourquoi le gouvernement congolais continue-t-il à nier la présence des militaires rwandais à l’Est de la RD Congo depuis plusieurs mois, alors que tout le monde vivant dans les zones que nous avons citées est indubitablement témoin de ce forfait suicidaire sur la terre de nos ancêtres ? Ce n’est plus un secret. Il conviendrait que le gouvernement l’annonce clairement.

Que Mr Tshisekedi nous réponde.

BeniLubero

RDC/ Rwanda Alerte: Le secret de la compagnie aérienne Rwandair en RDC enfin dévoilé! Horrible

Tout semblait Être de la douce diplomatie, intelligente ???, aux yeux des naïfs, des ignorants et des inexpérimentés, lorsque Mr Felix Thsisekedi, devenu président de la RD Congo par la magie kanambique choisissait de faire du Rwanda de Kagame sa Terre promise.

Des accolades iscariotiques écrasaient alors nos écrans à mille fréquences, étonnés de voir naître des initiatives hérodistes, qui emplissaient les agendas nuptiaux de deux best Sellers du royaume des ténèbres aux imaginaires sans paires, au style du « le Corbeau et le Renard ».

Entre ces initiatives figurait une décision unilatérale d’ouvrir le ciel congolais aux oiseaux rwandais. Rwanda Air recevait alors, dans la précipitation et sans réciprocité, la bénédiction matinale d’un néophyte de la politique de l’Afrique Centrale, obligé par son histoire récente à conclure des pactes et avec le diable et avec Dieu.

Antoine Tshisekedi, felix d’un pouvoir démérité et usurpé, aurait-il mesuré suffisamment les conséquences de cette décision ? Le renard des pays des grands lacs n’attendrait, peut-être, que cette douce opportunité pour son dernier assaut, plus rapide, vers ce qui semblait encore lui résister. Ainsi, même ce que Kabange ne voulait pas offrir publiquement, celui avec qui il a opté de partager le pouvoir usurpé n’a pas choisi d’autre action inaugurale qu’ouvrir les portes qui restaient à l’ennemi numéro un de la population de la RD Congo en général, et plus particulièrement celle de l’Est de la RD Congo.

En effet, le roi autoproclamé du pays de mille collines a toujours rêvé être héritier de ce qu’il considère comme la « terre de la promesse ». Et l’avènement de l’accès à l’air de la RDC lui octroyait un plus déterminant.

Un officier de son armée se réjouissait sadiquement de cette dernière prouesse en ces termes : « En neuf mois nous avions été capables de conquérir la RDC à pieds, avec Rwanda air nous sommes capables de le faire en un seul jour ».

En fait, pourquoi cet événement est déterminant dans la politique expansionniste du renard des grands lacs ? Parmi les stratégies magiques de son plan figure essentiellement les infiltrations. Et il a joué sur cette pédale depuis des décennies. Avec la ligne unilatérale Kigali-Kinshasa, il est désormais capable d’infiltrer chaque jour plusieurs unités criminelles dans le système de la sécurité du pays, qui est d’ailleurs déjà suffisamment entre ses mains. On raconte par exemple qu’avec cette ouverture, Kinshasa est déjà infiltré de plus de 700 espions. Et toutes les grandes villes et provinces du pays sont concernées, surtout à l’Est du pays.

Il ne faut, par exemple, pas exclure les effets de cet accord sur la continuation des massacres à Beni-Ituri. Toutes les portes ayant déjà été totalement ouvertes au renard, il peut maintenant faire tout ce qu’il veut, quand il le veut.

A part Beni, on signale la présence des forces rwandaises au Nord-Kivu, autour de Goma, au Sud-Kivu, etc.

Bref : l’heure est grave. La population est appelée à prendre son destin entre ses mains. Les alertes de la société civile sont ignorées. Etc.

Il est important que nous en prenions tous conscience : en ce moment où la communauté internationale est concentrée sur la question de la pandémie du Coronavirus, la communauté congolaise doit savoir que l’ennemi est en train d’en profiter pour tisser des pièges afin de rendre notre pays invivable. Et il le fait en faisant usage de notre propre richesse et très souvent en faisant participer dans ces sales besognes des enfants du Congo.

Soyons donc vigilants. Barrons la route à l’ennemi et à ses complices. Que le confinement ne confine pas nos intelligences, notre prudence et nos actions. Ne dormons pas. Ça serait catastrophique pour nous et pour les générations futures.

Le Rwanda air au Congo pour accélérer la rwandanisation du Congo

A bon entendeur, salut !

Rédaction

©Beni-Lubero Online.

Source benilubero.com


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