RDC : scientifiques, politiques, activistes, artistes, une cinquantaine de personnalités congolaises signent une tribune réagissant au négationnisme de Kagame.

Paul Kagame, Président du RwandaPaul Kagame, Président du Rwanda

Dignité, justice et réparation sont les seules réponses appropriées face au négationnisme de Kagame

Paul Kagame a nié l’existence des crimes commis par les troupes rwandaises dans l’Est de la République démocratique du Congo. C’était lors d’un entretien accordé, le lundi 17 mai, aux médias français RFI et France 24. Le président rwandais a également contesté la justesse des conclusions du Rapport du projet mapping du Haut-commissariat des Nations unies aux Droits de l’homme (HCNUDH). Des propos accueillis dans l’indifférence totale et le silence assourdissant du gouvernement congolais et ce, malgré une grande protestation et une immense indignation des Congolais toutes tendances confondues face à cette énième tentative de négationnisme érigé en stratégie de politique étrangère.

Les annales de l’Histoire retiennent cependant, de manière factuelle, que, à titre indicatif, du 5 au 10 juin 2000, les armées rwandaise et ougandaise se sont affrontées à Kisangani, sur le sol congolais, tuant un millier de civils, pillant et détruisant des biens. Ces faits sont indéniables et incontestables. Ils sont ainsi inscrits dans la mémoire collective congolaise. Et les victimes de ce qu’on appelle communément la « guerre de six jours » et leurs familles continuent d’exiger justice, vérité et réparation. En 2005, la Cour internationale de justice avait d’ailleurs reconnu la responsabilité de Kampala dans les exactions commises par ses troupes entre 1997 et 2003 dans la partie Nord-Est de la RDC, mais ne s’était pas prononcée sur le cas du Rwanda, Kigali ne reconnaissant pas sa compétence.

Aujourd’hui, les propos du président Kagame n’ébranlent ni des faits suffisamment documentés ni la détermination des victimes d’obtenir un jour justice. Ils marquent en revanche une profonde régression par rapport aux avancées des conversations sous-régionales, notamment dans le cadre des mécanismes de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, dit Accord d’Addis-Abeba. 

La tentative consistant à minimiser la portée des massacres perpétrés en RDC, y compris par les forces armées rwandaises ou leurs supplétifs locaux, ne sert ni la paix, ni la sécurité et la coopération régionale. Elle ne parvient pas non plus à démentir des faits largement documentés depuis vingt ans tant par la société civile et le gouvernement congolais dans ses livres blancs que par des instances internationales, à l’instar de l’ONU. 

Kasika, Makobola, Tingi-Tingi, Mbandaka, Kisangani sont des espaces où ont été perpétrés des massacres sur le sol congolais. Ce ne sont que des exemples du lourd tribut que paie la population congolaise après avoir accepté de recevoir sur son sol des réfugiés rwandais, fuyant le génocide. Ces milieux et les massacres qui s’y sont déroulés restent des cicatrices que des Congolais patriotes portent dans leur chair et qu’ils n’oublieront sous aucun prétexte fallacieux.

Les morts congolais méritent le respect. Les femmes violées méritent le respect. Les familles endeuillées, les enfants traumatisés et les communautés désarticulées méritent respect, justice et réparation. L’indifférence a trop duré ! Depuis plus de vingt ans, des morts congolais se comptent par centaines de milliers, mais nos propres dirigeants et la communauté internationale font la sourde oreille ou ne réagissent guère à la hauteur de cette situation dramatique. En face, Paul Kagame, lui, ne s’arrête plus à mépriser nos morts et nos souffrances, il s’en prend désormais au Docteur Denis Mukwege, prix Nobel 2018. Une posture qui laisse transparaître sa peur face à un homme mondialement reconnu pour son engagement auprès des victimes congolaises. Mais cela ne suffira point, car Dr Mukwege est simplement aux prises avec les stigmates des victimes  et demeure le porte-voix, dans le bouillonnement silencieux, des millions des Congolais.

Avec force, nous disons non au négationnisme ! Il s’agit ici d’une évidence que les propos blessants de M. Kagame, truffés de déni, ne peuvent rien changer. Face à cette ignominie, se battre pour que justice soit rendue un jour au nom des victimes doit devenir désormais une cause nationale. Cette tribune, c’est pour que nul ne l’ignore et pour la postérité. Qui d’autres que nous, si ce n’est pas à nous de nous indigner contre les mensonges du président Kagame. Qui d’autres que nous, si ce n’est pas à nous d’appeler les autorités congolaises à rompre le silence et à réagir. Notre indignation tout comme celle des Congolaises et Congolais qui fourmillent d’une colère légitime marque une nouvelle page dans la prise de conscience, dans la lutte contre la falsification de l’histoire et sa réécriture au gré de sentiments et non de la vérité historique.

Les faits et la vérité sont têtus et nous sommes confiants qu’un jour les responsables des crimes et massacres des citoyens congolais répondront de leurs actes. Ce jour arrivera. Le Congo n’oubliera pas. Nous n’oublierons jamais le sang de nos frères et sœurs qui continue à crier en nous et qui criera pour nos enfants. Vingt ans de silence coupable, de mensonge, de pillage, de vol et de viol ne disparaîtront pas du fait de quelques mots prononcés devant des journalistes. Nos morts sont présents en nous et alimentent chaque jour notre soif de justice et de vérité. Nous en sommes convaincus, un jour face à l’Histoire, mort ou vivant, chacun rendra compte de ses crimes, n’en déplaise à M.Kagame. Car la dignité, la justice et l’honneur d’un peuple n’ont pas de prix.

Signataires

Jacquemain Shabani Lukoo, avocat et Président de la Commission Électorale Permanente de l’UDPS

Fred Bauma, activiste

Mohombi Moupondo, artiste engagé

Jean-Claude Mputu, professeur des universités

Floribert Anzuluni, activiste

Trésor Kibangula, analyste politique

Claudel André Lubaya, député national

Delly Sesanga Hipungu Dja Kaseng Kapitu, député national

Christelle Vuanga, député national

Juvénal Munubo, député national

Jean-Jacques Lumumba, activiste

Dismas Kitenge, défenseur des droits de l’Homme

Nick Elebe, juriste, écrivain et expert en droit international pénal

Sinzo Aanza, écrivain

Jean-Claude Tshilumbayi, député provincial

André Mbata, député national

Florimond Muteba, professeur des universités

Yangu Kiakwakama, activiste

Yves Makwambala, activiste

Vianney Bisimwa, activiste

Bob Kabamba, professeur des universités

Paulisi Muteba  kcreascence, activiste

Eliezer Ntambwe, député national

Ados Ndombasi, député national

Bienvenu Matumo, doctorant et militant

Justin Bahirwe, avocat 

Maud-Salomé Ekila, activiste

Jean-Claude Maswana, professeur des universités 

Rebecca Kavugho, activiste

Rev. Eric NSENGA, coordonnateur national du Consortium des confessions religieuses pour la Justice transitionnelle en RDC

Tatiana Mukanire, activiste

Kambale Musavuli, activiste

Chris Shematsi, juriste

Vava Tampa, activist, Save the Congo

Jean-Claude Maswana, professeur d’économie 

Roger Puati, théologien, philosophe, historien et auteur 

Alphonse Maindo, professeur de science politique 

Christian Liongo, fiscaliste, Président Africa Rise

Blaise Pascal Zirimwabagabo Migabo, enseignant de droit, Université Officielle de Bukavu 

Providence Ngoy W, doctorant en Droit, Université de Genève 

Youyou Muntu Mosi, activiste 

Bénédicte Kumbi Ndjoko, historienne, chargée d’enseignement, Activiste des droits humains 

Dom-Martin Puludisu, chercheur, Université Paris II 

Hygin-Hervé Luwawu, ICT Specialist

Célestin Mputu, juriste spécialiste en droits humains

Garry Iwele, journaliste et défenseur des droits humains 

Jonathan Mboyo Esole, professeur des universités

Jacques Issongo, activiste

Chantal Faida, activiste

Madame Eugénie Kikango, juriste

Joseph BAYOKO LOKONDO, activiste

Fabien Mayani, défenseur des droits humains

Jean Pierre Okenda, avocat

Jimmy Kande, activiste

Francine Mukwaya, activiste

Freddy KASONGO, activiste et défenseur des droits de l’homme

Patrick Mbeko, géopoliticien, auteur

Marie Madeleine Kalala,  militante droits des femmes

Jimmy Munguriek, avocat activiste

Alesh, artiste et activiste

Soirce: Actualite.cd

OUTRÉS PAR LES CALOMNIES QUI CONTINUENT DE SE DÉVERSER SUR L’OPÉRATION TURQUOISE, DES TÉMOINS RWANDAIS ADRESSENT UNE LETTRE AU PRÉSIDENT MACRON

Zone Humanitaire Sûre occupée par l'Operation Turquoise.

Zone Humanitaire Sûre occupée par l’Operation Turquoise.

OUTRÉS PAR LES CALOMNIES QUI CONTINUENT DE SE DÉVERSER SUR L’OPÉRATION TURQUOISE, DES TÉMOINS RWANDAIS ADRESSENT UNE LETTRE AU PRÉSIDENT MACRON

Originaires de Cyangugu et donc témoins de l’action de l’Opération Turquoise, révoltés par les calomnies qui ont fleuri de plus belle à l’occasion du rapport Duclert, des Rwandais adressent un…

GROUPE D’INITIATIVES CYANGUGU

Lyon le 10/05/2021. 

C/O RIPRODHOR 

Association Loi 1901 73 Rue des Martyrs de la Résistance 69200 VENISSIEUX FRANCE Tél : 0617278666 Email : riprodhor@hotmail.com

Objet Opération Turquoise : Témoignage de gratitude.

 À Son Excellence Monsieur Emmanuel MACRON Président de la République Française Paris- France.  Excellence Monsieur le Président,  Nous, signataires de la présente, tous originaires de Cyangugu au sud-ouest du Rwanda, principal terrain d’action de l’Opération Turquoise qui couvrait aussi l’ancienne préfecture de Kibuye et une partie de celle de Gikongoro, sommes profondément outrés par les calomnies que des associations et/ou des individus malveillants ou mal informés continuent à proférer contre l’action militaire humanitaire menée par la France au Rwanda, en partenariat avec 7 pays africains : Sénégal, Guinée Bissau, Tchad, Niger, Mauritanie, Egypte et Congo, à partir du 23 juin au 22 août 1994. Nous trouvons injuste et irresponsable de traîner dans la boue les autorités françaises de l’époque jusqu’au Chef de l’Etat, Feu Président François Mitterrand, les hommes et femmes du général Lafourcade, alors qu’ils ont sauvé tant de vies humaines au Rwanda en général et à Cyangugu dans toute la Zone Humanitaire Sûre (ZHS) du Rwanda, en particulier. 

 En effet, un bon nombre d’entre nous ont, en pleine tragédie rwandaise déclenchée le 6 avril 1994, participé et/ou contribué à la mise en place fin mai début juin 1994 d’un « Comité pour la pacification et la sécurité de Cyangugu », et ce, sous l’initiative et la direction du Sous-préfet Théodore MUNYANGABE et du Major Augustin CYIZA. Grâce à notre modeste action et au risque de nos vies ainsi que de celles des nôtres, nous avons considérablement réduit les ravages des miliciens Interahamwe en les apaisant dans le cadre d’un difficile dialogue et/ou en cachant les personnes que ces miliciens recherchaient pour les massacrer. A cet égard, nous avons été successivement témoins oculaires de l’arrivée et de l’action de l’Opération Turquoise, comme collaborateurs et heureux bénéficiaires de cette opération au même titre que les milliers, voire les millions de personnes qui se trouvaient de façon permanente ou seulement de passage dans la ZHS transformée en havre de paix par ladite Opération et qui lui en seront éternellement reconnaissantes. Comme nous avions contrecarré les ravages des miliciens Interahamwe, nous sommes, à ce titre, parvenus toujours au péril de nos vies, à empêcher le FPR arrivé à Cyangugu après le départ de l’Opération Turquoise, de se livrer dans la préfecture de Cyangugu aux tueries à grande échelle auxquelles il avait procédé dans d’autres coins du pays, le Rwanda, juste après sa conquête.

  Excellence Monsieur le Président, 

Permettez-nous de vous décrire, dans les lignes qui suivent, en tant que témoins oculaires de l’action de l’Opération Turquoise, un bon souvenir que celle-ci a laissé au Rwanda en général et dans notre ancienne préfecture, en particulier : 

1) Le 23 juin 1994, date d’entrée des forces françaises sur le sol de Cyangugu, marqua le début opérationnel de la Turquoise au Rwanda. Cela fut un soulagement généralisé au sein de la population ; 

2) Les militaires de l’Opération Turquoise ont installé leur premier campement à Nyarushishi, près du camp de réfugiés Tutsi. Leur présence y devint un symbole de paix, de vie et de sécurité. Ils sillonnaient collines et vallées, brousses et marais pour ramener les rescapés tutsis à Nyarushishi. Depuis l’arrivée des militaires français, la population du camp des réfugiés de Nyarushishi s’est accrue de plus d’un tiers ; et au terme de leur mission, plus de 13.000 Tutsis y avaient trouvé la vie sauve et bien d’autres qui n’étaient pas d’appartenance ethnique Tutsi; 

3) En dehors du camp des réfugiés de Nyarushishi, ces vaillants militaires sécurisaient le reste de la population de par leur seule présence. Les visites successives des membres du Gouvernement français dont le premier Ministre de l’époque, Monsieur Edouard Balladur en juillet 1994, ont renforcé cette réalité. Cela restera dans les annales comme symbole du succès de la Turquoise en l’honneur de la France, car un tel cas ne se retrouve nulle part ailleurs au Rwanda. Le mérite en revient principalement au Colonel Hogard qui supervisait le Secteur Sud de la ZHS établie par l’Opération Turquoise ; 

4) La ZHS a été nettoyée par l’Opération Turquoise de toutes armes de la part des Interahamwe ou anciens militaires, protégée de toute tentative ou manœuvres d’infiltration du FPR et de ses forces. Le désarmement total a été atteint et sans incidents grâce au tact de ces militaires disciplinés et aguerris de la Turquoise. Ils étaient aidés par des membres du « Comité pour la pacification et la sécurité de Cyangugu », composé tant des civils que des militaires, tous natifs de Cyangugu qui s’étaient désolidarisés du Gouvernement intérimaire;

 5) L’Opération Turquoise a stabilisé la situation humanitaire et sécuritaire de toute la région sous son contrôle grâce à laquelle les agences d’aide ont eu un meilleur accès aux bénéficiaires ; 

6) La ZHS établie par l’Opération Turquoise a accueilli plusieurs millions de personnes qui fuyaient les combats entre des belligérants et les tueries du FPR, en provenance d’autres horizons du Rwanda. Tout ce monde trouvait dans Cyangugu non seulement sécurité, mais aussi stabilité, dont une partie a su poursuivre volontairement sa fuite vers le Zaïre, une autre a regagné son domicile habituel au pays ; 

7) Sur environ 2.580.000 déplacés qui se trouvaient dans le triangle Cyangugu-KibuyeGikongoro, plusieurs ont opté pour le chemin du retour chez eux ou au travail, à la relance de la vie nationale. Des centaines de militaires de l’ancienne armée, encadrés dans la ZHS et au service de la population, ont rejoint l’armée régulière ;

 8) Sous la présence des soldats français, les populations avaient commencé à se réhabituer à une vie normale, en attendant l’arrivée imminente des troupes du nouveau régime, reprenant leurs travaux et bénéficiant des services minima de santé et d’administration ; 

9) L’effet de l’Opération Turquoise ne s’est pas seulement limité à Cyangugu ou à la ZHS. L’action mise en route a également été bénéfique pour le Gouvernement du FPR en lui permettant de mieux maîtriser le contrôle du territoire déjà sous son administration militaire et civile, alors rassuré de l’éloignement des Interahamwe et des FAR derrière la Zone Turquoise. Par ailleurs la sécurité assurée lui a offert l’opportunité de prendre pied et d’organiser le flanc Ouest du pays sans coup férir, une fois l’Opération Turquoise terminée. Très significativement, une forte délégation gouvernementale de quatre Ministres dont l’Intérieur, Affaires Etrangères, Justice et Réhabilitation a été reçue à Cyangugu le 16 août 1994 en tournée de reconnaissance, et ceux-ci se sont publiquement félicités des résultats de l’Opération Turquoise en franche collaboration avec le Comité de pacification et de sécurité de Cyangugu.  

Excellence Monsieur le Président,  En notre qualité de témoins oculaires, de collaborateurs interprètes -guides et de bénéficiaires de l’Opération Turquoise, nous ne saurions terminer ce dépôt de témoignage sans toutefois rendre un vibrant hommage à votre prédécesseur, Feu Président François Mitterrand ainsi qu’à ses proches collaborateurs qui, dans un contexte international extrêmement difficile, se sont dépensés pour mettre sur pied et déployer au Rwanda l’Opération Turquoise. Nous voulons lancer les meilleures fleurs méritées à ces militaires français, pour ce havre de paix qu’ils ont créé dans la ZHS pendant que notre pays était à feu et à sang. Comme dit supra, l’Opération Turquoise n’était pas que militaire, elle était aussi hautement humanitaire. Nos remerciements de tout cœur vont également à l’encontre des ONG(s) alors parties prenantes de l’intervention pour un parfait accomplissement de leur mission. Nous disons, enfin, un grand et cordial merci au peuple Français qui a accompagné cette historique et inoubliable Opération.  

Veuillez agréer Excellence Monsieur le Président, l’assurance de notre très haute considération.  

Pour le Groupe Initiatives Cyangugu Théoneste HABIMANA Coordinateur

LISTE DES SIGNATAIRES

1° NDUNGUTSE Evariste
Conseiller du Premier Ministre Membre du Comité Préfectoral de pacification et sécurité, Collaborateur
Nyakabuye
2°TWAGIRAMUNGU Noël
Professeur Lycée ,Interprète Volontaire Témoin oculaire, Bénéficiaire
Gishoma
3° GAKWAYA RWAKA Théobald
Directeur Général CIMERWA Responsable du Comité de Sécurité S/Préfecture BUGUMYA
Collaborateur
Karengera
4° RUTIHUNZA Théobald
Directeur du Personnel CIMERWA Préfet de Préfecture Cyangugu ,Témoin
Nyakabuye
5° NDAGIJIMANA Jean Marie Vianney
Ministre des Affaires Etrangères Membre de la Délégation
gouvernementale venue en Zone Turquoise
Cyimbogo
6°HABYARIMANA Malien
Directeur Général MINITRANSCO Interprète et Témoin oculaire
Bugarama
7° SHYIRAMBERE Anastase
Cadre SONARWA , Bénéficiaire
Kamembe
8° NAHIMANA Thomas
Etudiant Philosophicum Kabgayi Bénéficiaire et témoin oculaire
Gishoma
9° CIKURU MWANAMAYI
Etudiant Université Nationale Rwanda Interprète et Témoin oculaire
Kamembe
10°BIHEZANDE Simon
Professeur Lycée Nyamasheke Bénéficiaire , Témoin oculaire
Gisuma
11°HABIMANA Théoneste
Magistrat ,Chef Antenne LIPRODHOR,Responsable du comité pacification et Sécurité Commune
Karengera , collaborateur.
Karengera
12°NTAMABYARIRO Apollinaire
Prêtre Nyamasheke /Mwezi Collaborateur Interprète
Gishoma
13°SIBORUREMA Jean Baptiste
Chef de Projet SNV PADEC Bénéficiaire et Témoin oculaire
Kagano
14°HAKIZAMUNGU Athanase
Etudiant au Lycée, Bénéficiaire Témoin oculaire
Karengera
15°BITANGISHA Sixbert
Inspecteur de Police Judiciaire Parquet de la République Cyangugu
Témoin oculaire et Bénéficiaire
Nyakabuye
16°BIMENYIMANA Jacqueline
Réfugiée au Camp Nyarushishi Bénéficiaire
Cyimbogo
17°SINAMENYE Ildephonse
Chef de Service ORTPN
Membre du Comité Préfectoral de Sécurité ,Collaborateur
Gishoma
18°TUYISHIME Alfred
Etudiant UNR Butare Témoin oculaire
Gatare
19° NTAKIRUTIMANA Faustin
Enseignant Secteur Gafunzo Témoin oculaire et bénéficiaire
Gafunzo
20° MURINDA Janvier
Chauffeur
Témoin oculaire, bénéficiaire
Gisuma
21°HABINEZA Albert
Etudiant au Collège , Bénéficiaire
Cyimbogo
22°NSHIMIYIMANA Théodore
Rescapé Réfugié au Camp Nyarushishi Bénéficiaire
Cyimbogo
23°HATEGEKIMANA Célestin
Entrepreneur Témoin et bénéficiaire
Gafunzo
24°HATEGEKIMANA Fidèle
Commandant FAR détaché IRST Butare, bénéficiaire et témoin
Karengera
25°NTAGANZWA Jean Damascène
Activiste des Droits Humains,Témoin et bénéficiaire
Bugarama

Qui, aujourd’hui, en France, pour dire à haute voix: « notre pays n’est pas un paillasson ».

Le grand contraste qui cerne la visite de Paul Kagame à Paris: A bras ouverts, Emmanuel Macron accueille de nouveau Paul Kagame, un des hommes les plus controversés  de la planète, ce lundi 17/05/2021. Le Président français n’a qu’un seul objectif: redorer l’image de son pays et réchauffer les relations entre la France et le Rwanda. En effet,  les autorités rwandaises ont pendant longtemps lancé des critiques grotesques contre la France, jusqu’à l’accuser d’avoir participé au génocide! Aujourd’hui, le ton a changé, mais, la France n’a pas encore d’Ambassadeur au Rwanda depuis plus de 5 ans. Il n’y a qu’un Chargé d’affaires de la République française au Rwanda.

Emmanuel Macron, le reçoit donc dans l’intérêt de la France en tant que Chef d’Etat; mais il n’ignore pas le genre de personnalité à qui il tend la main. C’est le même dictateur qui a appris le pouvoir après le génocide et la guerre de 4 ans, chef de la rébellion à l’époque. Macron est entouré par de grandes personnalités qui connaissent bien les arcanes du pouvoir actuel au Rwanda. On peut citer Jean Yves Le Drian, Ministre ayant dans ses attributions les affaires étrangères, ou encore le Chef d’Etat Major de l’armée, le Général François Lecointre qui était présent au Rwanda durant l’opération turquoise en 1994.

Le totalitarisme est le qualificatif du pouvoir de Paul Kagame. Selon différents rapport des ONG de droits de l’homme, les Rwandais souffrent à cause de son régime plus que jamais répressif. La Région des grands lacs africains le connaissent pour les conflits et guerres au-delà des frontières, plus particulièrement en RDC. Il est en froid avec les Chefs d’Etats voisins, l’Ouganda et le Burundi en particulier. Longtemps soutenu par les USA et la Grande Bretagne, Paul Kagame n’est plus le bon élève des Américains ni des Britanniques. La France lui souhaite la bienvenue.

 Le revers de la médaille: 

Comment être fier, quand on déroule le tapis rouge à l‘un des hommes les plus violents de ce monde? En 2007, une femme courageuse et membre du gouvernement français, n’avait pas supporté la visite de Kadhafi à Paris. Rama Yade avait déclaré:  » «Notre pays n’est pas un paillasson». Bernard Kouchner avait estimé qu’elle «avait raison de parler ainsi». Mais Kouchner est-il capable de dire pour le cas de Kagame? Kouchner est-il capable de dire que Kadhafi est pire que Kagame? Aujourd’hui, Sarkozy est-il si fier d’avoir reçu en grandes pompes Kadhafi? Macron le sera-t-il dans 5 ans, 10 ans? L’Histoire le dira. 

Les Rwandais qui vivent en Europe ont obtenu une autorisation pour manifester à Paris ce 18/05/2021 contre Paul Kagame à la tête d’un régime très critiqué en matière de violation de droits de l’homme. HRW, Amnesty International, Crisis Group, ne cessent de tirer la sonnette. Personne ne pourrait prétendre ne pas savoir. Macron non plus.

Source: Rédaction LECP Info.

Le Groupe d’Initiative France – Rwanda (GIFR) réagit au Rapport Duclert.

Réaction du Groupe d’Initiative France-Rwanda aux conclusions du Rapport de la Commission chargée de mener un travail de fond centré sur l’étude de toutes les archives françaises concernant le Rwanda entre 1990 et 1994 afin d’analyser le rôle et l’engagement de la France durant cette période.

Paris le 16 mai 2021

Suite à la sortie du rapport de la Commission de Recherche sur les Archives que le Professeur Vincent DUCLERT a remis au Président de la République, Monsieur Emmanuel MACRON, le 26 mars 2021, le Groupe d’Initiative France-RWANDA (GIFR) aimerait exposer brièvement ses commentaires sur ce document long de plus de 1200 pages.

Il convient de rappeler d’abord que le Président Emmanuel MACRON, dans sa lettre du 5 avril 2019, adressée au Président de ladite Commission a défini les objectifs assignés à celle-ci :

  • Consulter l’ensemble des fonds d’archives françaises relatifs à la période pré-génocidaire et celle du génocide lui-même ;
  • Rédiger un rapport qui permettra -d’offrir un regard critique d’historien sur les sources consultées –d’analyser le rôle et l’engagement de la France au Rwanda au cours de cette période, en tenant compte du rôle des autres acteurs engagés au cours de cette période –
  • Contribuer au renouvellement des analyses historiques sur les causes du génocide des Tutsi, profondes et plus conjoncturelles, ainsi que sur son déroulement, en vue d’une compréhension accrue de cette tragédie historique et de sa meilleure prise en compte dans la mémoire collective, notamment pour les jeunes générations.

À la lecture de ce rapport, notamment dans sa conclusion, il ressort nettement que les membres de la commission accusent le Gouvernement français de l’époque, avec à sa tête le Président François Mitterrand, d’avoir entretenu des relations personnelles et directes avec le régime du Président Juvénal Habyarimana, ce qui est absolument faux car les relations entre les deux pays furent des relations diplomatiques normales.

De 1990 à 1994, Monsieur Jean Marie Vianney Ndagijimana, membre actuel du GIFR, fut ambassadeur du RWANDA à Paris. Aussitôt la commission de recherche sur les archives mise en place en avril 2019, le GIFR, et particulièrement cet ancien ambassadeur, a adressé un courrier recommandé avec accusé de réception dans lequel il exprimait son désir et sa disponibilité d’être auditionné par la commission, afin de témoigner au sujet de ces relations franco-rwandaises. Monsieur Ndagijimana promettait de mettre à la disposition de la commission des éléments d’archives personnelles et officielles. La Commission a refusé cette offre et ceci est bien regrettable.

Le Front Patriotique Rwandais (FPR), composé, en majorité, de réfugiés Tutsi en Uganda, a attaqué le Rwanda à partir du 1er octobre 1990, provoquant une guerre fratricide qui a duré trois ans et demi. À la demande du gouvernement légitime du Rwanda, et en application d’un accord de défense signé en 1975 par le Président Valéry Giscard d’Estaing, la France est intervenue au Rwanda pour stabiliser le front militaire et favoriser les négociations ayant abouti à la signature des Accords de Paix d’Arusha le 4 août 1993, entre le Gouvernement rwandais, dirigé par le Président Juvénal Habyarimana et les rebelles du FPR, dirigés par Monsieur Paul Kagame.

Les accords d’Arusha avaient permis de mettre fin à la guerre et devaient aboutir, in fine, à la mise en place d’un gouvernement consensuel basé sur le partager du pouvoir entre les deux parties en conflit. Mais c’était sans compter avec l’agenda caché du général Paul Kagame : prendre le pouvoir par la force et régner en maitre absolu sur le Rwanda au détriment du partage du pouvoir.

Le point culminant fut l’attentat du 06 avril 1994 perpétré contre l’avion transportant le Président rwandais Juvénal Habyarimana, le Président burundais Cyprien Ntaryamira, d’autres personnalités rwandaises et burundaises, ainsi que trois membres de l’équipage français. Cet attentat, commis par les rebelles du FPR, vint annihiler tous les efforts de paix consentis pas la France et fut ainsi l’élément déclencheur du génocide des Tutsis et des nombreux massacres au sein de la population rwandaise.

En application de la résolution 929 du 22 juin 1994 du Conseil de sécurité de l’ONU, la France fut alors le seul pays occidental qui accepta d’intervenir pour voler au secours des populations rwandaises, alors que la Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR), dirigée par le Général canadien Roméo Dallaire, s’avérait impuissante et incapable d’arrêter le génocide.

Dans sa lettre de mission, le président de la République Emmanuel Macron a demandé à la Commission Duclert d’analyser le rôle et l’engagement de la France au Rwanda, en tenantcompte du rôle des autres acteurs engagés au cours de cette période. On peut citer les pays tels que l’Uganda qui a formé, armé et soutenu militairement et diplomatiquement la rébellion du FPR du début jusqu’à la fin de la guerre, sans oublier la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique qui ont apporté un appui militaire et diplomatique au FPR.

Pour sa part, la Belgique, ancienne puissance coloniale dont le contingent militaire constituait l’ossature de la MINUAR, a retiré ses troupes une semaine après le déclenchement du génocide.

II est donc incompréhensible et inadmissible que la commission de recherche sur les archives parle d’aveuglement à où la France a, la première, saisi opportunément le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour demander l’envoi de troupes au Rwanda, ce qui a été accepté en juin 1994 et a permis à l’« Opération Turquoise » de sauver des dizaines de milliers de Tutsi mais aussi de Hutus et de Twa en danger de mort. Les responsables politiques et militaires français témoins de cette période ont fourni des renseignements précis sur le déroulement des événements tels que vécus sur place au Rwanda ou à Paris.

Pour des raisons inavouées, et pour masquer ses propres responsabilités dans l’attentat terroriste du 6 avril 1994 et dans le génocide subséquent, le régime de Paul Kagame n’a cessé d’accuser la France d’être complice du génocide des Tutsis.

Dès son élection à la Présidence de la République en 2017, le Chef d’État français, Emmanuel MACRON a manifesté sa volonté d’améliorer les relations entre la France et le Rwanda. Cette démarche est compréhensible et normale entre deux pays et la création de la commission Duclert s’inscrit dans cette volonté de normalisation.

Cependant, au vu des conclusions de la commission, il s’avère que ce rapport est essentiellement politique, partiel et partial. En effet, à travers ses multiples déclarations dans la presse française et internationale, le Professeur Vincent Duclert, président de la commission, a donné l’impression de vouloir à tout prix faire plaisir aux autorités de Kigali, allant jusqu’à suggérer au président Macron de reconnaître la responsabilité de la France dans la tragédie rwandaise, tout en écartant toute complicité directe dans le génocide.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda considère qu’en stigmatisant par trop le régime de feu le Président Juvénal Habyarimana, et en présentant la rébellion du FPR comme de valeureux libérateurs ayant accouru pour arrêter le génocide des Tutsi, sans parler suffisamment du rôle des pays qui ont sponsorisé la guerre au cours de la période sous examen, la commission Duclert est sortie du cadre de sa mission de recherche historique objective. En prenant ouvertement fait et cause pour les thèses et le discours militant du régime de Paul Kagame, la commission Duclert a cessé d’être neutre.

Nos inquiétudes sont d’autant plus fondées que de sources diverses, certains membres de la commission seraient proches d’associations connues pour leur soutien sans réserve au régime de Paul Kagame. Il est donc permis de douter de la neutralité et du caractère strictement scientifique de ce rapport.

Pour conclure, le Groupe d’Initiative France-Rwanda (GIFR), composé de résidents rwandais et de Français d’origine rwandaise, soutient la volonté du Président Emmanuel MACRON de renouer les relations entre la France et le Rwanda. Cependant le groupe tient à rappeler que le régime actuel de Kigali, dirigé par le Président Paul Kagame depuis déjà 27 années, foule au pied la démocratie, l’état de droit et le respect des droits humains au Rwanda.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda demande en conséquence au Président Emmanuel Macron de ne pas ‘’faire de mauvais compromis sur les droits de l’Homme’’, notamment sur les nombreux crimes commis par le régime dictatorial de Paul Kagame contre les populations du Rwanda et des autres pays d’Afrique des grands lacs au cours de ces trois dernières décennies.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda demande instamment au président Emmanuel Macron de soutenirsans réserve l’Initiative du Dr. Denis MUKWEGE, Prix Nobel de la Paix 2018, pour la mise en place du Tribunal pénal international ad hoc recommandé par le Rapport du Projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République démocratique du Congo, ex-Zaïre.

La nouvelle page des relations franco-rwandaises ne devrait pas s’écrire sur la base du seul rapport partial et partiel présenté par la commission Duclert, au risque d’inscrire dans le marbre les nombreuses inexactitudes contenues dans ce rapport considéré par beaucoup comme par trop favorable aux thèses anti-françaises développées par le régime du président Paul Kagame.

Fait à Paris, le 16 mai 2021

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda (GIFR)

Contact : groupe.gifr@gmail.com

Le document en format PDF

How dictatorships manage their image

Authoritarian states deliberately use a number of tools to manage their image internationally, writes Alexander Dukalskis. Creating positive news, distracting and silencing critique, and shaping elite opinion help make the world safer for dictatorships

Photo: Wikimedia Commons

Rwanda’s authoritarian leader Paul Kagame Photo: Wikimedia Commons

In 2012 news broke about a public relations contract between a firm called Racepoint Global and the Rwandan government. The contract involved a plan written by the firm to improve Rwanda’s image internationally, including managing the image of its authoritarian leader, Paul Kagame.

The plan is telling. Of course, it includes the standard public relations stuff like making the country look attractive and Kagame a wise leader. But more interestingly, it details its aims to undermine Rwanda’s critics abroad – including human rights activists.

The plan also aims to cultivate journalists in leading outlets to promote a positive image of Kagame, and Rwanda. Thanks to the US Foreign Agents Registration Act (FARA), you can look up the plan for yourself.

Soft power or image management?

We often think about states promoting a positive image of themselves abroad through ‘soft power’ initiatives. And rightfully so: they do this a lot. But the Rwanda Racepoint memo is a revealing reminder that states – and especially authoritarian ones with an image problem – do a lot of other things to manage their image. These activities are often ethically dubious or sometimes outright illegal – violent, even.

In his excellent book, journalist Ron Nixon details the methods South Africa’s Apartheid regime used to improve its dire image internationally. These included paying lobbyists, and sponsoring ‘look and see’ tours to South Africa for opinion-shapers. The regime even attempted to purchase a newspaper covertly, discrediting critics as closet communists. Many authoritarian states do all these things and more.

Authoritarian image management

In my new book Making the World Safe for Dictatorship, I try to understand what motivates these efforts and how they operate. Focusing on authoritarian states, I create a framework of what I call ‘authoritarian image management.’

Authoritarian states use a range of tactics abroad to burnish their image and stamp out criticism; in short, they try to make their world safe for their dictatorship.

Authoritarian states use a range of tactics abroad to burnish their image and stamp out criticism; in short, they try to make their world safe for their dictatorship. The idea of the book is to put all these different methods into the same conversation. It aims to understand their strengths and weaknesses, and how different states adopt different tactics.

Authoritarian image management has two audiences: mass publics or specific elites. Further, it can have two main forms: promoting positive messages or obstructing criticisms of the state. Put together, you get four types of authoritarian image management, depending on audience and form.

To study these tactics, I use a range of data, including FARA documents, interviews, case study evidence, and video analysis. I also created a publicly available database of all instances in which authoritarian states threatened and/or repressed one of their own citizens abroad between 1991 and 2019.

Creating positive images

Here let me highlight some examples that have transpired since the book came out.

First, perhaps the most salient example of an authoritarian state putting out positive messages designed for a mass audience is covid-related messaging by the People’s Republic of China (PRC).

The Chinese authorities have attempted to present the PRC as successful at home in eliminating the disease and generous abroad in helping other countries meet the pandemic’s challenges.

In a recent paper with my co-author Sam Brazys, we analyse the messaging of Xinhua, China’s main state news agency, and find that it portrays China in positive and generous terms. The idea is to portray China’s authoritarian system as capable domestically and non-threatening internationally.

China’s Xinhua state news agency portrays the country’s authoritarian system as capable domestically and non-threatening internationally

Responding to criticism

Second, authoritarian states don’t just try to present positive images to the general foreign public. They also try to mitigate or distract from bad news or criticism.

If one examines Russia’s main external TV station – RT – for news about the case of arrested dissident Alexei Navalny, this mode of authoritarian image management is apparent. He is variously portrayed as an extremist or terrorist (or at least terrorist-adjacent), a stooge of foreign powers destined to be defeated, and yet another example of how Russia is reasonable while ‘the West’ is anything but.

Photo: Mitya Aleshkovsky, Flikr
Russian opposition leader Alexei Navalny speaks to journalists after a trial in Kirov, Russia Photo: Mitya Aleshkovsky, Flikr

Someone like Navalny is a public relations problem for Russian authorities, and his global name recognition means that the government can’t just pretend he doesn’t exist. The authorities perceive that they have to respond to the negative press.

Silencing critique

Third, authoritarian states can try to silence specific critics or groups of critics abroad. This tactic involves what scholars call ‘extraterritorial repression’ or ‘transnational repression.’ Freedom House has recently released a major report and underlying data on the subject.

Paul Rusesabagina
Activist and humanitarian Paul Rusesabagina was a prominent critic of Rwanda’s Kagame government Photo: Gerald R. Ford School of Public Policy, Flikr

A controversial and high-profile example is the case of Paul Rusesabagina, portrayed in the movie Hotel Rwanda as saving lives during Rwanda’s 1994 genocide.

From abroad he frequently criticised Kagame’s government. In August 2020 he was apparently deceived into boarding a charter flight and ultimately ended up in Rwanda where he now faces a terrorism trial.

A prominent critic of the Rwandan government is now no longer able to voice his criticisms to international audiences.

Shaping elite opinion

Authoritarian states try to cultivate elite opinion shapers to disseminate positive messages to international audiences. Sometimes this is through direct funding, sometimes through access. It may even stem from ideological affinity.

Authoritarian states try to cultivate elite opinion shapers to disseminate positive messages to international audiences

There are lots of potential examples here and many grey areas. One topic is funding for think tanks. In her recent report on the subject, Nadège Rolland details how authoritarian states try to fund think tanks to shape elite conversation on issues important to them. A similar logic can extend to universities.

These examples are just the tip of the iceberg. Authoritarian image management is about more than just ‘soft power’.

Once you start thinking about the multiple methods available to authoritarian actors abroad it becomes important to see them as tools in a toolkit rather than as unrelated to one another.

Alexander Dukalskis

Source: https://theloop.ecpr.eu

RDC : Félix Tshisekedi décrète un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri

Le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a décrété vendredi 30 avril un état de siège au Nord-Kivu et en Ituri. Cette décision a été prise « au regard de la gravité de la situation dans ces deux provinces conformément à l’article 85 de la constitution », a annoncé le ministre de l’Information et des Médias, Patrick Muyaya, tard dans la soirée à la télévision officielle (RTNC) lors de la lecture du compte rendu du premier conseil des ministres.

L’état de siège a été décrété après concertation entre le chef de l’Etat et le conseil supérieur de la défense, constitué notamment du premier ministre et des deux présidents des deux chambres du parlement.

Une ordonnance présidentielle sanctionnant cette décision sera rendue public dans les prochaines heures, a précisé Patrick Muyaya. Selon lui, l’objectif poursuivi est de mettre rapidement fin à l’insécurité qui décime quotidiennement la population locale.

Source : Radio Okapi

Carte blanche: «La traversée» de Patrick de Saint-Exupéry, une autre forme de négationnisme?

L’ouvrage du grand reporter ne fait pas l’unanimité. Pour les auteurs de cette carte blanche, son objectif n’est autre que de dénigrer insidieusement le Rapport Mapping des Nations unies remis en lumière par le Dr. Mukwege dans son discours de réception du Prix Nobel de la Paix en 2018.

Par René Lemarchand, professeur émérite à University of Florida, auteur de «Remembering genocides in Central Afrika» (Routledge edition, 202); Filip Reyntjens, professeur de droit et de sciences politiques à l’Université d’Anvers, auteur de nombreux ouvrages sur la région des Grands Lacs; Johan A. Swinnen, ancien ambassadeur de Belgique au Rwanda (1990-94) et en RDC (2004-08); Luc Henkinbrant, docteur en Droit, ancien directeur d’Amnesty International (AIBF), coordonnateur de l’Unité de lutte contre l’impunité et de justice transitionnelle de la Monuc/Monusco.

En 1997, des réfugiés rwandais arrivent à Ubundu, en RDC.

En 1997, des réfugiés rwandais arrivent à Ubundu, en RDC. – AFP

De nombreux médias francophones ont fait beaucoup d’honneur au « long reportage » du journaliste Patrick de Saint-Exupéry, publié dans La traversée, paru aux éditions Les Arènes dans la Collection Reporters. Nous l’avons donc lu. Et nous voulons faire part de notre indignation.

D’après la quatrième de couverture, l’enjeu de cette « odyssée au cœur de l’Afrique » est de « Vérifier les accusations des autorités françaises répétées inlassablement depuis plus de vingt ans : un génocide se serait déroulé au cœur de la forêt équatoriale congolaise, des centaines de milliers d’hommes et de femmes auraient été massacrés dans l’indifférence ». En réalité, le véritable enjeu de La traversée est insidieusement de décrédibiliser un rapport des Nations unies documentant les crimes de masse impunis dont le Congo a été le théâtre tragique. Ce « Rapport Mapping » a été remis en lumière par le Dr. Mukwege lors de son discours de réception du Prix Nobel de la Paix : « Au moment même où je vous parle, un rapport est en train de moisir dans le tiroir d’un bureau à New York. Il a été rédigé à l’issue d’une enquête professionnelle et rigoureuse sur les crimes de guerre et les violations des droits humains perpétrés au Congo. Cette enquête nomme explicitement des victimes, des lieux, des dates mais élude les auteurs. Ce Rapport du Projet Mapping établi par le Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits Humains, décrit pas moins de 617 crimes de guerre et crimes contre l’humanité et peut-être même des crimes de génocide. Qu’attend le monde pour qu’il soit pris en compte » ?

Parmi les pays le plus souvent cités figure en première place le Rwanda, accusé par les enquêteurs de l’ONU d’avoir massacré un nombre incalculable de réfugiés hutus rwandais et de civils congolais. Plus grave, les attaques, « en apparence systématiques et généralisées » de l’AFDL/APR (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo/Armée patriotique rwandaise) contre les civils, lors de la « première guerre du Congo » de 1996 à 1997, « révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide ». Un lecteur non averti pourrait ne pas s’apercevoir que l’objectif de La traversée est de disqualifier le Rapport Mapping et que cette « enquête » ne repose que sur des témoignages très limités et sur des falsifications par altération des documents auxquels elle se réfère.

Des témoins crédibles ?

Comportement étrange pour un journaliste indépendant, avant d’entamer son périple congolais, il prépare son enquête en compagnie de l’officier supérieur rwandais, le général James Kabarebe, qui a dirigé les opérations militaires de l’AFDL/APR visant à démanteler les camps et à traquer les réfugiés hutu à travers le Zaïre. C’est donc avec l’un des principaux auteurs présumés de crimes de masse commis durant cette « traversée » que le reporter trace l’itinéraire qu’il va emprunter.

Son « enquête » se poursuit auprès de « témoins » rencontrés, un peu par hasard, dans les localités congolaises où il fait étape. Quelques Congolais et expatriés avec lesquels il converse. Parmi eux, seulement sept lui parlent des massacres, de manière très générale puisqu’aucun n’a été témoin direct des événements. C’est sur base de ces quelques « témoignages », et d’une prétendue absence de traces, qu’il s’acharne à dénigrer le Rapport Mapping. Sur les 318 pages de son livre, il ne cite in extenso aucun des 1.143 paragraphes du rapport qui décrivent pourtant de nombreux « incidents », la plupart du temps des massacres. Ne pouvant pas les nier, il s’attache à les minimiser et à les présenter comme des conséquences regrettables des aléas de la guerre ou des dommages collatéraux des combats.

Faire dire au Rapport Mapping ce qu’il ne dit pas

A plusieurs reprises, il tente de faire croire que le Rapport Mapping lui-même conclut qu’il n’y a pas eu intention claire de détruire le groupe ethnique hutu, donc qu’il n’y a pas eu de génocide. En réalité, le rapport ne formule très prudemment qu’une hypothèse : « La question du génocide à l’encontre des Hutus demeure irrésolue jusqu’à aujourd’hui. Elle ne pourra être tranchée que par une décision judiciaire basée sur une preuve hors de tout doute raisonnable ». On l’aura compris, on ne peut mettre sur le même pied « l’enquête » de Patrick de Saint-Exupéry et le Rapport du Projet Mapping. Du côté de La traversée, quelques conversations avec 4-5 expatriés et une dizaine de Congolais. Aucun témoin direct, aucun réfugié rwandais rencontré et interrogé. Aucune question sur les très nombreuses fosses communes qui pourraient contenir des preuves de crimes de masse et permettre peut-être de les qualifier juridiquement. Du côté du Rapport Mapping, le travail d’une équipe de 33 experts congolais et internationaux qui, d’octobre 2008 à mai 2009, ont examiné plus de 1500 documents et obtenu des informations de 1.280 témoins en vue de corroborer ou d’infirmer les violations répertoriées.

Pourquoi cette tentative de dénigrement du Rapport Mapping ?

Le Rapport Mapping est une épée de Damoclès sur la tête des dirigeants des pays impliqués dans les crimes de masse perpétrés au Congo-Zaïre et il entraîne pour les plus hauts responsables de ces atrocités des risques évidents de mise en cause.

Le premier est de devoir comparaître un jour devant un tribunal devant lequel ces auteurs présumés pourraient être poursuivis pour crimes de guerre ou, pire encore, pour d’éventuels crimes de génocide à l’encontre du groupe ethnique hutu.

Le deuxième grand risque est que, s’il est établi et reconnu que l’APR a commis des crimes de masse au Congo en 1996-97, beaucoup en arriveront à se demander si le Front Patriotique Rwandais (FPR), organisation politique dont relève l’APR, n’a pas aussi commis, auparavant, au Rwanda, le même genre de crimes de masse contre les Hutus. Cette responsabilité du FPR dans des crimes commis à partir du début de la guerre civile en octobre 1990 est documentée par des organisations internationales de défense des droits de l’homme, des chercheurs, historiens, journalistes. Toutes ces « voix dissidentes », qui reconnaissent et condamnent sans la moindre ambiguïté le génocide à l’encontre des Tutsi mais qui, dans un souci d’objectivité, ont le courage de parler des crimes de masse commis par le FPR/APR, se font systématiquement qualifier de « révisionnistes », voire de « négationnistes », dans le but évident de les discréditer ou de les réduire au silence.

Le troisième risque est que la fin de cet aveuglement, volontaire pour certains, involontaire pour d’autres, sur les crimes de masse commis par le FPR/APR ne conduise à une remise en question radicale de la doxa, du récit historique officiel, propagé depuis 25 ans, qui présente Paul Kagame et son mouvement armé FPR comme les « sauveurs qui ont mis fin au génocide des Tutsi au Rwanda et les libérateurs qui ont chassé Mobutu du pouvoir ». Ce narratif est largement accrédité dans le monde, diffusé par la plupart des médias et reçu comme parole d’évangile par une grande partie de l’opinion.

C’est donc à une opération de désamorçage de ce Rapport explosif que s’est livré le « journaliste d’investigation ». Paradoxalement, et heureusement, La traversée risque fort de produire l’effet inverse de celui recherché. Journalistes et lecteurs dotés d’esprit critique pourraient bien être amenés à s’intéresser à ce Rapport Mapping et à y découvrir par eux-mêmes les crimes de guerre et crimes contre l’humanité et peut-être même les crimes de génocide qui auraient été commis en RDC.

Où sont les négationnistes ?

L’accusation infamante de négationnisme est rabâchée depuis 25 ans par Patrick de Saint-Exupéry et d’autres auteurs, à l’encontre de ceux qui, tout en reconnaissant sans réserve le crime de génocide contre les Tutsi, ont le courage de mettre en lumière tous les crimes de masse commis dans la région des Grands Lacs. Cette accusation pourrait bien se retourner contre l’auteur tant est manifeste, tout au long de son reportage, un parti pris évident. Ne s’agit-il pas là d’une véritable entreprise négationniste ? Et les médias qui ont rendu compte de son livre, parfois sans le moindre esprit critique, ne pourraient-ils pas s’interroger sur la démarche de l’auteur et mener les recherches nécessaires à une vérité historique impartiale ?

Source: Le Soir

FBI probes St. Mary’s Zoom ‘intrusion’ linked to Rwandan regime.


The FBI is investigating accusations that a Rwandan diplomat in Washington crashed a St. Mary’s University Zoom class, apparently to snoop on the family of Paul Rusesabagina, a famous dissident imprisoned in that country.

Rusesabagina became known for saving 1,268 people during the country’s horrific 1994 genocide, a role dramatized in the 2004 Hollywood film “Hotel Rwanda.” He fell out with the country’s new president, Paul Kagame, and became a Belgian citizen and permanent U.S. resident living in San Antonio and Brussels.

Last summer, he was duped by a friend in Dubai into getting on a private plane to Rwanda and was jailed, accused of aiding an armed opposition group. An international campaign has been trying to secure his release.

St. Mary’s President Tom Mengler said in a university news release that the Rwandan government used a spy “to listen in” on an April 6 videoconference class involving students, staff and guests. Rusesabagina’s son, Tresor, attends the class, and the Zoom session also included the student’s mother, Tatiana, and a sister, Anaise Kanimba.

The FBI interviewed several witnesses this month, said Bill Israel, the associate professor of communication studies who led the class.

“They just seemed pretty interested,” Israel said. “They were also pretty tight-lipped about giving away any information, but it was clear that they were interested in what we had to say.”

An FBI spokeswoman in San Antonio declined comment.

The university’s information technology department identified the intruder as Charles Ntageruka, who used the initials “MN” and entered the Zoom meeting for three minutes and signed off, the school said. The caller returned to the session until Israel challenged him and severed the connection.

Ntageruka is a second counselor at the Rwandan Embassy in Washington, according to his LinkedIn profile, Israel said.

The entry to the Zoom session was illegal and “gained by access somehow to our system that we can’t explain,” with Rusesabagina’s family the likely target, Israel said.

Rusesabagina, 66, is a longtime Kagame critic. He is being tried on 13 charges that include financing terrorism, complicity in murder, recruiting child soldiers and forming a rebel group. If convicted, he faces up to 25 years in prison. His friends in the United States and Europe call the accusations absurd.

Kagame has run the Central African country since 2000 and is credited with leading it into a period of stability and prosperity, with a focus on reconciling its two major tribal groups after the bloodletting of the 1990s. Human rights groups have accused him of torturing and killing opponents.

The Rwandan genocide claimed the lives of as many as 1 million ethnic Tutsis and moderate Hutus, though Tutsis also engaged in more limited massacres in parts of the country in the genocide’s aftermath, according to reports.

Rusesabagina emerged as a heroic figure for his cool-headed sheltering of Tutsis trapped for 76 days at a hotel he ran. President George W. Bush presented him with the Presidential Medal of Freedom in 2005.

Kitty Kurth, a Chicago publicist and friend who advises Rusesabagina’s nonprofit foundation and is pressing for his release, said he is refusing to attend his trial because he has not been allowed to meet with his lawyers.

Mengler, the St. Mary’s president, called Rusesabagina “an international hero” in the news release.

“This intrusion by a member of (Rwanda’s) diplomatic corps into a St. Mary’s class shows the paranoia of President Kagame’s administration in seeking to quell a rising chorus of international outrage over its kidnapping of Mr. Rusesabagina,” Mengler said in the release.

Rusesabagina’s reputation within Rwanda itself has grown tarnished under the Kagame regime, where survivors’ accounts of the hotel siege now differ, with some casting him as a profiteer. Even survivors who remember his actions as selfless and humane now criticize his alleged affiliation with a rebel army whose attacks from neighboring countries have killed civilians, according to a March 7 profile in the New York Times Magazine by Joshua Hammer, who covered the 1994 genocide as a Newsweek correspondent.

“What I have learned in the course of this inquiry is there are two kinds of Rwandans — those who flee and those who are on the government payroll,” Israel said.

Rusesabagina’s defenders say the Kagame regime became adept at not only twisting the truth but using protesters to shadow Rusesabagina when he made speaking appearances around the world.

The intrusion of a university Zoom session was in that character, said Rusesabagina’s friend Kurth.

“This is not the first time that the Rwandan government has come at Paul using academic institutions as a vehicle. This is kind of part of a much larger, longer pattern, so while we were surprised at what happened, we weren’t shocked,” she said.

The State Department said it intended to “advocate for legal proceedings against Mr. Rusesabagina to be fair and transparent, consistent with our strong global commitment to the rule of law.”

The university noted that U.S. Sen. John Cornyn, R-Texas, and Rep. Joaquin Castro, D-San Antonio, joined 30 others in a bipartisan letter urging Rusesabagina’s release and return to the U.S.

Kurth said Rusesabagina has been denied medicine for hypertension his family sent last fall via the Belgian Embassy. Rwandan jailers give him an unspecified drug every day, she said, but his blood pressure is still high.

“He also remains in solitary confinement,” Kurth said. “They open the door to his cell two hours a day so he has natural light.”sigc@express-news.net

Written By Sig Christenson

Sig Christenson covers the military for the San Antonio Express-News and been with the paper since 1997. He was embedded with the 3rd Infantry Division during the invasion of Iraq in 2003, and has reported from Baghdad and Afghanistan seven times since.

A Houston native, he covered the Branch Davidian siege, the 1994 Pensacola abortion clinic shooting, the 2003 space shuttle breakup over Texas, the 2009 Fort Hood shooting and its subsequent legal proceedings, as well as hurricanes, tropical storms and floods since 1986, among them Rita and Katrina and Maria.

Some of his projects include “Witness to War,” a special section recounting the invasion and early occupation of Iraq, and “The Only Retreat,” a three-part series detailing the only U.S. defeat during the invasion.

He’s won awards from Hearst Newspapers and the Associated Press, including Texas APME’s Specialties Reporting category in 2008, and was named “Reporter of the Year” by his peers in 2004.

A graduate of the University of Houston, he is a co-founder, former president and former board member of Military Reporters & Editors, established in 2002.

For a look at his work over time, see http://www.sigchristenson.com E-mail Sig at saddamscribe@yahoo.com

Source : San Antonio Express News

Le jour où Paul Kagame ordonna le massacre gratuit de 8000 civils Hutus rwandais

Le 22 avril 1995 : Le jour où Paul Kagame ordonna le massacre gratuit de 8000 civils Hutus rwandais

Au Rwanda, le génocide ne s’est pas arrêté en juillet 1994. L’extermination des Hutus s’est poursuivie les mois et les années qui ont suivi. Le 22 avril 1995, l’Armée patriotique rwandaise (APR) a massacré des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se trouvant dans le camp des réfugiés de Kibeho. Le carnage s’est déroulé sous le regard ahuri d’une demi-douzaine d’agences de l’ONU et des casques bleus de la MINUAR ayant reçu l’ordre de ne pas intervenir. Selon plusieurs sources, plus de 8000 civils Hutus ont été tués durant cette opération de nettoyage. Les rescapés au nombre de 60 000, selon l’Integrated Operation Center (IOC), la centrale humanitaire de l’ONU, ont plus tard été interceptés sur leur chemin de retour puis achevés par les hommes du lieutenant-colonel Fred Ibingira, officier de l’APR.

Fred IBINGIRA qui a massacré les Hutus à Kibeho est aujourd’hui promu au grade de Général dans l’armée du FPR. Il est aussi l’auteur du génocide de Gakurazo où trois évêques catholiques ont péri avec une centaine de membres du clergé.

Thierry Pickard, un militaire australien de la MINUAR ayant assisté au massacre, a détaillé dans un livre ce qu’il a vu ce jour-là. Son témoignage est effrayant : « Les militaires de l’APR tuaient les rescapés des bombardements avec des baïonnettes pour épargner leurs balles. Dans ce massacre, personne n’était épargné. Même des bébés sur le dos de leurs mères étaient tués. D’autres avaient la gorge coupée. C’est la première fois où je voyais, dans ma vie de militaire, des hommes devenir des cibles de tir à l’arme lourde comme dans les exercices militaires ».

Troublé par le comportement de l’APR, Thierry Pickard se tourna vers un soldat zambien de la MINUAR et lui demanda ce qu’il pensait, en tant qu’Africain, de cette barbarie. Le Zambien lui rétorqua : « Les soldats du FPR ne sont pas des hommes, mais des animaux qui savent se servir des armes à feu ».

Certains observateurs estiment que si les casques bleus de la MINUAR n’étaient pas présents, l’APR aurait certainement fait un plus grand nombre de victimes. Un commandant australien devait déclarer à ses hommes : « Il n’y a absolument aucun doute que si nous n’avions pas été à Kibeho, tout le camp, soit environ 100 000 personnes, aurait probablement été massacré et le monde n’en aurait rien su ».

Inutile de vous dire que l’ONU a couvert ce crime contre l’humanité.

Dans cette rocambolesque histoire qui a mis en évidence toute l’animosité que voue le FPR à l’égard des Hutus, le meilleur avocat du gouvernement rwandais a été l’ambassadeur du Canada au Kenya, Bernard Dussault, dont la juridiction couvrait toute l’Afrique centrale. C’est lui qui a eu la « merveilleuse » idée de proposer une commission d’enquête internationale entièrement dirigée par le pouvoir rwandais pour faire non pas la lumière, mais l’obscurité sur les évènements de Kibeho. Un rapport bidon a été produit et l’affaire a été enterrée. Après tout, que vaut la vie d’un Hutu ?

Patrick MBEKO

Archives Facebook.

Le génocide des Hutus commenté par la télévision française au lendemain du carnage.

“ISO NI NDE”? – the concern of a whole generation?

“ISO NI NDE”? – the concern of a whole generation?

Gustave Mbonyumutwa , April 21, 2021

On April 8th, 2021, as Rwanda just entered the Commemoration Week, a certain Lonzen RUGIRA released a paper called “ISO NI NDE? The relentlessness of genocide deniers” in what seems to be a rebuttal to JAMBO asbl members, which he considers as “the resurgence of denial of the genocide against the Tutsi”.

First and foremost, let us put the record straight. The attacks on JAMBO asbl have nothing to do with fighting “genocide denial” or “genocide ideology” as it has been repeated ad nauseam these last few years. Had that been the case, The Rwandan Government, CNLG or IBUKA or at least one person in this world, would have already filed a complaint against JAMBO asbl in Belgian courts!

In reality, JAMBO asbl is under constant media attacks since it has been, for over a decade now, one of the most “relentless” exposers, in Europe, of RPF-Inkotanyi mass crimes and Human Rights abuses.

Yet RUGIRA’s paper, published on panafricanreview.rw platform, would have gone unnoticed if the Rwandan Minister of Justice, Johnston BUSINGYE and Communication Advisor in the President’s office, Yolande MAKOLO, had not quoted him in their Tweets.

It is not the first time that Lonzen RUGIRA’s public opinion is valued by the very highest authorities of the Rwandan state. Last year in April 2020, he exposed a Minister of State who dared to express his conception of what a genuine KWIBUKA should mean. A few days later, that Minister was fired by presidential order.

Even the members of the President’s family like and retweet his posts, especially Ange KAGAME, whenever it comes to sustaining RPF’s ideology.

This time, Lonzen RUGIRA is reviling JAMBO asbl and its members while paradoxically inviting them to “embrace the truth as the “currency of forgiveness”” and to enter a “virtuous circle as credible and trusted members deserving the community’s good fortune”.

Before reaching this benevolent conclusion, RUGIRA posed the question “Iso ni nde? (who is your father?)” and developed a cumbersome argumentation trying to reconcile the concept of “individual criminality” with the dogma of “collective responsibility” that JAMBO asbl members should bear.

Once decoded, RUGIRA’s complex paper is revealed to be a message to JAMBO asbl members, which is inviting them to ask for forgiveness for what their parents are supposedly accused of, and thus, avoid social and community consequences, as well as preserve their own descendants from being cursed…

This is interesting. But what if this was a concern for a whole generation and not only for JAMBO asbl members?

A generation whose ascendents are wrongfully or rightfully accused of having committed serious crimes including genocides, crimes against Humanity, war crimes and countless political assassinations.

The good news for JAMBO asbl members is that they are very much familiar with the question “Iso ni nde” and they perfectly know how to deal with it. It seems the more they answer it, the less it gets asked …

RUGIRA’s concern should therefore shift towards the offspring of the “mass murderers” identified by the Mapping Report for instance.

What would the descendants of “genocide perpetrators” indicted in the arrest warrants of the Spanish Judge Fernando MEIRELLES reply to the question: “Iso ni nde”?

What kind of mobilization are they doing to “cleanse their forebearers of the responsibility for genocide”?

What about the heirs of those who are proud to murder anyone who betrays “Umuryango” on the excuse that a famous red line has been crossed? 

What are the children of those who shot the presidential plane on April 6, 1994 answer concerning their forebearers?

Iso ni nde” is a question that will be asked to every Rwandan more than once in their life, and the offspring of today’s or yesterday’s RPA/RPF criminals will not escape from it.

If Lonzen RUGIRA is truly concerned about answers from descendants of “killer parents and grandparents”, maybe he should write an essay about those whose parents are still killing to remain in power today?

I am sure all Rwandans, at home or abroad, would be interested to read such a paper. 

Who would not want to know how children reacted after their father had confessed on national TV that he was not “apologetic” for murdering former comrades?

Reading Lonzen RUGIRA’s article with a dispassionate mind is an eye-opener. He has nailed a difficult, yet needed debate that must take place between generations, especially within the RPF-Inkotanyi circles.

The key question being: how to preserve innocent children from bearing the criminal record of their forebearers, and ultimately, how to prevent political criminality from passing from a generation to another?

Instead of wasting intellectual energy with virtual assaults against inexistant genocide deniers – is there really anyone refuting that Tutsi in Rwanda were victims of a genocide in 1994? – perhaps RUGIRA should reflect on how the RPF-Inkotanyi will bequeath its criminal record to the next generation, as this is probably the biggest threat to a truly reconciled Rwandan society.

Gustave Mbonyumutwa

http://www.jambonews.net

[1] https://panafricanreview.rw/iso-ninde-the-relentlessness-of-genocide-deniers/

[2] https://www.rwandanlivesmatter.site

[3] https://twitter.com/BusingyeJohns/status/1381834919178084352?s=20

[4] https://medium.com/@david.himbara_27884/kagame-sacked-nduhungirehe-for-mourning-hutu-opposition-leaders-murdered-during-genocide-against-151b73830c9c

[5] https://youtu.be/uV6tkfyue4Y

[6] https://www.jambonews.net/en/actualites/20180212-rwanda-what-crimes-were-committed-against-the-hutus-and-tutsis/