Rwanda : Paul Rusesabagina a été victime d’une disparition forcée

Les violations des droits de cet opposant soulèvent des craintes quant à la possibilité d’un procès équitable

(Nairobi, le 10 septembre 2020) – L’arrestation par le gouvernement rwandais de Paul Rusesabagina, personnalité connue pour ses critiques du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir, a constitué une disparition forcée et une grave violation du droit international. Le Rwanda devrait immédiatement accorder à cet opposant l’accès à un avocat de son choix, des échanges confidentiels, ainsi que la possibilité d’être en contact régulier avec sa famille. Les autorités devraient lui permettre d’exercer rapidement son droit de contester la légalité de son arrestation, et d’être représenté par un avocat de son choix devant un tribunal indépendant appliquant les normes internationales en matière de droits humains.

Paul Rusesabagina s’est enfui en Belgique en 1996. Il est aujourd’hui citoyen belge et réside aux États-Unis. Le 27 août 2020, il voyageait entre les États-Unis et Dubaï, aux Émirats arabes unis. Des membres de sa famille ont déclaré à Human Rights Watch avoir échangé des messages WhatsApp avec lui ce soir-là, n’avoir pu le contacter de nouveau et n’avoir rien su de ce qui lui était arrivé jusqu’à ce que, le 31 août, le Bureau d’enquêtes rwandais (Rwanda Investigation Bureau, RIB) annonce qu’il détenait Rusesabagina à Kigali, au Rwanda. Sa famille n’a pu lui parler que le 8 septembre.

« Les antécédents du Rwanda dans l’utilisation de méthodes illégales et interlopes pour cibler ceux que le parti au pouvoir perçoit comme une menace sont bien connus », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Le fait que le Rwanda n’ait pas appréhendé Paul Rusesabagina en utilisant une procédure d’extradition légale suggère que les autorités ne pensent pas que leurs preuves ou les garanties d’un procès équitable résisteraient à l’examen d’un tribunal indépendant, les amenant à choisir de contourner l’état de droit ».

Human Rights Watch s’est entretenu avec trois membres de la famille de Rusesabagina et avec l’un de ses avocats, et a examiné les informations accessibles au public, notamment les données des vols entre Dubaï et Kigali et les entretiens accordés par le président Paul Kagame et par le porte-parole du RIB.

Rusesabagina est surtout connu comme étant l’ancien patron de l’hôtel des Mille Collines, un établissement de luxe du centre de Kigali où des centaines de personnes sont venues chercher protection pendant le génocide de 1994 au Rwanda. Après le génocide, craignant pour sa sécurité, il a fui le Rwanda. Par la suite, il est devenu un détracteur féroce du gouvernement rwandais et a cofondé le Mouvement rwandais pour le changement démocratique, le MRCD, une coalition de groupes d’opposition, dont la branche armée est connue sous le nom de Forces de libération nationale (FLN). Les FLN ont revendiqué plusieurs attaques dans la province du Sud, au Rwanda, depuis 2018.

Plus de 10 jours après que le Rwanda a reconnu que Rusesabagina avait été arrêté, les autorités n’ont toujours pas fourni un compte rendu cohérent ou complet de la manière dont il avait été appréhendé puis détenu. En particulier, les autorités rwandaises n’ont pas révélé qui l’avait placé sous sa garde depuis son appréhension à Dubaï le 27 août jusqu’à sa réapparition à Kigali le 31 août.

Rusesabagina a parlé au téléphone à trois membres de sa famille le 8 septembre. L’un des membres de sa famille a déclaré à Human Rights Watch qu’ils craignaient que Rusesabagina ne puisse s’exprime librement parce que deux avocats qui ne font pas partie de l’équipe de défense qu’ils ont constituée étaient présents lors de cette conversation. Des membres de la famille ont également déclaré que ces deux avocats étaient présents lors d’une visite d’un représentant du consulat belge le 7 septembre.

Il est difficile de savoir si Rusesabagina a eu accès à un avocat de son choix, les autorités rwandaises ayant confirmé aux médias qu’elles avaient refusé un avocat qui s’était présenté comme étant autorisé par la famille de Rusesabagina à le représenter.

Les membres de la famille de Rusesabagina ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils craignaient que Rusesabagina ne reçoive des médicaments différents de ceux qu’il prend habituellement pour traiter ses problèmes de santé.

Les autorités rwandaises ont d’abord déclaré qu’elles avaient arrêté Rusesabagina grâce à la coopération internationale, mais le 8 septembre, elles ont semblé faire marche arrière, suggérant qu’elles étaient seules responsables de l’arrestation de Rusesabagina et que d’autres pays n’avaient aidé le pays que pour de précédentes enquêtes. Si tel est le cas, cela signifie que des agents rwandais opéraient sur le sol des Émirats pour le capturer.

Un responsable anonyme des Émirats cité dans un article de CNN a déclaré que Rusesabagina avait quitté le pays « légalement » à bord d’un jet privé pour le Rwanda plusieurs heures après son arrivée aux Émirats. Radio France Internationale a confirmé qu’un avion Bombardier Challenger 605 appartenant à la société Gainjet – qui a un bureau à Kigali et qui est régulièrement utilisée par des responsables rwandais, notamment par le président – a quitté l’aéroport international Al Maktoum de Dubaï vers 1h du matin le 28 août et est arrivé à l’aéroport de Kigali quelques heures plus tard.

Le 6 septembre, le président Kagame a nié toute allégation d’enlèvement : « Il n’y a pas eu de kidnapping. Aucun acte répréhensible n’a été commis dans le processus qui l’a mené ici ».

Alors qu’il était détenu au poste de police de Remera, Rusesabagina a été présenté pour un entretien à The East African le 3 septembre, au cours duquel il a refusé de répondre aux questions sur son arrestation et sur son arrivée au Rwanda. Dans son entretien avec The East African, Rusesabagina a déclaré qu’il avait accès à de la nourriture, des médicaments, une assistance médicale et qu’il était en train de choisir son avocat. Le fait qu’une personne soupçonnée d’une infraction pénale accorde une interview « exclusive » à la presse avant d’avoir accès à ses avocats, aux services consulaires ou à des contacts avec sa famille est extrêmement suspect, a déclaré Human Rights Watch.

Les autorités rwandaises devraient fournir de toute urgence un compte rendu complet et corroboré de la façon dont Rusesabagina a été appréhendé et transféré au Rwanda, a déclaré Human Rights Watch. Sur la base des recherches de Human Rights Watch qui s’appuient sur des informations accessibles au public, Rusesabagina était détenu par les Rwandais ou leurs intermédiaires dès la nuit du 27 août, alors que sa détention n’a été reconnue par les Rwandais que le 31 août, ce qui signifie que sa disparition forcée a duré au moins trois jours.

Quand des autorités privent une personne de sa liberté et refusent de reconnaître sa détention, ou cachent l’endroit où elle se trouve, elles procèdent à une disparition forcée, qui est un crime prohibé en toutes circonstances au regard du droit international. Les personnes impliquées et responsables de tels actes devraient être tenues pénalement responsables, a déclaré Human Rights Watch.

La détention légale et le transfert d’un suspect d’un pays à un autre pour des poursuites pénales devraient être exécutés dans la cadre d’une procédure d’extradition supervisée par un tribunal indépendant pour vérifier la légalité de la demande d’extradition et déterminer si les droits du suspect, notamment le fait d’être protégé contre les traitements inhumains et de bénéficier d’une procédure régulière et d’un procès équitable, seront garantis. Le fait que les autorités rwandaises aient contourné la procédure légale d’extradition de Rusesabagina remet sérieusement en cause la légitimité et la bonne foi qu’ils revendiquent dans leurs efforts pour engager des poursuites contre lui.

En vertu de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (la « Convention contre la torture »), ratifiée par le Rwanda et les Émirats arabes unis respectivement en 2008 et 2012, nul ne peut être envoyé dans un pays où il y a des motifs sérieux de croire qu’il pourrait être torturé ou maltraité. Cette obligation a été interprétée comme obligeant les gouvernements à fournir un mécanisme permettant aux personnes de contester les décisions de les transférer vers un autre pays.

Les autorités belges devraient de toute urgence mener à bien une enquête sur le transfert de Rusesabagina au Rwanda et publier leurs conclusions sans délai, a déclaré Human Rights Watch.

« Le traitement de cette affaire par les autorités rwandaises jusqu’à présent a fait fi de bon nombre de protections prévues par le droit international, suscitant de sérieuses craintes quant au bien-être de Rusesabagina et au respect de son droit à un procès équitable au Rwanda », a déclaré Lewis Mudge. « La gravité des accusations qui pèsent contre Rusesabagina ne donne pas aux autorités rwandaises le droit de recourir au crime de disparition forcée et d’ignorer la régularité des procédures ainsi que les normes internationales d’équité des procès ».

Inquiétudes quant à l’équité du procès d’un opposant de longue date

Au fil des ans, Rusesabagina est devenu une personnalité connue pour ses critiques du Front patriotique rwandais et a accusé Kagame d’armer des milices secrètes. En décembre 2018, Rusesabagina a dénoncé le gouvernement de Kagame dans une vidéo sur YouTube et a appelé à « user de tous les moyens possibles pour provoquer le changement au Rwanda, car tous les moyens politiques ont été essayés et ont échoué ». Dans la vidéo, il promet un « soutien sans réserve » aux FLN, la branche armée du MRCD. Depuis 2018, les FLN ont revendiqué plusieurs attaques autour de la forêt de Nyungwe, dans la province du Sud, près de la frontière avec le Burundi.

En avril 2019, les autorités judiciaires rwandaises ont confirmé que Callixte Nsabimana (également connu sous le nom de « Sankara »), un chef du mouvement et porte-parole des FLN, était sous leur garde, plusieurs semaines après avoir été porté disparu par sa famille. Sa famille a déclaré aux médias qu’il avait été enlevé aux Comores, alors que les autorités rwandaises déclaraient qu’il avait été extradé grâce à la « coopération internationale ».

Richard Sezibera, ministre rwandais des Affaires étrangères à l’époque, a déclaré aux médias qu’il « avait été arrêté et ramené [au Rwanda] » mais n’a pas précisé depuis où ni par quelle procédure son transfert avait eu lieu. Nsabimana a plaidé coupable de toutes les accusations portées contre lui, notamment d’avoir formé un groupe armé illégal, de terrorisme, de meurtre, d’enlèvement et de déni de génocide.

Le 6 septembre, Kagame a déclaré : « Rusesabagina dirige un groupe de terroristes qui ont tué des Rwandais. Il devra payer pour ces crimes. Rusesabagina a le sang des Rwandais sur les mains ». Les déclarations du président, faites avant qu’une procédure judiciaire indépendante n’ait déterminé la culpabilité de Rusesabagina, compromettent ses chances de bénéficier d’un procès équitable au Rwanda. Cela a fréquemment été le cas pour d’autres criminels présumés que le gouvernement accusait d’avoir des liens avec l’opposition et avec des groupes armés, a déclaré Human Rights Watch.

Le 9 septembre, Rusesabagina aurait été déféré à l’Organe national de poursuite judiciaire rwandais et son dossier transféré à cette institution. Rusesabagina devrait avoir accès à un avocat de son choix à chaque interrogatoire ou audition, a déclaré Human Rights Watch.

En vertu de la loi antiterroriste du Rwanda, toute personne soupçonnée de terrorisme peut être détenue provisoirement pour une durée maximale de 15 jours, renouvelable jusqu’à 90 jours. Toutefois, l’article 9 (3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) dispose que « Tout individu arrêté ou détenu du chef d’une infraction pénale sera traduit dans le plus court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires ».

Le Comité des droits de l’homme, un organe d’experts indépendants qui surveille la mise en œuvre du PIDCP, a déclaré que le délai entre l’arrestation d’un accusé et le moment de sa déposition devant une autorité judiciaire « ne devrait pas dépasser quelques jours ».

La position de Human Rights Watch, qui s’appuie sur toutes les normes pertinentes des droits humains, est que toute personne détenue par les autorités d’un État pour quelque raison que ce soit devrait, dans les 48 heures qui suivent le début de sa détention, être physiquement traduite devant un magistrat indépendant pour être autorisée à contester la légalité de sa détention, sauf circonstances exceptionnelles qui rendent cette opération impossible. En tout état de cause, la période de 15 jours autorisée par la loi rwandaise viole le droit international et les obligations découlant des traités auxquels le Rwanda est partie.

Le 7 septembre, les avocats de Rusesabagina ont déposé un appel urgent auprès du Dr Nils Melzer, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Le 31 août 2020, les gouvernements belge et américain ont déclaré à l’Associated Press qu’ils ne disposaient pas d’information sur cette affaire.

Les avocats de Rusesabagina basés aux États-Unis ont déclaré qu’il avait, par le passé, « subi des cambriolages à son domicile, reçu des menaces de mort et survécu à une tentative d’assassinat en 1996 ».

Rusesabagina, qui a le statut de résident permanent aux États-Unis, a reçu la Médaille présidentielle de la liberté des mains de George W. Bush en 2005 et a été lauréat du Prix des Droits de l’homme Tom Lantos en 2011. Le 2 septembre 2020, le Secrétaire adjoint du Bureau des affaires africaines au Département d’État des États-Unis, Tibor Nagy, a tweeté que les États-Unis s’attendaient à ce que le gouvernement rwandais réserve un traitement humain à Rusesabagina, qu’il adhère à l’état de droit et lui donne accès à une procédure judiciaire équitable et transparente.

Attaques contre les dissidents au Rwanda

Le retour à première vue forcé et illégal de Rusesabagina au Rwanda s’inscrit dans un contexte de répression bien documenté des critiques du gouvernement rwandais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le gouvernement a arrêté, détenu et poursuivi au Rwanda des critiques et opposants au gouvernement dans le cadre de procès politiquement motivés et a menacé à plusieurs reprises d’autres personnes vivant à l’extérieur du pays. Certains ont été physiquement attaqués et même tués.

En 2017, Human Rights Watch a documenté l’existence d’actes systématiques de torture, de disparitions forcées, de détentions illégales et arbitraires, de procès inéquitables et d’autres violations graves des droits humains de 2010 à 2016 dans des centres de détention de l’armée au Rwanda, en violation flagrante du droit rwandais et international.

Ces méthodes de détention illégales se sont révélées être conçues pour obtenir des informations auprès de membres réels ou présumés, ou de sympathisants de groupes armés d’opposition, notamment des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé basé dans l’est de la République démocratique du Congo dont certains des membres ont participé au génocide de 1994 au Rwanda. Dans plusieurs procès suivis par Human Rights Watch depuis 2010, les juges ont exercé des pressions sur les prévenus accusés de terrorisme et les ont empêchés de témoigner sur l’illégalité de leur transfert ou de leur détention.

Plus récemment, les autorités rwandaises n’ont pas mené d’enquête crédible et transparente sur la mort suspecte en garde à vue, en février 2020, du chanteur bien connu Kizito Mihigo. Les autorités rwandaises ont affirmé qu’il s’était « étranglé » dans sa cellule du poste de police de Remera. Mihigo, une personnalité critique du gouvernement qui avait été poursuivi et emprisonné pendant quatre ans, avait peu de temps avant sa mort fait part à Human Rights Watch des risques sérieux qu’il encourait d’être tué par des agents du gouvernement.

Mihigo a été détenu au secret dans un lieu inconnu pendant neuf jours en avril 2014, où selon son propre témoignage il a été battu, menacé et forcé d’avouer des crimes dont il a ensuite été accusé. En février 2015, la Haute Cour de Kigali l’a condamné à 10 ans de prison pour des infractions présumées d’association de malfaiteurs, d’entente en vue de commettre un assassinat et de complot contre le gouvernement en place ou le président. Il a été libéré en septembre 2018 après une grâce présidentielle. Il a de nouveau été arrêté en février 2020 à la frontière avec le Burundi.

Après plusieurs années de menaces, d’intimidations, de morts mystérieuses et de procès très médiatisés à motivation politique, peu de partis d’opposition restent actifs ou s’autorisent à commenter publiquement les politiques gouvernementales.

En 2019, trois membres du parti d’opposition non enregistré des Forces démocratiques unifiées (FDU)-Inkingi ont été portés disparus ou retrouvés morts. En septembre, Syldio Dusabumuremyi, le coordinateur national du parti, a été poignardé à mort. À l’époque, le RIB a annoncé avoir placé deux hommes en garde à vue. Eugène Ndereyimana, également membre des FDU-Inkingi, a été porté disparu le 15 juillet, après n’être jamais arrivé à une réunion à Nyagatare, dans la province de l’Est, au Rwanda. Le corps d’Anselme Mutuyimana, un assistant de la dirigeante des FDU-Inkingi à l’époque, Victoire Ingabire, retrouvé mort en mars, présentait des signes d’étranglement. Le RIB a déclaré avoir ouvert des enquêtes sur ces différentes affaires.

En décembre 2019, la Cour d’appel du Rwanda a confirmé la condamnation de deux anciens responsables de l’armée, bien que le tribunal ait réduit leur peine à 15 ans chacun. Le 31 mars 2016, la Haute Cour militaire de Kanombe avait condamné le colonel Tom Byabagamba et le général de brigade à la retraite Frank Rusagara à 21 et 20 ans de prison respectivement pour avoir incité à l’insurrection et terni l’image du gouvernement. Human Rights Watch a dénoncé leurs condamnations pour avoir critiqué les autorités et les politiques gouvernementales, ainsi que l’utilisation de preuves non fiables pendant leur procès, notamment des informations faisant état de mauvais traitements et de problèmes de santé traités de manière inadéquate en détention.

Attaques contre les dissidents à l’étranger

Outre la répression des voix critiques à l’intérieur du Rwanda, des dissidents et critiques réels ou supposés vivant à l’extérieur du pays – en Ouganda et au Kenya voisins, voire plus loin, comme en Afrique du Sud et en Europe – ont été victimes d’attaques et de menaces. 

Les victimes d’attaques à l’étranger sont plutôt des opposants politiques ou des critiques acharnés du gouvernement rwandais ou du président Kagame lui-même. Les anciens responsables du FPR qui se sont retournés contre le président Kagame et sont devenus des opposants en exil ont plus particulièrement été la cible d’attaques et de menaces. Des similitudes existent entre les attaques dans plusieurs affaires très médiatisées, comme par exemple les assassinats de l’ancien ministre de l’Intérieur Seth Sendashonga en 1998 et de l’ancien chef du renseignement extérieur Patrick Karegeya en 2014, et la tentative d’assassinat de l’ancien chef d’état-major de l’armée Kayumba Nyamwasa en 2010, le premier au Kenya et les deux autres en Afrique du Sud.

Karegeya, ancien chef des services du renseignement extérieur du Rwanda et opposant de premier plan au gouvernement, exilé en Afrique du Sud, a été assassiné dans une chambre d’hôtel à Johannesburg le 1er janvier 2014. En 2019, les services du Procureur général d’Afrique du Sud ont émis des mandats d’arrêt contre deux Rwandais accusés du meurtre. Lors de l’enquête sur le meurtre de Karegeya, l’unité spéciale d’enquête sud-africaine a déclaré dans un témoignage écrit que le meurtre de Karegeya et les attaques contre l’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, le général Kayumba Nyamwasa, « étaient directement liés à l’intervention du gouvernement rwandais ».

Suite à son assassinat, le président, le premier ministre et les ministres des Affaires étrangères et de la Défense rwandais ont tous publiquement qualifié Karegeya de traître et d’ennemi, laissant entendre qu’il avait obtenu ce qu’il méritait.

La sécurité de certains réfugiés et demandeurs d’asile rwandais a elle aussi été menacée dans leur pays d’asile, en particulier en Ouganda. Le 20 août 2013, des hommes armés ont enlevé Joël Mutabazi, un ancien garde du corps présidentiel au Rwanda qui avait le statut de réfugié en Ouganda, de la résidence protégée d’une banlieue de la capitale, Kampala, où il vivait depuis qu’il avait échappé à une tentative d’assassinat en Ouganda en juillet 2012. Il a été libéré le jour même grâce à l’intervention de la police ougandaise.

Le 25 octobre 2013, il a été porté disparu d’un autre lieu où il vivait sous protection de la police ougandaise 24 heures sur 24. Il été impossible de le localiser pendant six jours. Le 31 octobre, la police rwandaise a confirmé qu’il était détenu au Rwanda, tout en refusant de révéler son lieu de détention. Le 13 novembre, il a comparu devant un tribunal militaire de Kigali avec 14 coaccusés pour terrorisme et d’autres délits. Le gouvernement ougandais a affirmé qu’un policier ougandais avait remis par erreur Mutabazi à la police rwandaise, sans suivre les procédures légales qui s’imposaient.

En octobre 2014, un tribunal militaire a déclaré Mutabazi coupable de terrorisme, de formation d’un groupe armé et d’autres infractions liées à une collaboration présumée avec un groupe d’opposition en exil et avec les FDLR. Il a été condamné à la prison à vie.

Mutabazi et plusieurs de ses coaccusés ont déclaré aux juges qu’ils avaient été torturés et forcés de signer des déclarations. Les juges n’ont ordonné aucune enquête, mais le président du tribunal a déclaré à l’issue du procès que le tribunal avait condamné plusieurs accusés à de longues peines de prison pour avoir menti au sujet de la torture.


Source: https://www.hrw.org/fr/

Lettre ouverte au Secrétaire Général de l’ONU à propos de l’incapacité de Paul KAGAME

Son Excellence Antonio GUTERRES

Secrétaire -Général de l’Organisation des Nations Unies

Montréal, le 31/08/2020

Cher Monsieur,

1. En avril 1994, le Rwanda s’est effondré dans le chaos lorsque la guerre engagée contre le gouvernement de l’époque depuis octobre 1990 touchait à son horrible sommet. L’attaque terroriste contre l’avion présidentiel qui a causé la mort des Présidents Juvénal HABYARIMANA du Rwanda et de son homologue burundais Cyprien NTARYAMIRA, ainsi que de tous ceux à bord, est inscrit dans le domaine public comme l’étincelle du génocide qui s’est déroulé immédiatement, et auquel près d’un million de vies succomberont sans citer d’autres conséquences catastrophiques de grande portée. L’assassinat subséquent du Premier ministre, Agathe UWILINGIYIMANA, et d’autres dignitaires a créé un vide de leadership, et il n’y avait personne pour arrêter les massacres en cours.

2. De mars 2020 à aujourd’hui, le Rwanda a connu un désordre politique extraordinaire en raison de l’absence de leadership. La déclaration de confinement comme mesure de lutte contre le COVID-19 a été faite contrairement aux dispositions constitutionnelles en matière d’urgence sanitaire, le Premier ministre a usurpé les pouvoirs présidentiels, les forces de sécurité ont abusé des citoyens, les mesures de temps de guerre ont été imposé au pays sans raison, pour ne citer que quelques cas. En conséquence, les victimes des manœuvres militaires ont dépassé celles de la pandémie COVID-19.

3. Des informations provenant de l’intérieur du parti au pouvoir, le FPR, et des analyses de tous les observateurs bien placés permettent de conclure que Paul KAGAME a souffert d’une maladie grave qui a entraîné une perte de capacités mentales, psychologiques et physiques, et donc que le siège présidentiel est vacant. Pour un pays qui a été bâti sur la dictature pendant plus de deux décennies, un vide de leadership peut avoir des conséquences désastreuses : le soulèvement populaire est inévitable face à une armée mono-ethnique qui a des antécédents criminels et sans aucune hésitation à tuer les civils innocents pour maintenir les rênes du pouvoir.

4. En tant qu’acteurs politiques intéressés par les affaires du Rwanda, nous suivons de près la situation et, nous nous rendons compte que le RWANDA a absolument besoin d’une intervention urgente des Nations Unies pour éviter une nouvelle catastrophe humaine. Plus concrètement, nous exhortons votre notable autorité à plaider pour :

A. Une force de sécurité d’intervention pour empêcher la violence militaire qui pourrait éclater au moment où il ne sera plus possible de garder en secret l’incapacité de KAGAME. La mission de cette intervention doit être de protéger la population civile potentiellement proie aux forces fidèles à KAGAME. L’expérience des gardes présidentiels en 1994 aurait dû nous apprendre à être prudents.

B. Une assistance pour patronner un Dialogue Inter Rwandais qui rassemblerait toutes les forces vives, politiques et société civile pour réfléchir à l’avenir de la Nation. Le dialogue devrait aboutir à :

– L’ouverture de l’espace politique pour permettre à toutes les forces du pays de jouer leur rôle dans la reconstruction de la nation.

La proposition d’un gouvernement de transition qui ouvre les portes à l’opposition politique et à tous les acteurs de la société civile avec pour mission de préparer les élections démocratiques de 2024.

La restructuration des institutions étatiques pour en faire des organes démocratiques, efficaces et opérationnelles.

La refonte des services de sécurité du pays et la création de services de confiance reflétant la réalité de la société rwandaise.

La création des commissions distinctes chargées de diverses questions, dont une chargée d’étudier le rapatriement des réfugiés.

Cher Monsieur,

Nous sommes désolés de porter à votre attention que ne pas tenir compte de cet appel urgent marquera l’histoire de l’humanité et que les responsables devront rendre des comptes.

Fait à Montréal, le 31 août 2020.

Pour le Parti ISHEMA

Nadine Claire KASINGE

Présidente

Kuzana ibyihebe mu Rwanda bisobanuye iki ku karere k’ibiyaga bigari?

Inkuru igezweho ni iy’umugabo Adham Amin Hassoun ukomoka muri Libani ubu waaze kugezwa mu Rwanda ngo ahature nyuma y’uko arangije ibihano by’ibyaha byamuhamye. Ibyo byaha by’iterabwoba, byakorewe ku butaka bwa Leta zunze ubumwe z’Amerika maze mu rubanza rwarangiye mu mwaka wa 2007, uyu mugabo Adham Amin Hassoun akatirwa igihano cy’imyaka 15 y’igifungo. Aho atangirije igihano , igihugu cya Leta zunze ubumwe z’Amerika cyanze ko aguma ku butaka bwacyo maze kimuha u Rwanda, na rwo rwemera kumwakira. Ni mu gihe igihugu cye cya Libani cyari cyamwanze cyane cyane ko igihugu cya Isiraheli kimufata nk’umuterabwoba, bityo uwamwakira wese yaba ahanganye na Isiraheli. Kumuzana mu karere k’ibiyaga bigari bivuze iki?

Mu mibanire y’ibihugu habamo guharanira no kurinda inyungu. Ibihugu by’ibihangange ntibijya byibeshya ngo bitsimuke kuri uyu murongo. Nyamara ibihugu bikishakisha akenshi byubakiye ku butegetsi bw’ikandamiza, butagira demokarasi, bihura n’ingorane kuri iyi ngingo. Usanga abategetsi bareba inyungu za bo nk’abantu aho kureba inyungu z’abenegihugu muri rusange.

Bene aba bategetsi barenga ku mategeko bishyiriyeho, kenshi bagasinya amasezerano adafitiye abenegihugu akamaro bagamije gushimisha ibihugu by’ibihangange. Kuzana uyu Adham Amin Hassoun mu karere k’ibiyaga bigari byareberwa muri iyi ndorerwamo. Abenshi bamenyereye ibijyanye na géopolitique barabona ko uyu mugabo afite mission imuzanye, ishobora kuba ijyanye no kubiba intambara izatuma ubukungu bwo mu karere busahurirwa mu nduru.

Mu mateka ya hafi, Leta zunze ubumwez’Amerika zikoresha abantu nk’uyu Adham Amin Hassoun mu ntambara nk’izo. Abazwi cyane ni nka Charles Tylor, Paul Kagame, n’abandi. Reka tuvuge kuri Charles Taylor na Paul Kagame.

Charles Taylor

Charles Taylor

Yafashije Samuel Doe mu gukora cou d’Etat muri Liberia mu mwaka wa 1980. Coup d’Etat irangiye, Charles Taylor yagizwe umuyobozi mukuru wa General Service Agency (GSA) ikigo cyari gishinzwe kugura ibikoresho bya Guvernoma. mu mwaka wa 1983, Tayolor yarirukanywe azira kurigisa amadolari miliyoni y’amanyamerika. Icyo gihe yahise ahungira muri Leta zunze ubumwe z’Amerika. Samuel Doe na Leta ye bakoze ibishoboka byose ngo bagarure Taylor ariko USA yanga kumutanga. Taylor yafungiwe muri Gereza ifite umutekano ukajije yitwa Plymouth County Correctional Facility. Mu mwaka wa 1985, abifashijwemo n’abakozi na CIA, Charles Taylor yatorotse gereza anyura Newa York nyuma aburirwa irengero. Mu mwaka wakurikiyeho, yagaragaye muri Libya afite umutwe urwanya Liberia waje no kumugeza ku butegetsi. Byose byari mu mipango ya USA. Amaze kugera ku butegetsi Abanyamerika babonye uko bakoza intoki kuri zahabu ya Liberia. Nyuma Taylor yaje kwegura ku butegetsi, arahunga, biranga arafatwa aregwa ibyaha by’intambara mu rukiko mpuzamahanga akatirwa imyaka 50 mu rwego rwo kumubuza kuzamena amabanga ya CIA.

Paul Kagame

Paul Kagame

Nk’impunzi y’umunyarwanda yari afite ubwenegihugu bwa Uganda, Kagame yageze muri Amerika agiye kwiga mu ishuri rya gisirikare aho bivugwa ko yahuriye na CIA igatangira kumuha mission. Mu gihe u Rwanda rwaterwaga na FPR Inkotanyi, Paul Kagame yoherejwe kuyobora urugamba. Kugora ngo azabigereho nta nkomyi, Kagame yishe abasirikare bamurushaga ubuhanga, kumenywa no gukundwa mu Nkotanyi: Rwigema, Bunyenyezi, Kayitare, Bayingana, n’abandi bari bagifite gahunda ya gi komunisiti mu mitwe yabo. Aba bari bari barakuriye mu ntambara zashyiraga imbere amatwara ya gikomunisti yari ateye ubwoba Abanyamerika.

Hashize imyaka ine, Kagame yaje gufata ubutegetsi mu Rwanda amaze kwica abaperezida babiri, uw’u Rwanda n’uw’u Burundi mu gikorwa cy’iterabwoba cyabaye tariki ya 6 Mata 1994. Abanyamerika bakoze ibishoboka byose barinda Kagame inkiko mpuzamahanga zimurega kuba yarishe abantu abatagira ingano. Kubera Kagame mu Rwanda, Abanyamerika bemerewe kuzana ingabo zabo mu Rwanda, ibintu Kayibanda na Habyarimana bari baranze. Ndetse na Mobutu, Kabila père bari barabyanze. Muri make nta kintu Kagame yahakanira Abanyamerika (CIA) kuko azi ko bazamwica byanze bikunze. It’s a matter of time.

Kuzana Adham Amin Hassoun mu Rwanda biragaragaza ko hari ibintu birimo gutegurwa mu karere. Twabibutsa ko uyu mugabo bamuzanye hashize iminsi mikeya igihugu cy’u Burundi cyanze kwakira abantu Amerika yashakaga koherezayo ibita ko ari Abarundi. Kugira ngo wumve uburemere bwabyo, Amerika yafatiye ibihano igihugu cy’u Burundi ngo kuko cyanze kwakira abo bantu, cyakora Leta y’u Burundi yihagazeho.

Adham Amin Hassoun

Uyu Adham Amin Hassoun aje asanga undi uzwi mu ntambara zo muri Saheli witwa Moustapha Ould Lima wibera i Kigali. Bombi bafitanye umubano n’igihugu cya Qatar kimaze gushora amafranga menshi mu bukungu bw’u Rwanda, ku buryo gisa n’icyaguze igihugu! Icyo Paul Kagame azatuzanira tuzagifatisha yombi. Hejuru ya jenoside ni nde koko wari uzi ko hashobora kuba ibiyirenze? Uretse ko ngo Magayane yabivuze!

Moustapha Ould Lima (ibumoso) arasuhuza Emir wa Qatar

Reka dukomeze tubitege amaso, ntiduheranwe n’ubwoba ahubwo twishakemo imbaraga zo kurwanya ubutegetsi budashyira imbere inyungu za Rubanda.

Pourquoi Kagame serait-il intéressé à accueillir Hassoun, une personne que les États-Unis et Israël considèrent comme un terroriste international?


Le Rwanda a demandé aux États-Unis de considérer Adham Amin Hassoun comme apatride et de l’envoyer au Rwanda, en vertu de la Convention internationale de 1954 sur le statut des apatrides. Le Liban est le pays natal de Hassoun. Cependant, le Liban a refusé de recevoir Hassoun après sa peine de 15 ans de prison aux États-Unis. Un tribunal fédéral a condamné Hassoun pour terrorisme. Le Rwanda était impatient de recevoir Hassoun après avoir purgé sa peine de prison aux États-Unis.

a) Quelle est la stratégie de Kagame?

Un tribunal fédéral américain a déclaré Hassoun coupable d’avoir été membre d’une cellule de collecte de fonds dans le sud de la Floride qui a envoyé de l’argent et des recrues aux jihads à l’étranger. Le tribunal a appris que Hassoun avait recruté Jose Padilla, un membre d’un gang de rue de Chicago qui s’était converti à l’islam et avait ensuite été accusé d’avoir comploté un attentat radioactif à la «bombe sale» aux États-Unis. Jose Padilla a été retrouvé avec une bombe sale qui, selon l’accusation, faisait partie d’un complot terroriste en cours visant à attaquer les États-Unis.

(b) Pourquoi Kagame serait-il intéressé à accueillir Hassoun, une personne que les États-Unis et Israël considèrent comme un terroriste international?

Au cours des deux dernières années, Kigali a entretenu des relations cordiales avec Israël. Cependant, l’année dernière, Kagame n’a pas été invité pour le 75e anniversaire de l’Holocauste en Allemagne et en Israël, respectivement. La même année, Nyetanyahu s’est rendu en Ouganda, a rencontré le président du Soudan du Sud mais n’a pas visité Kigali.

c) Que signifie le fait d’accueillir Hassoun, une personne qu’Israël considère comme proche des militants palestiniens, pour les relations entre le Rwanda et Israël?

Adham Amin Hassoun

Le Rwanda est la cachette de Moustapha Ould Lima. Moustapha est accusé de parrainer des terroristes du Maghreb islamique (AQMI) Al-Qaïda / Sahel. Hassoun est accusé de travailler avec les terroristes du Sahel et est «l’invité» de Kagame.

L’Emir du Qatar serre la main de Moustapha, le financier du terrorisme au Sahel, une rencontre arrangée par Paul Kagame.

d) La présence de Moustapha et Hassoun au Rwanda signifie-t-elle que la sous-région des Grands Lacs pourrait devenir un foyer de terrorisme à l’avenir?

Le Qatar est accusé de financer l’Etat islamique, entre autres organisations terroristes. La récente «lune de miel» Rwanda-Qatar est bien documentée.

e) L’émir du Qatar et Moustapha auraient-ils pu utiliser leurs bonnes relations avec Kagame pour sauver Hassoun, sous prétexte de la Convention internationale de 1954 sur le statut des apatrides?

Dr Charles Kambanda, Ph D

Source : Facebook / TEXTE en anglais sur http://www.echosdafrique.com traduction libre par Chaste GAHUNDE.

Affaire de l’attentat de 1994 au Rwanda: l’analyse biaisée de l’historien français François Robinet

Ce brave monsieur François Robinet est peut-être historien mais pas “spécialiste du Rwanda” comme on voudrait le qualifier pour impressionner, mais surtout pas un analyste politique et judiciaire.

1. S’il en était un, il saurait que l’horloge judiciaire dans ce dossier volontiers banalisé ( assassinat de deux présidents hutu et de trois officiers français en mission commandée) le 06 avril 1994) est réglé par une main politique. Ainsi il aurait noté le rôle de Bernard Kouchner, ami de Paul Kagame depuis le temps où ce dernier était dans l’armée ougandaise et entreprenait la conquête du Rwanda en octobre 1990. Ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy en 2007, c’est le même Kouchner qui conseillera à Kagame de livrer une de ses proches visée par les mandats d’arrêt du juge Bruguière pour que la défense accède au dossier et étudie les stratégies pour répliquer. Tandis que l’inculpée arrêtée serait vite relâchée. C’est l’épisode de Rose Kabuye dont visiblement l’historien et spécialiste du Rwanda Robinet n’a jamais entendu parler.

Tout comme il ignore que c’est le même Bernard Kouchner qui a recommandé à Paul Kagame les avocats (des stars des barreaux européens et des puissants et redoutés lobbies) qui le défendront dans cette affaire. Et que c’est le ministre Kouchner qui choisira le nouveau juge à qui sera confié ce dossier après le départ en retraite du juge Bruguière. Enfin l’auto-proclamé spécialiste du Rwanda n’a pas su que c’est le même Kouchner qui a organisé le voyage du président Sarkozy au Rwanda et qui lui a suggéré d’exprimer les excuses à Paul Kagame au nom de la France.

2. Ensuite s’il était analyste comme il le prétend, il aurait noté les actes du juge Marc Trévidic qui a repris le dossier. En effet ce juge s’est soumis à une visite guidée et encadrée par les agents de Kagame au Rwanda. Il a poussé le zèle jusqu’à présenter une simulation d’un tir effectué au centre de la France comme le résultat des expertises balistiques et géométriques effectuées à Kanombe alors que ces expertises avaient conclu à autre chose que la fameuse expertise acoustique désormais célèbre et donc les conclusions ont été médiatisées comme “Parole d’Evangile” alors qu’elle n’avait jamais été effectuée à Kanombe. C’est le même juge qui révélera prématurément l’identité et le lieu de résidence d’un témoin-clé et celui-ci fut aussitôt enlevé par les commandos de Paul Kagame et exécuté. Nous parlons de Emile Gafirita un des convoyeurs des missiles qui ont abattu l’avion présidentiel en exil à Nairobi au Kenya et qui voulait témoigner. Le juge Trévidic refusera obstinément la demande des contre-expertises des avocats des parties civiles. Pour sa compréhension et pour ce sens “patriotique”, il sera promu “Juge Président” à Lille et laissera le dossier aux mains d’un autre juge. Il ne faut pas être historien et spécialiste du Rwanda pour avoir noté ces faits.

3. Son successeur le juge Herbaut se montrera dans ce dossier sensible et politique aussi malléable et compréhensif que son prédécesseur. En effet il refusera catégoriquement et systématiquement les dépositions des témoins oculaires comme les habitants de la colline Masaka qui ont découvert les tubes lanceurs des missiles. Tout comme les dépositions des officiers des FAR comme ceux d’un officier ayant traduit les inscriptions en russe sur ces tubes ou le Chef des Renseignements Militaires des FAR (G2) qui a réceptionné et suivi l’acheminement de ces tubes jusque dans l’ancien Zaïre dans le soucis de préserver ces pièces à conviction et armes du crime. Ce juge refusera aussi de rouvrir le dossier suite à la découverte des éléments nouveaux par les avocats des parties civiles. En effet, il a refusé d’intégrer le rapport du TPIR gardé secret à l’ONU et qui parlait de l’attentat du 06 avril 1994.

4. Et pour finir; l’historien et “spécialiste du Rwanda et des affaires judiciaires” devrait avoir noté le timing que les tribunaux français respectent pour annoncer leurs décisions dans cette affaire. Le Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu son arrêt de “non-lieu” en 2018 juste au moment où le président français Emmanuel Macron venait de faire nommer une proche de Paul Kagame à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) . Quand on sait que le même Paul Kagame francophobe notoire qui ne parle ni ne comprend un mot de français avait banni la langue française au Rwanda et l’a interdite dans le système d’enseignement, on croit rêver. Mais on ne donne que ce qu’on a. C’est ce qu’avait la France à offrir à Kagame pour l’amadouer. Quant à la Cour d’Appel de Paris elle s’est arrangée pour annoncer son arrêt de “non-lieu” en juillet 2020 au moment où la France annonçait sa reprise de la coopération avec le Rwanda de Paul Kagame en lui versant en prime 50 millions d’euros. Kagame promettait de son côté d’autoriser la reconstruction du Centre culturel français à Kigali en remplacement de celui qu’il avait rasé en 2009 et surtout l’agrément enfin d’un ambassadeur de France au Rwanda ce qu’il refusait depuis plus de 3 ans.

Bref, les rwandais n’ont pas besoin d’historien français et encore moins de soi-disant spécialistes de leur pays pour comprendre et réaliser le sort qui est le leur.

Sandrine Mukamunyana

Source : htts://echosdafrique.com

Kenya: At least 300 indigenous families evicted from their homes!

Kenya Forest Service evicts 300 Ogiek families from their homes in the Mau Forest. Despite the African Court on Human and Peoples’ Rights 2017 ruling that the Ogiek should not be evicted.

In May 2017, the Ogiek Indigenous People won an important land rights victory at the African Court on Human and Peoples’ Rights. The Court ruled that the Ogiek have the right to live in the Mau Forest and that the government of Kenya was wrong to evict them. At the end of June 2020, 100 officers from the Kenya Forest Service and Kenya Police Service started evicting the Ogiek and demolishing their homes.

On 7 July 2020, Kenya Forest Service guards evicted 300 families from the Ogiek community. According to the Star, as many as 30,000 Ogiek families could end up homeless.

The evictions are taking place despite a moratorium on forced evictions issued by the government only one month ago.

On 11 May 2020, Fred Matiangi’i, Kenya’s Cabinet Secretary, Ministry of Interior and Coordination of National Government, went on national television to announce a moratorium on forced evictions during the coronavirus evictions.

The Star comments,

Although the Environment and Land Court on Friday halted any pending evictions, the government’s record in obeying court orders offers no respite for the homeowners.

Defending the future

In May 2020, the Katiba Institute and the Ogiek Peoples Development Program put out a report titled, “Defending our future: Overcoming the challenges of returning the Ogiek home”.

Kenya’s Ministry for Environment and Forestry had set up a taskforce to advise the government on how to implement the Ogiek judgement.

In the Preface to the report Daniel Kobei, Executive Director of the Ogiek Peoples Development Program, writes,

This taskforce, like colonial rule in Kenya in times past, did not include representation of our community even though the deliberations directly concerned us. We understand its mandate ended on 24 January 2020 but its report has not been made public despite our attempts to seek disclosure. The Ogiek community made submissions to the taskforce seeking complete restitution of our ancestral land, with at least seven non-transferable community titles.

Lucy Claridge, Senior Counsel at the Forest Peoples Programme, summarises the key findings of the Ogiek judgement in the report. The Court recognised the Ogiek as an Indigenous community and that the Mau Forest is their ancestral home. For centuries the Ogiek have depended on the Mau Forest as a source of livelihood.

Article 14, of the African Charter on Human and Peoples’ Rights, states that “The right to property shall be guaranteed”. The Court recognised the Ogiek’s “right to own, use, develop and control the lands, territories and resources that they possess by reason of traditional ownership or other traditional occupation or use”, as stated in the UN Declaration on the Rights of Indigenous Peoples. Claridge writes that,

Importantly, the Court recognized that such rights ‘do not necessarily entail the right of ownership in its classical meaning, including the right to dispose thereof ’, recognizing that, unlike other property rights, indigenous rights over their ancestral lands are inalienable: they cannot be transferred or taken away. Since the government had not disputed that the Ogiek have occupied lands in the Mau Forest since time immemorial, the Court ruled that they have the right to occupy, use and enjoy their ancestral lands. Further, although the Court accepted that the right to property under Article 14 can be restricted in the public interest where necessary and proportionate, it found that the degradation of the Mau Forest could neither be attributable to the Ogiek nor did the preservation of the ecosystem justify their eviction. Accordingly, the expulsion of the Ogiek from their ancestral lands against their will, without prior consultation, constitutes a violation of Article 14.

Instead of respecting the ruling of the African Court on Human and Peoples’ Rights the Kenyan government is destroying the homes of the Ogiek Indigenous communities. It is also evicting Sengwer Indigenous communities. These evictions are taking place during the coronavirus pandemic. Making people homeless makes them more at risk from the coronavirus. And all of this is taking place in the name of conservation.

Source: https://redd-monitor.org

Dr Habumuremyi en prison, à quoi servent les fonds COVID-19 ?!

Le Rwanda a encaissé des sommes colossales sous forme de subventions ou dettes pour faire face aux conséquences de la pandémie COVID-19. Une grande partie de ces fonds devait venir en aide aux entreprises privées touchées.

Sauf que ce n’est pas le cas. Un exemple frappant est celui de Christian University . Son chef, Dr Damien Habumuremyi, ex permier ministre, l’actionnaire majoritaire de ladite université est en prison pour n’avoir pas pu payer certaines factures suite au COVID-19. Où est passé l’argent qui devait régler ce genre conflits ?

Pour plus d’un, Dr Damien Habumuremyi, le Hutu de service de Kagame, est en train de payer pour avoir osé faire du business (fonder une université), un droit réservé à une petite clique de Tutsi qui bosse pour Kagame !
Deux choses sortent de cette affaire. La première est le détournement flagrant des fonds Covid 19. Même les masques que le Rwanda a reçus comme aides sont vendus au peuple. 🤔🤔Attention, pas que ça!. Chacun doit régler sa facture de chambre d’isolement, en cas de soupçon de signes du Coronavirus. Pourtant, les Américains, Européens, FMI, Banque Mondiale…ont débloqué l’argent ! Pire encore, c’est le peuple rwandais qui remboursera ces dettes! Sans en avoir bénéficié.

La deuxième est une leçon que tout citoyen devrait retenir. Ne jamais sortir le serpent du piège, car , pour récompense, il te piquera. Habumuremyi, l’un des “best” Hutus de service, a dirigé la commission électorale et a gardé silence quand Kagame se proclamait élu en 2003. Habumuremyi avait l’opportunité de dire “non” , il ne l’a pas fait. Pour lui, ” on se tait et on vit”, même quand ses parents, frères et sœurs se font dévorer par le lion que l’on abreuve. Sauf que, tu sors le serpent du piège pour qu’il te morde. It is just a matter of time.

Cette leçon devrait être enseignée à tous ceux qui rêvent devenir un jour des Hutus de service.

Admin

Rwanda: 10 ans après l’assassinat politique du premier Vice-président des Verts.

André Kagwa RWISEREKA était le Premier Vice-Président du Parti “Rwandan Democratic Green Party ” (RDGP)

Il y a 10 ans jour pour jour: assassinat d’André Kagwa Rwisereka Vice-président de Green Party. C’était le 13/07/2010, à quelques jours de l’élection présidentielle du 09/08/2010, dont son parti avait été exclu.
Selon les ONG de droits de l’homme (comme HRW), ce meurtre s’inscrivait dans une série d’assassinats ou tentatives d’assassinats frappant des opposants au régime de PaulKagame.

Qui était cet homme sauvagement assassiné et sans qu’aucune enquête indépendante ne puisse faire la lumière sur les auteurs comme son parti l’avait demandé?

Exilé politique dans les années 1960, André Kagwa Rwisereka s’installa au Congo-Léopoldville (l’actuelle République démocratique du Congo), où il obtint un diplôme d’Éducation. Il fut l’un des principaux membres du Front patriotique rwandais.

De retour au Rwanda, il devint propriétaire d’un bar à Butare, ville de sa province natale du Sud.

Il se distança par la suite du Front patriotique rwandais. Il quitta le FPR en 2009 et, avec plusieurs autres anciens membres du parti, fonda, le 14 août 2009, un parti d’opposition, « Rwandan Democratic Green Party » (RDGP). Il en fut le premier vice-président.

Le 13 juillet 2010, il fut porté disparu à Butare, après avoir quitté son lieu de travail. Le lendemain, son corps fut retrouvé près de la ville, décapité.

Monsieur Rwisereka a été décapité dans des circonstances non encore élucidées

Mr Rwisereka est sur la longue liste des hommes et femmes opposants au régime du FPR assassinés sans que les criminels ne soient ni traduits devant les instances compétentes, ni officiellement identifiés.

Jean-Claude MULINDAHABI- Page Facebook

RDC: des incursions d’au moins six armées étrangères depuis le début de l’année 2020.

Politiques, activistes, ONG et centres de recherches diffusent presque tous les jours des informations relatives à des incursions aux frontières de la RDC. Depuis le début de l’année, au moins six armées ont été signalées sur le sol congolais. Le président Tshisekedi a préconisé la mise en place d’un état-major régional l’an dernier et le gouvernement congolais l’évoque très peu publiquement. L’heure est à la diplomatie.

La première armée régulièrement signalée, c’est l’armée rwandaise. Une présence démentie par le président Paul Kagame. En avril dernier, la RDC a protesté contre l’installation d’une position rwandaise côté congolais de la frontière auprès de l’organisation sous-régionale, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). L’opposition et la société civile congolaises dénoncent, elles, un accord secret entre Kinshasa et Kigali.

Dans son courrier du 22 avril, le chef d’état-major des forces armées congolais (FARDC) dénonçait également la présence de la marine ougandaise dans les eaux congolaises du lac Albert. Tout comme la présence de soldats de l’armée burundaise dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu. Cette présence burundaise, le ministre congolais de la Défense l’a d’ailleurs évoquée en juin dernier à l’Assemblée nationale. Il a aussi rappelé les incursions de l’armée zambienne, contre lesquelles une médiation de la République du Congo a été requise.

Inquiétude sur le risque de balkanisation des conflits

À l’ouest, l’armée angolaise fait elle aussi des intrusions, un militaire angolais a été même tué ce week-end et les autorités congolaises disent avoir déjà rendu le corps à Luanda. Au nord, ce sont des exactions de l’armée sud-soudanaise qui ont été signalées.

Au total, depuis le début de l’année, on dénombre donc des incursions d’au moins six armées étrangères. Quand l’opposition et la société civile disent redouter une balkanisation, du côté des services de sécurité, on dit privilégier la voie de la diplomatie. La commission défense de l’Assemblée nationale vient de recommander la création d’unités spéciales dédiées à la protection des frontières.

Source: https://www.rfi.fr/fr/afrique/

Joseph MATATA écrit à Jeannette KAGAME (2)

Lettre ouverte à Son Excellence Madame Jeannette KAGAME (envoyée mardi 07 juillet 2020)

En tant que coordinateur du CLIIR, je suis dans l’obligation de vous envoyer ma seconde lettre sur la souffrance du peuple rwandais.

Un jour votre mari a fait un discours de mépris contre une de ses victimes, le défunt président Habyarimana. Il s’est exprimé en ces mots en kinyarwanda :

« Bati dufite urutonde rw’abanyarwanda tugomba gucira urubanza bahanuye indege. Mu ndege harimo iki ? Muri iyo ndege harimo iki, kigomba kwica abanyarwanda miliyoni ? » Son discours, qui traduit également son mépris vis-à-vis de toutes les victimes du génocide rwandais, se résume en français comme suit : « ils nous ont dit qu’ils avaient une liste de rwandais à traduire en justice pour avoir abattu l’avion. Dans l’avion, il y avait quoi? Dans cet avion qu’est-ce qu’il y avait qui pouvait justifier le massacre d’un million de rwandais ? » Je vous demande d’aider votre mari à prendre conscience que c’est l’attentat terroriste du 06 avril 1994 et l’infiltration des commandos du FPR dans les milices Interahamwe et CDR qui ont déclenché le génocide de 1994. Ces commandos du FPR qui ont participé aux massacres avaient été formés par les meilleurs instructeurs militaires et cadres politiques du FPR-Inkotanyi. Ces infiltrés du FPR ont supervisé des massacres sur plusieurs barrières partout dans le pays. Le Sénateur Tito Rutaremara l’a confirmé à Kigali le 13/04/2020 et s’en vanté à la Rwanda TV. Le chiffre de plus de 3.500 cellules clandestines du FPR dispersées sur tout le territoire rwandais, a été cité le 02 mai 1997 par M. Tito RUTAREMARA, qui venait de reconnaître pour la première l’existence de ces infiltrés du FPR dans tous les milieux lors d’une conférence-débat organisée par le Parti du Travail Belge (PTB) à Bruxelles.

Pour cacher la vérité sur cette participation des infiltrés du FPR au génocide, votre mari Kagame a mis en place un régime totalitaire de terreur qui contrôle et paralyse toutes les institutions officielles du Rwanda. Les spécialistes décrivent tout régime totalitaire comme suit :

« Les régimes totalitaires méprisent la raison et n’accordent aucune valeur à la vie humaine. Ils ne font aucun effort pour évaluer les conséquences de leur idéologie et de leurs activités. Ils méprisent également la liberté intellectuelle, l’essor des connaissances et le respect de la justice. Le mépris des dirigeants pour les individus au service d’un idéal aveugle conduit également à n’accorder aucune valeur à l’autre, et par extension à la vie humaine.

Ceux qui sont au service des dictateurs et en exécutent les ordres sont souvent frappés du même aveuglement et du même mépris de la vie humaine. Comme l’explique Todorov, tous les régimes extrémistes se servent du principe : « Qui n’est pas pour moi est contre moi », mais seuls les régimes totalitaires ajoutent : « Et qui est contre moi doit périr ». Ce qui caractérise plus spécifiquement le totalitarisme est que cet ennemi se trouve à l’intérieur même du pays, et que l’on étend le principe de guerre aux relations entre groupes de compatriotes.

Les systèmes totalitaires renoncent à l’universalité et divisent l’humanité en êtres supérieurs (leurs  partisans) et en êtres inférieurs (leurs opposants qui doivent être punis, voire éliminés).

C’est le régime qui détient la mesure du bien et du mal et décide de la direction dans laquelle la société doit évoluer.

L’Etat doit contrôler l’intégralité de la vie sociale d’un individu : son travail, son lieu d’habitation, ses biens, l’éducation de ses enfants, et même sa vie familiale et amoureuse.

Cette totale mainmise lui permet d’obtenir la soumission de ses sujets : il n’y a plus de lieu où ils pourraient s’abriter et lui échapper ».

C’est ce mépris de la raison, ci haut décrit, qui caractérise la plupart des discours de votre mari, le président Paul Kagame. Et c’est pour cette raison que personne dans l’assistance n’a répondu à sa question stupide de savoir « ce qu’il y avait dans l’avion ». Pourquoi n’ont-ils pas répondu ?

Tout d’abord, parce que Kagame savait très bien que dans l’avion présidentiel abattu, il y avait deux présidents de la République qui étaient tous deux Hutus. Il y avait aussi un bon nombre de leurs collaborateurs qui ont péri dans ce cet assassinat destiné à créer le chaos par l’écroulement de l’ordre public. Ensuite, c’est parce que les opprimés préfèrent garder le silence. Mais tout silence parle. Surtout le silence de l’offensé. Car ce silence a cette capacité insondable de pulvériser, ne serait-ce qu’un instant, la violence de l’offenseur. Devant l’injure, la calomnie, la médisance, le silence a valeur d’éternité.

Ce jour-là, le silence des opprimés du Rwanda n’a pas attiré l’attention de votre mari très arrogant. Ils ne pouvaient pas oser blesser son orgueil et son prestige d’avoir déclenché la descente aux enfers du peuple rwandais. Ce silence peut traduire soit le respect soit la crainte de l’agressé vis-à-vis de l’agresseur.

Parce que ce dernier sait absolument qu’il écrase, piétine, flagelle…

L’offensé, malgré l’affront qui lui est fait, en se taisant révèle, à celui qui le blesse sa propre blessure et peut le soigner mystérieusement.

Le silence de l’opprimé, alors, a cette vertu étrange de révéler la compassion insondable qu’on porte à un être profondément blessé. Car votre mari est un grand blessé de l’exil forcé qu’il a vécu. Mais aujourd’hui vous devez l’aider à dialoguer où alors à se suicider par le feu ou par un nouvel exil. A méditer !

L’histoire tragique de votre mari explique en partie ses profondes blessures. Comme il refuse tous les soins et les conseils dont il a besoin pour cesser d’humilier et de faire souffrir des millions de citoyens rwandais, je compte sur Vous, en tant que son épouse qui connaît le Rwanda d’avant 1990 pour l’aider à dialoguer d’urgence avec ses opposants avant qu’il ne soit trop tard.

Ma présente lettre vous explique que son système totalitaire impitoyable mis en place depuis l’assassinat du Général Fred Rwigema le 02/10/1990 ne suffit plus à lui assurer l’impunité. Seul le dialogue urgent et l’héritage de réconciliation du martyr Kizito MIHIGO peuvent l’aider à échapper à la justice pour ces nombreux crimes commis en Uganda, au Kenya, au Rwanda, au Burundi et en République Démocratique du Congo (RDC). Pouvez-vous mesurer l’ampleur de ses crimes organisés dans la Région de l’Afrique des Grands Lacs (RAGL) ?

Pour approfondir le contenu de ma présente lettre, je vous transmets, en annexe, les conseils de sagesse que Sa Sainteté le Dalaï Lama donne « A Ceux qui font souffrir les autres ». Même lorsqu’ils ont été blessés dans leur passé comme s’est arrivé à votre époux, les oppresseurs doivent savoir que « Plus on fait souffrir les autres plus on accumule les causes de sa propre souffrance. En outre, comme on nuit à la société, on nuit doublement à soi-même ».

Je vous supplie de faire soigner votre mari et d’atténuer ses souffrances qui le maintiennent dans la violence extrême contre des opposants pacifiques. Les Conseils du Dalaï Lama ne manqueront pas de vous inspirer. Un des remèdes très efficaces serait par exemple de rencontrer et de dialoguer d’urgence avec ses opposants politiques pacifiques. Plutôt que de les menacer de toutes sortes de punitions, alors qu’ils ne font qu’exercer leurs droits et leurs libertés reconnus par la Constitution rwandaise et les autres lois en vigueur au Rwanda.

Continuer à les présenter comme des « terroristes » est un gros mensonge qui ne tient plus la route devant l’opinion publique. Si votre mari estime qu’il a fait taire le peuple et muselé les journalistes depuis 26 ans, je Vous rappelle que « devant l’injure, la calomnie, la médisance, le silence a valeur d’éternité. »

Jusqu’au moment opportun où le peuple rwandais reprendra sa liberté.

Je vous prie d’agréer l’assurance de ma considération très distinguée.

Fait à Bruxelles, mardi le 07 juillet 2020

Pour le CLIIR, MATATA Joseph, Coordinateur (GSM :+32 476701569)