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Le covid-19 échappé d’un labo de Wuhan? Les États-Unis enquêtent

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a expliqué que Washington prenait cette hypothèse au sérieux.

NOEL CELIS VIA GETTY IMAGES
La ville de Wuhan, en Chine, est l’épicentre de l’épidémie de coronavirus covid-19 qui a déjà fait près de 140.000 morts dans le monde. 

 

CORONAVIRUS – Les États-Unis ne semblent pas exclure que le nouveau coronavirus à l’origine de la pandémie qui a déjà tué plus de 137.000 personnes dans le monde provienne d’un laboratoire chinois à Wuhan, et évoquent désormais une “enquête” pour faire la lumière sur son origine.

“Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur comment ce virus s’est propagé, a contaminé le monde, et a provoqué une telle tragédie”, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo sur la chaîne Fox News.

 

Il était interrogé, mercredi soir, sur un article du Washington Post affirmant que l’ambassade des États-Unis à Pékin avait alerté le département d’État américain il y a deux ans sur les mesures de sécurité insuffisantes dans un laboratoire de Wuhan qui étudiait les coronavirus chez les chauves-souris.

Et Mike Pompeo a été questionné également sur les informations de Fox News selon lesquelles “plusieurs sources” pensent désormais que le coronavirus actuel, signalé pour la première fois justement à Wuhan en décembre, émane de ce même laboratoire -même s’il s’agirait bien d’un virus naturel, pas d’un agent pathogène créé par les Chinois, et que sa “fuite” ne serait pas volontaire mais due aux mauvais protocoles de sécurité.

Mike Pompeo n’a démenti aucune de ces deux informations.

Donald Trump se montre évasif

Également interrogé mercredi lors de sa conférence de presse quotidienne sur la crise sanitaire à la Maison Blanche, Donald Trump s’était lui montré évasif. “Je peux vous dire que nous entendons de plus en plus cette histoire. Nous allons voir”, a répondu le président américain, assurant que cette “horrible situation” faisait l’objet d’un “examen très approfondi”.

Il a toutefois refusé de préciser s’il avait évoqué le cas de ce laboratoire avec son homologue chinois Xi Jinping.

De l’avis des experts à ce stade, le nouveau coronavirus a fait son apparition fin 2019 dans un marché de plein air de Wuhan, où des animaux exotiques comme des chauves-souris étaient vendus vivants. Le virus d’origine animale aurait pu y muter en se transmettant à l’homme.

La thèse relayée par Fox News est donc différente. Sans la confirmer clairement, le secrétaire d’État américain a enfoncé le clou.

“Ce que nous savons, c’est que ce virus est né à Wuhan, en Chine”, a ajouté Mike Pompeo. “Ce que nous savons, c’est que l’Institut de virologie de Wuhan n’est qu’à quelques kilomètres du marché de rue”, a-t-il insisté.

https://www.huffingtonpost.fr/


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Rwanda : Rafles de journalistes et de youtubeurs en période de confinement

Rwanda : Rafles de journalistes et de youtubeurs en période de confinement
Dieudonné Niyonsenga alias Cyuma Hassan, directeur d’ISHEMA TV, arrêté et menotté.
 

Depuis la mise en place d’un confinement total le 21 mars 2020 par les autorités rwandaises pour lutter contre le Covid-19, plusieurs journalistes, youtubeurs et blogueurs ont été arrêtés, une dizaine pour le moment. Si les autorités accusent nombre d’entre eux d’avoir violé les règles du confinement, la population y voit une volonté du régime de Kigali de profiter de la crise de COVID-19 pour se débarrasser des médias indépendants, les seuls qui rapportent en ce moment ce qui se passe dans un pays totalement bouclé.  

Le Rwanda est parmi les pays du continent africain ayant mis en place les mesures de confinement les plus drastiques. Dans un pays fréquemment décrit comme une « prison à ciel ouvert », le confinement total imposé par le régime de Kigali depuis le 21 mars a mis la population sous un contrôle et une répression encore plus intenables. C’est dans ce cadre notamment que le 2 avril dernier, dans le district de Nyanza au Sud du pays, la police a abattu par balles deux hommes qui n’avaient pas respecté le confinement.

Depuis le 21 mars, les Rwandais n’ont plus le droit de sortir de chez eux, sauf pour aller faire des courses. La circulation entre les différentes régions du pays est interdite. C’est dans la foulée de ce confinement total qui a soulevé des vives protestations parmi la population que le régime de Kigali, réputé répressif contre la liberté de la presse, a décidé d’arrêter plusieurs journalistes, youtubeurs et blogueurs actifs ces derniers jours, et les seuls à informer sur ce qui se passe dans un pays dans lequel la presse indépendante a pratiquement disparu.

Depuis sept jours, une dizaine de journalistes, blogueurs et youtubeurs ont été arrêtés ou sont portés disparus. Parmi ceux appréhendés figure Dieudonné Niyonsenga alias Cyuma Hassan d’ISHEMA TV. Arrêté ce 15 avril avec son chauffeur, Cyuma Hassan avait récemment couvertdes cas de viols, d’actes de torture et de pillages de biens commis par les militaires rwandais au quartier dît « Bannyahe »situé à Kigali.

C’est également lui qui avait rapporté, en mars dernier,la destruction par les autorités d’habitations appartenant aux plus pauvres de Kigali, sans aucune indemnisation, mettant ainsi des familles entières à la rue en pleine crise de COVID-19. En février, le même journaliste avait rapporté avoir remarqué une blessure sur le front du Kizito Mihigo pendant ses funérailles, mettant ainsi à mal la version officielle du régime, qui avait déclaré que Kizito Mihigo, une icône de la lutte pour la réconciliation, s’était suicidé en prison. Des voix concordantes parlaient d’assassinat, tout en exigeant une enquête indépendante.

Cyuma Hassan, qui avait déjà confié à ses collègues de la VOA qu’il était poursuivi, est accusé d’avoir enfreint les règles de confinement en vigueur pour lutter contre le coronavirus. Les journalistes jouissent pourtant de la liberté de circuler dans le cadre de leur travail. D’où les soupçons que le régime de Kigali chercherait à étouffer les quelques rares journalistes, blogueurs et youtubeurs indépendants encore actifs dans le pays.

D’autres journalistes arrêtés sont : Fidèle Komezusenge (ISHEMA TV), David Byiringiro et Innocent Valentin Muhirwa (AFRIMAX TV), Théoneste Nsengimana (UMUBAVU TV), Ivan Mugisha, (correspondant de l’Agence France-Presse), Saul Butera (Bloomberg), John Gahamanyi (New Times). Ces trois derniers, Mugisha, Butera et Gahamanyi ont été libérés ce mercredi 15 Avril.

Arrestations, persécutions, disparitions et même assassinats de journalistes sont monnaie courante au Rwanda dont le Président Paul Kagame figure en bonne place dans le classement des prédateurs de presse établi par Reporters sans Frontières.

Dans son livre Bad news – derniers journalistes sous une dictature, Anjan Sundaram, répertorie sur base d’une enquête de terrain, une liste non exhaustive de 60 journalistes ayant été agressés, emprisonnés, assassinés, ou qui sont portés disparus depuis la prise du pouvoir de Paul Kagame, soit en moyenne, un journaliste tous les quatre mois.

World Bank applauds Tanzania on Anti Corona Policy response; Warns African countries copying Western Anti- COVID 19 Policies

The World Bank Group has applauded Tanzanian unique approaches to contain the COVID-19 pandemic.

Thanks President John Magufuli for not duplicating policies implemented in advanced countries and some middle – income as pasted by some African countries in the region.

The Africa’s Purse report titled as “assessing the economic impact of COVID-19 and Policy Responses in Sub-Saharan Africa” released today has commended Tanzania as one of the best examples for its strategic approaches that considers the best of its political economy and well-being of the society.

With 32 COVID- 19 confirmed cases, 3 deaths and 5 recoveries, Tanzania unlike other African countries has not locked down businesses and its citizens. The country has not also closed its borders but initiated strict testings and 14 days quarantine to all arrivals.

The WB report warns catastrophic consequences to sub- Saharan countries that have copied and pasted anti COVID- 19 policies.

“Facing a fast-changing situation with great uncertainty and so many unknowns, most governments around the world have resumed to similar approaches to contain the COVID-19 pandemic”, the report states.

The report mentions South Africa, Ghana, Rwanda, Kenya, who have reacted quickly and decisively to curb the potential influx and spread of the COVID-19 virus very much in line with emerging international experience.

The report warns these countries that as the situation evolves, there are more questions about suitability and likely effectiveness of some of these policies such as strict confinement.

It advises African governments deploy a series of emergency measures and structural features of African economies that shape the policy responses that are designed and implemented to fend-off COVID-19.

The World Bank has given multiple reasons why economic policies implemented in Sub-Saharan Africa should be different from those adopted in advanced countries and (some) middle-income countries.

First, informal employment is the main source of employment in Sub-Saharan Africa, accounting for 89.2 percent of all employment (ILO 2018). Excluding agriculture, informal employment accounts for 76.8 percent of total employment respectively.

Based on the number of entrepreneurs (own-account workers and employers) who are owners of informal economic units, the vast majority of economic units in the region are informal (92.4 percent).

Informal workers lack benefits such as health insurance, unemployment insurance, and paid leave.

Most informal workers, particularly the self-employed, need to work every day to earn their living and pay for their basic household necessities.

A prolonged lockdown will put at risk the subsistence of their households.
Additionally, the majority of workers hired are in a precarious situation, and most of these jobs are temporary and with low remuneration, do not offer social security, and put workers at a greater risk of injury and ill health.

Second, small and medium-size enterprises (SMEs), an important driver of growth in economies across the region, account for up to 90 percent of all businesses and represent 38 percent of the region’s GDP.

Access to finance is one of the main challenges facing SMEs in normal times with the majority of these firms lacking the finance needed to grow.

Prior to COVID-19, the finance gap for SMEs in the region was estimated at US$331 billion (IFC 2018).

Third, concerns about the negative economic impact of the COVID-19 outbreak prompted interest rate cuts in several African countries in line with monetary policy actions around the world.

However, this type of monetary stimulus may not be effective for two reasons: (1) the prevalence of supply effects at the height of the containment measures (i.e. reduced labor supply and closed businesses, especially in contact-intensive sectors), and (2) the weak monetary transmission in countries with underdeveloped domestic financial markets.

African economies still need to design policy pathways to achieve sustainable growth, economic diversification, and inclusion.

The economic sustainability of African economies depends on their ability to transform their depleting stock of natural wealth into other reproducible capital assets such as physical capital, infrastructure, and human capital.

The findings on the impact of Covid-19 on African economies drew on two economywide models: a macro structural model, the World Bank Macroeconomic and Fiscal Model, “MFMOD,” and the World Bank global dynamic computable general equilibrium (CGE) model, “ENVISAGE”.
The analysis built on two scenarios.

The first an optimistic scenario which is based on the assumptions that the pandemic peaks in advanced economies such that containment measures are gradually removed in the next two months, the pandemic fades in China, and outbreaks are contained in other countries and in Sub-Saharan Africa.

The second is a downside scenario that assumes that the COVID-19 outbreak continues to weigh on the economy in the third and fourth quarters of 2020 and into 2021, as some social distancing measures are required to keep the spread of the virus at manageable levels.

Zambian Observer


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RDC: Coronavirus tue dans l’entourage de Félix Tshisekedi

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Monseigneur Gérard Mulumba.

Mgr Gérard Mulumba, chef de la maison civile et oncle du président  Félix Tshisekedi est  décédé ce mercredi 15 avril à Kinshasa. Il était atteint du Coronavirus.

Selon des sources familiales, Mgr Gérard Mulumba a été admis aux Cliniques Ngaliema à Kinshasa depuis plusieurs jours où il était diagnostiqué du Covid-19 et suivait des soins.

Frère d’Etienne Tshisekedi, il était évêque émérite du diocèse de Mweka dans la province du Kasaï ou il avait exercé pendant 28 ans.

Il avait été nommé l’an dernier chef de la maison civile du Président de la République.

radiookapi.net


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“Évitez de copier les politiques anti-covid-19 occidentales” – La Banque mondiale met en garde les pays africains.

Le Groupe de la Banque mondiale admire la Tanzanie pour sa stratégie originale visant contenir la pandémie de COVID-19.  A la même occasion, la Banque a averti les États africains de ne pas copier et coller les pratiques et politiques occidentales pour limiter la propagation du COVID-19.

“Merci, Monsieur le président John Magufuli de n’avoir pas dupliqué les politiques mises en œuvre dans les pays avancés et certains pays à revenu intermédiaire, telles que collées par certains pays africains de la région”.

Le rapport  de l’ Africa’s Pulse intitulé “Assessing the economic impact of COVID-19 and Policy Responses in Sub-Saharan Africa (Évaluation de l’impact économique du COVID-19 et des réponses politiques en Afrique subsaharienne) publié hier a salué la Tanzanie comme l’un des meilleurs exemples pour ses approches stratégiques qui tiennent compte du meilleur de son économie politique et du bien- être de la société.

Avec 32 cas confirmés de COVID-19, 3 décès et 5 récupérations, la Tanzanie, contrairement aux autres pays africains, n’a pas bloqué les entreprises et ses citoyens. Le pays n’a pas non plus fermé ses frontières mais a lancé des tests stricts et une quarantaine de 14 jours pour toutes les arrivées.

Le rapport de la Banque mondiale met en garde contre les conséquences catastrophiques pour les pays subsahariens qui ont copié et collé des politiques anti-COVID-19.

“Face à une situation en évolution rapide avec une grande incertitude et tant d’inconnues, la plupart des gouvernements du monde entier ont repris des approches similaires pour contenir la pandémie de COVID-19”, indique le rapport.

Le rapport mentionne l’Afrique du Sud, le Ghana, le Rwanda et le Kenya, qui ont réagi rapidement et de manière décisive pour freiner l’afflux et la propagation potentiels du virus COVID-19, ce qui correspond très bien à l’expérience internationale émergente.

Le rapport avertit ces pays que la situation évoluant, il y a plus de questions sur l’adéquation et l’efficacité probable de certaines de ces politiques, par exemple le confinement strict.

Il conseille aux gouvernements africains de déployer une série de mesures d’urgence et les caractéristiques structurelles des économies africaines qui façonnent les réponses politiques conçues et mises en œuvre pour repousser COVID-19.

La Banque mondiale a donné plusieurs raisons pour lesquelles les politiques économiques mises en œuvre en Afrique subsaharienne devraient être différentes de celles adoptées dans les pays avancés et (certains) pays à revenu intermédiaire.

Premièrement, l’emploi informel est la principale source d’emploi en Afrique subsaharienne, représentant 89,2% de tous les emplois (OIT 2018). Hors agriculture, l’emploi informel représente 76,8% de l’emploi total. Sur la base du nombre d’entrepreneurs (travailleurs indépendants et employeurs) qui sont propriétaires d’unités économiques informelles, la grande majorité des unités économiques de la région sont informelles (92,4%). Les travailleurs informels ne bénéficient pas d’avantages tels que l’assurance maladie, l’assurance chômage et les congés payés. La plupart des travailleurs informels, en particulier les travailleurs indépendants, doivent travailler tous les jours pour gagner leur vie et payer leurs nécessités de base. Dans ces conditions, un confinement prolongé mettra en danger la subsistance de leurs ménages.

En outre, la majorité des travailleurs embauchés se trouvent dans une situation précaire, et la plupart de ces emplois sont temporaires et à faible rémunération, n’offrent pas de sécurité sociale et exposent les travailleurs à un risque accru de blessure et de mauvaise santé.

Deuxièmement, les petites et moyennes entreprises (PME), un important moteur de croissance dans les économies de la région, représentent jusqu’à 90% de toutes les entreprises et représentent 38% du PIB de la région. L’accès au financement est l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les PME en temps normal, la majorité de ces entreprises ne disposant pas du financement nécessaire pour se développer. Avant COVID-19, le déficit de financement pour les PME de la région était estimé à 331 milliards de dollars (IFC 2018).

Troisièmement, les préoccupations concernant l’impact économique négatif de l’épidémie de COVID-19 ont entraîné des baisses de taux d’intérêt dans plusieurs pays africains conformément aux mesures de politique monétaire dans le monde. Cependant, ce type de relance monétaire peut ne pas être efficace pour deux raisons:

  • la prévalence des effets de l’offre au niveau des mesures de confinement (c’est-à-dire une offre de main-d’œuvre réduite et des entreprises fermées, en particulier dans les secteurs à forte intensité de contact), et
  • la faible transmission monétaire dans les pays aux marchés financiers intérieurs sous-développés.

Les économies africaines doivent encore concevoir des voies politiques pour réaliser une croissance durable, une diversification économique et l’inclusion.

La durabilité économique des économies africaines dépend de leur capacité à transformer leur stock décroissant de richesse naturelle en d’autres immobilisations reproductibles telles que le capital physique, les infrastructures et le capital humain.

Les conclusions de l’impact de Covid-19 sur les économies africaines reposaient sur deux modèles à l’échelle de l’économie: un modèle macro-structurel, le modèle macroéconomique et budgétaire de la Banque mondiale, «MFMOD», et le modèle d’équilibre général calculable dynamique (MEGC) de la Banque mondiale ».

L’analyse s’est appuyée sur deux scénarios.  Le premier est un scénario optimiste qui repose sur les hypothèses selon lesquelles la pandémie culmine dans les économies avancées, que les mesures de confinement seront progressivement supprimées au cours des deux prochains mois, la pandémie s’estompe en Chine et les épidémies sont contenues dans d’autres pays et en Afrique subsaharienne.
Le deuxième est un scénario à la baisse qui suppose que l’épidémie de COVID-19 continue de peser sur l’économie au cours des troisième et quatrième trimestres de 2020 et jusqu’en 2021, car certaines mesures de distanciation sociale sont nécessaires pour maintenir la propagation du virus à des niveaux gérables.

Le rapport en anglais est téléchargeable ici 13358-African Pulse-April

Traduction libre par Chaste GAHUNDE


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Coronavirus : le confinement total, une mesure irréaliste dans de nombreux pays africains

Je sais que le coronavirus peut tuer. Mais si je reste à la maison pendant quinze jours sans travailler, je meurs aussi », explique un vendeur malgache à l’AFP. Une phrase qui illustre le dilemme africain. La réaction de cet homme est largement partagée sur tout le continent. Or, de plus en plus d’Etats imposent le confinement. Partiel comme au Nigeria, total comme en Afrique du Sud.

Au Nigeria, les aéroports de Lagos et d’Abuja la capitale sont fermés. Déjà, certains fonctionnaires sont priés de rester chez eux. Et Aisha Buhari, la première dame,  a réclamé l’arrêt total de l’activité  du pays. En Afrique du Sud, les autorités viennent de faire appel à l’armée pour faire respecter le confinement.

« Dans cette lutte contre la propagation du Covid-19, notre principal ennemi sera l’indiscipline et le non-respect des consignes de prévention », a souligné le président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, appelant à « l’union sacrée ».

Le poids de l’économie informelle

Mais tout n’est pas qu’affaire de discipline. Dans un continent où l’économie informelle est souvent capitale, rester chez soi c’est mourir de faim. Ainsi, en Afrique du Sud, « avec environ 20% de l’emploi total dans le secteur informel, rester à la maison avec un congé de maladie payé n’est pas une option, ce qui rend les appels à distance sociale irréalistes » explique Ayesha Jacub, médecin sud-africaine dans le Mail & Guardian.

« Cette mesure va poser un gros problème de survie pour presque tous les Africains, car ils sont obligés de travailler hors de chez eux, sans quoi, ils n’ont pas de quoi subvenir à leurs besoins. La plupart d’entre eux n’ont pas de réserves bancaires et ne feront pas de télétravail » explique Augustin Augier, directeur général de l’ONG Alima au journal La Croix.

Une mesure pour pays riches inadaptée ici

La romancière Calixte Beyala condamne ce qu’elle appelle « un mimétisme » avec les pays occidentaux. « Car la plupart des Africains vivent au jour le jour. Ils n’ont pas les moyens de s’approvisionner en nourriture pour une petite semaine ! Ils n’ont pas de frigo et, pour la plupart, pas d’électricité pour pouvoir se payer ce luxe qui certainement diminuerait le nombre de nos morts », explique-t-elle   sur sa page Facebook.

Et la vie suit son cours dans les bidonvilles surpeuplés de Johannesburg, constate le journal Sunday Times. Promiscuité, chômage, pas d’accès à l’eau, ni de sanitaires. « Si nous restons chez nous, nous mourons de privation bien avant que le virus n’arrive », prédit  le responsable d’une ONG locale.

Source : https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi: Rwanda: Mesures COVID-19, un copier-coller illogique.

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Rwanda: Covid-19, opportunité d’un changement politique?

C’est ce que les Rwandais anticipent. Et l’opposition politique s’engage dans ce processus afin que le pays ne plonge dans une autre tragédie due au vide de leadership. Avec la pandémie du COVID-19, les dégâts attendus sont aussi autres que sanitaires, les situations socio-économique et politique étant déjà très fragiles. Cette fragilité conjuguée aux mesures de confinement sans l’accompagnement qu’il faut, risque de provoquer les soulèvements populaires susceptibles de renverser le régime en place.

L’échec du gouvernement

En date du 21 mars 2020, le Premier Ministre, Dr Edouard NGIRENTE, a déclaré les mesures qu’il faut respecter afin de stopper la propagation du COVID-19. Bien qu’illégale et illogique, la déclaration du Premier Ministre a été effective 5 heures plus tard. Les mesures affichent un vide fatidique. Elles imposent aux citoyens de rester à la maison sans se soucier de la survie de ceux qui, habituellement, nourrissent leurs familles après avoir travaillé, et quotidiennement.  Même si les Rwandais sont naturellement solidaires, la responsabilité de l’Etat dans des moments comme ceux-ci ne peut pas être exclue, d’ailleurs , elle est obligatoire. Le gouvernement a raté l’occasion de démontrer ses capacités managériales, dans les limites établies par la loi. Malgré les dettes qui sont garanties au pouvoir au nom du COVID-19, il est important de remarquer que la solution ne viendra pas de là , et les conséquences socio-économiques seront énormes.

Si le confinement dure plusieurs semaines, un mouvement de “résistance” va se créer à partir de petits groupes de personnes qui défieront l’autorité au nom de chercher les nourritures. Les grands stocks de vivres seront visés et dévalisés suivis des résidences des hommes et femmes de la classe politique au pouvoir. Les leaders charismatiques émergeront de la masse qui, depuis longtemps aspire au changement, et exerceront la coordination des petits groupes, peaufinant le mouvement en une vrai lutte politique que le régime ne pourra contrer.

Les forces de l’ordre comprendront très vite l’échec du gouvernement et s’aligneront au mouvement. Les plus courageux assureront la protection du peuple contre quelques éléments restant fidèles au régime. Un haut gradé militaire pourrait déclarer un coup d’état pour restaurer l’ordre, lançant un appel aux forces vives de la nation pour former un gouvernement de transition, qui débouchera aux élections libres et un nouveau chapitre dans la politique rwandaise.

L’effet pangolin

Le potentiel changement politique du au COVID-19 est observable aussi par les grands centres d’études stratégiques. En date du 24 mars 2020, le Centre d’analyse et prospective stratégique (CAPS) a émis une note interne et confidentielle au cercle diplomatique français intitulée “L’effet pangolin” : la tempête qui vient en Afrique?” dans laquelle quelques scénarios sont considérés. Selon ce document qui parle du continent africain en général, les économies vont s’effondrer provoquant les émeutes qui feront tomber les régimes. Le document évoque une thèse, “le mort politique zéro ”  selon laquelle « Le risque d’infection d’un dirigeant âgé et souffrant d’autres pathologies pourrait avoir de lourdes conséquences et obligerait à se positionner clairement et rapidement sur la fin d’un système et sur une transition ».

« Anticiper le discrédit des autorités politiques signifie accompagner en urgence l’émergence d’autres formes d’autorités africaines crédibles pour s’adresser aux peuples afin d’affronter les responsabilités de la crise politique qui va naître du choc provoqué par le Covid-19 en Afrique… et sans doute ailleurs ».

Au vu de la situation au Rwanda, tout est possible. L’absence du président aux côtés du peuple, constitue un augure à ne pas négliger. Les manipulations des images faites par les services de renseignements dans le but de faire croire que Kagame est présent ne font qu’accentuer l’inquiétude et le sentiment que les citoyens du menu peuple sont abandonnés à leur propre sort.

Dans un pays où le président est considéré plus dangereux que COVID-19, l’opposition politique est appelée à jouer son rôle. La société civile doit sa contribution.

Chaste Gahunde


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Rwanda: Opposition , Civil Society advise Kagame on COVID-19.

Open letter to the President of the Republic of Rwanda on proposals for measures to better manage the Covid-19 crisis in Rwanda

Mr. President,
We, the undersigned Rwandans living abroad, feel deeply sorry and stand in solidarity with our compatriots at home for the suffering and difficulties of all kinds that they are enduring during this harsh health crisis caused by coronavirus (COVID_19) pandemic. Many Rwandans, especially those living in rural areas, are living in economic precariousness as a result of the far-reaching change in the agricultural policy which has ruined their food security. The resulting rural exodus has created a high rise in urban population living from hand to mouth because of an unsustainable economic boom that
has failed to create viable jobs.

We are confident that the age-old spirit of solidarity and resilience that characterizes the Rwandan people will enable them to valiantly weather this harsh ordeal. But for this to happen, the government will need to take on complaints and pragmatic advice from its concerned citizens, more than in the past. We ourselves are committed to continuing to reflect on a range of actions of solidarity that would enable us to alleviate the suffering of our compatriots at home, and we will communicate on this in due course. In the meantime, we are sending you, by this letter, a contribution in the form of a few ideas, which we consider useful and practical, easy to implement quickly in order to stem the harmful consequences of the measures your government continues to take to combat the COVID_19 crisis.

Some resources that can be mobilized rapidly

While waiting for the people, taken by surprise by this scourge, to recover and for both national and international solidarity to produce positive impact, we would like to draw your kind attention to the existence of a certain number of internal resources that can be immediately mobilized, in case they have escaped your attention and that of your collaborators.

It is worth remembering the Rwandan saying, “Ukena ufite itungo rikakugoboka”, which translates as, “When poverty knocks at the door, you rely on your savings”. It is important, indeed, that the population we are trying to save from the threat of COVID_19 is not swept away by hunger in their confinement. The damage would be far greater than the damage we want to avoid. It is also important that Rwandans be able to draw on their reserves first while waiting for help from elsewhere.

1. Appeal for support from the “AGACIRO” fund
This fund, which bears an evocative name of “Agaciro = Dignity” was launched in 2012, with the stated objective of promoting self-sufficiency among Rwandans and this within the framework of the master plan which aims to raise Rwanda’s human development from low to medium in 2020. It is time to take advantage of the results of this fund which at the end of 2017 reached 52.3 billion Rwandan francs, of which 41.8 billion Rwandan francs came from contributions, while 10.5 billion Rwandan francs came from the investment income of the same Agaciro Fund. This is the time to use all this money made from the sweat of the Rwandan citizens.

2. Appeal for support from the significant wealth held by the RPF party-state
As you know, Mr. President, the RPF, a political organization that came to power in Rwanda a quarter of a century ago, is among the richest, if not the richest political party in the world. As of 30/07/2017, the RPF was already considered as the country’s largest private employer, whose assets were estimated at some 500 million dollars. In your capacity as the chairman of the Party and President, in these difficult times, your party, the RPF could make a gesture of empathy towards the Rwandan people, by taking some of its immense wealth and help the most needy.

3. Release of prisoners in Rwandan prisons
Currently and officially, there are around 75,000 prisoners in the official Rwandan prisons. As you know, Mr. President, on March 25, 2020, even the UN High Commissioner for Human Rights, Ms. BACHELET Michelle recommended to governments to release “every person detained without sufficient legal basis, including political prisoners, and those detained for critical, dissenting views”, as part of the fight against COVID_19. This recommendation makes a lot of sense, particularly in the case of Rwanda where many prisoners have been locked up for several years without files. This would not only prevent the spread of the coronavirus epidemic in these prison environments but would also free up financial resources that could be immediately mobilized to help the most
vulnerable members of the population. It is true that, as of 1 April 2020, the General Prosecutor has sent a directive to the prosecutors to do so; but the directive is accompanied by vague and limiting conditionalities and only a small segment of the prison population could benefit from it.

4. The ISHEMA RYACU Fund set up at the time of General Karake’s arrest in London on June 20, 2015

You will recall, Mr. President, that General Emmanuel Karenzi Karake, then head of the fearsome National Intelligence and Security Service, was arrested in 2015 in London on the basis of a European arrest warrant issued by Spain. He could only be released on bail of 1 million pounds ($1.5 million) obtained by mobilising the contributions of the Rwandan people. This sum can and should be used immediately to support the most vulnerable sections of the population.

5. Repatriation of the funds stored in tax havens revealed in the “Panama Papers”
Finally, Mr President, a recent World Bank study, based on data from 22 countries, including Rwanda, showed that World Bank aid regularly falls into the hands of predators who are quick to make deposits in external banks where banking secrecy is guaranteed, such as Switzerland, Luxembourg, the Cayman Islands or Singapore. For example, the survey showed that the World Bank has made largesse to Rwanda, which in 2018 received double the aid it used to receive in previous years, rising to $545 million. Researchers discovered during the investigation that $190 million left Rwanda and was deposited in tax havens. These funds, and others like them, must, for reasons of morality and practical efficiency, be quickly returned to the country to be used to alleviate the people’s hardship in the face of this terrible coronavirus crisis.

Good use should be made of the funds from aid or credit facilities that the country may receive in these times
Mr. President, we learn that under the Rapid Credit Facility, the International Monetary Fund has just granted Rwanda a rapid concessional financial assistance of $109.4 million to help address the difficulties associated with managing the coronavirus pandemic. We dare hope that these funds, which the Rwandan taxpayer will have to pay back, will really serve to alleviate the difficulties faced by the most vulnerable and will not end up in the pockets and accounts of the regime’s powerful.
The vulnerable group includes people whose homes have been demolished. Indeed, many of us were surprised to see that while the storm ‘Covid_19’ was forecast, Kigali city officials sent demolition workers to destroy houses in Nyarutarama village. The whole world witnessed these inhuman operations, marked by cruelty and lack of sensitivity and empathy towards these poor families, brutally thrown into the street without any other help. Worse still, in your public intervention, you not only approved these operations to destroy these homes of the poor, but also reaffirmed what you said in 2014 that the demolition workers were kind because they could have swept the houses
with their occupants inside them without mercy.

Investment experiences not to be repeated in the future:
It has come to our attention that certain projects that have consumed huge amounts of public funds and that were commissioned under your full and complete responsibility, Mr. President, have turned out to be budgetary black holes.

  1. For example, it is reported that the OneWeb program to which you committed funds estimated at some $1.2 billion from Rwanda and other partners is bankrupt. It is known that decisions to commit those funds were made at your sole discretion. It is one of the projects whose contours remain unclear to many Rwandans. The people would benefit from a future ban on such practices in the management of public assets.
  2. The Rwandan carrier “RWANDAIR”, which has swallowed up large sums of money in recent years, is currently finding its planes grounded with a high probability of not being able to fly again. It should be recalled that despite the huge sums of public funds that have been injected into it, this white elephant project has always been in the red financially. This is further proof of the discrepancy between your investment choices in recent years and the good father’s predictions that should have been made.
  3. The ”Visit Rwanda” deals saw one of the poorest countries in the world afford to grant some 33 million euros to the Arsenal club and some 8 to 10 million euros per yearaccording to estimates to the Parisian club PSG. In the future, Mr. President, this kind of casino investment should be abandoned in favour of more realistic and more “good head of family ” practices.
  4. Mr. President, another budget-consuming item of recent years that will have to be regulated as soon as possible is your travels abroad. The following figures are frightening;

If there is one positive effect to be remembered from the current coronavirus crisis, it is that you have slowed down your taste for travel. The state coffers are certainly relieved. We note that most of the major meetings are currently conducted via teleconferences. We are delighted about this and we can only encourage you to continue to proceed in the same way even after the crisis.

Mr. President, it is clear that if the resources associated with all these projects mentioned above, and the list is not limited, had been invested in health projects, medical training, adequate payment of teachers, and other projects close to the concerns of the citizen, they would have been of great use to the Rwandan people in these difficult times.

All these projects and so many others of pure prestige will serve as lessons for those who are or will be in charge of our country in future to be pragmatic and far-sighted.

Most importantly, Mr. President, we propose that, as soon as we come out of this crisis, you should dare take firm decisions and agree to open up the Rwandan political space, the only way to free all the energies of the people of Rwanda currently being constrained by the frequent violations of human rights by the regime you lead.
In this regard, opposition groups have repeatedly reached out to you, offering to engage with all the active forces of the country. So far you have preferred to respond with contempt and witch hunt for the opponents.

We urge you, Mr. President, to re-examine your stance and listen, for once, to the voice of the people who are crying out for a change in mentalities and methods of governance and yearning for truth and freedom for all.
The signatories of the present letter are ready to make a positive contribution to a process of change towards lasting social peace can be initiated and achieved.

Done on April 9, 2020

The signatories:
1. Laurent Munyandilikirwa, Président de l’Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda (ODHR);
2. Emery Nshimiyimana, Secrétaire Général de la Fondation IBUKABOSE-RENGERABOSE, Mémoire et Justice pour tous ;
3. Jean Marie Ndagijimana, Coordinateur du Comité pour l’Unité, la Paix et la Réconciliation au Rwanda (CUPR) ;
4. René Mugenzi, Coordinateur de Global Campaign for Rwandans’s Human Rights (GCRHR);
5. Joseph Matata, Coordinateur du Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR);
6. Theobald Rutihunza, Président du Réseau International pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Rwanda (RIPRODHOR) ;
7. Robert Mugabowindekwe, President de JAMBO asbl ;
8. Calixte Kanani, Coordinateur du Comité de Suivi de la Problématique des Réfugiés Rwandais (CSPR) ;
9. Aloys Simpunga, Initiative HUMURA ;
10. JMV Nyirimbirima, Chairperson the Global Voice of Rwandan Refugees (GVRR)
11. Stany Rwandarugari, Rwandan Platform for Dialogue, Truth, and Justice (RDTJ)
12. Marcelline Nyiranduwamungu, Présidente du Réseau international des Femmes pour la Démocratie et la Paix (RifDP);
13. Pascal Kalinganire, General Coordinator of the Organization for Peace, Justice and Development in Rwanda and Great Lakes Region (OPJDR);
14. Pierre Claver Nkinamubanzi, Président du Congrès rwandais du Canada (CRC);
15. Nelson Gatsimbazi, Rwandiska föreningen för mänskliga rättigheter (RFMR);
16. Rugema Kayumba, Norway Sub Sahara Africa development organisation(NSADO);
17. Celestin Muhindura, President of Rwanda National Forum (RNF);
18. Gilbert Mwenedata, Président de l’initiative du Peuple pour l’Alliance Démocratique (IPAD) ;
19. Emmanuel Mugenzi, Coordinator in charge of political matters, Rwandan Alliance for the National Pact (RANP-Abaryankuna) ;
20. Jean Damascène Munyampeta, Secrétaire Général du Pacte Démocratique du Peuple (PDP-IMANZI) ;
21. Général Emmanuel Habyarimana, Président de la Convention Nationale Républicaine (CNRIntwari) ;
22. JABO AKISHULI, Secrétaire Exécutif, UNITED FREEDOM FIGHTERS (UFF- INDANGAMIRWA);
23. Jerôme Nayigiziki, Coordinateur, RNC-Ihuriro ;
24. Jean Baptiste Ryumugabe, Coordinateur PSI-Imberakuri ;
25. Etienne Masozera, Président AMAHORO-PC ;
26. Justin Bahunga, Président FDU-INKINGI;
27. Nadine Claire Kasinge, Présidente ISHEMA PARTY;
28. Anastase Gasana, President Democratic Rwanda Party, DRP-ABASANGIZI;
29. Paul Rusesabagina, Vice President, Mouvement Rwandais pour le Changement Démocratique (MRCD)


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RWANDA: Les Partis Politiques et Société civile donnent leurs conseils à KAGAME au sujet du Covid-19.

Lettre ouverte au Président de la République rwandaise sur les propositions de mesures en vue d’une meilleure gestion de la crise du Covid-19 au Rwanda

Monsieur le Président,

Nous, les soussignés, rwandais de la diaspora, compatissons et sommes solidaires des souffrances et difficultés de tout genre qu’endurent nos compatriotes au pays durant cette dure période de crise sanitaire du COVID-19. Beaucoup de rwandais, surtout du milieu rural, vivent dans une précarité économique conséquente à une transformation de production agricole qui a fragilisé leur sécurité alimentaire. L’exode rural qui en a résulté a accentué la masse de population urbaine vivant au jour le jour à cause d’une économie sans assises qui n’a su créer des emplois viables.

Nous sommes sûrs que l’esprit séculaire de solidarité et de résilience qui caractérise le peuple rwandais va permettre de traverser vaillamment cette dure épreuve. Mais pour que cela puisse se réaliser, il faudra que désormais, plus que par le passé, le gouvernement soit à l’affût des doléances et des conseils pragmatiques émanant de ses citoyens concernés.Nous sommes nous-mêmes engagés à continuer à réfléchir à toute une série d’actions de solidarité qui nous permettraient d’alléger les souffrances de nos compatriotes au pays et nous communiquerons là-dessus en temps utile. Entre-temps, nous vous faisons parvenir, par la présente, une contribution en quelques pistes d’idées, que nous estimons utiles et rapidement pratiques pour endiguer les conséquences néfastes des mesures de luttes contre la crise du COVID-19 que votre gouvernement continue de prendre.

Certains moyens sont directement mobilisables

En attendant que le peuple, pris par surprise par ce fléau, puisse se ressaisir et que des solidarités tant nationales qu’internationales puissent produire des effets positifs souhaités, nous voudrions attirer votre attention sur l’existence d’un certain nombre de possibilités internes directement mobilisables, au cas où celles-ci auraient échappé à votre attention et à celle de vos collaborateurs.

Il sied de se rappeler de l’adage rwandais : ‘’Ukena ufite itungo rikakugoboka’’, qui se traduit par ‘’Quand la pauvreté frappe à la porte on s’appuie sur ses économies’’. Il est important, en effet, que la population que l’on essaie de sauver de la menace COVID-19, ne soit pas emportée par la faim dans son confinement. Les dégâts seraient de loin supérieurs à ceux que l’on veut éviter. Il est également important que les rwandais puissent puiser dans leurs réserves d’abord en attendant des secours qui viendraient des contrées lointaines.

  1. Faire Appel au Fonds  »AGACIRO ».

Ce fonds, qui porte un nom si évocateur d’« Agaciro = dignité  » fût lancé en 2012, avec pour objectif affiché de promouvoir l’autosuffisance chez les Rwandais et ceci dans le cadre du plan directeur qui visait à faire passer le développement humain du Rwanda de faible à moyen en 2020. Il est temps de tirer profit des résultats de ce fonds qui enfin de l’année 2017 atteignait une bagatelle de 52,3 milliards Frw, dont 41,8 milliards Frw proviennent des contributions, tandis que 10,5 milliards Frw sont issus des revenus d’investissement de ce même Fonds Agaciro. C’est le moment de faire appel à tout ce pactole issu des sueurs des citoyens rwandais.

  1. Faire appel aux importantes richesses détenues par le parti-état du FPR.

Comme vous le savez,Monsieur le Président, le FPR, organisation politique installée sur la scène  rwandaise, il y a seulement un ¼ de siècle, compte parmi les plus riches, si pas le plus riche parti politique au monde. Au 30/07/2017 le FPR était déjà considéré comme le premier employeur privé du pays, dont les actifs étaient estimés à quelque 500 millions de dollars. Le FPR pourrait faire un geste d’empathie envers le peuple rwandais, en prélevant un peu de ses immenses richesses et venir en aide aux plus nécessiteux.

  1. Libération des prisonniers qui peuplent les prisons rwandaises.

Actuellement et officiellement, on dénombrerait autour de 75.000 pensionnaires dans les prisons officielles rwandaises. Vous n’êtes pas sans le savoir, Monsieur le Président, qu’en date du 25 mars 2020, même la Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Madame BACHELET Michelle recommandait aux gouvernements de libérer les prisonniers dans le cadre de lutte contre le COVID-19. Cette recommandation a énormément de sens, particulièrement, dans le cas du Rwanda où beaucoup de prisonniers sont enfermés depuis plusieurs années sans dossiers. Ceci permettrait, non seulement d’éviter, la propagation de l’épidémie de coronavirus dans ces milieux carcéraux, mais également de libérer des moyens financiers immédiatement mobilisables pour aider les plus vulnérables de la population.

Il est vrai qu’en date du 1er Avril 2020 le procureur général a adressé aux procureurs une directive allant dans ce sens, mais ladite directive est assortie de conditionnalités aussi vagues que limitatives que seule une petite frange de la population carcérale pourrait en bénéficier.

  1. Le fonds ISHEMA RYACU constitué lors de l’arrestation du général Karake à Londres le 20/06/2015.

Il vous souviendra,Monsieur le Président, que le Général Emmanuel Karenzi Karake, alors chef du redoutable service national de renseignements et de sécurité, fut arrêté en 2015 à Londres sur base du mandat européen émis par l’Espagne. Il ne put être remis en liberté que contre une caution de 1 million de livres (1,5 million $) obtenue grâce à une mobilisation des cotisations du peuple rwandais. Cette somme peut et doit être utilisée immédiatement aux fins de soutien aux couches de populations les plus vulnérables.

  1. Rapatriement des fonds stockés dans les paradis fiscaux signalés dans le dossier des ‘’Panama Papers’’.

Enfin,Monsieur le Président, une étude récente de la Banque mondiale,portant sur les données de 22 pays dont le Rwanda a montré que l’aide accordée par la Banque mondiale tombe régulièrement entre les mains des prédateurs qui s’empressent à aller faire des dépôts dans des banques extérieures où le secret bancaire est garanti, comme la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïmans ou Singapour. C’est ainsi que cette enquête a montré que la Banque mondiale a fait des largesses à l’égard du Rwanda qui a obtenu, en 2018, le double de l’aide qu’il avait l’habitude d’obtenir les années précédentes, passant à 545 millions de dollars. Les chercheurs ont découvert, lors de l’enquête, que 190 millions de dollars ont quitté le Rwanda et ont été déposés dans des paradis fiscaux. Ces fonds et d’autres similaires, doivent, pour des raisons de moralité et d’efficacité pratique, être rapidement ramenés au pays pour servir à soulager les difficultés du peuple face à cette terrible crise du COVID-19.

Il faudra faire bon usage des fonds provenant des aides ou de facilités de crédit que le pays pourrait recevoir dans ces périodes.

Monsieur le Président,nous apprenons que dans le cadre de la Facilité de Crédit Rapide,le Fonds Monétaire International vient d’octroyer au Rwanda une aide financière concessionnelle rapide de 109,4 millions de dollars pour permettre de faire face aux difficultés liées à la gestion de la pandémie du « Covid-19 ». Nous osons espérer que ces fonds, dont le contribuable rwandais devra supporter le remboursement, vont réellement servir à soulager les difficultés rencontrées par les plus vulnérables et ne finiront pas dans les poches et les comptes des puissants du régime. Parmi ce groupe de gens vulnérables figurent des personnes dont les habitations ont été démolies. En effet, beaucoup d’entre nous avons été surpris de voir qu’alors que la tempête « Covid-19 » était annoncée, les responsables de la ville de Kigali ont envoyé des démolisseurs aller détruire les maisons du quartier de Nyarutarama. Le monde entier a ainsi pu assister à ces opérations inhumaines, où la cruauté se dispute au manque de sensibilité et d’empathie envers toutes ces pauvres familles, brutalement jetées dans la rue sans aucun autre secours. Pire encore, lors de votre intervention publique, vous avez non seulement et de façon cynique approuvé ces opérations de destruction de ces habitations de pauvres, mais avez réaffirmé ce que vous aviez dit en 2014 que les démolisseurs auraient dû balayer les maisons avec leurs occupants sans ménagement.

Des expériences en matière d’investissement à ne pas répéter à l’avenir.

De l’actualité, il nous revient que certains projets qui ont englouti des sommes colossales de fonds publics et qui ont été engagés sous votre totale et entière responsabilité,Monsieur le Président, se sont révélé être des trous noirs budgétaires.

  1. Ainsi on signale que le programme OneWeb dans lequel vous avez engagé des fonds estimés à quelques 1.2 milliards de dollars en provenance du Rwanda et d’autres partenaires est en faillite. L’on sait que les décisions d’engager ces fonds est faite à votre seule discrétion. C’est un des projets dont les contours demeurent obscurs pour beaucoup de rwandais. Le peuple gagnerait à ce qu’à l’avenir ce genre de pratiques soient bannies en matière de gestion des biens publics.
  2. La Société Rwandair qui a englouti des sommes importantes ces dernières années trouve, actuellement ses avions cloués au sol avec une probabilité élevée de ne plus pouvoir voler à nouveau. Il faut rappeler que malgré des sommes immenses de fonds publics qui y ont été injectés, cet éléphant blanc n’est jamais passé dans le vert en termes financiers. Ceci est une nouvelle preuve du décalage entre vos choix d’investissements des dernières années et les prévisions de bon père de famille qu’il aurait fallu faire.
  3. Le programme ‘’Visit Rwanda’’ qui a vu un pays parmi les plus pauvres de la planète se permettre d’accorder quelques 33 millions d’euros au club d’Arsenal et quelques entre 8 et 10 millions d’euros par an –selon les estimations au club parisien du PSG. A l’avenir,Monsieur le Président, ces investissements du genre ‘’casino’’ devront être abandonnés au profit de pratiques plus réalistes et plus ‘’bon père de famille’’.
  4. Monsieur le Président, un autre poste budgétivore de ces dernières années et qu’il faudra au plus vite réguler, est celui de vos déplacements à l’étranger. Les quelques chiffres qui suivent donnent froid au dos :

Monsieur le Président, force est de constater que si les ressources liées à tous ces projets cités ci-haut, et la liste n’est pas exhaustive, avaient été investies dans des projets de santé, de formation du corps médical, de paiement adéquat des enseignants et d’autres projets proches des préoccupations du citoyen, ils auraient été d’une grande utilité au peuple rwandais dans les présents moments de difficultés.

Tous ces projets et tant d’autres de pur prestige devront nous servir de leçons et à l’avenir ceux qui sont ou seront aux commandes dans notre pays devront être pragmatiques et prévoyants.

Plus important encore,Monsieur le Président, nous proposons, que dès la sortie de cette crise, vous osiez prendre des décisions fermes et accepter d’ouvrir l’espace politique rwandais, seule voie susceptible de libérer toutes les énergies du peuple actuellement brimées par les fréquentes violations des droits de l’homme par le régime que vous dirigez.

A cet égard, des groupes de l’opposition vous ont tendu la main, à plusieurs reprises, en offrant de dialoguer avec toutes les forces vives du pays. Jusqu’à présent vous avez préféré n’y réserver que mépris et fuite en avant dans la chasse à l’opposant.

Nous vous exhortons,Monsieur le Président, à réexaminer votre stance et à écouter, pour une fois, la voix du peuple qui crie au changement de mentalités et de méthodes de gouvernance et qui aspire à la vérité et à la liberté pour tous.

Les signataires de la présente sont prêts à fournir leur contribution positive afin qu’un processus de changements vers une paix sociale durable soit amorcé et mené à bon port.

Fait le 9 Avril 2020.

Les signataires :

  1. Laurent Munyandilikirwa, Président de l’Observatoire des Droits de l’Homme au Rwanda (ODHR) ;
  2. Emery Nshimiyimana, Secrétaire Général de la Fondation IBUKABOSE-RENGERABOSE, Mémoire et Justice pour tous ;
  3. Jean Marie Ndagijimana, Coordinateur du Comité pour l’Unité, la Paix et la Réconciliation au Rwanda (CUPR) ;
  4. René Mugenzi, Coordinateur de Global Campaign for Rwandans’s Human Rights (GCRHR);
  5. Joseph Matata, Coordinateur du Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR);
  6. Theobald Rutihunza, Président du Réseau International pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme au Rwanda (RIPRODHOR) ;
  7. Robert Mugabowindekwe, President de JAMBO asbl ;
  8. Calixte Kanani, Coordinateur du Comité de Suivi de la Problématique des Réfugiés Rwandais (CSPR) ;
  9. Aloys Simpunga, Initiative HUMURA ;
  10. JMV Nyirimbirima, Chairperson the Global Voice of Rwandan Refugees (GVRR)
  11. Stany Rwandarugari, Rwandan Platform for Dialogue, Truth, and Justice (RDTJ)
  12. Marcelline Nyiranduwamungu, Présidente du Réseau international des Femmes pour la Démocratie et la Paix (RifDP);
  13. Pascal Kalinganire, General Coordinator of the Organization for Peace, Justice and Development in Rwanda and Great Lakes Region (OPJDR);
  14. Pierre Claver Nkinamubanzi, Président du Congrès rwandais du Canada (CRC);
  15. Nelson Gatsimbazi, Rwandiska föreningen för mänskliga rättigheter (RFMR);
  16. Rugema Kayumba, Norway Sub Sahara Africa development organisation(NSADO);
  17. Celestin Muhindura, President of Rwanda National Forum (RNF);
  18. Gilbert Mwenedata, Président de l’initiative du Peuple pour l’Alliance Démocratique (IPAD) ;
  19. Emmanuel Mugenzi, Coordinator in charge of political matters, Rwandan Alliance for the National Pact (RANP-Abaryankuna) ;
  20. Jean Damascène Munyampeta, Secrétaire Général du Pacte Démocratique du Peuple (PDP-IMANZI) ;
  21. Général Emmanuel Habyarimana, Président de la Convention Nationale Républicaine (CNR-Intwari) ;
  22. JABO AKISHULI, Secrétaire Exécutif, UNITED FREEDOM FIGHTERS (UFF- INDANGAMIRWA);
  23. Jerôme Nayigiziki, Coordinateur, RNC-Ihuriro ;
  24. Jean Baptiste Ryumugabe, Coordinateur PSI-Imberakuri ;
  25. Etienne Masozera, Président AMAHORO-PC ;
  26. Justin Bahunga, Président FDU-INKINGI;
  27. Nadine Claire Kasinge, Présidente ISHEMA PARTY;
  28. Anastase Gasana, President Democratic Rwanda Party, DRP-ABASANGIZI;
  29. Paul Rusesabagina, Vice President, Mouvement rwandais pour le Changement démocratique (MRCD).
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