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Roma: Kwigaragambya mu muhango wo kwimika Cardinal Antoine Kambanda?!

Umu Cardinal wacu yaramblotse cyeraaaa!!
Yampoye amabaruwa nanditse mu myaka 2 ishize nkangurira we n’abagenzibe nk’abashumba bakiliziya gatulika mu Rwanda, kurangurura amajwi yabo mu kwamagana ibirura bihohotera abaturage.
Nigeze no kumuhamagara nabwo mugezaho ikibazo cy’abaturage baraswaga k’umanywa y’ihangu abandi baburirwa irengero.Nabimusabye nk’umushumba uyoboye diyoseze irimo ikicaro gikuru cy’ubutegetsi.
Ejobundi nkimara kubona inkuru y’uko Papa Francois yamugize umu Cardinal, namwandikiye ubutumwa bugufi mwifuriza ishya n’ihirwe mumirimo ye mishya, ariko kandi nifuzaga no kumusaba mucyubahiro cye ibintu 2 gusa. Ubutumwa ntibwamugezeho kuko yamblotse.
Dore ibyo nifuzaga kumugezaho

1:Gusura bariya baturage ba Kangondo bagiye kumara umwaka mumatongo y’amazu yabo basenyewe n’abayobozi b’igihugu.Bakaba barimwe ingurane.Dore ko kuva basenyerwa ntamuyobozi n’umwe wigeze uhagera ngo abahumurize,yumve ibibazo byabo, abanyamakuru bagerageje kuhagera bose barafunzwe.Bariya baturage bari muri diyoseze ayoboye.kuba yabasura akanabatabariza munzego z’ibishinzwe biri munshingano ze.
Kandi byashimisha Nyirubutungane Papa udahwema kubasaba kwegera imbabare, kuvugira abarengana.
2: Gushyingura mucyubahiro abihaye Imana biciwe i Gakurazo.

Ngibyo ibyo nifuzaga kugeza kuri Cardinal wacu.
Ntabwo ari byinshi rwose kandi ndumva bitamugora.
Ahari ubushake haboneka inzira .

Mgr Antoine Kambanda

Nyiricyubahiro Cardinal Antoni Kambanda, niba ntagihindutse nanyuma yo kuva i Roma mwambitswe ingofero y’ubu Cardinal, nzakoresha ubundi buryo mbahamagare mbagezeho ibi bibazo kimwe n’ibindi Abanyarwanda bakomeje guhura nabyo bitewe na leta y’a FPR.

Nshobora no kuzaza i Roma k’umunsi w’iyimikwa ryanyu mfite pancarte iriho amashusho y’Abasenyeri bishwe n’abasirikare ba Kagame bakaba barundiye mucyobo rusange i Gakurazo mwarananiwe kubashyingura mu cyubahiro.
Nshobora no kuzitwaza ishusho nini cyane y’abaturage ba Kangondo basenyewe na leta ya Kagame bakaba barimwe ingurane, bari muri diyoseze muyoboye, ntimwigeze mubasura cg ngo mubatabarize.
Ndacyari gusaba roho mutagatifu kunyobora no kumpa amagambo y’igitaliyani n’ikilatini nzandika kuri pancartes zanjye.kuri 28/11 mubo muzifotozanya nanjye ndimo mfite pancartes zanjye.
Turikumwe.

Jeanne Mukamurenzi

Source: Facebook

Le chanteur Kizito MIHIGO : Missions accomplies.

La date du 17 février 2020 sera à jamais gravée dans la mémoire de l’humanité toute entière, en particulier dans la mémoire des Rwandais. Je note bien « L’humanité toute entière », oui, parce que Kizito Mihigo aura été probablement le plus grand Humaniste de l’époque contemporaine, dévoué et sacrifié pour la cause humaine.

Kizito Mihigo dont le monde a salué l’audace, l’abnégation et le sacrifice ultime de soi, a bien accompli sa mission. Il a certainement rejoint Celui qui l’avait choisi pour semer la graine de la vie contre celle de la mort, Celui qui  lui avait envoyé cette Colombe de la paix, du pardon et de la réconciliation, en tant que messager dans un pays déchiré par la haine.

« La colombe, symbole de l’amour et de la paix parmi les hommes ; la colombe, symbole de la demande et de l’offre du pardon ; la colombe, symbole de la réconciliation, symbole de l’apaisement et de la justice, symbole de la sagesse et du discernement; c’est cette colombe dont nous avons besoin» (sa chanson : « Inuma » traduit «la Colombe ») 

Un devoir d’extirper les racines du mensonge qui détruisait les générations depuis plusieurs années,un devoir de lever  le voile qui cachait la face de la vérité rwandaise,  telle était la mission éminemment sensible et risquée! Pour une aussi lourde et périlleuse responsabilité, il aura bien fallu un Monsieur hors du commun, un Homme de foi guidé probablement par la force du Tout Puissant. Ce pari réussi au prix de son sang aura, sans nul conteste, des fruits délicieux à déguster . Il l’a dit et répété car c’était déjà son expérience de vie :       « C’est nous qui témoignerons de l’unité parce que nous avons subi la haine de l’intolérance.   Nous serons les fruits adulés, cueillis sur un arbre sorti de la misère »

                                   Kizito Mihigo, et maintaint ?

Le lundi 17 février  et les jours qui ont suivi, auront été d’une grande tristesse, très amers. On a du mal par moment à admette sa mort, son départ. Or, il n’est plus là, du moins physiquement! En revanche, il a tout fait pour nous. Il a tracé tout le chemin, il a abordé l’inabordable malgré toutes sortes d’intimidation qui pesaient sur lui. Il  a contredit les menteurs qui se sont payés de sa vie. Il  leur a appris que la vérité, la justice, le pardon et la vraie réconciliation seraient les seules sources de vie dans une communauté meurtrie par l’auto-destruction.

Les Rwandais et d’autres communautés ont été sensiblement touchés par cette mort. De cette dernière en revanche, on veut ardemment en sortir la vie, celle qui traversera des siècles. La vie qui va souder le Rwanda, ses fils et ses filles, toutes ethnies et toutes régions. C’est le rêve de Kizito Mihigo qui se réalisera absolument, il n’est plus que question de temps. Qui pourra refuser cette chance, ce beau cadeau qu’il nous a offert et qu’il a offert aussi, et oui,  à ses détracteurs et à ses persécuteurs ? On le connaît notre ami Kizito, il aime tout le monde et il pardonne.

Beaucoup d’initiatives désormais en cours dans les quatre coins du monde sont à mon avis très salutaires (Kmp, Kms, funclubs, divers groupes.). Elles ne devraient, cependant, se focaliser qu’à un seul but, celui de concrétiser l’héritage Kizito: « la vérité, la justice,  le pardon, l’unité et la réconciliation  entre tous les Rwandais, sans aucune forme d’exclusion». Se disperser à tout-va, se servir de son nom pour des intérêts égoïstes, politiques ou économiques, ne serait que polluer et spolier son héritage. Ce serait d’énorme gâchis dont profiteraient ses détracteurs et tous les malveillants.

Bref, l’avenir du Rwanda est désormais connu et tracé. Kizito Mihigo a posé ses bases qu’il a arrosées avec son propre sang. On ne pourra plus revenir en arrière. Tous les Rwandais: homes, femmes, hutu, tutsi,  twa, dirigeants et dirigés, il est temps de réexaminer notre passé douloureux avec équité, justice et pardon. Nous ne devons plus admettre que le sang des Rwandais continue  à  être abusivement versé. Nous sommes des humains, point!

Les médias internationaux en l’occurrence,  seraient conviées à la même marche, pour se décaler des idées manipulées, manichéennes, et enfin aider véritablement les Rwandais à construire l’avenir. Un avenir qui ne tue plus, un avenir qui ne discrimine plus,  un avenir juste.

Pour terminer, on ne peut souhaiter que Kizoto Mihigo soit reconnu à juste titre,  pour toute son œuvre. Les instances et institutions habilitées, tant laïques que religieuses, nationales et internationales pourront jouer leur rôle dans ce processus de gratification du Grand Homme de tous les temps. Bien sûr, la meilleure gratification pour Kizito sera toujours le partage et la pérennisation de ses valeurs!

Faustin Kabanza
Le 26 avril 2020

https://www.musabyimana.net


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Les Rwandais et leurs origines ethnisées

LES RWANDAIS ET LEURS ORIGINES ETHNISÉES
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Si la communauté internationale ne cesse de s’interroger sur l’histoire (ancienne et récente) du Rwanda, il n’en demeure pas moins que les Rwandais eux-mêmes se questionnent sur leur propre histoire, sur leur propre identité.

Peu d’écrits ont traité la question identitaire des Rwandais qui est pourtant une des causes de conflits récurrents de ce pays. S’appuyant sur des éléments précis, cet article apporte des pistes de réflexions sur les origines des Rwandais (hutu-tutsi-twa), sujets soumis à polémiques et dont on sait à quel niveau il alimente les crises rwando-rwandaises et même régionales.

Introduction

Le XXe siècle a été certainement le pire des siècles qu’a connus le Rwanda depuis son existence. On a vu une haine sans nom opposer deux camps nommés « ethnies » jusqu’à aboutir aux tragédies les plus sanglantes de l’histoire.

Le XXe siècle correspond, en effet, à la colonisation des pays africains par les Occidentaux. Rappelons pour le cas du Rwanda que celui-ci a été occupé d’abord par les Allemands (du début du XXe siècle à la première guerre mondiale) puis par les Belges jusqu’en 1962. Cette période d’une soixantaine d’années a beaucoup transformé le pays, par rapport aux modes de vie des Rwandais, aux mœurs et à la culture en général.

Si, au cours de cette période, le Rwanda a vu naître l’école, les hôpitaux, les routes, l’habillement moderne, la voiture, etc., il a aussi vu mourir sa religion traditionnelle, son organisation politique et sociétale, ses références symboliques, etc. Mon objectif n’est pas bien entendu, de comparer les pertes par rapport aux gains acquis grâce à la présence occidentale, mais de souligner la dégradation outrancière des relations qui existaient entre les Hutus et les Tutsis.

Personne ne peut oser dire que ces deux groupes sociaux n’existaient pas avant l’arrivée des Occidentaux et que les relations entre eux n’étaient pas déjà tendues. Néanmoins, tous les témoignages concordent en affirmant le rôle des colonisateurs dans l’attribution de critères naturels pour identifier ces deux groupes. En formalisant les différences naturelles, entre les Hutus et les Tutsis (et les Twas par ailleurs), les autorités coloniales appuyées par quelques anthropologues ont donc irréversiblement tranché. Les politiques coloniales et postcoloniales toutes confondues, en ont largement profité pour légitimer et consolider leur pouvoir, parfois au prix du sang du peuple rwandais.

Je voudrais revenir sur les erreurs qui ont été commises au début du XXe siècle, et sur l’une d’elles en particulier. En attribuant arbitrairement des origines géographiques différentes à ces deux groupes sociaux : hutu et tutsi, les classificateurs de l’époque venaient confirmer fatalement les différences et creuser le fossé au sein du peuple rwandais.

A l’heure actuelle, l’ethnisation des consciences ainsi que les événements vécus par les uns et les autres ont fini par catégoriser tout le monde, sans scrupule, fermant ainsi la parenthèse sur le vrai débat concernant nos questions identitaires, sources des tragédies cycliques qui ne cessent d’endeuiller le Rwanda.

Linguiste de formation, je voudrais, en m’appuyant sur les données linguistiques et sociolinguistiques fustiger l’idée aberrante selon laquelle les Hutus seraient seuls d’origine bantoue tandis que les Tutsis seraient d’origine chamito-nilotique.

Le but n’est pas, comprenez-moi bien, d’emprunter le sens inverse en établissant des liens fictifs entre les deux groupes ou plus encore de justifier les comportements actuels ou passés des uns vis-à-vis des autres. Tout simplement, je voudrais qu’on ne continue pas à être prisonniers des erreurs du passé, et que l’on cherche à comprendre l’histoire des Rwandais sans poser de critères discriminatoires au préalable.

Que lit-on sur le peuplement du Rwanda ?

Les premiers Occidentaux arrivés aux Rwanda se sont empressés d’écrire sur les origines des Rwandais. Plusieurs raisons justifient cet empressement :

– Les premiers Européens sont des explorateurs (Oscar Baumann notamment) qui cherchent à expliquer, avec des sources et des moyens bien entendu très limités, ce qu’ils ont découvert ponctuellement.

– D’autres sont des colonisateurs dont la politique « divide et impera diviser pour régner » est la devise (les colonisateurs devaient à tout prix trouver un point de chute pour installer l’autorité coloniale). Dans cette catégorie, ont peut aussi inclure les missionnaires qui adoptent la même politique pour asseoir et consolider l’Eglise.

– Une autre catégorie est constituée d’anthropologues européens de la fin du XIXème siècle et début du XXe siècle. On sait bien que les anthropologues européens étaient préoccupés par les classifications des peuples, notamment dans un rapport de domination « Blancs-Noirs ».

Sur le continent africain, les vieilles idéologies manichéennes veulent expliquer que les civilisations noires seraient l’œuvre des Hamites, peuples de race blanche qui seraient venus de la région caucasienne. Ces hypothèses dépourvues de tout fondement ont largement influencé les premiers européens qui ont travaillé sur les origines des Rwandais. S’appuyant surtout sur des aspects morphologiques de la famille dirigeante, ils ont tiré des conclusions généralisantes, comme on peut le lire dans différents écrits :

Le Père Pagès écrit :
« La communauté d’origine des Hamites avec les Sémites (Egyptiens ou Abyssins) semble hors de conteste. Leurs ressemblances physiques, leurs affinités des mœurs pastorales, l’identité de coutume, telles que la division en animaux purs et impurs (imiziro), la loi du lévirat, la mutilation d’un ennemi, leur organisation politique féodale), etc., sont autant de traits qui prouvent leur parenté avec cette race ».

Le Chanoine De Lacger a écrit quant à lui :
« Les Tutsis ont le type caucasique et tiennent du Sémite de l’Asie antérieure. Avant d’être ainsi négricisés, ces hommes étaient bronzés ».

Le Rapport sur l’administration belge du Rwanda-Urundi de 1925 décrit les Tutsis comme suit :
« Le Mututsi de bonne race n’a, à part la couleur, rien du nègre. Ses traits, dans la jeunesse, sont d’une grande pureté ; front droit, nez aquilin, lèvres fines ».

De tels écrits bien simplistes, polémiques et parfois manichéens ont été pourtant pris à la lettre. Les premiers intellectuels rwandais se les sont appropriés et les ont reproduits dans leurs ouvrages en langue locale. Ce sont ces livres qui ont servi à tous les niveaux de l’enseignement rwandais.

Monseigneur Alexis Kagame, un des premiers élèves de l’école européenne (notamment élève des Pères De Decker et Van Overschelde), ne pouvait que reproduire les théories en vogue, d’autant plus que cela ne le desservait pas en tant que membre de la dynastie nyiginya, fonctionnaire de la cour.

Quelle que soit la reconnaissance qui lui est due en tant que pionnier des travaux historiographiques et transcripteur des littératures orales de cour, on ne peut que regretter que les erreurs partagées par les Européens aient été enseignées et transmises de génération en génération par le biais de l’école.

Mgr Alexis Kagame affirme sans vergogne dans notamment « Inganji Kalinga (Tambour Victorieux) » son adhésion aux théories européennes, en localisant les origines géographiques des Hutus et des Tutsis. Ces derniers, Hamites, seraient venus, dit-il, de la région de l’Abyssinie (en Ethiopie). Les Hutus, poursuit-il, seraient arrivés en Afrique centrale en provenance de l’Asie. Mgr Kagame croit et écrit sans hésiter que les Tutsis étaient de couleur blanche (voir Inganji Kalinga, p. 65, p.71) et qu’ils se sont négrifiés par la suite.

Mgr Kagame Alexis est tombé, par certains de ses écrits, dans l’erreur manichéenne, utilisant des exemples souvent contradictoires et partisans. Toutes les critiques actuelles lui reprochent, à juste titre, de ne pas avoir su prendre de distance entre son travail scientifique et ses sentiments personnels. Il se met dans la mêlée et prend position contre ceux qui ne sont pas de son camp.

Hutu-tutsi : dénominations postérieures aux clans

Beaucoup d’écrits concordent à affirmer la primauté des clans rwandais sur les groupes sociaux hutu-tutsi. Ces appartenances ont été certainement créées après les débuts de la formation du Rwanda, c’est-à-dire après que la dynastie nyiginya, située aux environs de Gasabo, eut commencé à conquérir d’autres royaumes voisins (vers les années 1400). Avant et après cette conquête progressive, les membres des clans se mariaient entre eux, qu’ils soient de royaumes voisins ou lointains. Entre les rois voisins, le mariage interclanique était courant. Les exemples sont nombreux et à titre d’exemple : le roi Mashira[1] a épousé Nyirantobwa, fille de Mibambwe I Mutabazi[2]. Gahindiro, le fils de ce dernier (de la dynastie nyiginya) a peiné pour avoir Bwiza (la miss rwandaise de l’époque !!!), la fille de Mashira, roi de Nduga (du clan banda).

Du fait que les dénominations hutu-tutsi (et twa par ailleurs) n’existaient pas encore à cette époque du début de la formation du Rwanda, Mgr Alexis Kagame est bien confondu. Pour justifier la supériorité de la dynastie nyiginya et s’alignant ainsi sur l’idéologie européenne, il fait une hypothèse assez tendancieuse selon laquelle d’autres clans qui se mariaient avec les nyiginya étaient peut-être aussi des Tutsis. Voici ce qu’il écrit à la page 51 d’« Inganji kalinga » (Tambours victorieux) :
« (…) Qu’est-ce qui peut justifier que d’autres clans puissent se marier avec nos rois, si ce n’est que ces clans sont eux aussi des Tutsis ? S’ils ne sont pas des Tutsis, dis-moi comment un roi (Hinza) du Bushi ou de Buhunde peut-il oser demander une fille du roi du Rwanda et on la lui donne. Quel roi nyiginya peut-il s’acharner à aller demander une fille chez le roi hinza (si lui-même n’est pas de la même lignée) comme l’a fait Gahindiro de Mibambwe I ? »[3].

A cette époque les dénominations hutu-tutsi n’étaient pas créées et Mgr Kagame ne peut que formuler les hypothèses tendancieuses en attribuant ces appartenances aux clans, en fonction de ses propres tendances idéologiques.

On doit donc s’arrêter un instant et s’interroger sur cette présence de mêmes clans dans les trois groupes hutu-tutsi-twa lesquels sont des groupes sociaux et non des ethnies, dénominations postérieures à celles de clans. Sans parti pris, qu’est-ce qui empêcherait concrètement ces clans, partageant les mêmes ancêtres, d’être un même peuple[4] ayant les mêmes origines ?

Apports des éléments linguistiques

Toutes les sources orales dont nous disposons jusqu’à l’heure actuelle témoignent, depuis la nuit des temps, d’une même langue partagée par tous les clans rwandais et donc, par les trois groupes sociaux rwandais. Les éléments du code ésotérique dynastique tels qu’ils ont été intégralement transmis par les fonctionnaires spécialisés désignés de génération en génération par les rois successifs, et transcrits par Mgr Kagame, sont bel et bien en langue rwandaise (notamment le code dynastique « Ubwiru » ou la généalogie des rois nyiginya « Ubucurabwenge »). Or le rwandais (kinyarwanda) est une langue de la famille des langues bantoues, classée par les linguistes qui ont travaillé sur la classification des langues africaines. La dynastie nyiginya, de par l’usage du kinyarwanda et notamment dans son code ésotérique dynastique, est sans conteste de la famille des Bantous et non de celle des Hamites.

L’usage du kinyarwanda par tous les clans, avant même la naissance du Rwanda est un élément qui ne peut qu’affirmer l’hypothèse des mêmes origines. Les toponymes et les anthroponymes de tous les clans et leurs localisations géographiques tirent également leur source de la langue rwandaise, cela renforce davantage l’hypothèse d’une même communauté, ayant certainement les mêmes cultures.

Comment est-il possible qu’une dynastie d’origine abyssinienne n’ait pas laissé de traces de langues chamito-nilotiques dans son code ésotérique dynastique, qui l’auraient rendu plus ésotérique, plus protégé contre l’extérieur ? Certaines personnes prétendent que les nyiginya et d’autres clans (supposés tutsi) auraient abandonné leur langue pour adopter la langue des clans (supposés hutus et twas) qu’ils venaient de trouver sur place. Or, dès lors que les nyiginya étaient socialement, militairement, politiquement et économiquement plus puissants que d’autres clans, quelle raison auraient-ils eue d’abandonner la langue originelle ? C’est impensable. Supposons même qu’ils aient accepté de perdre leur langue, comment imaginer que ce soit au point de n’en garder aucune trace, ne fût-ce que pour le rituel ésotérique ?

Bref, la colonisation, l’exiguïté du territoire, la pauvreté dans un pays surpeuplé, sont autant de facteurs qui ont joué un rôle important dans la dissension des Rwandais. A chaque époque, le Rwanda a connu des divisions binaires qui consistent à désigner chaque fois les bons et les mauvais, ceux qui doivent être privilégiés ou pas (soi-disant par nature ou en raison de leur nombre minoritaire ou majoritaire). C’est incontestablement dans cette optique que les dénominations hutu-tutsi sont nées pour désigner les deux groupes sociaux à situations socio-économiques opposées.

Toujours dans ce mode de fonctionnement par exclusion, on a toujours assisté à des subdivisions binaires à l’intérieur même du système. Après l’indépendance jusqu’en 1994, on a connu une subdivision Kiga-Nduga avec des enjeux politiques et économiques conséquents. Pendant la période monarchique, on ne peut pas ignorer les querelles Nyiginya-Ega qui ont été la cause du coup d’Etat de Rucuncu.

Que faire des consciences qui ont intégré l’idée de groupes ethniques ?

La question fondamentale est bien celle-là. A l’heure actuelle et après ce que tous les Rwandais ont vécu, est-il nécessaire de leur dire qu’ils sont les descendants d’ancêtres communs et qu’ils sont plus proches les uns les autres qu’il ne le leur a été enseigné ? Certaines politiques ont essayé de tenir ce discours de l’unité originaire des Rwandais mais sans vouloir/pouvoir l’expliciter ni l’accompagner par des actes concrets.

A mon avis, il n’est jamais trop tard pour bien faire et les Rwandais peuvent toujours être accompagnés vers une vraie réconciliation pour le futur du Rwanda et de tous ses enfants, sans exclusion. Cela n’exclut pas en revanche le recours à la justice pour punir ou gracier tous ceux qui ont des comptes à rendre.

Cette réconciliation qui s’appuie sur l’unité originaire des Rwandais n’est peut-être pas la seule possibilité. Aujourd’hui, il y a des Rwandais qui prônent d’assumer leur hutuité ou leur tutséité, et de s’appuyer sur cette base pour se réconcilier et vivre en harmonie. Cela ne paraîtrait pas dérangeant, car de toute façon, les faits sont bien là : ces appartenances ont fini par s’imposer. Cependant, quelles que soient les pistes proposées pour arriver à la paix durable au Rwanda, il me semble judicieux de ne pas rester prisonniers des erreurs de jugement du passé car les éléments dont on dispose montrent plutôt que les Rwandais ne sont pas si différents les uns des autres !

Faustin Kabanza


Références :

– Kagame, A. : Inganji Karinga, Kabgayi, 1959, (2e Ed.).
– Kagame A. : Les organisations socio-familiales de l’ancien Rwanda, Gembloux, Ed. J. Duculot, 1954.
– Pagès, A. : Un royaume hamite au centre de l’Afrique, Bruxelles, Marcel Hayez, 1933.
– Vansina, J. : L’évolution du royaume rwanda des origines à 1900, Bruxelles, ARSOM, 1962.
– Delmas, L. : Généalogie de la noblesse du Rwanda, Kabgayi, Vicariat Apostolique du Ruanda, 1950

Sites internet :

http://audiovie.org/linguistique/
langues-africaines.htm
http://www.universalis.fr/encyclopedie/
nilotiques/1-origines-des-nilotiques/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ethnisme_
au_Rwanda///Article N° : 11664


Notes

[1] Supposé roi hutu du royaume de Nduga.
[2] Supposé roi tutsi de la dynastie nyiginya.
[3] Texte original en kinyarwanda : (…), ni iki cyatuma imiryango yabo ishyingirana n’abami bacu n’abo hakulya, atari uko n’abo bo hakurya atari abatutsi ? Niba kandi atari abatutsi, mbwira umuhinza wo mu Bushi no mu Buhunde waza gusaba umugeniku Mwami w’U Rwanda bakamumuha. Ni nde se wahihibikanywa no kujya gusaba umukobwa w’umuhinza utali imfura, nk’uko Gahindiro ka Mibambwe wa mbere yabigize ?
[4] peuple, en tant communauté vivant sur un même territoire, unie par des caractéristiques communes notamment la culture, les mœurs, la langue.


Source : http://africultures.com/

 

“Les Justes du Rwanda “, un documentaire stigmatisant ?

« Les Justes du Rwanda », un documentaire stigmatisant ?

« Les Justes du Rwanda », un documentaire stigmatisant ?
En tentant de raconter l’héroïsme de quelques Hutu, un documentaire français fini par diaboliser « l’immense majorité ».

Ce mardi 14 janvier 2020 à Liège avait lieu une projection du documentaire « Les Justes du Rwanda », un film imaginé, écrit, réalisé et produit par Luc Lagun-Bouchet fin 2018[1].

Le documentaire, d’une cinquantaine de minutes, immortalise l’histoire de trois Hutu qui ont caché des Tutsi pendant le génocide, les sauvant ainsi d’une mort certaine.

Le film est très bien fait. Il est sobre, fluide et captivant du début à la fin. Ce sont les « sauvés » et les « sauveurs » qui racontent, avec humilité, lucidité et pudeur.

« Les Justes »

Il y a trois histoires de « Justes », tous des Hutu. Celles de Damas à Kigali[2], de Joséphine à Kibuye[3] et de Frodouard[4] à Gitarama. Tour à tour, ils nous racontent ce qu’ils ont fait et comment ils l’ont fait. Quant au « pourquoi ils l’ont fait », ils ne disent pas grand-chose. Ils restent humbles et font seulement comprendre que c’était probablement dans leur nature.

Les « sauvés »

Ensuite, ce sont les « sauvés » qui racontent.

Pie qui a survécu grâce à Damas, caché pendant 100 jours dans une toilette. Thomas et Pierre qui ont été recueillis par Joséphine dans sa propre maison et enfin, Antoinette qui doit la vie à Frodouard, tout simplement cachée dans un trou creusé par son sauveur au milieu des champs.

Plus qu’un film, ce sont trois magnifiques témoignages qui apportent un peu de vie et d’espoir à ce printemps maudit de 1994.

Il y a malheureusement deux bémols à ce documentaire, deux éléments que nous avons trouvés fortement dérangeants.

La stigmatisation

D’abord, il y a cette inexplicable détermination du réalisateur à vouloir diaboliser les Hutu dans leur ensemble. Depuis la fiche de présentation, jusqu’au débat qui a suivi la projection, le réalisateur persiste et signe : il s’agit bien de « l’immense majorité des Hutu qui a participé aux tueries » !

Pourtant, sur les 6.000.000 de Hutu vivant au Rwanda en 1994, comment aurait-il été possible que « l’immense majorité » puisse participer aux massacres ? Il s’agirait de plus de 5.000.000 d’individus, si l’on prend un taux entre 80 et 90% pour quantifier l’expression « immense majorité ».

Malgré ce rapide calcul, le réalisateur n’en démord pas et continue de soutenir que cette proportion de tueurs est correcte, soit en moyenne 5 assassins pour 1 victime…

Plus grave encore, c’est de suggérer que « toute une ethnie » composée de millions de personnes, à l’exception que quelques-uns, serait coupable collectivement, alors que dans les faits, le nombre de 200.000 à 300.000 tueurs, déjà très effrayant, semble être le plus sérieux[5]. C’est à peine 7% de la population totale des Hutu, bien loin de l’ordre de grandeur que représente l’expression « immense majorité ».

La propagande

Ensuite, le deuxième point qui dérange, ce sont les quelques contre-vérités historiques disséminées un peu partout dans le documentaire.

Il y a par exemple cette traduction trompeuse du mot « Inkotanyi » par « Tutsi » au tout début.

Le film s’ouvre sur un extrait sonore de la RTLM, dans lequel l’animateur de cette tristement célèbre radio, chante « les INKOTANYI ont été exterminés » en kinyarwanda, mais le film traduit ces mots par « les TUTSI ont été exterminés ».

Pourtant, toute personne qui s’intéresse à l’histoire du Rwanda sait que le mot « Inkotanyi » est le nom de guerre que s’étaient donné les rebelles du Front Patriotique Rwandais (FPR) dès les débuts de leur attaque en octobre 1990. D’ailleurs, encore aujourd’hui, le nom complet du FPR est officiellement « FPR-Inkotanyi », sans aucune référence explicite aux Tutsi.

Plus loin, vers le milieu du documentaire, il y a toute une explication selon laquelle ce sont les colons belges qui auraient « inventé » les ethnies au Rwanda afin de mieux asseoir leur pouvoir. Un point de vue discutable, puisque les ethnies faisaient déjà partie du paysage socio-politique rwandais depuis des siècles.

Enfin, l’élément le plus surprenant fut la présence d’une subtile propagande tout au long du film en faveur du Front Patriotique Rwandais (FPR), le parti au pouvoir depuis 25 ans. Le FPR y est décrit comme un mouvement politique salutaire pour tous les Rwandais et auquel rien ne peut être reproché, alors que ses crimes commis avant, pendant et après le génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994 sont suffisamment documentés par quasiment tous les organismes de défense des droits de l’Homme (Human Rights Watch, Amnesty International, UN OHCR, etc…).

Des héros malgré tout

Sans cette touche politique qui donne un caractère courtisan, pour ne pas dire partisan au film, ce documentaire aurait pu se distinguer des autres, pour avoir choisi de raconter une histoire bien éloignée du monde politique. Mis à part ces deux bémols, le documentaire est à voir.

Nous vous le recommandons et entre temps, nous espérons que le réalisateur reviendra à la raison vis-à-vis de son acharnement envers « l’immense majorité » des Hutu.

Ce qui compte, c’est que les histoires de Damas, Joséphine et Frodouard soient connues car à notre avis, ce sont plus que des « justes », ce sont des héros.

Gustave Mbonyumutwa

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[1] http://www.citemiroir.be/fr/activite/les-justes-du-rwanda

[2] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/09/l-orphelinat-de-nyamirambo-symbole-des-justes-du-rwanda_5447686_3212.html

[3] https://proof.org/stories-of-courage/2013/3/18/dusabimana

[4] http://www.cpch.eu/Temoignage-J086.html

[5] https://www.nybooks.com/articles/2018/06/28/rwanda-deathly-hush/

Church Rejects King of Bafumbira

Tycoon Caesar Mulenga

Rt. Reverend   Cranmer Mugisha, the Bishop of Muhabura diocese has strongly condemned those that installed tycoon Caesar Augustus Mulenga as the king of the Bafumbira in South West Uganda, saying that this would create divisions among the Bafumbira Community.

“This cannot be tolerated and the matter has been discussed in the Diocesan synod, which took a clear stand of rejecting the kingship” Said bishop Mugisha.

Bishop Mugisha says that the Bafumbira had never had kings before, apart from paying tributes to former Kings of Rwanda.

Pulkeria Muhindo the Kisoro RDC says that the issues of having a king in Kisoro should be handled with extra care before Caesar Augustus Mulenga is accepted a King for Bafumbira.

“The coronation of King Caesar was done secretly by a small group of people without consulting all the People,” Said Muhindo.

President Yoweri Museveni shakes hands with King Mulenga Last Week

However this has been downplayed by Fidelis Kanyamunyu the so called Kingdom’s Spokesperson   saying that those opposed to the Kingship are not aware of its agenda.

He says the Mulenga’s kingship will be focused on development and supporting locals to get out of poverty and that their king has been supporting all the people of Kisoro irrespective of differences.

He says the King is currently giving out low interest loans as well as over 200 heifers to locals in a bid  to help them out of poverty.

The issue of the Kingdom is being misinterpreted; Mulenga Development Kingdom is entirely for development and not cultural. Those willing to subscribe to the Mulenga Development Kingdom have the right to do so or stay away from development which is the agenda,” Said Kanyamunyu.

Mulenga is a Businessman who has ventured into tourism, Education, Media and Microfinance.

King Mulenga's Range Rover

Late last year, a group of Kisoro residents crowned him King and started referring to him as the King of the Bafumbira.

The office of the Kingdom located near Kisoro Tourist Hotel also owned by the King. Hundreds of people flock the area to meet the him daily.

When Chimpreports tried to meet Mulenga, yesterday, we were told he was held up in meetings with his subjects and visitors from outside Kisoro.

Mulenga is a wealthy man who owns a string of businesses  including  St. Augustine International University, St. Augustine international school, Yampe Newspaper , Southern Eye Newspaper, ABC Africa Newspaper , i-tel Ltd, King Ceaser Game Reserve, development groups like  YES Ducuruze, Girinka Mulenga , Female Global Millionaires, and   Profit Kisoro among others.

Source: Chimpreports