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La République Démocratique du Congo: La conscience se réveille.

Analyse des propos du Cardinal Fridolin Ambongo

Par Charles Onana

Depuis 2002, dix-huit ans déjà, je n’ai eu de cesse d’attirer l’attention de mes frères et amis congolais sur le projet de destruction et d’occupation de leur pays dont le régime du Rwanda est la main exécutive mais pas seulement.

Beaucoup ont d’abord douté, d’autres étaient plutôt surpris. Aujourd’hui, nombreux regardent les massacres, les viols, les déplacements de la population et les incursions armées de l’Est de la RDC avec inquiétude et angoisse car la réalité devient de plus en plus évidente. Le projet de partition du Congo prend forme et les Congolais de haut rang osent maintenant parler.

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Cardinal Fridolin AMBONGO

C’est dans cet esprit que le cardinal congolais Fridolin Ambongo a décidé de tirer la sonnette d’alarme, suite à son dernier voyage dans cette région sinistrée où il a vu une « population terrorisée » selon ses propres termes. Le massacre presque quotidien des Congolais est devenu banal et sans intérêt aux yeux de la communauté internationale et des destructeurs du Congo. Seulement, les choses changent. Même au sein de l’armée congolaise, des langues commencent à se délier pour dire que le pays est en danger: « Les FARDC affirment être au courant et suffisamment documentées sur la combine montée par les ennemis de la nation visant à les décourager dans la poursuite et l’exécution de leur mission. Ce qui passe au Grand nord n’est qu’une machination des personnes malveillantes aux ambitions sécessionnistes ».

Voilà les propos du porte-parole des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, le général-major Kasonga Cibangu qui souligne que l’objectif est de « prendre le contrôle politico-administratif de cet espace et ainsi concrétiser la balkanisation » de la RDC.

Si l’armée congolaise en est à s’épancher, c’est que l’heure est grave. Le pays est réellement menacé et la conscience nationale revient. Il était temps. Le chanteur emblématique du pays Koffi Olomide s’est jeté à l’eau, faisant oublier son concert controversé de Kigali en décembre 2016, en dénonçant « ceux qui ont signé un pacte avec les Rwandais » pour vendre la RDC. Le célèbre musicien est désormais en phase avec l’histoire de son pays et c’est courageux de sa part. Le très populaire Martin Fayulu, candidat et vainqueur non reconnu des dernières élections présidentielles, a déclaré lors de son déplacement à Beni qu’on « ne peut pas accepter le plan machiavélique mis en place pour désarticuler et déstabiliser » la RDC ni le fait que « des gens qui ont construit leur villa soient délogés de force par ceux qui veulent exterminer le peuple de Beni ». L’ancien Premier ministre Adolphe Muzito a provoqué, de son côté, un tremblement de terre politico-médiatique en désignant le Rwanda comme pays déstabilisateur de l’Est de la RDC. Indignés par ses propos, certains de ses compatriotes et surtout certains médias occidentaux, très sympathiques et connivent avec Kigali, l’ont traité comme un vulgaire conjuré.

Tout le monde a oublié les multiples rébellions financées et soutenues par le Rwanda en RDC, bien que répertoriées par les experts de l’ONU dans leurs rapports. Personne ne se souvient non plus des propos régulièrement tenus par les dirigeants rwandais à l’encontre des Congolais ni même des déclarations d’un ancien président rwandais venu des rangs de l’actuel régime de Kigali réclamant une nouvelle conférence de Berlin pour amputer le Congo de sa partie Est. En clair, au vu du vacarme provoqué par la sortie de l’ancien premier ministre Muzito, les Congolais seraient plutôt priés de se taire indéfiniment ou de se laisser écraser, terroriser, violer, insulter, humilier, massacrer et piller sans réagir. La seule attitude digne d’un congolais dans ce contexte serait donc, si l’on en crois certains médias, le silence poli, la soumission éternelle, le compliment ostentatoire à un mariage de Kigali et le câlin public à leur bourreau. Muzito a manifestement péché, aux yeux de certains, par le politiquement incorrect.

A mon avis, il est simplement en rupture de ban avec le consensus mou… Tout de même, ne faudrait-il pas de temps en temps écraser l’orteil de celui qui vous marche régulièrement sur les pieds avec les brodequins et qui vous crache à la figure, juste pour qu’il sache que vous n’êtes pas un tapis roulant ni un essuie-pieds ? Pour moi, cardinal Ambongo, Olomide, Fayulu, Muzito et les FARDC ont permis aux Congolais de relever la tête en cette nouvelle année. Je leur adresse donc mes vœux les meilleurs ainsi qu’aux populations de Beni et de l’ensemble de la RDC. Continuez le combat pour la liberté, la dignité et la fierté de votre pays et de vos populations! Vous réussirez!

 

Dr Charles ONANA

Le 05 juin 1994: l’Église Catholique Rwandaise décapitée. Que s’est-il passé à Gakurazo ?

RWANDA: LA NUIT DE LONGS COUTEAUX

Gakurazo : 5 Juin 1994

De l’assassinat des évêques rwandais et d’autres ecclésiastiques à Gakurazo, le dimanche 5 juin 1994

Abbé Vénuste LINGUYENEZA
Waterloo, 2 décembre 1999

Je m’en vais raconter les événements qui ont trait à l’assassinat des évêques Vincent NSENGIYUMVA, archevêque de Kigali, Joseph RUZINDANA, évêque de Byumba et Thaddée NSENGIYUMVA, évêque de Kabgayi et président de la conférence épiscopale, avec 9 prêtres ainsi que le Supérieur Général des Frères Joséphites, Jean Baptiste NSINGA. Les prêtres assassinés sont tous du diocèse de Kabgayi sauf l’Abbé Denis MUTABAZI du diocèse de Nyundo: il avait fui Nyundo où il avait reçu une vilaine blessure d’un coup de lance dans la main (droite si je me rappelle bien) et le malheureux avait cru avoir échappé à la mort. Il s’agit de Monseigneur Jean Marie Vianney RWABILINDA, vicaire général; Monseigneur Innocent GASABWOYA, ancien vicaire général; les Abbés Emmanuel UWIMANA, recteur du petit séminaire, Sylvestre NDABERETSE, économe général, Bernard NTAMUGABUMWE, représentant préfectoral de l’enseignement catholique, François Xavier MULIGO, curé de la cathédrale, avec ses vicaires Alfred KAYIBANDA et Fidèle GAHONZIRE(ce dernier étant en même temps aumônier de l’hôpital). C’est donc pratiquement tout le staff du diocèse de Kabgayi qui a été ainsi décapité.

J’en fais le récit parce que témoin, parce que de fausses ou incomplètes relations circulent, parce qu’on ne demande pas aux témoins ce qui s’est réellement passé (même l’épiscopat rwandais, jusqu’à ce jour, ne m’en a jamais demandé le récit) et parce que, même les études les plus récentes, donnent toujours, des faits, la version du Front Patriotique Rwandais (F.P.R.). Et pourtant beaucoup de témoins sont encore en vie qui pourraient en faire chacun sa relation: le recoupement de ces différents témoignages donnerait un récit le plus complet et le plus fiable possible. On pourrait même retrouver les noms des responsables militaires du site de Kabgayi, qui sont vraisemblablement les responsables de cet assassinat prémédité, faut-il le souligner.

D’entrée de jeu, j’atteste que les évêques savaient plus ou moins ce qui les attendait, mais ils ont refusé de fuir. Ils en avaient discuté avant avec tous les prêtres responsables des communautés de Kabgayi.

Le F.P.R. arrive le jeudi 2 juin 1994. Tout le site de Kabgayi tombe en leurs mains avec la fin de la matinée. Tout Kabgayi, c’est-à-dire jusqu’au garage du diocèse: toutes les propriétés du diocèse avec l’hôpital, les écoles, les ateliers, le grand séminaire de philosophie et les résidences du personnel.

Comme toujours le F.P.R. arrive un peu avant les heures du repas. C’est ainsi qu’ils sont arrivés à l’évêché entre 11h et midi; l’infiltration datait déjà de plusieurs jours, si ce n’est de plusieurs semaines. Ils ont cherché les évêques et spécialement l’archevêque de Kigali; celui-ci fêtait précisément l’anniversaire d’ordination épiscopale, puisqu’il a été ordonné le 2 juin 1974; on avait donc préparé un bon repas de circonstance, mais ceux qui s’en sont régalés n’étaient pas invités!

Les soldats du F.P.R. ont regroupé, devant la cathédrale, les trois évêques avec Mgr Gasabwoya, Mgr Rwabilinda, l’Abbé Muligo, le Frère Nsinga et plus tard l’Abbé Uwimana. On va garder tout le groupe là sous le soleil jusque vers 15h quand on les descend sur la route devant l’école des infirmières. Aux alentours de 19h, les militaires les remontent à l’évêché pour qu’ils prennent quelques effets personnels. Les soldats en profitent pour ramasser tous les prêtres qui se trouvaient à Kabgayi (à l’exception de ceux qui se trouvaient encore au Philosophicum). Trois jeunes filles tiennent à accompagner et à rester avec le groupe, bien que les soldats feront tout pour les éloigner. Ils leur proposaient par exemple, d’aller se mettre à l’abri, mais elles refusaient. Vers 3 h du matin du vendredi, on conduisit tout le groupe en voiture à Ruhango à une quinzaine de kilomètres; on les garda chez un particulier près de la maison communale. Dans la pièce d’à coté, d’autres prisonniers étaient ligotés à la manière F.P.R. qui va les passer par les armes tôt dans la matinée. Les évêques vont rester là avec les prêtres jusqu’au matin du dimanche 5 juin.

Le dimanche 5 juin dans la matinée, on conduit tout le groupe au noviciat des Frères Joséphites. Le curé de Byimana a la surprise de les voir là quand il va célébrer la messe dominicale pour les frères, les religieuses et les fidèles réfugiés là-bas: le Frère Vivens était venu lui demander de faire la messe parce qu’il n’y avait pas de prêtre et il concélébrera avec le groupe qui venait de Ruhango. Ce sera leur dernière messe puisqu’ils seront assassinés dans la soirée du même jour vers 19h. Est-ce une coïncidence que c’était la Fête-Dieu, appelée aussi Fête du Précieux Sang?

Il faut dire qu’entre-temps les militaires devaient attendre des ordres d’en-haut. Tout comme ils avaient voulu rassembler en un même lieu tous les responsables des communautés de Kabgayi. C’est ainsi que là où j’étais à Byimana, avec quatre autres confrères (le préfet des études de philosophât et les prêtres de la paroisse de Byimana), et avec la secrétaire de l’évêché, on est venu vendredi 3 juin au matin, nous dire que bientôt un véhicule viendrait nous emmener rejoindre les autres “banyakiliziya” (néologisme arrivé au Rwanda avec le F.P.R. pour dire “les gens de l’Eglise”). Celui qui nous a ordonné de nous préparer à partir, convoyait une camionnette qui emmenait les Sœurs Benebikira de Byimana ; pour des raisons que j’ignore on n’est pas venu nous embarquer. Y aurait-il eu divergences au sein du F.P.R., car même si le sort des évêques était déjà scellé, il n’en était pas de même pour tous les prêtres qui étaient avec eux et dont certains étaient tutsi. Finalement, les militaires tireront sur le groupe sans distinction.

J’étais donc à Byimana paroisse. En effectuant un flash-back, je me suis rendu compte que la tension était montée chez le militaires ce dimanche-là. Nous subissions une perquisition presque toutes les heures, et chaque fois la hargne était plus visible. Spécialement dans l’après-midi de ce dimanche, deux militaires ont failli même nous tuer; ils ont prétendu que ce qui les retenait, c’est que leur armé ne tue pas les prêtres, ce que nous avons cru à l’instant, sans savoir ce qui se tramait, et sans savoir à ce moment-là, que tous prêtres du diocèse de Byumba qui étaient sur place en avril 1994, avaient été exterminés sans en laisser échapper un seul. Les militaires qui nous ont malmenés cet après-midi, cherchaient à justifier leur colère par les accusations devenues habituelles selon lesquelles l’Eglise n’a pas protégé les Tutsi (et pourtant à Kabgayi, le personnel et les infrastructures du diocèse ont pu sauver plus ou moins 30.000 personnes) ; ils ont même accusé l’évêque de Kabgayi (qu’ils confondaient tout le temps avec l’archevêque de Kigali et le traitaient de “cya gikaridinali”, c’est-à-dire le gros cardinal) d’avoir chez lui un immense dépôt d’armes. Visiblement ils cherchaient à forger une culpabilité qui justifierait le massacre qui se préparait.

L’assassinat s’est fait comme partout ailleurs où le F.P.R. a tiré sur les gens: on réunit tout le monde soi-disant pour parler sécurité, puis brusquement on ouvre le feu. C’est ce qui s’est passé avec les évêques et le groupe qui était avec eux. Vers 19h, on les a réunis au réfectoire des Frères Joséphites pour parler de leur séjour et de leur sécurité, leur a-t-on dit. Les militaires se sont énervés quand ils ne voyaient pas arriver l’archevêque (qui était à la chapelle) : on est allé le quérir illico presto. Entre-temps, le chef de poste s’est éclipsé avec ses subordonnées qui jusque-là étaient restés assis à l’écart. Puis des militaires enragés ont fait irruption dans la salle en demandant ce que les “femmes” faisaient là: il s’agit des trois demoiselles qui avaient accompagné les ecclésiastiques depuis Kabgayi et qui s’était obstinées à entrer et à rester avec les religieux au réfectoire alors que les militaires avaient voulu les éloigner en leur disant que la réunion ne les concernait pas ; elles ont été séparées du groupe et jetées dans un coin avec violence ; deux sont restées sur place, littéralement pétrifiées et elles ont assisté à toute la scène quand on a tiré sur tout le monde. La troisième fille s’est échappée avec le seul prêtre rescapé du massacre : ils ont réussi à s’échapper par la porte du fond du réfectoire, une autre que celle par laquelle étaient entrés les militaires. Ils ont couru vers la ferme des frères; ils se sont cachés quelques minutes, puis quand on les a retrouvés, on ne leur a rien fait: l’orage était passé.

On a donc tiré sur les évêques et leur groupe vers 19h-20h. Vers minuit, les militaires rassemblèrent les religieux, les religieuses et tous ceux qui étaient chez les frères Joséphites. De force, tout le monde devait aller regarder les corps des victimes. Ceux qui étaient près de la porte comme Sylvestre NDABERETSE, étaient réduits à de véritables passoires. Toutes les victimes étaient allongées et avaient reçu le coup de grâce, une balle dans la tête: RWABILINDA et GAHONZIRE avaient même les yeux crevés. Un seul était resté assis dans son fauteuil et n’avait pas reçu le coup de grâce: l’évêque de Kabgayi avec sa carrure large, a reçu peut-être toute la première rafale et a dû mourir sur le coup.

Avec les ecclésiastiques, sont morts deux jeunes gens qui étaient restés sans rien savoir du danger qui les guettait. Et l’on s’étonne de la présence du Supérieur Général des Frères Joséphites parmi les victimes. Car les frères avaient su ce qui se tramait et lui-même devait le savoir, mais il est resté volontairement, peut-être parce qu’il pensait qu’on allait tuer l’un ou l’autre, et pas tout le monde. Le Frère Balthazar, maître des novices (hutu, burundais par surcroît) avait essayé de sauver quelques prêtres; il avait inventé un stratagème pour les avertir de l’imminence de l’assassinat: il les faisait sortir un à un soi-disant pour leur montrer leurs chambres; mais quand il a vu que celui qu’il venait d’avertir retournait obstinément dans le groupe, il y a renoncé. On l’a lui-même assassiné quelques semaines après à Kinazi, tout comme le Frère Vivens, neveu de Monseigneur KALIBUSHI. La plupart des autres frères Joséphites présents à Gakurazo en cette nuit du massacre, ont, comme par hasard, rejoint l’armée du F.P.R. la semaine qui a suivi.

Le matin du lundi 6 juin, les militaires du FPR accompagnent le seul prêtre rescapé pour nous annoncer la terrible nouvelle, dans la version qui sera désormais officielle: des jeunes écervelés ont commis la bavure, parce qu’ils auraient trouvé leur famille décimée alors que l’Eglise n’a rien fait pour empêcher les tueries.

Nous sommes atterrés et nous pensons que notre tour viendra bientôt. En début d’après-midi, nous prenons notre courage à deux mains pour aller voir les corps des victimes: ils ont été déplacés dans une autre salle et le réfectoire a été lavé; il n’y a plus de traces, sauf l’odeur forte et caractéristique du sang, ainsi que les impacts des balles, des nombreuses balles, dans les murs. Ce sont les Sœurs de Sainte Marthe (de Kabgayi) et celles du Foyer de Charité (Remera-Ruhondo) qui ont lavé les corps et les ont placés côte à côte sur des nattes et des tapis. Tous les visages ont été couverts.

Quand nous demandons à ensevelir les corps, l’on nous dit que justement des officiers voulaient arranger cela avec nous. On m’a dit plus tard qu’il y avait trois colonels dans le groupe. Nous faisons une réunion avec eux. Nous leur faisons trois propositions qu’ils rejettent l’une après l’autre. Heureusement d’ailleurs. La première était que chaque évêque devait être enseveli dans sa cathédrale, que ce serait possible certainement pour ceux de Byumba et Kabgayi puisque c’était en zone F.P.R., tandis que l’archevêque de Kigali pouvait être confié à la MINUAR ou à la Croix-Rouge pour être enterré à Kigali. Niet. Heureusement, car on ne sait jamais ce que seraient devenus les corps, tandis que maintenant c’est sûr qu’ils ont été enterrés, ce sont eux qui gisent dans la cathédrale de Kabgayi et ils ont eu une belle messe concélébrée (des photos ont été prises). La deuxième proposition était que ce n’est pas n’importe qui, qui enterre un évêque, que donc l’autorité du F.P.R. pouvait aller chercher l’évêque de Kibungo (zone F.P.R. également) pour venir enterrer ses confrères. Deuxième niet: les “civilians” ne circulaient pas. C’était notre troisième proposition qui allait rencontrer leur agrément: enterrer les évêques dans la cathédrale à Kabgayi, et le reste dans une fosse commune à Gakurazo.

On me donna tout de suite dans la même après-midi, une camionnette (avec un mineur d’âge comme chauffeur) pour aller chercher au ‘Philosophicum’, le matériel pour creuser les tombes et la fosse commune. J’en profitai pour me rendre compte des dégâts faits à mon établissement et pour prendre au passage ma soutane. Le lendemain très tôt, on creusa les tombes. A la cathédrale, une tombe fut creusée profondément pour l’évêque du lieu; les deux autres arrivèrent à 1 m puisqu’on pensait que pour les deux autres évêques, la sépulture était provisoire, qu’on les transférerait dans leurs cathédrales respectives le plus tôt possible. A Gakurazo, on creuse une longue fosse commune. A Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires furent alignés pour aider à creuser.

Les funérailles étaient prévues pour 14h le mardi 7 juin. Nous commencerons la messe avec un retard. Elle est chantée; je la préside: Seuls les cercueils sont sortis de la salle et rangés près de l’autel de fortune sur la ‘barza’ devant la salle où les autres corps restent allongés. Je fais un sermon qui a failli me coûter cher: il semble qu’on n’a pas attendu la fin de la messe pour tirer quelques personnes à l’écart et leur demander si je ne suis pas interahamwe, car je prenais la défense des évêques assassinés, de l’Eglise calomniée, et je m’en prenais à toute violence. Après la communion, le F.P.R. demande à parler: l’officier qui prend la parole affirme qu’ils sont tous navrés de cet assassinat, mais qu’on cherche avec acharnement les auteurs qui ne sont personne d’autres que de jeunes gens qui ont trouvé leurs familles décimées, et qui ont pensé que les évêques auraient dû empêcher ce malheur; il ajoute qu’un des coupables s’est tiré une balle parce qu’il savait qu’il serait sérieusement puni (sur le lieu-même, personne n’avait entendu aucun coup de fusil depuis la nuit horrible où furent assassinés nos confrères).

Après la messe, l’abbé Jean NSENGIYUMVA s’occupe de l’enterrement à Gakurazo; on lui demande de prendre la précaution de noter dans quel ordre les corps sont rangés, pour pouvoir les reconnaître à l’avenir. Moi je vais à la cathédrale avec d’autres personnes pour enterrer les évêques. Il fait déjà nuit et on termine l’enterrement à la bougie, avec, à l’extérieur de la cathédrale, on concert de rugissement de mitraillettes. Des journalistes anglophones passeront mais feront semblant de n’avoir rien remarqué, sauf un qui posera deux ou trois questions à la dérobée. Encore une fois, à Kabgayi comme à Gakurazo, les militaires aident à combler les fosses.

Quand nous rentrons à Byimana, quelle ne fut pas notre surprise de remarquer qu’on a démoli toutes les portes de la paroisse, que nos affaires ont été volées, et que le reste est dispersé par terre. Pourtant des militaires avaient reçu l’ordre de garder la paroisse. Mais cela n’est rien.

Vers 2h du matin (c’est l’heure des exécutions chez le F.P.R.), un groupe de militaires nous terrorise. Il a pour chef KAMARAMAZA (nom de guerre comme il est de coutume chez le F.P.R.). Deux prêtres les accompagnent (Alexandre NGEZE qui est décédé au Bugesera début juillet, et un deuxième dont je dirai le nom en cas de besoin); visiblement, ces deux-là ne se doutent pas qu’une exécution est dans l’air. On me demande de suivre la troupe. Je passe ma soutane par dessus le pyjama et on me fait une place dans la cabine de la camionnette. On file sur Gakurazo. Le chef “afandi” va en conciliabule à l’intérieur avec ses homologues ou ses supérieurs encore sur les lieux. Quand il revient, il me dit qu’il me ramène à la paroisse. C’est par après que j’ai su avec certitude le danger que j’avais pressenti, que j’ai couru cette nuit-là, et même tout le temps que je suis resté au Rwanda: comment se fait-il que je sois encore en vie, alors que tous les chefs de communautés de Kabgayi ont été tués avec les trois évêques, sauf moi? Comment rester en vie encore après ce que j’ai dit à la messe des funérailles?

C’est le lendemain qu’un journaliste de Radio-Muhabura (du F.P.R.) est venu prendre des notes. On lui a donné tous les noms des victimes, mais il s’obstinait à demander pourquoi on ne dirait pas que le Frère NSINGA est dixième prêtre assassiné! Il semble que les membres du F.P.R. de parenté proche avec NSINGA (ceux de la famille GASABWOYA d’ailleurs aussi) avaient protesté contre son assassinat. On connaît la version qui a été lue à Radio-Muhabura. Ils ont faussé les dates en disant que l’assassinat avait eu lieu “hier”, c’est-à-dire le mardi 7 juin; on n’a jamais donné le nom du Frère NSINGA, mais on a donné plutôt…le mien!

Abbé Vénuste LINGUYENEZA
(Sé)

Open Letter To the Catholic Bishops of Rwanda

mukamurenzi

Jeanne MUKAMURENZI, ISHEMA PARTY

Your Excellencies,
I greet you in the name of our Lord Jesus Christ.

I’m writing this open letter to you, your Excellencies to bring to your attention the current deteriorating political, social and economical situation in Rwanda.

Your Excellencies, your role as church leaders does not end at the altar on Sundays after you have delivered the word of God. You are called shepherds and shepherds are supposed to look into the welfare of their sheep on a daily basis and courageously defend them whenever they are attacked by the wolves.

Your Excellencies you have failed to take the stance against the brutal regime of President Paul Kagame. At several occasions your Excellencies, some of you have been given a platform to speak before the presence of President Paul Kagame and his entire leadership, but you have never used the occasion to speak against the killings, the disappearances, the tortures and imprisonments of many Rwandans.

You have never spoken against social injustices and inequalities that the majority of Rwandans have been subjected to by the RPF regime.

Your Excellencies you have never spoken against the economic injustices, inequalities and favouritism that some section of Rwandans have been subjected to where the economy of the country is controlled by the clique of few individuals at the expenses of the rest of Rwandan population.

Your Excellencies you have failed to speak against political injustices where the political power is controlled by a few clique of individuals at the expenses of the majority Rwandese men and women who have been barred from taking part in the political dispensation of their country .

Your Excellencies, your prophetic voices have been missing in all these ills that your flock have been subjected to. The wolves in the political skins have taken advantages of your missing prophetic voices and they are inflicting all kind of miseries to your flock.

Your Excellencies, in a country where the political space is closed, the opposition voices are not allowed to provide checks and balances to the current government, in a country where civil society doesn’t speak and non-existent for the oppressed, in a country where the judicial system has collapsed and can’t provide justice to The persecuted, you as the church leaders remain the only voices for the marginalized in society.This you have failed to do for the last 25 years of Paul Kagame regime and Rwandans are like sheep without shepherds.

Your Excellencies, Rwanda’s relationship with its neighboring countries has completely collapsed due to President Paul Kagame’s bad diplomatic policies based on sending his militia groups to cause insecurity in neighboring countries.

Your Excellencies, what are you saying about the recent closure of the Gatuna border by Paul Kagame?

What are you saying about the harassment of Rwandans who are being brutalised by Kagame’s soldiers while trying to cross over to Uganda in search for food? What are you saying about the recent death of a pregnant woman Elizabeth Mukabagwiza who collapsed and died while she was being chased by Paul Kagame’s soldiers preventing her from entering into Uganda?

Your Excellencies, the closure of the Uganda and Burundi borders may have no negative bearing on Mr.Paul Kagame and his cliques whom he shares power with, but your Excellencies think about cross border traders whose livelihood depends on buying and selling small marchandises from Burundi and Uganda. Please think of Rwandans near those closed borders.

Your Excellencies, you are all aware of bad agricultural policies introduced by the RPF regime, where farmers are forced to grow certain crops against their wishes and needs. You never condemned this act which left many Rwandans poor, destitute and most opting to migrate to Uganda in search of agricultural land and labour work.Now that their last hope is gone, what is your stance your Excellencies?

Your Excellencies, it was about time you came out of your silent mode and spoke with clear voices against the atrocities being committed by Mr.Paul Kagame and his clique.It is time for you to come out of the silent mode and speak about accountability and good governance in Rwanda. Where capable honest men and women are included in the governance system of our country without being discriminated against on basis of one’s tribe or region he/she comes from.

Your Excellencies, I would love to conclude by urging you to play a unifying and reconciliation role by encouraging President Paul Kagame to seat with leaders of opposition political parties and resolve the current deteriorating political, social, security and economical situation that Rwandans are faced with.The dialogue is needed so that millions of Rwandans who have fled Rwanda can come back home and be able to participate in building of Rwanda where all the citizens shall enjoy the equal opportunities, unlike today where the opportunity is a preserve of the few elites group who are in power.

I thank you very much your Excellencies.
Yours sincerely,
Jeanne Mukamurenzi.

Copied to:
His Holiness Pope Francis.
Episcopal Conference of Rwanda.

YUBILE-100 Y’UBUSASERDOTI : ABAPADIRI KILIZIYA Y’U RWANDA IKENEYE NI ABAFITE UBUHANGA MU KUMENYA UKO INZOKA IRUMA N’UBUGOMBORO

Abahimbaza Yubile basubiza amaso inyuma ariko batagamije kuba imbohe z’amateka ababaje. Bicuza ibyo batatunganyije mu gihe cyahise ariko bagambiriye kunoza ibihe barimo no gutegura ejo hazaza harushijeho kuba heza. Muri make, ikibazo nyamukuru dukwiye kwibaza mu gihe hahimbazwa Yubile y’imyaka 100 y’ubusaserdoti , ni iki gikurikira:

I. Kiliziya ikeneye abapadiri bameze bate?  Icyo rubanda ibatezeho cyane ni iki muri iki gihe ?

Mu rwego rw’igihugu, Umunsi mukuru wo gusoza Yubile y’imyaka 1oo Abanyarwanda bambere bahawe isakramentu ry’Ubusaserdoti  wabereye i Kabgayi kuri uyu wagatandatu taliki ya 7/10/2017.  Wabimburiwe n’igitambo cya misa cyakurikiwe n’ibirori byiza, n’ubwo imvura yabaye karogoya  bityo zimwe mu ndirimbo n’imbyino bikaburizwamo.

Televiziyo y’u Rwanda(TVR) yagize neza kuduha natwe turi kure amahirwe yo kubikurikirana. Twiboneye uko Abasaserdoti bari bakeye, abakristu twabonaga  batewe ishema no kwizihiza abapadiri babo na Yezu Kristu wabatoye.

Hagaragaye abashyitsi banyuranye, ari abaturutse mu bihugu duturanye , ari abo mu nzego z’ubutegetsi  ndetse habayeho n’akarusho k’uko umushyitsi mukuru w’ibi birori yabaye bwana Paul Kagame, Perezida w’u Rwanda wacyuye igihe taliki ya 3 Kanama 2017 ariko agakomeza kwihambira ku ntebe y’ubutegetsi ngo kugeza igihe azapfira.

II. Amagambo yahavugiwe  akwiye gusesengurwa , ubutumwa yatangaga bukumvikana neza.

Abantu bane nibo bahawe umwanya wo gukora imbwirwaruhame.

1.Habanje Umugabo n’umugore bavuze mu izina ry’umuryango w’abakristu .Bagerageje kwerekana ibibazo bisanzwe bibangamiye umuryango muri iki gihe . Icyakora batinye gukomoza ku bibazo karundura bibangamiye umuryango kandi bituruka ku butegetsi bubi. Birinze rwose kuvuga imiryango yashenywe burundu n’imibare ihanitse y’abo akadobo kumiye ku mutwe bagemurira abahejejwe mu buroko; iyahungabanyijwe n’ukuburirwa irengero kwa hato na hato;  igeze ku buce kubera urwikekwe rudasanzwe rwabibwe mu ngo n’imiryango;  iyanamye ku gasozi kubera ugusenyerwa amazu na Leta wagira ngo yihaye inshingano yo guhima wabaturage ;  iyasuhutse kubera inzara ya Nzaramba yaturutse kuri politiki mbisha yo guhatirwa guhinga igihingwa kimwe, kurandurirwa imyaka no kwamburwa ubutaka; imiryango yarimbutse kubera irondakoko n’ivangura byahawe intebe… Mbese birinze GUHANURA !

2. Hakurikiyeho Padiri Ntivuguruzwa Baltazar wavuze mu izina ry’abandi bapadiri bahimbaza Yubile !  Yabivuze neza nta buryarya ati : « Mvuge iki mu izina ry’abasaserdoti bagenzi banjye ko numva umukoro urenze ubushobozi ?! »

Mu ijambo rye yirinze rwose kugira icyo avuga ku bibazo nyakuri bibangamiye « umupadiri w’umunyarwanda » muri iki gihe, bya bindi koko bimubuza gukora umwe mu mirimo itatu yatorewe cyangwa yose hamwe ariyo : Guhanura, gutagatifuza, no kuyobora imbaga y’Imana .  Yirinze kuvuganira abapadiri bari mu kaga k’ubukene,  abafungiwe akamama, abazahajwe no guhora bashyirwa ku nkeke yo kuvangurwa no gutotezwa . Muri make na we yatinye GUHANURA…..

3. Naho Musenyeri Filipo Rukamba , nka Perezida w’Inama nkuru y’Abepiskopi gatolika mu Rwanda,  yavuze ijambo ryiza rikwiye gushimwa ariko rikagira n’ibyo ryanengwa.

Yigishije amateka y’umupadiri w’umunyarwanda, yibutsa uko Abamisiyoneri b’Afurika(Pères Blancs) bakoze umurimo mwiza wo kugeza inkuru nziza mu Rwanda, bagashinga amashuri ndetse ntibazuyaze no gutangiza Seminari, bakohereza bwangu abana b’abanyarwanda i Rubya muri Tanzaniya kwitegura kuba abasaserdoti  , babiri bambere bakaba baraje guhabwa ubupadiri mu mwaka w’1917. Abo ni Padiri Baltazar Gafuku na Donat Reberaho .

Musenyeri Filipo Rukamba yibukije ibyasabwaga abana boherezwaga mu Seminari, ko mbere ya byose bagombaga kuba barahawe isakaramentu rya Batisimu.

Aha hari ibanga rikomeye ry’amateka rikwiye kumvikana neza ! Twibuke ko Abanyarwanda  ba mbere bitabiriye kuyoboka Ubukristu, bakabatizwa, ari rubanda rugufi rwari rukandamijwe n’ingoma ya gihake , kuko banibwiraga ko umuzungu w’umumisiyoneri yasaga n’ufite ingufu zashobora kuzabakiza ingoyi ! Ntitwiyibagize ko abana b’Abatutsi b’indobanure , ab’abatware n’ab’i bwami babanje kwitaza Abamisiyoneri no kugendera ubukirisitu kure ! Niyo mpamvu abashoboye kugera mu maseminari bwa mbere bari abana bo mu bwoko bw’Abahutu, kuko aribo bari baremeye  « kubatizwa » . Bene abo nyine nibo babaye abambere guhabwa icyubahiro n’ikuzo ryo kuba abasaserdoti  b’abanyarwanda! Ibi byatunguye abambari b’ingoma ya cyami , birabababaza ndetse birabarakaza cyane ! Mu maso yabo , kubona umwana ukomoka muri rubanda rugufi (Umuhutu !) kuri Alitari, mu mwaka w’1917 , byari ishyano ku gasozi , byari agahomamunwa! Mu maso y’abo bategetsi, Umuhutu ntiyari akwiye icyo cyubahiro, c’est tout ! Kuko nyine byasaga n’ibihabanye n’ingengabitekerezo ya cyami bamwe bagikomeyeho no muri iki gihe ngo : « Abahutu ntibavukiye gutegeka, babereyeho kuba abagaragu » ! Nyuma yo kubona Abahutu bambere babaye Abapadiri nibwo hatangiye « campagne »ihambaye yo gushishikariza n’abana b’Abatutsi kwigira kubatizwa no guharanira kuzaba abasaserdoti .

Twibuke ko abapadiri icyenda ba mbere (9) bose bari Abahutu ! Umupadiri wa 10 niwe waje ari Umututsi : ni Bigirumwami Aloys , wabuhawe taliki ya 26/5/1929, akaba ari na we waje gutorerwa kuba Umwepiskopi wa mbere muri Afurika yo hagati mu mwaka w’1952 !

Dukomeze  nanone twibuke  ko abana ba rubanda rugufi bize mu maseminari, amato n’amakuru ariko ntibashobore kugera ku bupadiri babaye abaturage bajijutse (IBISOME)  ari nabo bavuyemo abanze akarengane n’ivangura bagirirwaga Kubera ubwoko bwabo bagatangiza Revolisiyo ya rubanda yakuyeho ingoma ya cyami ikazana Repubulika ! Ushaka gusobonukirwa inzigo iri hagati ya  ba Kagame n’ Abamisiyoneri , na bya bitutsi bahora batuka  Musenyere Perraudin, yahera n’aha akaba yumvise neza aho ruzingiye !

Mu kwibutsa ko abana bagomba kujya mu Seminari basabwaga no kuba bafungutse mu mutwe, bashobora gukurikira amasomo mu Kilatini, Icyongereza, Ikidage , Icyongereza ndetse n’Igiswahili,   Musenyeri Filipo Rukamba  (Musenyeri Aloys Bigirumwami amubereye sewabo) yari agambiriye kwibutsa abikundira politiki ya « humirizankuyobore » ko Kiliziya gatolika y’u Rwanda, kuva mu ntangiriro, yafashe umuco wo gutegura abapadiri b’abahanga kandi bumva neza isi barimo. Bishatse kuvuga ko abapadiri b’Abanyarwanda, uko bacecekeshwa kose, ntibayobowe uko igihugu cyabo gihagaze muri iki gihe, uko kiyobowe nabi, n’uko hakenewe impinduka.

Ijambo rya Musenyeri Filipo Rukamba ryanyuze kurushaho  ageze aho yibutsaga  amwe mu mazina y’abapadiri bakoresheje impano zihariye bagafasha abaturage benshi mu buryo bunyuranye kandi bagafasha n’igihugu gutera imbere mu nzira nyinshi. Najyaga kunezerwa kurushaho iyo  Musenyeri Rukamba yongeraho na Padiri Galikani Bushishi ndetse na Bisengimana bagize ubutwari bwo gutabariza abaturage ubwo inzara ya Ruzagayarura yari ibamaze naho abategetsi b’i bwami bahugiye mu kwirirwa baririmba ko u Rwanda ari Paradizo ! Burya koko amateka ahora yisubiramo !

Muri abo Musenyeri Filipo yavuze ko bageretse impano zihariye ku busaserdoti, uwambere yatangiriyeho ni Padiri Tomasi Bazarusanga . Mu by’ukuri uyu mupadiri ni na we wagize igitekerezo cyo gutangiza « Kinyamateka » ariko iyo « initiative » iza kwitirirwa Padiri Goubau, wayishyize mu bikorwa ! Twibukijwe ko Padiri Thomas Bazarusanga yanateje imbere ubumenyi bw’imiti ya kinyarwanda kandi akora ubushakashatsi mu byerekeye inzoka ziri mu Rwanda, uko zirumana n’UBUGOMBORO abarumwe nazo bakenera. Nkimara kumva ubu buhamya nabaye nk’ubonekewe, mbibonamo ya mvugo-shusho yo muri Bibiliya, yerekana Umubyeyi Bikiramariya mu butumwa bwo gukandagira inzoka akayijanjagura agahanga, nayo ikagerageza kumuruma agatsinsino ! Ubwo butumwa kandi tukaba twarigishijwe ko ari ubwa Kiliziya muri iki  gihe ! Nibwo rero numvise igitekerezo kinzamutse mu mutima ngo  ahari« icyo Kiliziya y’u Rwanda ikeneye muri iki gihe ni abapadiri  nka Tomasi Bazarusanga benshi, basobanukiwe uko inzoka ziruma, n’ubugomboro abarumwe baba bakeneye! Koko rero uramutse ufashe umwanya ukitegereza neza uko Kiliziya gatolika y’u Rwanda ibayeho muri iki gihe , ntiwabura kubona ko yarumwe bikomeye! Kandi n’ubu iracyarumwa buri munsi. Hari ibimenyetso simusiga byerekana ko ubumara bw’inzoka  bwacengeye mu mubiri wa Kiliziya Gatolika yo mu Rwanda . Dore iby’ingenzi:

(1) Ubwoba bw’urupfu bukomeje kokama benshi mu bayobozi ba Kiliziya

(2)Gutinya GUHANURA : kwanga kureba no kwamagana akarengane kariho muri ibi bihe turimo, nyamara tukizera ko ejo hazaza hashobora kuba heza, kandi ntacyo dukoze uyu munsi ngo duce ako karengane katazabura kongera kudusenyeraho igihugu.

(3) Kwihutira kugira izacu imvugo za Leta ivangura abanyarwanda bityo Kiliziya ikagwa mu mutego wa « Mémoire selective », nayo ntiterwe ipfunwe no kuvangura imirambo y’abana bayo bishwe, hakibukwa  « bamwe » mu benegihugu abandi bakagirwa ibicibwa ! Musenyeri Filipo Rukamba azatubarize Paul Kagame impamvu  hari Abepiskopi babiri batabye mu gituro kimwe i Kabgayi, bakaba badashobora gushyingurwa muri Diyosezi zabo . Azamutubarize kandi aho yajugunye Musenyeri Phocas Nikwigize. Azamutubarize impamvu Abanyarwanda biciwe na FPR badashobora gushyingura  mu cyubahiro no kwibuka ababo ! Azaba agize neza .

(4) Korohera no gukomeza kubembereza  « régime politique » igeze mu marembera , mu gihe iyo ngoma imaze imyaka 23 yica, ivangura abenegihugu, irenganya, ikwiza iterabwoba, ibeshya, yikubira ibyiza byose by’igihugu !

(5) « Gutinya » guha Ijambo Abamisiyoneri bashinze Kiliziya y’u Rwanda  ngo nabo batange ubuhamya bwabo, ni ikimwaro kitari gikwiye kubaho ku munsi wa Yubile y’imyaka 100 y’ubusaserdoti mu Rwanda ! Aho ibirori byabereye ni muri Seminari Nkuru yubatswe na Musenyeri Perraudin, ariko ngo kirazira kumushimira ubwitange bwe bwagiriye Kiliziya y’u Rwanda akamaro !

Icyo umuntu yanenga Musenyeri Filipo Rukamba, ni uko  na we nk’abamubanjirije yibanze ku gihe cyahise, yirinda kuvuga akaga k’igihe turimo, yewe ntiyatinyuka no kubura amaso ngo agenekereze uko ejo hazaza hazaba hasa, niba u Rwanda rukomeje kuyoborwa nk’uko bimeze muri iki gihe . N’ubwo ababajwe no gutangaza ko Kiliziya yapfushije 1/3 cy’abapadiri bayo barimo n’abepiskopi 4 barimbuwe na Paul Kagame utarabiryozwa, birashoboka ko nidukomeza  gutinya GUHANUURA, ubutaha Kiliziya Gatolika ishobora kuzapfusha 3/4 cyangwa 4/4 by’abapadiri n’abepiskopi Kubera ko bazaba baratinye gukora umurimo wabo w’ingenzi wo GUHANURIRA aba bategetsi b’INKOTANYI ! ….

4.Reka dusozereze kuri Paul Kagame witabiriye ibirori bya Yubile amwenyura ku buryo bitigeze kumugaragaraho mu myaka 23 amaze ku butegetsi. Byantangaje ukuntu yavuze ijambo rye atuje, adahekenya amanyo nk’uko bisanzwe , ndetse akirinda kuba umushinjacyaha, gutuka Kiliziya gatolika no kuyubikaho urusyo  ngo niyo Nyirabayazana w’ugusenyuka kw’igihugu mu 1994. Ahubwo noneho Paul Kagame yagaragaye avuga ubufatanye, yemeza ko hakwiye kubaho imyumvire mishya. Yerekanye ko yatewe ishema no kubonana na Papa Fransisko kandi ko baganiriye ibyubaka!

Uko Paul Kagame yagaragaye muri ibi birori avuga neza yagombye kuba ariko yagaragaye guhera agifata ubutegetsi. Kuba abyadukanye  uyu munsi rero bifite icyo bisobanuye.

Biragaragara ko noneho Paul Kagame akeneye Kiliziya Gatolika ku buryo budasanzwe! Ntabwo ayikeneye kubera ko  ayikunze cyangwa ngo abiterwe n’uko inzigo yashize cyangwa akaba yarahindutse mu mutima ! Paul Kagame akeneye Kiliziya Gatolika kubera ibibazo bimukomereye arimo muri iki gihe ! Manda ya gatatu yihaye ku ngufu guhera taliki ya 4/8/2017, azi neza ko itazamuhira, azi ko ntawe ukimwumva, baba abanyamahanga, baba n’abanyarwanda bakabije kuremererwa n’ubutegetsi bwe bw’igitugu n’akarengane.

Agatwenge ka Paul Kagame , si agatwenge k’ineza ! Ni agatwenge kuzuye ubuhendanyi n’uburyarya nk’ubw’inzoka ihugiriza uwo yiteguye kuruma! Mu by’ukuri Paul Kagame ntakeneye gukorana na Kiliziya Gatolika, ahubwo arifuza kuyikoresha, akayihindura igikoresho cy’inyungu ze bwite, kuko ashaka ko abayobozi bayo bamushyigikira mu gihe yegereje kurunduka !  Akeneye umugisha wa Papa n’uw’Abepiskopi kugira ubutegetsi yibye bwemerwe . Kagame akeneye ko abapadiri bamufasha « gusinziriza rubanda » imurambiwe (opium du peuple)  kugira ngo idahaguruka ikamuvudukana! Niyo mpamvu yazinduwe no gutongoza abayobozi ba Kiliziya Gatolika!! Yageze n’aho yemera kuzatanga impano batamusabye !!! Ngo azabwira Abaministri be bagire ibyo bashyikiriza abayobozi ba Kiliziya ! Aho iyi si « ruswa »mwo kabyara mwe !(Cadeau empoisonné!)

Ntimwamwiyumviye se : ngo ntabwo aherutse guhura n’abepiskopi ngo baganire !  Ubundi se yari yarababuriye he !? Icyo gihe ntiyari abakeneye, ariko ubu noneho arabakenye !

Kiliziya Gatolika Paul Kagame yifuza mu Rwanda ifite izina : ni « Kiliziya IDAHANURA »…. Yayindi imureka akikorera ibyo yishakiye, ntikome! Agahatira abakecuru kumusenga nka Murumuna wa Yezu, ikicecekera ! Akiba amajwi mu matora, Kiliziya yituramiye.  Agasenya amazu y’abaturage, Kiliziya ntibavugire . Agatwikira imfubyi zitagira kirengera muri ruhurura kuko zimwanduriza umujyi , Kiliziya ikirebera hirya . Agakubita, akambika ubusa, akarasa ku manywa y’ihangu abagizwe ABAZUNGUZAYI n’amaburakindi, Kiliziya ikaruca ikarumira. Agatindahaza ABAKENE, Kiliziya gatolika y’u Rwanda , ntibarengere ! Akagaraguza agati, agafunga cyangwa akica Abalideri bavugira rubanda, Kiliziya ikinumira.

Ngiyo imyumvire mishya Kagame yifuza kubona mu bapadiri bose ba Kiliziya gatolika y’u Rwanda, barimo na Padiri Tomasi Nahimana yaciriye ishyanga n’ubu akaba atemererwa gutahuka mu Rwamubyaye !

UMWANZURO

Kuba Musenyeri Filipo Rukamba yakoze disikuru nziza  ifite icyo yungura Abanyarwanda mu byerekeye amateka y’abapadiri ba Kiliziya gatolika y’u Rwanda, ni ibyo gushimwa!

Ariko kuba Musenyeri Filipo Rukamba , wavugaga mu izina ry’Inama y’Abepiskopi Gatolika y’u Rwanda, yateye intambwe ndende yo kwemeza, ku munsi wa Yubile y’imyaka 100 y’ubusaserdoti, ko n’abapadiri Ishyaka rya FPR-Inkotanyi  ryigombye, rikabinjiza mu mutwe w’ Abacengezamatwara baryo  bitwa « ABARINZI B’IGIHANGO  » , ko nabo bakwiye gushimirwa iyo mirimo ya politiki nk ‘Abacurabwenge b’ingengabitekerezo ivangura abanyarwanda, ni ugutandukira kandi ni ikosa rikomeye atazabura KWICUZA mu gihe kiri imbere. Niba ari n’inyaryenge yabimwongereye muri disikuru  we atabizi , yamuhemukiye ! Ibyo « bihango » abantu ku giti cyabo bafitanye na FPR, nta mwanya byakagombye guhabwa  mu butumwa bwa Padiri ugifite n’inshingano muri « Misiyoni » ! Nabo nibabe intwari, bamese kamwe, bareke kwitwikira Kiliziya Gatolika!

Kuba Musenyeri Filipo Rukamba atatinyutse GUHANURA kuri uyu munsi w’imbonekarimwe, ngo yerekane, mu kinyabupfura no mu bwubahane,  akarengane kagirirwa rubanda rugufi muri iki gihe , nabyo birerekana cyane ko ingabire y’ UBUHANUZI iri mu kaga gakomeye, muri Kiliziya y’u Rwanda.

Ngaho se ubufatanye Paul Kagame akeneye nibujyane na « Réformes » zifatika mu miyoborere y’igihugu , AKARENGANE kagabanuke, imfungwa zibohorwe, impunzi zitahuke mu gihugu mu mutekano. Naho ubundi ibyo Kagame ariho yivugisha byasa na « tactique » yo kubanza guhuha kugira ngo inzoka irusheho kuruma Kiliziya no kuyicengezamo ubumara buzayihuhura!

Niyo mpamvu bigaragara ko Kiliziya y’u Rwanda muri iki gihe ikeneye Abapadiri bemera gukora ubushakashatsi , bakagira ubumenyi buhagije mu byerekeye INZOKA, uko iruma, n’ubugomboro abakirisitu barumwe baba bakeneye !

Yubile nziza ku bapadiri bose b’Abanyarwanda,

Dusabirane twese kurushaho kuba ABAHANUZI…n’ABAGOOMBOOZI….mu Rwanda rw’iki gihe turimo.

Padiri Thomas Nahimana

 

Roman Catholic Church calls for revocation of parliamentary suspension

Alleyene

Bishop Farncis Alleyne

The Roman Catholic Church in Guyana on Tuesday broke its more than two-decade long silence on the political environment here by announcing that it woud re-establish a pressure group and calling on President Donald Ramotar to revoke the suspension of Parliament.

“I, therefore, call on all Guyanese and their leaders to ensure that we navigate these uncertain times peacefully, honestly and respectfully with a view to the earliest resumption of parliamentary democracy,” said Bishop Francis Alleyne in a statement.

The Roman Catholic Church, Organisation of American States (OAS) and the local non-governmental organisation, Blue CAPS, separately called on Ramotar to lift the suspension of the Parliament.

Prior to the 1992 general and regional elections that saw the return of the incumbent People’s Progressive Party Civic (PPPC) to office after almost 30 years in opposition due to rigged elections, the Roman Catholic and Anglican Churches had been harshly critical of the social, political and economic environments at that time. The President and his ruling PPPC have maintained that the prorogation of the Parliament on Monday would pave the way for dialogue on key national issues rather than the dissolution and calling of fresh elections in 90 days.

The opposition Alliance For Change (AFC) and  A Partnership for National Unity (APNU) have, however, vowed to bring back the no-confidence motion and other pending matters whenever the President lifts the suspension during the maximum allowable six month period.  During that time, he can also dissolve the Parliament at any time and name election day which could be in late January before the list expires at the end of that month.

Bishop Alleyne also used the opportunity to announce the church’s re-establishment of the Justice and Peace Commission, considered in some quarters as a vocal pressure group of the Roman Catholic Diocese. He said Commission members, Gino Persaud and Lawrence Lachmansingh,  have been mandated to engage parishes to pray, reflect, discuss and discern the urgings of the Holy Spirit as it relates to justice and peace in Guyana.

The Bishop urged all Guyanese to join hands and find solutions to both the immediate impasse and the longer-term causes that led to this crisis. He pledged his support for initiatives that bring people together in common cause for their beloved country.

Alleyne admitted that the Catholic Church here has in former times been in the forefront to promote justice and peace in Guyana, but suggested the need for institutional and relational strengthening.”We must find new ways of relating to each other, and better structures to support and encourage those improved relations,” he said.

The Roman Catholic Bishop identified reconciliation and trust as being critical to restoring and building Guyana.

Tabling of the no-confidence motion by the AFC has stemmed from what that party has said has been the Finance Minister’s spending of monies from the Consolidated Fund on projects and programmes that were not approved by the opposition. The AFC and APNU are also upset that the President has refused to assent Bills and honour Motions passed by the opposition-controlled National Assembly.

The AFC has seven seats while APNU has 26, with the remaining 32 occupied by the PPP.

Source:http://caribnewsdesk.com