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Miracle ou mirage rwandais: faut-il croire aux bienfaits de la révolution verte?

Rwanda-The_0Des Journées européennes de développement au sommet du G7, Paul Kagame, actuel président en exercice de l’Union africaine, est invité partout, malgré son troisième mandat officiellement obtenu à près de 99% des suffrages exprimés. Même en France, malgré les accusations réciproques et la suppression de l’enseignement du français au primaire, c’est au Rwanda et à sa candidate Louise Mushikiwabo que le président Emmanuel Macron apporte son soutien pour le poste de secrétaire général de la Francophonie. Le Rwanda est présenté comme un modèle de développement pour l’Afrique et le bon élève de la politique de l’aide. Pourtant, tout comme sur la question des droits de l’homme et de la démocratie, de plus de plus de voix se font entendre pour critiquer ce modèle qui exclut des fruits de la croissance des millions de paysans rwandais parmi les plus défavorisés.

La Fédération des agriculteurs et des éleveurs du Rwanda, Imbaraga, ose aujourd’hui le dire tout haut, ce que beaucoup d’observateurs étrangers n’auraient pas cru possible il y a encore quelques mois. « Le gouvernement fait beaucoup d’efforts, mais les agriculteurs rwandais restent les plus pauvres parce qu’ils dépensent aujourd’hui plus qu’ils ne reçoivent », assure son secrétaire général, Joseph Gafaranga. Une déclaration que les experts du régime rwandais jugent exagérée. « Ces paysans sont des assistés, le gouvernement dépense des millions en subventions et en formation », insiste l’un d’eux. Et pourtant la liste des dépenses est longue, de l’achat des semences et des fertilisants à l’imposition de taxes réelles ou illégalement établies par les dirigeants des coopératives ou des autorités locales. Mais des discussions sont en cours entre le gouvernement et la fédération paysanne qui a formulé une série de propositions visant à améliorer les conditions de vie des paysans les plus pauvres, très largement majoritaires dans le pays.

Avec la politique d’intensification des cultures mise en place depuis dix ans, le Rwanda s’est inscrit dans la « révolution verte » âprement défendue par la Banque mondiale et le FMI, maintes fois réformée officiellement pour produire plus de justice sociale, mais toujours aussi critiquée quarante ans pour les inégalités qu’elle creuse et son coût écologique. L’idée de cette « révolution » est simple : avec des semences améliorées et des fertilisants, la production peut croître et nourrit une population toujours croissante. En Asie, entre 1970 et 1995, grâce à l’introduction de nouvelles variétés de blé et de riz, la production agricole a cru de 310 millions à 650 millions de tonnes par an, alors que la population asiatique a plus que doublé.

Pour les détracteurs de la révolution verte, cette politique a eu un coût écologique élevé et aurait même plongé jusqu’à 800 millions d’Asiatiques sous le seuil de pauvreté. Vivre avec moins d’un dollar par jour, c’est le niveau choisi par la Banque mondiale pour définir le seuil de la pauvreté, selon ses plus âpres critiques. Certains de ses défenseurs rétorquent que, sans la Révolution verte, au vu de la croissance de la population mondiale (quatre milliards de plus d’êtres humains), le nombre de pauvres serait plus élevé encore. Le débat est presque aussi vieux que l’idée, même si les Institutions de Bretton Woods promettent à chaque réforme que la redistribution des ressources sera plus équitable.

L’épineuse question des terres

« Il y a beaucoup de rapports d’études là-dessus, ce sont les paysans les plus pauvres qui s’en sortent le moins avec la révolution verte, mais au Rwanda, malheureusement, cela constitue une très grande majorité de la population », explique Chris Huggins, professeur à l’université d’Ottawa. Ce dernier a passé plus de quinze ans à travailler sur l’épineuse question des terres, notamment au Rwanda, il a publié l’an dernier un livre intitulé La réforme agricole au Rwanda : autoritarisme, marchés et zones de gouvernance. Au pays des Mille Collines, la question des terres reste un sujet sensible. Ce n’est que dix ans après le génocide qu’une loi encadrant la propriété a été adoptée, avec pour objectif affiché de renforcer les droits des propriétaires terriens.

Pour enrayer le morcellement des terres, le gouvernement rwandais a interdit de diviser les terres de moins d’un hectare. « Même si c’est une bonne mesure d’essayer d’éviter les subdivisions à l’infini, chaque médaille a son revers », explique un membre de la société civile. « 70% des Rwandais n’ont que ça à transmettre en héritage à leurs enfants ». L’autre mesure qui réduit la possibilité pour le petit paysan de vendre ou de transmettre sa terre, ce sont les 30 000 francs rwandais de frais administratifs, exigés jusqu’ici pour enregistrer le titre de propriété, quelle que soit la taille de la parcelle. Pour le professeur Chris Huggins, cette dernière mesure est de nature à encourager les petits paysans à transmettre illégalement leurs parcelles et à nuire à terme à la fiabilité du cadastre que le gouvernement rwandais a mis quatre ans à constituer.

Avec 500 habitants au kilomètre carré, le Rwanda, c’est Taïwan sans les gratte-ciel, un maillage serré de micro-parcelles cultivées flanquées sur des collines plus ou moins escarpées, des agriculteurs, des éleveurs, des déplacements de populations depuis l’indépendance et des conflits fonciers à foison. Au Rwanda, même les marécages sont mis à contribution, surtout en saison sèche. Seuls les parcs, ses volcans et ses gorilles, sont protégés. Or depuis le génocide de 1994, la population rwandaise a doublé, dépassant les 13 millions d’habitants. Le nombre de terres cultivées au Rwanda croît chaque année.

Une surexploitation sur fond de croissance démographique

Selon le dernier rapport de l’Institut de recherche et de dialogue pour la paix (IRDP), entre 2007 et 2010, le nombre de terres officiellement cultivées a été multiplié par dix. Aujourd’hui encore, la Fédération des paysans et éleveurs du Rwanda demande au ministère de l’Agriculture à pouvoir utiliser les terres disponibles le long des rivières, des lacs, à l’aider à consolider les terres d’altitude. Toutes ces propositions ont été favorablement accueillies par le gouvernement tant la pression sur les terres est forte. « Depuis 2012, les femmes peuvent aujourd’hui hériter au Rwanda, ce qui est une bonne chose, mais cela rajoute encore de la pression », dit Chris Huggins.

Au Rwanda, c’est dans les milieux ruraux que la croissance de la population reste la plus forte. Sur les collines, les femmes continuent de faire cinq à six enfants. « Le nombre d’agriculteurs augmente et la superficie de terres cultivées par famille diminue. Nous avons moins de terres que nos voisins, ça nous rend moins compétitifs, on ne produit pas assez », regrette le patron du syndicat paysan Joseph Gafaranga, quand la production agricole représente déjà 30% du PIB. C’est aussi sur les collines qu’on enregistre les taux de malnutrition chronique les plus élevés chez les enfants de moins de cinq ans, 37% au niveau national, jusqu’à 60% dans certains districts selon les statistiques officielles de 2015. Ces districts défavorisés sont aussi trop souvent ceux qui ont été frappés ces dernières années par la sécheresse, les inondations, les invasions de parasites.

« Si vous comparez la taille des enfants par rapport à leur âge, ils sont très petits, ils ont des problèmes d’anémie, ils ont du mal à suivre à l’école, ils sont condamnés à ne pas être productifs, c’est une génération de perdue », déplore un membre de la société civile. Comme dans les autres pays qui ont adopté la révolution verte, le gouvernement a dû subventionner les intrants pour permettre aux petits producteurs de pouvoir produire plus, visant non seulement l’autosuffisance alimentaire, mais aussi l’exportation. « Comme la densité augmente, il y a une surexploitation des terres qui nécessite d’utiliser beaucoup d’intrants agricoles, en particulier des fertilisants. »

Des prix imposés aux paysans

Le réseau européen pour les Grands Lacs, EurAc, va plus loin, en reprenant tout ce qui fait le socle des critiques de la révolution verte. « Les politiques du gouvernement ont changé de façon radicale la manière dont les Rwandais produisent de la nourriture et cela dégrade leur sécuritaire alimentaire », explique l’un de ses chargés de plaidoyer et chercheur sur le Rwanda, Giuseppe Cioffo. Le sorgho, la banane à bière et parfois même la patate douce, « que l’on peut pourtant récolter toute l’année », ont été remplacés par des cultures destinées à la commercialisation et à l’exportation, un modèle « plus risqué » face au changement climatique, pas adapté à une « agriculture encore vivrière », modèle « trop cher » aussi pour la majorité des Rwandais et avec un coût écologique élevé qui est contraire à toute idée de durabilité. « Il y a des terres érodées, des terres qui deviennent infertiles, des semences qui n’ont pas donné la production promise », martèle le chargé de plaidoyer.

Dans son dernier rapport daté d’avril 2018, l’IRDP partage une partie de ces conclusions, mais soutient que les faiblesses observées sont moins du fait de la politique en elle-même que dans sa mise en œuvre. « On ne peut pas nier que dans la politique d’intensification des cultures (CIP), il y a une vision. Sur le papier, ce modèle se veut équitable », explique son directeur, Eric Ndushabandi. Dans les textes, la CIP est censée permettre aux petits paysans réunis en coopérative de « consolider leur terre », en produisant suivant les instructions du gouvernement une culture désignée comme favorable pour son district.

Au niveau national, toutes ses productions devaient amener à créer une alimentation peu chère et diversifiée pour les Rwandais. Mais selon l’enquête de satisfaction menée par l’IRDP, 47% des paysans interrogés disent ne pas être intéressés par cette politique, persuadés après dix ans de mise en œuvre qu’elle entraînerait des famines ou permettrait à l’Etat de s’accaparer leurs terres. Cette insatisfaction envers les réformes agraires et foncières est même perceptible dans le Citizen Report Card financé par l’ONU et basé sur des statistiques produites par le comité de gouvernance du Rwanda.

Ce que dénoncent les paysans et chercheurs, c’est qu’au Rwanda, sans surprise, on est bien loin du modèle libéral pourtant claironné par les institutions de Bretton Woods. Dans un pays où presque toutes les voix dissidentes ont été réprimées, c’est difficile de négocier. « Le petit paysan n’a pas beaucoup son mot à dire sur le prix des semences, des fertilisants, le prix d’achat des récoltes. Ce sont les gros vendeurs et acheteurs qui les fixent », explique Joseph Gafaranga, secrétaire général du syndicat paysan. Le docteur Eric Ndushabandi renchérit sur ce point : « Il y a deux choses que les coopératives ne doivent pas faire : imposer des contributions supérieures au prix que le paysan va obtenir avec sa récolte ; et elles doivent surtout, comme c’est écrit dans les textes, favoriser les petits paysans et non les grands producteurs ». Pour l’IRDP, il est crucial de rendre le système des coopératives plus attractif, et de mieux vulgariser ses effets positifs, car c’est dans cet espace que se concentrent les interventions du gouvernement, appui technique, formation, subventions.

« Education, éducation, éducation »

Pour la Fédération des paysans et éleveurs du Rwanda, il y a urgence à donner un statut aux agriculteurs, de définir des catégories pour pouvoir adapter les services, alors que trop souvent « même ceux qui n’ont pas de terres, même ceux qui ne travaillent pas ont ce statut », justifie son secrétaire général. Pour Joseph Gafaranga, cette proposition « est aussi avantageuse pour le gouvernement », parce qu’elle permettrait de lister les devoirs des agriculteurs vis-à-vis des terres ou de l’Etat. « Les objectifs de commercialisation et d’exportations sont bons, mais la réalité, c’est qu’au Rwanda, cela reste en majorité une agriculture de subsistance, avec des paysans très attachés à leur terre, à leurs traditions et encore trop peu formés aux nouvelles techniques », commente le docteur Eric Ndushabandi.

Une révolution est pourtant en marche au Rwanda. Selon l’étude menée par l’IRDP, moins de 3% des jeunes de 15 à 24 ans vivent des activités agricoles. Les trois quarts des paysans rwandais ont aujourd’hui entre 35 et 54 ans et ils ont à peine un niveau d’éducation primaire. « Le gouvernement rwandais fait beaucoup d’efforts sur la formation des jeunes et sur la création d’emplois, car c’est le défi d’avenir », souligne le directeur de l’IRDP. Mais ce dernier insiste sur la nécessité de renforcer l’information et la formation des agriculteurs pour « réduire les résistances au changement » : « Je n’ai qu’un mot pour les autorités : éducation, éducation, éducation pour créer des perspectives d’emploi. »

L’autre aspect de cette révolution dans les campagnes, c’est que, selon cette étude, un petit plus de la moitié des agriculteurs possède sa propre terre. Les autres 40% louent ou travaillent sur des propriétés qui appartiennent à des tiers. « C’est l’une des conséquences de cette politique, les paysans s’endettent, ils finissent par perdre leurs terres, doivent travailler pour d’autres pour des salaires souvent très limités »,  explique An Ansoms, professeure à l’université catholique de Louvain. Il est difficile d’évaluer le volume de « paysans sans terres » ni même d’expropriations. Mais la loi autorise les pouvoirs publics depuis 2015 à exproprier des citoyens pour une large palette de motifs, infrastructures « et autres activités sur décret ministériel ».

La hantise de l’expropriation

Selon une étude menée cette fois par la société civile sur les expropriations et transferts des terres, publiée en octobre 2017, le monde agricole, peu informé des lois et des recours, reste le principal touché par ce phénomène, inhérent à la politique du gouvernement rwandais d’un développement à marche forcée, à coup de grands projets pilotés par l’Etat. Si un système de compensation est prévu dans la loi, l’écart entre les villes et les campagnes peut dépasser les 150% et renforce le ressenti vis-à-vis du régime d’une partie des paysans, privés de leurs moyens de substances. « Pour comprendre ce ressenti, il ne faut pas négliger le poids du passé et les interférences permanentes exercées par le régime à la base. Mais cette tension porte moins aujourd’hui sur l’ethnie que sur l’adhésion politique ou non au FPR », explique encore le professeur Chris Huggins.

Depuis presque deux ans, des discussions sont ouvertes entre le gouvernement et les représentants du monde paysan, avec une liberté de ton qui surprennent les partenaires, comme les observateurs étrangers, habitué aux discussions plus policées dans une sphère publique très contrôlée. Pour la professeure An Ansoms, Kigali, comme les bailleurs de fonds, reconnaît jusqu’ici « des couacs » dans la politique agricole, mais n’est pas encore prête à une « remise en cause systémique » plus à même de permettre une meilleure répartition des ressources. « Le gouvernement sait aussi qu’il doit parfois les entendre », car la faim reste « le meilleur catalyseur pour une révolte », estime un observateur avisé. « Il ne peut y avoir deux Rwanda, celui qu’on vend à l’extérieur et la réalité du quotidien », renchérit un responsable de la société civile. « Ces paysans, c’est la majorité de la population, ils peuvent faire disparaître les pauvres dans les villes, mais pas dans les campagnes. Il faut faire avec. »

Sonia Rolley

RFI

The deal Rwanda-Arsenal: not about the poor giving to the rich, rather the question of transparency and accountability towards Rwandans

The statement by Akamanzi of Rwanda Development Board (RDB) that tourism sector made $400 M in revenues does not explain the $40 M donated to Arsenal , #Kagame‘s favorite english club. Akamanzi argues that the donation is an investment in tourism since a ‘visit Rwanda’ logo will be on shirt sleeves of Arsenal’s players.
A good manager does not make decisions based on Total revenue (TR) only, to conclude that an investment will be profitable. The lady should remember how the profit maximization is achieved. For that, Akamanzi should reveal the cost and profit within the $400 M. At least that would show us that the sector made a profit bigger, equal to zero or even less.
That could provide answer to the first concern: we should know whether the money being given to Arsenal is not taken from foreign aids.
Another concern relates to the profitability of the so called investment. $40M marginal cost must generate the same amount in marginal revenue.
For that to materialize, the so called investment should attract $13M in marginal revenue the first year and much more than that in following years considering the expected inflation rates. A good decision maker would take into account the population growth too to cater for the new born ones to enjoy profits.

1. The duo #Kagame #Akamanzi should have done a small feasibility study before spending carelessly
2. The debate should not be displaced. It is not why Rwanda is donating to Arsenal (the poor giving to the rich) rather the public funds being spent without informing the citizens either directly by making data available for consultation or via the representatives of the people in national assembly.
3. Choosing Arsenal as the beneficiary of the funds should have been decided after considering other potential partners whith whom doing business could bring more profits.
4. Two officials (Clare Akamanzi & Olivier Nduhungirehe ) who spoke about the issue were not able to say how much money was involved in that deal. Knowing Kagame’s style, the poor guy and lady are cleansing the crime scene of dictator of Rwanda.

Chaste Gahunde

Consultant Economist/ Geographer

Shirt of shame: Britain dishes out £62million in foreign aid to Rwandan dictator who splurges £30million on sponsorship for his beloved Arsenal FC

  • Rwanda is getting £62 million this year alone from the UK in foreign aid
  • Dictator Paul Kagame spent £30 million sponsoring his favourite club Arsenal
  • People survive on less than £1 a day under Kagame’s tightly controlled regime
  • Tory MP Andrew Bridgen described the deal as ‘an own goal for foreign aid’ 

An impoverished African country which has received hundreds of millions of pounds in aid from British taxpayers is paying £30 million to sponsor Arsenal – one of the world’s richest football clubs.

Rwanda, which is getting £62 million this year alone from the UK, has paid the Premier League club to promote the country’s tourist industry on players’ shirts.

The astonishing deal will also give Rwanda’s despotic ruler Paul Kagame and his cronies the use of an exclusive hospitality box at the London club’s Emirates Stadium, piles of match-day tickets and access to star players for promotional work.

Last night, furious critics of the UK’s £13 billion-a-year foreign aid programme said the deal proves that British taxpayer cash is being flagrantly wasted.

Former Arsenal captain Tony Adams presents a jersey to Ruwandan dictator Paul Kagame in 2014 as she spends £30 in UK aid to sponsor the team

Former Arsenal captain Tony Adams presents a jersey to Ruwandan dictator Paul Kagame in 2014 as she spends £30 in UK aid to sponsor the team

Last year, Britain gave £27 million directly to the Rwandan government for poverty relief and spent a further £37 million on aid projects in the country.

But despite the vast amounts of cash being given by the UK and other countries, hospitals, schools, businesses and homes are without electricity much of the time.

Most people survive on less than £1 a day under Kagame’s tightly controlled authoritarian regime.

Meanwhile, teachers in some parts of Rwanda have not been paid for five months.

Instead, Kagame, who has been accused of murdering and torturing his opponents, funds ‘prestige’ projects such as running an airline which loses £750,000 a week.

The message ‘Visit Rwanda’ will be emblazoned on Arsenal players’ left sleeves and on pitch-side screens, at an annual cost of £10 million for the next three years.

Tory MP Andrew Bridgen described the deal as ‘an own goal for foreign aid’. ‘This is absolutely astonishing,’ he added.

‘British taxpayers will be rightly shocked to learn that a country supported by huge handouts from the UK is in turn pumping millions into a fabulously rich football club in London. It’s ludicrous.

‘If this isn’t a perfect own goal for foreign aid, I don’t know what is. It serves to expose the complete idiocy this system is based on.’

London-based Rwandan human rights campaigner Rene Mugenzi, whose life is under threat from Kagame’s hitmen, said: ‘It is hard to believe that Arsenal really conducted due diligence on this obscene deal, and they should scrap it.

‘How can a country which receives tens of millions of UK aid start spending money on a football club in London, just because the president supports them?

‘Britain should stop giving money to Rwanda because it just frees up their government to spend money on crazy things like this.’

Earlier this year, International Development Secretary Penny Mordaunt pledged that the British Government would no longer invest ‘when others should be putting their hands in their pockets’, adding that the public had ‘legitimate’ concerns over how the UK’s £13 billion aid budget was spent.

A Department for International Development spokesman said: ‘All UK aid to Rwanda is earmarked for specific programmes, such as education and agriculture.

We track results to ensure value for money for UK taxpayers. We are helping Rwanda to stand on its own two feet.’

An Arsenal spokesman said: ‘Rwanda… is now regarded as one of the most advanced and respected countries in Africa.

‘We believe that, having conducted due diligence, it is a partnership that will help Rwanda meet their tourism goals while developing football in the country.’

The Rwandan Development Board declined to comment to The Mail on Sunday, but its CEO, Clare Akamanzi, said last week: ‘We’re thrilled to be partnering with Arsenal and showcasing the vibrancy and beauty of our country.’

Source: http://www.dailymail.co.uk/news/article-5775867/Ruwandan-dictator-spends-30-million-UK-aid-sponsoring-Arsenal-FC.html

Le Rwanda tente un Cheval de Troie en Francophonie

La francophonie est en danger. Par le biais de son média français préféré , le gouvernement rwandais – ou ses représentants au sein de la diplomatie française, ce qui revient au même – a lancé un ballon d’essai.

Ce ballon d’essai est destiné à lui faire connaître et donc anticiper les réactions que provoquerait une éventuelle candidature au poste de secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie de l’actuelle ministre des affaires étrangères du Rwanda .

Dès le début de cette manœuvre, la réaction officielle du gouvernement français a été recherchée. La réponse diplomatique qui aurait été faite passe aujourd’hui auprès des 83 pays membres de l’OIF pour la tentative d’une ancienne puissance coloniale pour imposer cette candidature. Elle peut donc être d’ores et déjà exploitée comme telle par Kigali, ce qui était probablement le but réel de sa publication prématurée.

Cette opération est aussi suivie de près par les états voisins du Rwanda, majoritairement anglophones et qui ont jadis soutenu militairement et diplomatiquement la conquête du pouvoir par Kagame puis son accès au Commonwealth, avant d’entrer en conflit ouvert avec lui. Ils avancent aujourd’hui que, les exigences du Commonwealth étant supérieures à celle de l’OIF en matière de respect des droits de l’homme, Kagame et son gouvernement dictatorial réélu avec un score soviétique, auraient aujourd’hui intérêt à se rapprocher de l’organisation francophone  qu’il voulait pourtant quitter il y a peu.

Tous les commentateurs et tous les acteurs  de ce ballon d’essai font mine de considérer – ou d’espérer – que le seul but poursuivi serait un réchauffement des relations franco-rwandaises.  Or, les exigences posées par l’un et par l’autre de ces deux partenaires sont totalement incompatibles puisque la France ne peut pas – décemment – imposer à sa Justice le non-lieu exigé par Kagame dans la procédure qui le met en cause depuis plus de dix ans dans l’attentat du 6 avril 1994, attentat qui a déclenché le génocide en toute connaissance de cause.

On ne peut que s’interroger sur les buts véritables poursuivis par cette initiative puisque les actuels prolégomènes à une éventuelle candidature de Mme Louise Mushikiwabo comme secrétaire générale de l’OIF ne les révèlent en rien. Les antécédents de ce personnage et de son maître, le général–président–à–vie Paul Kagame, leurs nombreuses tentatives  d’élimination de la langue française du Rwanda, pays indubitablement et exclusivement  francophone depuis un siècle, tout au moins pour ce qui est des langues européennes, ne laissent pas d’inquiéter les observateurs qui parlent d’un véritable « cheval de Troie ».

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Lousie MUSHIKIWABO, cheffe de la diplomatie rwandaise

Il est établi que, depuis de nombreuses années, Paul Kagame n’a eu de cesse d’éradiquer la langue et la culture françaises du Rwanda. Sous prétexte que, lui, Paul Kagame, ne parle pas français, il a interdit le 8 octobre 2008 l’usage de cette langue dans l’enseignement public rwandais où elle était seule utilisée depuis un siècle. De même, il a interdit l’usage de la langue française dans tout document administratif.

Accessoirement, sous des prétextes  d’urbanisme qui ne trompent personne, il a ensuite fait raser le centre culturel français de Kigali et il refuse depuis quelques années d’accréditer l’ambassadeur de France proposé par Paris. Pourquoi Kagame aurait-il brutalement changé radicalement de posture à l’égard de la langue et de la culture françaises et tout simplement à l’égard de la France ? N’ayant aucune réponse, très logiquement, certains observateurs avisés considèrent que  Louise Mushikiwabo qui s’est toujours comportée comme un petit soldat exemplaire au service de Kagame au point que, en tant que Ministre des « Affaires Etranges », elle a toujours couvert d’un manteau diplomatique les opération d’assassinat d’opposants rwandais commis à l’étranger (Afrique du Sud, Kenya et autres), ferait un excellent cheval de Troie au sein d’une organisation honnie.

Or, on sait depuis 1994 et depuis l’action du bataillon FPR introduit au CND de Kigali fin 1993, comment Kagame est passé maître dans l’utilisation d’un cheval de Troie.

Lors des négociations d’Arusha et lors de la paix signée en cette ville de Tanzanie le 4 août 1993, Kagame a su se ménager, sous le prétexte de mettre fin à la guerre, les moyens de lancer l’assaut final qui le portera au pouvoir quelques mois plus tard. Il a obtenu le départ des troupes françaises auxquelles il ne pardonnera jamais d’avoir retardé son triomphe, mais surtout, il a obtenu d’introduire au cœur du dispositif ennemi un bataillon de ses meilleures troupes. Sous prétexte d’assurer la protection de ses émissaires,  il a placé à Kigali un bataillon entier. Et comme il aime les symboles, il a fait en sorte que ce bataillon soit cantonné au Conseil National du Développement (C.N.D.) qui était jusque-là le parlement rwandais, le temple de la démocratie  naissante dans ce pays.  Ce bâtiment présentait, outre son aspect symbolique la double caractéristique, d’une part, de commander l’axe reliant l’aéroport au centre-ville et, d’autre part, de faire face, de l’autre côté de cet axe, au principal casernement de la Garde Présidentielle de son ennemi juré, Juvénal Habyarimana

C’est à partir de cette installation FPR du CND – que tout à chacun qualifiait de « Cheval de Troie » dès avant qu’elle soit effective en décembre 1993 – que Kagame a pu infiltrer la société rwandaise et les Interahamwe, préparer et perpétrer l’attentat du 6 avril 1994 qui tua deux chefs d’état hutu et lancer simultanément son offensive contre la Garde Présidentielle logée à portée de mitrailleuse.

Quand Kagame conquiert une place par la force, par la négociation ou par la ruse, il ne la lâche pas. Il est le maître du Rwanda depuis 1994 et jusqu’en 2034 au moins. Louise Mushikiwabo resterait secrétaire générale  de l’OIF pendant au moins plusieurs mandats…sauf si elle a détruit cette organisation entre-temps. Dans le meilleur des cas, si l’OIF n’est pas détruite, la France en sera exclue ou , à tout le moins, y sera marginalisée .

Michel ROBARDEY

Source: Mediapart

IMPINDUKA MURI GUVERINOMA Y’U RWANDA IKORERA MU BUHUNGIRO

Itangazo rigenewe Itangazamakuru

ITANGAZO NO GREX/2018/05/001 :  GUVERINOMA Y’U RWANDA IKORERA MU BUHUNGIRO YIVUGURUYE

I.Mu rwego rwo kubahiriza « CHARTE ya Guverinoma y’u Rwanda ikorera mu buhungiro » (Guverinoma ya Rubanda) yashyizweho umukono taliki ya 20/03/2018,

II.Muri gahunda yo gushyiraho inzego ziteganywa n’iyo CHARTE no kuzirahiza kugira ngo zishobore gutangira imirimo yazo,

III. Ashingiye ku bubasha ahabwa na Charte ya Guverinoma y’u Rwanda ikorera mu buhungiro cyane cyane mu ngingo zayo:  14; 15; 16; 37;

IV.Nyuma yo kugisha inama abagize « Inama Yaguye ya Guverinoma » yateranye ku wagatandatu taliki ya 5 Gicurasi 2018;

Perezida wa Repubulika, Padiri Thomas NAHIMANA, yashyizeho :

A. Ministre w’Intebe mushya : Madame Speciosa MUJAWAYEZU

Madame Speciosa Mujawayezu, (La Haye, Pays-Bas)

B. Abandi bagize  Guverinoma y’u Rwanda ikorera mu buhungiro  bahawe inshingano mu buryo bukurikira:

  1. Ministre w’Intebe wungirije: Madame Nadine Claire KASINGE
  2. Ministre w’Urubyiruko: Bwana Patrice NIYONZIMA
  3. Ministre w’Itangazamakuru no guhugura rubanda: Bwana Chaste GAHUNDE
  4. Ministre w’Umuryango,Umuco n’Iterambere ry’Abari n’Abategarugori : Madame Victoire INGABIRE UMUHOZA , uhagarariwe na Madame Nadine Claire KASINGE
  5. Ministre w’Igenamigambi, Imari n’Ubucuruzi: Madame Marine UWIMANA
  6. Ministre w’Ubutabera : Bwana Deogratias MUSHAYIDI, uhagarariwe na Bwana Venant NKURUNZIZA
  7. Ministre w’Ubutegetsi bw’igihugu n’umutekano: Bwana Joseph NAHAYO
  8. Ministre w’imibereho myiza y’abaturage  n’Iterambere ry’Umurenge : Madame Virginie NAKURE
  9. Ministre w’Ubutaka n’imiturire : Bwana Justin SAFARI
  10. Umuhuzabikorwa w’Inama Nkuru y’Urubyiruko : Madame Marie Médiatrice INGABIRE
  11. Umuhuzabikorwa w’INTEKO Y’INARARIBONYE: Madamu Marie Claire MUKAMUGEMA.
  12. Abavugizi b’Inama ya Guverinoma : (1) Madame Marine UWIMANA, (2)Marie Médiatrice INGABIRE, (3) Chaste GAHUNDE

Bwana Patrice Niyonzima( Bujumbura, Burundi).Ministre w’Urubyiruko

V. Ubu hafunguwe ukwezi ko kwiga imishinga ya buri Ministeri, kunoza Ingamba n’Iteganyabikorwa rusange rya Guverinoma ya Rubanda.

Madame Marie Médiatrice INGABIRE (Paris, France). Umuhuzabikorwa w Inama Nkuru y ‘Urubyiruko

 

Marie Claire Mukamugema, (Bruxelles, Belgique).Umuhuzabikorwa w’Inteko y’Inararibonye.

 

« Ibyifuzo bya rubanda niko gushaka kw’Imana »

 

Bikorewe i Paris, taliki ya 10/05/2018

Marine UWIMANA,

Umuvugizi w’Inama ya Guverinoma

 

 

 

Ishema ry’u Rwanda: Nadine Kasinge, Umuyobozi mukuru mushya

ITANGAZO RIGENEWE ITANGAZAMAKURU

Itangazo N° Ishema 2018/05/002

« Ni koko guharanira impinduka bitangirira mu gikari »

  1. Nk’uko byari byatangajwe kuwa gatanu tariki ya 04/05/2018, ku cyumweru tariki ya 06/05/2018 abagize ubuyobozi bw’ishyaka Ishema ry’u Rwanda bateraniye mu mwiherero udasanzwe mu mujyi wa Paris mu Bufaransa.
  2. Bamaze kungurana ibitekerezo ku bibazo by’ingutu bikomereye abanyarwanda muri iki gihe, Abagize ubuyobozi basanze ari ngombwa gukomeza umurego mu rugamba twiyemeje kugira ngo mu Rwanda hashyirweho ubutegetsi bushyize imbere inyungu rusange kandi bushingiye ku mahame ya demokarasi binyujijwe mu ndangagaciro z’ukuri, ubutwari n’ugusaranganya ibyiza by’igihugu.
  3. Hatowe kandi Komite nshya y’ubuyobozi bukuru bw’ishyaka Ishema ry’u Rwanda ku buryo bukurikira :

NadineK

Perezidante : Madamu Nadine Claire KASINGE

Visi Perezida : Bwana Chaste GAHUNDE

Umunyamabanga nshingwabikorwa : Bwana Vénant NKURUNZIZA

Umubitsi : Madamu Virginie NAKURE

 

 

  1. Abagize Komite nshya bamaze kurahira bahise batangira imirimo batorewe, ndetse basabwa gushyiraho Amakomisiyo ya ngombwa mu gihe cya vuba.

 

Tubifurije imirimo myiza.

Harakabaho Demokarasi mu Rwanda

Harakabaho Repubulika y’u Rwanda

Harakabaho umuco mwiza w’ubutaripfana

 

Bikorewe i Paris, kuwa 06/05/2018

Bwana Vénant NKURUNZIZA

Umunyamabanga Nshingwabikorwa

COLONEL JACQUES HOGARD : “Guillaume Ancel constitue une sorte d’idiot utile qui se pare d’un titre de témoin”.

Col Jacques HOGARD

Le colonel Hogard ( En photo) réagit au micro de Boulevard Voltaire à la parution du livre de Guillaume Ancel, cet ancien officier français qui publie un ouvrage, Rwanda, la fin du silence, dans lequel il accuse la France d’avoir soutenu un régime génocidaire au Rwanda lors de l’opération Turquoise en 1994. Jacques Hogard dénonce la vision déconnectée de l’auteur, qui était son subordonné lors de l’opération, et assure que la France y a fait son devoir.

Guillaume Ancel prétend rétablir la vérité sur le silence du Rwanda dans un livre qui lui a valu une réponse assez cinglante de votre part dans L’Incorrect. Pourquoi le livre de monsieur Ancel vous a-t-il déplu ?

Je pense que ce livre est complètement à côté de la plaque. Je le qualifierais brutalement de mythomane et de mégalomane. J’ai pris la peine de le lire page par page. Guillaume Ancel était un de mes subordonnés lors de l’opération Turquoise, mais de rang tout à fait modeste. Il n’avait pas accès à beaucoup de choses, en tout cas pas à une vue d’ensemble de l’opération. Je trouve que son livre donne une vision de l’opération déconnectée de la réalité.

Quelle est votre opinion sur le serpent de mer de la responsabilité de la France dans le génocide rwandais ?

Je commence à être connu pour ma position critique de la politique étrangère de la France lorsque cela est nécessaire. Et, malheureusement, j’en ai souvent l’occasion.
Pour ce qui est du Rwanda, en revanche, et bien que je ne sois pas un admirateur à tout crin de François Mitterrand, je pense vraiment que la France a fait son boulot du mieux possible, ou du moins mal possible, au Rwanda. En tout état de cause, il est hors de question de pouvoir l’accuser de participation ou de complicité quelconque de génocide. C’est absolument aberrant et cela ne tient pas debout.

Comment expliquer, alors, le point de vue de Guillaume Ancel ?

Guillaume Ancel est récupéré par des réseaux que nous connaissons bien. Il est manipulé. Il constitue une sorte d’idiot utile qui se pare d’un titre de témoin. Mais c’est un témoin d’un niveau tel qu’il ne lui permet pas d’avoir la vision globale des choses. Pourtant, il se prononce sur à peu près tout dans cette opération, y compris sur les ordres d’opérations que nous aurions reçus du plus haut sommet de l’État et de l’état-major des armées. Or, j’ai tous ces ordres. Je peux vous dire qu’aucun, à aucun moment, n’évoque cette fameuse offensive sur Kigali à l’époque, le réarmement des forces armées rwandaises défaites, les forces du gouvernement hutu, etc. Toutes ces affirmations sont absolument ridicules. Guillaume Ancel n’a, évidemment, pas les moyens de les attester, puisque c’est exactement le contraire qui s’est passé.

De surcroît, Guillaume Ancel se met en avant, dans ce livre, de manière assez risible. Il apparaît comme celui qui aurait eu toutes les bonnes idées et donné tous les ordres les plus valables, à l’exception, quand même, du crime qu’il avoue à un moment donné, mais dont je me demande s’il est bien réel.

Je pense que Guillaume Ancel a un vrai problème de mythomanie. Je ne sais pas ce qui, dans son cerveau, correspond à la réalité. Je pense qu’il est totalement manipulé, aujourd’hui, par certains réseaux qui s’acharnent à prouver la soi-disant complicité de la France dans le génocide rwandais mais qui, à moi, n’apparaît pas. Si c’était le cas, je vous assure que je serais un des premiers à le dénoncer, mais ce n’est pas le cas.

Quels sont ces réseaux ?

Je les qualifierais de milieux bobos, de bobos de gauche, mondialistes, un peu antimilitaristes…

Ils se sont emparés de l’affaire rwandaise comme d’une sorte de cas d’école. Ils sont obsédés à prouver que la France s’est mal conduite au Rwanda. La France s’est peut-être mal conduite ici ou là mais, en âme et conscience, je ne pense pas qu’elle se soit mal conduite au Rwanda.

Source: www.bvoltaire.fr

RWANDA «LA PLANÈTE TAIRE»

 

Kigali selon KagameMalgré la croissance économique qui se manifeste notamment par des bâtiments luxueux et flambant neufs, comme le Kigali Convention Center, tout ou presque reste à construire sur le plan des droits humains au Rwanda.

Paul Kagame ne tolère aucune contestation, même au sein de son propre parti, le Front patriotique rwandais (FPR). Le miracle économique vanté par le président sert de paravent à la brutalité de son régime.

Quiconque s’aventure à s’opposer au régime de Paul Kagame sait désormais qu’il met sa vie en danger. «Le simple fait de critiquer le régime peut conduire à être abattu, où qu’on se trouve», explique P. Mpora**, un militant des droits humains qui, même sous couvert d’anonymat, affirme désormais vivre avec la peur au ventre.

Une dictature

Pour cet avocat, le régime vire à la dictature pure et dure. «Tous les moyens sont bons pour réduire au silence les voix discordantes», constate-t-il, en évoquant l’exemple de la récente incarcération de l’opposante Diane Rwigara. Cette femme politique a assisté à la mort de son père (ancien militant du FPR et opposant notoire), et a été écartée du scrutin d’août 2017 par la Commission électorale, organisme chargé de la mise en œuvre des procédures électorales. Elle s’est ensuite vue inculpée d’incitation à l’insurrection. Elle est actuellement emprisonnée avec sa mère et sa sœur. «La condamnation de Diane Rwigara, à laquelle viennent s’ajouter l’intimidation et l’emprisonnement d’autres opposant·e·s, vise à réduire l’espace d’expression des citoyens rwandais», regrette l’homme de loi. Il rappelle les maigres résultats des opposant·e·s lors des présidentielles du 4 août 2017: Paul Kagame a obtenu plus de 98 % des voix, tandis que Philippe Mpayimana et Frank Habineza n’ont obtenu respectivement que 0,72 % et 0,45 % des suffrages exprimés. Un temps opposé à la modification de la Constitution organisée pour reconduire l’actuel chef de l’État au pouvoir, le vert Frank Habineza a dû tempérer ses propos après avoir été menacé de mort plusieurs fois. Cette situation fait dire à P. Mpora qu’«il vaut mieux savoir se taire pour survivre au régime en place».

«IL VAUT MIEUX SAVOIR SE TAIRE POUR SURVIVRE AU RÉGIME EN PLACE.»

«Ce climat de terreur, additionné au traumatisme consécutif au génocide de 1994, explique paradoxalement une large adhésion au régime de Paul Kagame», commentent les témoins rencontrés sur place et dans les pays voisins, où continuent de s’exiler nombre de Rwandais·es. A. Butera, élu vice-président du comité directeur de la Ligue pour la promotion des droits de l’homme au Rwanda (LIPRODHOR) en 2014, compte parmi ces personnes poussées à l’exil. Le jour même de son élection, il a été contraint à démissionner par des agents de la police. «Aux yeux du pouvoir, je n’étais pas la bonne personne pour diriger l’association», regrette le quadragénaire, connu pour son rôle en faveur de la justice. Il s’était opposé à divers procès dans le cadre de son travail de juge. «Je m’inscrivais en faux contre les accusations que la justice inventait de toutes pièces pour condamner abusivement des personnes innocentes. Très souvent, la police et l’armée avaient soutiré des informations aux victimes, qui devaient avouer leur collaboration avec les forces démocratiques de libération du Rwanda. Avec de tels procédés, de nombreuses personnes ont été placées dans l’isolement total, parfois plongées dans l’obscurité loin de tout contact avec leurs familles.» Pour avoir dénoncé ce genre d’irrégularités, il s’est vu nargué par son responsable de service: «Il faudra désormais choisir entre travail et défense des droits humains.» Quelques jours plus tard, c’était le licenciement, suivi de la perte de son immunité de juge.

À ses yeux, le pouvoir a mis en place toute une machine de contrôle et de harcèlement judiciaire. Il se réfère entre autres aux conditions qui l’ont poussé à quitter son pays natal. «Après avoir perdu mon poste de travail, j’ai été plusieurs fois perquisitionné à mon domicile et menacé de mort si je continuais à dénoncer les violations des droits humains. Jusqu’au moment où un ami policier est venu m’avertir qu’il fallait me sauver si je ne voulais pas mourir le jour même», nous confie celui qui attend encore que sa famille le rejoigne en Ouganda.

Daniel Uwimana et Evariste Nsabayezu, ses anciens collègues du comité directeur de la LIPRODHOR, ont eux aussi subi la machine répressive du régime Kagame. Ils ont été emprisonnés et injustement accusés d’avoir convoqué l’assemblée générale des militant·e·s avec des «signatures falsifiées».

Malgré la violence de la répression, des personnalités continuent à défendre les droits humains au Rwanda, avec une certaine abnégation, nous explique A. Butera. C’est le cas de l’avocat Evariste Nsabayezu. «D’autres ont, comme moi, fui le système. C’est le cas d’Umuhumuza Valentin, lui aussi membre de la LIPRODHOR, actuellement exilé aux Pays-Bas», confie-t-il.

Le mirage économique

Aux yeux d’A. Butera, il ne reste plus d’organes indépendants pour défendre les droits humains au «pays des mille collines et mille problèmes». L’ancienne LIPRODHOR a été enterrée par les sbires du régime. Pourtant, elle était connue depuis longtemps pour la promotion des droits humains, bien avant même l’arrivée au pouvoir du FPR en 1994. A. Butera précise qu’il ne reste que la LIPRODHOR gouvernementale, dirigée aujourd’hui par Bienvenu Mihigo, connu, selon lui, pour travailler dans l’intérêt du pouvoir et non des victimes des violations des droits humains. Une certitude que partage un habitant de Remera, au centre de Kigali. «On ne peut plus parler d’organisation de défense des droits humains au Rwanda ; l’actuelle LIPRODHOR n’en est pas une!», s’indigne K. Muhenawe. Pour cet observateur, le seul discours désormais autorisé par le pouvoir est celui du décollage économique, qui ne touche pourtant qu’une poignée de privilégié·e·s. «Le jour où tout le monde verra que cet argument économique n’est que la parade à toutes les critiques sur les atteintes aux libertés fondamentales dont nous souffrons, on se soulèvera comme un seul homme pour mettre fin à la “planète Taire” qu’est devenu le Rwanda dirigé par Paul Kagame», conclut-il.

* Pseudonyme.
** Nom d’emprunt.

Source: Amnesty International Mars 2018

Rwanda deserves to be condemned as much as Russia

After a hard week working as a mental health nurse manager, Noble Marara was relaxing at home with his family when they were visited by two police officers. They warned that he was in grave danger because a foreign government posed an “imminent threat” to his life, and urged him to increase security.

This visit took place as Britain reeled from an assassination attempt involving a Russian-made nerve agent in an English city. Evidence points towards the Kremlin, and there is tough talk of sanctions and sporting boycotts in response.

Yet there is silence over another nation that uses similar sinister tactics to eliminate its enemies. This murder threat was against a man living in Kent, a father and spouse of British citizens. And it was not the first such threat: in 2011, Scotland Yard warned two other men that the same thuggish government had sent a hit squad to kill them.

Like Russia, Rwanda gets away with murder. Literally. It hunts down dissidents wherever they live, killing some, kidnapping and threatening others. It prompted Africa’s worst blood-letting this century in the Democratic Republic of Congo, and still stirs trouble in its neighbours.

Yet its president, Paul Kagame, is seen as our friend. Marara spent nine years as a bodyguard and driver for the Rwandan leader, standing by his side as the east African country started to recover from the trauma of genocide. Like others, he saw this aloof character as the heroic saviour of his land. Now the man he once protected wants him dead.

Is it a coincidence that days before the police warning it was disclosed that Marara’s insights into the ruthless Kagame were to be offered in downloadable book form in the Kinyarwanda language? Regardless, the threat raises again the question of what a despot has to do to stop Britain pumping aid into his pocket. This is, after all, an ultra-repressive one-party state in which the ruling party runs everything down to the most minute level. But we pour in millions each year.

For many years, Kagame fooled the world. He posed as protector of his nation and duped naive democratic leaders, who felt guilty over their failure to stop genocide, into believing that a nasty ethnic dictatorship was an inspirational role model for aid and Africa. The likes of Tony Blair, Bill Clinton and David Cameron heard smooth words and saw clean streets, but they missed the blood dripping from the ruler’s hands.

Decent nations do not order hits on their foes in foreign lands. Yes, Britain should stop washing dirty Russian cash from Putin’s pals. By the same token, we should cut off all support for Kagame.

Ian Birrell is a freelance writer

Source: The Times

Laureats du Prix Victoire Ingabire Umuhoza pour la Démocratie et la Paix – 2018

Onana_PhilPour la septième fois, Le RiFDP viens de décerner publiquement le Prix Victoire Ingabire Umuhoza pour la Démocratie et la Paix à l’occasion de la journée internationale de la femme qu’il a célébré ce samedi le 10 mars 2018 en Belgique.

Laureats du Prix Victoire Ingabire Umuhoza pour la Démocratie et la Paix – 2018

ONANA Charles

Charles ONANA est journaliste d’investigation de nationalité franco-camerounaise. Ses recherches sur la tragédie rwandaise et son extension au République démocratique du Congo  en font incontestablement un expert reconnu sur le plan international.

Depuis de nombreuses années, il dénonce inlassablement le système de pensée unique que tentent d’imposer, urbi et orbi, ceux-là même qui ont précipité la région des Grands Lacs dans un chaos mortifère.

L’investissement personnel consenti par Charles ONANA constitue une contribution directe à la manifestation de la vérité et par voie de conséquence, au retour de la démocratie et de la paix dans la région des Grands Lacs d’Afrique.

Son champ d’investigation ne se limite pas aux événements déclencheurs des conflits dans cette region. De façon tout aussi engagée, il dénonce les errements d’une justice internationale totalement inféodée à des intérêts partisans peu soucieux du besoin du peuple rwandais et congolais à plus de justice et d’équité.

Le militantisme qu’il déploie depuis près de vingt ans pour la cause de la vérité et de la justice vient de connaître une étape capitale. En effet, le 21 décembre dernier, à l’issue d’un travail de recherche de plusieurs années, Charles ONANA a défendu avec succès, à l’université Jean Moulin de Lyon, une thèse de doctorat en science politique. qui constitue aussi une réelle contribution à une connaissance plus correcte de la réalité des événements de 1994.

Phil Taylor

Phil Taylor est l’animateur du Taylor Report, une émission en langue anglaise à Toronto au Canada sur CIUT 89.5 FM. Depuis 2011, il a présenté plusieurs émissions sur l’Afrique des Grand Lacs ou les Tribunaux internationaux y compris plusieurs émissions sur Victoire Ingabire Umuhoza.

Phil Taylor a commencé à suivre de près les évènements de la région des Grands Lacs d’Afrique après l’assassinat du président Melchior Ndadaye du Burundi en 1993. Depuis lors, il n’a cessé de décrier les abus contre les droits de la personne dans cette partie de l’Afrique et particulièrement au Rwanda depuis la tragédie de 1994. Son émission “The Taylor Report – CIUT 89.5 FM” diffusée par CUIT 89.5 FM à l’Université de Toronto est un programme hebdomadaire qui couvre des sujets d’actualités mondiales diverses incluant la politique, les droits de l’homme, la paix et le travail, ainsi que des histoires et des individus qui ne sont pas couramment entendus dans les médias usuels.

Phil donne souvent des interviews à des personnes qui s’occupent du dossier de cette région y compris ceux qui suivent la lutte démocratique contre les dictatures criminelles dans la région des Grands Lacs. Phil est un des rares canadiens défenseurs infatigables des peuples opprimés de la région des Grands lacs africains, et ce depuis le tout début des années 90.

À qui est décerné ce prix ?

Ce prix est décerné à toute personne physique ou morale, s’étant distinguée par son travail, de manière pacifique, dans le domaine de la promotion de la démocratie, de la paix, de la liberté d’expression, du respect des droits de la personne et qui a contribué de manière significative à instaurer le rapprochement des peuples par le dialogue, le respect de la personne humaine, de la justice sociale dans le but d’améliorer la qualité de vie de la population de la région des grands lacs africains.

Historique

Ce prix a été créé par le Réseau International des Femmes pour la Démocratie et la Paix le 12 mars 2011, en hommage à Madame Victoire Ingabire Umuhoza. Ce prix incarne le courage, le leadership de Victoire Ingabire Umuhoza dans sa démarche pacifique et démocratique de résolution de conflits.

Femme d’un courage exceptionnel, impliquée dans un processus de résolution du conflit qui afflige le peuple rwandais depuis 1994, Victoire Ingabire Umuhoza se démarque par son leadership, son esprit d’abnégation qui dépasse les intérêts de son noyau familial et de son appartenance ethnique et régionale. Elle a pris sur ses épaules le destin de tout un peuple et de toute une nation en décidant d’affronter l’oppression qui règne dans son pays d’origine, dans l’espoir d’offrir au peuple rwandais une alternative de gouvernance démocratique et de paix durable.

Elle est emprisonnée au Rwanda depuis le 14 octobre 2010 pour avoir osé exprimer des opinions différentes de celles du pouvoir en place.