Parmi les dossiers qui auront exposé les failles du système de justice au Rwanda figure celui de Paul Rusesabagina, le héros du Hotel Rwanda. En effet, l’histoire récente nous montre d’autres cas plus ou moins similaires où le gouvernement s’est vu dans l’obligation de relâcher les suspects car leurs arrestations avaient eu lieu en violation du droit, ou bien que la pression extérieure et la realpolitik voiyaient les choses sous un angle différent. C’est d’ailleurs, d’après nos pronostics, ce qui risque d’arriver dans le cas de Rusesabagina. Tout observateur avisé n’oubliera Professeur Peter Erlinder, cet avocat américain qui est venu au Rwanda en 2010 pour faire partie de l’équipe de défense de Madame Victoire Umuhoza. Le régime du FPR l’a arrêté et l’a accusé de négationnisme du génocide. Il fut jeté en prison mais son procès n’aura jamais lieu grâce à la pression du gouvernement américain. Le gouvernement rwandais, pour cacher son échec dans cette affaire, a dit à la presse que le Professeur reviendra le moment du procès venu, que ses problèmes de santé étaient trop sérieux pour rester en détention. Les acolytes du régime se sont sentis trahis car pour eux, le Rwanda étant un État souverain, aurait jugé ce “blanc” pour démontrer que l’ère coloniale était révolue.
Lettre ouverte à tous les chefs de gouvernement du Commonwealth
Des organisations de la société civile à travers le monde demandent aux autorités rwandaises d’autoriser une enquête indépendante, impartiale et efficace sur sa mort en détention du chanteur populaire de gospel et activiste pour la paix Kizito Mihigo. Alors que vos gouvernements marquent la journée du Commonwealth aujourd’hui et s’apprêtent à participer au sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth à Kigali en juin, nous vous écrivons pour vous demander de vous engager auprès de vos homologues du gouvernement rwandais afin de soutenir cet appel.
Le 14 février 2020, le Bureau d’enquête rwandais (RIB) a confirmé que Mihigo avait été arrêté près de la frontière. Il était accusé de tentative de passage illégal au Burundi, d’avoir rejoint des groupes « terroristes » et de corruption, ainsi que d’avoir violé les conditions de sa libération de prison en 2018. Quelques jours plus tard, le 17 février 2020, la police nationale rwandaise annonçait que Mihigo avait été retrouvé mort à 5 heures du matin, dans sa cellule au poste de police où il était détenu à Kigali, à la suite d’un suicide présumé.
Il y a pourtant des raisons de douter de cette version des faits. Au Rwanda, les dissidents et les voix critiques font souvent l’objet de menaces, de harcèlement judiciaire et d’arrestations arbitraires. Ces dernières années, plusieurs membres de l’opposition et journalistes ont disparu ou ont été retrouvés morts dans des circonstances suspectes. Après avoir publié en 2014 une chanson dans laquelle il faisait part de sa compassion pour les victimes du génocide et d’autres violences, chanson interprétée comme une référence aux crimes commis par le Front patriotique rwandais lors de sa prise de contrôle du pays en 1994, Mihigo a été menacé, détenu au secret pendant 9 jours et ensuite poursuivi pour complot contre le gouvernement, entre autres chefs d’inculpation. Le 27 février 2015, il a été reconnu coupable et condamné à 10 ans. Après sa grâce présidentielle et sa libération en 2018, et jusqu’aux jours qui ont précédé sa mort, Mihigo a informé ses contacts qu’on le menaçait pour qu’il fasse des faux témoignages contre les opposants politiques au gouvernement et qu’il voulait fuir le pays car il craignait pour sa sécurité.
L’annonce de la mort de Mihigo a provoqué une onde de choc au Rwanda et au-delà de ses frontières. Avant de perdre les faveurs du gouvernement en 2014, Mihigo avait joué un rôle important dans la vie publique rwandaise, notamment en participant à la composition du nouvel hymne national en 2001 et en chantantrégulièrement lors de cérémonies officielles. Le travail de Mihigo – lui-même un rescapé du génocide – pour promouvoir la réconciliation a reçu une reconnaissance tout aussi importante ; en 2011, par exemple, la première dame Jeannette Kagame lui a remis un prix « Célébrons les jeunes Rwandais » en hommage à son travail.
Selon l’Observation générale n°3 sur l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, « Lorsqu’une personne meurt dans un centre de détention de l’État, ce dernier est présumé responsable et il lui incombe de prouver que sa responsabilité n’est pas engagée moyennant une enquête rapide, impartiale, approfondie et transparente menée par un organisme indépendant ». De même, la version révisée du Manuel des Nations Unies sur la prévention des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et les moyens d’enquête sur ces exécutions (le Protocole du Minnesota), prévoit qu’il existe une présomption générale de responsabilité de l’État pour un décès en détention, sauf preuve du contraire, et souligne que cela est particulièrement vrai dans les cas où la personne décédée « était, avant sa mort, un opposant politique au gouvernement ou un défenseur des droits de l’homme ; elle souffrait de problèmes de santé mentale reconnus ; ou elle s’est suicidée dans des circonstances inexpliquées ».
Le jour où la mort de Mihigo a été annoncée, et avant qu’une enquête indépendante n’ait pu être menée, la porte-parole du RIB, Marie-Michelle Umuhoza, a déclaré aux médias rwandais que Mihigo s’était « étranglé » avec les draps de son lit, qu’il avait fait preuve d’un « comportement inhabituel » pendant sa détention et qu’il avait refusé de parler aux enquêteurs, à son avocat et à sa famille. Le 26 février, citant un rapport d’autopsie, l’Organe national de poursuite judiciaire a conclu que la mort de Mihigo « résultait d’un suicide par pendaison » et a déclaré qu’il n’engagerait pas de poursuites pénales.
Mihigo est l’un de plusieursdétenus à être mort dans des circonstances suspectes lors de sa détention au Rwanda ces dernières années. Des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces, susceptibles de déboucher sur des poursuites crédibles, sont essentielles pour dissuader de futures violations des droits et promouvoir la responsabilité, la justice et l’État de droit. Le fait de ne pas mener de telles enquêtes constitue une violation des obligations de l’État au titre du droit à la vie.
Dans la Charte du Commonwealth de 2013 les États membres ont réaffirmé leurs valeurs et principes fondamentaux, notamment la défense des droits humains, la liberté d’expression, l’État de droit et le rôle de la société civile. La tenue du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth au Rwanda sans aborder l’absence de progrès des autorités rwandaises en matière de justice pour les violations des droits humains en général, et la mort de Mihigo en particulier, jette de sérieux doutes sur les engagements du Commonwealth en matière de droits humains.
Dans l’intérêt des droits humains au Rwanda et de l’intégrité du Commonwealth, nous vous demandons instamment de soutenir l’appel lancé aux autorités rwandaises pour qu’elles autorisent une enquête indépendante, impartiale et efficace sur la mort de Mihigo en détention.
Très sincèrement,
Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France)
African Child Care Network ACCN
AfricanDefenders
AfricTivistes
Amnesty International
Article 19 Eastern Africa
Asian Forum for Human Rights and Development (FORUM-ASIA)
Australian Centre for International Justice
Banglar Manabadhikar Suraksha Mancha (MASUM)
Brainforest
Bytes for All
CIVICUS
Commonwealth Human Rights Initiative (CHRI)
Defend Defenders
Defenders Coalition Kenya
Ethiopian Human Rights Defenders Center (EHRDC)
FIDH within the framework of the Observatory for the protection of Human Rights Defenders
Human Rights Defenders Network-Sierra Leone
Human Rights Watch
Humanitarian Development Organization HDO
Maldivian Democracy Network (MDN)
Network of Civil Society Organizations for the Observation and Monitoring of Elections in Guinea (ROSE)
Nile Initiative for Development NID
Odhikar
Ole Reitov, Artistic Freedom Expert
PEN America
PEN International
Quill Foundation
Robert F. Kennedy Human Rights
Réseau de Défenseurs des Droits Humains de l’Afrique Centrale
South Sudan Human Rights Defenders Network
Southern Africa Human Rights Defenders Network (SAHRDN)
The Center for Peace and Advocacy
The Daphne Caruana Galizia Foundation (Malta)
The Voice Project
Vanguard Africa
World Organisation Against Torture (OMCT), within the framework of the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders
Contexte de l’arrestation de Kizito Mihigo
Le 27 février 2015, Kizito Mihigo a été condamné à 10 ans de prison pour complot contre le gouvernement en place ou contre le Président de la République, formation d’un groupe criminel et conspiration en vue de commettre un assassinat à l’issue d’un procès qui s’est appuyé sur des aveux qui auraient été obtenus sous la torture.
Il avait été arrêté le 6 avril 2014 et détenu au secret pendant neuf jours au cours desquels il avait déclaré que des hauts responsables du gouvernement l’avaient interrogé à plusieurs reprises sur une chanson religieuse, Igisobanuro cy’Urupfu (L’explication de la mort) écrite en mars et dans laquelle il priait pour toutes les personnes tuées, notamment les victimes du génocide et d’autres violences. Il a déclaré que ces hauts responsables l’avaient également interrogé sur ses liens présumés avec le Congrès national du Rwanda, un groupe d’opposition en exil, et que les policiers l’avaient battu et forcé à avouer les infractions dont il a été accusé par la suite devant le tribunal. Dans un enregistrement que Mihigo a réalisé le 6 octobre 2016 alors qu’il était en prison, et qui a été rendu public après sa mort, il en vient à la conclusion que ces poursuites ont été motivées par des raisons politiques, dans le but de supprimer la chanson.
Dans cet enregistrement, Mihigo décrit des rencontres avec plusieurs hauts responsables du gouvernement, qui, il a dit, lui auraient expliqué que le président n’aimait pas sa chanson et qu’il devait « demander pardon », ou risquer la mort. Dans l’enregistrement, Mihigo a décrit également sa détention au secret du 6 au 15 avril 2014, au cours de laquelle il a dit avoir été battu et interrogé par Dan Munyuza, l’inspecteur général adjoint de la police de l’époque et actuel inspecteur général de la police, qui lui a dit de plaider coupable et de « demander pardon » ou risquer une condamnation à la prison à vie. Ces allégations suggèrent que Mihigo a été victime de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’autres violations graves de ses droits à un procès équitable, à la liberté, à l’intégrité physique et à la sécurité.
L’entrée fracassante d’une jeune femme rescapée du «Génocide des Tutsi», Yvonne Iryamugwiza Idamange, sur la scène médiatique a beaucoup suscité des remous dans les rangs du Front patriotique rwandais (FPR) et ses services, dont notamment la Commission nationale de lutte contre le Génocide (CNLG). Ceux de l’autre bord, les langues se sont déliées pour manifester et dénoncer publiquement les dérives de ce parti militaro-dictatorial au pouvoir depuis 1994: discours haineux etactions viles et honteuses de ses agents ou acolytes. Décryptage et analyse de cet événement hautement médiatisé et politisé.
Tout part des mesures de confinement drastiques prises par le Gouvernement rwandais. Des mesures copiées textuellement de l’Occident, principalement de la France et de la Belgique: couvre-feu strict à 18 heures, arrêt de toutes les activités génératrices de revenus permettant aux gens de nourrir leurs familles. Ouverture uniquement des magasins alimentaires. En plus de cela, on instaure des mesures de «distanciation sociale» et de «port des masques». Des nouvelles notions sociologiques introduites et inhabituelles aux Rwandais.
En effet, ces mesures d’Europe imposées de force restreignent la solidarité et convivialité africaines. Dans le contexte africain et rwandais, en particulier, elles inspirent la solitude et enfreignent les impératifs moraux, sociaux et culturels, surtout en matière de mariage et de funérailles. Elles éloignent et éteignent complètement la vie familiale et sociale.
Ces mesures adoptées et appliquées à la lettre au Rwanda, à nos yeux de sociologue africain, ouvrent davantage les portes à l’individualisme et concoctent le «capitalisme sauvage » déjà en cours. Le comble c’est qu’elles n’ont même pas été présentées comme une nouvelle expérience à tester pour essayer de contrecarrer le coronavirus mais plutôt en des lois tombées du ciel. Le Talmud des juifs ou plutôt la Torah que Dieu aurait remis aux mains propres des autorités rwandaises à l’instar de Moïse sur le mont Sinaï! Des lois coronavirus trop dures et strictes.
Créées pratiquement «ex nihilo », donc à partir de rien, ces nouvelles lois sont venues exacerber la situation des populations pauvres et malmenées. Car, les gens vivent dans la précarité et dans certains quartiers de Kigali ils sont quotidiennement expulsés «manu militari» de leurs biens, sans être préalablement indemnisés. Ces gens qui trouvent difficilement de quoi nourrir leurs familles et voient leurs maisons démolies ne comprennent pas comment un État qui se dit démocratique peut prendre de telles mesures sans tenir compte de leur situation et du pays, en général.
Ces mesures qui, aux yeux des autorités rwandaises – et non pas aux yeux de la population – visent à contrecarrer et stopper la propagation de la pandémie coronavirus. Elles sont beaucoup critiquées et jugées inadaptées au contexte rwandais. Malgré ces critiques acerbes et la grogne de la population, elles sont appliquées. Et leur application ne tient toujours pas compte de la situation spécifique du pays. La population les trouve donc non seulement étrangères à elle mais aussi inhumaines.
Les lois qui en résultent – Torah des faux Moïse des Rwandais – sont jugées non seulement très répressives mais aussi imprécises. Un plan d’homicides volontaires concocté par le Gouvernement rwandais ! Les autorités qui les ont émises ou édictées sont ipso facto vues d’irresponsables et insoucieuses de la vie quotidienne de la population. Elles sont même qualifiées de «mercenaires, abacanshuro» des néo-colonialistes occidentaux. Un jugement très sévère de nombreux rwandais – de l’intérieur comme d’ailleurs ceux de l’extérieur – qui se base sur les décisions que ces autorités [rwandaises] prennent par rapport aux pays voisins, comme par exemple, la Tanzanie ou le Burundi. Ces deux pays voisins n’ont jamais contraint leurs populations à fermer les lieux de cultes (églises ou mosquées), ou à arrêter les activités professionnelles ou de revenues permettant aux gens de faire vivre leurs familles, etc.
C’est dans ce contexte socio-politico-économique déjà tendu que va surgir Madame Idamange Iryamugwiza Yvonne. Elle en a vraiment marre et veut exprimer publiquement son ras-le-bol. Un ras-le-bol qu’elle partage avec beaucoup de Rwandais. Un ras-le-bol que beaucoup aimerait exprimer publiquement comme Madame Idamange mais à cause de la peur et surtout des tabassages policiers personne n’ose le faire. Car, pour échapper à la répression, beaucoup préfèrent le dire à voix basse et aux coins de leurs salons.
Mais alors… ! Que faire dans une capitale resplendissante des «residential Building», comme Kigali, où l’aide sociale n’existe pas et les gens n’arrivent pas à trouver à manger suite à ce confinement inadapté et imposé ? Faut-il croiser les bras ou plutôt braver les interdits, les lois répressives et homicides et décrets administratifs? C’est ce que Madame Idamange Iryamugwiza Yvonne a osé faire et appelle à faire.
Idamange, la «Voix des Sans-Voix».
Madame Idamange estimant que les médias [locaux et internationaux] ne parlent ni osent dénoncer ces mesures disproportionnées de l’autorité rwandaise, elle emprunte la voie des réseaux sociaux et ouvre un compte You Tube «Idamange» par lequel elle fait passer son message. Ne voulant pas se limiter à des mesures coronavirus seulement, Madame Idamange choisit délibérément d’élargir les angles et d’interpeler les autorités rwandaises sur plusieurs sujets sensibles: mesures restrictives de confinement prises à contrario du contexte spécifique rwandais, mesures délibérées et insoucieuses de la promotion de la qualité de l’enseignement des enfants des pauvres, durcissement des lois répressives contre la presse et violations massives des droits de l’homme dont la liberté d’expression et d’opinion.
Très croyante et observatrice de bonne conscience de la société rwandaise, Madame Idamange s’autorise à interpeller également les autorités rwandaises sur la fermeture irrespectueuse des lieux de cultes/liberté de religion et sur l’injustice criante résultant du totalitarisme de l’État qui prône le « capitalisme sauvage » où les plus puissants et des riches proches du pouvoir s’accaparent librement les terres des pauvres et démolissent leurs maisons au vue de tout le monde sans les avoir expropriés ou indemnisés.
Madame Idamange ne s’arrête pas là. Elle enfonce le clou et dénonce énergiquement des disparitions et exécutions sommaires des survivants tutsis. Elle critique et décrie également l’exploitation du «Génocide », des douleurs des rescapés et des sites mémoriaux à des fins politiques et économiques, etc.
Dans toutes ces vidéos, elle pointe du doigt et met en question l’attitude du gouvernement et des associations ayant dans leurs attributions la défense et le soutien moral et financier des rescapés. Elle part d’une série des cas bien connus pour montrer et dénoncer l’indifférence manifeste et total et le manque de compassion du gouvernement et de ces associations qui se disent défenseuses des rescapés. Le cas récent notoire est, par exemple, celui de la mort du célèbre chanteur Kizito Mihigo dont la police prétend dire qu’il se serait suicidé en prison alors qu’il était sous leur surveillance.
Le fait qu’aucun membre du gouvernement ou de ces associations n’ait participé à ses funérailles – pour manifester leur compassion aux rescapés et réconforter la famille endeuillée comme d’ailleurs la culture rwandaise l’exige – cela montre combien la peine des rescapés n’a aucun sens pour le gouvernement ni pour ces associations. En terme éthique ou morale, ils ont enfreint les impératifs sociaux, politiques et culturels dont ils devraient pourtant être gardiens. Et c’est sur ces points que Mme Idamange les interpelle et les accuse même de vouloir étouffer délibérément toutes les voix qui réclament une enquête indépendante sur la mort de ce chanteur et d’autres rescapés assassinés ou portés disparus.
Déchainée et furieuse mais consciencieuse de ce qui l’attend (la mort ou prison), elle monte au créneau pour accuser les autorités rwandaises d’être en connivence avec la Commission nationale de lutte contre le Génocide (CNLG) et IBUKA, associations de défense des rescapés, dans le détournement des fonds destinés aux rescapés.
En effet, Mme Idamange accuse le leadership rwandais et ces associations, non seulement d’immoralité mais aussi d’indifférentisme et immobilisme politique. Ainsi, va-t-elle même oser déclarer «la mort du président Kagame» et à interpeller les hauts gradés de l’armée – officiers généraux – à faire quelque chose pour secourir, voire donc libérer les Rwandais.
Mme Idamange ne s’arrête donc pas là. Elle va aussi critiquer la gestion des sites mémoriaux dans lesquels les restes des victimes sont exposés. Pour Madame Idamange – et d’ailleurs pour tout Rwandais qui se respecte –, cela est inadmissible. Car, non seulement cette attitude est irrespectueuse de la dignité de la personne humaine mais aussi de la culture rwandaise qui nous recommande vivement l’enterrement des morts et l’entretien de leurs sépultures.
Toutes ces doléances que Madame Idamange formule à l’État rwandais au nom du peuple, elle les consigne dans ses vidéos publiées sur YouTube « Idamange » depuis le 31 janvier 2021 jusqu’au 15 février 2021.
Dans sa dernière vidéo du 15/02/2021, elle invitait tous les rwandais à faire une marche pacifique qui aurait dû se dérouler mardi le 16 février 2021 – le jour de son arrestation – vers le palais présidentiel sis à Kacyiru-Kigali. Elle appelait également les rwandais résidant en dehors de la capitale Kigali à se rendre aux bureaux des autorités régionales les plus proches de leurs localités afin de manifester et faire entendre leurs voix. Les Rwandais de la diaspora, quant à eux, étaient conviés à manifester devant les ambassades du Rwanda.
En guise de réaction, le gouvernement rwandais a initié et organisé une campagne de lynchage à travers les réseaux sociaux et ses médias. Cette campagne était non seulement à l’encontre de Mme Idamange pour la faire taire mais aussi visait à faire peur et à démoraliser quiconque aurait l’intention de l’imiter.
Cette campagne haineuse proférée par le gouvernement rwandais devenait de plus en plus tenace et menaçante dès déjà les trois premières vidéos diffusées. La sécurité et la vie de Mme Idamange était donc en danger, avant même sa dernière vidéo qui a été le point culminant de son arrestation.
Elle était donc devenue la cible du gouvernement et traitée de tous les maux par les vuvuzela de ce régime sanguinaire: une fausse rescapée, une tutsi devenue pire qu’interahamwe, négationniste ou encore révisionniste du «Génocide», etc. Bref, une maman très respectueuse dans ses propos interpellant les autorités rwandaises à prêter l’oreille au cri du peuple qui a été malheureusement vilipendée et mise au banc d’infamies.
En l’espace de deux semaines seulement, Mme Idamange était devenue la nouvelle bête noire du régime mais aussi, du côté de l’opposition, une héroïne de la liberté d’expression. Dans ses six vidéos postées avant son arrestation le 16 février, elle accuse sans aucun détour son gouvernement de profiter du coronavirus pour cadenasser davantage les espaces de liberté d’expression et vouloir faire mourir les pauvres de faim.
Saluée par la communauté rwandaise dans l’ensemble et l’opposition, en particulier, tant de l’intérieure que de l’extérieure, elle a été immédiatement vilipendée par les acolytes et adhérents fervents du système et ses services, dont notamment la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG), l’association des rescapés tutsis IBUKA qui ont vite appelé à son assassinat ou arrestation. Ces vuvuzela du régime sanguinaire au pouvoir et leurs alliées l’accusent de minimiser le génocide. Un crime impardonnable au Rwanda. Ils sont allés trop loin même jusque à la traiter de « fausse » rescapée, pour dire qu’elle n’est réellement pas de l’ethnie tutsi.
Dans un pays où la liberté d’expression est quasi inexistante, voire donc très limitée, notre youtubeuse devenue controversée sur les réseaux sociaux, assurait déjà – avant qu’elle soit arrêtée à son domicile – qu’elle ne pouvait rester silencieuse alors que ses compatriotes souffrent et meurent de faim.
Quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité, elle, prend l’escalier !
Eh bien, il est maintenant vrai et vérifiable que « Le mensonge donne toujours des fleurs mais jamais des fruits». C’est ce que croit, en tout cas, Joseph Matata, coordinateur du Centre de Lutte contre l’injustice et l’impunité au Rwanda (CLIIR). Ce marathonien rwandais des droits de l’homme appelle depuis longtemps les Rwandais, en particulier les rescapés Tutsi, a ‘‘refuser l’inacceptable’’ : être une caisse de résonance du système sanguinaire dans sa propagande haineuse et sa politique mensongère. Un vibrant appel qui a trouvé un bon accueil chez Mme Idamange et d’autres rescapés. Une heureuse nouvelle de ce marathonien rwandais des droits de l’homme qui ne transige jamais avec ce régime et appelle de tous ses vœux à le démystifier, à le combattre, à lutter et à déconstruire sa culture du mensonge imposée depuis 1994.
Ce défenseur infatigable des droits de l’homme dénonce depuis déjà plusieurs années, – sans être écouté – l’instrumentalisation des rescapés Tutsi et des Hutu cadres et ordinaires. Beaucoup d’entre eux sont devenus ces derniers temps des agents féroces de la propagande mensongère du FPR et praticiens de la mise en œuvre de sa politique répressive. C’est ce que ce marathonien des droits de l’homme appelle un «réseau de délateurs» pour le régime militaro-dictatorial. Lire et écouter l’intégrité de son interview exclusive publiée dans notre édition du 22/11/2018 : ”Le mensonge est le biberon des Rwandais”, Joseph Matata.
Le rêve de ce défenseur des droits de l’homme commence aujourd’hui à prendre sens et être non seulement le rêve d’un seul homme mais plutôt de tous les Rwandais. Car, effectivement, comme le dit Elder Camara «lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité». Une pure et simple vérité proche de celle-ci qui dit que «le mensonge prend toujours l’ascenseur et n’arrive nulle part, alors que la vérité, elle, elle prend l’escalier et arrive jusqu’au bout»!
Et c’est ce qui est en train de se réaliser au Rwanda où le Front patriotique rwandais au pouvoir depuis 1994 a pensé que son mensonge restera toujours le biberon des Rwandais, pour emprunter l’expression de Joseph Matata, et que alors maintenant beaucoup commencent à le démasquer et le défier dans sa politique de capitalisation du «Génocide».
«Génocide», un fonds de commerce qui n’a plus aujourd’hui de client !
Refuser d’être instrumentalisé. Depuis 1994 jusqu’à ce jour, le «Génocide contre les tutsis» était devenu un fonds de commerce. Une recette exclusive du FPR largement vendue, durant ces 26 ans, en Occident et dans quelques peu de pays africains. Une recette qui, jusqu’à ce jour, n’avait manifestement pas encore séduit le monde oriental. Une recette aujourd’hui qui peine à tenir ses résistances malgré son brevet hautement protégé.
L’entrée fracassante d’une jeune femme, Yvonne Iryamugwiza Idamange, sur la scène publique a encore démasqué et mis à nu la politique du Front patriotique rwandais (FPR) du mensonge sur le «Génocide rwandais». Les langues, surtout celles des rescapés tutsis de l’intérieur, commence à se délier petit à petit. Une prise de conscience de l’exploitation politico-politicienne démesurée du «Génocide contre leurs congénères tutsi». La politique du FPR s’écroule petit à petit et au grand jour.
La défense de la cause des tutsi qui a été, pour le FPR, un excellent tremplin – un motif justifié aux yeux des grandes puissances occidentales – pour accéder au pouvoir avec les kalachnikovs n’a plus aujourd’hui de crédits.
Ce mythe n’a pour le moment aucun fondement aux yeux des tutsi qui, depuis 26 ans, ont été politiquement utilisés pour miroiter la bonne image du FPR au monde. Ils ne veulent plus continuer d’être le bouclier du pouvoir autocratique et sanguinaire de Kigali. Une prise de conscience un peu tardive mais quand-même très fructueuse pour le changement. Une révolution en marche où l’indignation des plus jeunes, surtout, surfe sur la face. Une révolution sociale et politique en ébullition. Une urgence mais aussi une chance pour le FPR à accepter d’ouvrir des espaces politiques et négocier avec ses détracteurs pour éviter un bain de sang au Rwanda.
Le pouvoir n’en a donc plus d’autres choix que d’accepter le débat sur tous les aspects et dans tous les domaines de la vie sociale des Rwandais, y compris même sur le «génocide» aujourd’hui devenu sa «chasse gardée». Le FPR va-t-il vraiment se remettre à ouvrir les espaces d’expression et accepter les négociations? La question reste toujours posée et ouverte ?
Barashaka ko ababo basyingurwa mu cyubahiro aho gukoreshwa mu kwinjiriza Paul Kagame amafaranga yo kurya. Birababaje cyane kubona Kagame n’agatsiko ke bajya mu masoko guhaha ari uko amagufwa y’abanyarwanda ari mu nzibutso yabinjirije akayabo k’amafaranga.
Idamange Iryamugwiza Yvonne yakomye rutenderi ubwo yabwiraga Paul Kagame ngo ni akure ibisigazwa by’ababo mu nzibutso, ave ku izima yemere ko bishyingurwa mu cyubahiro, hanyuma ashyire mu tubati two mu nzibutso ibikoresho byakoreshejwe mu kubavutsa ubuzima.
Umucikacumu Madamu Idamange Yvonne Iryamugwiza kuba yarabwiye Paul Kagame amafuti n’ubugome bikomeje gukorerwa abaguye muri jenoside n’abayirokotse byamuviriyemo gufugwa no gushinjwa gupfobya jenoside.
Amagufwa/ Ibisigazwa by’abishwe muri jenoside biri kwisoko mu nzibutso za jenoside ni gato ishyushye (Hot Cake) ya Paul Kagame, umunyarwanda wese usabye ko bishyingurwa mu cyubahiro aba ashaka kwubika imbehe Paul Kagame ariraho, aba anakojeje agati mu ntozi kuko umujinya w’umuranduranzuzi wa Paul Kagame urabyuka kuko aba abona ko ari ugushaka kumena igisabo akuramo amata yo agotomera.
Abanyarwanda bose bagomba kuba ba Idamange bagategeka Paul Kagame gushyingura mu cyubahiro Ibisigazwa/amagufwa by’abacu bishwe muri jenoside.
Paul Kagame agomba kurekeraho gutungwa n’amafaranga akura mu Ibisigazwa/amagufwa y’abacu ari ku isoko mu nzibutso za jenosise.
Ese ko Paul Kagame yapfushije se na nyina, kuki imibiri yabo yayishyinguye mu cyubahiro aho kuyishira ku isoko mu nzibutso? Kuki yumva imibiri y’ababyeyi be ariyo igomba gushyingurwa mu cyubahiro hanyuma iyabandi banyarwanda ikandarikwa, igasuzugurwa, igashyirwa kw’isoko nk’igicuruzwa cyimwinjiriza akayabo k’amafaranga?
Paul Kagame agomba guhita ufungura Umucikacumu Ndabaga Idamange Yvonne Iryamugwiza.
Le Canada devrait prendre des sanctions contre des officiels du régime de Kigali.
Des ressortissants rwandais vivant au Canada font pression sur le gouvernement canadien afin qu’il adopte des mesures immédiates contre des officiels rwandais accusés d’être responsables de violations massives des droits de la personne qui sévissent dans ce pays. L’initiative vient du Congrès rwandais du Canada qui a adressé cette semaine une lettre au ministre des affaires étrangères, l’Honorable arc Garneau, lui demandant d’exercer un leadership à l’échelle internationale pour que des sanctions sévères soient prises à l’encontre des principaux chefs militaires et responsables politiques du régime rwandais réputés avoir joué un rôle dans les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les détentions arbitraires et plusieurs morts en détention. Sont souvent cités, entre autres, le général James Kabarebe (conseiller de Paul Kagame), le Colonel Jeannot Ruhunga (Secrétaire général du Bureau d’investigation du Rwanda), Dan Munyuza (inspecteur général de la police rwandaise), le Général Joseph Nzabamwita (chef du service de renseignements), Jean-Damascène Bizimana (Président de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide) et Johnson Busingye (ministre de la justice).
L’arrestation cette semaine de madame Yvonne Idamange, une jeune mère de quatre enfants, très critique du pouvoir de Kagame ainsi que la disparition préoccupante d’un jeune prodige et poète rwandais ont constitué l’élément déclencheur de la démarche du Congrès rwandais du Canada. Les deux événements ont lieu au moment où l’on commémore à travers le monde le premier anniversaire du meurtre du chanteur Kizito Mihigo (assassiné dans sa cellule le 17 février 2020). Tout cela arrive également au moment où s’ouvre le procès de Paul Rusesabagina. Rendu célèbre par le film « Hôtel Rwanda » et opposant au régime de Kagame, Paul Rusesabagina a été kidnappé par les autorités rwandaises qui l’accusent d’actes de terrorisme. Le Parlement européen vient de voter une résolution condamnant cette arrestation illégale et demandant une enquête internationale du cas Rusesabagina.
En janvier dernier, lors de l’Examen périodique universel qui s’est tenu au Conseil des droits de l’homme à Genève, plusieurs pays ont pointé du doigt le bilan catastrophique du Rwanda en matière des droits de la personne. Et plus récemment encore, l’ONG Freedom House a révélé comment le pouvoir rwandais est devenu l’un principaux acteurs de la répression des opposants non seulement à l’intérieur mais aussi à l’étranger, y compris au Canada. Tous ces faits nous amènent à exprimer nos très vives préoccupations quant à la situation actuelle des droits de la personne et à l’avenir particulièrement sombre du pays. Si rien n’est fait, le Rwanda se dirige inévitablement vers une autre hécatombe. Le Congrès rwandais du Canada est convaincu que le Canada peut et doit intervenir pour changer la trajectoire prise par un régime qui s’enlise dans la dictature.
SOURCE Congrès Rwandais du Canada (CRC)
Renseignements: Pierre-Claver Nkinamubanzi, Ph.D., Président, Congrès rwandais du Canada
Aimée Bamukunde brandissant une pancarte à l’effigie d’Idamange devant le palais des Nations à Genève
Ce mardi 16 février 2021, à 13 heures, plusieurs centaines de rwandais ont spontanément manifesté dans plusieurs villes européennes afin de demander la libération d’Yvonne Idamange et demander que les droits fondamentaux des citoyens rwandais au pays ou en exil cessent d’être bafoués.
Des mobilisations ont simultanément eu lieu à Bruxelles, Paris, La Haye, Genève, Lyon et d’autres actions sont envisagées dans les prochains jours à Montréal, Stockholm, Paris ou encore à Genève une nouvelle fois.
Cette mobilisation de la communauté rwandaise en exil fait suite à l’arrestation d’Yvonne Iryamugwiza Idamange pour une vidéo qu’elle a publiée ce lundi 15 février 2021 sur sa chaine YouTube et qui a déjà été vue plus de 130’000 fois en l’espace de quatre jours seulement.
Dans cette vidéo, Yvonne Idamange exprime son ras le bol de voir des jeunes talents rwandais emprisonnés, victimes de disparitions forcées ou tués « sur une base quotidienne », et cite entre autres noms, celui de Kizito Mihigo, assassiné le 17 février 2020, celui du journaliste Cyuma Hassan Dieudonné, emprisonné pour « non respect des mesures de confinement » depuis avril 2020 ainsi que celui du jeune poète Mussa Innocent Bahati porté disparu depuis le 7 février 2021.https://www.youtube.com/embed/wUf1OrNKcTA?start=1&feature=oembed
Dans son message, cette maman de quatre enfants a appelé les rwandais à se rendre à la présidence munis d’une bible pour « réclamer la démocratie au Rwanda» et la fin des abus graves des droits de l’Homme qui continuent à être régulièrement commis dans le pays.
Dans un langage très virulent à l’encontre du pouvoir en place, ou elle est allée jusqu’à qualifier le général Kagame de « cadavre » en écho à une rumeur persistante depuis plusieurs mois dans certains milieux rwandais selon laquelle Paul kagame serait décédé, l’activiste a évoqué un impérieux « besoin de changement » dans la gouvernance du pays et a appelé à plusieurs reprises dans sa vidéo, à une « révolution pacifique », à laquelle elle a appelé les « rwandais de l’extérieur » à se joindre « si vous restez les bras croisés, Dieu vous demandera des comptes ».
« Tu vaste taire, si tu ne te tais pas, ils vont te tuer, les gens parleront de ta mort une semaine et après ce sera fini »
Dans la même vidéo, Yvonne Idamange explique avoir reçu quelques jours plus tôt la visite du secrétaire d’État Edouard Bamporiki, qui lui aurait proposée, au nom de l’Etat rwandais d’acheter son silence. Madame Idamange dit avoir en sapossession l’enregistrement de cette conversation dans laquelle le Ministre luidemande ce que l’Etat rwandais pourrait lui offrir en échange de son silence. Une proposition à laquelle elle a opposé une fin de non recevoir « Je lui ai répondu que si c’était nécessaire, je suis prête à mourir pour les enfants du Rwanda car je ne peux pas accepter de me vendre et me taire sur le sang des rwandais (…) il m’a dit, tu vas te taire, et si tu ne te tais pas, ils vont te tuer, les gens parleront de ta mort une semaine et ce sera fini ».
Sur twitter le principal intéressé a par la suite confirmé cet entretien en ces termes « c’était ma responsabilité en tant qu’avocat et ami de la famille de lui rappeler les crimes et leurs sanctions dans la loi. Je suis fier de l’avoir fait. Sinon le temps que j’ai passé à l’école de droit aurait été vain. Nous nous connaissons depuis 2003. »https://platform.twitter.com/embed/Tweet.html?creatorScreenName=Jambonewsnet&dnt=true&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1361434237501665283&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.jambonews.net%2Factualites%2F20210219-bruxelles-paris-geneve-la-haye-lyon-les-rwandais-expriment-leur-ras-le-bol%2F&siteScreenName=Jambonewsnet&theme=light&widgetsVersion=889aa01%3A1612811843556&width=500px
Quelques heures à peine après la publication de cette vidéo, la police rwandaise annonçait son arrestation « pour de sérieux crimes comprenant « l’incitation à l’ordre public, la rébellion contre une arrestation légale et une attaque grave contre un membre des forces de sécurité », la police l’accusant d’avoir blessé l’un des policiers venu l’arrêter à la tête avec une bouteille.
Beaucoup de rwandais ont mis sur leurs profils de réseaux sociaux la photo d’Yvonne Idamange avec comme message « ne la tuez pas, écoutez la »
Dès l’annonce de son arrestation, les réseaux sociaux rwandais se sont enflammés, plusieurs milliers de rwandais diffusant sa photo ou la mettant comme photo de profil avec souvent un même message « ne tuez pas Idamange, écoutez là ». Le lendemain, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Bruxelles, Paris, Genève, la Haye ou Lyon pour demander la libération immédiate de la jeune femme ainsi que le respect des droits de l’Homme au Rwanda.
À Bruxelles beaucoup de manifestants avaient une bible dans une main, une photo d’Yvonne Idamange dans l’autre
A Bruxelles, environ 200 manifestants selon les organisateurs, 150 selon la police se sont rassemblés devant l’ambassade du Rwanda, pour la plupart munis d’une bible dans une main (à la demande d’Idamange) et d’une photo d’Yvonne Idamange dans l’autre.
Dans leurs slogans, les manifestants ont à plusieurs reprises exprimé leur ras le bol de voir les droits des rwandais être continuellement bafoués sans aucune réaction nationale ou internationale. « Turarambiwe, Turarambiwe, Turarambiwe » (nous en avons assez) ont ainsi scandé les manifestants qui répétaient en boucle les noms de jeunes rwandais assassinés par le régime ou portés disparus à l’instar de Mussa Innocent Bahati, le dernier nom en date à s’être ajouté sur cette trop longue liste de personnes portées disparues au Rwanda.https://www.youtube.com/embed/w9_pYNXmFYw?start=588&feature=oembed
A d’autres reprises les manifestants ont scandé le mot « révolution » en écho à l’appel d’Idamange d’avoir une « révolution pacifique » au Rwanda. Ils exigeaient la libération de Yvonne Idamange ainsi que des autres prisonniers politiques au Rwanda. A la veille de la commémoration de l’anniversaire de l’assassinat de Kizito Mihigo, les manifestants ont terminé leur événement dans le recueillement, en entonnant un couplet de la chanson Igisobanuro cy’urupfu, celle-là même qui qui fut à l’origine du long chemin de croix de l’artiste chrétien.
« Je me suis levée pour ceux au Rwanda qui ne peuvent pas le faire »
Ganishya Runyinya, une des participantes à la manifestation à Bruxelles explique avoir voulu manifester car elle a été frappée par le fait de voir “une mère célibataire de quatre enfants qui a l’air d’avoir tout, qui semble faire partie de la classe privilégiée du Rwanda se lever et laisser de côté son privilège pour parler au nom de tous les rwandais en étant consciente des risques qu’elle encourt. »
Le fait que Yvonne Idamange, s’est montrée prête à tout sacrifier y compris sa vie pour s’exprimer, ajoute Ganishya Runyinya, « montre que les rwandais en sont arrivés à un point de non retour. Son action de refuser de vivre dans son confort en gardant les yeux fermés sur la détresse de la population rwandaise me fait penser à la phrase prononcé par Kizito Mihigo dans l’une des dernières vidéos qu’il a enregistrées avant son assassinat dans laquelle il explique qu’il préfère mal vivre, vivre difficilement, mais en étant libre intérieurement que de faire ce qu’ils veulent, mais en étant vraiment enchainé, sans être lui-même. » https://player.vimeo.com/video/512280075?dnt=1&app_id=122963
C’est ce « sacrifice de soi » qu’Idamange a fait pour les rwandais, continue Ganishya, « qui m’a poussé à ne pas rester les bras croisés. Je sais très bien qu’au Rwanda personne n’allait aller à la présidence comme elle l’avait demandé et ce en raison du climat de peur qui y règne, mais moi je n’ai aucune raison d’avoir peur. La ou je vis, j’ai la possibilité de faire le geste que ceux au Rwanda ne peuvent pas faire en raison des craintes pour leur vies. Je me suis levée pour ceux qui ne peuvent pas le faire. »
À Paris , les manifestants se sont rassemblés au Parc de Monceau
A Paris, les manifestants se sont rassemblés aux alentours de 12h au Parc de Monceau à proximité de l’ambassade du Rwanda. Vers 13h, une délégation, de quatre personnes ont approché pour déposer leur message dans les boutes de l’ambassade. Les autres devant rester en retrait en raison des mesures de confinement imposées en France.
Marie Jeanne Rutayisire, une des manifestantes explique s’être mobilisée « afin de contester les injustices qui se passent eu Rwanda, et soutenir Idamange qui réclame les droits pour tous les rwandais. »
« Le courage d’Idamange m’a émue et inspirée »
A Genève, des personnes venant de différents cantons, se sont rencontrés à la place de la Nation devant le palais des Nations Unies à 13 h avec des photos d’Idamange, des photos d’autres prisonniers, ainsi que celles de personnes victimes de disparitions forcées. Une délégation s’est ensuite rendue devant l’ambassade du Rwanda avant de revenir à nouveau place des Nations.
Aimée Bamukunde, dont la photo d’elle brandissant une pancarte à l’effigie d’Idamange en face du palais des Nations est vite devenue virale, explique s’être mobilisée car « en tant que rwandaise », elle se sent concernée par ce qui se passe à l’intérieur du pays et par tous les problèmes qu’Idamange a cités. « On peut ne pas être d’accord avec tout ce qu’elle a dit mais son courage m’a émue et inspirée encore plus. Idamange aurait pu être ma grande sœur, ma cousine, ma voisine, c’est cette force d’une maman de quatre enfants qui met de coté sa propre vie et qui parle pour tout son peuple qui m’a poussée à me mobiliser pour elle. C’est cela que je recherche et qui m’inspire, ces femmes qui osent dire tout haut ce que le gens pensent mais n’osent pas dire. »
Au delà du courage d’Idamange, c’est la forme et le contenu du discours de la jeune femme qui semble avoir marqué Aimée Bamukunde « elle était méthodique, organisée, et parlait dans un langage clair. Elle parlait des problèmes que les rwandais vivent. Bien qu’elle ne soit pas elle –même dans le besoin, elle parlait pour les plus démunis. Elle a parlé pour tous les rwandais non seulement ceux à l’intérieur mais aussi ceux à l’extérieur du pays et c’est cela qui m’a frappé.
La jeune femme explique avoir été séduite par le caractère « inclusif » du discours d’Yvonne Idamange « personnellement ma cause, ce sont les enfants rwandais dans les camps de réfugiés à l’extérieur du pays qu’on a tendance à oublier. Quand elle s’adresse à « chaque rwandais ou qu’il soit », aucun enfant du Rwanda n’est exclu, c’est son discours inclusif qui m’a séduite. Des gens ayant vu ma photo circuler me disent merci de faire ceci, moi j’ai plutôt envie de dire merci à elle, merci à toutes ces mamans qui font en sorte que les choses changent, c’est une héroïne. »
« Je me suis reconnue en elle »
À La Haye, les manifestants se sont rassemblés à « Plein » devant le parlement néerlandais brandissant des photos d’Idamange.
A La Haye, les manifestants se sont rassemblés à « Plein » devant le parlement néerlandais brandissant des photos d’Idamange.
Gloria Uwishema, une des manifestantes explique s’être mobilisée car d’une part elle s’indignait de voir une rwandaise persécutée pour sa liberté d’expression «il n’y avait pas de raisons de la persécuter. Son cas montre justement qu’il y’a un grand manque d’espace d’expression au Rwanda ». D’autre part, Gloria Uwishema explique s’être mobilisée en tant que femme, afin de soutenir une femme de sa génération, ayant des enfants comme elle et « qui est parvenue à dire les problèmes des rwandais. Idamange n’arrive pas à s’imaginer le Rwanda de demain, pour elle mais surtout pour ses enfants, elle s’inquiète de l’avenir et du chemin que notre pays est entrain d’emprunter. Je me suis beaucoup reconnue en elle. »
Dans la foulée de la manifestation, Prosper Shima, jeune rwandais habitant également aux Pays-Bas et qui organisait le rassemblement, ne s’est pas arrêté à ce rassemblement et envoie depuis lors des courriers signés par près d’une centaine des personnes aux différents pays partenaires du Rwanda « nous avons déjà écrit à différentes ambassades qui se trouvent au Rwanda, à la Mission européenne à Kigali, à l’ambassade des Etats-Unis, à l’ambassade des Pays-Bas en leur demandant d’exhorter les autorités rwandaises à respecter les droits fondamentaux des rwandais ainsi que le droit à la liberté d’expression de Madame Idamange. »
« On en a marre, on veut soutenir les rwandais qui souffrent de ce système qui les écrase dans tous les sens »
À Lyon, les manifestants se sont rassemblés place Bellecour
A Lyon, les manifestants se sont rassemblés sur la place Bellecour à 13h tapante pour «pour dénoncer la violation des droits humains et soutenir la démocratie au Rwanda ». Vu le court délai, certains ayant été prévenus le matin même, les manifestants se sont retrouvés sans affiches d’Idamange mais avec une bible comme elle l’avait demandé.
Léon Ruhungira qui fut parmi les personnes qui se sont mobilisées, explique l’avoir fait pour « soutenir la liberté de parole au Rwanda et manifester contre l’injustice qui frappe les rwandais. On en a marre, on veut soutenir les rwandais qui, au pays, en ont marre et osent parler. On veut soutenir les rwandais qui souffrent de ce système qui les écrase dans tous les sens. Il est temps que ça change. »
« On ne va pas s’arrêter tant que la situation ne change pas »
Quatre jours après l’arrestation de la Youtubeuse, l’émotion reste vive au sein de la communauté rwandaise et la mobilisation autour de son cas ne montre aucun signe d’essoufflement.
Dans les foras rwandais, malgré l’actualité particulièrement chargée des derniers jours, Yvonne Idamange continue à être le principal sujet de discussions et plusieurs émissions YouTube continuent à lui être consacrées quotidiennement.
La mobilisation ne faiblit pas et des nouvelles manifestations sont annoncées ce week-end, à Paris, Genève, Stockolm et même au Canada. Une grande « manifestation virtuelle » est également annoncée pour le 28 février.
Diane Gasana, jeune rwandaise vivant en Suisse et qui est parmi les organisateurs de la manifestation de samedi à Genève explique vouloir à nouveau se mobiliser car « ça va trop loin. On a été touchés par l’arrestation d’une mère célibataire. Tout ce qu’elle a fait c’est dénoncer les défaillances du système. Pour nous, s’exprimer n’est pas un crime. »
Mardidernier, elle faisait partie des manifestants qui se sont rendus devant le Palais des Nations à Genève ainsi qu’à l’ambassade du Rwanda « Ce qui m’a choquée est que quand nous sommes arrivés à l’ambassade, ils nous ont regardé par la fenêtre et aucun d’eux n’a daigné venir écouter nos revendications. Pourtant nous n’étions ni nombreux, ni menaçants, on a ressenti cela comme un mépris. On ne va pas s’arrêter jusqu’à ce que l’Etat nous entende ou que la situation au Rwanda change ».
A côté de ces gestes de soutien, une récolte de Fonds a été lancée afin d’aider Yvonne Idamange pour ses frais judiciaires et soutenir ses quatre enfants. En seulement quatre jours, la cagnotte atteint déjà près de 20 000 dollars et les dons continuent à affluer.
Ku muvandimwe Kizito Mihigo, uraho neza? Kuri uyu munsi umaze umwaka utuvuyemo, nifuje kukugezaho amakuru y’ino, dore ko hahindutse byinshi cyane.
Burya rero abagome baze kukwambura ubuzima, havutse abandi ba Kizito benshi. N’ubu abagome baricuza icyo baguhoye. Wagiye utamenye umutegarugori witwa Idamange ! Ubu ni we watesheje umutwe agatsiko. Avuga ukuri kose ntacyo ahishe, ku buryo bushimishije. Sinzi niba wibuka wa musore witwa Cyuma Hassan. Na we ubu arafunzwe azira ko yavuze ko yabonye ibikomere ku mubiri wawe. Baratekinitse, babeshya ko ngo hari ibindi byaha yakoze ariko ntibifata. Uzi na wa mugore wo muri RIB? Yitwa Umuhoza Marie Michelle. Ni we wabeshye ko ngo wiyahuje ishuka. Ariko ubu yasohotse mu Rwanda, yihishe mu nsi y’igitanda muri Canada atinya ko abakunzi bawe bamubona bakamubaza impamvu yabeshyeye umuziranenge.
Eh! Nari nibagiwe kuguha andi makuru rero. Burya umaze kwigendera, Ines Mpambara, wa wundi wakubwiraga ngo indirimbo yawe yarakaje Kagame, abantu bamuvugirije induru, agatsiko kagira isoni kamushyira muri Primature mu biro bya Ministre w’intebe. Hanyuma rero, sha , burya ya ndwara ya Covid-19 wasize itangiye, yafashe intera ndende. Batubujije gusohoka mu ngo ariko twizera ko bizacogora. Ahubwo we, wari uzi ko Kagame twamubuze? Abantu benshi bemeza ko ngo yaba yarapfuye. Padiri Thomas mucuti wawe ni we watangiye kubivuga, abantu benshi baramupinga, ariko aho Idamange avugiye ko ari byo , byahinduye isura. Nahise nibuka kwa kundi wabivuze mu gitabo cyawe, aho uvuga ko bamujyanye mu bitaro arembye cyane! Sha wari wabibonye pe. Ese ubwo uzi ukuntu abanyarwanda tukwemera? Yego ko! Ntiwabyumva nyine. Uribuka wa mugabo Rusesabagina? Burya baje kumushimuta bamutwara mu ndege bamugeza i Kigali. Cyakora abazungu barahagurutse, ku buryo bashobora kumufunguza. Ariko na we urabizi nyine uko Inkotanyi zikora, zabanje kwihagararaho. Ubu urubanza rwe ruri kubera ku mugaragaro ku buryo buri wese ushaka arukurikira kuri YouTube. Ese aho mugira internet? Rwose nazakoherereza link ukabikurikira. Maze rero, nakubwiye amakuru nibagirwa kukubwira ko Ange Kagame yabyaye umwana w’umukobwa. Bamporiki na we ari ku mwanya wa kane mu bantu banzwe cyane mu Rwanda. Uti gute rero? Nyine, aho wa mudamu nakubwiraga, Idamange ahagurukiye akavugira abaturage, yarakunzwe cyane. Ariko abantu bashatse kumurwanya bahise bangwa na rubanda. Nimero ya mbere ni wa mugabo wakataga igihingwa cya kawa akaza kwigira umushakashatsi. Wamumenye? Umuntu uvuga ngo ni umushakashatsi ariko ukaba utamubaza amashuri yize ngo ayakubwire? Ni Tom Ndahiro yewe! Tom Ndahiro, urabizi ko nawe yakumereye nabi. Uwa kabiri rero ni wa mugore wa Taransiparensi, Ngabire makulata, uwa gatatu akaba undi mugore uba mu Bubiligi, nibagiwe izina rye,… ritangirwa na Muka. Ibindi simbyibuka ariko rijya kwitiranwa n’agasamuzuri!
Uwa kane rero ni Bamporiki, ngo ni we batumye gutera ubwoba Idamange. Yewe ni birefu nyine. Sha ngaho rero, nakubwiye byinshi. Na we uzashake ukuntu watugezaho amakuru yawe. Ese nta posita mugira? Mugomba kuba nta koranabuhanga pe. Gusa nyine turagukumbuye cyane. Ngaho rero ukomeze ubane n’Imana.