Tag Archives: justice

Rwanda : Le recyclage de l’usage de listes par CNLG. C’est du déjà vu.

Sur son site web, Rwanda Broadcasting Agency (RBA) a sorti une liste d’une trentaine de médecins de l’Hôpital universitaire de Butare censés avoir participé dans le génocide rwandais de 1994. Cette liste est un recyclage d’une vieille liste sortie par une certaine Rakiya Omaar d’Africa Rights et qui était payée par le gouvernement rwandais pour fabriquer ces accusations. Les compromissions entre Rakiya Omaar et le FPR furent découvertes et étalés au grand public. Prise de honte, elle qui se disait militer pour les droits de l’homme, Rakiya Omaar disparut dans la nature. Que Jean Damascène Bizimana  du CNLG (Commission nationale de lutte contre le génocide) sorte de nouveau la liste, c’est de bonne guerre mais ça ne convainc personne. C’est plutôt la loi du moindre effort et une façon ostentatoire de montrer qu’il travaille et que le budget colossal alloué au  Centre qu’il préside se justifie.

Une petite historique de l’usage de listes montre que le FPR (Front patriotique rwandais, parti au pouvoir au Rwanda) y fait régulièrement recours pour traquer ses opposants politiques ou ceux dont il soupçonne de n’être pas d’accord avec sa politique. Il a donc imaginé ce raccourci de listes de « génocidaires ». C’est une arme politique redoutable et qui a été utilisée avec succès par l’UNAR (Union Nationale Rwandaise) ancêtre du FPR.

L’usage de listes à des fins criminelles date de novembre 1959. Cette année, des extrémistes du parti UNAR (Union Nationale Rwandaise, ancêtre du FPR) y ont eu recours pour désigner les Hutu à abattre. Ceux qui avaient commencé à manifester leur ras-le-bol avec le système féodal en vigueur furent listés et qualifiés d’« abaporosoma », membres du parti APROSOMA (Association pour la Promotion Sociale de la Masse) de Joseph Habyarimana Gitera (Temps Nouveaux, 1/11/1959). Il est vrai que bon nombre des ces avant-gardistes étaient des leaders de ce parti. Ils furent pourchassés et assassinés atrocement.

Le système de listes ayant fait ses preuves, il fut adopté par le FPR durant la préparation de la guerre. Ainsi, parallèlement aux attaques qu’il menait, le FPR élaborait des listes des personnes à abattre. Déjà en mars 1993, en pleine négociation d’Arusha, il avait fourni une liste des autorités administratives et politiques à relever de leurs fonctions. La plupart ont été assassinées. Après la descente de l’avion du Président Habyarimana, tout au début du mois d’avril 1994, le FPR envoya à bon nombre de pays et de chancelleries ce qu’il appela la « CDR list », contenant selon lui les noms de ceux qui étaient impliqués dans des massacres. La liste comprend même des personnes inexistantes ou qui ne vivaient pas au pays depuis de longues années.

Après sa prise de pouvoir en 1994, le FPR officialisa le système de listes. En 1995, un projet de loi révisant le code pénal pour y introduire le crime de génocide fut préparé par feu Alphonse Marie Nkubito, alors ministre de la justice. Parallèlement, un autre projet fut initié par les services du FPR. Ils proposaient la mise sur liste des suspects du génocide, leur catégorisation et le principe de plaidoyer de culpabilité. Pour donner une force à son projet et enterrer celui du ministère de la justice, le FPR organisa à Kigali un symposium international en décembre 1995 dont les recommandations allaient dans le sens de son projet de loi. Après l’éviction de Nkubito, sa remplaçante, Marthe Mukamurenzi, endossa le projet mais au moment d’aller le défendre au Parlement, elle fut remplacée par Charles Muligande, alors Ministre des Transports et Secrétaire Général du FPR.

Sitôt arrivé à Kigali, le FPR lança une liste de 428 personnes. Elle fut revue et enrichie jusqu’à 1946 personnes et publiée au Journal Officiel la République Rwandaise comme «  Liste n°1 de la première catégorie prescrite par la loi organique n°8/96 du 30/08/1996 ».

La liste du 30/08/1996, comme par ailleurs toutes les précédentes, condamne avant même de juger et pêche contre le principe de la présomption d’innocence. Elle a fait des ravages en particulier dans l’intelligentsia hutu. Pourtant, les critiques qui lui sont faites lui ôte pratiquement toute sa valeur.

En effet, on y retrouve par exemple des personnes mortes avant 1990 et d’autres mortes avant 1994. Parmi celles-ci se retrouvent même des victimes du FPR d’avril 1994 dont notamment Théoneste Mujyanama assassiné par le FPR à Kigali, ancien ministre de la justice; Sylvestre Baliyanga, ancien Préfet de Kibuye et de Ruhengeri, assassiné par le FPR avec sa famille chez lui à Remera, à Kigali; Jean Hategekimana, ancien Président du Tribunal de Première Instance de Kigali et sa famille assassinés par le FPR à Kigali.

La liste contient aussi par des fautes de forme inexcusables dans une matière aussi grave. A certains endroits, la numérotation manque ou les numéros sont repris deux fois. L’identification des personnes est incomplète vu qu’elle ne fait mention, dans la plupart des cas, que des noms et prénoms sans autres coordonnées. Certaines personnes sont même identifiées uniquement par leurs prénoms. A certains numéros, on retrouve les mêmes personnes mais identifiées avec des données différentes.

Appelé à s’expliquer par une certaine opinion nationale choquée par la grossièreté des erreurs de la liste qui dépassaient tout entendement, le Procureur Général Siméon Rwagasore, signataire de la liste, a été obligé d’avouer, dans une interview au journal Intego (n° 25, décembre II, 1996), que la liste n’avait pas la valeur qu’on voulait lui prêter. Pourtant au Rwanda, des centaines de personnes ont été arrêtées et emprisonnées par le fait même qu’elles figuraient sur la liste, malgré des discours officiels rassurants (Amiel Nkuliza, Le Partisan, n° 40, janvier 1997).

Fort heureusement, certains Etats démocratiques se sont aperçus du manque de sérieux de cette liste et ont accordé l’asile politique à certaines personnes qu’elle reprend. Pouvait-il en être autrement puisque même le pouvoir de Kigali a affecté aux hautes fonctions des personnalités figurant sur la liste.

La liste du 30/08/1996 a été actualisée le 31 décembre 1999. Elle contenait les mêmes erreurs que la précédente malgré un vernis qui ne pouvait tromper personne. Elle pêchait toujours contre la présomption d’innocence. Elle condamnait avant jugement.

La liste mentionnait même le nom de Juvénal Habyarimana. Pourtant le FPR est désigné par plusieurs sources comme le commanditaire de son assassinat.

Le 19 mars 2001 la liste fut portée à 2898 noms. 36 noms avaient disparu et 801 nouveaux noms y étaient apparus ; Pierre Célestin Rwigema qui a été chef du gouvernement du FPR pendant 5 ans y figurait en bonne place.

Au fil des années, le FPR n’a pas désarmé. Il a envoyé des agents de la DMI dans bon nombre de pays africains et européens. Ils avaient une couverture d’étudiants ou de diplomates ou se présentaient eux aussi comme des réfugiés.

Leur rôle était de recenser les réfugiés hutu se trouvant dans ces pays. A partir des informations qu’ils transmettaient régulièrement, une liste de 93 hutu vivant à l’étranger fut élaborée et transmise à bon nombre de pays ainsi qu’à INTERPOL.

Le système de listes fut utilisé dans les Tribunaux Gacaca. Un million de personnes furent recensées : des hommes et des femmes encore valides, des leaders d’opinion, des intellectuels (enseignants, agronomes, infirmiers,…). Le même travail fut fait à l’étranger et la liste arrêtée contenait plus de 40000 personnes.

Le système de listes a fait ses preuves. Le FPR y fait recours pour maintenir et consolider son pouvoir dictatorial et criminel, en tentant d’intimider quiconque est susceptible de porter un jugement sur sa gestion bananière du pouvoir.

Gaspard Musabyimana
23/5/2020

Arrestation de Félicien Kabuga. Historique d’un dossier judiciaire controversé

L’arrestation de Félicien Kabuga, le 16/5/2020 à Paris, a fait la Une de bon nombre de journaux du monde et la nouvelle est partagée abondamment sur les réseaux sociaux.

Mis en accusation il y a un quart de siècle, les charges qui pèsent sur Kabuga Félicien se sont peu à peu effondrés et le dossier judiciaire s’est dégonflé au vu des éléments nouveaux apparus au tout au long de ces 25 ans et qui permettent d’éclaircir certaines zones d’ombre du génocide rwandais.

Félicien Kabuga, un self-made-man devenu millionnaire

Né en 1932 en commune de Kiyombe, dans la préfecture de Byumba au Rwanda, M. Félicien Kabuga a débuté son commerce à l’âge de 18 ans, sans aucun capital et sans aucune formation. Il n’a fréquenté aucune école. Il a constitué son premier capital en vendant au marché local les corbeilles qu’il tissait lui-même. Ensuite, il s’est lancé dans le troc du sel  contre le café et les produits vivriers. En 1956 il a obtenu son registre de commerce et a ouvert un magasin de commerce des biens de première nécessité notamment les outils agricoles. En 1959 il s’est marié avec Josephine Mukazitoni (+). Jusqu’en 1973, il est resté dans le centre de négoce de Rushaki proche de la frontière rwando-ougandaise, ce qui lui permettait d’étendre sa clientèle aux Ougandais frontaliers.

Ce n’est qu’en 1973, après déjà vingt années d’activités, qu’il s’est installé dans la capitale Kigali où il venait d’achever la construction d’une maison à deux niveaux qui lui servait à la fois de résidence et de lieu de travail. Il a poursuivi ses activités commerciales en achetant, sur place, à des grossistes, des produits importés qu’il revendait au détail. Après avoir accumulé des fonds nécessaires et analysé le marché, il a décidé d’étendre son activité à l’importation. Il a commencé par la friperie (vêtements de seconde main) qu’il importait de Hollande (Simon Spayer), des Etats-Unis (Galaxy Ltd, United Ltd, Mara Ltd) et de Belgique (Mandere).

Au fur et à mesure de l’expansion de ses affaires, il a diversifié ses marchandises en important d’autres produits tels que des luminaires, des tôles, du lait en poudre, des appareils électroménagers, des outils agricoles, des produits alimentaires,…

Quelques années plus tard, il a investi dans d’autres secteurs tels que le transport, les plantations de thé, l’industrie, l’immobilier et les banques. Au 6 avril 1994, il possédait plusieurs biens et notamment:

– des dépôts de blé, de farine et de différentes marchandises de plusieurs millions de dollars
– une quarantaine de camions de transport international

– une plantation  de thé de plus de 350 hectares à Mulindi

– une minoterie d’une capacité de plus de 39.000 tonnes de blé par an dans la ville de Byumba

– plusieurs immeubles à Kigali dont un entrepôt de marchandises à Gikondo, des maisons d’habitation dans divers quartiers de la capitale et un complexe immobilier à Muhima qui devait comprendre un hôtel-restaurant, des bureaux, des espaces de location, un supermarché. L’immeuble était déjà équipé en bureaux, télévisions, lits etc.

Il détenait également des actions de plusieurs sociétés:

– la Banque Commerciale du Rwanda (BCR)

– la Banque Continentale Africaine du Rwanda (BACAR)

– la Rwandaise : Société rwando-européenne d’importation et d’entretien des véhicules de marque Mercedes, rebaptisée Akagera Motor par ceux qui se la sont appropriée

– la  Société de Transport International du Rwanda (STIR)

– la Radio-Télévision Libre des Mille Collines (RTLM).

Destruction, pillage et appropriation des biens meubles et immeubles de la famille Kabuga par le régime du FPR

A la reprise de la guerre, le 6 avril 1994, l’armée du Front Patriotique Rwandais (FPR) a démoli, à la dynamite, la résidence de la famille Kabuga qui était située dans le quartier de Remera. Après la prise du pouvoir par le FPR, ce dernier et son régime se sont livrés au pillage de ses biens et autres escroqueries. Il a vidé toutes les marchandises qui se trouvaient dans les entrepôts de Byumba, de Muhima et de Gikondo. Il a démonté les machines de la minoterie de Byumba et il les a vendues en Uganda après les avoir exploitées pendant au moins deux ans et après avoir épuisé les immenses stocks de blé évalués à 3.242.000 USD[1]. Finalement, l’Etat rwandais a décidé de vendre ce qui restait de la minoterie de Byumba à une entreprise kenyane Pembe Flours Mills Ltd.

Le reste des biens est exploité gratuitement par l’Eta rwandais et les dignitaires du FPR. Ainsi, les plantations de thé situées à Mulindi et à Nyange d’une superficie de plus de 350 hectares ainsi que les maisons d’habitation qui y sont construites sont exploitées pour le compte du ministère de la défense. Le complexe de Muhima de 120 chambres, 80 bureaux et d’autres locaux destinés à diverses activités commerciales et administratives abrite les services du FPR, du gouvernement et des institutions internationales. Ces dernières versent le loyer au FPR. Le  régime y loge aussi, gratuitement, des membres des dignitaires du FPR. A Remera et à Kimihurura, quartiers de la capitale, les maisons résidentielles de la famille sont occupées par des protégés du régime. Les entrepôts de Gikondo sont utilisés comme prison.

Les comptes bancaires n’ont pas été épargnés. Des dépôts équivalents à 400.000 Euros ont été subtilisés et pour rétablir l’équilibre comptable des institutions bancaires concernées, les comptes créditeurs de la famille ont été changés en comptes débiteurs, ce qui est un double vol. Quant aux actions dans diverses sociétés (BACAR, BCR, STIR, La RWANDAISE), elles se sont volatilisées et personne n’en parle.

Toutes les démarches que la famille a entreprises auprès des autorités rwandaises pour  récupérer ses biens se sont soldées par un échec. Elle a décidé d’envoyer au Rwanda le fils aîné de M. Kabuga, muni des procurations nécessaires, pour réclamer la restitution des biens. Il y a été reçu par l’ex-procureur général Gerald Gahima ainsi que par de nombreux autres fonctionnaires. Ses interlocuteurs lui ont exigé de reconnaitre, au préalable, que M. Félicien Kabuga a commis le crime de génocide, de renoncer à la réclamation des revenus passés et d’accepter les immeubles et les plantations de thé dans leur état actuel. La famille n’a évidemment pas souscrit à ce vicieux marchandage. Le représentant de la famille est rentré dans son pays d’asile sans avoir rien obtenu.

Chemin de croix de M. Félicien Kabuga

A Naïrobi, au Kenya, M. Félicien Kabuga a échappé, en date du 29/12/1995, à un attentat dans lequel le jeune homme qui l’accompagnait a reçu 3 balles dans l’abdomen. Il est, sans nul doute, certain que le commanditaire de cette opération est le FPR comme dans les cas du colonel Théoneste Lizinde et du ministre Seth Sendashonga. Le mobile de cet attentat est que cette organisation politico-militaire qui a pris le pouvoir par la force le considérait comme un opposant politique susceptible de financer une opposition politique en raison de son patrimoine. En outre, le FPR craignait des poursuites judiciaires pour les massacres commis contre plusieurs membres de sa famille et de sa belle-famille. Certains ont été éliminés au Rwanda dans les communes de Kiyombe et de Mukarange ainsi que dans la préfecture de Kigali-ville avant et après la victoire du FPR. D’autres ont été liquidés lors des massacres de plus 300.000 réfugiés hutu perpétrés par le FPR en 1996-1997 dans les camps et dans les forêts de la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre).

En septembre 1999, le procureur du TPIR, Madame Carla del Ponte, a fait bloquer les comptes de toute la famille y compris ceux des enfants, sans qu’un jugement ait été prononcé sur ce blocage arbitraire décidé par le seul procureur.

Afin de vous permettre de bien saisir le caractère injuste de la décision du procureur du TPIR, Carla del Ponte, nous rappelons ci-après les éléments essentiels de ce dossier.

Le 30 septembre 1999, un mois après le lancement du mandat d’arrêt international contre M. Kabuga, le procureur du TPIR  envoie une demande d’entraide au ministre de la justice de la République Française pour faire bloquer les comptes de la famille Kabuga et faire saisir les documents y relatifs. En novembre de la même année, les autorités françaises apportent leur concours au procureur et se conforment à ses exigences. Le 22 mars 2000, l’avocat de la famille Kabuga demande au procureur de lever le blocage de ces comptes en lui prouvant, arguments à l’appui, le caractère inique de cette décision, en particulier en ce qui concerne le blocage des comptes des enfants et de l’épouse de M. Kabuga. Le 12 septembre 2000, le procureur informe le requérant, sans autre précision, que, sur la base du rapport interne réalisé par ses enquêteurs, il ne peut, pour l’instant, pas revoir sa décision.

Le 26 janvier 2001, l’avocat de la famille Kabuga présente une requête à Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs composant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda dans laquelle il requiert d’annuler la décision du Procureur et d’ordonner le déblocage des comptes. Le 8 février 2001, l’agent chargé de l’administration du tribunal, sur instruction de son Président, signifie au plaignant que sa requête ne peut pas être prise en considération car « il ne peut ester devant cette juridiction du TPIR ».

Le 15 mars 2001, l’avocat fait appel et adresse une requête à Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de la chambre d’appel près la chambre d’appel dans laquelle il exige à nouveau d’annuler la décision du 12 septembre 2000 et de lever les mesures prises par les autorités françaises en exécution de la demande d’entraide du procureur du TPIR. Le 9 octobre 2002, le juge-président de la chambre d’appel charge une cour composée de 5 juges d’examiner ladite requête. La cour rejette l’appel parce que le plaignant ne serait pas habilité à recourir à la chambre d’appel mais considère que :

1° la famille Kabuga peut saisir à nouveau le procureur pour qu’il reconsidère sa décision du 12 septembre 2000.

2° le procureur a fait bloquer les comptes de la famille Kabuga  en vertu d’un règlement établi par les juges. Par conséquent les juges, à travers un mécanisme approprié de la chambre d’accusation, gardent la responsabilité de revoir une telle mesure en particulier lorsqu’un dommage est allégué par une personne qui n’est pas inculpée par le TPIR

3° la décision d’un organe non-judiciaire qui affecte la liberté des individus ou leur propriété doit être sujette à une révision judiciaire.

En définitive, la chambre d’appel estime que la famille Kabuga a le droit d’exiger un réexamen judiciaire de la décision du procureur du 12 septembre 2000 par la chambre d’accusation.

Le blocage des comptes n’est pas la seule injustice commise par le TPIR à l’égard de la famille Kabuga. Celle-ci a été soumise, au cours des années, à des perquisitions fréquentes et aux longs interrogatoires qui frisent la torture morale. Ces perquisitions ont été parfois menés par un certain Pierre Duclos, agent du TPIR et ex-policier de la Sûreté du Québec, célèbre pour ses méthodes d’intimidation. En effet, il a quitté ses fonctions de policier au Canada suite à une plainte disciplinaire pour parjure, fabrication de preuves et intimidation.

Lors de ces perquisitions, des documents importants (factures, extraits de comptes, diplômes, cassettes vidéo, ordinateurs, titres de propriétés etc.) ont été emportés par les policiers parfois sans les avoir préalablement consignés dans un procès-verbal.

Non-respect de la présomption d’innocence de M. Félicien Kabuga

Toute justice véritablement équitable doit respecter le principe de la présomption d’innocence or M. Félicien Kabuga n’a jamais bénéficié de la présomption d’innocence. Les médias, le TPIR, la justice rwandaise, certains pays, le traitent comme s’ils avaient la certitude de sa culpabilité. Ils ont tous, sans aucune vérification, pris pour argent comptant les fausses accusations de génocide que le régime de Kigali a porté contre lui.

De fait aucun des procureurs qui se sont succédés au TPR, n’a pu réunir de preuves matérielles ni de témoignages crédibles susceptibles d’appuyer les accusations portées à l’encontre de Félicien Kabuga. En tous cas, aucun n’en avait encore trouvés, le 24 juin 2005, comme l’ont fait remarquer les juges Dennis C.M. Byron, Florence Rita Arrey et Gberdao Gustave Kam[2].

L’autre raison  avancée pour bloquer ses comptes et ceux de sa famille, à savoir que l’argent aurait été acquis illégalement ou servirait à financer une organisation génocidaire et terroriste,  n’est pas plus fondée. Jusqu’à ce jour le blocage des comptes de la famille procède de la décision du procureur et non d’un jugement. Elle n’est toujours pas soumise à un juge pour confirmation.

Enfin, en ce qui concerne l’Etat rwandais et ses dignitaires, il ne s’agit même pas, à proprement parler, de saisie conservatoire mais d’appropriation puisque certains biens sont vendus à l’insu des propriétaires et que les revenus tirés des biens “saisis” ne sont versés sur aucun compte ouvert à cet effet.

Charges judiciaires contre Félicien Kabuga

Le Front Patriotique Rwandais (FPR) et le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) accusent M. Kabuga F. de planification des massacres des Tutsi. L’administration américaine l’accuse de terrorisme. Pour étayer l’accusation de génocide des Tutsi portées contre M. Kabuga, le FPR et le TPIR avancent comme preuves les éléments suivants : l’importation des machettes, l’appartenance à l’Akazu, la mise à disposition des Interahamwe de son entreprise, la contribution au Fonds de Défense Nationale (FDN), la participation à l’actionnariat de la RTLM et la présidence de son comité d’initiative.

  1. L’ importation des machettes

Par un fallacieux raisonnement, ce fait réel est travesti en un acte criminel et en une preuve de la responsabilité de M. Kabuga dans le « génocide ». Il est vrai que M. Kabuga a importé des machettes pendant la guerre. Mais il ne les a pas importées seulement pendant cette période. Il les importait depuis 1981 car elles font partie, à l’instar des houes, des outils indispensables aux agriculteurs et aux éleveurs qui  représentent plus de 90% de la population rwandaise. Même les citadins s’en servent pour divers usages.

Par ailleurs contrairement aux affirmations du FPR, du TPIR et des journalistes pro-FPR, il n’a pas importé, en 1993, des quantités anormalement élevées et il ne les a jamais  distribuées gratuitement.

Enfin il n’en était ni le seul, ni le plus important importateur. D’autres hommes d’affaires y compris les Tutsi en importaient également et en quantités parfois plus importantes que lui. En 1993, la société Kishor Jobanputras, qui exerce toujours au Rwanda  en a importé pour 48.692.178 FRW alors que Kabuga n’en a importé que pour 14.856.185 FRW. L’usine, Rwandex-Chillington avait même été créée pour fabriquer localement les machettes et les houes. Sous le régime actuel du FPR, plusieurs commerçants continuent d’en importer et l’usine citée ci-dessus d’en produire. Pourquoi M. Kabuga aurait-il commis seul un crime en important les machettes ?

  1. L’appartenance à l’Akazu et le financement du MRND, des Interahamwe et du Fonds de Défense Nationale

Le FPR et le TPIR posent comme prémisse l’affirmation selon laquelle l’Akazu, groupe qui réunirait toutes les personnes proches de la famille du Président, constitue une organisation criminelle qui a planifié et commis les massacres des Tutsi. Ils en déduisent que tout individu, censé être membre de ce groupe, est impliqué dans le génocide des Tutsi. Comme M. Kabuga F. est lié, par alliance, au Président Habyalimana, il est d’office pris pour membre de l’Akazu et donc pour un génocidaire.

Or, rien ne prouve jusqu’à ce jour que ce concept d’Akazu correspond à une organisation réelle. Après plusieurs années d’enquête, le FPR et le TPIR ne sont toujours pas parvenus à dire quand il a été créé, qui était son chef, quels étaient ses membres, comment il était structuré et où il tenait ses réunions. Ils ont commis l’erreur de vouloir appliquer à la justice un concept flou et caricatural inventé par l’opposition intérieure pour dénoncer un certain népotisme du régime Habyarimana[3].

La politique, art du mensonge et de la manipulation par excellence, peut se permettre de jouer avec de telles notions. La justice, elle, doit se fonder sur des notions claires dont la compréhension et l’extension sont précises. En l’occurrence la proximité doit être bien définie pour pouvoir circonscrire ce groupe et son caractère d’association de malfaiteurs doit être démontré. C’est instrumentaliser la justice que d’accuser les gens au seul motif  qu’ils seraient proches du Président Habyarimana. Comme le reconnaît  la chambre de première instance III du TPIR, faire valoir des liens familiaux n’est pas suffisant pour soutenir une allégation invoquant une responsabilité de commandement. Protais Zigiranyirazo, beau-frère du président Habyarimana, et supposé être l’éminence grise de l’akazu, a été acquitté par le TPIR.

 

Quant aux Interahamwe, il est faux d’affirmer qu’il a mis son entreprise et son domicile à leur disposition pour l’entraînement au maniement des armes. Pourquoi les Interahamwe devaient-ils s’entraîner dans une maison ? Est-ce crédible ? A quel titre M. Kabuga devait-il intervenir dans la formation militaire des Interahamwe ? Il ne faisait partie ni de l’armée, ni de la direction du MRND. La chambre de 1ère instance, dans sa décision susmentionnée, a d’ailleurs estimé que le procureur n’a pas fourni d’éléments de preuves suffisants à l’appui de l’allégation selon laquelle M. Kabuga aurait mis à la disposition des Interahamwe son entreprise et son domicile.

Le MRND avait été créé dans le cadre de la constitution du 10 juin 1991 et de la loi sur les partis. Suivant les Accords d’Arusha du 4 août 1993, il devait également participer aux institutions de transition à base élargie et personne n’avait contesté sa participation. Il ne peut pas donc être assimilé à une association de malfaiteurs ou une organisation criminelle. Dans ce cas pourquoi avoir cotisé au MRND ou y avoir adhéré serait-il un crime ? M. Kabuga, comme tout autre citoyen, avait le droit d’être membre d’un parti de son choix.

Concernant le Fonds de défense nationale, il est également difficile de comprendre en quoi y avoir participé constitue un crime. Ce fonds avait été décidé, au début de la guerre, par les autorités légales, pour soutenir un effort de guerre. La guerre avait été déclenchée par le FPR dans le seul but de conquérir le pouvoir par la force. Le peuple et le gouvernement en place avaient le droit de s’opposer à cette prise du pouvoir par la force. Il n’y a rien de répréhensible non plus d’avoir participé, après la reprise de la guerre en avril 1994, à la redynamisation et au renflouement de ce fonds.

  1. Participation à l’actionnariat de la RTLM et présidence de son comité d’initiative

La RTLM n’était pas la seule société dans laquelle M. Kabuga F. avait engagé des fonds. Il avait investi dans d’autres sociétés rwandaises notamment la STIR, La Rwandaise, la BACAR et la BCR. La participation au capital de la RTLM répondait à sa politique de diversification de ses investissements. Contrairement à l’opinion répandue, il n’était ni majoritaire, ni le plus important des actionnaires. Il n’y détenait que des actions équivalentes à 0,5% du capital alors que certains actionnaires avaient souscrit le double de sa participation. Il ne pouvait donc pas en être le propriétaire. Kabuga F. n’a jamais prononcé des propos incitatifs à la haine dans un média quelconque ni avant ni après le 06 avril 1994.

4. Financement de l’ALIR, organisation supposée  terroriste

L’administration américaine a inscrit l’ALIR (Armée de Libération du Rwanda) dans la deuxième section de la liste des organisations terroristes parce qu’elle aurait kidnappé et tué, en 1999, huit touristes étrangers dont deux citoyens américains.

Les coupables qui furent arrêtés par le régime du FPR sont : François Karake, Grégoire Nyaminani et Leonidas Bimenyimana, d’anciens militaires hutu qui avaient ‘‘avoués les faits’’. En 2003, Paul Kagame a envoyé aux Etats-Unis d’Amérique les trois rwandais. Après plusieurs années d’enquêtes, le Tribunal du District of Columbia a acquitté les suspects de toutes charges portées contre eux car des éléments de preuve ont montré que les aveux des suspects leur avaient été arrachés par des tortures des services secrets rwandais. Des témoignages d’un ancien officier du FPR, Aloys Ruyenzi, désigne les militaires du FPR comme les tueurs de ces touristes. Au mois de mai 2019, Leonidas Bimenyimana and Grégoire Nyaminani ont reçu asile en Australie.

Un dossier qui s’est dégonflé au fur des années

L’accusation de génocide ou de crimes contre l’humanité portées à l’encontre de M.  Kabuga F. procède d’un assemblage d’éléments, eux-mêmes construits à partir de contrevérités prises pour axiomes et de faux raisonnements du genre : les machettes ont été utilisées pour tuer les Tutsi. Or, il a importé les machettes. Donc, il a participé aux massacres des Tutsi. Le même faux raisonnement se tient à propos de la RTLM : la RTLM (Radio Télévision Libre des Mille Collines) a incité à la haine ethnique. Or, il en était actionnaire et président de son comité d’initiative. Donc il a incité à la haine ethnique. Le procureur du TPIR n’a pas jugé nécessaire de vérifier s’il y avait un lien nécessaire entre le commerce de machettes et les massacres des Tutsi et si la RTLM a été réellement créée pour prêcher la haine. Sur la base des mêmes fallacieuses déductions, il est accusé d’avoir planifié les massacres des Tutsi parce que, en tant que père de l’une des belles-filles du Président Habyarimana, il serait membre de l’Akazu, supposé être planificateur du génocide.

Le procureur du TPIR s’est contenté de poursuivre les personnes désignées par le gouvernement rwandais, dont certains sont victimes de l’instrumentalisation de cette institution par les autorités rwandaises pour des raisons de magouilles politico-financières. Il a souvent fondé ses inculpations et ses jugements sur la version des faits du régime FPR, le vainqueur, et sur les témoignages des personnes présentées par les associations de délateurs, contrôlées par ce même régime. C’est sans doute pour cette raison que, comme l’écrit André Guichaoua : « Dans tous les procès (du TPIR), de nombreux contre-interrogatoires de témoins démontrent à l’évidence la faible crédibilité des déclarations (des témoins) et soulignent crûment la faiblesse ou l’absence d’une instruction établissant des faits tangibles »[4]. Quand une personne adhère au FPR, elle devient innocente aussi bien pour la justice rwandaise que pour le TPIR et quand elle critique la politique du régime de Kigali, elle est étiquetée extrémiste, génocidaire, divisionniste ou négationniste par les deux justices. Or, comme le dit encore A. Guichaoua, dans l’article susmentionné : « Le TPIR n’est pas censé juger des prisonniers politiques mais des accusés qui portent personnellement la responsabilité des crimes commis ou qu’ils ont eux-mêmes perpétrés. »

Enfin, pour ne pas embarrasser les autorités de Kigali, le TPIR s’est gardé, jusqu’à date, de se prononcer sur le commanditaire et les auteurs de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana et d’avancer un nombre estimatif global des victimes Hutu qui pourraient être qualifiés de génocide si un tribunal s’y penchait, selon le Mapping Report.

Si le régime de Kigali s’est acharné contre M. Kabuga, ce n’est non pas parce qu’il a commis un quelconque crime contre l’humanité, mais parce que le FPR et l’Etat rwandais ont toujours cherché un moyen de se sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont fourrés en détruisant sa résidence de Remera, en pillant ses stocks de marchandises, en vendant sa minoterie de Byumba, en exploitant, depuis bientôt 25 ans, ses plantations de thé et ses nombreux immeubles sans rien lui payer.

Il est dommage que le TPIR et la communauté internationale aient pris pour argent comptant les allégations du régime de Kigali accablant M. Kabuga Félicien.

 

Jean-Charles Murego

Bruxelles, le 17 mai 2020

http://www.echosdafrique.com


[1] Lettre du 10 août 2008 adressée à Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, par le Comité de soutien à Monsieur Félicien Kabuga et à sa Famille.

[2] Voir la décision du 24 juin 2005 de la chambre de 1ère instance du TPIR sur l’acte d’accusation amendé.

[3] Lire à ce sujet : Gaspard Musabyimana, Rwanda le mythe des mots. Recherche sur le concept « akazu » et ses corollaires, Paris, Editions L’Harmattan, 2008.

[4] Tribunal pour le Rwanda : De la crise à l’échec?, Le Monde du 03.09.2002

RDC: Vital Kamerhe, de quoi est-il accusé?

Le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe annonce que la première audience aura donc lieu le 11 mai. Une décision qui est intervenue à la suite du transfert du dossier Vital Kamerhe par Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete vers le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour fixation.Vital Kamerhe sera devant les juges, pour le début de son procès, le 11 mai 2020, de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Dans une citation à prévenu, le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat congolais connaît désormais les accusations qui pèsent sur lui.

A charge des prévenus Samih Jammal et  Kamerhe Lwa Kanyigini Vital

  1. En l’espèce, avoir, entre les mois de mars 2019 et janvier 2020, comme co-auteurs par coopération directe, étant respectivement, Directeur Général de la Société SAMIBO SARL et Agent public de l’Etat, en l’occurrence personnel politique de la Présidence de la République, détourné la somme de 48,831148 $US qui était remise à la Société SAMIBO SARL pour l’achat et l’érection de 1500 maisons préfabriquées dans le cadre du projet des logements sociaux, au profit de cinq provinces de la République Démocratique du Congo, en l’occurrence celles de Kinshasa, du Kongo Central, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental et du Sud Kivu, inscrit au programme de 100 jours initie initié par le Président de la République« Faits prévus et punis par les articles 21 et 23 du Code Pénal Livre 1 et 145 du Code Pénal Livre II »
  2. En l’espèce, avoir, dans les mêmes circonstances des lieux que ci-dessus, sans préjudice de date certaine, mais entre les mois d’août et septembre 2019, co-auteurs par coopération directe, étant respectivement. Directeur Général de la Société HUSMAL SARL et Agent public de l’Etat, en l’occurrence personnel politique de la Présidence de la République détourné la somme de 2.137.500$US (dollars américains deux millions cent Trente-sept mille cinq cents) qui était remise à la Société HUSMAL SARL pour l’achat et l’érection de 3.000 maisons préfabriquées pour les policiers et militaires de la ville de Kinshasa dans le cadre du programme de 100 jours initié par le président de la République

A charge des prévenus Kamerhe Lwa Kanyigini Vital et Muhima Ndoole Jeannot

La troisième prévention, s’agissant cette fois de Kamerhe et Muhima Ndoole Jeannot concerne le détournement de la somme de 1.100.000 USDO remis à Muhima pour le dédouanement  et le transport des maisons préfabriquées.Par ailleurs, une autre accusation concerne l’acceptation indirecte par l’intermédiaire de madame Soraya Mpiana qui est sa belle-fille de l’achat à son profit de la concession mesurant 70 mètres sur 100 mètres, située sur la baie Ngaliema, au quartier Basoko, dans la commune de Ngaliema, afin d’abuser de son influence réelle en tant que Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat et superviseur du programme de 100 jours initié par le Président de la République, pour faire gagner à Samih Jammal, sous les noms de ses sociétés SAMIBO SARL et HUSMAL SARL, les marchés publics de l’achat et de l’érection de 1500 et 3000 maisons préfabriquées en violation de la procédure d’appels d’offres et seuils fixés par la législation en matière de passation des marchés par voie de gré à gré.

Le 6 avril 2020, le génocide du Rwanda sera une fois encore commémoré à travers une histoire fabriquée

Le 6 avril 2020, c’est une nouvelle fois à travers l’histoire fabriquée par le régime du général Kagamé que va être commémoré le 26° anniversaire du génocide du Rwanda. Une histoire dont les trois principaux piliers ont pourtant été pulvérisés par l’historiographie. Ainsi :

1) Contrairement à ce qu’affirme cette histoire fabriquée, ce ne sont pas les « extrémistes hutu » qui ont abattu l’avion du président Habyarimana.

Le génocide du Rwanda ayant été déclenché par l’assassinat du président Habyarimana, l’impératif était donc de connaître les auteurs de ce crime. Or, les alliés du général Kagamé, Etats-Unis et Grande-Bretagne, ont interdit au TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) dépendant du Conseil de Sécurité de l’ONU (Résolution 955 du 8 novembre 1994), de chercher à les identifier.

Quant à la justice française, seule à avoir enquêté sur cet attentat, elle s’est prudemment défaussée après 21 ans d’accumulation d’éléments semblant pourtant désigner le camp du général Kagamé. Le 21 décembre 2018, suivant en cela les réquisitions du Parquet, elle a ainsi rendu un insolite non-lieu concernant les hauts cadres du général Kagamé que  le juge Bruguière accusait d’être les auteurs ou les commanditaires de l’attentat du 6 avril 1994. Insolite en effet car :

1) Les magistrats écartent la piste des « extrémistes hutu », innocentant ces derniers  de toute responsabilité dans l’attentat qui déclencha le génocide.

2) Ils énumèrent en revanche, et en détail, les nombreux éléments du dossier paraissant désigner à leurs yeux l’équipe du général Kagamé comme étant à l’origine de cet attentat.

3) Mais, in fine, les deux magistrats instructeurs prennent étrangement le contre-pied du déroulé de leur propre argumentation pour conclure que « L’accumulation (je souligne) des charges pesant sur les mis en examen (les membres du premier cercle du général Kagamé mis en examen par le juge Bruguière le 17 novembre 2006) (…) ne peut pas constituer des charges graves et concordantes permettant de les renvoyer devant la cour d’assises ».

Utilisant la seule conclusion de ce singulier non-lieu en taisant soigneusement la liste des charges l’impliquant  énumérées par les magistrats français, le régime de Kigali affirme avec un singulier aplomb qu’il n’est donc pour rien dans l’attentat du 6 avril 1994. Cela lui permet de continuer à soutenir que ce furent les « extrémistes hutu » qui commirent l’attentat alors que rien, ni dans le dossier de la justice française ainsi que nous venons de le voir, ni dans la monumentale masse de documentation étudiée par le TPIR, ne conduit à cette piste. D’autant plus que, présenté par l’histoire fabriquée comme étant l’ « architecte du génocide », donc comme celui qui l’aurait déclenché en faisant abattre l’avion du président Habyarimana, le colonel Bagosora a été totalement lavé de cette accusation par  le TPIR :

« No allegation implicating the Accused (Bagosora) in the assassination of the President is to be found in the indictment, the Pre-Trial Brief or any other Prosecution communication. Indeed, no actual evidence in support of that allegation was heard during the Prosecution case. » (TPIR- Decision on Request for Disclosure and Investigations Concerning the Assassination of President Habyarimana (TC) 17 october 2006).

2) Contrairement à ce qu’affirme l’histoire fabriquée, le génocide n’était pas programmé.

Si le régime de Kigali continue à affirmer contre toute vérité que ce furent les « extrémistes hutu » qui commirent l’attentat du 6 avril 1994, c’est parce que ce postulat couvre le cœur de leur mensonge historique qui est que ces mêmes « extrémistes hutu » ayant programmé le génocide, l’assassinat du président Habyarimana allait leur permettre d’avoir les mains libres pour le déclencher.

Or, ces « extrémistes hutu » qui, comme nous l’avons vu, ne sont pas les auteurs de l’attentat qui coûta la vie au président Habyarimana, n’avaient pas davantage programmé le génocide.

Ce point essentiel a été définitivement  établi devant le TPIR dont le Procureur n’a pas été en mesure de prouver l’existence d’une entente antérieure au 6 avril 1994 en vue de planifier et d’exécuter le dit génocide, ce qui a naturellement conduit à l’acquittement des principaux accusés de ce chef d’accusation majeur. Pour plus de détails à ce sujet on se reportera aux jugements dans les affaires Bagosora, Zigiranyirazo, Bizimungu, Ngirumpatse et Karemera que je présente dans Dix ans d’expertises devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Dans ces conditions, comme le génocide du Rwanda n’était pas programmé, nous en revenons donc à la question essentielle qui est de savoir qui a tué le président Habyarimana puisque ce meurtre fut l’élément déclencheur d’un génocide « improvisé » après le 6 avril 1994 par certains de ses partisans rendus hystériques par son assassinat.

3) Contrairement à ce qu’affirme l’histoire fabriquée, dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, quand il reprit unilatéralement la guerre, le but du général Kagamé n’était pas de sauver des vies, mais de conquérir militairement le pouvoir.

Toujours selon l’histoire fabriquée, le général Kagamé fut contraint de violer le cessez-le-feu en vigueur afin de sauver les populations du génocide. Or, une fois encore devant le TPIR, il a été établi que :

– Cette offensive fut lancée dès l’annonce de la mort du président Habyarimana, donc plusieurs heures avant les premiers massacres.

– Cette offensive contre l’armée nationale rwandaise désemparée par la mort de son chef d’état-major tué dans l’explosion de l’avion présidentiel, et dont l’armement avait été consigné par l’ONU dans le cadre du cessez-le-feu et des accords de paix, avait été minutieusement préparée depuis plusieurs semaines, les forces du général Kagamé n’attendant qu’un signal pour marcher sur Kigali.

– Afin de provoquer le chaos, les forces du général Kagamé attaquèrent en priorité les casernements de la gendarmerie afin d’interdire à cette dernière de rétablir la sécurité dans la ville de Kigali, ce qui était sa mission. Voilà pourquoi, dès le 7 avril, avant la vague des premiers massacres, le poste de gendarmerie hautement stratégique de Remera fut pris d’assaut. Quant au camp Kami, principale emprise de la gendarmerie à Kigali, fixée dans sa défense, sa garnison fut donc dans l’incapacité d’intervenir dans la ville pour y mettre un  terme aux massacres.

Ces  points fondamentaux réduisent à néant l’histoire officielle fabriquée par le régime du général Kagamé. Or, comme ils sont systématiquement ignorés par les médias, c’est donc une fausse histoire du génocide du Rwanda qui sera une fois de plus commémorée le 6 avril 2020.

Pour en savoir plus sur la construction et la déconstruction de cette fausse histoire, en plus du PDF : Dix ans d’expertises devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, on se reportera à mon livre intitulé Rwanda : un génocide en questions.

Bernard Lugan

Source : http://bernardlugan.blogspot.com/


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d’auteur et le site web source.
Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author’s name and the source website are cited.

Kizito Mihigo: Une Journée Internationale en Sa Mémoire.

Le 17 Février, journée internationale de la réconciliation, héritage de Kizito Mihigo.

COMMUNIQUE DE PRESSE N ° Ish 2020/02/001

Après la mauvaise nouvelle de la mort soudaine et tragique de Kizito MIHIGO,

Le Comité élargi du Parti ISHEMA ( ISHEMA Party) s’est réuni le 23/02/2020 sous la présidence de Madame Claire Nadine KASINGE pour commémorer le courage qui a marqué la vie de feu Kizito MIHIGO.

Après une analyse approfondie des circonstances autour de la mort du chantre de la réconciliation rwandaise, les participants à la réunion ont conclu ce qui suit:

  1. Kizito MIHIGO ne s’est pas suicidé comme le prétend le régime du FPR – Inkotanyi, mais, il a été assassiné aux ordres de Paul Kagame.
  2. Nous condamnons avec la dernière énergie cette pratique odieuse de massacre, marque de Paul Kagame et son parti FPR – Inkotanyi dont l’objectif visé est d’exterminer tous les citoyens qui sont contre ses politiques racistes maudites.
  3.  Kizito MIHIGO a été tué pour le message constructif contenu dans sa chanson “Igisobanuro cy’urupfu”, dans laquelle il préconise que la paix durable ainsi qu’une véritable réconciliation seront atteintes si et seulement si:
    • les Hutu jouissent également de tous leurs droits en tant que citoyens
    • tous les Hutu, Tutsi, Twa et autres tués par le FPR – Inkotanyi  ont une commémoration officielle qu’ils méritent.
  4. Nous remercions sincèrement le héros Kizito MIHIGO pour son travail exceptionnel dans l’édification des piliers d’une véritable réconciliation dans l’esprit de nombreux Rwandais.

Afin de préserver ce bel héritage,

5. La date du 17 février  sera  “la journée internationale  de la réconciliation, héritage de Kizito MIHIGO”.

6. Les membres du Parti Ishema et les Rwandais en général sont priés d’observer annuellement cette journée avec fierté en manifestant les mesures prises et les pas franchis sur les traces de ce héros.

7. Nous réitérons notre détermination: Quand le peuple nous confiera la direction de notre belle nation, nous érigerons une basilique appelée “Temple de la réconciliation” au nom de Kizito MIHIGO dans laquelle seront enterrés tous les Rwandais tués depuis le 1er octobre 1990.

8. Nous travaillerons sans relâche pour que la famille Kizito MIHIGO mérite une justice équitable et que toutes les personnes impliquées dans le meurtre de ce héros rwandais ou dans tout autre génocide soient tenues responsables.

9. En conclusion, nous adressons nos sincères condoléances à la famille et à la mère du héros du pays, et nous remercions Dieu d’avoir fait ce merveilleux cadeau au Rwanda.

 

Fait à Montréal, le 27 février 2020

Mme Claire Nadine KASINGE

logo ishema


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d’auteur et le site web source.
Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author’s name and the source website are cited.
 

Paul KAGAME uri GAHINI: amaraso ya Kizito azaguhame n’urubyaro rwawe.

Inkuru y’urupfu rwa Kizito MIHIGO ikimara kumenyekana, abantu benshi bagize ikiniga, umujinya, uburakari n’akababaro karenze. Padiri Thomas NAHIMANA yasubiyemo amagambo Imana yabwiye Gahini akimara kwica mwenenyina Abeli.

Source: Umutaripfana TV 


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d'auteur et le site web source.
Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author's name and the source website are cited.

Reconnaissance du crime de génocide contre la population Hutu.

Déclaration de reconnaissance du crime de génocide contre la population Hutu:

Nous, universitaires, experts, chercheurs, survivants, défenseurs des droits de l’homme, défenseurs des libertés civiles et de la justice sociale, responsables religieux,

A la suite de l’initiative de recherche de la GCRHR sur les crimes commis par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) au Rwanda, puis en République Démocratique du Congo (ancien Zaïre) par l’intermédiaire de son allié congolais, l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), contre des membres du groupe ethnique hutu,
Sur base de notre propre évaluation indépendante d’experts de toutes les informations fiables disponibles, des recherches antérieures et des faits sur le sujet des massacre à grande échelle des Hutu par rapport à la convention de génocide,

Après avoir examiné la définition officielle du crime de génocide par la Convention de Génocide de 1948 des Nations Unies, qui définit le génocide comme l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe,

Après avoir soigneusement et minutieusement comparé toutes les informations et faits fiables, annexés à la présente résolution, concernant l’assassinat de membres du groupe ethnique hutu du Rwanda et de l’ancien Zaïre aux actes susmentionnés dans la définition faisant autorité du génocide, en particulier les actes a, b et c,

Notant que, d’après les informations et les faits disponibles, les massacres de la population de l’ethnie hutu ont été perpétrés sur base d’un plan presque identique, conçu pour tuer autant de victimes que possible, quels que soient leur sexe, leur âge ou leur nationalité,

Sachant que les rapports des experts des Nations unies sur les massacres de Hutu dans l’ex-Zaïre concluaient que les meurtres avaient révélé un certain nombre d’éléments inculpatoires les qualifiant de crime de génocide,

Notant qu’après le rapport de l’ONU sur la cartographie, l’ONU a recommandé de prendre de nouvelles mesures pour prévenir, enquêter, faire cesser et punir les crimes décrits dans son propre rapport afin de s’acquitter de ses obligations en vertu de la convention sur le génocide,

Par la présente, nous déclarons et reconnaissons comme CRIME DE GÉNOCIDE les massacres des centaines de milliers de personnes hutu rwandaises au Rwanda et de réfugiés hutu rwandais, de réfugiés hutu burundais et de citoyens hutu congolais en RDC du fait de leur appartenance au groupe ethnique hutu et sans distinction d’âge, de sexe ou de nationalité, par l’Armée Patriotique Rwandaise et son allié congolais, le groupe rebelle de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre
(AFDL).

Nous appelons la communauté internationale à s’acquitter de ses obligations en vertu de la convention sur le génocide et à agir collectivement pour traduire en justice les auteurs de ce crime de génocide.

Global Campaign for Rwandans Human Rights (GCRHR)
TERRAM PACIS
JAMBO asbl
AMAHORIWACU
Association ESPOIR
FONDATION IBUKABOSE RENGERABOSE


Source: Hutugenocide.org

Kizito Mihigo Calvary: what he said before he was assassinated

One of motives to kill Kizito MIHIGO was to prevent him from talking about what he saw througout his ordeal. He had just discovered that all the Human Rights Watch’s reports on rights abuses, torture cases,.. which Kigali refuted all the time were true. He was ready to testify. Kagame’s men killed him. But it was to late he had managed to speak out.

The following text is an initial transcript of parts of the recordings he sent out to his contact whilst in prison.

This note was recorded on October, 6th, 2016. I am Kizito Mihigo. I am detained in the central prison of Kigali, officially called Nyarugenge prison, and alternatively called 1930, in reference to the year when it was built. In April 2014, after having composed and produced a christian song, I was kidnapped, detained and accused of plotting and conspiring against the regime and its president.

In fact, on March 5th, 2014 I had made public a new song titled “igisobanuro cy’urupfu”, (translation: explanation of death). And I published it on my youtube channel, on my personal website, and the official pages of my foundation. During the following days, I received insults, menaces and warning messages telling me that something bad was going to happen to me. I was also contacted several times by government officials, including the minister of culture, the chief of the criminal investigation department (CID), the responsible of culture in the ministry of defense, the executive director of the National Commission Against the Genocide (CNLG) and the office of the president. 

During his speech at the occasion of delivering new ranks to police officers on March 17th, 2014, the president had declared this: “I am not a singer to please the country’s enemies.” In the evening of April 1st, 2014 I was invited by the Chief of staff in the president office. The meeting took place in the office of the president of the senate. The current senate president at the time was vice president of the same institution. Both told me that the president had not liked my song. Therefore I had to apologise in writing to him. I had also to apologise to the population, which allegedly had been shocked by my song. At that meeting I tried to explain unsuccessfully that my song hadn’t been composed with the intention of harming anyone. It was rather a christian message which preached compassion, forgiveness and reconciliation to its audience.

The president’s chief of staff and the senate’s vice president told me that if I didn’t comply with what they were asking me to do, I was a dead man. Therefore I did what they had asked me, meaning apologizing to the president through a letter and the population through the media. The president’s chief of staff had reassured me that if I did what was asked from me, I wouldn’t have any more problems or face any other (translator emphasis – punitive) measures. 

But on April 06, 2014, between 10:00am and 11:00am, when, with my driver I arrived in front of the traffic lights located on the road between the Parliament building and the Rwanda Development Board (RDB) headquarters, a  person entered spontaneously into my car through an unlocked door. It was a policeman I knew. He ordered me to get out of my car and enter his. I went into his car. It was driven by another policeman that I also knew. They confiscated my phone, they told me that we were going to meet one of their superiors who wanted to talk to me. We didn’t go where they had mentioned, but instead we drove around the city of Kigali for tens of minutes. At the end I was taken to the police centre of Gikondo, generally known as Chez Gacinya.

I stayed there for nearly 30 minutes, in a conference room without anyone asking me anything. And when I tried to ask questions, nobody replied to me. I was thereafter put back into the car, then we drove towards Kicukiro. Before arriving at the destination, two individuals in civil uniforms joined us. They sat one on my left and the other on my right. The vehicle continued towards the Nyanza forest. The area is located in the city suburb in the direction leading to Bugesera.

I remained in the car parked in that forest, and surrounded by people I didn’t know and who were not talking to me. From midday until late evening around 8:00pm. Around 6:00pm, a thought came to my mind telling me that these people were going to kill me in that forest. My body was going to be discovered the following day, on April 07, the day of comemorating the 94 genocide. Then I said (to my kidnappers) that if the problem was my song, I had discussed the issue with the president’s chief of staff and the senate’s vice president. Within a few minutes, the car left the forest and I was again driven to the office of the senate’s vice president. I met with the same officials as before, but there was a third one this time, the deputy police commissioner.

They told me that, on top of the song, for which I was accused, they had found in my phone a whatsapp discussion where I exchanged views with someone from the opposition. And it was true. I had a conversation with someone from the opposition, and in our exchange we were very critical of the government. I knew that the Rwandan government didn’t like to be criticised. And for me it’s not a crime to criticise a government.

During that second meeting in the office of the senate’s vice president, I was seriously insulted by the three present personalities, and threatened of being killed. I said sorry. I was then told that I needed to continue asking for forgiveness, but that this time they were not sure if I was going to be forgiven. I was then taken to the car. Once inside, I had my head and face covered with a black balaclava. The vehicle was running but I couldn’t know where we were going. Within minutes, I found myself in a room with a bed, in a residential house, and I stayed there for nine days. 

I was handcuffed 24/7. I ate once every two days. On this very day while I am saying this, I can’t tell where that house/ prison is located. Because each time I was taken out or coming in, my head and face were always covered. I got seriously questioned in that house, and on several occasions. On April 10th for example, meaning four days after the kidnapping, I was taken to the office of the deputy police commissioner, Dan Munyuza, I was beaten up by policemen who were there, I was lying on the ground and getting hit on my back. Thereafter I was taken to a room at the offices of the prime minister. I found there many VIPs from the government. They asked me as well many questions about my song and my whatsapp conversation with a member of the opposition.

Up until April 15th, I stayed locked up in the same secret safe house. It was the same day that I was brought in front of the media. The deputy police commissioner came to me and said that if I continued asking for forgiveness publicly and pleading guilty for all the accusations against me, for the period of investigation and hearing in front of the court, things would be easier for me. On the other hand, if I pleaded not guilty and started denouncing all the injustices I had been victim of, I was going to be sentenced for life imprisonment. And I was certainly going to die in prison. He continued insisting on me pleading guilty on that day, before I appeared in front of the journalists. He explained that pleading guilty and asking for forgiveness, that’s how things will get easier for you, but if you start challenging the authority, pleading not guilty or denouncing your kidnapping or torture and other illegal practices inflicted unto you, you will get a life imprisonment.

I agreed on the terms of the arrangement. To the media and the judge I said that I was sorry for my deeds, but I couldn’t help saying that I only discussed with someone my song. During my hearing, nothing related to the song was mentioned, but I know well deep down that it is central to the whole saga. It was farther to its launch that I had been arrested, even if they hadn’t traced that conversation (with someone in the opposition), they would’ve caused me problems. That had already occurred uniquely because of that song.

On April 15th, after addressing the press, I was taken to the public attorney without a lawyer. The public attorney gave me one day to find myself a lawyer. During my hearing, I always pleaded guilty as I had promised. And on February, 27th 2015 I was sentenced to 10 years of imprisonment. I was told that I was guilty of all the accusations against me, except being complicit in acts of terrorism. Within 30 days after the sentencing, I introduced an appeal to the High Court and I am still waiting (on October 6th, 2016) to hear from them.

This note is recorded on February 8th, 2017 at the Central prison of Kigali, called 1930. I am Kizito Mihigo, detained since April 2014. Recently, exactly on January 21st 2017, I received the visit of the General Police Commissioner, Emmanuel Gasana, who came alone and I chatted with him in the office of the prison’s director. He explained to me that the motive of his visit was to ask me if I didn’t have any message to transmit to the highest authority of the country. I told him that the only message for him was to ask for forgiveness and be allowed to get back into society and become active again, pursue my musical activities. He asked me a few questions about my case. He asked me among other things why I had dared discussing with a member of the opposition, which is the main official offence for my imprisonment. I replied that I was frustrated. I disagreed with some government policies and actions. And that on a personal level I had also had opposing views with some political personalities. He asked me if there wasn’t any other way of solving issues which didn’t involve discussing with the opposition. I replied that I hadn’t anymore trust in the government, and that I needed someone who could understand me. He asked me if I wanted the president to forgive me or a presidential pardon. I said yes. I wanted to be forgiven, but that I wanted to be allowed to pursue my artistic and christian work, which promotes peace and reconciliation. I explained to him that by advocating for peace and reconciliation as an artist, I would be contributing to the work of the government for national reconciliation. After around ten minutes of conversation, the police commissioner left without saying goodbye. The same way as he had come in and didn’t greet me. I didn’t know exactly the motive of his visit, neither who had sent him. 

In conclusion, in my view, my case is political, with fabricated evidence. For example, I didn’t know the individuals who were brought to testify against me. I only knew Cassien Ntamuhanga who was a journalist. I find that there wasn’t any connection between our cases. But the prosecution needed those false witnesses to prove that I was guilty. And the evidence of such manipulation is that the witness called Jean Paul indicated to the judge in the courtroom that the police had tortured him telling him that he had to plead guilty to make Kizito become guilty. It was a political case, without any respect for proper legal procedures. It was characterised by many illegal practices, including torture, kidnapping, unauthorised detention. The arrest procedure was also illegal. Normally, when someone is arrested, they are told the motive of the arrest and shown a legal document authorising it. This wasn’t the case in my situation.”

The list of the people in high positions of authority in Rwanda, from government officials, to security forces and civilians, who tortured Kizito Mihigo directly and or indirectly by giving orders, includes the following names. The list is not comprehensive.

abishi

Paul Kagame, Protais Mitali, Gerard Nyilimanzi, Ines Mpambara, Bernard Makuza, Athanase Ruganintwali, Aphrodis, Dan Munyuza, Jean de Dieu Mucyo, James Kabarebe, Karenzi Karake, Jack Nziza, Fred Ibingira, Rurayi Gasana, Jean Pierre Dusingizemungu, and Egide Gatera.

Source: The Rising Continent


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d'auteur et le site web source.
Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author's name and the source website are cited.

A son tour, Mushikiwabo crucifie Kizito Mihigo!

Le contraire aurait été étonnant. Après quelques semaines de silence imposé, Mushikiwabo ne va pas échapper à la question sur la mort de Kizito Mihigo. Comme on l’aurait deviné, Madame ne se donne pas la peine de feindre l’empathie envers celui qu’elle déshumanise pour le seul fait d’avoir réclamé la reconnaissance des victimes de crimes commis par le Front Patriotique Rwandais (FPR).

L’on reconnait la maîtresse de la diplomatie rwandaise au lendemain de la strangulation dans une chambre d’hôtel Sud-africain de l’ex chef espion rwandais, Patrick Karegeya. Comme tout âme bienveillante attribuait l’assassinat de Karegeya aux escadrons de la mort de Kagame, Mushikiwabo a fustigé ces accusations, sans pour autant manquer d’exprimer l’excitation (ou plus) que la mort de “l’ennemi” de son pays l’avait procurée.

Et qui pourrait oublier son arrogance inégalée lors du sommet France – Afrique tenu à Dakar en 2014? Lors de ce sommet le président français , François Hollande dans le temps, avait critiqué les dirigeants qui manœuvrent les Constitutions  de leurs pays en vue de s’éterniser au pouvoir. Mushikiwabo a vu le doigt pointé à Kagame, et a évacué les propos qui ne pouvaient que l’abaisser, sauf qu’elle s’en tapait, aussi longtemps qu’elle faisait plaisir à son chef. Une année plus tard Kagame a changé la Constitution pour se faire réélire président en 2017. Une autre histoire!

Cette fois-ci, Mushikiwabo tente de justifier l’assassinat de Kizito : “Ce jeune homme avait basculé dans une sorte de recherche de célébrité auprès de toute sorte d’individus qui n’étaient pas des gens qui voulaient du bien au pays”1.  En d’autres termes, la peine de mort “par pendaison” est décrétée à quiconque tente de (1) être une célébrité et/ ou (2) parle aux gens qui ne veulent pas du bien au pays. C’est bien noté Madame. Vous me rappelez un truc: j’ai entendu dire que le prétexte avancé lors du génocide contre les Tutsi était qu’ils s’associaient aux “individus qui n’étaient pas des gens qui voulaient du bien au pays”   et que, de ce fait, leur mort était justifiée. Je n’ai pas été d’accord avec ce prétexte, tout comme je n’achète pas vos conneries sur Kizito.

Chaste Gahunde


(1) Lemonde.fr


Avis aux lecteurs: Nos articles peuvent être reproduits à condition de citer le nom d’auteur et le site web source.                                                                                                          Notice to readers: Our articles may be reproduced provided the author’s name and the source website are cited.

Dore uko iburanishwa ry’Inkotanyi Karenzi Karake ryagenze kuri 25/06/2015

westminster-magistrates-court-300x159Leta y’u Rwanda yatanze akayabo ka miliyoni imwe y’amapawundi – ni ukuvuga amanyarwanda arenga miliyari – kugira ngo Inkotanyi Karenzi Karake ifungirwe kijyambere mu nzu ikodeshwa na Ambasade y’u Rwanda i London.

Kuri uyu wa kane tariki ya 25/06/2015, umucamanza Quentin Purdy yatangije urubanza rwa General Karenzi Karake mu rukiko Westminster Magistrates Court.
Icyumba kiburanirwamo cyari cyuzuye abanyamakuru n’abandi bantu bari babukereye baje kureba uko urubanza rugenda.
Hari n’abategetsi bakuru ba Leta y’Inkotanyi y’u Rwanda, barimo Ambasaderi w’u Rwanda mu Bwongereza Williams Nkurunziza ndetse na Ministri w’Ubutabera Johnston Busingye.

Abakozi ba Ambasade nabo bari bahuruye bagaragiwe n’abanyarwanda b’intore za Leta y’Inkotanyi, bari bazinduwe no kwamagana ifatwa n’iburanisha ry’inkotanyi Karenzi Karake. Uretse abo, hari n’abanyarwanda b’impunzi baharanira ko ubutabera bwagera kuri bose, bakaba bagaragazaga ko bishimiye ko noneho n’inkotanyi zitangiye gukurikiranwa ku byaha zakoze harimo ibya jenoside n’ibihonyora inyokomuntu.

Urubanza rwari ruteganijwe gutangira saa 14h isaha y’i London, ariko rwatangiye rukereweho hafi igice cy’isaha.

Muri ekipe y’abavoka baburaniraga inkotanyi Karenzi Karake, harimo Cherie Blair, umugore wa Tony Blair wabaye Ministri w’Intebe w’Ubwongereza igihe kirekire, akaba n’umwe mu bajyanama bakuru b’umukuru wa Leta y’inkotanyi Paul Kagame.

Inkotanyi Karenzi Karake yicajwe mu kumba bashyiramo abashinjwa ibyaha. Yicaye akikijwe n’abacunga-mbohe babili, naho uwa gatatu akaba yari yicaye areba mu cyerekezo cy’abo bagenzi be babiri bakikije uregwa. Inkotanyi Karenzi Karake yazanywe mu rukiko yambaye igisalupeti cy’amabara abonerana y’icyatsi n’umuhondo cyanditsweho mu bitugu amagambo HM PRISON, bita hano mu Bwongereza “escape suits”, bakunze kwambika ba ruharwa bakekwaho ko bashobora gutoroka.

Agitunguka muri ako kumba bicazamo abashinjwa, yambaye icyo gisalubeti, mu banyarwanda bari aho mu cyumba cy’indorerezi hari abatangaye, barimyoza, barahuuma, bigaragaza ko batunguwe no kumubona muri iyo myenda y’imbohe. Hari n’abagore bapfunetse bararira ku buryo bugaragara.
Mbere yo kwicara aho bamweretse yazamuye akaboko areba mu cyerekezo cy’ahicarwa n’indorerezi, bamwe mu ntore za Leta y’Inkotanyi zari zirimo bakoma amashyi.

Mu gutangiza urubanza, umucamanza Quentin Purdy yasabye inkotanyi Karenzi Karake guhaguruka akavuga amazina ye n’igihe yavukiye. Karake amaze kubivuga, yabajijwe niba yemera kwoherezwa mu gihugu cya Espagne kuburanirishwayo ibyo abaespanyole bamushinja, cyangwa niba atabyemera. Yashubije ko atemera kwoherezwa muri Espagne.

Mbere yo gusuzuma niba Karake ashobora kuburana ibyo bya extradition ari mu munyururu cyangwa ari hanze, umucamanza Purdy hamwe na ba avoka bombi, uhagarariye Ubushinjacyaha n’uhagarariye Karake bagiye muby’amatariki kugira ngo bemeze igihe amadosiye n’ibimenyetso bizaba byarangije kwegeranywa n’igihe urubanza rushobora kuzatangira kuburanishwa nyabyo. Bumvikanye ko rwazaburanishwa mu mpera z’ukwezi kwa 10, ku tariki ya 29.

prison-escape-suitMu rukiko, Inkotanyi Karenzi Karake yari yambaye umwenda w’abanyururu nk’uyu.

Ku birebana no kuba yahabwa uburenganzira bwo kuba ari hanze ya gereza kugeza igihe umwanzuro urebana na extradition uzafatwa n’urukiko, uhagarariye ubushinjacyaha yasobanuye impamvu abona ko bitaba byiza ko inkotanyi Karenzi Karake yaba ari hanze by’agateganyo. Yavuze ko afite impungenge zikomeye ko Karenzi Karake yakoresha amayeri yose agatoroka akava mu Bwongereza, cyane cyane ko nta muryango cyangwa imitungo afite mu Bwongereza kandi Leta y’inkotanyi ikaba yashobora no kumufasha gutoroka, cyane cyane ko byagaragaye ko iyo Leta na Ambasade yayo mu Bwongereza barwanya bikomeye iby’ifatwa n’iburanishwa ry’inkotanyi Karenzi Karake.

Bwana Mark Summers waburaniraga inkotanyi Karenzi Karake we yasobanuriye umucamanza impamvu uwo aburanira yakurwa mu munyururu akaburana ibya extradition ari hanze.

Mu mpamvu z’ingenzi yatanze harimo:

– Kuba bazerekana bihagije ko impapuro za Espagne zo kumuta muri yombi bagendeyeho zidakwiye guhabwa agaciro

– Kuba Karenzi Karake agendera kuri pasiporo diplomatique akaba yagombaga ubudahangarwa; aha, avoka wa Karenzi Karake yahaye umucamanza pasiporo itukura y’abadiplomates Karenzi Karake yagendeyeho ndetse ikaba yari irimo na viza yatewemo na Ambasade y’Abongereza. Umucamanza yabajije impamvu bavuga ko Karenzi Karake yari mu misiyo y’igihugu kandi viza iteye muri iyo pasiporo ikaba yerekanye ku yari agiye muri Visit na Business. Uwunganira Karenzi Karake yavuze ko ariko Abongereza bakunze kubigenza.

– Kuba bizagaragazwa ko gusaba ko Karenzi Karake ajya imbere y’ubucamanza bwa Espagne ari igikorwa cya politiki atari ukubera gushishikazwa koko n’ubutabera kandi hakaba hari ibimenyetso ko imiryango yo muri Espagne ikomeza gusaba iburanishwa ry’abategetsi b’u Rwanda ifite ubufatanye n’abagize uruhare muri jenoside, harimo na FDLR;

– Kuba Karenzi Karake atari umuntu wo muri rubanda rusanzwe, ahubwo akaba ari umuntu ukomeye cyane kandi wubashwe mu Rwanda no mu mahanga. Aha umwunganizi wa Karenzi Karake yasobanuye ko urebye imirimo Karenzi Karake ashinzwe mu Rwanda, kumufunga ari kimwe no gufunga Diregiteri wa CIA. Yibukije kandi ko Karenzi Karake yabaye umwe mu bayobozi bubashwe kandi bashoboye bategetse Misiyo ngaruramahoro y’ingabo za LONI i Darfur muri Sudan.
Yakomeje avuga ko u Rwanda ari igihugu cyizewe kandi kinafashwa n’Ubwongereza ndetse ko no mu madosiye arebana n’iyicwa ry’abasipanyole, u Rwanda rwakoze ibishoboka byose mu gukora anketi, gucira imanza abo anketi zagaragaje no kwerekana ubushake mu gufatanya na Espagne kurangiza icyo kibazo.

Ku birebana rero no kuba Karenzi Karake yavanwa mu gihome by’agateganyo, umwunganiye yavuze ko Leta y’u Rwanda yamwishingira rwose kandi ikizeza umucamanza ko Karenzi Karake atazatoroka u Bwongereza.

Ku birebana n’aho yaba mu gihe Karenzi Karake ategereje iburanishwa ry’urubanza n’umwanzuro warwo, umwunganira yahaye umucamanza adresi z’amazu abiri akodeshwa na ambasade y’u Rwanda i London ariko akaba adatuwemo ubu , anagerekaho ko umucamanza aramutse atizeye iby’ayo mazu, ashobora kwemerera akazaba kuri adresi y’inzu ituwemo na Ambasaderi ubwe. Umucamanza abajije ibyerekeranye n’ubudahangarwa bw’inzu nk’iyo ya Ambasaderi, umwunganizi yavuze ko Ambasaderi w’u Rwanda yiteguye gusinya impapuro zivana ubudahangarwa ku nzu bazacumbikiramo inkotanyi Karenzi Karake muri icyo gihe cyose.

Umucamanza yabajije abunganira inkotanyi Karenzi Karake kumubwira umubare w’amafaranga y’ingwate baba biteguye gutanga kugira ngo rwose bigaragare ko uwo Karenzi Karake azakurikiza amabwiriza azahabwa yose kugira ngo ategererereze hanze iburanishwa n’umwanzuro by’uru rubanza. Abunganira Karenzi Karake bahise bongorerana hagati yabo, banavugana na Ministri w’Ubutabera w’u Rwanda hamwe na Ambasaderi w’u Rwanda bari babicaye inyuma, maze babwira umucamanza ko biteguye gutanga ibihumbi 200 by’amapawundi. Umucamanza yabyumvishije ariko ababwira ko umuntu wo mu rwego nka ruriya, uregwa ibyaha biremereye nk’ibyo ashinjwa, atagwatirirwa munsi ya miliyoni y’amapawundi. Umwunganizi wa Karenzi Karake yavuze ko iramutse ariyo yemejwe n’umucamanza nayo bayitanga.

Umucamanza yanabajije niba, aramutse yemeye kumurekura by’agateganyo, bashobora gutanga numero ya telefone igendanwa inkotanyi Karenzi Karake yahora afite aho ari hose kugira ngo igihe abapolisi bamushakiye bamubone. Umwunganizi yemeye ko iyo numero ya telefone bayitanga rwose.

Umucamanza yababwiye ko aramutse yemeye ko Karenzi Karake yarekurwa by’agateganyo yategekwa kujya yitaba kuri stasiyo ya polisi ya hafi y’aho yacumbikirwa. Umucamanza yabahaye urupapuro ruriho urutonde rwa za sitasiyo za polisi i London, abasaba guhitamo stasiyo ya polisi imwe iri hafi y’imwe muri ya mazu abiri akodeshwa na ambasade ariko adatuwemo ubu. Ambasaderi yahamagaye Bwana James Uwizeye, umwe mu bakozi ba Ambasade wari wicaye mu cyumba cy’indorerezi, maze abafasha guhitamo sitasiyo babwira umucamanza.

Ibyo byose birangiye, umucamanza yahise abwira uregwa n’abari aho bose ibyo ategetse.

Yemeye kurekura inkotanyi Karenzi Karake by’agateganyo kugeza igihe umwanzuro w’urubanza rwo kumwohereza muri Espagne uzafatirwa.
Umucamanza akimara gutangaza icyo cyemezo, Cherie Blair yahindukiye areba Ambasaderi na Ministri w’Ubutabera ba Leta y’Inkotanyi bari bicaye inyuma ye, maze yerekeza igikumwe cye hejuru, nko kwerekana ati ‘turagitsinze’!

kayenzi

Conditions zijyana n’iyo ‘bail’ umucamanza yatanze ni:

Karenzi Karake:

1) ategetswe gutanga ingwate ya miliyoni imwe y’amapawundi (£1,000,000) kugira ngo ave mu munyururu aburane urubanza rwa extradition ari hanze;

2) agomba gucumbikirwa gusa mu nzu umucamanza yahisemo muri za zindi ebyiri zidatuwe Ambasade ikodesha;

3) agomba buri joro kuba ari kuri iyo adresi kuva saa 20h nimugoroba kugeza saa 08h mu gitondo;

4) agomba kwambikwa ku kaguru akuma ka ‘electronic tag’ adashobora kwiyambura kagenewe kwereka abapolisi buri gihe aho aherereye kugira ngo bazajye bahita bamenya igihe yaba ageze aho atemerewe kujya.

5) agomba kujya kwiyerekana buri munsi mbere ya saa sita kuri sitasiyo ya polisi y’i Barnet;

6) agomba, aho ari hose, kuba afite telefone igendanwa kandi iyo telefone ntizigere ibura umuriro na rimwe; numero y’iyo telefoni izaba iri ku rupapuro umucamanza azasinya ngo Karenzi Karake arekurwe by’agateganyo;

7) ntashobora gusubizwa pasiporo yagenderagaho;

8) abujijwe kuba yashaka indi pasiporo cyangwa izindi mpapuro z’inzira zatuma ashobora kujya hanze y’u Bwongereza, haba ku mazina ye bwite cyangwa ku matirano;

9) abujijwe kuba yakwegera hafi y’aho abajya mu mahanga bashobora kunyura, nko ku bibuga by’indege;

10) abujijwe kurenga imbibi z’umuhanda M25 ukikije umujyi wa London;

11) azahita afatwa asubizwe mu munyururu naramuka arenze kuri imwe muri izo conditions z’ubugwate kandi icyo gihe ntazasubizwa iyo ngwate ya £1,000,000.

12) azasubizwa iyo ngwate yose uko yakabaye gusa nyuma y’uko urubanza rwo kumwohereza cg kutamwohereza muri Espagne rurangiye atarigeze arenga kuri condition n’imwe y’ubugwate bwe.

Umucamanza yabajije inkotanyi Karenzi Karake niba yumvise neza izo conditions kandi niba azemeye, amusubiza ko azumva neza kandi azemeye.

Umucamanza yategetse ko iburanishwa ry’urubanza nyirizina rizaba ku tariki ya 29/10/2015.

Umucamanza akimara kugenda, abapolisi bahise basohokana inkotanyi Karenzi Karake. Icyo gihe zimwe mu ntore za Leta y’Inkotanyi zasohokaga mu cyumba cy’indorerezi zatangiye kuririmba ngo ‘Tuzarurwanirira’, mu gihe abandi bavugaga ngo ‘shiiiiii” babibutsa ko ari ngombwa kutifata nk’ababuraburere cyangwa abasazi mu rukiko.

Simeon.
Ijwi Rya Rubanda.

  1. Mu byavuzwe n’uwaburaniraga inkotanyi Karenzi Karake ariko ntasobanukiweho neza impamvu byazamuwe, ni ibyerekerana ngo na‘Mongolian case’ yaba yarateye ibibazo bikomeye hano mu Bwongereza. Aho ntibaba barakoraga reference ku bibazo byavutse mu rubanza rwa maneko mukuru wa Mongolia, nawe wafashwe n’abongereza, imanza zikavurungutana, bikarangira yoherejwe mu Budage bwari bwatanze impapuro zo kumuta muri yombi? Uwaba yari mu rukiko akaba yarumvise neza iby’iyo case bakozeho reference yazadufasha gusobanukirwa.