Author Archives: Chaste Gahunde

La France a désormais un ambassadeur au Rwanda

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DIPLOMATIE. Le gouvernement rwandais a approuvé la nomination d’Antoine Anfré au poste d’ambassadeur de France à Kigali. Un poste inoccupé depuis 2015.

Par Le Point Afrique

C’est officiel, le gouvernement rwandais a approuvé samedi 12 juin, la nomination d’Antoine Anfré, 58 ans, au poste d’ambassadeur de France au Rwanda. Signe supplémentaire que les relations s’améliorent entre la France et le Rwanda. En effet, ce poste était inoccupé depuis 2015 en raison des tensions entre les deux pays sur le rôle joué par Paris dans le génocide de 1994.

La normalisation devient concrète

Étape essentielle de la normalisation des relations entre Paris et Kigali, la nomination d’un ambassadeur français dans le pays a été annoncée par le président Emmanuel Macron, le 27 mai dernier, lors d’une visite officielle au cours de laquelle, il avait alors reconnu les « responsabilités » de la France dans le génocide des Tutsis de 1994, qui a fait au moins 800 00 morts.

L’objectif affiché du chef d’État français était de « finaliser » la normalisation des relations avec le Rwanda après « 27 années de distance amère […], d’incompréhension, de tentatives de rapprochement sincères mais inabouties ». En 2010, Nicolas Sarkozy, seul président français à s’être rendu à Kigali depuis le génocide, avait déjà reconnu de « graves erreurs » et « une forme d’aveuglement » des autorités françaises ayant eu des conséquences ” absolument dramatiques”.

La question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide a été un sujet brûlant pendant des années, conduisant même à une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali entre 2006 et 2009. Pour tenter de redonner de la vigueur à la présence française, Emmanuel Macron a également inauguré un nouveau Centre culturel francophone à Kigali, sept ans après la fermeture de l’Institut français au Rwanda. Bâti sur un nouveau modèle de coopération, ce centre est présenté comme un symbole de « la nouvelle relation » entre la France et le Rwanda après des années de tensions.

Jusqu’à présent, le dispositif diplomatique français était représenté par Jérémie Blin, le chargé d’affaires arrivé dans la capitale rwandaise en 2019 avec une première conseillère.

Antoine Anfré, un fin connaisseur du Rwanda et de l’Afrique

C’est dans ce contexte que la nomination du diplomate Antoine Anfré s’est confirmée. Elle a été approuvée lors d’une réunion du cabinet gouvernemental rwandais, dirigée par le président Paul Kagame, selon un compte rendu officiel affirmant avoir validé l’accréditation du diplomate proposé par Paris.

Ancien ambassadeur au Niger de 2014 à 2015, Antoine Anfré est cité à plusieurs reprises dans le rapport d’une commission d’historiens français dirigée par Vincent Duclert remis en mars au président Macron et qui a conclu aux « responsabilités lourdes et accablantes » de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Et pour cause, diplômé de Sciences Po et de l’ENA, Antoine Anfré était premier secrétaire de l’ambassadeur de France à Kampala entre 1987 et 1991 à l’époque de la création du Front Patriotique Rwandais au pouvoir.

Alors « rédacteur Rwanda » à la direction des affaires africaines et malgaches (DAM) du ministère des Affaires étrangères, il avait mis en garde dès 1991 contre les risques de dérives violentes au Rwanda et pointé « un nécessaire changement » de la politique de la France dans la région, selon le rapport Duclert qui affirme que ses notes lui ont valu d’être mis à l’écart de la DAM.

Aujourd’hui, sa feuille de route peut se lire à la lumière des promesses de rupture du président Macron. Sur le plan diplomatique d’une part, le nouvel ambassadeur connaît bien l’environnement des Grands Lacs et ses enjeux. Mais le rapprochement entre Paris et Kigali se veut à la fois diplomatique et économique, avec le réengagement de l’Agence française de développement, l’agence BPI, l’implantation depuis deux ans d’entreprises françaises, les partenariats économiques devraient s’accélérer au Rwanda et bien au-delà vers l’est du continent africain.

Lepoint

FACE AU MANQUE DE MAIN D’OEUVRE À VENIR, L’EUROPE DOIT RECOURIR À L’IMMIGRATION, ESTIME UNE ÉTUDE

Des travailleurs sur le chantier d'un stade au Qatar en décembre 2019

Le problème est simple: l’Europe comptera 95 millions de travailleurs de moins en 2050 qu’en 2015.

Face à ce manque de main d’oeuvre, des tensions budgétaires importantes et un ralentissement de la croissance économique pourront être observés, selon une étude du Center for Global Development qui préconise le recours aux migrants d’Afrique.

Les raisons sont connues: population vieillissante et niveaux insuffisants de migration, selon cette étude publiée lundi, et fondée notamment sur les projections démographiques des Nations Unies et les données sur les flux migratoires internationaux.

“Les Européens vivent plus longtemps et ont moins d’enfants. Cela réduit la population en âge de travailler tout comme le nombre de retraités augmente”, résume Charles Kenny, auteur de l’étude et chercheur principal au Center for Global Development.

Les européens font moins d’enfants

“Cela risque de mettre à rude épreuve les systèmes de protection sociale et le filet de sécurité sociale”, a-t-il ajouté.

Pour l’heure, les projections font apparaître que si le statu quo est maintenu en termes de population, seul un tiers du manque de main-d’oeuvre pourrait être comblé. Les estimations font apparaître un besoin de 7 millions de personnes pour l’Allemagne, 3,9 millions pour la France et 3,6 millions pour le Royaume-Uni.

“Cela suggère la nécessité d’un changement urgent si l’Europe veut éviter une crise du vieillissement”, souligne le Center for Global Development dans un communiqué.

Les chercheurs ont passé au crible les réponses potentielles telles que l’augmentation de la participation des femmes et des travailleurs âgés au marché du travail, l’automatisation et l’externalisation. “Mais aucun ne sera suffisant”, selon cette étude.

Ni l’inclusion des femmes sur le marché du travail, ni le prolongement de l’âge de la retraite, ne seront suffisants.

Et des pays comme l’Allemagne, à la pointe de l’automatisation, montrent que les robots ne réduisent pas la demande globale d’emplois.

“La migration est la seule réponse”

En revanche, avoir recours à l’immigration pourrait contribuer à rééquilibrer le rapport entre actifs et inactifs.

“La migration est la seule réponse qui peut combler le fossé”, estime même M. Kenny. Et, l’Europe a “un avantage important”, à savoir la proximité avec l’Afrique.

Les projections indiquent que le continent doublera sa population en âge de travailler pour atteindre 1,3 milliard d’ici 2050.

Les chercheurs soulignent que seulement 4% du boom de la main-d’oeuvre africaine migrera vers les pays à revenu élevé pour y travailler d’ici 2050, et seulement 1 migrant sur 4 vers l’UE ou le Royaume-Uni viendra d’Afrique.

“L’Afrique compte un nombre croissant de jeunes motivés et instruits pour s’épanouir en Europe, mais trop peu d’opportunités chez eux. L’Europe compte trop peu de personnes pour occuper les emplois nécessaires”, constatent les chercheurs.

“Bruxelles et Londres devront prendre conscience de la véritable crise migratoire: il n’y a pas assez de migrants”, commente enfin M. Kenny.

Mais en Europe, les politiques se heurtent à la réticence d’une frange importante de leur population à l’arrivée de nouveaux migrants.

OC avec AFP

Bfmtv

Rogue Rwandan Soldiers Abduct UPDF officer at Cyanika Border

Paul Kagame speaking to a military detachment of his army.

A group of Rwandan defense forces have kidnaped a Ugandan soldier at Cyanika border in Kisororo district in what officials say is an act of provocation.

Private Baruku Muhuhu a Uganda people defense force soldier attached to 32 battalion Nyakabande detach is suspected to have been kidnapped by the Rwanda peoples force last evening 12-June-2021at 550pm.

Security in Kisoro District says during a daily routine patrol along Chanika border in Chanika Town council, Baruku was left behind easing himself but never returned back which forced his fellow soldiers on duty to go back and search him but all in vein.

Baruku fell in an ambush by Rwandan soldiers who had crossed to the Ugandan side.

Security is reported to have deployed along Chanika border as efforts by Kampala to contact its Kigali counterparts to produce Pte. Baruku are still underway.

In recent past, Rwandan soldiers have been illegally crossing the international border into Uganda to abduct Ugandans living along the border sometimes for ransom.

Hundreds of Ugandans have lost their lives at the hands of the ruthless Rwandan soldiers with orders of shoot to kill Ugandans.

Currently, it is illegal for Ugandans to stay or work in Rwanda if you are not willing to talk ill against President Museveni and his government.

Most victims who have managed to come back to Uganda alive say if you cannot be anti-Uganda government in Kigali you risk being framed using trumped up charges like rape, defilement, drug abuse by the Rwandan security forces.

The lucky ones are arrested and declared prohibited migrants and dumped at the borders while others are sent to jails without trial or killed.

Despite the hostile treatment of the Ugandans by the Rwandan establishment, Kampala has remained open to solving the impasse diplomatically.  

Nancy Aheebwa

Scandale à l’ambassade des Pays-Bas au Rwanda.

La gouvernance rwandaise, ou, autrement et proprement dit, la dictature rwandaise, devient de plus en plus extrêmement gênante. Persécuter tous ceux qui lèvent la voix contre les injustices, ou les faire taire à tout prix, ce sont des méthodes qu’on a du mal à imaginer dans des pays démocratiquement avancés. Que ces méthodes soient mises en œuvre dans l’ambassade des Pays-Bas, on ne peut que s’en inquiéter.

Tout commence par des twitts d’une activiste des droits de l’homme, Denise Zaneza, qui informe l’ambassade des cas de violations de droits fondamentaux. Habituellement, c’est la meilleure façon de demander l’intervention des autorités diplomatiques, dont une simple réaction suffirait, ne fût-ce que signaler que “nous sommes au courant de”, ou encore, “nous suivons de près”…, des propos qui, on l’a vu, dissuadent souvent les violeurs de droits.

Sauf que cette fois-ci, le compte Twitter de l’activiste en question est bloqué par les employés de l’ambassade, exactement, comme le font les agents de l’état rwandais. Ou bien, pourrait-on en déduire que l’ambassade des Pays-Bas au Rwanda est sous le contrôle des services secrets rwandais ?

L’activiste, têtue dans sa passion, ne baisse pas les bras. Elle demande des explications au ministère des affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas.

Donc, c’est de cette manière dont se comportent les employés de l’ambassade quand on leur parle des injustices au Rwanda !?

C’est très décevant et honteux de la part d’un pays démocratique comme le Royaume des Pays-Bas. Vous ne devriez pas fermer les yeux sur les violations des droits humains. Le Ministère des affaires étrangères ne peut pas tolérer cette attitude“, dit l’activiste dans son twitt en taguant le ministère des affaires étrangères des Pays-Bas.

Le ministère des affaires étrangères répond à l’activiste, et promet de mener une enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé.

Un jour après, le ministère revient sur cette affaire scandaleuse.

Merci d’avoir patienté. L’affaire a été examinée en interne, on n’a pas pu vérifier les circonstances entourant le blocage de votre compte, mais nous tenons à vous informer du déblocage de votre compte maintenant”, signale le ministère.

A ce que l’on voit, l’employé qui avait bloqué le compte en question aurait réalisé la gravité de son acte, et aurait procédé au déblocage avant que ses supérieurs ne lui tombent dessus. Sûrement, quelque chose lui échappe. Avec la technologie à jour, une telle chose finit par être dévoilée. It is a matter of time.

Avec la politique d’apartheid en place à Kigali, les employés d’origine rwandaise dans toutes les ambassades à Kigali, sont minutieusement sélectionnés sans que les hautes autorités diplomatiques ne s’en aperçoivent. Certains de ces employés sont en même temps à la solde des services secrets rwandais.

The time for US timidity is over: Rwanda should meet Magnitsky

As I write this, Paul Rusesabagina, the real-life hero of the Oscar-nominated film “Hotel Rwanda,” has been unjustly imprisoned in Kigali, Rwanda, for more than 280 days. In all that time, the administrations of two American presidents have failed to make so much as a statement in support of this humanitarian, who also happens to be a U.S. Permanent Resident and a recipient of the Presidential Medal of Freedom. 

Rusesabagina, an outspoken critic of Rwandan President Paul Kagame, had no intention of going back to his native country. He publicly stated on several occasions that he could not return for fear of retribution. Nevertheless, that is where he found himself last August, when an associate secretly working with the Rwandan government tricked him into getting on a private jet he thought was bound for Burundi. Instead, the plane landed in Kigali, Rusesabagina was held for three days incommunicado, and finally reappeared handcuffed and in the custody of the Rwanda Investigation Bureau (RIB). 

This was a textbook case of enforced disappearance, a clear violation of Rusesabagina’s basic human rights and of the United Nations’ International Convention for the Protection of All Persons from Enforced Disappearance. Put in simpler terms, Rusesabagina was kidnapped. 

These events prompted some outrage among human rights groups and certain lawmakers in the U.S. and Europe, as it well should. But the deafening silence from official government channels has drowned out the chorus of voices calling for action. And what has that silence enabled? More than just the continued abuse and imprisonment of a Belgian citizen and U.S. Permanent Resident, as in the case of Rusesabagina. It has created a template for other dictators and apparently has given them carte blanche to use increasingly audacious methods to capture and arrest their most vocal critics. 

Consider what just happened in Belarus, where President Alexander Lukashenko used military jets to divert – some say hijack – a flight carrying 26-year-old dissident journalist Roman Proasevich, so that he could be arrested and thrown in jail. Only days after this incident, Russian President Vladimir Putin decided to try his own “airplane ploy” and had opposition leader Andrey Pivovarov hauled off an outgoing flight at St. Petersburg Airport.

The Belarusian event took place on May 23; in less than a week, the United States had raised its travel advisory for Belarus to a level 4, “Do not travel” warning and had announced forthcoming sanctions on Belarusian officials involved in the incident. All these actions were warranted and well justified. But it’s worth noting that it took no more than a few days for the U.S. to spring into action and censure Belarus on behalf of a Belarusian national; Rusesabagina, who renounced his Rwandan citizenship in 1996, has languished in prison for the better part of a year without any meaningful action from the countries he calls home.

The U.S. silence in the case of Paul Rusesabagina, and its unwillingness to call Rwanda to account for its human rights abuses, undoubtedly has much to do with the status of President Kagame as the so-called “darling tyrant.” Some hold him up as a paragon of democratic leadership, even against an ever-growing list of critics who have been forcibly disappeared, imprisoned or killed. But the time for timidity is over – we have seen its fruits in Belarus and Russia – and the U.S. no longer can afford to turn a blind eye to Rwanda’s crimes. 

For this reason, the Lantos Foundation for Human Rights & Justice has filed a formal submission to the State Department and Department of Treasury urging Global Magnitsky sanctions to be imposed on two Rwandan officials reportedly complicit in Rusesabagina’s kidnapping: Justice Minister Johnston Busingye and head of the RIB, Col. Jeannot Ruhunga.

Proving culpability in human rights abuses, such as an enforced disappearance, can be challenging. But in this instance, the Rwandan officials named in the sanctions submission have made it surprisingly easy to prove their guilt. Busingye admitted during a televised interview that the Rwandan government paid for the private plane that took Rusesabagina from Dubai to Kigali. Ruhunga not only made public comments about the unilateral “operation” carried out by the RIB (after initially, and falsely, claiming that the arrest was made with international cooperation), but he also was named in the sworn affidavit of Rusesabagina’s jailhouse testimony as one of only two people who had contact with him in an unknown facility during the three days between the flight leaving Dubai and the public news conference announcing the arrest in Kigali.

Rusesabagina faces terrorism charges in a show trial that began in late January and is ongoing. I mention this almost in passing because the charges, which I believe to be trumped up by Kagame and his supporters, are immaterial to this indisputable fact: Paul Rusesabagina was brought to Rwanda illegally under international law. Any individual, government or organization that truly values human rights and the rule of law must recognize this fact and acknowledge that whatever follows Rusesabagina’s kidnapping – the charges or any eventual, predetermined, conviction – is simply fruit of the poisoned tree. 

It is beyond time for the United States to stand up and lead on behalf of a man who once risked his own life to save more than 1,200 people amid the horror of the Rwandan genocide. It is beyond time to put President Kagame on notice that Rwanda’s free pass on human rights abuses has finally, and deservedly, expired. It is time to use targeted Magnitsky sanctions – one of the most potent and powerful tools for human rights – to hold accountable the men responsible for kidnapping Paul Rusesabagina.

Thehill.com

Katrina Lantos Swett, Ph.D., J.D., is president of the Lantos Foundation for Human Rights & Justice. She is a human rights professor at Tufts University and the former chair of the U.S. Commission for International Religious Freedom. Follow her on Twitter @LantosSwettK.

Ils demandent l’institution de la journée nationale en l’honneur de l’opération Turquoise

C’est ce qu’on lit, notamment, dans la lettre que le Parti d’opposition rwandaise en exil, Ishema Party, a adressée au président français, Emmanuel Macron , le 08 juin 2021. L’objet de la lettre était de présenter leur point de vue quant à la démarche de normalisation des relations diplomatiques entre le Rwanda et la France. C’est cette démarche qui a occasionné la mise sur pied d’une commission d’enquête sur les archives avec l’objectif de donner la lumière sur ce qui aurait été le rôle de l’état français dans le génocide de 1994. La conclusion de cette enquête annoncée est que la France a des responsabilités accablantes mais que rien ne prouve sa complicité. La sortie du rapport de cette enquête a été suivie par la visite de Monsieur Macron à Kigali.

Tout en saluant cette volonté de normaliser les relations des deux pays après plus de deux décennies en brouille, notre parti considère que cette normalisation recherchée ne devrait pas se faire à n’importe quel prix”. Les leaders du Parti s’indignent du compromis apparent que les autorités françaises sont prêtes à faire pour gagner la confiance de l’état rwandais.

En effet, le Rwanda reste champion de non-respect et de violation des droits fondamentaux des citoyens.  Sans répéter le contenu des rapports des Organisations Non Gouvernementales internationales et des pays partenaires du Rwanda à l’instar des États-Unis d’Amérique, le régime de Kigali qui habituellement traitent les Hutus de citoyens de seconde classe, s’attaque finalement aux Tutsis qui se plaignent de cette injustice faite à l’encontre de leurs compatriotes Hutus. ” Et comme exemple, ils citent “le cas de Kizito Mihigo, le chantre assassiné dans sa cellule de garde à vue à Kigali est toujours d’actualité. Monsieur Karasira Aimable a été arrêté immédiatement après votre retour de Kigali comme si vous veniez de bénir en aval, cet acte de lâcheté.” se lamentent les dirigeants du Parti présidé par Madame Nadine Claire KASINGE.

La normalisation des relations entre les deux pays, à notre avis, ne se traduit pas par la réouverture du centre culturel français et de l’ambassade à Kigali, mais plutôt par l’effort de pacification, de réconciliation profonde entre les Rwandais, quitte à assumer le rôle d’un garant des accords entre les belligérants. Cela est possible seulement si toute la vérité est exposée et si on cesse de voir les Rwandais dans le miroir victimes-bourreaux. Ici, la vérité sur ce qui est bien connu comme élément déclencheur de la tragédie au Rwanda de 1994 a une importance capitale.  C’est ici que la France doit assumer sa responsabilité et inviter les autres pays à faire de même pour que cette vérité qu’on s’efforce d’ignorer soit reconnue et soit à la base d’un dialogue franc et sincère entre les Rwandais.”

Avant de clôturer leur lettre ouverte, les leaders du Parti demandent au président de résister fortement aux diffamations lancées contre les militaires de l’opération Turquoise, qui , selon eux , méritent une journée nationale en leur honneur.

“Les détracteurs et ennemis communs aux Rwandais et aux Français ont cherché à salir l’image de l’opération Turquoise et, au nom de la grandeur de votre pays, il vous revient de résister fortement à ces diffamations, rendre hommage aux troupes du Général Jean-Claude Lafourcade, en décrétant, à minima, un évènement annuel en leur honneur.”

Deux autres points importants son évoqués dans cette lettre, le génocide contre les Hutus et la justice pour le victimes des crimes du Front Patriotique Rwandais (FPR). Sur ce dernier point, une liste non-exhaustive de criminels suspects est présentée au chef de l’Etat français pour demander la coopération.

“Lors de votre conférence de presse à Kigali, vous avez aussi affirmé n’être au courant que d’un seul génocide. Que vous ne soyez pas informé du génocide contre les Hutus qui a débuté avec la guerre d’octobre 1990 et qui continue à nos jours, nous osons espérer que vous ne vous livrez pas à la bataille du négationnisme dont les conséquences vous poursuivront à jamais. Votre coopération pour que justice soit faite pour les victimes des crimes commis par le FPR vous ferait entrer dans l’histoire comme l’homme qui a milité pour la dignité humaine.”

L’intégralité de la lettre est accessible ci-dessous.

Emmanuel Macron annonce la fin de l’opération Barkhane au Sahel

5100 soldats français sont aujourd’hui déployés au Sahel pour lutter contre le djihadisme. Le chef de l’Etat a promis une transformation profonde de la présence militaire française, basée sur la coopération internationale.

5100 soldats français sont aujourd'hui déployés au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane. AFP/Philippe DESMAZES
5100 soldats français sont aujourd’hui déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane. AFP/Philippe DESMAZES 

L’annonce avait fuité quelques dizaines de minutes avant qu’elle ne soit officialisée. Le président français Emmanuel Macron vient d’acter la fin de l’opération antidjihadiste Barkhane, notamment au Mali, théâtre d’un nouveau coup d’Etat. Il s’agit d’une « transformation profonde » de la présence militaire française au Sahel, a précisé le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse. Celle-ci devrait être basée sur « une alliance internationale associant les États de la région ». Des consultations seront menées prochainement avec les américains et les européens pour un résultat « d’ici à la fin juin ».

Ces annonces s’inscrivent dans la volonté politique déjà esquissée par le chef de l’Etat de réduire à moyen terme la présence militaire française dans la zone. Il prône un « changement de modèle », pour « permettre une opération d’appui aux armées des pays qui le souhaitent et la mise en œuvre d’une alliance internationale concentrée sur la lutte contre le terrorisme ». Le détail de ces annonces devrait être dévoilé prochainement, dans le cadre de la coalition pour le Sahel.

« Evidemment la France n’a pas vocation à rester éternellement au Sahel (…). Il est vraisemblable qu’il faille adapter le dispositif Barkhane », déclarait pour sa part peu de temps avant le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en déplacement à Abidjan, sans plus de précisions. L’engagement militaire français au Sahel était au menu d’une réunion du Conseil de défense mercredi. Paris déploie quelque 5100 soldats contre les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda, un soutien de taille aux armées affaiblies des Etats du Sahel qui peinent à les combattre seules.

Ag Ghali, objectif numéro un

Mi-février, lors d’un sommet à N’Djamena avec les partenaires du G5 Sahel (Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie), le président français avait repoussé la décision attendue d’entamer le retrait de Barkhane, tout en confirmant une évolution « au-delà de l’été ». Il avait alors promis « une action renforcée » pour « essayer d’aller décapiter les organisations » liées à Al-Qaïda et l’EI. La France a engrangé des succès tangibles contre l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) et les organisations affiliées à Al-Qaïda regroupées au sein du GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), sans enrayer toutefois la spirale djihadiste.

A l’approche de l’élection présidentielle de 2022, cet effort militaire de longue haleine suscite aussi des interrogations croissantes en France, alors que 50 soldats ont été tués au combat depuis 2013. Le chef du GSIM, Iyad Ag Ghaly, responsable de très nombreuses attaques au Burkina, au Mali et au Niger, apparaît désormais comme l’objectif prioritaire de Barkhane. « Clairement, aujourd’hui, c’est Iyad Ag Ghali qui est la priorité numéro une (…). Pour nous c’est la personne qu’il faut absolument réussir à capturer, voire neutraliser si ce n’est pas possible de le capturer, dans les prochains mois », soulignait le commandant des opérations spéciales, le général Eric Vidaud, le 3 juin sur la chaîne France 24.

La situation s’est compliquée ces dernières semaines avec la mort brutale du président Idriss Déby au Tchad, et surtout le deuxième coup d’Etat en neuf mois au Mali, pays central de l’opération Barkhane. Les soubresauts politiques au Mali soulèvent d’autant plus la question de la présence française qu’une partie des dirigeants maliens souhaitent entamer un processus de négociation avec certains groupes djihadistes, une démarche à laquelle Paris est opposée.

Appel aux Européens

La France a déjà annoncé le gel de ses opérations conjointes avec l’armée malienne pour condamner le coup d’Etat et soutient les pressions internationales exercées par la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et l’Union africaine pour pousser les autorités maliennes à organiser une transition vers un pouvoir civil et des élections en 2022.

L’opération Barkhane dispose de plusieurs bases au Mali dont certaines pourraient être fermées à moyen terme, selon deux sources. A l’horizon 2023, les effectifs français devraient tourner autour de 2500 personnes selon l’une de ces sources. Deux d’entre elles ont aussi évoqué un éventuel sommet des différents pays européens pour discuter de l’avenir de l’engagement militaire au Sahel. Paris compte sur l’« internationalisation » de l’effort d’accompagnement au combat des forces locales, sous-équipées et sous-entraînées.

La France mise tout particulièrement sur la montée en puissance du groupement de forces spéciales européennes Takuba, qu’elle a initiée et qui rassemble aujourd’hui au Mali 600 hommes dont une moitié de Français, ainsi que quelques dizaines d’Estoniens et de Tchèques et près de 140 Suédois. L’Italie a promis jusqu’à 200 soldats, le Danemark une centaine et plusieurs autres pays, dont la Grèce, la Hongrie ou encore la Serbie, ont exprimé leur intérêt. Mais après le second coup d’Etat en mai au Mali, la France a pour l’heure gelé cette mission d’accompagnement au combat des forces armées maliennes.

AFP

Affaire Paul Rusesabagina : Le gouvernement prié de discuter d’un rapatriement avec le Rwanda


La commission des Relations extérieures de la Chambre a approuvé mardi une proposition de résolution de la présidente Els Van Hoof (CD&V) qui demande au gouvernement d’ouvrir un dialogue avec le Rwanda sur un rapatriement de Paul Rusesabagina, actuellement jugé à Kigali.

Féroce critique du régime du président Kagame, M. Rusesabagina, qui vivait en exil depuis 1996 aux Etats-Unis et en Belgique, a été arrêté fin août 2020 dans des conditions obscures par la police rwandaise à Kigali, à la descente d’un avion qu’il pensait à destination du Burundi. Lui et ses avocats, dont le Belge Vincent Leurquin, dénoncent “un enlèvement“.

Ex-directeur de l’hôtel des Mille Collines à Kigali, âgé de 66 ans et de nationalité belge, M. Rusesabagina a été rendu célèbre par un film de 2004 racontant comment il avait sauvé plus de 1000 personnes durant le génocide rwandais.

Son procès pour des faits de terrorisme a commencé le 17 février. Les conditions dans lesquelles il se déroule sont régulièrement dénoncées par son avocat et sa famille.

La résolution condamne celles-ci et demande qu’une enquête indépendante soit menée sur les circonstances dans lesquelles il est arrivé au Rwanda.

C’est une violation flagrante de la convention internationale sur la protection contre les disparitions forcées. Ses droits ont été systématiquement bafoués“, a expliqué Mme Van Hoof.

Si le Rwanda n’est pas en mesure de prévoir les conditions minimales d’un procès équitable, la Belgique doit entreprendre des actions pour permettre un procès équitable dans notre pays“, a-t-elle ajouté.

La résolution demande également que la Belgique mette tout en œuvre pour garantir les droits au procès équitable de M. Rusesabagina et lui offre l’assistance consulaire en prison.

Belga

Global Magnitsky sanctions called against Rwandan Justice Minister and investigation chief

Lantos Foundation Calls for Magnitsky Sanctions in Paul Rusesabagina Case

FORMAL PETITION FILED FOR U.S. ACTION AGAINST RWANDAN OFFICIALS COMPLICIT IN HIS KIDNAPPING

 

June 7, 2021 – The Lantos Foundation for Human Rights & Justice today announced that it has filed a formal submission to the U.S. Department of State and U.S. Department of Treasury recommending Global Magnitsky sanctions against Rwandan Justice Minister Johnston Busingye and head of the Rwanda Investigation Bureau (RIB) Colonel Jeannot Ruhunga for their role in human rights violations committed against Paul Rusesabagina – namely his extraordinary rendition and kidnapping in August 2020.

Paul Rusesabagina, the real-life hero of the Oscar-nominated film Hotel Rwanda and a Presidential Medal of Freedom awardee, was lured to Rwanda last August by an associate secretly working with the Rwandan government. Rusesabagina, a Belgian citizen and U.S. Permanent Resident, has been an outspoken critic of Rwandan President Paul Kagame, who human rights organizations, journalists and policymakers have increasingly characterized as a brutal dictator. Rusesabagina had stated publicly on several occasions that he could not return to his native country for fear of retribution, and last August he believed he was traveling from his home in Texas to a speaking engagement in Burundi. The private jet he boarded after a layover in Dubai in fact transported him to Kigali, the capital of Rwanda, whereupon he was disappeared for three full days before reappearing in the custody of the RIB.

It can sometimes prove difficult to build a case that establishes government officials’ direct involvement in and responsibility for human rights abuses. However, in the case of Paul Rusesabagina’s kidnapping, the complicity and responsibility of both Busingye and Ruhunga is crystal clear. Minister Busingye admitted during a televised interview on Al Jazeera in February 2021 that the Rwandan government had paid for the plane that transported Rusesabagina, without his knowledge, to Kigali. Likewise, Colonel Ruhunga, as head of the RIB, not only oversaw the operation to kidnap Rusesabagina but was also named in a recent jailhouse transcript as one of two people who visited Rusesabagina when he was held incommunicado in an unknown location during the three days between the time he was kidnapped and when he was presented in handcuffs in Kigali.

“For too long, the appalling actions of the Rwandan government under the leadership of Paul Kagame have gone without consequence,” said Lantos Foundation President Dr. Katrina Lantos Swett. “In this instance, there is unequivocal evidence that Minister Busingye and Colonel Ruhunga violated the basic human rights of a humanitarian hero. A strong response by the United States is fully warranted and anything less would only embolden the Rwandan government to continue its abuse.”

The Lantos Foundation’s submission to State and Treasury presents the overwhelming evidence that these two individuals can and should be held responsible for Rusesabagina’s kidnapping – a clear violation of the United Nations’ International Convention for the Protection of All Persons from Enforced Disappearance. The submission calls for the United States to hold Busingye and Ruhunga to account for this violation by imposing Magnitsky sanctions on them. The submission was simultaneously transmitted to officials in the United Kingdom and the European Union for consideration of their own respective sanctions.

Tragically, Paul Rusesabagina is not the first critic of the Rwandan government to find himself in this situation – or one that is even worse. Over the past several years under President Paul Kagame, the Rwandan government has demonstrated an alarming pattern of subjecting its critics to a range of gross human rights violations, including enforced disappearance, imprisonment and extrajudicial killings. Indeed, the Lantos Foundation’s submission includes an attachment that details numerous chilling examples of what has happened to a long string of Kagame’s opponents, among them Patrick Karegeya (assassinated in South Africa), Boniface Twagirimana (disappeared from Rwandan prison), Kizito Mihigo (died in Rwandan prison) and many others. Rwanda bills itself as a vibrant democracy and an inspiring success story, but its repeated and increasingly bold-faced efforts to stifle any form of dissent tell the story of a country that has descended deep into authoritarian rule.

Dr. Lantos Swett said, “The United States was quick to announce its intention to sanction Belarusian officials involved in diverting a commercial airline for the purpose of arresting a prominent Belarusian dissident. Yet, there has been shockingly little action from the U.S. in terms of censuring, let alone holding accountable, the individuals responsible for the unlawful kidnapping of this courageous man: a U.S. Permanent Resident who received our nation’s highest civilian honor and whose story has inspired millions of people around the world. The U.S. government has an important opportunity to right this wrong by moving to impose Magnitsky sanctions on Minister Busingye and Colonel Ruhunga. We must take action now – failure to do so may send the message that the Rwandan government has carte blanche to trample on the rights of Paul Rusesabagina. The consequences of such a message could be tragic and fatal.”

The Lantos Foundation filed its formal submission on May 18, 2021.

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About the Lantos Foundation for Human Rights & Justice:

The Lantos Foundation was established in 2008 to carry forward the legacy of Congressman Tom Lantos, the only Holocaust survivor ever elected to the U.S. Congress and a leading human rights champion. The Foundation works with a range of partners and often in cooperation with the U.S. Government on issues that span the globe. The Foundation’s key areas of focus include human rights issues related to religious freedom, rule of law, internet freedom and activist art. The Foundation also administers the Lantos Congressional Fellows Program, supports human rights advocates, activists and artists through its Front Line Fund grant program, and awards the annual Lantos Human Rights Prize to honor and bring attention to heroes of the human rights movement. Past recipients of the Prize include His Holiness the Dalai Lama, Professor Elie Wiesel, Israeli President Shimon Peres, Iraqi Parliamentarian Vian Dakhil, “Hotel Rwanda” hero Paul Rusesabagina, and Hong Kong Democracy activist Joshua Wong, among others.