Author Archives: Chaste Gahunde

RWANDA : 1995 – 2005 ma jeunesse dans la prison de 1930.

Rwanda : 1995-2005 ma jeunesse dans la prison de 1930

Imaginez que vous ayez 18 ans, la vie devant vous et la tête pleine de rêves. Comme la majorité des Rwandais, vous êtes au lendemain du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, ce génocide a failli vous emporter et vous essayez de vous reconstruire. Vous êtes réputé brillant en mathématiques et avez entamé les démarches pour reprendre vos études. A la place, du jour au lendemain, vous vous retrouvez dans la prison centrale de Kigali, dite « 1930 ». Dans votre nouveau monde : « Les prisonniers étaient négligés, les malades étaient envoyés dans les hôpitaux pour mourir parce qu’ils étaient transférés au dernier moment. Ils [Les responsables de la prison] les transféreraient quand il était trop tard. Le sort des prisonniers rwandais n’est jamais évoqué : leur souffrance, les tortures physiques et morales qu’ils subissent ». Comment auriez-vous réagi ? Kalima, à qui cette mésaventure est arrivée, nous donne la réponse en racontant son histoire, sa descente aux enfers, sa reconstruction et ses défis aujourd’hui.

Qui est-il ?

Kalima avait 17 ans au moment du génocide contre les tutsi au Rwanda en 1994. Il habitait dans la ville de Kigali et était élève dans une école secondaire. Il vivait avec ses petits frères et sœurs et leur mère, leur père étant décédé avant 1994. Pendant le génocide il a failli être tué à deux ou trois reprises et à chaque fois ses voisins l’ont sauvé. Il avait une carte d’identité hutue mais avait des traits physiques attribués aux Tutsi. Quand la guerre a approché leur quartier, ils se sont déplacés dans un autre quartier et y sont restés jusqu’à la prise de la ville de Kigali par le FPR-Inkotanyi. Il a alors fui la guerre jusqu’à Goma en République Démocratique du Congo. Dans la fuite il a été séparé de sa famille et a préféré retourner au Rwanda à Kigali après deux semaines.

Comment-est-il allé en prison ?

Cela a commencé quand son camarade lui a dit que l’on voulait le faire tuer, il n’a pas pris l’information au sérieux. Le soir de cette journée il a rencontré trois militaires dans la rue qui lui ont demandé s’il connaissait untel. La personne en question était lui-même, Kalima. Il a eu la présence d’esprit de répondre qu’il le connaissait et a indiqué aux militaires le chemin qui allait chez ses parents. A partir de cet instant, il a pris la décision d’aller vivre dans un autre quartier où il a été hébergé par la famille. Il a informé sa mère du lieu où il vivait et passait de temps en temps au domicile familial, en coup de vent.

Le 24 janvier 1995, il marchait dans la rue quand un militaire l’a interpellé par son nom et lui a dit bonjour. Il lui a dit que le commandant de la brigade le cherchait. Kalima était à mille lieux de se douter que c’était pour le mettre en prison. Il a suivi le militaire et une fois à la brigade, le militaire a dit « voici un Interahamwe » ! Kalima n’a pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait car, dit- il : « Les militaires se sont déchaînés sur moi et m’ont rué de coups. On m’a conduit là où on enregistrait les nouveaux prisonniers, c’était le début du chemin de croix ». Il est resté dans le cachot jusqu’au 01 février 1995 : « c’était un beau jour de février 1995 vers 15h, nous étions dans une cellule et un militaire, Rukara, a appelé 13 noms, j’ai été cité. Il nous a demandés de prendre nos affaires et les autres codétenus ont commencé à me féliciter, pensant que j’allais être libéré. Si seulement ils avaient su ! » . Ce jour-là un pickup les attendait pour les conduire à la prison centrale de Kigali, la fameuse prison 1930 « le voyage vers l’enfer commençait » nous confie Kalima.

Ils y sont arrivés vers 17h, une fois sur place, les militaires qui gardaient la prison les ont frappés avant de les faire entrer dans la prison. « J’y suis entré avec la peur au ventre, non seulement j’avais peur d’y trouver beaucoup d’Interahamwe, ceux qui avaient tués les gens mais aussi comment allais-je survivre dans cette prison moi, jeune adolescent de 18 ans et 5 mois, timide et introverti ? ». Une fois à l’intérieur, une personne s’est exclamée « ils commencent à enfermer les Tutsi aussi ? ». Pour Kalima, selon la procédure pénale de l’époque, ils auraient dû être interrogés par le procureur public, la seule autorité qui était habilitée à placer des personnes en détention provisoire : « Cette étape a été sautée, mais qui se souciait des procédures ? »

Les premiers pas dans la prison

L’enregistrement dans la prison s’est fait en deux étapes, en premier lieu, les prisonniers ont été enregistrés chez le capita général [1]. On a donné à chaque détenu une couverture, une assiette et un gobelet et on les a affectés à des « blocs ». La prison était divisée en 12 blocs administratifs et chaque prisonnier était affecté à un bloc, le personnel de la prison équilibrait le nombre de prisonniers par bloc. A cette étape un ancien voisin a reconnu Kalima et l’a suivi dans les étapes qui ont suivies. La seconde étape d’enregistrement a été effectuée auprès du bloc d’affectation, on a attribué à Kalima le numéro 521, il y avait déjà 6 000 prisonniers dans la prison pour une capacité de 2 500 personnes, ce chiffre a atteint 10 000 durant le séjour de Kalima. Ensuite Kalima a passé 3h en faisant la queue pour avoir à manger, son plat était composé de pâte de maïs et de haricots dont la moitié était des cailloux. « Cela ne m’a pas surpris, à l’internat on pouvait trouver des cailloux dans le plat des haricots ».

Kalima a mangé chez son voisin, ce dernier s’est assuré que Kalima trouve une place où dormir en le conduisant à un endroit nommé « mu kiderenka – dans la délinquance » et en lui achetant une place à 200Frw, il lui a donné aussi une couverture supplémentaire. Les prisonniers dormaient par terre et utilisaient des briques comme coussins, sa place de fortune était large de 40 cm et longue de 2 m. Kalima se souvient que quelques mètres plus loin, quelques personnes discutaient de comment ils avaient tué des gens au cours du génocide et cela lui glaçait le dos. « Je n’ai pas fermé l’œil cette nuit-là, je n’avais pas encore réalisé quel était mon nouveau monde et j’apprendrai plus tard que ce sera fréquent d’entendre de telles histoires». La prison allait devenir sa nouvelle maison pour les prochains 3 830 jours.

La prison en guise d’université

Quelques jours avant sa détention, Kalima s’était inscrit dans une école pour reprendre ses études de mathématiques et de physique, de ce fait pendant les premiers jours de prison il écoutait attentivement les annonces, il pensait naïvement qu’ils (ceux qui l’avaient arrêté) réaliseraient qu’ils avaient commis une faute et le libéreraient. Dans le jargon de la prison, il était encore un « umuselire – nouvel arrivant », petit à petit il a pris conscience qu’il était entré dans une autre université, celle de la vie dure et que les mathématiques et la physique seraient pour plus tard. Kalima a eu sa première visite après deux semaines en prison. Sa famille était restée sans ses nouvelles depuis son arrestation et c’est la femme du voisin qui avait pu informer sa mère de sa situation « à cette première visite, je n’ai pas parlé à ma mère, elle n’a pas pu s’empêcher de pleurer ».

Petit à petit Kalima commençait à s’habituer à la vie difficile de la prison, la pâte de maïs était devenue savoureuse, faire trois heures de file pour aller aux toilettes ou pour aller boire de l’eau lui semblait normal. Il venait de passer du grade de nouvel arrivant à celui du « umupeuple – une personne habituée à la prison », il n’était plus timide, ni un étudiant, il était devenu un prisonnier : « Les premiers jours sont si difficiles, mais le plus tôt on s’habitue à la vie en prison, le plus vite on accepte le destin, plus facile sera la vie en prison. Le seul choix que l’on a, est d’être mentalement solide, sinon la vie difficile en prison vous fait craquer. ». Il a fallu deux mois à Kalima pour commencer à s’impliquer dans les activités de la prison.

L’organisation de la prison

A l’intérieur de la prison, il y avait un organigramme avec les départements et leurs responsabilités. Le responsable de la prison avait le titre du « capita général », il était à la tête d’un bureau composé d’un secrétaire général et d’un intendant. La nourriture, le savon, et les autres ustensiles étaient distribués dans les 12 blocs administratifs. Les malades étaient enregistrés dans leurs blocs qui se chargeaient de les faire soigner, chaque bloc était dirigé par un « capita » aidé par un secrétaire. Il y avait un service de sécurité dirigé par un Brigadier-chef aidé par 2 sous-brigadiers et un secrétaire. Chaque bloc avait ses propres hommes chargés de la sécurité dont le responsable avait le titre de conseiller et était secondé par un sous conseiller. Il y avait le service d’hygiène, une équipe médicale et une radio « Radio Mouvement Xaveri, RMX » qui informait les prisonniers. Pour finir il y avait un Service d’Encadrement Socio-éducatif (SESE) qui fournissait un apprentissage aux prisonniers avec des leçons variées.

L’aspect judiciaire en prison

  • Les arrestations arbitraires

Au Rwanda, après l’arrivée au pouvoir du FPR-Inkotanyi en 1994, les nouvelles autorités ont ressemblé les gens et les ont mis en prison, elles les accusaient d’avoir participé au génocide. Une grande majorité de gens est sortie de chez elle en suivant les soldats ou les cadres du FPR (abakada), qui leur disaient de les suivre pour aller fournir une petite explication (gusobanura akantu gato). Beaucoup de ces personnes ne sont plus jamais retournées chez elles « 25 ans plus tard, elles sont toujours en train d’expliquer », ironise Kalima. Une autre partie des gens a été arrêtée à la suite de délations de leurs voisins, les gens dénoncés n’avaient pas nécessairement participé au génocide mais étaient dénoncés à cause de la jalousie, de règlements de comptes entre voisins, de la haine pure ou de l’extrémisme.

L’autre motif qui a fait arrêter les gens est leur physionomie, les soldats disaient à propos de ces gens que sans aucun doute ils avaient tué des Tutsi, même s’ils ne les connaissaient pas du tout, bien que personne ne les ait dénoncés. La plupart des gens arrêtés a été torturée au point d’accepter la responsabilité des faits dont elle ne réalisait pas l’ampleur. Par exemple les gens étaient battus au point d’oublier leurs noms. Parfois, les soldats appelaient ceux qui avaient dénoncés à participer au tabassage de ceux qu’ils avaient dénoncés, Kalima a cité un cas « Gasogi, qui avait les mains attachées à l’arrière, un style utilisé par le FPR (ingoyi) et la femme qui l’avait dénoncé a été appelée, comme c’était la nuit, elle a pissé dans sa bouche ».

  • Les détentions arbitraires

Pour Kalima toutes les personnes arrêtées n’ont pas été conduites en prison, une partie seulement l’a été et c’était pour elle un soulagement. En effet après avoir été arrêtés : « Les gens étaient détenus dans des trous, par exemple à Mont Kigali, et les soldats tuaient lentement certains d’entre eux et jetaient leurs corps auprès de ceux qui étaient encore en vie pour les effrayer. Ils ne pouvaient pas se nourrir, ni se laver, leurs corps et leurs vêtements étaient couverts de poux ». Les plus chanceux ont été retrouvés par le CICR, qui les a enregistrés et ils ne pouvaient plus être tués par les soldats du FPR. « La détention a été arbitraire, injuste et illégale », le sort de ceux qui se sont retrouvés dans les prisons n’a jamais été dûment documenté ou a été beaucoup ignoré. Kalima continue en disant que «Cela faisait partie d’un plan sinistre visant à mettre une partie de la population à genoux ». « Dès juillet 1994, les premières personnes ont déjà été arrêtées et détenues à Rilima, comme le regretté ambassadeur Sylvestre Kamali et les autres qui ont été les premières personnes à être emprisonnées. Quand la prison centrale de Kigali a été rouverte en août 1994, son premier détenu a été Hassan Nkunzurwanda (Ndanda), un footballeur ».

  • Le cas de Kalima

De 1995 à 2001, Kalima n’a pas rencontré de procureur, il croupissait en prison sans savoir ce qui lui était reproché. En 2001, la direction a demandé la liste des prisonniers qui n’avaient jamais rencontré le parquet. Quand la liste a été faite, les substituts du procureur ont commencé à interroger les personnes sur la liste un à un. Quand ce fut son tour, Kalima a rencontré le substitut nommé Ndibwami Rugambwa qui lui a demandé de nommer les personnes qu’il connaissait et qui ont été tuées pendant le génocide. De bonne foi Kalima lui a communiqué la liste et le substitut a promis d’enquêter et de revenir vers lui. Trois semaines après, Ndibwami est venu et a inculpé Kalima d’avoir tué les personnes que Kalima avait nommées. Quand ce dernier lui a demandé s’il avait des preuves, il lui a répondu qu’il devait prouver son innocence. « A partir de ce moment-là, après 6 ans de détention illégale et hors la loi, j’ai été formellement inculpé d’une affaire qui a été traitée et classée de manière non professionnelle, la présomption d’innocence, un principe universel, était bafouée ».

  • Les Gacaca dans la prison

Avec plus de 150.000 prisonniers, le gouvernement rwandais a décidé de mettre en place des tribunaux « gacaca » pour accélérer les procès pour génocide. Dans la prison de 1930 on a demandé aux prisonniers de collecter les informations (Ikusanyamakuru) en listant les personnes qui ont été tuées entre le 1er octobre 1990 et le 31 décembre 1994, en indiquant qui les a tuées, quelle arme a été utilisée et l’endroit où les personnes ont été tuées. Pour ce faire les prisonniers se rassemblaient dans leurs cellules en fonction de là où ils habitaient en 1994. L’exercice n’a pas eu les résultats escomptés car la majorité de personnes listées étaient des Hutu tués par le FPR. La direction de la prison a demandé toutes les informations recueillies et le sujet n’a plus jamais été évoqué. On a alors demandé aux prisonniers de ne lister que les victimes tutsies.

  • La conclusion

Selon Kalima, dans la prison tout a été fait pour briser émotionnellement les prisonniers, Une partie a craqué facilement et une autre a résisté. La plupart des prisonniers n’avait pas été inculpée et malgré cela ils ont été traités comme des condamnés. Au Rwanda à l’époque les principes étaient renversés : « La culpabilité jusqu’à ce qu’un tribunal ait prouvé le contraire ». Pendant environ 7 ou 8 ans, les militaires venaient et choisissaient quelques personnes au hasard parmi « les sans dossiers » et ils n’étaient plus jamais revus. Kalima pense qu’ils auraient été tués. La prison était surpeuplée, 10 000 personnes au plus fort pour une capacité de 2 500 personnes. Les prisonniers respiraient difficilement, étaient laissés à la merci des maladies comme le choléra, la dysenterie et la typhoïde, qui ont fait des milliers de morts. Il n’y avait pas d’espoir en prison « les prisonniers demandaient à Dieu de mourir en paix ».

La prison au quotidien

  • Les visites

La prison est un pays à l’intérieur d’un pays, Les prisonniers avaient le droit à une visite de leur famille une fois par semaine. C’était le vendredi ou le samedi pour les étudiants et les travailleurs sur présentation des justificatifs comme une carte scolaire. Un jeudi par mois, sur lequel on a ajouté un mercredi par mois, c’était la journée des enfants en bas âge. La visite n’était pas personnalisée, elle se passait dans une foule immense et durait 3 minutes. L’exception était faite pour les gens qui avaient des justificatifs médicaux attestant qu’ils ne pouvaient pas manger la nourriture de la prison. Eux, avaient droit à une visite quotidienne pour leur apporter à manger.

Pour le reste, la société en prison est comme partout ailleurs: tout le monde n’est pas égal, ceux qui avaient une famille qui prenait soin d’eux étaient les mieux lotis. Celui qui n’avait personne pour venir le voir avait une vie pénible dans la mesure où les rations de nourriture distribuées étaient maigres.

  • La nourriture

D’un point de vue alimentaire, les prisonniers étaient délibérément affamés. Kalima raconte la fois où les geôliers ont élaboré un sinistre plan pour éliminer lentement les prisonniers « Ils grillaient et mélangeaient des éclats de verre dans le sorgho (une céréale servant à préparer la bouillie des prisonniers) : «Imaginez que l’on vous donne des bris de verres pour manger ! » Il y avait aussi les fois où « les prisonniers passaient 3 jours sans manger. Les plus faibles mouraient, et le jour où ils décidaient de ramener la nourriture, les autres mouraient aussi puisqu’ils voulaient beaucoup manger sans savoir qu’après un si long moment de jeûne on mange une petite quantité». Le pire moment pour l’aspect nourriture est le mois de mai 1997 quand « nous n’avons mangé que 8 fois ce mois-là, parfois il y avait de la nourriture et pas de bois pour le feu ou vice versa, les gens dormaient la nuit et ne se réveillaient pas, emportés par la faim».

Pour la qualité, elle n’était pas au rendez-vous, « il y avait cette farine de maïs amère et surtout des haricots pourris infestés de charançons (imungu) ». Pour la quantité, c’était un gobelet de haricots et quelques grammes de pâte de maïs par personne. Exceptionnellement, la pâte de manioc pouvait être distribuée, elle était si maigre que les prisonniers l’avaient surnommé « les miettes ». Dans la grande majorité des cas, le menu était un mélange de haricots et de maïs (impungure) servi en quantité de deux gobelets par personne.

Pour avoir des rations complémentaires, il fallait faire partie de l’équipe de supervision ou travailler dans la cuisine. Dans ce cas, on avait droit à une double ou triple ration. Aussi quand on travaillait pour les autres : laver leur linge, faire la queue à leur place…on était payé en nourriture.

La situation des prisonniers s’est un peu améliorée en 1995 quand le CICR a commencé à fournir des biscuits et des comprimés multivitaminés. Cependant une partie des prisonniers a refusé de prendre ces comprimés, de peur de devenir stérile.

  • La débrouillardise

Les prisonniers n’étaient pas autorisés à posséder de l’argent mais ils en avaient : il y avait beaucoup de petits commerces : les coiffeurs, des boutiques, ceux qui repassaient les habits, les tailleurs, ceux qui allaient chercher l’eau pour les autres…on pouvait aussi travailler en prison comme capita, chargé de sécurité, ou dans la cuisine, si on acceptait d’être payé en nourriture ou en autres avantages comme : ne pas faire la queue pour tous les services (distribution des aliments, récupérer l’eau pour se laver, rencontrer ses visiteurs…) Il y avait aussi la possibilité de faire partie de l’équipe de production qui sortait de la prison pour aller faire les travaux de construction, par exemple. Le SESE (Service d’Encadrement Socio Educatif) donnait des formations diverses, beaucoup de prisonniers y ont appris des métiers et en ont fait leur gagne-pain à leur sortie de prison. Pour Kalima, le plus grand bénéfice et pour le grand nombre a été pour les analphabètes qui ont appris à lire et à écrire en prison.

Pour la prière, il y avait une maison pour toutes les religions chrétiennes qui alternaient pour prier, les musulmans avaient leur mosquée et, un peu partout dans la prison, il y avait des chambres réservées à la prière.

  • La prise en charge médicale

Dans chaque bloc, cinq prisonniers étaient enregistrés tous les matins. Un tirage au sort était effectué pour choisir ceux qui allaient être conduits à l’infirmerie à l’extérieur de la prison. Cette infirmerie était gérée par des infirmiers non prisonniers aidés par des docteurs et infirmiers prisonniers. A l’intérieur de la prison, il y avait un hôpital géré par les prisonniers. Quand on tombait gravement malade au cours de la nuit, on était transporté par la Croix Rouge vers cet hôpital pour recevoir les premiers soins et le lendemain on était amené à l’extérieur. Les cas les plus compliqués étaient envoyés au Centre Hospitalier de Kigali (CHK). C’est le responsable de l’infirmerie qui choisissait les cas qui devaient être transférés au CHK, et le directeur de la prison validait le transfert. Au CHK ce sont les prisonniers qui prenaient soin des détenus hospitalisés car il n’était pas autorisé que leurs familles le fassent. Le service médical composé de médecins et infirmiers incarcérés jouait un rôle essentiel dans la prison, il sensibilisait les prisonniers dans la lutte contre les maladies transmissibles, sur la santé et l’hygiène.

Parfois les prisonniers faisaient une collecte de fonds « la collecte pour les malades » afin de venir en aide aux prisonniers qui n’avaient pas les moyens de se procurer les médicaments, mais cela n’était pas suffisant.

  • Le vivre ensemble

En général, les prisonniers vivaient bien ensemble mais, comme partout, il y avait de petits problèmes entre les gens. Ils pouvaient se battre pour le pouvoir au point de conspirer les uns contre les autres, par exemple on accusait celui que l’on voulait qu’il soit transféré à une autre prison d’avoir empêché les autres d’avouer ce qui leur était reproché. Il pouvait arriver aussi qu’une personne qui a fait mettre les autres en prison, soit aussi emprisonnée à son tour, dans ce cas les premiers jours pouvaient être étranges pour la personne et au bout de quelques jours les protagonistes pouvaient se parler. Il y a eu très peu de cas où les prisonniers se sont battus entre eux. En général il y avait une bonne ambiance dans la prison de 1930 et les chargés de sécurité faisaient bien leur travail en mettant celui qui voulait faire les troubles dans un cachot (à l’intérieur de la prison). Les gens parlaient des ethnies parfois du bout des lèvres mais n’y accordaient pas d’importance. Le souci majeur des prisonniers était de « sortir de la prison ». Avant que Kalima ne quitte la prison, soit en 2005, il commençait à y avoir un mauvais climat lié aux tribunaux Gacaca qui avaient lieu à l’intérieur de la prison et une partie des prisonniers allait demander des mesures de sécurité spécifiques car elle ne se sentait pas en sécurité.

  • Les enfants en prison

Kalima raconte qu’il y avait beaucoup de jeunes en prison, beaucoup plus jeunes que lui. Ils étaient actifs dans les mouvements de jeunesse comme les Xaveri, les Scouts, la Jeunesse ouvrière chrétienne ou la Croix Rouge…

Il y a eu un capita général, qui avait été un professeur dans les écoles secondaires, il avait fait en sorte que les jeunes soient impliqués dans les services de sécurité, d’hygiène ou dans la cuisine, et une petite partie d’entre eux, dont Kalima, était impliquée dans l’administration. Pour la partie sombre, l’homosexualité et la prostitution étaient interdites dans la prison mais malgré cela certains enfants (moins de 18 ans) ont été obligés de se prostituer pour survivre, par exemple pour avoir une ration de nourriture complémentaire. Une petite partie des jeunes est tombée dans la drogue.

« Mettre les enfants en prison revient à les abîmer, ils en ressortent avec beaucoup de blessures, une partie en ressort en étant devenue de dangereux criminels. S’ils ont été emprisonnés alors qu’ils étaient innocents, ils en ressortent avec beaucoup de mécontentement ».

  • Les conséquences pour les familles

Les produits de première nécessité dont la nourriture, étaient une denrée rare en prison. Les prisonniers dépendaient de leurs familles, qui elles-mêmes étaient déjà épuisées car on leur avait privé du principal soutien de la famille. C’est la première conséquence pour les familles.

De plus, les familles étaient utilisées pour mettre la pression sur les prisonniers pour qu’ils avouent, on leur disait que si les leurs restaient en prison c’était parce qu’ils n’avouaient pas. La famille des prisonniers pouvait douter de leur proche et on pouvait assister à des scènes où « les enfants qui venaient rendre visite à leurs parents leur disaient que c’est de leur faute s’ils étaient toujours en prison, que s’ils avaient avoué ils seraient sortis ». Et quelques familles arrêtaient de venir voir les leurs pour ce motif.

Les gardiens ou militaires de la prison profitaient de leur situation pour abuser des femmes : « J’étais là quand les femmes qui venaient rendre visite à leurs pères, frères ou maris étaient amenées à coucher avec les soldats ou gardiens, notamment les sous-lieutenants Beni et Kayijamahe, les sergents Emmanuel, Valens et Sibomana, pour pouvoir voir les leurs ».

  • Le cas spécifique de sa famille

En Juillet 1995 Kalima n’a pas eu la visite de sa mère pendant deux semaines. Il commençait à s’inquiéter quand il a appris qu’elle avait été arrêtée. « Un vendredi après-midi, un de mes compagnons de prison qui la connaissait m’a informé que ma mère était maintenant en prison (quartier des femmes), qu’elle lui avait demandé de m’en informer. J’étais tellement dévasté et espérais qu’elle serait libérée car cette femme ne pouvait même pas faire du mal à une mouche ». Kalima l’a vue le dimanche à l’église dans la messe catholique romaine du dimanche. Voir sa mère en uniforme rose et le crâne rasé, comme il est de coutume pour les détenus au Rwanda, a brisé Kalima. Sa mère lui a souri et salué de loin car le contact n’était pas permis entre les prisonniers.

Le vendredi suivant, à l’occasion de la visite spéciale hebdomadaire autorisée entre les détenus de sexe masculin et féminin apparentés, Kalima a vu sa mère, « elle continuait à lutter pour s’habituer à la réalité de la vie carcérale et espérait sortir assez rapidement et que les choses reviendraient à la normale ». Entre deux visites hebdomadaires Kalima et sa mère s’envoyaient des avions en papier pour communiquer. C’est ainsi que les détenus hommes et femmes communiquaient entre eux, c’était interdit mais ils passaient outre.

En octobre 1997, la mère de Kalima est tombée malade et a été transférée à l’hôpital de Kigali (CHK). Ce sont les membres de la Croix Rouge qui ont informé Kalima, il a été autorisé à aller la voir 3 jours avant sa mort et a passé 7 heures à son chevet « je pouvais voir qu’elle était fragile et ne pouvait pas y arriver ». Elle a gardé un visage courageux et a dit à son fils qu’ils allaient être libérés, que Dieu ne pouvait pas autoriser qu’une telle injustice se poursuive. Le souhait de la mère était que le fils soit libéré avant elle pour qu’il puisse reprendre ses études. Kalima garde en mémoire précieusement le passage de la bible que sa mère avait collé sur son lit d’hôpital «Il y a deux choses que je t’ai demandées ; Ne me les refuse pas avant que je meure : Éloigne de moi fausseté et paroles mensongères ! Ne me donne ni pauvreté, ni richesses ! Dispense-moi le pain de mon ordinaire, De peur qu’étant rassasié je ne te renie Et ne dise : Qui est l’Éternel ? Ou qu’étant devenu pauvre, je ne dérobe Et ne porte atteinte au nom de mon Dieu » Proverbes 30 :7-9. Ce jour-là le fils et la mère ont parlé de beaucoup de choses.

Le 04 novembre 1997, Kalima s’est réveillé avec un mal de dos, une chose inhabituelle vu son jeune âge, et une mauvaise humeur. Plus tard dans la matinée il a été appelé pour aller dans les services sociaux de la prison, là il a rencontré son cousin qui lui apportait la pire nouvelle de sa vie : « Ma mère avait respiré pour la dernière fois, j’ai fondu en larmes ». Il est retourné à l’intérieur de la prison, il ne voulait parler à personne. Les mauvaises nouvelles se rependaient rapidement dans la prison et de nombreux détenus sont venus le voir sur son lit où il était assis pour le consoler : « Plus les gens essayaient de me réconforter, plus la nouvelle me faisait mal, plus j’étais triste, ma meilleure amie était partie, la femme qui a souffert de l’injustice d’un régime qui était obstinément décidé à faire souffrir une partie de la population était décédée, Elle avait emporté avec elle ses espoirs d’avoir droit à une justice, ses rêves de voir ses enfants grandir, son rêve de devenir grand-mère. Elle était partie aussi avec la douleur, la souffrance d’avoir vu la vie de ses enfants brisée, de les laisser jeunes, devant affronter par eux-mêmes un monde plein de haine ». Kalima n’était pas autorisé à aller enterrer sa mère, « c’est la vie en prison » mais se consolait qu’elle ait eu un enterrement digne.

La seconde naissance

Kalima est sorti de la prison le 29 juillet 2005 quand on a sorti des prisons toutes les personnes qui avaient moins de 18 ans pendant le génocide. Il n’a pas pu reprendre les études car il manquait de soutien. Le jour de sortie, Kalima avait des sentiments mixtes, il était content de retrouver enfin la liberté et en même temps appréhendait la réintégration dans la société: « J’avais peur que l’on s’en prenne à moi et je ne savais pas où j’allais habiter. J’étais un adolescent quand je suis allé en prison et j’étais devenu un homme à la sortie, je ne me voyais pas vivre chez quelqu’un ».

La prison avait détruit sa famille: orphelin de père, aîné de sa famille, lui en prison c’était un soutient en moins pour sa mère et ses petits frères et sœurs. L’emprisonnement de sa mère a nui au reste de la fratrie, qui a grandi blessée au point de ne pas aller rendre visite à leur maman et grand frère. La familleélargie avait pris soin d’eux. A la sortie de prison, Kalima est passé par un camp de rééducation pendant un mois. « On nous apprenait l’évangile du FPR ». Après on leur a donné les papiers pour rentrer chez eux et ils devaient se présenter au parquet tous les derniers vendredis du mois. Une fois dehors, le premier conseil que l’on a donné à Kalima est de « vivre en marchant sur les œufs car les gens avaient beaucoup changé». L’appréciation de Kalima du Rwanda après la prison a été que « le pays avait beaucoup changé, les gens, la culture et les comportements avaient changé. Le Rwanda me faisait peur, je ne me voyais pas dans ce Rwanda ».

La vie après la prison a été difficile, Kalima n’a pas pu s’y habituer, il sentait peser sur lui le stigma d’avoir été emprisonné pour le crime de génocide même s’il était innocent. Quand c’était possible, il essayait de le cacher et il a fini par prendre le chemin de l’exil. Malgré la dureté de la vie en prison, elle a été pour Kalima une école de la vie, il y a appris l’anglais, le dédouanement, faire les études des projets et la construction (la théorie). Lorsqu’il est invité à dire un mot sur son expérience Kalima répond « la prison a brisé mes rêves et m’a laissé une dépression dont je souffre toujours »

Le message que Kalima veut faire passer auprès du grand public est de ne pas croire que toutes les personnes en prison sont des malfaiteurs. « Il y a des innocents qui sont en prison à la suite de fausses accusations dont ils ont fait l’objet, ou parce que des plus forts qu’eux les ont fait mettre en prison. Ils sont en prison parce qu’ils faisaient des envieux, ou à cause de la haine ». Il encourage les gens qui ont les leurs en prison d’aller les voir, de ne pas les abandonner car la vie en prison est très dure. «Si vous ne pouvez pas y aller, envoyez quelqu’un à votre place ».

Pour finir, il dit qu’il n’y a pas que du négatif dans la prison, il y a des choses positives comme « le vivre ensemble, c’est une école de la vie, si on n’y restait pas longtemps on en ressortirait avec des nouvelles perspectives sur la vie, mais quand l’on y reste longtemps, la prison abîme ».

La vie en prison a inspiré à Kalima cette devise qu’il partageait avec les jeunes codétenus : « Ne jamais laisser personne briser nos esprits, ils ont peut-être brisé nos os, brisé nos rêves mais nos esprits sont restés intacts. Je ne succomberai jamais à la haine, je ne chercherai jamais à me venger, je plaiderai toujours pour la justice et l’équité, je ne soumettrai jamais aucun être humain à la torture ou à la détention illégale. Au travers de l’expérience en prison les mains de Dieu m’ont gardé, je remets mon destin entre ses mains».

Constance MUTIMUKEYE

Jambonews

IBUKA ni nk’indwara ya kanseri ikaze ikomeje kumunga ubumwe n’ubwiyunge bw’abanyarwanda.

 

Abayobozi b’Ishyaka Ishema ry’u Rwanda bamaze iminsi mu mwiherero udasanzwe basuzuma byimbitse ikibazo nyakuri kibangamiye Ubumwe n’Ubwiyunge by’Abanyarwanda. Bagenze ku mwanzuro ko umuzi nyakuri w’IKIBAZO ari ishyirahamwe ryiyise « IBUKA ».

« IBUKA ni nk’indwara ya « Kanseri » ikomeje kumunga Ubumwe n’Ubwiyunge by’Abanyarwanda ».

Abanyarwanda bo mu moko yose barangije gutahura neza icyo IBUKA aricyo, muri kamere yayo no mu mikorere yayo. Twese tuzi ko IBUKA atari ishyirahamwe risanzwe, ritanga umuganda waryo mu kubaka igihugu. IBUKA ni Ishyirahamwe riteye ukwaryo.

Niyo mpamvu benshi bakomeje kwirinda kugira icyo batangaza kuri IBUKA kugira ngo hato badafungwa, bakicwa cyangwa bakaburirwa irengero kubera ububasha bw’umurengera IBUKA yibitseho.

1. IBUKA ni iki ?

Iyo witegereje imikorere yayo, usanga mu by’ukuri IBUKA ari UMUTWE W’ITERABWOBA(une organisation terroriste), wigaruriye inzego za Leta y’u Rwanda, ukazikoresha mu buryo bwo kwimakaza « idéologie raciste »,yemeza ko abenegihugu bo mu bwoko bw’Abatutsi bonyine aribo « banyarwanda bagomba kwitabwaho»,  bityo bakaba bagomba kwikubira  ibyiza byose by’igihugu.

Naho wakwitegereza kamere yayo nyakuri, ugasanga  IBUKA ari Ishyirahamwe ry’Abatutsi « extremistes » biyemeje guharanira inyungu z’Abatutsi baryemera bonyine.

2. Twibukiranye amavu n’amavuko ya IBUKA

« IBUKA-Mémoire et Justice » yatangiye yiyita Ishyirahamwe ritegamiye kuri Leta (Organisation non gouvernementale). Ngo yari ifite intego yo « Kwibuka jenoside, Guharanira ubutabera no Gutera inkunga abacitse ku icumu » ! 

Yatangiriye mu gihugu cy’Ububiligi taliki ya 16/08/ 1994, ikwirakwizwa mu bindi bihugu. Mu Busuwisi yatangijwe taliki ya 28/05/1995. Mu Bufaransa yahageze mu kwezi kwa Mata 2002 ndetse muri icyo gihugu iza kwemerwa nk’ishyirahamwe riharanira inyungu rusange (Association reconnue d’intérêt général) mu mwaka wa 2014. Yageze mu Buholandi mu 2003, no mu Butaliyani yaje kuhagera.

Mu gihugu cy’u Rwanda ho IBUKA yahatangijwe taliki ya 14/11/1995.

Nyamara haba mu Rwanda cyangwa mu mahanga,  abashutswe ko IBUKA iharanira inyungu rusange, ntibatinze gutahura ko intego nyakuri za IBUKA zishingiye kuri « idéologie » rutwitsi y’irondakoko n’ivangurabwoko, yisabitse agatsiko k’abashinze IBUKA n’abayobozi bayo bakuru.

3. Dore inkingi 4 zubakiyeho imitekerereze, imyitwarire n’imigenzereze yabo :

(1). barwanya byimazeyo igitekerezo cy’ubwiyunge hagati y’Abahutu n’Abatutsi,

(2). bemera kandi bakigisha ko ubwoko bw’Abatutsi busumba ubwoko bw’Abahutu n’Abatwa (idéologie supremaciste)

(3). bakora ibishoboka byose kugira ngo abenegihugu bo mu bwoko bw’Abatutsi abe aribo bonyine bikubira ibyiza byose by’igihugu,

(4). bacengera kandi bakigarurira inzego za Leta y’u Rwanda (Inzego z’ubuyobozi bw’igihugu, Igisilikari, ubutabera, Ubukungu, Uburezi n’Imibereho myiza y’abaturage ) kugira ngo bazikoreshe mu gushyira mu bikorwa « idéologie supremaciste » yabo.

4. Dore bimwe mu bikorwa bifatika bigaragaza ko IBUKA ishyize imbere IVANGURAMOKO rikaze ryo mu rwego rwa APARTHEID:

(1). Gufata Ikigega FARG Leta ishyiramo amafaranga avuye mu misoro ya rubanda, IBUKA ikagihindura ikigega cyo gufasha abana b’abatutsi bonyine. N’abari bataravuka mu 1994 bitwa abacitse ku icumu bakarihirwa. Yewe n’abari hanze y’igihugu muri 1994 kabone n’abo mu miryango itunze ibya mirenge, barafashwa ; kubera gusa ko ari abatutsi !

(2). IBUKA yadukanye umuco mubisha wo gukoresha ingando zihariye abana b’Abatutsi bonyine, bityo ikabona uko ibacengezamo idéologie  yo «kwirobanura », bakumvishwa ko ntacyo bapfana na bagenzi babo b’Abahutu , ko ahubwo bakwiye kubasuzugura no kubanena,  ahantu hose no mu bihe byose.

(3). IBUKA yihaye ububasha bwo gutoteza no kugaba ibitero ku benegihugu bagaragayeho kugira amatwara yo kurwanya AKARENGANE no guharanira impinduka nziza mu miyoborere y’igihugu niyo nabo baba ari Abatutsi.

(4). IBUKA yihaye inshingano yo gushyira iterabwoba no kwandagaza umwenegihugu wese, ushatse kwerekana ko irondakoko ari ribi.

(5). IBUKA yihaye ububasha bwo gushyigikira no kogoboka abategetsi babi bahemukira abaturage, bagahonyora uburenganzira bwa rubanda.

(6). IBUKA yivanze cyane mu migendekere y’Inkiko Gacaca, ihimbira kandi ishinja benshi mu Bahutu ibyaha bikomeye batigeze bakora hagamijwe kubambura ibyabo, kubafungira akamama, kubasenyera imiryango no kubatesha agaciro.

(7). IBUKA yihaye inshingano yo guhiga bukware abenegihugu batari bake bahungiye mu mahanga, ibatesha umutwe, ibahimbira ibyaha, ibashumuriza inkiko, kandi barengana.

(8). IBUKA irwanya abakandida bashakaga kwiyamamariza imyanya y’ubutegetsi, ikabatera ubwoba abandi ikabahimbira ibyaha batakoze kugira ngo bareke kwiyamamaza.

(9). IBUKA ikurikirana n’abana bavukiye mu mahanga batazi n’iby’u Rwanda igamije kubabuza amahirwe yabo ngo ni uko ari Abahutu.

(10). IBUKA kandi nticira akari urutega Abatutsi bashakanye n’Abahutu n’ababanye nabo ikabita abajenosideri na « Fake Survivors » !

(11). IBUKA ikoresha ingufu zayo zose kugira ngo Abahutu biciwe ababo babuzwe uburenganzira bwo gushyingura ababo mu cyubahiro no kubibuka.

(12). IBUKA ikora n’andi mahano menshi tutiriwe turondora hano ababaza abanyarwanda bikomeye.

 

          UMWANZURO

  • Nk’uko bigaragarira buri wese ko IBUKA ari Ishyirahamwe ry’Abatutsi b’indobanure bifuza gukomeza gukoresha inzego za Leta ngo bikubire ibyiza byose by’igihugu ;
  • Kubera kandi ko IBUKA yagaragaye nka ya ndwara mbi cyane yitwa « Kanseri » ikomeje kumunga ubumwe n’ubwiyunge by’Abanyarwanda ;
  • Abayobozi bose b’Ishyaka Ishema ry’u Rwanda barasaba Nyakubahwa Perezida wa Repubulika ko yakoresha ububasha ahabwa n’amategeko agasesa uwo « mutwe w’Abatutsi b’abahezanguni urangwa n’amatwara nk’ay’abaNazi » kandi abayobozi bawo bose bigize  » INKWIRAKWIZABUMARA »bagakurikiranwa n’inkiko.

Niba Leta ya Paul Kagame idashoboye kwipakurura abo bahezanguni, bizaba ngombwa ko « Rubandigooka » ihagaruka ikabyikorera.

Bikorewe Montréal, taliki ya 16/8/2019

Umutaripfana Nadine Claire KASINGE,

Perezida w’Ishyaka ISHEMA ry’u Rwanda

Rwanda : deux disparitions appellent à des enquêtes crédibles

Rwanda : que cache l’ouverture des ambassades?

Le 15 juillet 2019, la presse officielle du Rwanda a rendu public un décret présidentiel dans lequel Paul Kagame affectait QUINZE ambassadeurs pour représenter le Rwanda dans les quatre coins du monde. Certains sont des nouveaux dans la diplomatie d’autres permutent avec d’autres en changeant les pays d’affectation.

Ce mouvement diplomatique appelle quelques observations et remarques pour qui s’intéresse à la gouvernance du Rwanda sous le général Kagame.

Nouvelles ambassades ouvertes

On notera d’abord que par ce décret, Paul Kagame ouvre SEPT nouvelles ambassades qui viennent s’ajouter à la trentaine que le Rwanda entretient à travers le monde, sans compter les consulats. Ces nouvelles ambassades sont ouvertes en Angola, au Maroc, en Corée du Sud, au Qatar, à Singapour, aux Emirats Arabes Unis et au Ghana.

Permutations et nominations symptomatiques

 Certaines nominations ou permutations attirent une attention particulière. Ainsi l’ambassadeur Vincent Karega qui était en poste à Pretoria depuis plusieurs années a été envoyé à Kinshasa. Pour avoir couvert plusieurs actes spectaculaires contre les opposants de Paul Kagame vivant en Afrique du Sud, d’aucuns ne doutent pas qu’il va continuer à faire la chasse aux réfugiés rwandais vivant en RDC et dont beaucoup sont sans aucune protection juridique.

De même l’ambassadeur François-Xavier Ngarambe qui était en poste en Suisse est affecté à Paris. Ce tutsi seulement francophone pour avoir vécu uniquement au Rwanda connaît tous les opposants hutu vivant en France et dont certains sont très actifs en politique. Sans aucun doute l’une de ses principales missions est de les faire taire par tous les moyens en coordination avec Louise Mushikiwabo déjà à Paris dans l’OIF et Theos Badege à Lyon dans Interpol.

L’on notera aussi la nomination du général Charles Karamba comme nouvel ambassadeur en Tanzanie. Cet officier inculpé par la justice espagnole pour crimes de guerre et contre l’humanité était jusqu’ici et depuis peu chef d’Etat-major de la Force aérienne.

Pour mémoire, l’on se souviendra que c’est lui qui a convoyé de la frontière ougandaise à Kigali les missiles sol-air qui ont abattu l’avion présidentiel le 06 avril 1994 déclencha le génocide rwandais. S’il est envoyé en Tanzanie, c’est principalement pour suivre de près l’attitude et la connaissance de ce pays face aux visées belliqueuses de Paul Kagame.

Sachant qu’aucune action militaire ne peut réussir dans cette région si elle n’a pas l’aval de la Tanzanie, Paul Kagame doit s’assurer de la position de cette puissance régionale.

En Afrique du Sud, autre puissance qui compte dans la région et sur le continent, Paul Kagame vient d’y nommer un agent de ses services des Renseignements militaires DMI à savoir Monsieur Eugène Segore Kayihura. Il est clair qu’il va y poursuivre le sale boulot de son prédécesseur à savoir faire la chasse aux opposants réfugiés dans ce pays et dans toute l’Afrique australe.

Disgrâce ou fin de carrière

Ce décret reste muet sur le sort du général Charles Kayonga qui était ambassadeur en Chine et qui vient d’être remplacé par James Kimonyo longtemps conseiller à la présidence. Cet ancien chef d’Etat major qui avait remplacé Kayumba-Nyamwasa à ce poste quand ce dernier a pris le chemin de l’exil, serait-il lui aussi tombé en disgrâce ? L’avenir proche nous le dira. Il en est de même de Jacques Kabare qui était ambassadeur à Paris où il avait été nommé pour seulement être tutsi et francophone (car né et éduqué dans l’ex-Zaïre) mais sans autre qualité ni compétence.

Corps diplomatique monoethnique

Comme dans tous les services publics sensibles (Commandement de l’armée, de la Police, Service des Renseignements…), le corps diplomatique du Rwanda est presque exclusivement réservé aux Tutsi. Les quelques hutu de service qui y sont nommés sont destinés à la propagande extérieure et sont confinés dans des postes symboliques. Ainsi sur les quinze ambassadeurs concernés par ce décret une seule est d’ethnie hutu. Il s’agit de Madame Yasmin Amri Sued, la fille de feu Amri Sued Ismaël qui fut longtemps ambassadeur sous le régime Habyarimana et après. Sa fille a été nommée ambassadeur en Corée du Sud.

Vivre au-dessus de ses moyens

Ouvrir et entretenir une ambassade coûte cher. C’est pourquoi même les grandes puissances ne les disséminent pas dans chaque pays du monde. Ces pays regroupent souvent les pays par région et ouvrent une ou deux ambassades couvrant les autres. Le Rwanda de Paul Kagame semble être plus nanti que toutes ces puissances car au rythme où il y va, il battra bientôt le record d’avoir des ambassades dans les 180 pays du monde.

A part les ambassades ouvertes dans chacun des pays voisins, d’autres sont difficilement défendables. Comment en effet le Rwanda peut se permettre d’ouvrir cinq ambassades en Afrique australe alors qu’une seule pouvait les couvrir efficacement ? Mais Paul Kagame a une ambassade à Pretoria, à Maputo, à Harare, à Lusaka, à Windhoek et peut-être bientôt à Gaberones.

De même Paul Kagame ouvre des ambassades en cascade en Afrique de l’Ouest alors qu’une ou deux pourrait faire l’affaire. Une ambassade à Abuja, à Abidjan, à Dakar, à Accra et bientôt à Bamako et à Ouagadougou… comme pour épater davantage ces pays qui prennent naïvement et faussement Paul Kagame comme un leader hors pair et omniscient !

Au Moyen Orient, Paul Kagame étonne aussi en se permettant d’ouvrir et d’entretenir des ambassades dans presque tous les pays alors qu’une ou deux suffiraient à les couvrir. Comment en effet le Rwanda peut avoir une ambassade au Caire, une autre à Ryad, une autre à Jérusalem, une autre à Dubaï, une autre à Doha et bientôt une autre à Bagdad?

En Asie du Sud Est, le même phénomène s’observe. Paul Kagame y ouvre des ambassades qui sont tellement proches que ses ambassadeurs passent leurs Week-end ensemble! Le Rwanda a en effet une ambassade à Beijing, à New Delhi, à Singapour, à Séoul, à Tokyo … sans parler de celles en Australie et Nouvelle Zélande.

Conclusion

Après ce constat, on peut affirmer sans grand risque de se tromper que les ambassades que Paul Kagame ouvrent intempestivement à travers le monde ne sont pas de vraies ambassades au sens diplomatique du terme et selon les conventions de Vienne. Ce sont plutôt des antennes de l’organisation terroriste qu’est devenue l’ancienne rébellion tutsi du FPR qui s’est emparée du Rwanda en 1994 et qui sème la terreur dans toute la région et bientôt dans le monde entier. Ses fausses ambassades sont aussi des succursales des sociétés commerciales de Paul Kagame et sa clique qui pillent le Rwanda et les pays voisins principalement la RDC. C’est pourquoi ces antennes et ses succursales doivent être disséminées à travers le monde au prix du contribuable rwandais qui est saigné à blanc depuis 25 ans.

P.S: Selon le dernier décompte effectué en juillet 2019, le Rwanda comptent 42 ambassades à travers le monde. Ceci sans y inclure des consulats qui sont encore plus nombreux. Peu de puissances peuvent rivaliser avec lui en termes de représentations diplomatiques. Mais comme ce ne sont pas de vraies ambassades mais plutôt des postes de commandement des escadrons de la mort du régime et des points de chute ou des planques des trafiquants du dictateur tutsi Paul Kagame, personne ne peut s’en étonner.

Emmanuel Neretse
Bruxelles, le 31/07/2018

Patrick MBEKO rend hommage à Pierre PEAN.

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Il était le meilleur de sa génération; l’un des meilleurs journalistes d’enquête, non pas en France seulement, mais au monde. « Il », c’est Pierre Péan. Quand j’étais de passage en France et qu’il était disponible, nous nous organisions pour aller prendre un café au Café de la paix situé à la Place de l’opéra à Paris. Nos rencontres étaient l’occasion de parler de politique africaine, des enquêtes et surtout de la situation dans la région des Grands Lacs. Au fil des ans, il était devenu un ami, un aîné, que j’appelais affectueusement « MZEE » (littéralement « vieux » en swahili ou « sage »). À chaque fois que j’avais besoin de lui, il était disponible. Ses conseils et observations étaient toujours pertinents.

Pierre Péan n’est plus. Quelle triste nouvelle ! Une énorme perte. C’est un ami de l’Afrique et des Africains qui s’en est allé. Un homme dont les enquêtes faisaient trembler les puissants, aussi bien en France qu’en Afrique. Un homme d’un courage exceptionnel qui n’avait pas peur de susciter la controverse et qui savait tenir tête aux puissants, parfois au péril de sa vie. Des anecdotes, il en avait beaucoup à raconter. Un jour, il vient me prendre à la gare et on se rend chez lui. À l’entrée de sa résidence, il me montre un coin et me dit : «C’est ici qu’on a déposé la bombe… », conséquence directe de son enquête sur les liens pour le moins troublants entre la France et le Gabon (Affaires africaines, Fayard, 1983). Je suis abasourdi.

L’homme en a vu des vertes et des pas mûres. Son enquête sur le génocide rwandais (Noires fureurs, blancs menteurs, Ed. Fayard, 2005) lui a valu des attaques violentes de la part des soutiens et autres thuriféraires français de Paul Kagame et un procès pour « diffamation raciale » et «discrimination raciste». Procès qu’il a gagné en première instance et en appel.

Bref. De Pierre Péan, je retiens la simplicité, la rigueur, l’abnégation, le courage, mais aussi et surtout un grand amour pour le continent africain. Des comme lui, il n’y a presque plus. Repose en paix MZEE. À jamais dans nos coeurs…

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Patrick MBEKO

L’Élysée rend hommage à Pierre PEAN

L'ELYSEE REND HOMMAGE À PIERRE PÉAN

Décès de Pierre Péan

Pierre Péan, l’un des plus grands journalistes d’enquête français, nous a quittés hier.

Il incarnait la grande tradition du journalisme d’investigation quoiqu’il ne goutait guère ce mot dans lequel il décelait des accents inquisitoriaux.

Cet amoureux de Tintin était, comme son idole, toujours en reportage. Il menait de longues enquêtes avec patience et passion, avec le souci constant de l’expertise et de la justesse. Puis il publiait le fruit de ses recherches dans des ouvrages qui furent régulièrement de grands succès de librairie, d’autant que son écriture les rendait aussi haletants que des romans policiers.

Pierre Péan avait signé sa première grande révélation dans les pages du Canard enchaîné : c’était l’affaire des diamants qu’aurait offert le dictateur centrafricain Bokassa à Valéry Giscard d’Estaing.

Spécialiste de l’Afrique, il publia aussi Affaires africaines sur les relations entre la France et le Gabon et Noires fureurs et Blancs menteurs au sujet du génocide rwandais dans lequel il remettait en cause les accusations portées contre le gouvernement français.

Pierre Péan s’intéressait également aux coulisses des médias, enquêtant aussi bien sur TF1 que sur Le Monde.

Il n’hésitait pas non plus à sonder les parcours des personnalités politiques les plus éminentes. C’est avec Une Jeunesse française, son enquête sur le passé trouble de François Mitterrand durant l’Occupation, qu’il connut son succès le plus retentissant. Il y révélait que celui qui était encore Président de la République avait d’abord frayé avec le Régime de Vichy avant de rejoindre le chemin de l’honneur et de s’engager dans la Résistance.

Mais jamais Pierre Péan ne cherchait à s’ériger en procureur, encore moins en moraliste. Il lui importait trop de restituer toute la complexité des êtres et des situations. Sa boussole, c’était la vérité des faits. Son cap, la vérité tout court.

Farouchement libre et indépendant, rétif aux sujets en vogue et aux modes médiatiques, il n’avait jamais peur de soulever les couvercles qui recouvrent parfois les événements du passé, la marche des Etats et la vie des puissants. Mais il avait aussi le respect du secret défense et savait que la transparence absolue pouvait devenir une tyrannie.

Lui qui exerçait un journalisme aussi exigent que patient, qui menait des enquêtes au long cours, craignait la servitude de la vitesse qui s’est abattue sur nos sociétés contemporaines et s’inquiétait de la dérive des temporalités médiatiques qui tendent à clouer toute information à ce qu’il avait appelé le « pilori de l’instantané ».

L’œuvre de journalisme qu’il a bâtie en plus de 50 années de carrière a révélé des trésors d’informations. Elle constitue aujourd’hui un héritage plein de leçons pour les temps présents.

Le Président de la République salue la quête inlassable de vérité de Pierre Péan et adresse à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont travaillé avec lui ses respectueuses condoléances.

Le CLIIR soutient l’initiative de Diane RWIGARA.

COMMUNIQUE  n° 145/2019

La mort et l’humiliation des Rescapés Tutsis dénoncée par Diane Rwigara dans sa lettre du 15/07/2019 au Président Paul Kagame

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« La paix n’est pas un bien que l’on possède, mais un bien que l’on conquiert ».

Dans sa lettre ouverte adressée le 15 juillet 2019 au Président de la République Paul KAGAME, Mademoiselle Diane RWIGARA a osé lui demander d’assurer la sécurité et la paix pour tous. Bien qu’elle se soit focalisée sur les meurtres systématiques des rescapés tutsis, Diane Rwigara exige la fin des meurtres, de l’impunité et de l’injustice. Bref, elle exige le respect de tous les droits humains violés massivement par le régime Kagame depuis 25 ans.

 L’association des Rescapés TutsisIBUKA et la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG) se sont attaquées à Mlle Diane RWIGARApour lui dénier son droit naturel de défendre son prochain. Diane assume son devoir d’exiger la paix pour tous les survivants et donne, à titre de preuves, une liste de 40 victimes dont la majorité sont TUTSIS.

La religion rappelle à tout homme qu’il est “le gardien de son frère“. Accepter passivement l’injustice – la ségrégation – revient à dire à l’oppresseur que ses actes sont moralement bons. C’est une façon d’endormir sa conscience. Dès cet instant, l’opprimé cesse d’être le gardien de son frère.L’acceptation, si elle est souvent la solution de facilité, n’est pas une solution morale : c’est la solution des lâches. Diane demande des comptes au régime totalitaire qui enferme le peuple rwandais dans l’insécurité et la servitude imposée au Rwanda.

Depuis sa conférence de presse du 23/02/2017, Diane RWIGARA a décidé de travailler sans relâche à la conquête de sa propre dignité et celle de son peuple. Elle n’acceptera jamais de compromis avec le mensonge, la haine ou ladestruction du peuple rwandais. Quant au CLIIR, nous avons déjà publié deux communiqués n°70/2003 et n°120/2010 pour dénoncer et condamner les assassinats de rescapés tutsis tués depuis 1996, il y a 23 ans déjà. Ces deux communiqués sont annexés à notre présent communiqué n°145/2019 du 21/07/2019) :

Notre Communiqué n° 70/2003du 23/12/2003 intitulé :«RWANDA : A qui profite les assassinats de rescapés tutsis ?» ;

Notre Communiqué n°120/2010du 28/01/2010 intitulé «L’extermination programmée des rescapés Tutsis pour avoir un prétexte d’éliminer certains opposants politiques du Rwanda».

Le peuple rwandais est humilié, terrorisé, colonisé et racketté.

Le peuple rwandais vit dans l’humiliation totale et dans l’insécurité généralisée. Il est corvéable et taillable à merci.L’oppresseur est un groupuscule de criminels rassemblés autour du président Paul KAGAME qui accapare et contrôle tous les pouvoirs militaire, politique et économique. Ce peuple ne vit pas dans la paix et la justice. Il est terrorisé, trompé, colonisé, dépossédé et racketté par une véritable Mafia dont les crimes sont couverts par le parti unique : le Front Patriotique Rwandais (FPR). Ce mouvement politico-militaire règne par la terreur, le mensonge et la corruption généralisée. Bref, le peuple rwandais est un des peuples les plus humiliés de la planète. Particulièrement, depuis qu’il est pris en otage par ce noyau de chefs militaires et criminels sans frontières qui ont massacré des populations civiles en Uganda, au Rwanda, en République Démocratique du Congo. Ils ont assassiné des centaines de réfugiés rwandais dans plusieurs pays africains.

Sous le régime totalitaire du Rwanda, l’usage de la terreur, du mensonge et de la corruptionempêche les citoyens rwandais de vivre en paix et dans la dignité. La justice est impossible car l’arbitraire règne à tous les niveaux. Les institutions officielles de l’Etat Rwandais sont noyautéescontrôlées etparalysées par ce petit noyau de chefs militaires et politiques du FPR qui jouit d’un « pouvoir occulte ». Une sorte de « gouvernement parallèle » qui gère le pays par la terreur, le mensonge et la corruptionCe gouvernement invisible orchestre les meurtres, les enlèvements, les disparitions forcées, le racket, le chantage, les spoliations des biens mobiliers et immobiliers appartenant à des propriétaires de biens. Quand ses derniers refusent de céder leurs biens, ils sont assassinés, emprisonnés, pillés, persécutés et/ou contraints de s’exiler. Les pillages des ressources naturelles à l’intérieur et à l’extérieur du pays (en RDC) constituent une autre source d’enrichissement pour cette mafia insatiable et dont la soif de richesse est légendaire.

Les rescapés tutsis sont tués comme des opposants au régime :

 Tous les prétextes sont bons pour la junte militaire du général Paul KAGAME pour se débarrasser des ses opposants réels ou supposés. Toutes les ethnies confondues sont attaquées. Depuis 1996, les rescapés Tutsis nous ont appelés au secours. Notre Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)* a lancé plusieurs cris d’alarme pour demander la mise en place d’une Commission internationale indépendante pour enquêter sérieusement sur l’assassinat des rescapés Tutsis depuis 1996. Cette commission devrait découvrir non seulement les assassins mais aussi le ou les commanditaires ainsi que les bénéficiaires de la mort des rescapés Tutsis sacrifiés chaque fois qu’il y a une crise politique majeure au Rwanda.

 Il y a 16 ans, le CLIIR a déjà publié deux communiqués pour dénoncer et condamner l’assassinat des rescapés tutsis. Il est inutile de s’attaquer à Diane dont la lettre est justifiée.

 IBUKA et CNLG sont des outils du régime totalitaire. Elles ont un job de défendre le régime totalitaire. Elles n’ont jamais défendu les rescapés face au régime tyrannique. C’est pourquoi elles ont été contraintes de s’attaquer à Mlle Diane RWIGARA sur ordre de Kagame. Mais IBUKA ne se préoccupe jamais de défendre des rescapés tutsis que le régime Kagame qualifie d’opposants. Ces rescapés Tutsis, qui tentent de refuser toute forme d’HUMILIATION, sont décidés de marcher la tête haute dans leur pays. Ils refusent de  vivre dans la terreur quotidienne et dans la servitude imposées à tous les rwandais.

Mlle Diane tient à vivre LIBRE et DIGNE depuis l’assassinat de son père le 04 février 2015. Elle a enterré sa peur. Dans sa lettre du 15/07/2019, elle demande au Président Kagame d’exiger que les assassins du Rwanda « remettent leurs épées au fourreau ». Le CLIIR estime que la violence a vaincu le régime totalitaire de Kagame. Les fondations de ce régime sont gravement rongées par le meurtre, l’impunité, l’injustice, le pillage, la corruption, la cupidité et la stupidité. Il ne lui reste qu’à s’écrouler au moindre coup de vent de la révolution.

Or la cupidité et la stupidité engendrent la cruauté qui frappe tous les rescapés du Rwanda.

Nous encourageons chaque rwandais à être « le gardien de son compatriote » en toutes circonstances. Nous saluons le courage de Mlle Diane RWIGARA et demandons à IBUKA et au CNLG de reconnaître son intrépidité qui lui permet de ne pas trembler devant la tyrannie.

Dans l’histoire du peuple Rwandais, Mlle Diane Shima RWIGARA restera une citoyenne exceptionnelle. Pour elle, les valeurs de fierté et de courage sont universelles.

Le meurtre des rescapés du Rwanda permet au régime de Kagame de vider le pays de ses forces vives. Opposer IBUKA et la CNLG à Mlle Diane RWIGARA, c’est introduire la guerre et la discorde entre les rescapés tutsis, telle est la stratégie du président Kagame.

La guerre entre les rescapés doit cesser immédiatement. C’est l’union de tous les rescapés qui fera leur force. Mlle Diane et le peuple rwandais sont en résistance pacifique, selon le slogan populaire « Exister, c’estrésister». La peur paralyse le cerveau et l’intelligence humaine (selon notre slogan « ubwoba butoba ubwenge »)

Fait à Bruxelles le 21 juillet 2019.

Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur (gsm 0476701569)

Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) Rue de la Colonne, n°54/4 1080 BRUXELLES Tél/Fax : +32.81.601.113 GSM : +32.487.616.651 (Base) & +32.476.701.569 (Proximus)

Rwanda : le génocide des tutsi, révisionnisme des tutsi !

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« Le fait d’avoir arrêté le génocide ne vous donne pas le droit de terroriser et de tuer ceux qui en ont été rescapés. C’est insensé de tout le temps célébrer les morts, tout en tuant les vivants… »  Ainsi parlait, hier encore, Diane Rwigara, jeune fille universitaire tutsie.

« Vous avez déclenché intentionnellement le génocide tutsi en descendant l’avion du Président hutu. Puis vous avez massacré des innocents hutu qui nous avaient cachés, avant de vous en prendre aujourd’hui à nous… » Ainsi parlait, l’année dernière, Callixte Nsabimana, jeune homme universitaire tutsi. Plus encore que les quelques balles tirées aux abords de Nyungwe et (bêtement) revendiquées par ses soins depuis une chambre close des bas-fonds de Moroni, voilà d’ailleurs la phrase qui avait poussé Kigali à mettre sur sa tête 12 millions de dollars, mort ou vif ! Car l’enjeu est de taille…

Seulement voilà, à ce rythme, les caisses risquent de se vider bientôt puisque, comme on le voit aujourd’hui et comme on l’a vu hier et avant-hier, le pauvre « Sankara » n’est pas le seul tutsi à vibrer sur cette longueur d’onde. Y a même comme une hémorragie, et tout porte à croire que le phénomène ira crescendo ! Des tutsi de tous horizons sont fermement engagés dans ce « révisionnisme » d’un genre inédit, et pas des moindres : intellectuels de haut vol, médecins, journalistes ayant pignon su rue, professeurs d’universités, anciens haut- gradés, grands hommes d’affaires, religieux,…

Tous « questionnent » ce génocide, chacun à sa manière: y a ceux qui en attribuent le déclenchement, conscient et cynique, à Paul Kagame et son mouvement politique et armé, ceux qui dénoncent sa concomitance avec un autre, celui des hutu, entamé bien avant et perpétré par l’armée tutsie, d’autres qui dénoncent la gestion m’enfoutiste de l’après génocide, etc. Ce phénomène est tellement extraordinaire qu’il appelle cette question inévitable : comment diable en sommes-nous arrivés là?!

Au commencement était une erreur fatale de calcul politique, quand des stratèges mal inspirés ont décidé l’instrumentalisation outrancière de ce drame humain, jusqu’à faire du génocide le mythe fondateur du nouveau régime. Comme il fallait s’y attendre, cette machine implacable à « broyer du hutu » allait se révéler, à terme, le véritable tendon d’Achille sur lequel toute personne en rupture avec le FPR- hutu, tutsi ou même étranger- se doit tout naturellement de cibler!

L’autre énormité qu’on peut relever, parmi tant d’autres, c’est d’avoir fait preuve d’une méconnaissance inouïe de la société rwandaise d’après 1959. Dans ce Rwanda en effet, qui est tout sauf un ramassis de tribus, et « hutsisé » à outrance (biologiquement et sociologiquement), comment imaginer que tu peux globaliser les Hutu sans faire souffrir les Tutsi ?! Comment « se venger » sur un « juste » hutu et rêver faire le bonheur de ses protégés tutsis qu’il vient de sauver au risque de sa propre vie et celle de sa famille ? Comment tuer ou faire souffrir gratuitement un homme hutu innocent, et penser rassurer ainsi sa femme tutsie et sa famille ?! Comment parquer deux millions de hutu dans des prisons-mourroirs, et espérer que leurs « partenaires » tutsis de tous bords se tueront à la tâche, le cœur léger, pour leur apporter tous les jours à manger?!

La liste serait longue de ces « conneries » fatales qui nous conduisent là où nous en sommes, et qui nous rappellent étrangement les Interahamwe qui, dans leur délire génocidaire, avaient fini par massacrer plus de Hutu et de Hutsi, que de Tutsi! Et maintenant alors? Maintenant, avec certainement beaucoup d’autres, je m’interroge: qu’en serait-il advenu si, après guerre, des personnalités juives de premier plan avaient défié l’Agence Juive Mondiale sur la question fondamentale de la gestion de la mémoire de la Shoah? Ou si Aznavour, Manoukian et bien d’autres, avaient « questionné » le génocide arménien?!

Avant de me rendre compte que la réponse, effrayante, se trouve dans la question: l’extinction probable, à moyen ou long terme, de la mémoire ! Ne voit-on pas, d’ailleurs, déjà venir? Dans des pays où les Tutsi sont libres, c’est à dire à l’étranger, les commémorations ont commencé à tourner au pathétique. Ainsi par exemple en avril dernier, j’assistais d’une terrasse de café à un de ces rassemblements, auxquels bien évidemment même les Hutsi sont regardés de travers (encore une connerie)! La foule était tellement éparse que le pauvre reporter photographe de Igihe.com en était réduit à se contorsionner, tel un gymnaste de haut niveau, pour essayer des angles de vues improbables de nature à produire des clichés donnant l’illusion du nombre! Ça promet d’ailleurs encore du sport l’année prochaine puisque, après ce « cirque », l’un des participants me rejoignit, pour me confier: on ne m’y reprendra plus, c’est ma dernière fois ! Avant d’ajouter : et je suis loin d’être le seul…

 

Sylvestre NSENGIYUMVA

Rwanda: 16 prisonniers mis à mort par torture

Tout a commencé le 08 juillet dans l’avant midi. La prison de Mageregere dans les faubourgs de la capitale Kigali a un nouveau directeur, le commissaire de police Innocent Kayumba. Il est connu pour ses méthodes brutales envers les prisonniers. Il s’est illustré par des tortures infligées aux détenus dans la prison de Gisenyi et est en train d’user des mêmes méthodes dans son nouveau lieu d’affectation.

Certains prisonniers de Mageragere, ayant eu un ras-le-bol de ces mauvais traitements de leur nouveau dirigeant, ont organisé une mutinerie. Le 8/7/2019, la prison et ses alentours ont été secoués par des rafales de coups de feu.

Face à cette situation, Innocent Kayumba a sévi. Il a ordonné aux surveillants de la prison d’isoler les prisonniers suspectés d’être des meneurs. Ceux-ci ont alors été tabassés, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Le 09 juillet 2019, des renforts atterrissent à la prison: militaires, policiers et autres agents de sécurité; ils font un tri dans les prisonniers et en extraient 150. Passage à tabac, tortures, toutes sortes de mauvais traitements, rien n’a été épargné pour faire souffrir ces pauvres prisonniers.

Aujourd’hui le 10 juillet, la presse fait état de 16 décès suite à la torture par des officiers de police en nombre à la prison de Mageragere. Le premier à succomber à ces mauvais traitements est un certain Habimana Sadiki, sorti de prison et battu en aparté avec des morceaux de fer à béton et des câbles électriques.

Un observateur avisé, Sylvestre Nsengiyumva, nous a envoyé un billet d’humeur à ce sujet :

KAGAME ACTUALITÉ! Même les plus grands détracteurs de cet homme lui reconnaissent une qualité cardinale à l’école de Machiavél: « the dude » possède un extraordinaire don d’ubiquité bipolaire!  Exemple en ce moment : depuis samedi dernier, pendant qu’il officiait comme personne ressource « incontournable » de l’historique sommet UA de Niamey, et orchestrait comme du papier à musique un mariage princier non moins historique, il dirigeait à distance l’un des plus grands massacres de prisonniers de ces dernières décennies, lequel se poursuit par ailleurs au moment où je couche ce petit billet. Et comme souvent quand il est aux commandes concomitantes d’opérations diamétralement opposées eu égard à l’opposition manichéenne Bien/Mal, les deux premiers événements font carton plein de couverture médiatique, alors même que le dernier, eh bien…tout le monde s’en bat les couilles (pardon Barokore)! Sauf évidemment The Rwandan…
Sylvestre Nsengiyumva.

La répression continue à la prison de Mageragere et le bilan risque de s’alourdir vu que plus d’une centaine de prisonniers restent concernés par cette opération punitive.

Gaspard Musabyimana
10/07/2019

Le 04/07 , la Nakba du peuple Hutu

“Dans le cadre du conflit israélo-palestinien au Moyen Orient, le jour de la Nakba est une commémoration des événements de 1948 qui ont mené à la défaite arabe et au déplacement de la population palestinienne. Il est généralement célébré le 15 mai, le jour de l’indépendance d’Israël. En Israël, la législation interdit l’usage du mot « Nakba » dans les manuels scolaires. La criminalisation de sa commémoration est régulièrement suggérée par des responsables politiques. L’exode palestinien de 1948 fait référence à l’exode de la population arabe palestinienne qui se produisit pendant la guerre israélo-arabe de 1948. L’événement est commémoré dans la mémoire collective palestinienne en tant que Nakba (arabe : النكبة, al-Nakbah, lit. « désastre » ou « catastrophe »)”. [ Wikipedia]

Sans aller jusqu’à affirmer que la Shoah est assimilable au “génocide rwandais” comme voudrait le faire croire le régime du FPR issu de la conquête militaire du pays pour s’attirer les sympathies de la puissante communauté juive du monde et ainsi jouir de la protection de ses lobbies, mais en nous limitant tout simplement à l’exode des palestiniens de 1948 et la création de l’état hébreu d’Israël, faisons le parallèle avec les événements du Rwanda de juillet 1994. L’on pourrait dire -mutatis mutandis- que la fuite des hutu en juillet 1994 après la conquête militaire de leur pays par les combattants tutsi venus d’Ouganda, est assimilable à l’exode des palestiniens de 1948  et à la création de l’état d’Israël.

Au Rwanda, en 1994, l’on se souviendra qu’après trois mois de durs combats étant sous embargo international au moment où les envahisseurs recevaient des renforts en hommes et en matériels ou des systèmes de renseignements des pays comme les USA, la Grande Bretagne, l’Ouganda, le Burundi et l’Ethiopie entre autres, les unités des Forces Armées Rwandaises ont réussi à rompre l’encerclement et à sortir de la capitale Kigali dans laquelle elles étaient assiégées depuis le 07 avril 1994.

Quant aux populations hutu, elles fuyaient en masse à chaque avancée des conquérants pour quitter les zones conquises et ceci depuis l’invasion de l’armée tutsi venue d’Ouganda du 01 octobre 1990. C’est ainsi que plus de trois millions de rwandais (sur une population totale de plus ou moins cinq millions à l’époque) se retrouveront en exil dans les pays voisins du Rwanda dès fin juillet 1994.

Les nouveaux maîtres du pays venus d’Ouganda choisiront alors la date de la rupture d’encerclement par les FAR, le jour où elles ont évacué Kigali comme jour de commémoration de sa prise du pouvoir, à savoir le 04 juillet. Désormais la date du 04 juillet 1994 va remplacer comme Fête Nationale celle du 01 juillet 1962 jour où le Rwanda a acquis sa souveraineté internationale en devenant un Etat indépendant débarrassé de la tutelle belge.

Ainsi donc, selon de quel bord on se trouve, l’histoire récente du Rwanda est différemment rapportée. En effet, deux versions parallèles de cette histoire sont proposées dans lesquelles on trouve des termes et concepts différents et souvent contradictoires qui pourtant nomment ou décrivent un même fait historique.

A titre illustratif nous donnons quelques exemples.
L’invasion des éléments tutsi de l’armée ougandaise la NRA du territoire rwandais le 01 octobre 1990 est qualifiée par une partie de rwandais comme une “guerre de libération” tandis qu’une autre la considère comme une “guerre de reconquête”. Les sympathisants et/ou agents secrets de ceux qui ont envahi le pays qui opéraient de l’intérieur sont qualifiés par certains de “complices et collaborateurs de l’envahisseur”, mais par l’autre partie de “militants et soutiens de la guerre de libération”.
Les “actes terroristes, crimes de guerre et crimes contre l’humanité” commis par les combattants tutsi qui ont conquis le pays en 1994 tels qu’ils sont dénoncés par les victimes et les défenseurs des droits de l’homme sont qualifiés par le régime issu de cette conquête comme “opérations pour arrêter le génocide”.

Les “actions de résistance” des populations conquises ou réfugiées dans les pays voisins face à l’oppression et aux tentatives de leur extermination sont qualifiés par le régime “d’ actes terroristes”. De même la “dénonciation des crimes du régime et ses violations des droits de l’homme” est qualifiée par ce dernier de “négation et minimisation du génocide des tutsi”.

On le voit, en lisant la littérature en rapport avec le Rwanda (son histoire récente ou l’actualité), il faudrait prendre la précaution de d’abord savoir de quel bord est l’auteur ou la ligne éditoriale du média pour ensuite nuancer les affirmations qui y sont contenues.

Enfin, à cet effet, nous lançons un petit test à nos lecteurs. La date du 04 juillet 1994 au Rwanda est considérée comme jour de la libération. Mais pour ceux qui sont opprimés et ou ont été chassés par les combattants tutsi qui ont pris Kigali à la même date, ce jour est pour eux “la Nakba” / catastrophe qui s’est abattue sur le peuple (ishyano ryagwiriye rubanda). Qui a raison et qui a tord? A chacun de répondre selon son obédience.

Emmanuel Neretse
Bruxelles le 01 /07/2019

Source: musabyimana.net