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Rwanda: A Year On, No Justice for Refugee killings

Police Shot Dead at Least 12 During Protest

J’agis pour Déogratias MUSHAYIDI

AM 2019-03 Deo Mushayidi couv
Le 19 / 02 / 2019Militer pour la paix

Déogratias Mushayidi  a toujours milité de manière non-violente en faveur de la paix et la démocratie au Rwanda. Tutsi, il a perdu sa famille durant le génocide de 1994, où plus de 800 000 Tutsis ont été massacrés. M. Mushayidi était alors le représentant en Suisse du Front Patriotique Rwandais (FPR), la rébellion armée dont Paul Kagamé – aujourd’hui président de la République – était l’un des principaux leaders politiques. À la fin de la guerre, M. Mushayidi  rejoint le secrétariat général du FPR au Rwanda. Constatant des exécutions extra-judiciaires commises en toute impunité par le FPR, il décide au bout de 6 mois de quitter son poste. Il entame alors une carrière de journaliste au Rwanda et critique ouvertement les dérives autoritaires du FPR.

Sous le poids des menaces, il s’exile en Belgique en 2000 et obtient le statut de réfugié. En Europe, il se mobilise pour rassembler Hutus et Tutsis en vue d’un changement politique pacifique au Rwanda. En novembre 2008, il fonde en Belgique, le parti Pacte de défense du peuple (PDP), dont il devient président.

L’année suivante, il rejoint le continent africain et tente de rassembler la diaspora rwandaise. Son voyage s’arrête en mars 2010 où il est arrêté en Tanzanie avec un visa périmé sur un faux passeport burundais. Il est transféré successivement au Burundi puis au Rwanda.

Un prisonnier oublié dans les geôles rwandaises

M. Mushayidi est condamné six mois plus tard, le 17 septembre 2010, à la prison à perpétuité par la Haute Cour de justice après avoir été reconnu coupable, au cours d’un procès expéditif sans témoin à charge, de « fausse déclaration pour l’obtention d’un passeport burundais, propagation de rumeurs incitant à la désobéissance civile et recrutement d’une armée pour agresser le pouvoir en place ». Il fait appel de ce procès politique. En février 2012, la Cour Suprême confirme sa peine.

Depuis, M. Mushayidi se comporte de manière exemplaire en prison. Sans famille au Rwanda (sa femme et ses deux enfants habitent au Canada), il reçoit peu de visite. La communauté internationale et la société civile l’ont oublié et ne plaident plus sa cause depuis que sa détention a été officialisée au Rwanda. Alors que l’opposante Victoire Ingabire, a été libérée le 15 septembre 2018 (en même temps que 2 140 autres détenus), M. Mushayidi  reste désespérément emprisonné. Pourtant, il n’a jamais été violent et a toujours plaidé pour une nation rwandaise unie dans la paix. Ensemble,  exigeons la libération de Déogratias Mushayidi.

Source : ACAT

Les dépliants d’Addis, Bujumbura explique sa démarche

Les dépliants d’Addis,  Bujumbura explique sa démarche

Willy Nyamitwe: “Ce peuple meurtri a droit à la justice et c’est la démarche des instances judiciaires.”

Des dépliants ont été distribués par la délégation gouvernementale en marge du 32e sommet de l’UA évoquant le mandat d’arrêt du président Pierre Buyoya. Des tracts à mobile politique, selon le concerné.

Les opposants parlent de diversion et de récupération de l’affaire Ndadaye pour mobiliser l’électorat hutu à la veille des prochaines élections de 2020, et passer ainsi pour le justicier qui n’a pas peur de terrasser l’ancien homme fort du Burundi.

Le conseiller principal à la présidence de la République n’y va pas de main morte. L’ambassadeur Willy Nyamitwe assure que dans le même paquet que les détracteurs, il faut aussi ajouter la clique d’extrémistes qui, après avoir échoué à renverser les institutions démocratiquement élues par le truchement d’une insurrection et d’un Coup d’Etat, pensent qu’il est toujours possible de tirer sur la corde sensible, celle de l’ethnisme, pour capter la sympathie de l’opinion et attirer l’ostracisme sur le Gouvernement du Burundi. « Quand il fut battu par le président Ndadaye en 1993, le major et son artillerie propagandiste de mauvais perdants n’hésitèrent point à dénigrer le Peuple Burundais prétextant qu’il n’y avait pas eu d’élections mais qu’à la place d’une expression démocratique d’électeurs il y avait eu un recensement ethnique. La suite on la connaît, macabre. » Willy Nyamitwe indique qu’au-delà de leur appétit démesuré du pouvoir, ils ont commis l’irréparable, renversé les institutions et balayé avec une cruauté sans nom des vies humaines dont le nombre ne sera malheureusement jamais connu. « Ce peuple meurtri a droit à la justice et c’est la démarche des instances judiciaires. Que ceux qui détractent le Burundi et ses institutions comprennent que les temps sont révolus. »

Il est clair que Bujumbura ne va pas lâcher l’affaire. S’il ne mise pas trop sur l’extradition de l’ancien président, il n’en reste pas moins qu’il a décidé de ternir l’image du haut fonctionnaire de l’UA qu’il est devenu. Le dépliant le présente comme l’assassin du premier président démocratiquement élu et ses collaborateurs.

Au-delà de la bataille diplomatique et médiatique entre Bujumbura et Buyoya, les proches collaborateurs du président Melchior Ndadaye craignent que le volet judiciaire ne soit occulté.

Le président Sylvestre Ntibantunganya se dit favorable aux poursuites judiciaires. Les Burundais ont droit de connaître la vérité sur la préparation et l’exécution de l’assassinat du président Ndadaye. Pour l’ancien président qui a été destitué par le deuxième putsch de Pierre Buyoya, l’assassinat du président Ndadaye est la cause de toutes les difficultés auxquelles le Burundi a été confronté depuis lors jusqu’à aujourd’hui. Il n’exclut pas l’hypothèse d’une volonté de récupération politique. «Il a toujours été dit que d’une part le dossier sera tiré des tiroirs en cas de besoin pour des intérêts politiques. Et que d’autres se serviront de la politique d’autre part pour étouffer l’instruction judiciaire du dossier».

Pour rappel, Melchior Ndadaye est le premier président burundais démocratiquement élu. Investi le 10 juillet 1993, il est assassiné après 102 jours de pouvoir au cours d’un coup d’Etat sanglant, le 21 octobre 1993. Pontien Karibwami, président de l’Assemblée nationale, Gilles Bimazubute, vice-président de l’Assemblée nationale, Juvénal Ndayikeza, ministre de l’Administration du territoire et du Développement communal, trouvèrent également la mort.
Ce coup de force va déchaîner des violences inter-ethniques dans tout le pays, déclenchant une guerre civile, qui fera, selon les estimations, entre 50 000 (chiffre avancé par la Commission internationale d’enquête des ONG) et 100 000 (chiffre avancé par les délégués du Haut-commissariat aux Réfugiés).

Stupéfaction de Buyoya

Pierre Buyoya: « A un an des élections, le pouvoir veut instrumentaliser
la justice pour écarter des personnalités gênantes. »

Lors du 32e sommet de l’UA, la délégation de Bujumbura a arpenté couloirs et salles de conférence, distribuant un dépliant (deux pages) qui fait: « une mise au point du Burundi sur le mandat d’arrêt du président Pierre Buyoya. » Le dépliant explique que l’ancien homme fort du pays, Pierre Buyoya, doit rendre des comptes. Il est accusé d’être l’instigateur de l’assassinat du président Melchior Ndadaye et de plusieurs de ses collaborateurs.

Cette « mise au point » du Burundi, c’est aussi une réponse à Moussa Faki, le président de la commission de l’Union africaine. Dans son communiqué sorti au lendemain du lancement du mandat d’arrêt contre Buyoya, 2 décembre dernier, il s’était fermement opposé à cette poursuite estimant que « Cela va compliquer la recherche d’une solution consensuelle conformément à l’esprit de réconciliation nationale ».

Le dépliant distribué à Addis Abeba est clair. Bujumbura persiste et signe. « Pour le Burundi, ne pas poursuivre les auteurs et/ ou planificateurs d’un renversement d’institutions démocratiquement élues et de crimes atroces de 1993, c’est cela qui compliquerait, plutôt, la recherche d’une solution consensuelle ».

« Cela porte atteinte à mon honneur »

« Stupéfaction » C’est ainsi que l’on pourrait résumer la réaction de Pierre Buyoya, présent au sommet de l’Union africaine. Il s’est vite empressé de réagir. « Cela porte atteinte à mon honneur » a-t-il déclaré. L’ancien président occupe un poste important de haut représentant de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel. Dans son communiqué, il a parlé de tract distribué en méconnaissance des règles de fonctionnement de l’Union africaine. Pour lui, à un an des élections, le pouvoir veut instrumentaliser la justice pour écarter des personnalités gênantes. Pour « cette poursuite contre lui est une entreprise politique qui ne peut que pérenniser la haine dans l’esprit et la haine dans l’esprit et la mémoire du Burundais ». Bujumbura, dit-il, doit avoir d’autres priorités notamment un dialogue sincère pour mettre un terme à la crise.

Quid de la distribution des dépliants dans un sommet de haut niveau ?

«Originale » pour certains, peu orthodoxe pour d’autres, la démarche de la délégation burundaise au sommet de l’Union Africaine a suscité des réactions au sein de la classe diplomatique.

Selon un diplomate, les canaux traditionnels, en passant par l’ambassade ou par un envoyé spécial, sont préférables et sérieux. « La délégation burundaise a manifesté un manque de respect et de rigueur diplomatique. Diffuser un tract hors propos avec les débats du jour est ridicule. »

Un autre diplomate estime que tous les moyens sont bons pour transmettre l’information entre pairs. Cela peut passer par un coup de téléphone à un envoi de document suivant les canaux habituels. « Nous n’avez pas idée de ce qu’on peut se transmettre lors d’un sommet. Une clé USB contenant un document important peut passer d’une main à une autre. Alors pourquoi pas un dépliant ?

Source : Iwacu

Cour de cassation: Pierre PEAN gagbe le procès contre SOS Racisme. (Publié en 2011)

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Vendredi 11 Novembre 2011 13h32

Le 8 novembre dernier, après cinq années de coûteuses procédures, la Cour de Cassation a rejeté le pourvoi formé par l’association SOS racisme qui poursuivait Pierre Péan, auteur d’un livre intitulé « Noires fureurs, Blancs menteurs » et dans lequel il prend le contre-pied de l’histoire officielle concernant le génocide du Rwanda[1] . Pierre Péan ayant gagné ses procès en première instance et en appel, SOS Racisme subit donc une troisième grave défaite, ce qui devrait faire réfléchir ses généreux donateurs.

A travers ce procès emblématique, SOS Racisme a montré son vrai visage, celui d’une organisation militante dont l’acharnement contre Pierre Péan avait pour but de décourager ceux qui oseraient à l’avenir mettre en doute la thèse de Kigali concernant le génocide du Rwanda.

Or, l’histoire « officielle » de ce génocide a été totalement bouleversée à travers quatre jugements rendus par le TPIR (Tribunal pénal international sur le Rwanda)[2]. Expert assermenté dans trois de ces quatre procès, je suis bien placé pour décrypter la portée des jugements rendus et cela, au-delà du véritable « enfumage » auquel se sont livrés les média ayant une fois de plus agi en simples porte-voix du régime de Kigali et de la vision de l’histoire qu’il prétend imposer.

1) Le 28 novembre 2007, la Chambre d’Appel du TPIR a acquitté Ferdinand Nahimana, un des fondateurs de la Radio Télévision des Mille Collines (RTLM) de l’accusation « de commettre le génocide, d’incitation directe et publique à commettre le génocide, de persécution et d’extermination », considérant que la création de RTLM n’entrait en rien dans le plan génocidaire. Or, jusque là, la thèse officielle était que le génocide avait été programmé puisque les « extrémistes hutu » avaient fondé la RTLM pour le préparer.

2) Le 18 décembre 2008 le TPIR a déclaré le colonel Bagosora non coupable « d’entente en vue de commettre un génocide », faisant ainsi voler en éclats les bases mêmes de l’histoire officielle du génocide du Rwanda car le colonel Bagosora fut constamment présenté comme le « cerveau » de ce génocide.

3) Selon le régime de Kigali, le génocide fut planifié par l’Akazu (ou petite maison, ou petite hutte), cercle nébuleux et criminel constitué autour de la belle famille du Président Habyarimana et dont Protais Zigiranyirazo, frère d’Agathe Habyarimana, épouse du président, était le chef. Ce petit groupe aurait comploté et planifié l’extermination des Tutsi dans le but de préserver son pouvoir et son influence. Le procès de M. Zigiranyirazo était donc lui aussi emblématique puisqu’il était censé mettre en évidence le cœur même de la préparation du génocide.

Or, le 18 décembre 2008 en première instance le TPIR a écarté la thèse du complot ourdi par M. Zigiranyirazo et sa belle famille et l’a acquitté du principal chef d’accusation, à savoir d’avoir prémédité le génocide et d’avoir comploté en ce sens avec le colonel Bagosora et Agathe Kanziga épouse du président Habyarimana pour exterminer les Tutsi du Rwanda. Le mythe de l’Akazu s’envolait donc. Le 16 novembre 2009, en appel, M. Zigiranyirazo a été acquitté des dernières accusations pendantes et immédiatement libéré.

4) Dans l’affaire dite Militaires I étaient notamment jugés les anciens chefs d’état-major de l’armée et de la gendarmerie, les généraux Augustin Bizimungu et Augustin Ndindiliyimana. Le 19 mai 2011, ils ont été acquittés du chef principal qui était celui de l’entente en vue de commettre le génocide. Ainsi donc, pour le TPIR, la hiérarchie militaire n’a ni prémédité, ni programmé le génocide.

A travers ces quatre jugements[3], c’est donc l’histoire « officielle » du génocide du Rwanda qui est réduite à néant. En effet, si ce génocide ne fut ni prémédité, ni programmé, c’est donc qu’il fut « spontané ».

Or, l’évènement majeur et déclencheur qui provoqua la folie meurtrière fut l’assassinat du président Habyarimana dans la soirée du 6 avril 1994, puisque les massacres commencèrent dès la nouvelle de l’attentat connue, quand les partisans du président assassiné attribuèrent ce crime au FPR, donc à leurs yeux aux Tutsi et à leurs alliés hutu, les « Hutu modérés » des journalistes.

Ceux qui ont abattu l’avion du président Juvenal Habyarimana portent donc l’immense responsabilité d’avoir directement ou indirectement provoqué le drame du Rwanda. Or encore, selon le juge français Bruguière et le juge espagnol Merelles, le président Kagamé aurait ordonné cet attentat et ils donnent même les noms de ceux qui auraient tiré les deux missiles ayant abattu l’avion présidentiel.

Voilà ce qui dérange les « amis » de Kigali, dont SOS Racisme. D’autant plus que Théogène Rudasindwa, ancien directeur de cabinet de Paul Kagamé, exige d’être entendu par le TPIR et par un juge français afin, selon ses propres termes, de pouvoir « divulguer tous les détails sur l’attentat du 6 avril 1994 » dont il impute la responsabilité à l’actuel chef de l’Etat rwandais. L’heure de vérité approche donc, et inexorablement.

Bernard Lugan

11/11/11


[1] Pour la déconstruction de cette histoire officielle, on se reportera à mon livre Rwanda : contre-enquête sur le génocide. Privat, 2007.

[2] Pour les détails, explications et développements concernant ces procès, l’on se reportera à l’Afrique réelle n°4

[3] Les prévenus ont été condamnés pour d’autres motifs que celui de préméditation du génocide. Voir à ce sujet les commentaires de ces jugements dans l’Afrique réelle.

Rwanda: l’opposante Diane Rwigara acquittée

Diane &MotherL’opposante rwandaise Diane Rwigara, critique du président Paul Kagame, a été acquittée jeudi par un tribunal de Kigali d’incitation à l’insurrection et falsification de documents, des charges qui lui ont valu d’être emprisonnée pendant plus d’un an et dénoncées comme politiques par l’intéressée.

“Les charges retenues par l’accusation sont sans fondement”, a déclaré le juge président Xavier Ndahayo. La salle d’audience bondée, dans laquelle avaient notamment pris place des membres de la famille Rwigara, a laissé exploser sa joie une fois la lecture de la décision achevée. Les cinq coaccusés de Diane Rwigara dans cette affaire, dont sa mère Adeline, ont également été acquittés. “C’est la preuve que toutes ces charges retenues contre moi, ma mère et des membres de ma famille étaient montées de toute pièce”, a réagi Diane Rwigara auprès de l’AFP. “J’ai l’énergie et le zèle pour continuer à me battre pour la liberté d’expression et les droits de l’Homme au Rwanda.”

Le tribunal a estimé que les critiques de Diane Rwigara contre le gouvernement ne constituaient pas une “incitation à l’insurrection” car elles s’inscrivent dans le cadre de son droit à la liberté d’expression garantie par la Constitution rwandaise et les lois internationales. Les juges ont également estimé que l’accusation n’avait pas prouvé que Diane Rwigara avait falsifié des signatures de partisans dans le dossier présenté à la commission électorale en vue de sa participation à la présidentielle de 2017. Le rejet de cette candidature avait été critiqué par des gouvernements occidentaux et des groupes de défense des droits de l’Homme.

Le Figaro.fr avec AFP

Nyakimana : après Kibeho, un autre « Srebrenica » au Rwanda

Entre le 23 et  le  28 octobre 1997, les soldats de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) ont tué entre 5000 et 8000 civils qui s’étaient réfugiés dans la grotte de Nyakimana pour fuir les représailles exercées par les soldats du Général Kagame dans le cadre de la guerre qui faisait rage entre ces derniers et les « abacengezi » au nord du Rwanda. Malgré que le nombre de victimes rappelle le massacre de Kibeho perpétré le 22 avril 1995[1]sous les yeux de la communauté internationale, dont des casques bleus de l’ONU, ainsi que celui de Srebrenica,  considéré comme étant « pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », le massacre de Nyakimana reste fortement méconnu du grand public et notamment des Rwandais eux-mêmes.

Dans cet article Jambonews revient sur ce massacre qui est notamment documenté par Amnesty International dans son rapport  « Rwanda – Les civils pris au piège dans le conflit armé « On ne peut plus compter les morts ».

Entre le 23 et le 28 octobre 1997 : journées noires à Nyakimana

De nombreux civils non armés furent tués au Rwanda au cours de l’année 1997. La plupart des tueries étaient commises dans les préfectures de Gisenyi et de Ruhengeri, sur fond de guerre sanglante entre l’APR et les Infiltrés « Abacengezi ».

L’épisode de la grotte avait été précédé par des affrontements entre l’APR et des groupes d’opposition armés sur un marché de Mahoko situé dans la commune de Kanama, préfecture Gisenyi, entre le 8 et le 10 août 1997. Ces affrontements avaient emmené plusieurs milliers d’habitants, « terrorisés par les soldats de l’APR et par les groupes d’opposition armés (…)qui s’en prenaient aussi bien aux militaires qu’aux civils »  à quitter leurs foyers.[2] Ainsi les habitants des secteurs Bisizi, Kanama, Karambo et Kayove avaient fui vers les secteurs de Kigarama et de Mukondo.[3]

A la mi-octobre des soldats de l’APR faisaient irruption sur les lieux où vivaient les déplacés, en leur demandant de rentrer chez eux. La population avait refusé, évoquant le fait que l’insécurité qui l’avait poussée à fuir était toujours présente. En guise de réponse, les soldats de l’APR ont tiré sur la foule pour forcer la population à retourner chez elle. Amnesty International n’avait à l’époque pas pu vérifier le nombre de personnes décédées sur place sous les balles des militaires, ni le nombre de personnes décédées en chemin ou qui furent assassinées une fois reconduits chez eux dans le secteur de Kayove.[4]

Le reste des déplacés, estimés entre  5000 et 8000 personnes dont des femmes et des jeunes enfants  se sont réfugiés dans les grottes de Nyakimana afin d’échapper aux militaires de l’APR qui les prenaient pour cibles et avaient installé des barrages routiers pour les empêcher de fuir.[5]

Quelques jours plus tard, en date du 23 octobre 1997, les soldats de l’APR attaquèrent la grotte à l’aide de grenades et d’autres explosifs et condamnèrent ensuite l’entrée avec du ciment et des cailloux pour empêcher toute fuite tuant ou condamnant à une mort certaine toutes les personnes qui s’y étaient réfugiées.

Selon un témoin interrogé par la VRT, la principale chaine de télévision belge et qui a eu une vingtaine de membres de sa famille tués dans les grottes, entre 8000 et 12 000 civils de quatre secteurs, avaient pris l’habitude depuis plusieurs semaines de se réfugier dans les grottes en cas d’affrontements entre l’APR et les infiltrés « tous ceux qui sont entrés la dedans sont morts .»

L’intervention des médias internationaux

Ce massacre aurait pu passer inaperçu aux yeux de la communauté internationale sans les témoignages de personnes qui s’y étaient réfugiées et qui avaient pu en sortir in extremis. L’une de ces personnes, qui avait pu sortir le 23 octobre tout au début de l’attaque et n’avait pas pu retourner récupérer sa famille car les militaires assiégeaient la grotte à son retour, est partie à Kigali d’où il a alerté, par fax, le reste de sa famille en Belgique. C’est ainsi que le Centre de Lutte contre L’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR), lança l’alerte aux médias et à la communauté internationale  par le communiqué n°22/97 du 22 novembre 1997.

Une fois ce massacre révélé, les autorités rwandaises nièrent dans un premier temps les faits mais finirent par prétexter que la grotte était une base arrière pour les Infiltrés et que dans ce cadre ils avaient bouclé les entrées pour empêcher les rebelles armés de fuir. Elles n’ont jamais admis que des milliers de civils non armés s’y trouvaient.[6]

Amnesty International a précisé ne pas avoir été en mesure de confirmer si, parmi la population cachée dans la grotte de Nyakimana, se trouvaient effectivement des éléments armés. Cependant, précise l’association de défense des droits de l’Homme « les informations obtenues des personnes présentes sur les lieux indiquent que ceux qui ont été tués entre le 23 et le 28 octobre étaient principalement des civils non armés, dont des femmes et de jeunes enfants qui étaient venus se mettre à l’abri. »[7]

Pour le centre de lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda, « Les déclarations qui ont été diffusées par l’APR faisant état de la découverte d’un réseau de grottes servant de Centre de Commandement à la rébellion sont totalement fausses et visent à protéger les responsables militaires qui ont commis ce massacre de l’ampleur de celle de Kibeho. Contrairement à ce qu’elle a annoncé, la grotte ne contenait aucun infiltré. A moins que toute la population hutue ne soit considérée comme « infiltrée »! [8] 

Le Centre avait demandé à l’armée rwandaise de donner accès à la grotte aux observateurs des droits de l’Homme de l’ONU au motif que si comme elle le prétendait, « la grotte n’était qu’une base de la rébellion et ne contenait que des munitions et de la nourriture, elle ne devrait avoir aucune crainte de rouvrir la grotte et permettre son inspection par des enquêteurs indépendants », l’armée refusa catégoriquement d’accéder à toute demande d’inspection de la grotte par des observateurs indépendants.[9]

Le calvaire de Pierre Claver Nzabandora

Parmi les victimes piégées dans la grotte, figurent les quatre enfants de Pierre Claver Nzabandora, à l’époque responsable de la coopérative KIAKA, une coopérative regroupant les artisans de Kanama. En détresse, Nzabandora était allé, en compagnie d’autres civils, alerter les autorités locales sur le fait que ses enfants étaient dans la grotte et risquaient une mort imminente si aucun secours ne leur était apporté. En réponse, les autorités mirent au cachot tous les plaignants, ne les libérant qu’un mois et demi plus tard, suite aux critiques internationales que commençait à susciter l’affaire.

Au mois de décembre 1997, dans le cadre d’un reportage réalisé conjointement par la RTBF, Pierre-Claver Nzabandora a confié, à visage couvert, son calvaire aux journalistes belges : « Mes enfants étaient en train de fuir, ils ont croisé les gens qui fuyaient vers les grottes et les ont suivis. Nous avons essayé de contacter les autorités, quand nous avons expliqué la chose au bourgmestre, on nous a emprisonnés. Après un mois et demi ils nous ont relâchés. »[10]

Le 2 octobre 1998, quelques mois après son témoignage, il fut à son tour assassiné en plein jour lors d’une attaque contre la coopérative par « un groupe de 80 personnes en tenue militaire semblable à celle de l’Armée patriotique rwandaise ».[11]

Selon le témoignage d’un témoin oculaire parvenu au Centre de Lutte contre l’injustice et l’impunité au Rwanda, un assaillant a tiré froidement et à bout portant sur Pierre Claver Nzabandora, sans lui adresser la moindre parole.[12]

Durant l’attaque, plusieurs autres membres de la coopérative Kiaka, dont Gaëtan Nangwahafi, vice-président du CA et chef de la Section Traditionnelle, ainsi que plusieurs civils qui se trouvaient près des bâtiments, furent également tués.

« Les forces armées ont fait du très bon travail » selon Richard Sezibera

Face à l’ampleur que prenait l’affaire dans les médias internationaux, les responsables de l’APR organisèrent le 8 décembre 1997 une visite jusqu’à l’entrée de la grotte pour les journalistes. Alors que les autorités avaient dans un premier temps nié l’existence de cet épisode, face aux caméras internationales, et confrontées à l’odeur de cadavres qui émanait des grottes, les responsables durent admettre que des personnes avaient effectivement été enfermées dans les grottes mais ils affirmèrent qu’il s’agissait d’infiltrés qui s’y étaient repliés après avoir été repoussés par l’armée.

Après les avoir refoulés vers les grottes, l’armée aurait d’abord gardé les différents accès puis comblé ceux-ci. Dans le rapport d’Amnesty International, celui qui était à l’époque le porte-parole de l’APR et nommé depuis peu le ministre rwandais des Affaires étrangères du Rwanda (octobre 2018), le major Richard Sezibera, déclara : « Les forces armées ont fait du très bon travail. » Dans un autre reportage, il expliqua que les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme font passer la situation comme si le gouvernement était en train de tuer la population, ce qui selon lui est faux, ce dernier estimant que ces accusations seraient formulées sans preuves.

« La guerre contre les Abacengezi a servi de prétexte pour réduire la population Hutu »

Aujourd’hui, 21 ans après les faits, les témoignages affluent. Patrick Horanimpundu qui vivait dans la région à l’époque du massacre et rescapé d’une épuration ethnique perpétrée dans sa commune, a ainsi raconté à Jambonews cet épisode : « Quand les soldats du FPR ont encerclé le secteur de Gihira, dans la commune de Giciye, mais dans la partie plus proche de chez moi à Gaseke, ils ont tiré sur les populations pendant toute la journée. Ne sachant pas comment fuir, les habitants se sont réfugiés dans une grotte. Ne voulant pas poursuivre leurs victimes dans cette grotte, les soldats ont bouté le feu aux pneus des véhicules placés à l’entrée de la grotte, dans le feu ils ont immergé du piment pour irriter leurs victimes et les pousser à sortir. Voyant qu’elles ne sortaient pas, les soldats ont lancé des grenades et se sont mis à tirer dans la grotte, et finalement ils ont fini par bétonner la seule entrée de la grotte, ne laissant aucune chance de survie aux centaines de personnes qui s’y étaient engouffrées, hommes, femmes et enfants confondus. »

Eric Maniriho, lauréat du Prix Jeunesse engagée 2018 décerné à Montréal par le Réseau international des femmes pour la démocratie et la paix a également raconté à Jambonews comment lui, en compagnie de plusieurs centaines d’autres civils qui fuyaient les exactions de l’APR, a échappé de peu au massacre de la grotte : « Quand je suis arrivé à la grotte, il y avait une longue file d’attente pour entrer, je me suis dit que quand mon tour d’entrée arriverait il serait trop tard et j’ai continué ma course. »

Du côté de l’APR, Judi Rever a pu recueillir le témoignage de  Serge qui vit actuellement en exil. Serge faisait partie de l’équipe DMI (Directorate of Military Intelligence, le service du renseignement militaire) qui a participé à l’attaque contre les civils réfugiés dans la grotte. L’opération a selon lui été dirigée et commandée directement par leur chef, le général Karenzi Karake. Il décrit que plusieurs brigades sont arrivées sur les lieux, où des milliers de civils et non des Infiltrés étaient cachés. Le 23 octobre 1997, témoigne-t-il, l’équipe DMI a interdit les accès à la grotte et les unités des militaires ont commencé à lancer des grenades dans l’entrée. Serge témoigne que l’attaque de la grotte faisait partie d’un grand schéma : « Il y avait un plan lors de la contre-insurrection d’éliminer la population civile dans le Nord, oui il y avait des Infiltrés qui essayaient de renverser le gouvernement. Mais la guerre contre eux a servi de prétexte pour réduire la population Hutu. Il n’y a pas de doute là-dessus. »[13]

Les victimes

Dans le rapport d’Amnesty International, quelques-unes des victimes mortes dans la grotte :

  • Uwimana, 27 ans, Dusabe 13 ans, et Murora, 8 ans, 3 sœurs
  • une femme nommée Dathive, son mari et leurs trois enfants ;
  • 5 enfants d’une même famille, le plus âgé ayant seulement 12 ans.
  • 20 membres d’une même famille, en majorité des femmes et des enfants :
    • Cécile Nyirabalisesa, 57 ans, ses filles et fils :
    • Nyiramajyambere, 25 ans
    • Marie-Claire Nyirabazimenyera, 29 ans, et ses 3 jeunes enfants, dont le plus âgé n’avait que six ans
    • Jean-Bosco Nshimiyimana, 27 ans, sa femme, et son bébé âgé de quelques mois.

 

Ruhumuza Mbonyumutwa et Constance Mutimukeye

Jambonews.net

[1]http://www.jambonews.net/actualites/20180422-kibeho-1995-20-ans-apres-un-massacre-aux-oubliettes-de-lhistoire-rwandaise/

[2]Amnesty international,  « Rwanda – Les civils pris au piège dans le conflit armé,  On ne peut plus compter les morts», mise à jour du rapport publié le 25 septembre 1997, p. 3.

[3]Centre de Lutte contre l’impunité et l’injustice au Rwanda, communiqué n°22/97 du 22 novembre 1997

[4]Amnesty international,o.c.p. 8.

[5]Ibid.

[6]Amnesty international, o.c., p. 9.

[7]Ibid.

[8]Communiqué n°22/97, o.c.

[9]Ibid.

[10]Son identité a été confirmée à Jambonews par Peter Verlinden, le journaliste ayant réalisé l’entretien.

[11]http://www.rwandavictimesoubliees.com/fr/victimes/nzabandora-pierre-claver

[12]Ibid.

[13]Judi Rever, “In praise of blood, the crimes of the Rwandan Patriotic Front”, Canada, Penguin Random House, 2018, p. 140.

Top Secret: Rwanda War Crimes Cover-Up

The United States and its allies are experts at covering their crimes and finding scapegoats to take the blame for them. They are doing it now with their disinformation campaigns against Russia, China, Iran, Venezuela, North Korea, and Syria. The show trials at the UN’s Yugoslav tribunal, the ICTY, were all about covering-up NATO’s war crimes and spinning lies to blame everything on the Serbs who resisted NATO’s aggression. They use their influence at the International Criminal Court for the same purposes. And now a document has come to light, leaked from the UN’s Rwanda war crimes tribunal, the ICTR, that contains a report on the war crimes of the US supported Rwanda Patriotic Front that invaded Rwanda from Uganda in 1990, conducted four years of terrorist operations against the Rwanda people and government, then in 1994 launched their final offensive and slaughtered their way to power. To discuss this document, marked “Top Secret” I have to burden the reader with a brief history of events from the evidence available in order to give it some context.

The night of April 6, 1994 the Hutu presidents of Rwanda and Burundi, Juvenal Habyarimana andCyprien Ntaryamira, and General Nsabimana, the Rwandan Army Chief of Staff, as well as several other dignitaries and a French flight crew were murdered when the plane they were on was shot down over Kigali airport by anti-aircraft missiles fired by members of the Tutsi-led Rwanda Patriotic Front, or RPF, with the assistance of the governments of several countries. Paul Kagame, the leader of the RPF junta now in control of Rwanda, and who was seen with US Army soldiers at his headquarters two days before the event, gave the final order for the shoot down but he did so with the assistance or complicity of the governments of the United States of America, Britain, Belgium, Canada, and Uganda. It was the United States and its allies, hoping to gain total control of the resources of Central Africa through their proxies in the Tutsi RPF, that provided the military support for the RPF invasion of Rwanda from Uganda beginning in 1990, flowing that support through Uganda.

It is known that the missiles used to shoot down the aircraft came from stockpiles the Americans had seized in their first war against Iraq, passed to Uganda, and it was in a warehouse at Kigali airport, rented by a CIA Swiss front company, that the missiles were assembled. In fact, the French anti-terrorist judgeJean-Louis Bruguiere, who spent several years investigating the shoot down on behalf of the families of the French flight-crew, told Boutros-Boutros Ghali, the Secretary-General of the UN in 1994, that the CIA was involved in the shoot down, adding strength to Boutros-Ghali’s statement to a Canadian journalist that the Americans are 100% responsible for what happened in Rwanda.

There is strong direct and circumstantial evidence that the Belgian and Canadian contingents of the UN peacekeeping force in Rwanda in 1993-94, known as UNAMIR, were also involved in the shoot down and assisted the RPF in their final offensive that was launched with the decapitation strike on the plane. It was the Canadian General Romeo Dallaire, Force Commander of UNAMIR, who arranged for one axis of the runway at the airport to be closed at the request of the RPF, making it easier to shoot down the plane as it tried to land.

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Source: NEO

Dallaire consistently sided with the RPF during his mandate, gave continuous military intelligence to the RPF about government army positions, took his orders from the American and Belgian ambassadors and another Canadian general, Maurice Baril, in the Department of Peace-Keeping Operations in New York, then headed by Kofi Annan, lied to his boss, Jacques Roger Booh-Booh, about his knowledge of a build-up for a final Ugandan Army-RPF offensive, and turned a blind eye to the infiltration into Kigali of possibly 13,000 RPF combatants when they were permitted only 600 under the Arusha Peace Accords signed in October 1993. It was another Canadian, General Guy Tousignant, who took over from Dallaire after the RPF took power when UNAMIR II helped the RPF consolidate the rewards of its aggression.

Burundi was involved both by permitting 600 US Army Rangers to be situated in Burundi in case they were needed by the RPF and by invading Rwanda from the south in May, 1994 to link up with the RPF forces. Tanzania was involved in both the planning of the shoot down and, itself invaded Rwanda from the east and south blocking escape routes for the Hutu refugees fleeing the atrocities of the RPF in their sweep towards Kigali.

Finally, evidence indicates that Belgian UN soldiers were in the immediate area of the missile launch site at the time of the shoot down and were also involved.

The report into the shoot down of the plane by the French investigative judge Jean-Louis Bruguière was leaked to the French newspaper Le Monde in 2004 and states that the RPF was responsible with the help of the CIA. But before the French judge began his investigation The Chief Prosecutor for the Rwanda tribunal, Canadian judge Louise Arbour, the same woman that framed up President Milosevic on behalf of the USA at the Yugoslav tribunal, was told in 1997 by her lead investigator, Australian lawyer Michael Hourigan, that it was the RPF commando group known as the “Network”, with the assistance of a foreign power, implicating the CIA, that was responsible for the shoot down.

At that point Arbour, instead of prosecuting everyone involved, as she should have done, on American instruction, ordered the investigation closed and kept secret thereby making her an accessory to a war crime. The facts relating to Arbour’s action is detailed in Michael Hourigan’s affidavit, still available on the internet and his report to the Office of Internal Oversight of the UN.

During the war crimes trials at the Rwanda tribunal defence lawyers, representing the only group targeted for prosecution, the side that tried to resist aggression, members of the Rwandan government, its armed forces and officials as well as Hutu intellectuals, demanded full disclosure of all the evidence the prosecution had relevant to what happened in the war and the allegations of war crimes made against our clients. In the trial of my client, General Ndindilyimana, Chief of Staff of the Gendarmerie, who after a long struggle was finally acquitted, made repeated requests for disclosure of that evidence but we never received the complete disclosure we demanded because over time we became aware that the prosecution had much more material than they were willing to show us.

One famous example of this is the Gersony Report made by Robert Gersony, a USAID, official seconded to the UN, who filed a report to the High Commissioner For Refugees in October 1994 setting out his findings that the RPF forces engaged in the systematic massacres of Hutus across Rwanda during their offensive, which he characterized as genocide. This report too was kept secret by the UNHCR and by the prosecution lawyers in our trial who even denied that it existed. But in 2008 my team found it by chance, and in the prosecution files, and I was able to produce it into evidence in the trial, along with a letter from Paul Kagame dated August of 1994 in which he refers to a meeting with Ugandan president Museveni in which the “plan for Zaire” was discussed. Those two agreed that the Hutus were in the way of the “plan” but Kagame stated that they were working with the Belgian, American and British intelligence services to execute the “plan” and the problem would be solved, The world has since seen what this ‘plan” involved; the invasions of Zaire, the extermination of hundreds of thousands of Hutu refugees, the killings of millions of Congolese in the wars that followed, as detailed in the leaked UN Mapping Report of 2010, and the shattering of Congo into fragments to be easily exploited by western mining companies.

Yet, little did we know as our trial proceeded that the prosecution had in their hands another document, an internal report dated October 1, 2003 in which their own investigators list and describe in 31 pages the crimes of the RPF forces they had investigated. This report, designated Top Secret, has recently been leaked and a copy was sent to me, among others, to examine and it is as damning of the RPF, and therefore their western allies, as the others.

The document, with the subject reference General Report on the Special Investigations concerning the crimes committed by the Rwanda Patriotic Army (RPA) during 1994’ was sent to the then Prosecutor Hassan Jallow by three members of the Prosecution Special Investigations Unit. It provides to the Prosecutor the evidence they had gathered that the RPA had committed massacres of thousands of Hutus in various places across Rwanda, for example, Byumba, Kabgayi, Rambara, Gitarama, and Butare, as well as the murder of three Catholic bishops and nine other priests at a church. The circumstances set out in the report confirm Gersony’s Report of similar massacres and also confirms witness testimony we heard during the trials that the RPA forces had infiltrated men into civilian barricades to kill people in order to pin the crimes on the Rwandan government forces and the youth group known as the interahamwe.

Finally they provide, once again, further evidence that the RPA did shoot down the presidential plane, confirming the findings of Michael Hourigan in 1997 detailed above and which Louise Arbour had ordered kept secret, confirming the findings of the French report and confirming the evidence we filed at trial to the same effect, including a radio intercept from Kagame to his forces, the day after the plane was hit, celebrating the downing of the plane as a successful operation. It is a very important and damning report. Kept secret. One wonders how many more secret reports they have.

There is not space here to detail the horrific crimes set out in the document, or to relate to you the evidence we heard at the trials-what one Hutu refugee, speaking of the hunting down of Hutu refugees in the Congo by the RPF forces, assisted by spotter planes with US Air Force markings, called the “genocide with no name,” so I provide just a few examples from this document to give readers the picture. On page 28, in reference to the capital city of Rwanda, Kigali, it states:

Camp Kanombe (a government military base) at the end of May 1994. When the RPA captured Kanombe, approximately 1500 civilians had taken refuge in the camp. They were all massacred by the RPA.’

Kanombe Airport, at the end of May 1994, approximately 200 to 300 civilians of all ages were brought …and executed.”

Masaka, Kanombe commune, end of July 1994, – in 5 days approximately 6,000 women children and men were executed with their arms tied behind their back at the elbow.

Camp Kami, during the capture of the camp by the RPA thousands of civilians who had taken refuge there were executed”

The picture is clear. Yet, to this date not a single member of the RPF or their western allies has been charged for their responsibility for these crimes and Paul Kagame, who ordered these killings, is hosted with smiles by leaders from Canada to France to China. The prosecutors who decided to protect these war criminals, and who, by withholding evidence of what really happened, obstructed justice, conspired to frame up those standing accused before the tribunal, turned international justice into a travesty, and gave these criminals immunity from prosecution and encouragement to commit more crimes have moved on to lucrative positions. Fatima Bensouda, one of those former ICTR prosecutors, is now the prosecutor of the International Criminal Court.

Where is the justice for the 6,000 men, women and children murdered at Masaka? Where is the hue and cry for the head of Paul Kagame as there was for the head of President Milosevic and the allegations he faced or as President Aassad of Syria faces? Where is the hue and cry for the head of General Dallaire, or for Louise Arbour, who condoned these crimes, as there was for General Mladic regarding the allegations about Srebrenica? There is none. Instead they are made celebrities, for we live a world in which criminals have seized hold of morality and justice and hanged them from a tree.

*

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Christopher Black is an international criminal lawyer based in Toronto. He is known for a number of high-profile war crimes cases and recently published his novel “Beneath the Clouds. He writes essays on international law, politics and world events, especially for the online magazine “New Eastern Outlook.” He is a frequent contributor to Global Research.

Iperereza rya LONI (TPIR) ku bwicanyi bw’abasirikare bari aba FPR (APR) mu w’1994

Ku itariki ya 01 Ukwakira 2003, Lejmi Muhamed Ali, Hamidou Maiga, Jean Bastarache, bandikiye Umushinjacyaha mukuru muri TPIR Hassan Boubacar Jallow, ku bijyanye na raporo ku iperreeza ku bwicanyi bwakozwe n’ingabo zari iza FPR, bashyikirije mu mwaka w’1994. Imyaka 15 irashize. Turabaza umutumirwa wacu niba raporo nk’iyi izagera aho igahabwa agaciro k’icyo yari yateguriwe. Kuki bitashobotse mbere?

Ni mukiganiro naAmb Jean Marie Vianney Ndagijimana tariki ya 05/10/2018

LECP INFO

Rwanda : Paul Kagame menace de réincarcérer Victoire Ingabire

Alors que les partisans de Victoire Ingabire célèbrent encore la libération surprise de la figure de l’opposition rwandaise intervenue ce samedi 15 septembre 2018 suite à une grâce présentielle, le chef de l’Etat rwandais vient, dans un discours adressé devant le parlement ce mercredi 19 septembre, de doucher les espoirs de ceux qui espéraient que la libération de Victoire Ingabire préfigurait l’ouverture de l’espace politique du Rwanda, un pays dirigé par un des régimes les plus répressifs de l’histoire.

C’est par un tweet laconique, diffusé dans la soirée du vendredi 14 septembre 2018 par le Ministère de la justice rwandais que la surprenante nouvelle a été publiquement annoncée : «  Le réunion du Conseil des ministres a approuvé la libération anticipée de 2140 condamnés. Parmi eux, Kizito Mihigo et Victoire Umuhoza, qui ont reçu une grâce présidentielle pour le restant de leur peine, après leur récente demande de grâce en juin 2018. »

Dans la foulée de cette annonce surprise, des messages de remerciement et de louanges, certains même frisant le fanatisme, adressés à Paul Kagame ont commencé à pleuvoir sur les réseaux sociaux : « Paul kagame n’est pas seulement un nationaliste mais un dirigeant envoyé pour nous par le ciel, » pouvait-on lire sous la plume de William, ou encore « Dieu est bon! Kagame Paul est bon. Que Dieu le bénisse » sous la plume de Julius.

Du côté des voix habituellement critiques, si certains se contentaient d’un sobre « Merci Paul Kagame », d’autres comme Louise étaient plus critiques refusant de remercier une « dictature » pour avoir « libéré quelques prisonniers politiques qui n’auraient jamais du être emprisonnés », d’autres encore, comme Nadine, se voulaient plus incisifs et demandaient « Entre Paul Kagame d’une part et Kizito Mihigo et Victoire Ingabire de l’autre, qui a besoin de demander pardon à qui ?»

Dès le lendemain matin de cette annonce, Kizito Mihigo et Victoire Ingabire, en compagnie de 2138 autres détenus faisaient leurs premiers pas à l’extérieur après respectivement 4 ans et 8 ans d’emprisonnement devant une flopée de journalistes et photographes.

Lors d’une conférence de presse improvisée à quelques pas de la prison, l’artiste chrétien a remercié le président Paul Kagame pour sa grâce présidentielle qui montre sa « force de cœur » et déclaré vouloir à titre personnel « se construire », chercher une femme et construire un foyer tout en poursuivant le travail qu’il fait depuis qu’il est enfant et visant à l’unité et la réconciliation des Rwandais.

Interrogé sur la demande de pardon qu’il a adressée au président Kagame, Kizito a déclaré avoir décidé de se désister de son appel et de demander pardon car « Je savais à qui je m’adressais, je connais le Président de la république comme quelqu’un ayant un cœur et à même de m’accorder son pardon. »

Victoire Ingabire a pour sa part d’abord remercié les personnes qui se sont occupées d’elle en prison, son mari et ses enfants, les partisans des FDU ainsi que les autorités carcérales « qui ont apporté beaucoup d’améliorations dont elle a été témoin dans les prisons rwandaises tout au long de ses années d’incarcération ».

Elle a ensuite remercié le Président de la république, pour l’avoir « libéré et remis à la vie normale » déclarant penser que ce geste est un signe démontrant que Paul Kagame « se rend compte désormais lui-même que le mieux pour le pays est que les Rwandais aux positions diverses puissent s’unir pour bâtir ensemble la nation ».  La leader d’opposition rwandaise a ensuite refusé de répondre aux autres questions notamment celle posée de manière pressante par les journalistes concernant la demande de pardon qu’elle aurait adressée à Paul Kagame en juin 2018 et qui serait à l’origine de sa libération.

« Je ne peux pas demander pardon pour un crime que je n’ai pas commis »

Le lundi 17 septembre, au lendemain de sa libération, Victoire Ingabire a exprimé sa joie et sa surprise face à sa libération sur les ondes de la BBC. Interrogée par le journaliste sur sa demande de pardon dont s’est fait écho la presse rwandaise pro-gouvernementale, elle a déclaré: « On demande pardon pour un crime qu’on a commis, je n’ai commis aucun péché, je n’ai jamais reconnu avoir commis le moindre crime ni devant la justice, ni devant aucune autorité, je n’ai pas demandé pardon pour un crime que je n’ai pas commis et qui aurait justifié ma détention,» expliquant que la confusion vient du fait qu’en kinyarwanda, le terme « grâce présidentielle » se traduit par le mot « imbabazi », le même mot utilisé pour « pardon ».

Elle a ensuite expliqué avoir sollicité la grâce présidentielle car elle ne voyait « aucune raison de rester en prison d’autant plus qu’une décision de la Cour [Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples] venait de décider qu'[elle] n’aurait jamais du être emprisonnée. »

Dans la même interview elle a également déclaré que son parti n’avait pas d’ambition de prendre le pouvoir, mais de lutter pour l’ouverture de l’espace politique au Rwanda.  Au sujet des risques de retourner en prison si elle continue sa lutte, elle a déclaré ne pas craindre une telle éventualité : « Je ne fais rien de mal, je partage simplement mes réflexions sur comment nous pouvons construire une nation rwandaise encore plus solide et avec un meilleur vivre ensemble que ce qu’on connait actuellement, mais si je dois retourner en prison, j’ai dit aux gens que la prison était une école, la prison est un chemin, ce n’est pas parce que Ingabire est emprisonnée que cette construction d’une meilleure nation doit s’arrêter, je pense même que le fait de m’emprisonner est aussi un passage vers ce meilleur avenir. »

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Victoire Ingabire Umuhoza, entourée par Anne Rwigara à sa gauche et Bernard Ntaganda à sa droite.

Elle a conclu en déclarant qu’elle allait continuer sa lutte et demander aux autorités rwandaises de libérer les autres prisonniers politiques, notamment les dirigeants de son parti encore emprisonnés, Diane Rwigara, Déo Mushayidi et plusieurs autres, et qu’elle comptait montrer aux autorités rwandaises qu’« emprisonner quelqu’un pour ses idées politiques donne une mauvaise image du pays alors que cela n’apporte rien à ceux qui les emprisonnent, au moment où on a besoin d’avoir un pays ayant une bonne réputation. »

La question du pardon présidentiel enflamme les débats

Suite à cette interview la question du pardon que Victoire Ingabire aurait ou non invoqué auprès de Paul Kagame a enflammé les débats et fait la une des journaux, en particulier pro-gouvernementaux et a enflammé les discussions sur les réseaux sociaux, plusieurs commentateurs pro-gouvernementaux postant des photos de lettres de demande de « pardon » pour prouver qu’elle mentait.

Plusieurs média pro-gouvernementaux ont ainsi consacré plusieurs articles à ce sujet, Igihe.com titrant par exemple ce mardi 18 septembre 2018 « Pourquoi Ingabire continue à fuir le pardon qu’elle a sollicité afin d’être libérée ? ». La télévision nationale rwandaise s’est également emparé du sujet, faisant même de la question du « pardon/grâce présidentiel(le) » de Victoire Ingabire le sujet de son débat du mardi 18 septembre 2018. Au cours de cet échange avec le journaliste l’ancien opposant Evode Uwizeyimana, invité en sa qualité de représentant de l’Etat rwandais, s’est ainsi longuement exprimé sur la question, déclarant notamment que l’emprisonnement et la libération de Victoire Ingabire et Kizito Mihigo « n’avaient rien de politique ».

« Le Rwanda est imperméable à la pression »

Ce mercredi 19 septembre 2018, c’est Paul Kagame lui-même qui, dans un discours prononcé devant le nouveau parlement, est revenu sur la question. Faisant d’abord allusion aux informations selon lesquelles les libérations de Victoire Ingabire et Kizito Mihigo auraient été dues aux pressions extérieurs, le numéro un rwandais a d’abord clarifié les choses, déclarant qu’au Rwanda, les choses « changeront de la manière dont nous (en mettant la paume de la main sur sa poitrine) le souhaitons et non de la manière dont les autres le souhaitent. »

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Faisant ensuite allusion à la libération de Victoire Ingabire, l’ancien chef rebelle a ainsi déclaré: « L’autre jour, nous avons libéré de gens, parmi eux, se trouvaient ces stars politiques, de la politique extérieure et sans aucune base dans le pays, ce n’est pas la première fois que nous le faisons et après tu les entends (mimant de sa main droite et d’un air moqueur et méprisant une personne qui blablate), je n’ai pas demandé pardon , ils ont du nous libérer à cause de la pression; » et d’ajouter d’une voix ferme sur un ton interrogatif, « Pression ici ? » sous les applaudissement nourris du parlement, avant de continuer, « Si tu continues dans cette voie, tu vas te retrouver de retour là bas (en prison) » sous une nouvelle salve d’applaudissement et de rires des députés.

Se faisant encore plus clair dans son propos, l’homme de fer de Kigali a ensuite déclaré, comme en signe d’avertissement: « Si ce dont on a besoin est une preuve que ce n’est pas la pression qui marche, tu peux te retrouver de retour dedans (en prison) ou te retrouver à nouveau en train de vagabonder en exil, car tu n’y feras rien d’autre, » avant de conclure fermement: « Au Rwanda, vu d’où on vient, on a appris beaucoup de leçons nous rendant imperméable à la pression, donc celui qui le veut, ferait mieux de faire profil bas. »

Ruhumuza Mbonyumutwa

Jambonews.net

Rwanda: Victoire Ingabire et Kizito Mihigo libérés de prison

Ingabire VAu Rwanda, l’opposante Victoire Ingabire et le chanteur Kizito Mihigo ont été libérés, dans la matinée de ce samedi  15 septembre. Ils font partie des 2 140 prisonniers dont le ministère de la Justice avait annoncé vendredi l’élargissement. Dans ses premières réactions à RFI, Victoire Ingabire se dit « surprise et contente » et indique son intention de poursuivre ses activités politiques. Victoire Ingabire et Kizito Mihigo étaient considérés comme des prisonniers politiques par les organisations de défense des droits de l’homme. Tous deux purgeaient de lourdes peines.

A l’issue d’un procès largement contesté, la présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), Victoire Ingabire, avait été condamnée pour « minimisation du génocide », après avoir réclamé la reconnaissance des victimes des massacres du Front patriotique rwandais (FPR), l’ex-rebellion, aujourd’hui au pouvoir.

Condamné à quinze ans de prison, l’opposante en avait déjà purgé huit. Elle avait été arrêtée alors qu’elle était rentrée dans son pays pour participer à l’élection présidentielle d’août 2010. 

« Surprise »

« Surprise », Victoire Ingabire dit espérer que sa libération est un signe que le président Kagame – qui a changé sa Constitution et pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2034 – souhaite enfin ouvrir l’espace politique dans son pays. En tout cas, ces huit années de prison ne l’ont pas découragée. Elle dit, en effet, vouloir poursuivre ses activités politiques et surtout se battre pour ses camarades qui sont encore détenus.

Kizito

Le chanteur Kizito Mihigo avait, lui, été arrêté en avril 2014, juste avant la vingtième commémoration du génocide auquel il participait chaque année. Ce rescapé du génocide avait d’abord été porté disparu pendant plusieurs jours. Les autorités avaient fini par reconnaître son arrestation. Officiellement, on lui reprochait une conversation sur Skype avec un opposant en Afrique du Sud. Officieusement, c’est l’une de ses chansons qui aurait déplu. Dans cette chanson, lui aussi évoquait les crimes de vengeance du FPR.

Lui aussi espère pouvoir continuer d’œuvrer à travers sa fondation pour la réconciliation dans son pays.

RFI