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Rwanda : la négation du génocide commis contre les Hutus

Tous les génocides sont confrontés à leur négation.

Celui commis contre les Hutus du Rwanda par le FPR (Front Patriotique Rwandais) de Paul Kagame pendant plus d’une décennie à partir du début de l’année 1991 n’échappe pas à la règle. Or la négation d’un crime avéré n’est pas seulement un acte de solidarité avec l’auteur mais un acte de complicité qui contribue à parachever ce crime. Le génocide perpétré contre les Hutus a des caractéristiques communes à tous les génocides mais il a aussi ses caractéristiques propres. Il en est de même de sa négation qui a des points communs avec celle des autres génocides mais qui connaît des particularités inédites.

Un génocide caractérisé par son impunité

Comme tous les génocides, il remplit la caractéristique principale d’être le crime des crimes, c’est-à-dire celui qui a consisté à supprimer l’autre pour ce qu’il est. Mais parmi ses caractéristiques propres les plus effrayantes, il y a d’abord l’impunité totale de ses auteurs. Ils ont accédé au pouvoir au Rwanda il y a 25 ans et leurs crimes semblent passer inaperçus aux yeux des autres nations, ce qui est impossible à comprendre.

Il apparaît, de manière flagrante aujourd’hui, que ce génocide contre les Hutus a été le passage presque obligé de la plus grande entreprise criminelle de néo-colonisation de l’Afrique à la fin du 20èmesiècle.

La guerre menée par le FPR contre la République rwandaise à partir du 1eroctobre 1990 avait certes un objectif politique interne de revanche sur la révolution rwandaise de 1959 qui a émancipé la population majoritairement hutue.

Mais elle avait aussi un objectif international d’extension de l’influence anglo-saxonne et de pillage des ressources minières de l’Est de la République Démocratique du Congo au profit de multinationales occidentales.

Les ouvrages précis se sont multipliés ces dernières années sur le sujet et la seule consolation actuelle des victimes, en attendant que justice leur soit rendue, est de commencer à comprendre ce qu’il s’est réellement passé.

Il s’agit de l’alliance entre ces multinationales et la frange rwandaise de l’armée ougandaise de l’époque, les premières ayant offert leur soutien financier, politique et médiatique à la seconde qui a fait le travail sur le terrain pour leur offrir l’accès incontrôlé à ces ressources minières cruciales pour les nouvelles technologies.

A y réfléchir, il est évident que la prise du pouvoir militaire total au Rwanda par le FPR et l’invasion de l’Ex-Zaïre, aujourd’hui République Démocratique du Congo, ne pouvaient se faire que moyennant l’extermination d’une partie de la population hutue, majoritaire à 85 % au Rwanda, si l’objectif était d’y installer un pouvoir militaire issu de la minorité tutsie.

Mais la grille de lecture communautaire ou « ethnique » de ce conflit s’arrête là.

C’est-à-dire que le FPR est un mouvement politique et militaire issu de la minorité Tutsi qui a chassé du Rwanda un pouvoir en place issu de la majorité Hutu, grâce à l’armée de l’Ouganda voisin et le soutien de parrains occidentaux.

Mais il ne s’agit absolument pas de massacres inter-ethniques, comme ce que l’on a parfois pu lire, ou d’un conflit entre Hutus et Tutsis pris dans leur ensemble.

L’immense majorité des Hutus et des Tutsis n’a fait qu’être victime de cette guerre et surtout des crimes commis par les organisations politiques et militaires qui étaient impliquées dans le conflit, dont le FPR de Paul Kagame.

L’impunité est donc la première caractéristique de ce génocide qui est la conséquence d’un deal néocolonial réalisé sur place par une Armée Patriotique Rwandaise dont plus de la moitié des officiers supérieurs avaient moins de 25 ans en 1994 et dont les victimes sont aujourd’hui estimées à +/- 2,5 millions d’âmes.

L’impunité est telle qu’il subsiste une forme d’omerta lorsqu’il s’agit de nommer publiquement les auteurs de ce génocide.

L’impunité est la pire chose qui peut suivre un crime de telle nature.

L’impunité facilite en effet la négation et terrorise absolument les victimes tout en confortant l’auteur dans l’idée qu’il a agi comme il devait agir, surtout s’il a pris le pouvoir par le biais d’un tel crime.

Un génocide largement documenté

La deuxième caractéristique de ce génocide est précisément la documentation qui existe à son sujet et qui contraste avec son impunité.

Certes, tous les génocides sont documentés et il est impossible d’imaginer un crime de génocide parfait qui n’aurait laissé aucune trace et qui n’aurait connu aucun témoin mais dans le cas du génocide commis contre les Hutus, la documentation qui existe est particulièrement parlante.

S’agissant chronologiquement du dernier génocide en date dans l’histoire de l’humanité, il a pratiquement été filmé et photographié en direct par satellite.

Quelques rares images sont tombées aux mains du public et ont inspiré des films édifiants comme « Tears of the Sun / Les larmes du Soleil» du réalisateur Antoine Fuqua, sorti en 2003 avec le célèbre acteur Bruce Willis.

Mais il a surtout fait l’objet de rapports onusiens dressés par des observateurs neutres dans le cadre de leurs missions officielles au service des Nations Unies.

Le rapport Mapping publié en août 2010 par le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations-Unies est le document de référence en l’espèce (https://www.ohchr.org/documents/countries/cd/drc_mapping_report_final_fr.pdf) et n’est pas l’œuvre de n’importe qui puisqu’il s’agit de l’équipe de Madame  Navanathem Pillay (ancienne présidente du TPIR – Tribunal Pénal International pour le Rwanda) et de Madame Louise Arbour (ancienne procureur du TPIR).

A la page 589 du rapport Mapping, paragraphe 514, on peut notamment y lire ce qui suit et qui ne laisse aucun doute sur la nature du crime :

« Au moment des incidents couverts par le présent rapport, la population hutu du Zaire, y compris les réfugiés venus du Rwanda, constituait un groupe ethnique au sens de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Par ailleurs, comme il a été démontré précédemment, l’intention de détruire un groupe en partie est suffisante pour être qualifiée de crime de génocide. (…) On peut donc affirmer que, même si seulement une partie du groupe ethnique hutu présent au Zaïre a été ciblée et détruite, cela pourrait néanmoins constituer un crime de génocide si telle était l’intention des auteurs. Finalement, plusieurs incidents répertoriés semblent également confirmer que les multiples attaques visaient les membres du groupe ethnique hutu comme tel. (…). »

Les passages en gras, sont en gras dans le texte cité.

Mais il existe plusieurs autres rapports et notamment deux autres rapports précédents qu’il est impossible de passer sous silence.

Il s’agit de ceux de Monsieur Robert Gersony du 19 octobre 1994 et de Monsieur Roberto Garreton du 2 avril 1997.

Le rapport Gersony a spécifiquement documenté le génocide commis contre les Hutus sur le territoire du Rwanda pendant et après la conquête militaire du FPR, alors même que la mission de son auteur était d’enquêter sur les crimes commis sur le territoire du Rwanda à partir du mois d’avril 1994, avec la présomption que tous les crimes avaient été commis par les milices Interahamwe.

Ce rapport est donc particulièrement important car il résulte d’une enquête neutre réalisée sur le terrain entre août et septembre 1994, auprès de dizaines de site de massacres au Rwanda, en recueillant à chaud la parole des survivants qui ont désigné le FPR comme ayant été de loin l’auteur des tueries les plus importantes.

Le rapport Gersony n’est certainement pas étranger au libellé neutre et général de la résolution 955 du Conseil de Sécurité de l’ONU, prise le 8 novembre 1994 et portant création du Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Cette résolution a en effet créé un Tribunal International pour punir les crimes commis au Rwanda et sur les territoires voisins entre le 1erjanvier 1994 et le 31 décembre 1994 sans aucune précision quant à l’auteur éventuel de ces crimes et sans aucune précision quant aux victimes éventuelles.

Elle laissait donc la possibilité de poursuivre et de punir tous les crimes de droit pénal international commis par tous les auteurs contre toutes les victimes, c’est-à-dire à la fois ceux commis par les Interahamwe et ceux commis par le FPR.

Ce n’est que pour des raisons politiques que le Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda a choisi de ne pas poursuivre les crimes commis par le FPR, ce qui a finalement favorisé et même garanti cette impunité depuis 25 ans.

En vertu du principe de la compétence universelle lorsqu’il s’agit de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, les justices de deux pays ont quand même tenté de mettre fin à cette impunité.

C’est ainsi que le juge espagnol Fernando Andreu Merelles, après avoir reçu des plaintes des familles de victimes, a enquêté sur ces crimes et délivré en février 2008 des mandats d’arrêts contres 40 hauts responsables du FPR pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

La France a également lancé une enquête indirecte sur ces crimes dans le cadre de l’enquête concernant l’attentat terroriste qui a coûté la vie à l’équipage français qui transportait le Président Juvénal Habyarimana et d’autres hautes personnalités, dont son homologue burundais Cyprien Ntaryamira.

Mais ces enquêtes n’ont abouti à aucun procès jusqu’à ce jour et semblent avoir été entravées par des intérêts géostratégiques et politiques.

Un génocide raconté librement par ses exécutants

Ensuite, et c’est assez singulier comme documentation pour le souligner, il s’agit d’un génocide qui a été raconté par écrit, par certains de ses exécutants et notamment par deux ouvrages de soldats du FPR qui ont donné des dates, des lieux et des précisions d’une valeur inestimable pour les victimes.

De mémoire d’homme, jamais les exécutants d’un génocide ne s’étaient repentis au point d’en témoigner librement et sans contrainte, par écrit dans des ouvrages de référence tel que c’est le cas au Rwanda, notamment dans le livre d’Abdul Ruzibiza (Rwanda : l’histoire secrète) ou dans celui du journaliste Jacques Pauw (Rat Roads), ce dernier ne faisant que retranscrire les propos recueillis directement auprès d’un ancien militaire du FPR qui s’est confié sur ses crimes.

C’est important de souligner ici le fait que ces exécutants en ont témoigné librement car il est évidemment plus douteux de faire parler des exécutants ou de prétendus exécutants s’ils sont en prison ou sous contrainte.

Avec toute cette documentation qui retrace une planification et une exécution méthodique et organisée, la justice que réclament les victimes à cor et à cri serait bien plus aisée à rendre que ce qui a déjà été vu devant les Tribunaux pénaux internationaux ou la Cour pénale internationale pour d’autres crimes.

En plus, les auteurs de ce génocide appartenaient à une armée structurée qui se disait elle-même disciplinée de sorte qu’il n’y aurait aucun mal à identifier ceux qui l’ont commis, même si l’idée ne serait probablement pas de poursuivre les petits exécutants dont certains étaient des enfants soldats.

En termes d’organisation, de nombreux réfugiés ayant échappé au génocide commis contre les Hutus racontent qu’ils ont été alertés par des soldats du FPR en première ligne qui leur disaient de fuir parce qu’il y avait derrière eux d’autres soldats chargés d’éliminer la population civile.

Il y a encore, en Europe d’ailleurs, de nombreux anciens soldats du FPR qui racontent le travail qu’ils ont dû faire et qui précisent par exemple qu’il a fallu dans certains cas avoir recours à des bulldozers venus d’Ouganda pour ensevelir leurs victimes dans des fosses communes au Rwanda.

L’un d’entre eux disait avoir déjà eu le doigt gonflé pour avoir appuyé toute une journée sur la gâchette de sa Kalachnikov en abattant des civils Hutus désarmés dans l’ancienne préfecture de Byumba au Nord du Rwanda.

Les auteurs ont à ce point été peu inquiétés que le Net a vu fleurir dernièrement des reportages à leur gloire dans lesquels ils se vantent ouvertement et avec arrogance des crimes qu’ils ont commis, le dernier de ces reportages qui leur rend hommage étant tout simplement intitulé « Inkotanyi » et diffusé au Cinéma.

Un charnier a été mis au jour dans ce camp de réfugiés hutus le 27 avril 1995. Un massacre attribué à l’APR. Dix-huit sites de massacre sont recensés dans le rapport du TPIR. – PASCAL GUYOT / AFP

Un génocide d’une durée insupportable

La troisième caractéristique est sa longue durée.

L’histoire récente, c’est-à-dire celle du 20èmesiècle, n’a pas connu de génocide d’une durée aussi longue.

Le rapport mapping, cité précédemment, examine la période entre 1993 et 2003, soit 10 longues années suffisantes pour exterminer une partie de la population hutue du Rwanda et bien sûr une partie de leurs frères congolais victimes des richesses minières de leurs pays.

Mais il est certain que ce génocide a commencé bien avant 1993, au Nord du Rwanda et qu’il est impossible de savoir à quel moment précis on peut considérer qu’il a pris fin puisqu’aucun évènement politique ou militaire n’est venu l’arrêter.

Un génocide efficace

La quatrième caractéristique, parmi d’autres qu’on ne pourra pas aborder ici dans leur ensemble, est l’efficacité de ce génocide qui compte pourtant le plus grand nombre de survivants directs d’un génocide à l’heure actuelle sur terre.

En effet, ce génocide a été efficace puisqu’il a permis d’atteindre rapidement le but visé par cette entreprise criminelle néocoloniale.

Les Hutus qui étaient près de 6 millions au Rwanda au début de l’année 1994 et qui vivaient dans leur pays en occupant tous les secteurs publics et privés n’ont pas seulement été intégralement chassés de ces secteurs, ils ne sont plus là.

Beaucoup sont en exil, nombre d’entre eux ont été emprisonnés mais leur disparition est due essentiellement à leur extermination systématique pour ne laisser place qu’à une nouvelle génération meurtrie.

Ce génocide s’est donc avéré efficace sur cet aspect-là et il n’est pas étonnant que l’impunité actuelle ne fasse que rassurer les auteurs quant au bien-fondé de la solution qu’ils ont trouvée et qu’ils sont naturellement déterminés à remettre en œuvre si les circonstances le justifient à l’avenir.

Un génocide confronté à un négationnisme insidieux

Quant à sa négation, elle connaît évidemment les mêmes mécanismes que la négation de tous les autres génocides.

Personne n’ose nier les faits, c’est-à-dire l’extermination systématique d’une partie de la population Hutue au Rwanda et sur le territoire de la République du Congo par le FPR, hommes, femmes et enfants indistinctement.

Ce génocide échappe donc à la forme primaire du négationnisme, celle qui consiste juste à nier les faits et à affirmer que cela n’est pas arrivé.

Mais les autres formes de négationnisme auxquelles il est confronté ne sont pas moins pernicieuses ou moins dangereuses.

La minimisation du nombre de victimes

La première d’entre elles est la minimisation du nombre de victimes qui est commune à la négation de tous les génocides.

Combien de fois n’a-t-on pas lu et entendu par exemple que le nombre de Hutus victimes ne dépasserait pas 500 000… ?

Comme si cela n’aurait d’ailleurs pas été assez.

Il suffit de prendre le cas des camps de l’Est de la République Démocratique du Congo dont les réfugiés avaient été minutieusement comptés par les organisations humanitaires qui sont venues à leur secours en juillet 1994.

Ces camps comptaient près de 2 800 000 réfugiés en octobre 1996, à la veille de l’attaque et de la destruction de ces camps par les troupes du FPR.

En mai 1997, le gouvernement du FPR à Kigali se targuait d’avoir rapatrié 500 000 réfugiés de force au Rwanda tandis que les autres s’étaient dispersés dans les forêts de la République Démocratique du Congo, entre la frontière du Rwanda à l’Est et celle du Congo Brazzaville à l’Ouest.

Le nombre de réfugiés survivants dénombrés par le HCR au Congo au début de l’année 1998 et dans les années qui ont suivi fut évalué à 400 000.

C’est ce chiffre qui est encore avancé aujourd’hui et qui permet d’évaluer les victimes rwandaises du FPR sur le seul territoire du Congo, entre 1996 et 1997 mais aussi dans les années qui ont suivi, à +/- 1,5 millions de morts, si l’on tient compte des quelques survivants qui ont pu rejoindre les pays limitrophes.

À la suite de violents combats, un million de réfugiés hutus ont fui, et 2 000 d’entre eux sont partis dans un train surpeuplé reliant Biaro à Kisangani. À son arrivée à Kisangani, il apparaît que 100 personnes sont décédées au cours du voyage. Une femme avec son bébé pleure un membre de sa famille qui est décédé.

La dénaturation du crime

Vient ensuite la dénaturation du crime dont les Hutus ont été victimes qui est aujourd’hui la forme la plus virulente de sa négation.

Le crime de génocide étant le crime le plus grave du droit international humanitaire, sa dénaturation ne va jamais que dans le sens d’en atténuer la gravité.

C’est ainsi que le génocide dont les Hutus ont été victimes de la part du FPR a par exemple souvent été qualifié d’exactions ou est systématiquement banalisé comme étant des massacres sélectifs ou des massacres à grande échelle.

Aujourd’hui, l’évidence des faits amène certains à accepter quand même de le qualifier de crime contre l’humanité sans néanmoins utiliser le terme de génocide.

Il paraît pourtant essentiel de qualifier le crime comme il se doit sans le dénaturer et de le qualifier correctement en nommant les victimes, s’agissant d’un génocide.

C’est ainsi que des expressions génériques comme « génocide rwandais », « tragédie rwandaise », « drame rwandais » peuvent à juste titre être considérées comme inadéquates à l’égard de la spécificité du génocide commis contre les Hutus ou du génocide commis contre les Tutsis.

Si ce crime a été commis dans un cadre général caractérisé par la commission d’autres crimes graves de droit international, il n’est pas correct de le noyer dans une appellation générique qui ne fait que semer la confusion.

C’est-à-dire que si le constat factuel et juridique est qu’il y a eu deux génocides au Rwanda, un génocide commis contre les Hutus par le FPR entre 1991 et 2003 mais aussi un génocide commis contre les Tutsis par les miliciens Interahamwe au sens large entre avril et juillet 1994, le fait de désigner le tout comme étant un « génocide rwandais » revient finalement à nier les deux génocides.

La diabolisation des victimes 

La diabolisation des victimes est certainement la forme la plus abjecte de la négation du crime de génocide et est souvent liée à la dénaturation du crime.

Dès 1994, une presse de mauvais aloi, sans doute à la solde de ceux qui ont perpétré ce génocide, a entrepris de diaboliser les Hutus d’une manière générale en leur donnant pernicieusement une image antipathique auprès du public.

Le paroxysme a été atteint en 1996 lorsqu’une journaliste écrivait par exemple, pendant que le FPR détruisait à l’arme lourde les camps de réfugiés Hutus à l’Est du Congo et exterminait hommes, femmes et enfants sous les yeux indulgents du monde entier, qu’il fallait finalement se demander si ces enfants n’étaient de toute façon pas de futurs génocidaires qui auraient hérité de l’idéologie de leurs parents.

Il était en effet acquis, pour cette journaliste, que les Hutus dans leur ensemble étaient en effet des génocidaires et que seuls les Hutus modérés, morts ou restés au Rwanda, échappaient à cette idéologie génocidaire transmise aux enfants.

Cette expression de « Hutus modérés » participait d’ailleurs de cette campagne de diabolisation puisqu’elle visait à introduire de manière subliminale l’idée que les Hutus auraient été mauvais par essence mais qu’il y en avait des modérés.

Si l’on sait que l’on ne peut être modéré ou pas que dans ses opinions mais certainement pas dans ce que l’on est, il est aisé de comprendre le but de ceux qui ont inventé cette expression et qui tentent encore de la pérenniser.

Cette manière de diaboliser ceux qu’on veut exterminer pour ce qu’ils sont, en attribuant globalement des crimes à leur groupe national ou ethnique, comme ceux qu’on accusait d’avoir tué Jésus-Christ, est connue depuis la nuit des temps et fait parfois et même toujours mouche dans l’esprit de certains publics.

Une fois les victimes diabolisées, les crimes commis contre elles deviennent alors excusables, voir justifiables mais perdent en tout cas leur gravité pour devenir des représailles ou de la vengeance, si quelqu’un s’y intéresse encore.

L’exemple le plus terrible en ce qui concerne le Rwanda concerne les prisons mouroirs du Rwanda et les fameuses juridictions gacaca dont la fonction était avant tout de purger le pays des hommes Hutus, en commençant par ceux qui étaient instruits, mais qui furent présentées comme étant destinées à punir les auteurs du génocide commis contre les Tutsis alors que cela était accessoire.

Dans le prolongement des gacaca, la dernière trouvaille du gouvernement du FPR à Kigali est ce programme intitulé « Ndi umunyarwanda » (Je suis Rwandais), destiné aux jeunes Hutus appelés massivement à demander pardon pour les prétendus crimes commis par leurs parents puisqu’ils ne peuvent matériellement plus être poursuivis pour avoir commis un génocide avant leur naissance.

Le gouvernement du FPR tente aujourd’hui d’expliquer qu’il serait en train de lutter contre une idéologie génocidaire qui aurait été transmise aux enfants Hutus, c’est-à-dire ceux qui dénoncent le génocide commis par le FPR.

Les victimes sont donc diabolisées comme étant des criminels dans une logique totalement pernicieuse qui consiste à vouloir occulter la réalité du génocide commis contre les Hutus en brandissant systématiquement la lutte contre la négation du génocide commis contre les Tutsis.

La mise en concurrence avec un autre génocide

Ceci nous amène à une autre forme de négationnisme qui n’est pas non plus l’apanage du génocide commis contre les Hutus.

Il s’agit de celle qui consiste à nier le crime en invoquant l’existence d’un autre crime concomitant ou antérieur qui viendrait presque justifier ce génocide.

Nous avons tous déjà entendu l’expression de contre-génocide que certains avaient voulu consacrer pour qualifier le génocide commis contre les Hutus, après celui commis contre les Tutsis, dans une démarche de quasi absolution pour le FPR auteur du génocide contre les Hutus.

C’est encore ce qui défraie la chronique ces derniers temps puisque de nombreuses personnes peinent encore à reconnaître l’existence d’un génocide commis contre les Hutus pour le seul motif qu’il y aurait eu un génocide commis contre les Tutsis au Rwanda au même moment.

Pire, certains jeunes rwandais innocents arborent fièrement des tee-shirts ouvertement négationnistes contre le génocide des Hutus sur lesquels on peut lire qu’il n’y a eu qu’un seul génocide au Rwanda, celui commis contre les Tutsis, sous-entendant par-là qu’il n’y a pas eu de génocide perpétré contre les Hutus.

C’est une erreur fondamentale de jugement de nier le crime de génocide commis contre un autre groupe au motif que son groupe aurait aussi été victime d’un génocide, comme s’il s’agissait de revendiquer une forme d’exclusivité macabre.

Les corps sans vie des déplacés Hutus de Kibeho surplombé par des soldats du FPR (février 1995)

En effet, le génocide commis contre les Hutus est un crime distinct de celui qui a été commis contre les Tutsis et l’un ne justifie pas l’autre ni ne l’occulte.

L’un, celui commis contre les Tutsis, a été commis par ceux qu’on a globalement qualifiés d’Interahamwe au sens large pendant une période allant d’avril à juillet 1994 dans la zone officiellement sous contrôle du gouvernement intérimaire.

L’autre, celui commis contre les Hutus, l’a été sur une plus longue période, c’est-à-dire à partir de la fin janvier 1991 jusqu’au moins en 2003.

Il a également été perpétré sur un territoire plus grand, en l’occurrence une région allant de tout le territoire du Rwanda, selon l’époque, puis sur une bande s’étendant du Nord-Est au Nord-Ouest de la République Démocratique du Congo.

Et la transition est ainsi toute trouvée vers une autre forme de négationnisme particulière au génocide commis contre les Hutus et sans doute la plus incongrue.

La négation en miroir

En effet, la campagne de négation du génocide commis contre les Hutus, dont on voit qu’elle émane de ceux qui l’ont commis, c’est-à-dire les officiers du FPR encore au pouvoir à Kigali, consiste essentiellement à museler toutes les personnes qui se battent pour la reconnaissance du génocide commis contre les Hutus et pour la justice envers ses victimes, en accusant ces personnes d’être des négationnistes du génocide commis contre les Tutsis.

Ceux qui se battent pour que le génocide commis contre les Hutus soit reconnu et que ses auteurs soient punis sont gratuitement taxés de « négationnistes » parce que « partisans de la thèse du double génocide ».

Or, en toute logique, ce n’est pas celui qui clame l’existence d’un deuxième génocide qui est susceptible de négationnisme mais celui qui nie ouvertement et impunément l’un d’entre eux sans aucun argument factuel ou juridique.

Le génocide commis contre les Hutus n’est pas le fruit d’une thèse ou l’œuvre de partisans mais une réalité affreuse dont l’horreur suprême est de continuer à terroriser ses victimes plutôt qu’à leur rendre justice.

Cette campagne est de toute évidence absurde et illogique mais elle est pourtant relayée par des milieux intellectuels et politiques en Europe, même s’il ne s’agit pour le moment que de personnalités de second plan.

Bref, se livrer ouvertement à du négationnisme en accusant l’autre, celui qu’on nie, de négationnisme, est le comble du monde à l’envers.

Tout ce qui précède ne signifie pas qu’il n’y ait aucune place pour la discussion ou même la négation légitime et qu’il faille accepter le génocide commis contre les Hutus comme un dogme indiscutable et indéniable.

Chacun est en effet libre de nous démontrer en quoi les deux éléments constitutifs du crime de génocide contre les Hutus ne seraient pas remplis.

En effet, tout crime, quel qu’il soit, nécessite toujours un élément moral et un élément matériel, c’est-à-dire une intention dans le chef de son auteur et des actes.

Pour le crime de génocide, notamment contre un groupe national ou ethnique, l’intention exigée par l’article 2 de la Convention pour la répression et la prévention du crime de génocide du 9 décembre 1948 est celle de détruire en tout ou en partie ce groupe, or cette intention n’est pas contestable en l’espèce.

Elle résulte des faits et des aveux mêmes de ceux qui l’ont commis, sauf qu’ils pensent à tort qu’ils n’ont pas commis de génocide parce qu’ils ne voulaient pas exterminer tous les Hutus mais seulement une partie d’entre eux.

Et les actes exigés sont énumérés au même article et consistent, entre autres, soit dans le meurtre de membres de ce groupe, soit dans l’atteinte grave à son intégrité physique ou dans la soumission intentionnelle de ce groupe à des conditions de vie devant entraîner sa destruction totale ou partielle.

Ces actes sont établis en l’espèce et c’est seulement pour cette raison-là qu’on peut affirmer qu’il y a eu un génocide contre les Hutus du Rwanda.

La démonstration contraire n’étant pas possible de toute évidence, la propagande et l’intimidation des victimes ont pris le relais, au point que la plus grande particularité de la négation de ce génocide commis contre les Hutus vient du fait qu’il est probablement le seul à être nié par les victimes elles-mêmes dont certaines refusent de qualifier de génocide ce dont elles ont été victimes.

Ce n’est ni le sommet de l’aliénation, ni l’illustration la plus aboutie du syndrome de Stockholm, c’est plutôt la conséquence de cette impunité qui pousse les survivants à nier eux-mêmes les crimes dont ils ont été victimes dans une forme de réflexe de survie destiné à amadouer des auteurs dont ils sont encore à la merci.

La négation va encore un cran plus loin lorsque certaines victimes, enrôlées aujourd’hui sous la bannière du FPR à Kigali, sont forcées d’endosser publiquement les crimes du FPR en tant qu’officiels du régime et donc d’endosser en leur propre nom les crimes dont elles ont été victimes.

Le défi actuel n’est même pas de faire reconnaître ce génocide par d’autres mais de le faire reconnaître par les Rwandais eux-mêmes, Hutus et Tutsis, en commençant par les Hutus qui en ont été victimes et qui doivent pouvoir en témoigner ouvertement sans se terrer dans la peur.

La reconnaissance conditionnée

Combien n’a-t-on pas entendu des gens de bonne foi plaider que si un tribunal devait qualifier de génocide les crimes qui ont été commis contre les Hutus, il faudrait alors l’accepter et se rendre à l’évidence.

C’est cependant un non-sens car l’existence et la qualification d’un crime ne dépendent pas d’une reconnaissance judiciaire.

Au contraire, le fait qu’aucun Tribunal n’ait jamais poursuivi ces crimes est une honte pour l’humanité toute entière.

Patrice Rudatinya MBONYUMUTWA

http://www.jambonews.net

L’auteur est rwandais, né en 1975. Il est témoin direct de l’histoire récente de son pays à laquelle il s’intéresse depuis son plus jeune âge. Il était au Rwanda le 6 avril 1994 et pendant les semaines qui ont suivi. Il tient à préciser que ce texte est le fruit de plus de 23 ans de réflexion et de recul pendant lesquels il a assisté à de très nombreuses conférences et s’est entretenu avec de nombreuses victimes rwandaises Hutus et Tutsis. Il s’est procuré et a lu plus de 230 livres, sans compter les milliers d’articles, c’est-à-dire pratiquement tous les ouvrages principaux qui ont été publiés sur le Rwanda avant et après 1994 par les auteurs de tous bords. Il est avocat spécialisé en droit pénal qu’il a enseigné à l’Université.

Rwanda : Halte au génocide intellectuel

Dans son article du 23-03-2019, le journal rwandais « Kigali Today » titrait : « Dans la province du Nord, 47% des élèves qui terminent l’école primaire ne savent ni lire ni écrire ». Il rapportait ainsi les propos du directeur du REB (Rwanda Education Board), Dr Ndayambaje Irenée, qui était venu dans la région pour une réunion de mise au point avec les responsables du secteur pour examiner les raisons à la base de cette situation.

A cette occasion, dans son discours de circonstance, Dr Ndayambaje Irenée a précisé, en citant le rapport de 2018, que dans la région du Nord, « seuls 52, 8% des élèves qui terminent l’école primaire peuvent lire le contenu du livre de l’élève de la 6è primaire ». Il a poursuivi : « Le plus grave, c’est que cette lacune ne s’observe pas seulement dans la lecture du Kinyarwanda (langue maternelle), mais également dans les autres branches comme le calcul où le rapport ci-haut cité montre que seuls 59,7% des élèves peuvent effectuer des opérations mathématiques consignées dans le programme scolaire de la 6è année primaire ». Il a terminé en fustigeant les responsables de l’enseignement, à tous les niveaux, et leur a demandé de se remettre en question.

Le même constat a été fait le 06/08/2019 par le ministre de l’Intérieur, professeur Shyaka Anastase, dans la région de Ngorero, province de l’Ouest. Le même journal  « Kigali Today » dans son édition du 7-08-2019 rapporte : « Le Professeur Shyaka a instruit les autorités concernées que 1.851 élèves qui ont abandonné l’école soient réintégrés avant la fin de ce mois d’août 2019 ».  Au Rwanda, le décrochage scolaire est un fléau. Il est dû surtout à la pauvreté. Les enfants qui n’ont rien à manger préfèrent aller se livrer aux petits boulots pour gagner un peu de sous leur permettant de s’acheter de quoi se mettre sous la dent.

Ce constat amer des responsables politiques du pays au plus haut niveau donne l’image de ce qu’est l’enseignement public au Rwanda.

Les observateurs les plus avertis sont d’avis qu’en scrutant les causes de cette situation dans laquelle se trouve l’enseignement, l’on s’aperçoit qu’il s’agit d’une politique délibérée de la clique au pouvoir au Rwanda depuis juillet 1994. En effet, si on passe en revue les mesures prises dans ce secteur l’on s’aperçoit qu’elles visaient, toutes,  le nivellement vers le bas de la qualité de l’enseignement. Voyons-en quelques-unes.

L’imposition subite de l’anglais comme langue d’enseignement

C’est en octobre 2008 que le conseil des ministres a décidé de supprimer le français comme langue d’enseignement et de le remplacer par l’anglais. Le ministre de l’Enseignement primaire et secondaire d’alors, Théoneste Mutsindashyaka, par sa circulaire du 31/12/2008, donna des directives pour l’accélération de l’adoption de l’anglais dans l’enseignement de base. Comme l’année scolaire débute en janvier, la mesure fut mise en exécution à la rentrée scolaire, en janvier 2009.

Dans un pays où le français a régné en maître depuis l’introduction de l’école au Rwanda par le colonisateur belge et l’Eglise catholique vers 1900, cette mesure est tombée comme un couperet. Avec la suppression subite du français comme langue d’enseignement, la presque totalité des enseignants du pays, tous francophones, devenaient ipso facto comme des analphabètes. Des stages d’anglais furent organisés à la hâte dans un court laps de temps durant le 3è trimestre 2008, mais c’était insuffisant pour que les enseignants puissent transmettre la matière aux élèves dans la langue de Shakespeare.

Des promotions entières en subirent les conséquences néfastes qui, malheureusement, font encore des ravages aujourd’hui, 10 ans après.

Le 18 avril 2019, sur une radio en ligne, Radio Inkingi, le journaliste est parvenu à faire parler trois enseignants de l’école primaire au Rwanda. Tous ont avoué qu’ils ne parlaient pas anglais alors qu’il leur était demandé de dispenser leurs leçons dans cette langue. Comment font-ils? A cette question ce fut motus et bouche cousue. Un des enseignants a eu le courage d’avouer qu’ils ont quelques phrases qu’ils ont mémorisées et qu’ils font répéter aux élèves quand c’est nécessaire, notamment si l’inspection s’annonce.

La surpopulation des classes

A ce sujet, les mêmes enseignants interviewés ont révélé que dans l’école primaire, il a été instauré le système de double vacation : dans une salle de classe, il y a au moins 90 élèves le matin et 90 élèves l’après-midi.  Dans ces conditions, l’enseignant a toutes les difficultés à suivre chaque élève. A l’école secondaire, une classe peut contenir jusqu’à 120 étudiants.  C’est ce qu’a constaté, avec étonnement, le premier ministre Dr Edouard Ngirente au mois de février 2019 lors de sa visite dans une école secondaire de la région de Karongi, dans la province de l’Ouest où l’on trouve 124 élèves par classe, dans un local exigu. Un des étudiants de cette école a dit au Premier ministre : « Le problème que nous avons est le nombre élevé des étudiants par classe. Les chaises sont trop serrées, on respire péniblement. On a des difficultés à écrire car on se cogne les coudes,… La solution serait de construire d’autres locaux de classe,… ».

Dans le même article de  « Kigali Today » on peut  lire que dans le Groupe scolaire de Kinyinya dans les faubourgs de la capitale Kigali, certains élèves de l’école primaire et secondaire suivent les cours assis par terre ou  sur des pierres, des bidons vides ou alors debout à longueur de journée.

La clochardisation de l’enseignant

Le salaire d’un enseignant de l’école primaire oscille autour de 50.000 francs rwandais (FRW) ; exactement 44.000 FRW pour un enseignant débutant.

A voir le coût de la vie au Rwanda, cette somme est dérisoire.  L’enseignant vivote. Il porte le sobriquet de Gakweto (porteur de vieilles chaussures). On parle également du « thé de l’enseignant » pour dire un thé sans sucre ; l’enseignant n’ayant pas de moyen pour s’acheter du sucre, il se contente de ce thé amer.

Dans l’émission-radio  ci-haut citée, les enseignants ont expliqué pourquoi ils sont les plus mal chaussés : une paire de souliers bas de gamme coûte 15.000 Frw; une chemise 10.000FRW, un pantalon 15.000 FRW. Cela fait que certains enseignants se présentent devant les élèves en haillons avec des souliers troués.

Ajouter à cela que l’enseignant doit se nourrir et nourrir sa famille et quelques fois payer son loyer (un des enseignants interviewé a déclaré qu’il loue une chambrette pour 15.000Frw).

L’enseignant rwandais est au bas de l’échelle. A diplôme égal, son collègue qui est dans l’administration publique touche un salaire de 150.000frw (3 fois le salaire de l’enseignant). Si par chance un enseignant est coopté et nommé député au Parlement rwandais, il a un salaire de 2.500.000frw (50 fois le salaire de l’enseignant).

Pire encore, sur ce salaire de l’enseignant est ponctionné à la base de différentes cotisations : cotisation du parti FPR; cotisation dans le FARG; cotisation de maintien de sécurité ; cotisation pour le fond des constructions scolaires; cotisation de solidarité des mutuelles pour soutenir les moins nantis,…

La situation financière de l’enseignant est si catastrophique que certains enseignants ont des enfants qui n’ont pas pu aller à l’école secondaire, leurs parents ne pouvant pas leur payer les frais scolaires exigés.

Les effets du contrat de performance

C’est à la mode au Rwanda, chaque service doit signer un contrat renfermant des objectifs à atteindre sur une période d’une année.  Les effets délétères du « contrat de performance » se sont manifestés dans l’enseignement. Dans ce domaine, l’évaluation des objectifs se base sur le taux de réussite réalisé par un enseignant. Pour ce faire et pour mettre toutes les chances de son côté, il n’hésite pas à pousser les élèves à tricher lors des examens pour pouvoir atteindre le taux de réussite auquel il s’est engagé dans le contrat signé avec le district. En 2011, une quinzaine d’enseignants ont été renvoyés pour n’avoir pas atteint le taux de réussite fixé dans le contrat. La fraude est ainsi tolérée dans les examens au niveau des écoles primaires, secondaires et même dans des instituts supérieurs et des universités. Il est évident que la qualité de l’enseignement en subit un coup car les enseignants privilégient le gonflement des chiffres de réussite à exhiber et donc évitent ainsi leur renvoi.

Un enseignement à deux vitesses

La situation décrite plus haut est valable pour l’enseignement public surtout dans les campagnes. Dans des villes fleurissent des écoles privées, élitistes, qui accueillent les enfants des dignitaires du régime ou des enfants avec le statut de « rescapé » pour qui le FARG (Fonds d’aide aux rescapés du génocide) paye tout. Ces derniers  peuvent ainsi accéder à ces « bonnes écoles » dont les frais scolaires exorbitants sont un facteur discriminant. Ces écoles  privées engagent des enseignants bien formés et dispensent un enseignement bilingue anglais-français de haute qualité.

Ce sont ces enfants bien formés qui réussissent des concours pour faire des études supérieures au Rwanda ou à l’étranger.

Le système scolaire rwandais a instauré ainsi une sorte de reproduction sociale : l’enfant d’un cadre sera un cadre, l’enfant d’un officier sera un grand commis de l’État… Mais la majorité des enfants rwandais est sacrifiée car il leur est empêché d’accéder au savoir par un régime, qui, tout compte fait,  a planifié minutieusement son action ‘‘genocidogène’’.

Gaspard Musabyimana
26/8/2019

Rwanda : deux disparitions appellent à des enquêtes crédibles

Le CLIIR soutient l’initiative de Diane RWIGARA.

COMMUNIQUE  n° 145/2019

La mort et l’humiliation des Rescapés Tutsis dénoncée par Diane Rwigara dans sa lettre du 15/07/2019 au Président Paul Kagame

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« La paix n’est pas un bien que l’on possède, mais un bien que l’on conquiert ».

Dans sa lettre ouverte adressée le 15 juillet 2019 au Président de la République Paul KAGAME, Mademoiselle Diane RWIGARA a osé lui demander d’assurer la sécurité et la paix pour tous. Bien qu’elle se soit focalisée sur les meurtres systématiques des rescapés tutsis, Diane Rwigara exige la fin des meurtres, de l’impunité et de l’injustice. Bref, elle exige le respect de tous les droits humains violés massivement par le régime Kagame depuis 25 ans.

 L’association des Rescapés TutsisIBUKA et la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG) se sont attaquées à Mlle Diane RWIGARApour lui dénier son droit naturel de défendre son prochain. Diane assume son devoir d’exiger la paix pour tous les survivants et donne, à titre de preuves, une liste de 40 victimes dont la majorité sont TUTSIS.

La religion rappelle à tout homme qu’il est “le gardien de son frère“. Accepter passivement l’injustice – la ségrégation – revient à dire à l’oppresseur que ses actes sont moralement bons. C’est une façon d’endormir sa conscience. Dès cet instant, l’opprimé cesse d’être le gardien de son frère.L’acceptation, si elle est souvent la solution de facilité, n’est pas une solution morale : c’est la solution des lâches. Diane demande des comptes au régime totalitaire qui enferme le peuple rwandais dans l’insécurité et la servitude imposée au Rwanda.

Depuis sa conférence de presse du 23/02/2017, Diane RWIGARA a décidé de travailler sans relâche à la conquête de sa propre dignité et celle de son peuple. Elle n’acceptera jamais de compromis avec le mensonge, la haine ou ladestruction du peuple rwandais. Quant au CLIIR, nous avons déjà publié deux communiqués n°70/2003 et n°120/2010 pour dénoncer et condamner les assassinats de rescapés tutsis tués depuis 1996, il y a 23 ans déjà. Ces deux communiqués sont annexés à notre présent communiqué n°145/2019 du 21/07/2019) :

Notre Communiqué n° 70/2003du 23/12/2003 intitulé :«RWANDA : A qui profite les assassinats de rescapés tutsis ?» ;

Notre Communiqué n°120/2010du 28/01/2010 intitulé «L’extermination programmée des rescapés Tutsis pour avoir un prétexte d’éliminer certains opposants politiques du Rwanda».

Le peuple rwandais est humilié, terrorisé, colonisé et racketté.

Le peuple rwandais vit dans l’humiliation totale et dans l’insécurité généralisée. Il est corvéable et taillable à merci.L’oppresseur est un groupuscule de criminels rassemblés autour du président Paul KAGAME qui accapare et contrôle tous les pouvoirs militaire, politique et économique. Ce peuple ne vit pas dans la paix et la justice. Il est terrorisé, trompé, colonisé, dépossédé et racketté par une véritable Mafia dont les crimes sont couverts par le parti unique : le Front Patriotique Rwandais (FPR). Ce mouvement politico-militaire règne par la terreur, le mensonge et la corruption généralisée. Bref, le peuple rwandais est un des peuples les plus humiliés de la planète. Particulièrement, depuis qu’il est pris en otage par ce noyau de chefs militaires et criminels sans frontières qui ont massacré des populations civiles en Uganda, au Rwanda, en République Démocratique du Congo. Ils ont assassiné des centaines de réfugiés rwandais dans plusieurs pays africains.

Sous le régime totalitaire du Rwanda, l’usage de la terreur, du mensonge et de la corruptionempêche les citoyens rwandais de vivre en paix et dans la dignité. La justice est impossible car l’arbitraire règne à tous les niveaux. Les institutions officielles de l’Etat Rwandais sont noyautéescontrôlées etparalysées par ce petit noyau de chefs militaires et politiques du FPR qui jouit d’un « pouvoir occulte ». Une sorte de « gouvernement parallèle » qui gère le pays par la terreur, le mensonge et la corruptionCe gouvernement invisible orchestre les meurtres, les enlèvements, les disparitions forcées, le racket, le chantage, les spoliations des biens mobiliers et immobiliers appartenant à des propriétaires de biens. Quand ses derniers refusent de céder leurs biens, ils sont assassinés, emprisonnés, pillés, persécutés et/ou contraints de s’exiler. Les pillages des ressources naturelles à l’intérieur et à l’extérieur du pays (en RDC) constituent une autre source d’enrichissement pour cette mafia insatiable et dont la soif de richesse est légendaire.

Les rescapés tutsis sont tués comme des opposants au régime :

 Tous les prétextes sont bons pour la junte militaire du général Paul KAGAME pour se débarrasser des ses opposants réels ou supposés. Toutes les ethnies confondues sont attaquées. Depuis 1996, les rescapés Tutsis nous ont appelés au secours. Notre Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)* a lancé plusieurs cris d’alarme pour demander la mise en place d’une Commission internationale indépendante pour enquêter sérieusement sur l’assassinat des rescapés Tutsis depuis 1996. Cette commission devrait découvrir non seulement les assassins mais aussi le ou les commanditaires ainsi que les bénéficiaires de la mort des rescapés Tutsis sacrifiés chaque fois qu’il y a une crise politique majeure au Rwanda.

 Il y a 16 ans, le CLIIR a déjà publié deux communiqués pour dénoncer et condamner l’assassinat des rescapés tutsis. Il est inutile de s’attaquer à Diane dont la lettre est justifiée.

 IBUKA et CNLG sont des outils du régime totalitaire. Elles ont un job de défendre le régime totalitaire. Elles n’ont jamais défendu les rescapés face au régime tyrannique. C’est pourquoi elles ont été contraintes de s’attaquer à Mlle Diane RWIGARA sur ordre de Kagame. Mais IBUKA ne se préoccupe jamais de défendre des rescapés tutsis que le régime Kagame qualifie d’opposants. Ces rescapés Tutsis, qui tentent de refuser toute forme d’HUMILIATION, sont décidés de marcher la tête haute dans leur pays. Ils refusent de  vivre dans la terreur quotidienne et dans la servitude imposées à tous les rwandais.

Mlle Diane tient à vivre LIBRE et DIGNE depuis l’assassinat de son père le 04 février 2015. Elle a enterré sa peur. Dans sa lettre du 15/07/2019, elle demande au Président Kagame d’exiger que les assassins du Rwanda « remettent leurs épées au fourreau ». Le CLIIR estime que la violence a vaincu le régime totalitaire de Kagame. Les fondations de ce régime sont gravement rongées par le meurtre, l’impunité, l’injustice, le pillage, la corruption, la cupidité et la stupidité. Il ne lui reste qu’à s’écrouler au moindre coup de vent de la révolution.

Or la cupidité et la stupidité engendrent la cruauté qui frappe tous les rescapés du Rwanda.

Nous encourageons chaque rwandais à être « le gardien de son compatriote » en toutes circonstances. Nous saluons le courage de Mlle Diane RWIGARA et demandons à IBUKA et au CNLG de reconnaître son intrépidité qui lui permet de ne pas trembler devant la tyrannie.

Dans l’histoire du peuple Rwandais, Mlle Diane Shima RWIGARA restera une citoyenne exceptionnelle. Pour elle, les valeurs de fierté et de courage sont universelles.

Le meurtre des rescapés du Rwanda permet au régime de Kagame de vider le pays de ses forces vives. Opposer IBUKA et la CNLG à Mlle Diane RWIGARA, c’est introduire la guerre et la discorde entre les rescapés tutsis, telle est la stratégie du président Kagame.

La guerre entre les rescapés doit cesser immédiatement. C’est l’union de tous les rescapés qui fera leur force. Mlle Diane et le peuple rwandais sont en résistance pacifique, selon le slogan populaire « Exister, c’estrésister». La peur paralyse le cerveau et l’intelligence humaine (selon notre slogan « ubwoba butoba ubwenge »)

Fait à Bruxelles le 21 juillet 2019.

Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur (gsm 0476701569)

Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) Rue de la Colonne, n°54/4 1080 BRUXELLES Tél/Fax : +32.81.601.113 GSM : +32.487.616.651 (Base) & +32.476.701.569 (Proximus)

Rwanda : le génocide des tutsi, révisionnisme des tutsi !

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« Le fait d’avoir arrêté le génocide ne vous donne pas le droit de terroriser et de tuer ceux qui en ont été rescapés. C’est insensé de tout le temps célébrer les morts, tout en tuant les vivants… »  Ainsi parlait, hier encore, Diane Rwigara, jeune fille universitaire tutsie.

« Vous avez déclenché intentionnellement le génocide tutsi en descendant l’avion du Président hutu. Puis vous avez massacré des innocents hutu qui nous avaient cachés, avant de vous en prendre aujourd’hui à nous… » Ainsi parlait, l’année dernière, Callixte Nsabimana, jeune homme universitaire tutsi. Plus encore que les quelques balles tirées aux abords de Nyungwe et (bêtement) revendiquées par ses soins depuis une chambre close des bas-fonds de Moroni, voilà d’ailleurs la phrase qui avait poussé Kigali à mettre sur sa tête 12 millions de dollars, mort ou vif ! Car l’enjeu est de taille…

Seulement voilà, à ce rythme, les caisses risquent de se vider bientôt puisque, comme on le voit aujourd’hui et comme on l’a vu hier et avant-hier, le pauvre « Sankara » n’est pas le seul tutsi à vibrer sur cette longueur d’onde. Y a même comme une hémorragie, et tout porte à croire que le phénomène ira crescendo ! Des tutsi de tous horizons sont fermement engagés dans ce « révisionnisme » d’un genre inédit, et pas des moindres : intellectuels de haut vol, médecins, journalistes ayant pignon su rue, professeurs d’universités, anciens haut- gradés, grands hommes d’affaires, religieux,…

Tous « questionnent » ce génocide, chacun à sa manière: y a ceux qui en attribuent le déclenchement, conscient et cynique, à Paul Kagame et son mouvement politique et armé, ceux qui dénoncent sa concomitance avec un autre, celui des hutu, entamé bien avant et perpétré par l’armée tutsie, d’autres qui dénoncent la gestion m’enfoutiste de l’après génocide, etc. Ce phénomène est tellement extraordinaire qu’il appelle cette question inévitable : comment diable en sommes-nous arrivés là?!

Au commencement était une erreur fatale de calcul politique, quand des stratèges mal inspirés ont décidé l’instrumentalisation outrancière de ce drame humain, jusqu’à faire du génocide le mythe fondateur du nouveau régime. Comme il fallait s’y attendre, cette machine implacable à « broyer du hutu » allait se révéler, à terme, le véritable tendon d’Achille sur lequel toute personne en rupture avec le FPR- hutu, tutsi ou même étranger- se doit tout naturellement de cibler!

L’autre énormité qu’on peut relever, parmi tant d’autres, c’est d’avoir fait preuve d’une méconnaissance inouïe de la société rwandaise d’après 1959. Dans ce Rwanda en effet, qui est tout sauf un ramassis de tribus, et « hutsisé » à outrance (biologiquement et sociologiquement), comment imaginer que tu peux globaliser les Hutu sans faire souffrir les Tutsi ?! Comment « se venger » sur un « juste » hutu et rêver faire le bonheur de ses protégés tutsis qu’il vient de sauver au risque de sa propre vie et celle de sa famille ? Comment tuer ou faire souffrir gratuitement un homme hutu innocent, et penser rassurer ainsi sa femme tutsie et sa famille ?! Comment parquer deux millions de hutu dans des prisons-mourroirs, et espérer que leurs « partenaires » tutsis de tous bords se tueront à la tâche, le cœur léger, pour leur apporter tous les jours à manger?!

La liste serait longue de ces « conneries » fatales qui nous conduisent là où nous en sommes, et qui nous rappellent étrangement les Interahamwe qui, dans leur délire génocidaire, avaient fini par massacrer plus de Hutu et de Hutsi, que de Tutsi! Et maintenant alors? Maintenant, avec certainement beaucoup d’autres, je m’interroge: qu’en serait-il advenu si, après guerre, des personnalités juives de premier plan avaient défié l’Agence Juive Mondiale sur la question fondamentale de la gestion de la mémoire de la Shoah? Ou si Aznavour, Manoukian et bien d’autres, avaient « questionné » le génocide arménien?!

Avant de me rendre compte que la réponse, effrayante, se trouve dans la question: l’extinction probable, à moyen ou long terme, de la mémoire ! Ne voit-on pas, d’ailleurs, déjà venir? Dans des pays où les Tutsi sont libres, c’est à dire à l’étranger, les commémorations ont commencé à tourner au pathétique. Ainsi par exemple en avril dernier, j’assistais d’une terrasse de café à un de ces rassemblements, auxquels bien évidemment même les Hutsi sont regardés de travers (encore une connerie)! La foule était tellement éparse que le pauvre reporter photographe de Igihe.com en était réduit à se contorsionner, tel un gymnaste de haut niveau, pour essayer des angles de vues improbables de nature à produire des clichés donnant l’illusion du nombre! Ça promet d’ailleurs encore du sport l’année prochaine puisque, après ce « cirque », l’un des participants me rejoignit, pour me confier: on ne m’y reprendra plus, c’est ma dernière fois ! Avant d’ajouter : et je suis loin d’être le seul…

 

Sylvestre NSENGIYUMVA

Rwanda: “Dépasser Ligne la ligne rouge”: un programme macabre de Kagame

Publié le 29 Juin 2019 par Sylvestre Nsengiyumva

« Ndakureka ukisararangaaa…wamara kurenga umurongo utukura ntumenya ikigukubise! Actually, Sendashonga was shot dead because he had crossed the red line! ».

Voilà ! J’apprends à l’instant la mort « inopinée » du grand frère de Cassien Ntamuhanga, sans doute victime d’une opération « collatérale » dont la vraie cible est l’autre, momentanément hors champ.

Vous savez, un des nombreux jeunes qui disent « kiffer » mes chroniques radiophoniques et mes billets épistolaires n’arrête pas de « me les casser » gentiment, convaincu que je suis fait pour écrire des livres (ça rêve encore à cet âge !).

Soit, pour le calmer, voici en primeur ce qui pourrait être le titre de cet hypothétique ouvrage : RWANDA-LA LIGNE ROUGE SANG. Et, ci-après, une première « bonne feuille »…

Je suis sincèrement peiné de devoir m’inscrire encore en faux contre Paul Kagame (alors que, paraît-il, il me graisse pour « dizinguer » de temps à autres son ennemi mortel Rukokoma !), mais c’est plus fort que moi : sa proposition « tu passes la ligne rouge et je te tue » est une arnaque psychologique inouïe, recyclée par tout criminel depuis que le monde est monde, soucieux à la fois de tromper sa mauvaise conscience et de se dédouaner face aux tiers. Il espère ainsi faire porter le chapeau à sa victime en la rendant responsable de son forfait à lui, mais qu’elle aurait provoqué !

La proposition appropriée est : « je dépasse la ligne rouge, et je te tue » ! Nuance de taille s’il en est, car jamais le futur tué ne dépassera « LA » ligne rouge, et pour cause : il n’en connaît pas l’existence, encore moins la localisation. C’est le bourreau, le tueur, le sanguinaire qui se charge de tout : cette ligne, qui prend un jour naissance dans sa cervelle de psychopathe, sous la forme d’un continuum de sang humain, c’est lui qui en conçoit le tracé et en dessine le contour. Il en définit les modalités gestionnaires (déplacements éventuels dans le temps et /ou dans l’espace), et décide tout seul de l’instant fatidique où il va l’enjamber pour commettre l’irréparable : tuer, assassiner, massacrer, génocider … !

Au Rwanda comme ailleurs, tous les conflits (amasinde) individuels, familiaux, communautaires ou nationaux sont susceptibles d’être aplanis…tant qu’il n’y a pas encore mort d’homme ! Mais ici plus que dans maintes autres sociétés, dans cette culture qui valorise le « guhora » plus encore que la botte italienne valorise la « vendetta », celui qui franchit la ligne rouge et signe le geste ultime et irréversible de tuer, écrit de facto, à l’encre rouge sang indélébile, ce mot effrayant : INZIGO !

Pendant que j’écris ces lignes, la « somalisation » annoncée du Rwanda est déjà en cours dans les forêts du Congo, avant (qui sait ?) de passer la frontière : au moins quatre armées « rwandaises » sont occupées à se trucider mutuellement, sur les différentes lignes de fractures identitaires historiques qui traversent notre société, dans un chaos sanglant indescriptible.

C’est que Paul Kagame, s’il est un artiste en la matière, n’a pas inventé la roue : tout au long de notre histoire, des leaders irresponsables ont allègrement franchi des lignes rouges pour perpétrer des crimes de masse, inaugurant au passage des « Inzigo » collectifs entre les différents groupes prétendument communautaires que compte la société rwandaise.

Le Mwega Kabare a « tikizé » les Banyiginya, du verbe « gutikiza ». Le Hutu Kayibanda a massacré les Tutsi. Le Mukiga Habyarimana a « pogrommé » une cinquantaine de leaders historiques Banyanduga. Le Hutu Sindikubwabo a « génocidé » les Tutsi, pendant que le Tutsi Kagame « punguzait » les Hutu, du verbe swahili « kupunguza ». Paul Kagame continue, depuis, à « gafuner » indistinctement Hutu et Tutsi, du verbe « gukubita agafuni muri nyiramivumbi » ! Résultat : nul ne sait s’il est déjà né l’homme providentiel, le « Mandela rwandais » au charisme divin qui aura assez de magnétisme pour siffler la fin de cette récréation macabre et imposer (enfin) un État-Nation.

Sylvestre Nsengiyumva.

Source :

Belgique : Quand KAGAME exporte sa criminalité de Kigali à Bruxelles !

COMUNIQUE  142-2019
FB_IMG_1560935264932Le régime totalitaire du Rwanda consolide ses réseaux terroristes en Belgique et la police enquête en profondeur

 

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda dénonce et condamne plusieurs attaques terroristes contre les opposants politiques qui manifestaient pacifiquement à Tour et Taxis contre le séjour du dictateur Paul KAGAME, président du Rwanda, qui se trouve actuellement en Belgique. C’était pendant la manifestation de ce mardi le 18 juin 2019.

Les courtisans du président Kagame ont tenu leur manifestation autorisée pour le soutenir ce mardi matin 18 juin 2019 à partir de 9h.

Les opposants à Kagame ont tenu leur manifestation autorisée à partir de 14h. Comme c’est devenu une mauvaise habitude, KAGAME qui, depuis l’Uganda dans les années 1980, n’a jamais cessé de terroriser ses opposants par les meurtres, les agressions physiques, les emprisonnements arbitraires et autres harcèlements moraux, a commandité des attaques terroristes contre ses opposants sur le lieu même de la Manifestation. L’objectif c’est d’imposer ses méthodes terroristes en Europe en croyant décourager ses opposants. Pourtant la terreur ne fait que renforcer leur détermination.

Voici le déroulement de ces attaques et les dégâts constatés ce 18/06/2019 :

1) Un manifestant a été pris en chasse par deux agresseurs qui sont sortis d’une voiture. Il a couru pour leur échapper et a changé de trottoir à la recherche des ouvriers qui déchargeaient un camion non loin de là. Lorsque les agresseurs l’ont vu demander secours à ces ouvriers, ils se sont sauvés pour aller changer de voiture et revenir guetter son retour. Le manifestant les a remarqué et est revenu sur ses pas chercher les policiers qui n’ont pas pu les retrouver. Ce manifestant constituait une cible facile, puisqu’il venait de laisser sa voiture électrique en charge à la station Service TOTAL situé à 500 mètres environ de l’entrée principale du Site Tour et Taxis où se déroulait la manifestation des opposants au président Kagame.

2) Les agresseurs sont revenus à pieds en empruntant le trottoir boisé et ont cassé deux taxis voitures appartenant à deux manifestants qui ont porté plainte à la police après notre manifestation. Une des deux voitures a eu son pare-brise cassé, tandis que l’autre sa lunette arrière et la vitre latérale à l’arrière côté droit ont été casséés. Rien n’a été volé dans les deux voitures.

Le modus opérandi reste le même : Quelques individus ont été engagés pour attaquer et blesser des manifestants isolés, avant de prendre la fuite à bord des voitures qu’ils changent comme des chemises. En général, ces agresseurs se terrent dans des voitures et tentent de surprendre un ou deux manifestants isolés. En outre, certains courtisans du président Kagame sont impliqués à divers niveaux dans ces activités terroristes au Rwanda et ailleurs dans le monde. Ce sont eux qui identifient les cibles et engagent ces agresseurs.

Ce sont ces complices qui feront l’objet des enquêtes approfondies par les services de sécurité et la cellule antiterroriste belges. Parce que sans les commanditaires résidant en Belgique, il n’y aurait pas d’attaques terroristes contre des opposants politiques d’origine rwandaise. Nous avons fourni à la police un maximum de renseignements sur ces réseaux terroristes et les présumés complices. Nous avons exigé que ce dossier soit traité de la même façon que celui des casseurs de magasins du quartier Matonge à Bruxelles il y a quelques années.

Les opposants sont victimes du régime totalitaire de Paul Kagame :

Voici la description de ce genre de régime telle qu’elle a été définie par des spécialistes et publiée dans le livre du moine bouddhiste d’origine française, Mathieu RICARD intitulé « Plaidoyer pour l’Altruisme : La force de la bienveillance » pages 470 à 471 et publié aux Editions des Noyelles.

Les régimes totalitaires méprisent la raison et n’accordent aucune valeur à la vie humaine. Ils ne font aucun effort pour évaluer les conséquences de leur idéologie et de leurs activités. Ils méprisent également la liberté intellectuelle, l’essor des connaissances et le respect de la justice. Goering proclamait en mars 1933 : « Ici, je n’ai pas besoin de me préoccuper de justice ; mon unique mission est de détruire et d’exterminer, rien d’autre ».

Le mépris des dirigeants pour les individus au service d’un idéal aveugle conduit également à n’accorder aucune valeur à l’autre, et par extension à la vie humaine. Mao Tsé-toung n’hésitait pas à dire que la vie de ses citoyens ne comptait guère pour arriver à ses fins : « Si l’on additionne tous les propriétaires fonciers, les paysans riches, les contre-révolutionnaires, les mauvais éléments et les réactionnaires, leur nombre devrait atteindre 30 millions… Dans notre population de 600 millions de personnes, ces 30 millions ne sont qu’une (seule portion) sur vingt. Qu’y a-t-il à craindre ?… Nous avons tellement de monde. Nous pouvons nous permettre d’en perdre quelques-uns. Quelle différence cela fait-il » Il ajoutait : « Les morts ont des avantages. Ils fertilisent le sol ». Mao, directement ou indirectement, causa la mort de 50 millions de personnes.

Ceux qui sont au service des dictateurs et en exécutent les ordres sont souvent frappés du même aveuglement et du même mépris de la vie humaine. Comme l’explique Todorov, tous les régimes extrémistes se servent du principe : « Qui n’est pas pour moi est contre moi », mais seuls les régimes totalitaires ajoutent : « Et qui est contre moi doit périr ». Ce qui caractérise plus spécifiquement le totalitarisme est que cet ennemi se trouve à l’intérieur même du pays, et que l’on étend le principe de guerre aux relations entre groupes de compatriotes.

Les systèmes totalitaires renoncent à l’universalité et divisent l’humanité en êtres supérieurs (leurs partisans) et en êtres inférieurs (leurs opposants qui doivent être punis, voire éliminés). C’est le régime qui détient la mesure du bien et du mal et décide de la direction dans laquelle la société doit évoluer.

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L’Etat doit contrôler l’intégralité de la vie sociale d’un individu : son travail, son lieu d’habitation, ses biens, l’éducation de ses enfants, et même sa vie familiale et amoureuse. Cette totale mainmise lui permet d’obtenir la soumission de ses sujets : il n’y a plus de lieu où ils pourraient s’abriter et lui échapper.

Recommandations :

Nous demandons au Ministre de l’Intérieur du Royaume de Belgique, qui a la police dans ses attributions, de tout faire pour démanteler tous les réseaux terroristes que le président KAGAME tente d’implanter en Belgique et où se trouvent bon nombre de ses opposants. Pour ce faire, la police belge devra collaborer avec la police britannique qui a déjà démantelé quelques réseaux terroristes rwandais en Angleterre.

Nous demandons aux autorités rwandaises d’arrêter ce genre d’agressions terroristes et de comprendre qu’en Europe les populations sont civilisées et ne peuvent tolérer le terrorisme du président Kagame sur le territoire européen. Ces autorités savent très bien que la terreur ne fonctionne plus ni au Rwanda, ni ailleurs dans le monde. Il n’existe pas de bons terroristes.

Nous demandons aux courtisans du président Kagame de faire attention et de ne pas tomber dans le piège du tyran de Kigali. Ils connaissent très bien que Kagame finit toujours par éliminer ses courtisans tôt ou tard. Les courtisans qui lui survivront et qui auront été identifiés comme agresseurs ou comme complices de ces agresseurs risquent non seulement la prison ici en Europe mais aussi l’expulsion vers la terre de la brutalité rwandaise à Kigali.

Nous demandons aux opposants politiques de ne pas succomber à la peur et de poursuivre leur combat pour libérer le Rwanda de la tyrannie.

Nous saluons la publication ce matin du 18 juin 2019 de l’article de Jambonews intitulé : « Les activités obscures de l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles ». C’était très tôt le matin avant ces attaques terroristes qui ont été perpétrées dans l’après midi.

Fait à Bruxelles, le 18 juin 2019

Pour le CLIIR, MATATA Joseph, Coordinateur.

CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.

Imyigaragambyo yamagana Paul Kagame i Buruseli mu Bubiligi.

Paul Kagame akomeje iterabwoba ku banyarwanda bamuhunze !

Kuri uyu wa 18 kamena 2019, abanyarwanda batagira ingano bahuriye i Bruxelles mu Bubiligi
Kwamagana umunyagitugu Paul Kagame wari witabiriye inama ya EUROPEAN DEVELOPMENT DAYS(EDD) yateranye ku nshuro yayo ya 13.
Insanganyamatsiko y’iyi nama iragira iti “Addressing inequalities, building a world which leaves no one behind” ngenekereje mu Kinyarwanda “kurwanya ubusumbane, kubaka isi itagira uwo isiga inyuma”
Iyi nsanganyamatsiko yatumye nibaza icyo Umunyagitugu Paul Kagame aba aje gusangiza abandi mu gihe mu Rwanda harangwa ubusumbane mu mfuruka zose z’igihugu; muri serivise no mu buzima bwa buri munsi ! si icyo gusa kandi PAUL KAGAME icyo Arusha abandi nuko agerekaho gukenesha rubanda; kuburabuza; kwica umuntu wese ugerageje kugaragaza ko mu Rwanda ubusumbane bwahawe intebe!
Ni muri urwo rwego abanyarwanda baturutse imihanda yose y’isi, bakitabira imyigaragambyo bamaganira kure kandi bagaragariza amahanga uburyo umunyagitugu Paul Kagame adasiba kugarika ingogo haba mu Rwanda ndetse no hanze yarwo.
Intero y’abitabiriye imyigaragambyo yagiraga iti:”Paul Kagame umwicanyi, yishe Rwisereka, yica Anselme Mutuyimana, yica abanyarwanda, yica abanyekongo, yica abanyamulenge, yica abafaransa, yica ababiligi,……….Paul Kagame agomba gufatwa akajyanwa i La Haye” ayo niyo mashyi n’impundu yakirijwe umukuru w’igihugu cy’u Rwanda.
Igihe imyigaragambyo yari irimbanyije, intore za Kagame zibasiye imodoka za bamwe mu bari bitabiriye imyigaragambyo zizimena ibirahure! Izi modoka zari ziparitse kure gato y’ahaberaga imyigaragambyo.

Abigaragambya bakimara kubona ibyabaye bitabaje Police dore ko yari ibacungiye umutekano! Police yahise itangira iperereza kuko izo ntore zitahise zifatwa.
Abanyapolitike ndetse n’abahagarariye imiryango ya société civile bari aho, bavuzeko bagiyegukora rapport y’ibyabaye maze bagahamagarira abanyarwanda n’abanyamahanga cyane cyane abatuye i Bulayi mu myigaragambyo karundura yamagana iterabwoba umunyagitugu Paul Kagame akomeje gukorera abanyarwanda, haba mu Rwanda ndetse no hanze yarwo.
Mu ijambo ryo gusoza imyigaragambyo , umuhuzabikorwa wa société civile (CLIIR) Joseph Matata, yabwiye abitabiriye imyigaragambyo ati:”Kagame mwaramuhagurukiye, ntabwo ari igiparu aravaho! Indi nkuru nziza nuko intore ze yazitoje kwicana, twebwe twabatoje kuba libre no kwerekena uburenganzira bwanyu no gutinyuka. Muri abagabo!” Akomeza agira ati “umudigitateri yigiza nkana kuberako aba abona abantu bamwihoreye, ariko iyo bamuhagurukiye!!! Umudigitateri afite utuboko tubiri, akagira utuguru tubiri, akagira agatwe kamwe, akagira amatwi abiri, akagira umunwa umwe, akagira amaso abiri, ni nk’umuturage uwo ariwe wese! Ni ukuvuga ko imbaraga umudigitateri afite nimwe muzimutiza, muzimwambuye yakwirukanka akamera nk’inkoko ikwamiye mu nkike! Ubwo rero murabyumva ni ahanyu, mumwambure amaboko ahasigaye ak’umwicanyi kazaba gashobotse!”
“Kurwanya ubusumbane, kubaka isi itagira uwo isiga inyuma” bigomba guhera mu Rwanda , umunyagitugu Paul Kagame nta mwanya akwiye mu ruhando mpuzamahanga!

Ijisho ry’umutaripfana
Rugaravu Protais

Kagame regime’s false claims on financial self-reliance.

General Paul Kagame and his regime live in fantasy land. They tirelessly seek to impress the world that Rwanda is an African success story and development model. The latest big lie is that Rwanda is weaning itself off from foreign aid. This fantasy was floated by the minister of finance who spectacularly claimed in his budget speech that Rwanda is moving towards financial self-reliance:

”Total domestic resources and loans combined account for 85.8 percent of the entire budget of 2019/2020 fiscal year, which is a good indication towards our objective of self-reliance.”

A closer look at the 2019/20 budget shows the reverse. Kagame’s Rwanda remains a Banana Republic heavily dependent on foreign aid.

The 2019/2020 budget demonstrates the reverse of the regime’s claim that it is moving towards self-reliance.

According to Rwanda finance minister, the total budget for 2019/20 is RWF2.87 trillion or US$3.2 billion. He then says that RWF1,963.8 or US$2.1 billion will come from ”domestic resources.” Here, the minister’s story begins to fall apart. The US$2.1 billion to be raised from within Rwanda, in the minister’s own words ”include domestic borrowing.” Even though the minister does not reveal the amount of money that will come from domestic borrowing, he nonetheless indicates what will be generated from government via taxes. In the minister’s own words, ”tax revenue collections are estimated at Frw 1,535.8 billion which accounts for 53.4% of the total budget.” Put in another way, the regime’s own contribution to the 2019/20 is US$1.7 billion representing 53.4%.

This is embarrassing in a double sense. First, here is a regime that can mobilize only 53.4% of its budget from its own tax revenue but keeps boasting that it is an African success story. Second, here is a regime that thinks everyone else is stupid and will swallow its falsehoods.

Where will the rest of budget financing come from?

Government briefing donors during budget formulation, 2019

The rest of budget financing for 2019/20 will come from donor grants and loans — and of course, domestic borrowing. The ministry of finance describes donor financing of the budget as follows:

”The remainder of the budget will be funded through external sources worth Frw906.7 billion which accounts for 31.5% of the total budget. These include grants worth Frw409.8 billion (14.2%) and loans worth 497.0 billion (17.3%).

There goes Kagame’s financial self-reliance. As indicated in the ministry of finance’s statement, the external grant and external loan components of the 2019/20 budget amount to RWF9 billion or US$1 billion representing 31.5%.

Enormous amounts of foreign grants and loans go into Rwanda’s development budget.

According to the World Bank, 58.6% of capital formation in Rwanda comes from foreign aid.

There is worse news than foreign grants and loans that amount to 31.5% of Kagame’s budget. This is shown by the financing of the development budget as opposed to the recurrent budget. In 2019/20 Rwandan budget, 49.5% of the total budget is earmarked for the recurrent budget, while 40% will finance development budget.

The development budget amounting to RWF1.15 trillion or US$1.2 billion reveals an additional form of donor dependence by the Kagame regime. Donors will pump into the development budget some RWF458.2 billion or US$511 million versus the regime’s own funding of RWF694 billion or US$775 million. In other words, the difference between what Kagame and the donors will spend in capital formation is a mere US$264 million. And if 2017/18 is any indication, the Kagame regime may not fulfill its promises and donors may once again step in to supplement the development budget. Here is how the Ministry of Finance explains what happened in 2017/18:

”During the FY 2017/18, total actual capital expenditure amounted to 850 billion FRW…The increased performance under this category was driven by foreign financed expenditure and offset the shortfall in domestic capital financed. Regarding the domestically financed portion, the amount of 463 billion FRW spent was 23.4 billion FRW lower…This lower spending was due to some delays in completing all spending documents including those of tendering on time. While the excess in foreign capital expenditure was due to accelerated implementation of several on-going infrastructural projects especially in the roads sector.”

Wonders never cease in Kagame’s Rwanda

The Kagame regime claimed that it is moving towards financial self-reliance. Stripped of domestic borrowing, foreign grants, and foreign loans, the regime’s own contribution to the 2019/20 is US$1.7 billion representing 53.4%. This is not an indication that Rwanda is achieving self-reliance. Far from it. This is further evidence that in Rwanda, wonders never cease.

Source :Himbara

Kagame lies on corruption issues

Kagame Fed Nigerians A Flattery And A Big Lie In His Speech On Corruption
Open Letter To General Paul Kagame

Dear General, you accomplished two objectives in your speech on corruption delivered at Abuja, Nigeria, on June 11, 2019. First, you flattered Nigerian leaders that they lead a model African nation — wealth side by side with mass poverty notwithstanding. Second, you shamelessly lied to your Nigerian hosts that in Rwanda that you are Mr. Clean while your opponents fled Rwanda because they were corrupt. General Kagame, it’s a truism that politicians bend the truth. But in your case, the question is whether there is an element of truth in what you utter. Case in point is your Abuja speech on corruption.

Kagame flattered his hosts that Nigeria is a great achiever that makes Africa proud

Dear General, here is your flattery to your Nigerian hosts in your own words:

”I wish to start by calling to mind the greatness of this nation. The diversity, creativity, and ambition of Nigerians represent Africa. The achievements of Nigeria’s sons and daughters, here at home and in your global diaspora, make our continent proud. Nigeria has always shown common cause with Africa’s progress and prosperity, and this does not go unnoticed. This country is truly the engine of Africa’s potential. This is how we see Nigeria. I hope you know that.”

General Kagame, if you had said that Nigeria has the potential to be great, that would have been truthful. Your words are above are ill-informed, embarrassing, and clearly opportunistic designed to impress your hosts.

Despite its enormous wealth over half the population of Nigeria lives in poverty.
According to the World Bank, 53.5% of Nigerians are poor — defined as the population living on less than US$1.90 a day. With a population of 200 million, therefore, 107 million Nigerians are poor. Yet, Nigeria is Africa’s largest economy and the largest oil and gas producer on the continent .
The reason for enormous wealth side by side with mass poverty, as the eminent son of Nigeria, Chinua Achebe used to explain, is failure of leadership, social injustice, and corruption. Add to this mix the rise of Boko Haram, a jihadist terrorist organization that has caused havoc in northeastern Nigeria and beyond.

General Kagame, instead of uttering sycophantic phrases to your Nigerian hosts, a real African statesman would have encouraged them to lead Africa in fighting corruption since this was the topic being discussed. You could have also congratulated Nigerians in their current efforts to repatriate from foreign banks billions of dollars stolen by previous dictators. Nigeria has recently begun to recover some of the stolen assets — which is highly commendable.

Kagame’s description of corruption in Rwanda was a big lie

General Kagame, this is how you described corruption in Rwanda:

”We tend to focus on the petty corruption of everyday life while turning a blind eye to the more consequential forms, that people only whisper about because the rich and powerful are the main beneficiaries…Corruption does not take decades to eradicate. Huge gains can be made relatively quickly, once we decide to break the habit…Officials who did not live up to the agreed standards were dismissed or brought to justice. Others fled into exile and pretended to be so-called “opposition” or “pro-democracy” groups…Between fighting corruption and being authoritarian, I prefer being authoritarian. Some thought we could not afford to take this zero-tolerance approach, given the fragility of our environment. The truth, however, is that we couldn’t afford not to do it. It is the foundation of the modest progress for which Rwandans continue to work.”

General Kagame, these are pure lies. The people of Rwanda do not turn a blind eye to the more consequential forms of corruption. Rwandans know you are the kingpin of corruption but they dare not say so because you will wipe them out. Rwandans know you are the Chairman of the ruling party, the Rwandan Patriotic Front (RPF), which owns the business empire known as Crystal Ventures Ltd (CVL). This is how The Economist described the Rwandan situation:

“The dominant political party, the Rwandan Patriotic Front (RPF), does more than help business: it runs its very own conglomerate. Crystal Ventures, the RPF’s holding company, has investments in everything from furniture to finance. It owns the country’s biggest milk processor, its finest coffee shops and some of its priciest real estate. Its contractors are building Kigali’s roads. There are several firms offering security services in Rwanda but the guards from ISCO, part of Crystal Ventures, are the only ones who tote guns. The company is reckoned to have some $500m of assets.”

General Kagame, very simply, you have entrenched corruption and cronyism that would not be tolerated anywhere on the African continent.

Kagame and the history of the big lie

General Kagame, you are a perfect example of politicians who pretty much bend the truth as they please. In your case, the issue is not bending the truth — rather, the question is whether you have ever uttered an element of truth. You belong to the thinking pioneered and mastered by Joseph Goebbels who infamously said that ”if you tell a lie big enough and keep repeating it, people will eventually come to believe it.” Goebbels added:

”The lie can be maintained only for such time as the State can shield the people from the political, economic and/or military consequences of the lie It thus becomes vitally important for the State to use all of its powers to repress dissent, for the truth is the mortal enemy of the lie, and thus by extension, the truth is the greatest enemy of the State.”

General Kagame, you are the best pupil of Joseph Goebbels. You get away with the big lie because your regime has used all its might to smash dissent at home and abroad. Because you are fully aware that the truth is the mortal enemy of your big lie, you hounded out of Rwanda anyone who stood in your way. As the cliché goes, “history is written by the victors” — that is how you are able to call your victims who fled Rwanda the corrupt ones instead of you.

Best Regards,
David Himbara