“Les Justes du Rwanda “, un documentaire stigmatisant ?

« Les Justes du Rwanda », un documentaire stigmatisant ?

« Les Justes du Rwanda », un documentaire stigmatisant ?
En tentant de raconter l’héroïsme de quelques Hutu, un documentaire français fini par diaboliser « l’immense majorité ».

Ce mardi 14 janvier 2020 à Liège avait lieu une projection du documentaire « Les Justes du Rwanda », un film imaginé, écrit, réalisé et produit par Luc Lagun-Bouchet fin 2018[1].

Le documentaire, d’une cinquantaine de minutes, immortalise l’histoire de trois Hutu qui ont caché des Tutsi pendant le génocide, les sauvant ainsi d’une mort certaine.

Le film est très bien fait. Il est sobre, fluide et captivant du début à la fin. Ce sont les « sauvés » et les « sauveurs » qui racontent, avec humilité, lucidité et pudeur.

« Les Justes »

Il y a trois histoires de « Justes », tous des Hutu. Celles de Damas à Kigali[2], de Joséphine à Kibuye[3] et de Frodouard[4] à Gitarama. Tour à tour, ils nous racontent ce qu’ils ont fait et comment ils l’ont fait. Quant au « pourquoi ils l’ont fait », ils ne disent pas grand-chose. Ils restent humbles et font seulement comprendre que c’était probablement dans leur nature.

Les « sauvés »

Ensuite, ce sont les « sauvés » qui racontent.

Pie qui a survécu grâce à Damas, caché pendant 100 jours dans une toilette. Thomas et Pierre qui ont été recueillis par Joséphine dans sa propre maison et enfin, Antoinette qui doit la vie à Frodouard, tout simplement cachée dans un trou creusé par son sauveur au milieu des champs.

Plus qu’un film, ce sont trois magnifiques témoignages qui apportent un peu de vie et d’espoir à ce printemps maudit de 1994.

Il y a malheureusement deux bémols à ce documentaire, deux éléments que nous avons trouvés fortement dérangeants.

La stigmatisation

D’abord, il y a cette inexplicable détermination du réalisateur à vouloir diaboliser les Hutu dans leur ensemble. Depuis la fiche de présentation, jusqu’au débat qui a suivi la projection, le réalisateur persiste et signe : il s’agit bien de « l’immense majorité des Hutu qui a participé aux tueries » !

Pourtant, sur les 6.000.000 de Hutu vivant au Rwanda en 1994, comment aurait-il été possible que « l’immense majorité » puisse participer aux massacres ? Il s’agirait de plus de 5.000.000 d’individus, si l’on prend un taux entre 80 et 90% pour quantifier l’expression « immense majorité ».

Malgré ce rapide calcul, le réalisateur n’en démord pas et continue de soutenir que cette proportion de tueurs est correcte, soit en moyenne 5 assassins pour 1 victime…

Plus grave encore, c’est de suggérer que « toute une ethnie » composée de millions de personnes, à l’exception que quelques-uns, serait coupable collectivement, alors que dans les faits, le nombre de 200.000 à 300.000 tueurs, déjà très effrayant, semble être le plus sérieux[5]. C’est à peine 7% de la population totale des Hutu, bien loin de l’ordre de grandeur que représente l’expression « immense majorité ».

La propagande

Ensuite, le deuxième point qui dérange, ce sont les quelques contre-vérités historiques disséminées un peu partout dans le documentaire.

Il y a par exemple cette traduction trompeuse du mot « Inkotanyi » par « Tutsi » au tout début.

Le film s’ouvre sur un extrait sonore de la RTLM, dans lequel l’animateur de cette tristement célèbre radio, chante « les INKOTANYI ont été exterminés » en kinyarwanda, mais le film traduit ces mots par « les TUTSI ont été exterminés ».

Pourtant, toute personne qui s’intéresse à l’histoire du Rwanda sait que le mot « Inkotanyi » est le nom de guerre que s’étaient donné les rebelles du Front Patriotique Rwandais (FPR) dès les débuts de leur attaque en octobre 1990. D’ailleurs, encore aujourd’hui, le nom complet du FPR est officiellement « FPR-Inkotanyi », sans aucune référence explicite aux Tutsi.

Plus loin, vers le milieu du documentaire, il y a toute une explication selon laquelle ce sont les colons belges qui auraient « inventé » les ethnies au Rwanda afin de mieux asseoir leur pouvoir. Un point de vue discutable, puisque les ethnies faisaient déjà partie du paysage socio-politique rwandais depuis des siècles.

Enfin, l’élément le plus surprenant fut la présence d’une subtile propagande tout au long du film en faveur du Front Patriotique Rwandais (FPR), le parti au pouvoir depuis 25 ans. Le FPR y est décrit comme un mouvement politique salutaire pour tous les Rwandais et auquel rien ne peut être reproché, alors que ses crimes commis avant, pendant et après le génocide contre les Tutsi au Rwanda en 1994 sont suffisamment documentés par quasiment tous les organismes de défense des droits de l’Homme (Human Rights Watch, Amnesty International, UN OHCR, etc…).

Des héros malgré tout

Sans cette touche politique qui donne un caractère courtisan, pour ne pas dire partisan au film, ce documentaire aurait pu se distinguer des autres, pour avoir choisi de raconter une histoire bien éloignée du monde politique. Mis à part ces deux bémols, le documentaire est à voir.

Nous vous le recommandons et entre temps, nous espérons que le réalisateur reviendra à la raison vis-à-vis de son acharnement envers « l’immense majorité » des Hutu.

Ce qui compte, c’est que les histoires de Damas, Joséphine et Frodouard soient connues car à notre avis, ce sont plus que des « justes », ce sont des héros.

Gustave Mbonyumutwa

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[1] http://www.citemiroir.be/fr/activite/les-justes-du-rwanda

[2] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/09/l-orphelinat-de-nyamirambo-symbole-des-justes-du-rwanda_5447686_3212.html

[3] https://proof.org/stories-of-courage/2013/3/18/dusabimana

[4] http://www.cpch.eu/Temoignage-J086.html

[5] https://www.nybooks.com/articles/2018/06/28/rwanda-deathly-hush/

Les “Banyamulenge “. Qui sont-ils réellement ?

La question des « Banyamulenge » a toujours suscité des débats passionnés en RDC. Il faut que les Congolais et la Communauté internationale comprennent une chose : ceux qu’on appelle « Banyamulenge » sont des Tutsis rwandais arrivés au Congo suite à la Révolution sociale hutue qui a conduit à la chute de la monarchie tutsie au Rwanda, en 1959. Ces exilés tutsis, qui ont été installés par le HCR sur le site de Mulenge dont ils emprunteront le nom plus tard, n’ont rien à voir avec les Rwandophones arrivés au Congo dans les années 1930 dans le cadre de la Mission d’Immigration de Banyarwanda (MIB), mouvement de transplantation des Rwandophones vers le Congo impulsé par les autorités coloniales belges qui avaient besoin d’une main d’oeuvre dans les plantations européennes et les mines du Katanga. Cette distinction est très importante. Pourquoi ?

Parce que les Rwandophones arrivés dans le cadre de la MIB et ceux arrivés au début des années 1960 (donc les « Banyamulenge ») n’avaient pas les mêmes objectifs. Les premiers n’avaient pas d’ambitions politiques et n’ont pas eu du mal à s’intégrer dans la communauté congolaise, alors que les seconds ont toujours caressé le rêve de reconquérir le pouvoir perdu au Rwanda. Dans cette optique, le Congo, comme les autres pays de la région où ils ont obtenu l’asile, devait servir de base arrière à leur projet de reconquête.

C’est en connaissance de cause que le HCR leur demanda de ne pas se mêler de politique au Congo : « Vous avez obtenu asile au Congo à condition que vous ne vous occupiez en aucune façon de politique. Si quelqu’un vient solliciter votre appui, vous devez répondre qu’en tant qu’étrangers, réfugiés et hôtes de la République du Congo, vous ne pouvez pas, vous ne devez pas prendre part à quelque mouvement politique que ce soit. Restez calmes. Travaillez, comme vous l’avez fait jusqu’à présent en suivant les conseils de votre agronome. Que chacun reste à son poste, mais surtout restez en dehors de toute politique. »

Cette note laisse penser que les autorités du HCR étaient bien conscientes des velléités tutsies à cette époque. Dès octobre 1990, de nombreux « Banyamulenge » basés au Zaïre ont envoyé leurs enfants soutenir l’Armée patriotique rwandaise (APR) qui venait d’attaquer le Rwanda. Les plus riches d’entre eux ont financé l’aventure militaire de la rébellion tutsie. En juillet 1994, lorsque le FPR de Kagame s’est emparé du pouvoir à Kigali, de nombreux « Banyamulenge » travaillant dans les institutions zaïroises ont traversé la frontière pour rejoindre les nouveaux dirigeants du Rwanda, à la grande surprise des Zaïrois qui les considéraient comme leurs compatriotes. Parmi les « Banyamulenge » qui se sont retrouvés du jour au lendemain au service du FPR, il y a par exemple Nyumbahire de la Banque du Rwanda, qui a été le secrétaire général de la société AFRIMA et le délégué général-adjoint de l’Union zaïroise des banques; il y a aussi Rwigamba, le directeur de la Banque de la CEPGL (communauté économique des pays des Grands Lacs), qui a occupé au Zaïre la fonction de directeur général de la Société Financière de Développement (SOFIDE). Pour ne citer que ces deux là…

Mais les « Banyamulenge » ne se contenteront plus seulement du pouvoir qu’ils ont réussi à reconquérir au Rwanda. Avec leurs frères du FPR, ils viseront désormais plus grand, établir dans la région des Grands Lacs une sorte de « Tutsiland », lequel engloberait le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et… une partie du Kivu. À ce propos, voici ce que dit l’ancien assistant spécial du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Rwanda en 1994, Gilbert Ngijol : « L’occupation des villes et localités des provinces zaïroises du Haut-Zaïre, du sud Kivu et de tout le Zaïre par les “Banyamulenge” n’était pas le fait d’un hasard. C’était le résultat d’une action concertée, suite logique d’un processus visant dans un premier temps à étendre l’espace vital de l’Ouganda et surtout du Rwanda et du Burundi, dans la perspective peut-être, d’une éventuelle création de cet État tutsi de la région de volcans… » Et de souligner : « La succession des événements dans les pays de la région des Grands Lacs montre aujourd’hui que ce projet auparavant utopique et invraisemblable, pourrait devenir une réalité car au fait, sa réalisation avait effectivement commencé avec la prise du pouvoir en Ouganda par un Hima en la personne du président Museveni. Elle continua au Rwanda avec la prise du pouvoir par le FPR, le parti politique armé tutsi. Quant au Burundi, son armée, instrument privilégié du pouvoir, a toujours été dominée par la minorité tutsie depuis la décolonisation. »

Pour la petite histoire, Paul Kagame lui-même n’a jamais fait mystère de ses intentions. Au moment où il amorce la phase finale de la conquête du pouvoir en 1994, il confie au commandant de la mission de l’ONU au Rwanda, le général Dallaire que « le FPR allait imposer une hégémonie tutsie sur la région des Grands Lacs. »

Dieu merci, les pays impliqués dans ce projet macabre sont aujourd’hui à couteaux tirés. Mais les Congolais devraient redoubler de vigilance car les « Banyamulenge », eux, n’ont pas encore dit leur dernier mot. Pour faire triompher leur cause, ils ont fait appel à Me Bernard Maingain, l’avocat belge du gouvernement rwandais. C’est dire…

Pour le reste, vous remarquez par ailleurs que les «Banyamulenge» sont les seuls, parmi toutes les populations rwandophones présentes sur le sol congolais, à avoir pris les armes contre le Congo et à exiger une partie du territoire national, tout en se faisant passer pour des autochtones…

J’y reviendrai…

Patrick MBEKO

La Balkanisation de la République Démocratique du Congo: Kagame, chef de projet.

L’idée de la balkanisation de la RDC n’est pas neuve. Elle est en gestation depuis des années dans les officines des superpuissances qui planchent sur le meilleur moyen d’avoir accès aux ressources naturelles de la RDC.

Elle revient à la Une de l’actualité suite aux événements récents à Beni où la présence des Casques Bleus de l’Onu a été mise en question par des manifestations appelant leur départ vu leur inaction face à la montée de l’insécurité dans cette région.

Le 30 décembre 2019, en séjour dans la ville de Butembo, le cardinal de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, a déclaré à la presse que la menace de balkanisation de la République Démocratique du Congo était bien réelle.

Le 4 janvier 2020, les FARDC ont emboîté le pas au prélat. Dans un communiqué signé par le porte-parole de l’armée, le général major Léon-Richard Kasonga, elles  ont appelé la population à la vigilance pour faire échec au projet de balkanisation de la partie Est du territoire national.

La balkanisation du Congo, un projet pluriannuel 

Les observateurs ont encore en mémoire que  le général rwandais James Kabarebe fut chef d’Etat-major de l’armée congolaise en 1997. Il a fallu à Laurent Kabila un sursaut de nationalisme pour se débarrasser de ce conquérant des temps modernes. En 1998, Kabarebe lance une attaque et occupe la localité de Kitona, au Bas-Congo, l’objectif étant de mettre Kinshasa à genoux en détruisant le barrage d’Inga et ainsi plonger la capitale congolaise dans le noir. Il fut stoppé par les armées zimbabwéennes et angolaises venues à la rescousse de Laurent Kabila.

Le Rwanda et ses parrains concepteurs du projet ont rectifié le tir. La formule est connue : saucissonner la difficulté en morcelant l’immense territoire congolais. Les efforts furent  concentrés sur l’Est de la RDC. Depuis lors, les officiers rwandais occupent cette région sans discontinuer jusqu’aujourd’hui : le nord Kivu et sa capitale Goma furent mis à feu et à sang par Laurent Nkunda du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) entre 2003 et 2009 au Sud-Kivu, Jules Mutebutsi occupa Bukavu en 2004 ; Bosco Ntaganda fit la loi en Ituri et étendit son influence au Nord-Kivu entre 2002 et 2013 ; Sultan Makenga  fonda le M23 (2012-2013) et remplaça Laurent Nkunda exfiltré au Rwanda. La présence de militaires rwandais à l’Est de la RDC a été une constante depuis bientôt deux décennies. Actuellement, selon plusieurs sources, l’armée rwandaises a déversé des bataillons entiers à l’Est de la RDC sous le commandement des généraux Eugène Nkubito et Vincent Gatama. Le succès qu’ils ont engrangés dans le massacre de réfugiés hutu tout au long du mois de novembre 2019  dans la région de Kalehe montre que cette armée opère sur un territoire déjà conquis. C’est tellement flagrant que des soldats rwandais au sol ont été appuyés par des hélicoptères de combat.

« Balkanisation de la RDC » : un projet « Made in USA »

Dans la foulée des deux guerres du Congo (1996-1998), un pan de ce plan d’ invasion a été  dévoilé par des éminences grises américaines.

Dans un rapport célèbre publié le 05/6/1996 par Steven Metz, professeur à l’U.S Army War College et intitulé « Reform, conflict and security in Zaire », il y transparaît que la partition de la RD-Congo est, à la longue, inévitable. Pour ce chercheur, « au cas où une telle ‘‘désintégration’’ du pays se produirait, les Etats-Unis n’auraient pratiquement pas d’autre choix que d’accepter tous les Etats nouveaux qui émergeraient du Zaïre. Ils pourraient offrir du soutien diplomatique pour réduire au minimum la violence qui accompagnerait cette désintégration nationale et ils devraient ouvrir des canaux de communication avec les nouveaux Etats ». Pour Steven Metz, au lieu d’assister à la faillite de l’Etat central embourbé dans l’impasse et la corruption, incapable de se réformer, autant soutenir une province séparatiste clairement attaché à la démocratie.

 

Le 8 juin 1999, Marina Ottaway, co-directrice du projet « Démocratie et Etat de Droit », fit un témoignage devant la sous-commission de l’Afrique du Sénat américain, dans lequel elle évoque, elle aussi,  la partition éventuelle de certains Etats africains, dont le Congo  : « Aussi longtemps que le vide du pouvoir continue au Congo, d’autres pays vont continuer à intervenir directement pour soutenir des insurrections armées et sauvegarder leurs propres intérêts. […] Toute solution imposée par des non Africains exigera une présence étrangère massive pour être appliquée. Les intentions peuvent être louables, mais des interventions pour une partition du territoire africain et pour la création de nouvelles entités politiques et institutions, placeraient les Etats-Unis et d’autres puissances étrangères dans un rôle colonial. Ce qui n’est pas une décision à prendre à la légère. L’alternative, que je crois être plus appropriée pour le moment, est de laisser les pays africains trouver leurs propres solutions. Inévitablement, cela comprendra une continuation des combats internes et entre Etats et probablement la division de certains pays avant d’arriver à une nouvelle stabilité. Ce n’est pas une perspective réjouissante, mais il n’y a pas d’alternatives réalistes ».

Le 18 mars 2009, deux sommités, Jeffrey Herbst et Greg Mills, ont publié, dans le magazine « Foreign Policy » sous la rubrique de « Failed States » (des Etats en faillite), un article au titre bien évocateur : «There is No Congo » (le Congo n’existe pas) . Après une bonne démonstration, ils en arrivent à la conclusion que « le concept même d’un État congolais a perdu son utilité ».

Le 11 février 2013, dans une intervention devant le Brookings Institute de Washington, le Sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines, Johnnie Carson, s’est lâché et a clairement indiqué que la solution pour ramener la paix en RDC devra emprunter les schémas de l’ex-Yougoslavie ou du Soudan, voulant dire par là que la balkanisation de ce pays était un passage obligé.

Johnnie Carson/photo RFI

L’Ambassadeur Johnnie Carson sait de quoi il parle. En effet il fut, de 1991 à 1994, ambassadeur des Etats-Unis à Kampala et à ce titre, il a accompagné la consolidation du pouvoir de Yoweri Museveni en Ouganda, l’invasion du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée ougandaise et finalement la conquête totale du Rwanda par ceux-ci en 1994. Il a non seulement couvert cette violation flagrante de la paix internationale par un état membre de l’ONU mais a appelé également son gouvernement à soutenir cette conquête. Il n’a pas quitté la région puisque de 1999 à 2003, il était ambassadeur au Kenya, d’où il pilotait les invasions successives de la RDC et la poursuite de la partition du Soudan. L’on se souviendra que Yoweri Museveni avait, dans son cahier de charge en conquérant l’Ouganda, l’obligation de tout faire pour détacher le Sud-Soudan du reste du pays. Il s’y est employé de toutes ses forces sous la supervision des USA en soutenant John Garang qui hélas !  mourra avant la réalisation de ce « rêve américain ». Ce sera chose faite en 2011. Les troupes rwandaises y sont déployées en force. Et pour cause !

Museveni ayant accompli sa tâche, il incombe désormais à Kagame d’accomplir la sienne, à savoir favoriser la sécession des provinces du Kivu de la RDC. C’est ce qui est en train de se réaliser mais que l’ambassadeur Johnnie Carson tenait à rappeler devant le Brookings Insitute, avant de quitter ses fonctions.

The Brookings Institution : la boîte à idées des démocrates

C’est devant The Brookings Institution que Johnnie Carson est allé présenter son plan de sortie de crise en RDC. Hasard ou coïncidence ? La très célèbre think tank (boite à idées) américaine est le creuset de toutes les théories montées dans les milieux universitaires et politiques des Etats-Unis, pour soutenir ou laisser tomber un pays dans le monde. Le clan Clinton y a fait ses premiers pas.

Illustration. C’est au sein de The Brookings Institution qu’il a été conçu l’idée selon laquelle la gouvernance et le respect des droits humains sont absents dans plusieurs pays africains qui se distinguent par leur étendue géographique et la densité démographique de leurs populations. Pour cette institution proche du parti démocrate, plus un pays est grand, plus il est difficile à gouverner. D’où, la conviction que seuls les petits Etats en Afrique peuvent être bien gouvernés.

Prenant le cas de la RDC, The Brookings Institution soutient que l’immensité de son territoire serait à la base des problèmes de gouvernance et autres conflits politiques qui secouent le pays. La solution, selon cette boite à idées, consisterait à le morceler en de petits Etats faciles à gouverner.

Paul Kagame, chef de projet « Balkanisatisation du Congo »

Qu’on le veuille ou non, Paul Kagame est en train d’être utilisé pour favoriser l’éclatement du Congo car selon les « cerveaux de Washington », la géante RDC tel qu’elle se présente actuellement, est ingouvernable et surtout pas par des « africains ordinaires ». Tout comme les USA ont réussi à morceler le Soudan par Yoweri Museveni interposé, ils comptent faire de même en utilisant Paul Kagamé du Rwanda.

Les Congolais devraient déjà penser à comment gérer cet après-éclatement au lieu de se perdre dans des conjectures stériles car on l’a constaté, les desseins de « l’Uncle Sam » se réalisent même à long terme.

Politiquement, Paul Kagame a encore de beaux jours au pouvoir car en tant que chef de projet « Balkanisation de la RDC », les pays anglo-saxons continueront de le soutenir pour qu’il reste place. C’est dans ce cadre que les grandes puissances ont fermé les yeux quand il a changé la constitution de telle sorte qu’il reste au pouvoir jusqu’en 2034, pour se donner suffisamment de temps pour mener à terme ce projet.

Gaspard Musabyimana

Source: www.echosdafrique.com

Le projet de Balkanisation de la République Démocratique du Congo n’est pas une vue de l’esprit.

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Le projet de balkanisation de la RDC n’est pas une vue de l’esprit
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Ces derniers temps, plusieurs personnalités congolaises sont montées au créneau pour attirer l’attention sur le risque de balkanisation de la RD Congo, relançant le débat sur cette thèse. Les Rwandais, par la voix du secrétaire d’État Olivier Nduhungirehe, parlent de « théorie du complot ». Mêmement du côté de CACH et de ses sympathisants devenus foncièrement allergiques à toute critique adressée à leur nouvel allié, Paul Kagame.

Mais qu’en est-il dans les faits ? La balkanisation de la RDC est-elle une vue de l’esprit, ou un projet réel qui menace l’intégrité territoriale du Congo et que tout Congolais digne de ce nom devrait prendre au sérieux ?

Contrairement aux déclarations de M. Nduhungirehe et de certains « Congolais de service », la thèse de la balkanisation de la RDC est loin d’être une vue de l’esprit.
En effet, les premières tentatives de démembrement du Congo remontent en 1960, au lendemain de l’accession du pays à la souveraineté internationale. À l’époque, la Belgique avait provoqué la sécession du Katanga pour maintenir les joyaux de sa couronne coloniale dans cette partie du pays. Il y a eu ensuite une guerre civile, et il a fallu attendre l’arrivée au pouvoir de Mobutu en 1965 pour que la situation soit stabilisée. Pendant 32 ans de Mobutisme, le Congo-Zaïre va connaître une certaine paix jusqu’à l’avènement de l’AFDL pilotée par les États-Unis via ses satellites rwando-ougandais, en 1996. C’est à partir de ce moment que certains esprits ont commencé à plancher sur le démembrement du Congo.

En juin 1996 déjà, donc peu avant la première guerre, Stephen Metz, professeur à l’US Army War College, avait remis au Pentagone un document de travail consacré au possible démantèlement de la RD Congo. Selon lui, vu l’état de déliquescence dans lequel se trouvait le Zaïre de Mobutu à l’époque, les États-Unis devaient accompagner la désintégration du pays, tout en ouvrant « des canaux de communication avec les nouveaux États » qui en émaneraient. Quatre mois plus tard, en octobre 1996, Walter Kansteiner, fils d’un vendeur de coltan de Chicago et ancien membre de la Task Force du Département de la Défense pour les minerais stratégiques, abondait dans le même sens.

En mai 1998, alors que les troupes rwando-ougandaises s’apprêtaient à reprendre pied au Congo pour chasser Laurent-Désiré Kabila qu’ils venaient de placer au pouvoir avec la bénédiction des États-Unis, l’ancien officier américain Ed. Marek préconisait pour sa part : « Ignorer Kabila et aller dans la direction du démembrement du Congo. » Ainsi disait-il: « Les Kivu pourraient être annexés par l’Ouganda et le Rwanda. L’ancien gouverneur du Katanga pourrait retourner à Lubumbashi pour déclarer la sécession de cette province. Le Kasaï suivrait cet exemple. L’Angola pourrait facilement entrer dans le Sud du Congo sous prétexte de poursuivre les troupes de l’UNITA. Ainsi Kabila resterait seulement avec Kinshasa et le Nord-Ouest. » En clair, le Kivu, d’où arrivent tous les dangers, ne constitue qu’une première étape dans le plan de démembrement total de la RDC.

En 1997, à Bonn (en Allemagne), des politiciens et membres d’ONG allemands ont proposé à des membres de la société civile du Kivu de convaincre la population kivutienne de délaisser Kinshasa pour se rapprocher du Rwanda. Voici ce qui a été dit au professeur Emmanuel Nashi (selon ce qu’il m’a dit lui-même), qui était à la tête de l’association SIMA-Kivu, à cette réunion : « Étant donné que Kinshasa est très éloigné des préoccupations du Kivu, vous avez intérêt à vous tourner vers l’est de l’Afrique. En votre qualité de leaders de la société civile kivutienne, vous pouvez convaincre votre population de son intérêt d’une alliance avec le Rwanda. Par ailleurs, l’Allemagne et l’Union Européenne disposent d’un projet de plan Marshall pour le développement du Kivu à condition que vous acceptiez de vous détacher du Congo et de vous rattacher au Rwanda.»

Ironie de l’histoire, la Belgique proposera des années plus tard, en marge de l’Assemble générale de l’ONU qui s’est tenue le 23 février 2013, une sorte de « Plan Marshall » destiné… à la partie Est de la RDC. Entendez le Kivu. Les sorciers ne dorment jamais, diront certains.

Toujours en 2013, le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, Johnnie Carson, a proposé devant la Brookings Institution qu’on applique à la crise congolaise le schéma de sortie de crise appliqué à l’ex-Yougoslavie et au Soudan. Les conséquences de ce « plan de sortie de crise» sont connues : la balkanisation de ces deux pays.

Bref. La thèse de la balkanisation du Congo n’est pas une vue de l’esprit, mais une réalité connue de tous ceux qui suivent la situation de ce pays de très près et qui font l’effort de se documenter. Que le Rwanda et certains « Congolais de service » la rejettent pour des raisons que l’on sait, on peut comprendre. Mais que des Congolais soient surpris d’en entendre parler ne peut qu’étonner. Ce qui est encore plus grave, c’est la légèreté avec laquelle ce sujet est traité. Et pourtant la documentation existe. Nous avons abordé la question à plusieurs reprises dans nos ouvrages. Le problème est que la plupart des Congolais ne lisent pas. Y compris la plupart de nos journalistes et de nos prétendus intellectuels qui ne sont que des diplômés. En écoutant les uns et les autres, on est frappé de constater que les gens abordent des questions qu’ils ne comprennent ni ne maîtrisent. Un exemple : Dans l’une de ses émissions, le journaliste Fabien Ambingson Kusuanika affirme que les Occidentaux ont toujours empêché le démembrement de la RDC parce qu’ils ont besoin de traiter avec un seul régime ou autorité. Une telle affirmation est une terrible énormité qui ne résiste pas à l’analyse serrée des faits et des stratégies…

Pour le reste, il faut comprendre que le projet de démembrement du Congo est bien réel. Si des voix aux États-Unis et ailleurs en Occident ont préconisé cela à un moment donné, le Rwanda, qui a greffé son projet à celui de ses parrains occidentaux dans la région, en a fait la priorité de ses priorités…

De retour parmi vous
Bonne année 2020…

Patrick MBEKO.

Le conflit Hema – Lendu . Les dessous des affrontements ethniques à la rwandaise.

LE CONFLIT HEMA-LENDU. LES DESSOUS DES AFFRONTEMENTS ETHNIQUES À LA RWANDAISE
Les Hema et les Lendu sont deux ethnies qui se partagent le territoire de l’Ituri en République Démocratique du Congo (RDC). L’Ituri s’étend sur une superficie de 65.658 km2 et fait frontière avec l’Ouganda et le Sud Soudan. Sa capitale est Bunia.

Le conflit entre les deux ethnies est séculaire mais il a connu son apogée à partir de 1999.

Aujourd’hui, les hostilités se prolongent. Ainsi, pour le 2è semestre 2019, on peut noter : 161 corps sans vie dans la région d’Ituri (Radio Okapi du 16/06/2019 ); 300.000 personnes ont fui les violences en Ituri depuis début juin (AFP du 18/06/2019 ; en Ituri, 28 civils tués en deux jours (Le Figaro du 19/9/2019),… Aucun doute qu’en ce début 2020, les deux groupes ethniques ont commencé l’année en se regardant en chiens de faïence.

Conflit identitaire

Il existe une abondante littérature sur les causes du conflit Hema-Lendu mais un livre fait la différence. C’est celui de Nicaise Kibel’bel Oka, journaliste congolais d’investigation et natif de Beni. Il ne s’est pas contenté de théories déjà arrêtées pendant des années. Il les a confrontées à la réalité du terrain qu’il a sillonné à de nombreuses occasions pour comprendre les dessous de cette violence.

Les Hema sont connus sous diverses appellations, selon leur localisation :  Bahema, Bahima, Bahuma, Hima, Urohima, Vahima, …. Ils sont à cheval sur la RDC et l’Ouganda. Selon Edmond Thiry des Pères Blancs d’Afrique « le nom des Hema, dans l’Ituri est une variante de Hima qui désigne un ensemble très vaste mais très ramifié dans les diverses régions interlacustres, comprenant surtout, autrefois, des pasteurs de bovins ».

Selon la littérature anthropologique les Hema sont d’origine nilo-hamite et sont des éleveurs, en quête de terre pour le pâturage. Quant aux Lendu, ils sont d’origine soudanaise. Walendu signifie « homme du village ». Les Hema sont considérés comme des seigneurs tandis que les Lendu sont considérés comme inférieurs. De là à établir une comparaison entre les Tutsi et les Hutu du Rwanda il n’y a qu’un pas. A ce sujet, le professeur belge David Van Reybrouck, auteur de “Congo, une histoire”, écrit :  le conflit communautaire de 2003 “ressemblait à une version miniature du génocide de 1994 (au Rwanda). Les Hema, avec leurs vaches, se sentaient proches des Tutsi: une minorité ethnique qui formait la couche supérieure de la société. Les Lendu étaient des cultivateurs qui se comparaient eux-mêmes aux Hutu: nombreux, mais en bas de l‘échelle”.

Il est cependant important de signaler que contrairement au Rwanda, Hema et Lendu sont des véritables ethnies : chaque groupe a son territoire, sa langue, ses coutumes, …

Conflits fonciers, origine des violences

L’hospitalité des Lendu et la cohabitation pacifique entre les deux peuples ont produit un sous-groupe hybride appelé « Gegere » ou Hema du nord. Ces derniers pouvaient alors se prévaloir des Hema comme des Lendu. Des Lendu, ils héritent de leur langue, le kilendu. Entreprenants, les Gegere se révéleront à la fois agriculteurs et éleveurs.

Dans les années 60, les tensions interethniques Lendu-Hema sont provoquées par l’expansionnisme d’un chef  Gegere qui tente d’annexer certaines localités lendu. Il va s’investir dans une modification unilatérale des cartes administratives des collectivités afin de concrétiser son projet d’annexion. Devant le refus catégorique de la population lendu, il recourra aux forces de police et à l’armée pour violenter les Lendu.

Au fil des ans, l’attitude de certains intellectuels hema a participé largement à nuire aux relations entre les deux peuples et a contribué à enflammer l’Ituri en préservant à tout prix les acquis frauduleux d’un complexe de supériorité injustifié sur les Lendu. Ainsi dans sa thèse de doctorat en histoire, le professeur Lobho-Lwa-Djugu Djugu a traité les Lendu de « peuple d’une insuffisance congénitale, incapable d’intelligence, du sens politique … raisons de leur assujettissement aux Hema » (cité par Kibel bel Oka, p.29).

La contestation des limites des terres entre le secteur Bahema et  Walendu constitua un des éléments essentiels du conflit foncier. Il fut alimenté par  un autre élément, et non des moindres : la promulgation, en 1971, d’une loi faisant de la terre la propriété exclusive de l’Etat qui la concède à volonté à des individus.

En 1977, le ministre de l’Agriculture DZ’BO Kalagi, un Hema, assure la distribution des concessions abandonnées, à ses frères se considérant désormais comme les nouveaux colons. Il s’en suivra l’acquisition frauduleuses des certificats d’enregistrement des terres au détriment des agriculteurs Lendu. Tout cela fut facilité par le chaos engendré, à partir de 1982, par la guerre menée par Yoweri Museveni qui, dans ses recrutements, joua sur la corde ethnique de part et d’autre de la frontière. La guerre terminée, les jeunes Hema avaient acquis l’art militaire et des armes de guerre proliféraient dans la région. Quant vint l’offensive de l’AFDL, ils répondirent en masse aux appels d’enrôlements militaires.

Durant cette période trouble, les procédures d’acquisition frauduleuse des certificats d’enregistrement sur les terres rurales s’accélèrent pour tirer avantage d’une clause de la loi ci-haut citée qui fixait leur d’inattaquabilité après un délai de deux ans. Cette loi foncière favorisa une soustraction frauduleuse des terres aux paysans Lendu qui, après deux ans, ne pouvaient plus rien réclamer juridiquement.

En 1998, les nouveaux propriétaires fonciers commencèrent les opérations de déguerpissement des populations rurales dont les terrains avaient souvent été acquis à leur insu. Ils firent appel au Parquet et/ou aux postes de police pour entrer en possession de ces terres malhonnêtement acquises.

Durant la guerre de l’AFDL, l’Ouganda occupa la province de l’Ituri. Son représentant militaire, le général Kazini, créa, par décret, la province d’Ituri. Il nomma Adèle Lotsove Mugisa gouverneure de la province. Proche du RCD/Goma et donc des Hema, Lotsove Mugisa accéda à la demande des concessionnaires Hema de chasser les Lendu et de récupérer leurs terres. Ces derniers résistèrent. Mais avec une dame qui leur vouait une haine féroce, la conquête de terres lendu s’accentua.

Les populations lendu voient venir des concessionnaires Hema revendiquant des terrains frauduleusement acquis à travers des certificats d’enregistrement entachés de vices de procédure qu’ils portent et qu’ils brandissent. Ces colons d’un autre âge bénéficient du soutien des éléments de l’armée ougandaise présente dans la région. D’autre part, le Parquet de Bunia se montra très partial et complaisant en privilégiant la voie de la corruption. Il monnaya tout et prit faits et causes pour les concessionnaires Hema contre les Lendu qui sont matraqués sans merci. Le 28 mai 1999, la situation explosa. Les paysans lendu repoussèrent brutalement les éléments de la police nationale envoyés pour arrêter quelques notables. S’en suivirent coups et blessures et l’incendie des maisons. Les concessionnaires Hema firent appel aux éléments de l’armée ougandaise. Ces derniers arrêtèrent, torturèrent les notables et incendièrent les cases des paysans lendu. La guerre éclata avec d’un côté les Lendu et de l’autre, les Hema et l’UPDF (armée ougandaise). Celle-ci resta la seule force d’occupation à Bunia, après avoir désarmé tous les militaires congolais.

Les sujets Hema, plus nantis et bénéficiant des services des militaires ougandais, provoquèrent régulièrement les Lendu. Le Parquet de Grande Instance va prendre faits et causes pour les hommes d’affaires Hema et va procéder à la vague d’arrestations des Lendu qui furent jetés dans la prison de Bunia.

Dans cette partialité, les Lendu furent ostracisés. Les Hema se sentirent de plus en plus protégés par les militaires ougandais et la milice privée qui se constitua autour des concessions des hommes fortunés Hema. A cause de la violence et de l’insécurité, des milliers de gens, toutes ethnies confondues, fuirent leurs habitations. Dans les moments d’accalmie, les Hema vont regagner seuls les villages et se mirent à empêcher tout prix le retour des Lendu. Ces derniers décidèrent finalement de se retrancher dans la forêt pour s’organiser et préparer la revanche. Les Lendu enseignèrent à leurs descendances que leur ethnie est marquée par son attachement à la terre. Et lorsqu’il faut défendre ce plus grand bien que Dieu leur a laissé à travers les ancêtres, les Lendu n’hésitent pas un seul instant à sacrifier leur vie. D’où cette détermination à braver la mort en ne reculant pas un seul instant devant la puissance de feu de l’armée ougandaise.

Refusant de perdre leurs privilèges, les Hema ont réuni toutes les pièces productrices de tueurs et les Lendu, pour se défendre et se faire justice, répliquent dans des contre offensives suicidaires. Car, le héros n’a pas peur. D’après le témoignage du journaliste Kibel’bel Oka, « lorsqu’on parle avec les Lendu, on le sent, ils ont tendance à se reconnaître dans cette appartenance la plus attaquée, la plus meurtrie. Pendant longtemps, ils l’ont vécue dans leur être, l’ont dissimulée la renvoyant au tréfonds d’eux-mêmes attendant le temps de la revanche. Et cette revanche passe par les affrontements qui sont une expression de se mesurer à l’adversaire pour prouver que l’esclave aussi a des droits et peut les revendiquer par les moyens qu’il se choisit, mieux, que le maître lui offre en l’occurrence les armes ».

Dans ce conflit, le clergé, en majorité Hema, prit la défense de leur ethnie. Mgr Banga Bane dans une note du 10 juillet 2003 qualifia les Lendu de bandes « généralement drogués », qui incendient des villages Hema, que les Hema ont affaire aux « combattants-massacreurs Lendu ». Malgré leur position confortable, les Hema se firent passer pour des victimes et crièrent au génocide programmé contre leur ethnie.

Les têtes brûlées de deux ethnies s’activent, se lancent dans des provocations, quotidiennement. Les offensives et contre-offensives sont menées avec violence pour venger ceux qui sont morts par la faute de l’autre d’en face, le mauvais voisin. Après chaque repli, on comptabilise les succès et les défaites. Les deux ethnies vivent dans un cycle de violence infernale où il n’y a jamais de vainqueur définitif et à chaque affrontement, la victoire change de camp.

Les Hema ont une milice redoutable, l’Union des Patriotes congolais (UPC) présidé par Thomas Lubanga. En 2003, l’Ouganda et le Rwanda vivaient à couteaux tirés et Thomas Lubanga se passa de l’armée ougandaise pour convoler aux douces noces avec l’armée du FPR par l’entremise du RCD/Goma qui dépêcha Bosco Ntaganda comme chef des opérations dans la région. Il se rendit compte de nombreuses crimes de telle sortes que la CPI vient de le condamner à 30 ans de prison « pour des exactions commises en 2002 et 2003 en Ituri ».

Les Lendu ont également leur milice :la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) de Germain Katanga. Des mandats d’arrêt internationaux firent lancés contre les deux seigneurs de guerre pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et transférés à la CPI à La Haye pour y être jugés.

Ces arrestations n’ont  pas calmé les esprits car les violences continuent et les morts se comptent par centaines voire par milliers, victimes des identités meurtrières, comme dirait l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf.

Gaspard Musabyimana

Source: www.echosdafrique.com

 

 

 

La République Démocratique du Congo: La conscience se réveille.

Analyse des propos du Cardinal Fridolin Ambongo

Par Charles Onana

Depuis 2002, dix-huit ans déjà, je n’ai eu de cesse d’attirer l’attention de mes frères et amis congolais sur le projet de destruction et d’occupation de leur pays dont le régime du Rwanda est la main exécutive mais pas seulement.

Beaucoup ont d’abord douté, d’autres étaient plutôt surpris. Aujourd’hui, nombreux regardent les massacres, les viols, les déplacements de la population et les incursions armées de l’Est de la RDC avec inquiétude et angoisse car la réalité devient de plus en plus évidente. Le projet de partition du Congo prend forme et les Congolais de haut rang osent maintenant parler.

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Cardinal Fridolin AMBONGO

C’est dans cet esprit que le cardinal congolais Fridolin Ambongo a décidé de tirer la sonnette d’alarme, suite à son dernier voyage dans cette région sinistrée où il a vu une « population terrorisée » selon ses propres termes. Le massacre presque quotidien des Congolais est devenu banal et sans intérêt aux yeux de la communauté internationale et des destructeurs du Congo. Seulement, les choses changent. Même au sein de l’armée congolaise, des langues commencent à se délier pour dire que le pays est en danger: « Les FARDC affirment être au courant et suffisamment documentées sur la combine montée par les ennemis de la nation visant à les décourager dans la poursuite et l’exécution de leur mission. Ce qui passe au Grand nord n’est qu’une machination des personnes malveillantes aux ambitions sécessionnistes ».

Voilà les propos du porte-parole des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, le général-major Kasonga Cibangu qui souligne que l’objectif est de « prendre le contrôle politico-administratif de cet espace et ainsi concrétiser la balkanisation » de la RDC.

Si l’armée congolaise en est à s’épancher, c’est que l’heure est grave. Le pays est réellement menacé et la conscience nationale revient. Il était temps. Le chanteur emblématique du pays Koffi Olomide s’est jeté à l’eau, faisant oublier son concert controversé de Kigali en décembre 2016, en dénonçant « ceux qui ont signé un pacte avec les Rwandais » pour vendre la RDC. Le célèbre musicien est désormais en phase avec l’histoire de son pays et c’est courageux de sa part. Le très populaire Martin Fayulu, candidat et vainqueur non reconnu des dernières élections présidentielles, a déclaré lors de son déplacement à Beni qu’on « ne peut pas accepter le plan machiavélique mis en place pour désarticuler et déstabiliser » la RDC ni le fait que « des gens qui ont construit leur villa soient délogés de force par ceux qui veulent exterminer le peuple de Beni ». L’ancien Premier ministre Adolphe Muzito a provoqué, de son côté, un tremblement de terre politico-médiatique en désignant le Rwanda comme pays déstabilisateur de l’Est de la RDC. Indignés par ses propos, certains de ses compatriotes et surtout certains médias occidentaux, très sympathiques et connivent avec Kigali, l’ont traité comme un vulgaire conjuré.

Tout le monde a oublié les multiples rébellions financées et soutenues par le Rwanda en RDC, bien que répertoriées par les experts de l’ONU dans leurs rapports. Personne ne se souvient non plus des propos régulièrement tenus par les dirigeants rwandais à l’encontre des Congolais ni même des déclarations d’un ancien président rwandais venu des rangs de l’actuel régime de Kigali réclamant une nouvelle conférence de Berlin pour amputer le Congo de sa partie Est. En clair, au vu du vacarme provoqué par la sortie de l’ancien premier ministre Muzito, les Congolais seraient plutôt priés de se taire indéfiniment ou de se laisser écraser, terroriser, violer, insulter, humilier, massacrer et piller sans réagir. La seule attitude digne d’un congolais dans ce contexte serait donc, si l’on en crois certains médias, le silence poli, la soumission éternelle, le compliment ostentatoire à un mariage de Kigali et le câlin public à leur bourreau. Muzito a manifestement péché, aux yeux de certains, par le politiquement incorrect.

A mon avis, il est simplement en rupture de ban avec le consensus mou… Tout de même, ne faudrait-il pas de temps en temps écraser l’orteil de celui qui vous marche régulièrement sur les pieds avec les brodequins et qui vous crache à la figure, juste pour qu’il sache que vous n’êtes pas un tapis roulant ni un essuie-pieds ? Pour moi, cardinal Ambongo, Olomide, Fayulu, Muzito et les FARDC ont permis aux Congolais de relever la tête en cette nouvelle année. Je leur adresse donc mes vœux les meilleurs ainsi qu’aux populations de Beni et de l’ensemble de la RDC. Continuez le combat pour la liberté, la dignité et la fierté de votre pays et de vos populations! Vous réussirez!

 

Dr Charles ONANA

Kagame, un corsaire sans foi ni loi…

Triste Afrique : Paul Kagame est un corsaire sans foi ni loi, le pillage des minerais de la RDC est le garant de son impunité!

«Ce n’est pas les balbutiements ou les murmures timides de quelques autorités congolaises qui impressionneront Kagamé. Ce n’est même pas le discours timoré des dirigeants burundais qui le fera changer d’avis. Kagame est le corsaire moderne sans foi ni loi ! »

C’est le propos pour le moins alarmiste d’un rédacteur en chef d’un grand journal européen que j’ai croisé, récemment au sommet Européen à Bruxelles. Ce spécialiste de l’Afrique est très pessimiste. Plutôt réaliste, non ? Il est convaincu que le pire est  à venir pour le peuple de cette Afrique des Grands Lacsaussi longtemps qu’il attendra une solution extérieure à son malheur.

En décembre 2019, Madame Linda Thomas-Greenfield vice-président de la commission des affaires étrangères aux USA, a déclaré devant les membres de ladite commission, que le régime de Kagamé entrainait militairement des jeunes réfugiés burundais pour ensuite les enrôler de force dans un mouvement rebelle qui sévit à l’Est du CongoUne très grave accusation qui laissa de marbre son auditoire, mais qui restera sans effets !

Son propos a été confirmé par Thomas Perriello, envoyé spécial pour la région des Grands Lacs d’Afrique qui précisa à son tour que ces jeunes burundais reçoivent des  fausses cartes d’identité pour entrer facilement sur le territoire congolaisLes autorités congolaises le savent depuis bien longtemps, mais sont tétanises à l’idée de le dénoncer publiquement !

Enfin le Refugees International, organisation en charge de la protection des réfugiés ne cesse de tirer la sonnette d’alarme, que les camps de réfugiés burundais au Rwanda sont devenus des camps de recrutement militaires, mais  rien n’y fait, silence radio ! Personne ne peut s’imaginer, que ces allégations avérées, qui sont de la catégorie des crimes contre l’humanité, ne soient condamnées par la Communauté internationale !

-Enrôler des jeunes enfants dans une armée

-Armer les réfugiés pour combattre leur pays d’origine en l’occurrence le Burundi

-Créer et financer des mouvements rebelles pour déstabiliser  la RD Congo

D’aucun sait et l’histoire récente l’a montré, que pour de tels actes, la fameuse Communauté internationale n’aurait pas attendu longtemps. Elle aurait déployé toute son armada militaire, diplomatique et médiatique pour chasser l’impie. On pourrait citer les cas de Saddam Hussein, Kadhafi, Béchir, et d’autres moins criminels que notre Kagamé qui ont été punis !

Mais hélas, le cas présent est particulier. Il s’agit de Kagamé, le fils bien aimé des pilleurs occidentaux, pour qui le sang du noir n’a pas d’importance, comme du temps de l’esclavage ! Paul Kagamé est une pièce rapportée par les entreprises occidentales  pour servir leurs intérêts. Il est une personnalité cynique, cupide, égoïste et perfidequi use et abuse de la crédibilité de certains dirigeants congolais plutôt candides.

D’ailleurs Bill Clinton ne s’est pas trompé lorsque, emporté par l’émotion,  dévoila sa pensée profonde  en disant que Kagamé « is our kind of guy“. Eh oui ! Kagamé  offre, sans état d’âme, sur un plateau d’argent les minerais du sang du peuple congolaisce qui lui garantit l’impunité !  Cette situation dramatique dure et perdure, depuis 25 ans et rien ne semble pouvoir l’estomper. Le peuple des Grands lacs (Congolais, Burundais et Rwandaisdevrait arrêter de pleurnicher comme de sales gamins ! Il lui revient de se prendre en charge.

Quémander la grâce de la communauté internationale alors qu’elle est partie prenante de son malheur, relève de l’ignorance voire de la stupidité consciencieuseOù est l’élite africaine ? Comme le disait Martin Luther Kingce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons.

Martins Capelo Césaire/Bruxelles

Source : www.veritasinfo.fr

Retour sur un massacre. L’attaque contre les réfugiés Hutu de Tingi-Tingi

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RETOUR SUR UN MASSACRE. LA DESTRUCTION DE TINGI TINGI

Paul Kagame a récidivé. Entre 1996 et 1998, sous le couvert de l’AFDL de Laurent Désiré Kabila, son armée a massacré des centaines de milliers de réfugiés hutu à travers tout le territoire congolais :  Kibumba (octobre 1996), Mugunga et Osso (novembre 1996), Hombo et Biriko (décembre 1996) dans la province du Nord-Kivu ; Kashusha et Shanje (novembre 1996) dans la province du Sud-Kivu ; Tingi-Tingi et Lubutu (février-mars 1997) dans la province du Maniema, et Boende (avril 1997), …

Au mois de décembre 2019, cette même armée rwandaise, avec la complicité de l’armée congolaise, a attaqué la région de Kalehe au Sud Kivu. Des morts se comptent par milliers car les soldats rwandais au sol, appuyés par des hélicoptères de combat, ont massacré sans répit les pauvres réfugiés sans défense. Près de 2000 rescapés furent capturés et séquestrés dans le camp militaire de Nyamunyunyi où ils mouraient journellement par la faim doublée de mauvais traitements. Le CICR a protesté mais en vain.

Cette énième attaque des réfugiés hutu en RDC nous pousse à revenir sur un autre massacre horrible, celui de Tingi Tingi.

Tingi Tingi reste célèbre dans la mémoire collective des rwandais rescapés de la chasse à l’homme par les rebelles coalisés de Laurent-Désiré Kabila et de Paul Kagame. Dans leur fuite, les réfugiés hutu arrivent au Maniéma et à bout de souffle, ils font un campement à Tingi-Tingi. Le 2 février 1997, ils reçoivent la visite de Madame Emma Bonino, alors Commissaire européen à l’Action Humanitaire. Madame Emma Bonino fut sidérée de voir cette masse de réfugiés aussi émaciés et squelettiques au point qu’elle déclara, en découvrant ces réfugiés, que sa visite à Tingi Tingi constituait une descente aux enfers.

Emma Bonino lança un appel pathétique à la Communauté Internationale l’invitant à venir en aide aux réfugiés rwandais. Ces derniers verront enfin leur traitement s’améliorer peu à peu dans le courant du mois de février 1997. Hélas, pour une courte durée, puisque vers fin février 1997 déjà, toutes les ONG se retirent du camp de Tingi Tingi en alléguant les problèmes d’insécurité ! En réalité, elles avaient eu vent de l’information sur la destruction prochaine des camps et l’insécurité invoquée n’était qu’un alibi.

C’est dans ce contexte tendu qu’interviendra, le 7 février 1997, la visite, au camp Tingi Tingi, de Madame Sadako Ogata, alors Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Loin de satisfaire les attentes de la population, cette visite se passa plutôt dans un climat d’écœurement et de découragement général parmi les réfugiés, car Sadako Ogata ne put promettre aux réfugiés ni la survie, ni la sécurité, ni la protection. Pourtant, les « rebelles », qui s’étaient déjà emparés, dans l’après-midi du 13 janvier 1997, du pont stratégique sur la rivière Oso, continuaient inexorablement leur progression vers Amisi, à quelques kilomètres de Tingi Tingi. Comme par hasard, le séjour de cette illustre personnalité du HCR correspondra avec l’attaque des « rebelles » sur le camp des réfugiés rwandais d’Amisi.

À la suite de la destruction du camp d’Amisi, les réfugiés reprendront le chemin du supplice, après avoir enregistré de fortes pertes en vies humaines sur place, principalement parmi les enfants, les femmes et les vieillards trop épuisés pour pouvoir encore marcher. Les rescapés pourront seulement passer quelques jours dans le camp de Tingi Tingi, avant de se voir de nouveau obligés de reprendre l’exode, lorsque, le 1 mars 1997, le camp sera attaqué par les « rebelles ».

L’état de santé fragile des réfugiés sautait aux yeux. Il est donc évident que, de nouveau, beaucoup de réfugiés mourront dans le camp de Tingi Tingi, parce qu’ils seront tout simplement incapables de se déplacer. Les médias internationaux ont fait état de plus de 25.000 réfugiés morts dans cette attaque de Tingi Tingi qui abritait au total environ 260.000 réfugiés.

La destruction des camps de Tingi Tingi fut précédée, comme ailleurs, par une intense campagne médiatique de diabolisation des réfugiés hutu au point de leur prêter des exploits militaires imaginaires contre les rebelles de l’AFDL de Laurent Kabila. En clair, l’intoxication visait à présenter ces camps comme des objectifs militaires et ainsi justifier à priori une offensive sur eux. Toute voix qui a tenté de mettre à découvert cette machination se fera traiter de tous les noms sous prétexte qu’elle « tentait d’amener la communauté internationale à sympathiser avec des criminels ».

Les rescapés de Tingi Tingi seront achevés tout le long du parcours de plus de 250 kilomètres vers Kisangani, notamment à Kasese et à Biaro où les « rebelles » ont encerclé, pendant plus de 4 jours le gros de ces infortunés. Plusieurs ONG sur place, qui n’ont pas été autorisées à voir les réfugiés, parlèrent déjà de la solution finale en accusant les « rebelles » de vouloir exterminer ces réfugiés par la faim. C’est par exemple le cas de Stephen SMITH, dans Libération du 20 mai 1997.

De même, le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, accusa Laurent Kabila et ses « rebelles » de vouloir en finir avec les réfugiés, en les tuant à petit feu par la faim. De son temps, son prédécesseur Boutros Boutros Ghali avait tenu les mêmes propos pour dénoncer le complot ourdi contre les réfugiés, en empêchant l’arrivée de la « Force Internationale d’Intervention Humanitaire » à l’Est du Zaïre. Il avait dit qu’il s’agissait d’un « génocide par la faim » mais, malheureusement, il n’avait pas été écouté par ceux qui avaient le pouvoir d’arrêter ce génocide.

Finalement, à peine 100.000 personnes atteindront Kisangani et les environs. Même cet effectif, aussi ahurissant qu’il paraisse de part le nombre de manquants, ne fait pas l’unanimité, puisque même le porte-parole du HCR, Paul Stromberg, refusera de donner aux journalistes un quelconque chiffre exact, alors qu’il avait tous les moyens de le savoir. A-t-il eu peur ou honte de le dire ? Seule l’histoire le dira. De 260.000, les réfugiés seront ainsi réduits à 100.000 en quelque temps. RFI, au 25 avril 1997, parlera même de 85.000 personnes. Où sont donc parties les autres, soit environ 160.000 personnes ?

Le témoignage récent (mars 2017) de l’avocat américain Reed Brody qui a fait partie d’une équipe des enquêteurs qui s’est rendue sur place quelques mois plus tard après ce massacre donne de la chair de poule : « Quelque 190.000 réfugiés hutus rwandais ont été massacrés dans les forêts de l’est du Congo-Kinshasa, notamment dans la clairière de Tingi Tingi ». Il signale même qu’il a subi des pressions américaines pour ne pas enquêter sur ce massacre.

Gaspard Musabyimana

Source: http://www.echosdafrique.com

“BAMPORIKI ntasobanukiwe uko Abatutsi basuzugura Abahutu…” Eric UDAHEMUKA

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Bwana Édouard BAMPORIKI yinubira imikorere ya FPR.

ISESENGURAMPAMVU NA POLITIKI: “BAVUGIRIJE BAMPORIKI UMWANA WO MU BATINDI UTARASOBANUKIRWA UKO ABATUTSI BAVUYE UGANDA BATEKEREZA, UKO BAKORA, UKO BASUZUGURA ABAHUTU, UKO BABICA URUSORONGO N’UKO BATEGEKA IGIHUGU”

Niba abatutsi bashaka amahoro azaramba kandi n’ababakomokaho bakazaragwa igihugu kizira intugunda, bagomba kwirinda gukomeza gusuzugura abahutu kandi bakabaha agaciro bakaniyumvisha ko banganya uburenganzira ku gihugu cy’u Rwanda no ku byiza byacyo. Biramutse bitagenze bitya, mbona u Rwanda bene rwo bazarutwika rugashya rugakongoka cyangwa rugasaturwamo kabiri impagarike (Gatuna-Kanyaru) cyangwa intambike(Rusumo-Gisenyi) noneho na ba batutsi bakabura intama n’ibyuma.

Agasuzuguro abatutsi bavuye Uganda basuzugura abahutu mu Rwanda gateye icyo n’iki ku buryo kamaze kuba itetu ariko bibonwa kandi bizwi gusa n’abagera ibwami no mu nkengero zaho, cyangwa abakoma ubumwe n’abatutsi ku buryo umwana wo mu batindi nka Bamporiki adashobora kubyisobanurira.

Ikibazo cy’abahutu bareba hafi

Bahutu bavandimwe banjye, kuki iteka mugotomera ibyo mubonye byose ntimufate akanya nibura gato ngo mutekereze kubyo mubona, ibyo mubwirwa n’ibyo mwumva? Ku munsi w’ejo gusa, abantu barenga 50 banyoherereje igitekerezo Bamporiki yatanze asobanura ko ngo bajya kumurega mu bunyamabanga bwa FPR bakamuhimbira ibyaha bamubeshyera, byasaga n’aho atakambira kagame(Shitani nkuru) mbese amwwereka ko mu by’ukuri ari umwere. Ikibazo: “Ese Bamporiki umurega azi uwo ariwe???”

Abo bantu bose ni uguterura bakampereza gusa nta n’umwe nibura wabitangaho igitekerezo ngo yereke abanyarwanda uko ibintu byakagombye kuba bimeze wenda akoresheje ubumenyi bwe uko bureshya nta wabimugayira ari nacyo njyewe iteka mpora nihatira. Abanyarwanda bagomba gusobanukirwa uko politiki y’igihugu cyabo ihagaze kandi kandi bakirinda gufata politiki nk’igikinisho.

Bivuze ngo abo baterura bakaguhereza ntibazi n’icyo ibyo Bamporiki yavuze bihatse n’ikizabivamo. Reka da! Mbese wagira ngo bahora barekereje kumva akavuzwe kose bagahita bagusunikira ubundi nawe ukipfira urwo wipfira waba ubyumva waba utabyumva. Nguwo umusanzu wabo mu mpinduramatwara mu Rwanda!

Bamporiki umwana wo mu batindi kandi uhubuka cyane!
Mu Kinyarwanda gikuru, kwita umuntu umutindi ntabwo ari ukumutuka. Ijambo umutindi risobanura umuntu ufite imyitwarire iburamo imwe mu migenzo mbonezabupfura. Bamporiki wacukuraga imisarani mu Kimicanga (Kigali) bakanamwambura nyuma akaza kujya gukina mu ikinamico URUNANA ashobora kuba ubu noneho yumva impamvu twahunze u Rwanda kuko igihe bamugiraga Umunyamabanga wa Leta, umwanya unganya agaciro n’umushahara nk’ibigenerwa minisitiri yitereye mu bicu yibwira ko abaye igitangaza mu Rwanda ariko ibyo aherutse kuvuga birerekana ko ahubwo yibambye ku giti. Nimutekereze umuntu utaramara umwaka abaye minisitiri bakaba bamugera amajanja! Ariko kuri njye ibi nsanzwe mbizi si igitangaza.

Ikintu cya mbere cyerekana ko Bamporiki agira ubwenge buke, ahubuka mu kuvuga kandi atazi uko abatutsi bavuye Uganda bategeka ntanasubize amaso inyuma ngo yibuke ni uko yari akwiye kwibaza niba mu myaka 25 FPR imaze ku butegetsi n’indi myaka 4 yamaze ku rugamba irwana ari we wa mbere babeshyeye, ariwe wa mbere ubaye inzirakarengane.

Nangwa nawe baramubeshyeye ariko ntiyafungwa. Nangwa nawe baramubeshyeye ariko ntibamwica cyangwa ngo bamugongeshe igikamyo. Ningwe nawe baramubeshyeye ariko ntiyirukanwa ku kazi kamuhemba kakaba kamutungiye umuryango. Niba nawe baramubeshyeye ariko aracyabasha kuvuga. Nibe nawe baramubeshyeye ariko ntibamurasa arimo atoroka kandi yambaye amapingu!!! Ariko rwose Bamporiki arasetsa, ubu se Colonel tom Byabagamba ufunzwe hamwe na Gen. Frank Rusagara uwamubaza icyo bazira yakivuga? Ubuse abimwa akazi bagatsindiye mu Rwanda bangana iki???

Bamporiki n’abandi bahutu mwese mugomba gusobanukirwa uko abatutsi bakora n’uko batekereza

Ikintu gitangaje Bamporiki atari azi ariko akwiye kumenya nonaha niba asoma iyi nyandiko yanjye ariko ndabizi neza azayisoma natanayisoma izamugeraho, ni uko uwo yibwira ko arega ariwe aregera aka ya mvugo ya Kinyarwanda ngo “aranegurira abazimu mu ndaro”.

Kagame ubwe niwe ucura ibinyoma akabikwiza mu bakozi be akanagena uko buri wese agomba kujya kubeshyera undi kugeza bose abahetuye bivuze ngo na Bamporiki abe yitegura ko nawe bazamusaba kugira abandi bahutu bene wabo abeshyera kugira ngo inyungu za Paul Kagame zikomeze zisugire.

Muti ese bigenda bite? Kagame mu myumvire ye kuko azi neza ko abanyarwanda bamwanga urunuka kandi reka bamwange ni mugihe yabacuze bufuni na buhoro, akora ku buryo abaremamo urwicyekwe ngo badahuriza hamwe bakamuhirika. Agafata nka Mureshyankwano akamutegeka ikinyoma azabeshyera Bamporiki kandi Kagame agakora ku buryo Bamporiki amenya ko Mureshyankwano ariwe wamubeshyeye. Icyo gihe Bamporiki ahita yirinda Mureshyankwano kandi akamwanga urunuka.

Kagame mu mayeri ye aba agira ngo areme ubwoba muri Bamporiki umukozi mushya ngo hato atazafatanya n’abashaka impinduka mu gihugu akiri imihini mishya. Bamporiki rero ayo mayeri n’amacenga bigendana n’amayeri by’abatutsi ntabyo azi ahubwo arahurutura ibigambo imbere y’imbaga ngo baramubeshyeye.

Ubu se shahu Bamporiki, urataka ngo muri FPR ntibakundana ugira ngo mukundane kubera iki? Ese shahu Bamporiki waba uzi FPR icyo aricyo? Reka nyikubwire. FPR utibeshya ko ari icyo gitambaro cy’ibendera ubona cyangwa bya bizu bujuje i Rusororo. Reka da! FPR ni sisteme y’ubwicanyi bukorwa kinyamwuga bugamije kurimbura ku isi UMUHUTU n’igisa nawe ku buryo ubwo nawe muri uwo mwanya baguhaye uri nk’imbagwa itegereje gutwarwa mu ibagiro. Ba uretse gato uzaba ureba.

Bamporiki agomba kumenya ko iyo bibaye ngombwa Kagame abantu bamwe b’inzirakarengane anabafungira ubusa inkiko zikanabakatira mu rwego rwo gukomeza kurema urwicyekwe mu mitima y’abanyarwanda. Njyewe mbona umukoro wa mbere abahutu b’abanyarwanda bafite muri rusange ari ukumenya uko abatutsi batekereza, uko bitwara, uko bategeka n’uburyo bakoresha mu kugera ku ntego zabo.

Ibi umuhutu utabizi ntashobora kuzatinyuka kugira uruhare mu mpinduka ishakwa mu Rwanda aho twifuza ko abanyarwanda bose bagomba kuzabana mu mahoro ntawe usuzugura undi, ntawe unena undi. Abahutu bo mu Rwanda birirwa barira ngo barashaka impinduka, maze kubona ko n’uwakuraho FPR akabaha igihugu batagishobora kubera amadefo(inenge) amwe akiri muri kamere zabo no kudafata umwanya uhagije ngo batekereze ku kintu icyo aricyo cyose babonye hanyuma ngo bagerageze kwiyumvisha icyo gihatse. Niko umuntu yagombye gutekereza ariko byagera muri politiki ho bikaba akarusho.

Nk’ubu hari abahutu baminuje, kandi bakuze mu myaka mbese bagombye kuba bazi icyatsi n’ururo, yewe batanagize uruhare muri genocide Kagame yahinduye igijangisho cyo kwigizayo abo adashaka mbese badafite ubusembwa na buke. Ugasanga bari inyuma ya Kayumba Nyamwasa ngo wababwiye ko azabakuriraho Kagame akabaha amahoro. Noneho ukibaza umuhutu ufite dokitora cyangwa lisansi utazi gutandukanya Kayumba Nyamwamsa na Paul Kagame ubwo uwo muntu yumva afite ubwenge?

Umuntu nk’uko udashobora kwisobanurira isano iri hagati ya Kagame na Kayumva n’uko byagenda kayumba aramutse asimbuye Kagame, ubwo se uwo wambwira ngo umutezemo muyobozi ki mu bihe bizaza? Mugomba gukanguka, mukamenya ubwenge, icyatumye Kayibanda Gregoire atsinda abatutsi akabambura ingomba izuba riva kandi bari bayimaranye imyaka 600 ni uko yari azi ubwenge, akirinda guhubuka, akamenya gufata akanya ke gahagije agasesengura ibyo abona, ibyo abwirwa n’ibyo yumva, akamenya kwiyubaha mu bandi, akamenya kwirinda, akirinda kurya ibyo abonye, agafata akanya ke agasoma ibitabo, umunyapolitiki udasoma ibitabo aba ari umunyapolitiki nyabaki??? Umaze gusoma ibitabo bingahe???

Gregoire Kayibanda yari umuntu nkawe, yari umuntu nkanjye, kandi burya abantu bose baba bifitemo ubushobozi bwo gukora ibintu byinshi bikomeye byahindura isi bikagirira rubanda akamaro isi dutuyeho ikaba nziza kurushaho ariko abenshi ntibabigeraho bitewe no kutamenya kubyaza umusaruro impano bifitemo cyangwa kutamenya gukoresha neza uburyo n’ubushobozi bihari.

Bavandimwe bahutu rero mwibwiraga ko Bamporiki ari mu munyenga ngo kuko yahawe kariya kazi, nimusubize amerwe mu isaho. N’abatutsi bavuye Uganda ubwabo baramarana bakicana nkanswe Bamporiki. Menya ubwenge umenye uko wakwitwara mu bibazo utagombye kuvuza iya bahanda ukemure ibibazo byawe gipfura utagombye kwiha amenyo y’abasetsi.

Niba umubyeyi wawe yarakongoreye ikintu bucece muri mu kirambi kigenzure witonze kandi bwombo wongere ukigenzure bucece nusanga ibyo yavuze ari ukuri, ufate icyemezo cya kigabo kandi nabwo bucece nibwo uzaba ubaye umugabo, nusanga kandi yarakubeshye nta kosa azaba yarakoze kuko GUSAZA NI UGUSAHURWA naho ubundi ibindi byose wakora bibusanije n’uyu mugenzo nyarwanda-mbonezabupfura icyo gihe uba ubaye SAGIHOBE!!!

ERIC UDAHEMUKA
E-mail : udaheric@gmail.com