Author Archives: Chaste Gahunde

L’armée rwandaise en RDC «constitue une violation de l’embargo sur les armes» (GEC)

Y a-t-il des militaires rwandais qui opèrent sur le sol congolais ? La société civile et des députés du Nord-Kivu dénoncent aujourd’hui ce qu’ils qualifient d’envahissement. Ils en appellent aux chefs d’État de la région et demandent à ce que le mécanisme de vérification mis en place par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) vienne constater cette présence. Le Groupe d’études sur le Congo (GEC) et Human Rights Watch ont régulièrement signalé à travers leur plateforme de surveillance, Kivu Security Tracker, ces allégations. Jason Stearns est le directeur du GEC, centre de recherche de l’université de New York. Il répond aux questions de Sonia Rolley.

RFI : Avez-vous pu confirmer la présence de militaires rwandais en ce moment sur le sol congolais ?

Jason Stearns : Nous avons reçu des rapports des différents points focaux que nous avons sur le terrain et de nos interlocuteurs au sein de la société civile d’une présence des militaires rwandais, les RDF, dans le Rutshuru dans les opérations, en soutien aux opérations FARDC contre les FDLR là-bas (ndlr : rebelles hutus rwandais). On ne sait pas exactement l’échelle de cette présence ou de ce soutien. Mais on s’imagine que cela fait partie d’une série d’opérations que l’armée rwandaise a menée avec les FARDC contre les FDLR ou du groupe dissident des FDLR, le CNRD. Et ces opérations ont lieu depuis l’année passée.

Ça veut dire que la présence rwandaise serait régulièrement sur le sol congolais depuis un an ?

Alors, c’est un peu compliqué de parler de la présence des militaires rwandais dans l’est du Congo parce que si on regarde bien, cette présence n’a presque jamais cessé depuis la fin de l’occupation officielle par l’armée rwandaise qui s’est terminée en 2002. C’est-à-dire que depuis cette époque, il y a souvent une présence rwandaise et notamment un soutien rwandais aux différents groupes armés dans l’est du Congo, avec des périodes d’intensification comme à l’époque du M23. La présence rwandaise était principalement en appui au M23 contre le gouvernement congolais.

Ce qu’on a constaté depuis lors, c’est un revirement dans la nature de cette présence. C’est-à-dire que depuis 2014 environ, l’armée rwandaise est là en collaboration ou avec l’accord tacite de l’armée congolaise et du gouvernement rwandais. Et là aussi, avec des périodes d’intensification. Ce qu’il faut constater, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi, on a vu une de ces périodes d’intensification avec plusieurs opérations de l’armée rwandaise sur le sol congolais depuis l’année passée.

Mais est-ce que ce soutien à l’armée congolaise ne devrait pas être signalé au Conseil de sécurité de l’ONU ?

Cette présence de militaires rwandais constitue en principe une violation de l’embargo sur les armes des Nations unies. Tous les États membres des Nations unies devraient notifier toute fourniture d’assistance militaire au gouvernement congolais. Donc évidemment, ça n’a pas été le cas. Le Conseil de sécurité n’a pas ce constat, même si le personnel des Nations unies sur le terrain est informé pas seulement de cette présence aujourd’hui, mais aussi dans le passé.

Qu’est-ce que vous recommandez aujourd’hui ?

Il y a plusieurs niveaux de problèmes par rapport à la présence de l’armée rwandaise au Congo. Le premier, c’est le manque de transparence. Cette armée est là. On ne sait pas exactement combien ils sont, on ne sait pas non plus vraiment ce que ces militaires sont en train de faire. Mais ils mènent des opérations d’envergure sur le sol congolais depuis un certain temps, avec l’aval des autorités congolaises. Je pense qu’il serait beaucoup mieux si cette collaboration était officielle et pas tacite. Comme ça, on pourrait demander une certaine redevabilité. On pourrait savoir ce qu’ils font, combien ils sont et pourquoi ils sont venus opérer sur le sol congolais.

L’autre niveau de problème, c’est la manière dont ils opèrent en RDC. Par exemple, il y a des allégations crédibles de massacres conduits par l’armée rwandaise contre la population réfugiée rwandaise dans le territoire de Kalehe, des dependants de rebelles du groupe armé CNRD. Donc ce n’est pas seulement qu’ils sont là pour opérer contre les rebelles rwandais, mais cela a des répercussions considérables sur les populations civiles et réfugiées.

Source: RFI


 

RDC: Déo Rugwiza, directeur général de la DGDA est décédé.

Déo Rugwiza (à droite) lors d’un séminaire-atelier sur la procédure contentieuse le 01/04/2013 à Kinshasa, organisé par la Direction Générale de Douanes et accises(DGDA).

Le Directeur général de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), Déo Rugwiza Magera est mort mardi 14 avril la nuit à Kinshasa des suites d’une longue maladie.

Né le 1èr janvier 1949, à Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, M. Rugwiza était marié et père de plusieurs enfants. Il a fait ses études secondaires au collège Saint Paul et au Petit Séminaire Saint Joseph où il va sortir major de sa promotion avec 89%.

Il est licencié en Sciences Commerciales et Financières de l’Université de Lovanium et agrégé de l’enseignement Secondaire et Supérieur.

Agent à la Sidérurgie de Maluku, SOCIDER, il est passé cadre, haut cadre pour enfin devenir Directeur général de cette entreprise.

C’est en 2005 qu’il est nommé Directeur général des douanes de la RDC, une fonction qu’il va assumer avec rigueur jusqu’à sa mort.


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RDC: Coronavirus tue dans l’entourage de Félix Tshisekedi

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Monseigneur Gérard Mulumba.

Mgr Gérard Mulumba, chef de la maison civile et oncle du président  Félix Tshisekedi est  décédé ce mercredi 15 avril à Kinshasa. Il était atteint du Coronavirus.

Selon des sources familiales, Mgr Gérard Mulumba a été admis aux Cliniques Ngaliema à Kinshasa depuis plusieurs jours où il était diagnostiqué du Covid-19 et suivait des soins.

Frère d’Etienne Tshisekedi, il était évêque émérite du diocèse de Mweka dans la province du Kasaï ou il avait exercé pendant 28 ans.

Il avait été nommé l’an dernier chef de la maison civile du Président de la République.

radiookapi.net


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Rwanda: Pourquoi Ange KAGAME est la Vice-Présidente en exercice?

Dans son livre, “Failed States: The Abuse of Power and Assault on Democracy”; Noam Chomsky a noté: «Nous marchons donc, suivant nos dirigeants, vers un Armageddon de notre propre fabrication.» Avec la situation actuelle, le Rwanda se dirige vers Armageddon et tous les indicateurs sont devant nous, à l’exception des fanatiques aveugles qui supposent que le statu quo est tenable.

Maintenant, le pays a atteint un point où la fille de Kagame est responsable du bureau du président sans aucune annonce ou nomination officielle. Sauf qu’à la base, ce n’était pas à elle que ce rôle revenait.

En essayant de construire la dynastie Kagame, le dirigeant du Rwanda a d’abord focalisé sur son fils ainé, Ivan Cyomoro Kagame. Le criminel Paul Kagame admirait le modèle du Général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Museveni, et voulait qu’Ivan Cyomoro emprunte le même chemin.

Ivan Cyomoro a été enrôlé à la prestigieuse académie militaire de West Point – États-Unis en 2010, et en moins de six mois, il était sorti de l’académie militaire en raison du manque d’intérêt pour la vie militaire. Il s’est ensuite inscrit dans une université, et, après avoir obtenu son diplôme, le père a tenté à nouveau de relancer sa carrière militaire en le plaçant sous la tutelle du major Ronald Rwivanga (aujourd’hui lieutenant-colonel), qui était le chef des renseignements de la garde présidentielle. En 2014, Cyomoro a été envoyé en Corée du Sud pour une formation de trois mois en contre-espionnage. À son retour, il a été affecté au ministère de la défense dans le bureau du chef d’état-major, le général Patrick Nyamvumba.

Début 2016, le jeune homme en avait marre de la vie militaire; il n’était absolument pas intéressé et a cessé de se présenter au travail. À ce stade, il était déjà capitaine sans aucune formation ou expérience militaire appropriée. Actuellement, Ivan Cyomoro Kagame est aux États-Unis en tant qu’investisseur dans le commerce des actions et le blanchiment d’argent des richesses pillées de la République Démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda. Ses opérations commerciales se situent également en Angola et à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis où il gagne de l’argent dans le développement immobilier. Il ne s’intéresse absolument pas à l’armée, encore moins aux ambitions politiques.

Après avoir été déçu par son premier fils, Paul Kagame a cherché une autre alternative dans sa dynastie, le deuxième en ligne aurait été Ian Kagame. Malheureusement, en 2016, Kagame a appris que Ian Kagame n’est pas son vrai fils, plutôt, l’enfant de l’ambassadeur Eugène Gasana. L’ambassadeur Eugène Gasana a été menacé et a cherché la sécurité aux États-Unis.

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Paul Kagame et l’ambassadeur Eugène Gasana

Au sein du régime, l’Ambassadeur Eugène Gasana était considéré comme un super diplomate, détenant deux rôles diplomatiques clés en même temps: il était l’ambassadeur du Rwanda auprès de l’ONU, et ministre de la coopération internationale. Il était aussi en charge des actifs financiers et des intérêts commerciaux du criminel Paul Kagame dans l’hémisphère occidental. A son départ, l’ambassadeur Eugène Gasana a emporté avec lui la plupart des actifs financiers et des économies de Kagame, et aujourd’hui il bénéficie de la protection de l’autorité américaine en raison de la nature de menaces contre lui et sa famille immédiate.

Avec Ian Kagame étant hors de l’équation en raison de l’absence du sang “présidentiel”, Paul Kagame n’investirait pas beaucoup pour le troisième fils – Brian Kagame en raison de ses conditions médicales. Il serait injuste et immoral de discuter  l’état de santé de ce jeune homme, surtout qu’il n’est impliqué dans aucun rôle public ou gouvernemental.

Avec tous les garçons hors d’équation, Paul Kagame a focalisé et investi toute son énergie vers sa fille, Ange Kagame. Aujourd’hui, Ange Kagame tient les rênes du pouvoir au sein du “royaume”. Une jeune femme qui est totalement ambitieuse, vive, concentrée, impitoyable et désireuse de gouverner ou de prendre le pouvoir si l’opportunité se présente. Méfiez-vous de son visage de bébé, elle soutient totalement les meurtres et les pratiques autoritaires de son père, le président qu’elle s’apprête à seconder, voire remplacer.

Tous les employés du Village Urugwiro savent à quel point cette jeune femme peut aller et son impitoyabilité. Paul Kagame n’ayant personne d’autre qui gagne sa confiance, ne voulant pas laisser le pouvoir à son épouse, et les problèmes d’Ian Kagame toujours dans son esprit, Ange Kagame est de facto la Vice-Présidente en exercice.

https://rpfgakwerere.org


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“Évitez de copier les politiques anti-covid-19 occidentales” – La Banque mondiale met en garde les pays africains.

Le Groupe de la Banque mondiale admire la Tanzanie pour sa stratégie originale visant contenir la pandémie de COVID-19.  A la même occasion, la Banque a averti les États africains de ne pas copier et coller les pratiques et politiques occidentales pour limiter la propagation du COVID-19.

“Merci, Monsieur le président John Magufuli de n’avoir pas dupliqué les politiques mises en œuvre dans les pays avancés et certains pays à revenu intermédiaire, telles que collées par certains pays africains de la région”.

Le rapport  de l’ Africa’s Pulse intitulé “Assessing the economic impact of COVID-19 and Policy Responses in Sub-Saharan Africa (Évaluation de l’impact économique du COVID-19 et des réponses politiques en Afrique subsaharienne) publié hier a salué la Tanzanie comme l’un des meilleurs exemples pour ses approches stratégiques qui tiennent compte du meilleur de son économie politique et du bien- être de la société.

Avec 32 cas confirmés de COVID-19, 3 décès et 5 récupérations, la Tanzanie, contrairement aux autres pays africains, n’a pas bloqué les entreprises et ses citoyens. Le pays n’a pas non plus fermé ses frontières mais a lancé des tests stricts et une quarantaine de 14 jours pour toutes les arrivées.

Le rapport de la Banque mondiale met en garde contre les conséquences catastrophiques pour les pays subsahariens qui ont copié et collé des politiques anti-COVID-19.

“Face à une situation en évolution rapide avec une grande incertitude et tant d’inconnues, la plupart des gouvernements du monde entier ont repris des approches similaires pour contenir la pandémie de COVID-19”, indique le rapport.

Le rapport mentionne l’Afrique du Sud, le Ghana, le Rwanda et le Kenya, qui ont réagi rapidement et de manière décisive pour freiner l’afflux et la propagation potentiels du virus COVID-19, ce qui correspond très bien à l’expérience internationale émergente.

Le rapport avertit ces pays que la situation évoluant, il y a plus de questions sur l’adéquation et l’efficacité probable de certaines de ces politiques, par exemple le confinement strict.

Il conseille aux gouvernements africains de déployer une série de mesures d’urgence et les caractéristiques structurelles des économies africaines qui façonnent les réponses politiques conçues et mises en œuvre pour repousser COVID-19.

La Banque mondiale a donné plusieurs raisons pour lesquelles les politiques économiques mises en œuvre en Afrique subsaharienne devraient être différentes de celles adoptées dans les pays avancés et (certains) pays à revenu intermédiaire.

Premièrement, l’emploi informel est la principale source d’emploi en Afrique subsaharienne, représentant 89,2% de tous les emplois (OIT 2018). Hors agriculture, l’emploi informel représente 76,8% de l’emploi total. Sur la base du nombre d’entrepreneurs (travailleurs indépendants et employeurs) qui sont propriétaires d’unités économiques informelles, la grande majorité des unités économiques de la région sont informelles (92,4%). Les travailleurs informels ne bénéficient pas d’avantages tels que l’assurance maladie, l’assurance chômage et les congés payés. La plupart des travailleurs informels, en particulier les travailleurs indépendants, doivent travailler tous les jours pour gagner leur vie et payer leurs nécessités de base. Dans ces conditions, un confinement prolongé mettra en danger la subsistance de leurs ménages.

En outre, la majorité des travailleurs embauchés se trouvent dans une situation précaire, et la plupart de ces emplois sont temporaires et à faible rémunération, n’offrent pas de sécurité sociale et exposent les travailleurs à un risque accru de blessure et de mauvaise santé.

Deuxièmement, les petites et moyennes entreprises (PME), un important moteur de croissance dans les économies de la région, représentent jusqu’à 90% de toutes les entreprises et représentent 38% du PIB de la région. L’accès au financement est l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les PME en temps normal, la majorité de ces entreprises ne disposant pas du financement nécessaire pour se développer. Avant COVID-19, le déficit de financement pour les PME de la région était estimé à 331 milliards de dollars (IFC 2018).

Troisièmement, les préoccupations concernant l’impact économique négatif de l’épidémie de COVID-19 ont entraîné des baisses de taux d’intérêt dans plusieurs pays africains conformément aux mesures de politique monétaire dans le monde. Cependant, ce type de relance monétaire peut ne pas être efficace pour deux raisons:

  • la prévalence des effets de l’offre au niveau des mesures de confinement (c’est-à-dire une offre de main-d’œuvre réduite et des entreprises fermées, en particulier dans les secteurs à forte intensité de contact), et
  • la faible transmission monétaire dans les pays aux marchés financiers intérieurs sous-développés.

Les économies africaines doivent encore concevoir des voies politiques pour réaliser une croissance durable, une diversification économique et l’inclusion.

La durabilité économique des économies africaines dépend de leur capacité à transformer leur stock décroissant de richesse naturelle en d’autres immobilisations reproductibles telles que le capital physique, les infrastructures et le capital humain.

Les conclusions de l’impact de Covid-19 sur les économies africaines reposaient sur deux modèles à l’échelle de l’économie: un modèle macro-structurel, le modèle macroéconomique et budgétaire de la Banque mondiale, «MFMOD», et le modèle d’équilibre général calculable dynamique (MEGC) de la Banque mondiale ».

L’analyse s’est appuyée sur deux scénarios.  Le premier est un scénario optimiste qui repose sur les hypothèses selon lesquelles la pandémie culmine dans les économies avancées, que les mesures de confinement seront progressivement supprimées au cours des deux prochains mois, la pandémie s’estompe en Chine et les épidémies sont contenues dans d’autres pays et en Afrique subsaharienne.
Le deuxième est un scénario à la baisse qui suppose que l’épidémie de COVID-19 continue de peser sur l’économie au cours des troisième et quatrième trimestres de 2020 et jusqu’en 2021, car certaines mesures de distanciation sociale sont nécessaires pour maintenir la propagation du virus à des niveaux gérables.

Le rapport en anglais est téléchargeable ici 13358-African Pulse-April

Traduction libre par Chaste GAHUNDE


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L’espion rwandais, Capitaine BWITARE n’est plus

Un bonne nouvelle pour ceux qu’il chassait. Pour ceux qui l’ont envoyé aussi. Car, ils n’auront pas à s’expliquer,  comme il part avec tant de secrets qui devraient les incriminer dans l’avenir.

Le célèbre agent de renseignement extérieur, le capitaine Bwayitare, n’est plus. Son nom est Bwitare, prénom Eulade, connu dans le cercle du renseignement rwandais sous le nom de Bwayitare. Gradé Capitaine dans les Forces Rwandaises de Défense (FRD), il opérait sous la direction d’un service de suivi externe rattaché à la Direction du renseignement militaire (Directorate of Military Intelligence – DMI en sigle ), rebaptisé désormais renseignement de défense.

Le capitaine Bwitare faisait partie des impitoyables agents et l’une des rares personnes nées en République Démocratique du Congo (RDC) à être déployées dans le DMI du criminel Paul Kagame. Il était l’agent de confiance de Jack Nziza qui le surnommait «umucongo» (C’est-à-dire, Congolais). Pendant des années, le capitaine Bwitare a opéré directement sous les ordres du général de division Jack Nziza et du général James Kabarebe. Dans le domaine du renseignement extérieur, le capitaine Eulade Bwitare a participé à la planification, au suivi et exécution des plans d’élimination des opposants réels ou supposés. Plusieurs Rwandais innocents sont morts sous ses opérations.

Des sources dignes de confiance indiquent que lorsque sa santé a commencé à se détériorer, les services rwandais des renseignements extérieurs l’ont relocalisé en Belgique où ils l’auraient aidé à obtenir l’asile sous de fausses histoires et, de ce fait il était permis d’accéder à un système de santé gratuit de première classe.

En Belgique, le capitaine Eulade Bwitare a continué de coordonner les opérations de renseignement du DMI – collecte d’informations, surveillance et guidage des assassins de Kigali qui fréquentent l’Europe pour des opérations de ce genre.

L’on s’attendait à ce que le capitaine Bwayitare (Bwitare) abandonne ses crimes et essaie de se repentir de ses atrocités en matière de droits de l’homme, mais il a plutôt continué à coordonner les activités de renseignement DMI en Europe.

Parmi les cibles clés du capitaine Eulade Bwitare, il y avait, entre autres, le major Jean Marie Micombero, Seruga Titus, Rugema Kayumba, Alex Rudasingwa, Placide Kayumba,etc. Heureusement,  le capitaine part avant ses cibles clés.

En tant qu’ambassadeur du Rwanda en Belgique, Olivier Nduhungirehe a établi une relation de travail étroite avec le capitaine Bwitare et ils sont devenus de bons amis. Pour Olivier Nduhungirehe, c’était un mauvais week-end de Pâques, car cette mort est annoncée au moment où il venait d’être démis de ses fonctions.

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Dans la photo ci-dessous, en pull rouge, c’est Aimable Bayingana, un agent du régime notoire qui a été incorporé pour espionner ses compatriotes hutus. Au milieu, avec un pull blanc – Fidel Sugira, un agent basé en Norvège et le capitaine Eulade Bwitare dans une veste et un chapeau marron.

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Source: BWITARE est mort


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UN List of Suspected Congolese Civil War Criminals to Stay Secret

The UN High Commissioner for Human Rights declared in Kinshasa on Thursday that his office’s data base on suspected perpetrators of serious crimes committed in the Democratic Republic of Congo (DRC) from 1993 to 2003 will remain secret. He said this was because measures are lacking to protect victims and witnesses, but a senior UN official who wishes to remain anonymous claimed African countries are exerting pressure to stop the list being published.

In October 2010, the Office of the UN High Commissioner on Human Rights published its “Mapping” report on serious crimes committed in the DRC between March 1993 and June 2003. This 550-page document covers mainly the two Congo wars in which, between 1996 and 2003, as many as nine countries – Rwanda, Uganda, Burundi, Angola, Namibia, Zimbabwe, Chad, Libya and Sudan – were involved. It documents 617 serious incidents over a decade, including massacres and sexual violence, committed mainly by the Congolese army, foreign armies and rebel groups.

This report has fed a secret data base of suspected perpetrators of abuses, most of which could be categorized as war crimes, crimes against humanity and genocide. Congolese and international NGOs like Human Rights Watch and Amnesty International have frequently called for justice. Pressure is mounting. On March 8, International Women’s Day, an open letter entitled “No to impunity for rapes and massacres in the DRC” was submitted to Zeid Ra’ad al Hussein, the UN High Commissioner for Human Rights.

Massacres of Rwandan Hutu refugees in the DRC by Paul Kagame’s army

This letter signed by nearly 200 Congolese associations – whose October 20 petition gathered 450 signatures – calls for the “embargo” on the database to be lifted. Those supporting the call include gynaecologist Denis Mukwege, famous for his work treating thousands of rape victims in the eastern DRC, which has been unstable for 20 years. “Fighting impunity is a way to protect the women we look after, but also to bring peace,” he told JusticeInfo. “Wherever people have tried to make peace without justice, we can see that it has failed!

Caution

But the UN deems it too dangerous to reveal everything. “This case in particular must always be handled extremely cautiously,” Zeid Ra’ad al Hussein told the press on Thursday in Kinshasa. He said his office has “very sensitive information on a number of different investigations”. “Before disclosing the information to any judicial body investigating the alleged crimes, we need to make sure that there is adequate protection for witnesses and victims,” he continued. “If there is no framework for protection of victims and witnesses, we need to exercise caution.

Dr Mukwege understands these arguments but stresses that “perpetrators of these crimes must not be allowed to escape justice”. “We still need to launch a process fairly quickly to have a judicial body that can try these crimes – war crimes and crimes against humanity – that have been committed in the DRC,” he insists. His remarks come as people are still waiting for the DRC to set up special mixed courts with national and international judges and prosecutors to try the crimes committed in the 1990s in the former Belgian colony.

For the UN, keeping the database secret is also meant to prevent any interference with the administration of justice. In a response to the associations’ open letter, Zeid Ra’ad al Hussein says that unveiling the list could “contribute to the destruction of evidence and compromise future actions and initiatives, in particular trials aimed at holding the perpetrators of serious crimes accountable”. At UN headquarters in New-York, a senior official says that the deadlock is also the result of strong pressure from States.

So who is exerting pressure? According to him, African countries at the UN are “mobilizing to ensure that nothing is revealed `before being sure of the facts`, but in order to be sure of the facts, States need to launch investigations”. They are not in a hurry to do so. “Some States seem to think that [committing serious crimes] is part of war and that it’s a Western speciality to get upset about it,” he says. “Other States do not want their army’s image tarnished by these accusations. So it’s partly nationalism but also the desire to keep power, since they rely on the army to remain in government.”

Pressure from the DRC, Chad and Rwanda

He says States including the DRC, Chad and Rwanda “have all exerted pressure in different ways” to ensure that the list remains secret, including “threats” to withdraw troops deployed in UN peacekeeping missions or to “create administrative difficulties for UN agencies”. In this context and given the high stakes, he thinks it is unlikely the database will be published. “The issue is very sensitive,” he says. “It’s closely guarded, so unless there is a leak or a `UN Snowden`, it is unlikely the list will be revealed.”

Dr Mukwege regrets this pressure. “If we let it go on, it’s a way of saying also that someone else, another army, another organization can commit crimes and then use blackmail!” he says. “I do not think you can have a pretext for war crimes, crimes against humanity and crimes of genocide. There is no pretext. The day must come when the people who have committed these crimes in the DRC are brought to justice. That is the only way, the way that has been used across the world when war crimes and crimes against humanity have been committed. The DRC should not be an exception.

The database is nevertheless used in the wings. According to Zeid Ra’ad al Hussein’s letter, it has allowed “some prosecutions to be initiated” at the International Criminal Court (ICC), at foreign courts that can act under universal jurisdiction and Congolese courts such as the Military High Court. “But,” says the UN human rights chief, “these efforts at various levels are insufficient, and so we will persist in our work, notably through regular exchanges with the Congolese authorities.”

Source : justiceinfo.net


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Coronavirus : le confinement total, une mesure irréaliste dans de nombreux pays africains

Je sais que le coronavirus peut tuer. Mais si je reste à la maison pendant quinze jours sans travailler, je meurs aussi », explique un vendeur malgache à l’AFP. Une phrase qui illustre le dilemme africain. La réaction de cet homme est largement partagée sur tout le continent. Or, de plus en plus d’Etats imposent le confinement. Partiel comme au Nigeria, total comme en Afrique du Sud.

Au Nigeria, les aéroports de Lagos et d’Abuja la capitale sont fermés. Déjà, certains fonctionnaires sont priés de rester chez eux. Et Aisha Buhari, la première dame,  a réclamé l’arrêt total de l’activité  du pays. En Afrique du Sud, les autorités viennent de faire appel à l’armée pour faire respecter le confinement.

« Dans cette lutte contre la propagation du Covid-19, notre principal ennemi sera l’indiscipline et le non-respect des consignes de prévention », a souligné le président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, appelant à « l’union sacrée ».

Le poids de l’économie informelle

Mais tout n’est pas qu’affaire de discipline. Dans un continent où l’économie informelle est souvent capitale, rester chez soi c’est mourir de faim. Ainsi, en Afrique du Sud, « avec environ 20% de l’emploi total dans le secteur informel, rester à la maison avec un congé de maladie payé n’est pas une option, ce qui rend les appels à distance sociale irréalistes » explique Ayesha Jacub, médecin sud-africaine dans le Mail & Guardian.

« Cette mesure va poser un gros problème de survie pour presque tous les Africains, car ils sont obligés de travailler hors de chez eux, sans quoi, ils n’ont pas de quoi subvenir à leurs besoins. La plupart d’entre eux n’ont pas de réserves bancaires et ne feront pas de télétravail » explique Augustin Augier, directeur général de l’ONG Alima au journal La Croix.

Une mesure pour pays riches inadaptée ici

La romancière Calixte Beyala condamne ce qu’elle appelle « un mimétisme » avec les pays occidentaux. « Car la plupart des Africains vivent au jour le jour. Ils n’ont pas les moyens de s’approvisionner en nourriture pour une petite semaine ! Ils n’ont pas de frigo et, pour la plupart, pas d’électricité pour pouvoir se payer ce luxe qui certainement diminuerait le nombre de nos morts », explique-t-elle   sur sa page Facebook.

Et la vie suit son cours dans les bidonvilles surpeuplés de Johannesburg, constate le journal Sunday Times. Promiscuité, chômage, pas d’accès à l’eau, ni de sanitaires. « Si nous restons chez nous, nous mourons de privation bien avant que le virus n’arrive », prédit  le responsable d’une ONG locale.

Source : https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi: Rwanda: Mesures COVID-19, un copier-coller illogique.

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Rwanda: Covid-19, opportunité d’un changement politique?

C’est ce que les Rwandais anticipent. Et l’opposition politique s’engage dans ce processus afin que le pays ne plonge dans une autre tragédie due au vide de leadership. Avec la pandémie du COVID-19, les dégâts attendus sont aussi autres que sanitaires, les situations socio-économique et politique étant déjà très fragiles. Cette fragilité conjuguée aux mesures de confinement sans l’accompagnement qu’il faut, risque de provoquer les soulèvements populaires susceptibles de renverser le régime en place.

L’échec du gouvernement

En date du 21 mars 2020, le Premier Ministre, Dr Edouard NGIRENTE, a déclaré les mesures qu’il faut respecter afin de stopper la propagation du COVID-19. Bien qu’illégale et illogique, la déclaration du Premier Ministre a été effective 5 heures plus tard. Les mesures affichent un vide fatidique. Elles imposent aux citoyens de rester à la maison sans se soucier de la survie de ceux qui, habituellement, nourrissent leurs familles après avoir travaillé, et quotidiennement.  Même si les Rwandais sont naturellement solidaires, la responsabilité de l’Etat dans des moments comme ceux-ci ne peut pas être exclue, d’ailleurs , elle est obligatoire. Le gouvernement a raté l’occasion de démontrer ses capacités managériales, dans les limites établies par la loi. Malgré les dettes qui sont garanties au pouvoir au nom du COVID-19, il est important de remarquer que la solution ne viendra pas de là , et les conséquences socio-économiques seront énormes.

Si le confinement dure plusieurs semaines, un mouvement de “résistance” va se créer à partir de petits groupes de personnes qui défieront l’autorité au nom de chercher les nourritures. Les grands stocks de vivres seront visés et dévalisés suivis des résidences des hommes et femmes de la classe politique au pouvoir. Les leaders charismatiques émergeront de la masse qui, depuis longtemps aspire au changement, et exerceront la coordination des petits groupes, peaufinant le mouvement en une vrai lutte politique que le régime ne pourra contrer.

Les forces de l’ordre comprendront très vite l’échec du gouvernement et s’aligneront au mouvement. Les plus courageux assureront la protection du peuple contre quelques éléments restant fidèles au régime. Un haut gradé militaire pourrait déclarer un coup d’état pour restaurer l’ordre, lançant un appel aux forces vives de la nation pour former un gouvernement de transition, qui débouchera aux élections libres et un nouveau chapitre dans la politique rwandaise.

L’effet pangolin

Le potentiel changement politique du au COVID-19 est observable aussi par les grands centres d’études stratégiques. En date du 24 mars 2020, le Centre d’analyse et prospective stratégique (CAPS) a émis une note interne et confidentielle au cercle diplomatique français intitulée “L’effet pangolin” : la tempête qui vient en Afrique?” dans laquelle quelques scénarios sont considérés. Selon ce document qui parle du continent africain en général, les économies vont s’effondrer provoquant les émeutes qui feront tomber les régimes. Le document évoque une thèse, “le mort politique zéro ”  selon laquelle « Le risque d’infection d’un dirigeant âgé et souffrant d’autres pathologies pourrait avoir de lourdes conséquences et obligerait à se positionner clairement et rapidement sur la fin d’un système et sur une transition ».

« Anticiper le discrédit des autorités politiques signifie accompagner en urgence l’émergence d’autres formes d’autorités africaines crédibles pour s’adresser aux peuples afin d’affronter les responsabilités de la crise politique qui va naître du choc provoqué par le Covid-19 en Afrique… et sans doute ailleurs ».

Au vu de la situation au Rwanda, tout est possible. L’absence du président aux côtés du peuple, constitue un augure à ne pas négliger. Les manipulations des images faites par les services de renseignements dans le but de faire croire que Kagame est présent ne font qu’accentuer l’inquiétude et le sentiment que les citoyens du menu peuple sont abandonnés à leur propre sort.

Dans un pays où le président est considéré plus dangereux que COVID-19, l’opposition politique est appelée à jouer son rôle. La société civile doit sa contribution.

Chaste Gahunde


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