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Génocide au Rwanda : une historienne controversée se retire de la commission sur le rôle de la France

Au sein de la communauté scientifique, on n’hésitait pas à parler de “l’affaire Julie d’Andurain”. L’historienne militaire, membre de la commission chargée de faire la lumière sur le rôle de la France au Rwanda lors du génocide de 1994, est accusée de parti pris. La commission a annoncé samedi 14 novembre dans un bref communiqué qu’elle avait “pris acte” de “la décision” de l’universitaire française de “se mettre en retrait” des travaux.

Polémique après un article du “Canard enchaîné”

D’après le communiqué, cette décision a été prise le 25 août, mais n’a été rendue publique que près de trois mois plus tard. L’annonce survient après la parution fin octobre d’un article du Canard enchaîné qui a déclenché la polémique. L’hebdomadaire a exhumé un texte de l’historienne sur l’opération Turquoise lancée par la France au Rwanda de juin à août 1994. La professeure y estimait notamment que “l’histoire rendrait raison” au bilan de cette opération controversée.

Après la publication de l’article du Canard enchaîné, plusieurs chercheurs et universitaires avaient dénoncé les “erreurs”, le “parti pris”, voire le “négationnisme” du texte de Julie d’Andurain. Ils avaient estimé qu’il discréditait le travail de la commission.

Le rapport attendu début avril

“Cette mise en retrait volontaire signifie que madame d’Andurain ne consulte plus d’archives, qu’elle ne participe plus aux réunions d’équipe et qu’elle ne contribue pas à la rédaction du rapport”, a expliqué à l’AFP l’historien Vincent Duclert qui préside la commission. “Le rapport sera remis le 5 avril au président Macron, lequel le rendra aussitôt public avec l’intégralité des sources in extenso, comme cela a toujours été décidé et annoncé”, a assuré le haut fonctionnaire.

Mise en place en avril 2019 par Emmanuel Macron, cette commission indépendante de 15 membres doit examiner les archives françaises relatives à l’implication politico-militaire de Paris au Rwanda entre 1990 et 1994. Le chef de l’Etat s’était engagé à cet accès facilité à de tels documents, en mai 2018, lorsqu’il avait reçu le président rwandais Paul Kagame à l’Elysée.

Les zones d’ombre sur le rôle de la France dans le génocide rwandais empoisonnent les relations entre Paris et Kigali depuis plus de 25 ans. Parmi les points les plus disputés figurent l’ampleur de l’assistance militaire apportée par la France au régime du président Habyarimana de 1990 à 1994, ainsi que les circonstances de l’attentat qui a coûté la vie au chef d’Etat, le 6 avril 1994, et déclenché le génocide.

Source: https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/rwanda/genocide-au-rwanda/genocide-au-rwanda-une-historienne-controversee-se-retire-de-la-commission-sur-le-role-de-la-france_4181143.html

GIFR dénonce la complaisance du CAPS face à la dictature de Kagame

Communiqué N° GIFR 20-04-2020

Dans une note intitulée “L’effet pangolin : la tempête qui vient en Afrique ?”[1] et rendue publique par latribune.fr dans son édition du 01/04/2020, le Centre d’analyse, de prévention et de stratégie (CAPS) estime que la crise du Covid-19 pourrait être pour l’Afrique “la crise de trop, qui déstabilise durablement, voire qui mette à bas des régimes fragiles (Sahel) ou en bout de course (Afrique centrale)”.

Avant d’envisager des stratégies à adopter en cas de crise grave, d’effondrement des régimes politiques et des interlocuteurs pour la France, le CAPS établit une comparaison entre États dits fragiles (Sahel et Afrique centrale) et ceux considérés comme solides comme le Rwanda et le Sénégal.

Les membres du GIFR, Groupe d’Initiatives France Rwanda, apprécient la pertinence et l’opportunité de cette analyse qui vient à point nommé. Ils déplorent cependant son aveuglement vis-à-vis du Rwanda quand elle suggère à la France d’envisager des stratégies à adopter en cas de crise grave et d’effondrement des régimes politiques. Il est stupéfiant de voir une note du CAPS qualifier le Rwanda d’”État solide”. Les effets de cette manipulation scandaleuse ne se sont pas fait attendre car, au lendemain de cette sortie, l’Elysée a invité le dictateur Paul Kagame à participer à la vidéo-conférence dédiée aux chefs d’États africains triés sur le critère de viabilité de leur pays respectif. Or, personne au CAPS n’est en droit d’ignorer la situation qui prévaut dans ce pays sur les plans politique et socio-économique.

Politiquement, le Rwanda connaît une situation on ne peut plus explosive due non seulement à une gouvernance autocratique, au non-respect des libertés les plus fondamentales de la personne humaine mais aussi à des relations tendues avec ses voisins notamment l’Ouganda et le Burundi. La terreur qui règne dans le pays conduit d’innombrables ressortissants rwandais à prendre le chemin de l’exil pour ne pas être tués ou arrêtés arbitrairement. Si les plus chanceux peuvent prétendre à l’asile politique dans les pays lointains d’Asie, d’Europe et d’Amérique, le plus grand nombre s’entassent dans les pays de la sous-région comme l’Ouganda, le Burundi, la Tanzanie et le Kenya.

Ne pouvant se résoudre à une vie de misère, désireux de rentrer dans leur pays quel qu’en soit le prix, beaucoup de rwandais de l’extérieur ont déjà opté pour l’usage de la force en vue de renverser le pouvoir du FPR.

En définitive, parler de solidité pour un pays qui vit perpétuellement sous la menace d’une attaque armée nous parait quelque peu erroné.

La fragilité du pays réside aussi dans les inégalités chroniques entre différentes couches de la population rwandaise. La gestion calamiteuse des ressources, l’appropriation illégale des biens par les oligarques du pouvoir ont créé deux principales catégories dans le pays : une classe aristocratique qui vit dans une insolente opulence et une majorité de la population qui vit dans une misère sans précédent. Si rien n’est fait pour redresser la barre, pour arrêter les injustices, il est à craindre que, à la longue, la population se soulève contre ce pouvoir qui la maintient sous le joug. Cela constitue à nos yeux une sorte de bombe à retardement qui ne permet pas de classer le Rwanda parmi les pays solides en Afrique.

A la lumière de ces quelques éléments de mise au point, nous appelons les autorités diplomatiques de la France à revoir leur copie d’analyse en ce qui concerne le Rwanda, à classer le régime parmi les plus fragiles et à en tirer toutes les conséquences.

Le Groupe d’Initiative France-Rwanda, GIFR en sigle

Paris 20 avril 2020

[1] https://www.latribune.fr/economie/international/comment-la-france-imagine-une-possible-implosion-de-l-afrique-face-au-covid-19-844055.html

 

Colloque de l’Afrique des Grands Lacs au Sénat: Charles Onana répond !

Colloque de l’Afrique des Grands Lacs au Sénat: Charles Onana répond !

Sénat français, le colloque sur l’Afrique des Grands Lacs a subi des pressions mais a eu lieu. Journaliste et politicologue, Charles Onana est un panafricaniste avéré et digne fils d’Afrique, Charles Onana a braqué ses projecteurs sur les morts en RDC. Il est devenu l’ambassadeur itinérant et plénipotentiaire des victimes congolaises du régime dictatorial du Rwanda. Il a été orateur au Sénat.

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Journaliste et politicologue, Charles Onana (à gauche) a mis vingt-ans de sa vie pour ses investigations sur l’Afrique des Grands Lacs. Il en est l’un des experts. Personne ne nie qu’il y a eu génocide au Rwanda en 1994. Panafricaniste avéré et digne fils d’Afrique, Charles Onana a braqué ses projecteurs sur les morts Congolais. Il est devenu l’ambassadeur itinérant et plénipotentiaire des victimes congolaises du régime dictatorial du Rwanda. Paul kagamé et ses affidés européens et anglo-saxons ont “boutiqué” l’histoire du génocide au Rwanda. Ce génocide rwandais est devenu un fonds de commerce pour Paul kagamé, qui le brandit pour culpabiliser le monde entier d’avoir laissé faire. C’est son faire valoir. C’est l’histoire des vainqueurs.

Or il s’est avéré que le même Paul Kagamé qui crie au génocide pour son peuple, uniquement des Tutsi, pas des Hutus ni des Twa, commet des crimes de sang, crimes de génocide et crimes contre l’humanité en République démocratique du Congo. Mieux, Kagamé pille et recel les ressources du Congo en toute impunité. Ayant culpabilisé le monde entier, les crimes de Kagamé sont tus, ignorés et oubliés. Et Charles Onana à la manière d’Emile Zola au cours de l’affaire Dreyfus dit: “J’accuse Paul Kagame de massacrer les populations congolaises pour piller les ressources du Congo”.

Cela choque et gène, tous ceux qui ont bâti le château des cartes de Paul Kagamé sur des mensonges et manipulations. A la différence de Pierre Péan, Charles Onana est un africain, on ne peut donc pas l’accuser de raciste. Et donc on l’accuse d’être “Négationniste” ! Simplement parce qu’Onana a choisi d’écrire l’histoire avec les lunettes du gibier pas avec celles du Chasseur. Sauf que dans les pays des Grands Lacs: prédateurs, pillards, receleurs et chasseurs sont nombreux. Les victimes, plus de 12 millions de morts uniquement en RDC, les Hutus et Twa Rwandais sont décimés, on regarde ailleurs. Un mort est un mort qu’il soit Congolais, Hutu, Tutsi ou Twa dans les pays des Grands Lacs. Charles Onana a été l’un des intervenants du Colloque sur l’Afrique des Grands Lacs au Sénat francais , le lundi 9 mars dernier…colloque que le président du Sénat rwandais et plusieurs associations tutsies rwandaises ont réclamé l’annulation. Le Colloque a bien eu lieu.

1. Réveil FM International: Le palais du Luxembourg, siège du sénat français était imprenable avec le colloque sur l’Afrique des Grands Lacs, le lundi 9 mars. Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères a même dit que jamais le sénat n’avait subi autant de pressions extérieures pour l’annulation de ce colloque…

Charles Onana: Oui, la campagne contre ce colloque sur la tragédie des Grands Lacs africains a été d’une violence et d’une agressivité inouïes. Il s’agissait pourtant d’un simple débat intellectuel qui regroupait des chercheurs européens, africains et nord-américains très compétents et très qualifiés que l’on n’a pas l’habitude d’entendre. L’assistance était composée de chercheurs, de sénateurs, de diplomates, de députés, d’anciens ministres, de responsables politiques, de militants associatifs et de citoyens africains et français de tous bords. C’était un grand moment d’échanges, très civilisés et de réflexion intellectuelle de haut niveau. Mais ce n’est pas nécessairement ce qui ressort du compte rendu des médias en général.

2. Réveil FM International: Aucun média n’a relayé ce que vous avez dit au sénat.. qu’avez réellement dit dans votre intervention ?

Charles Onana: Je crois que certains ont des difficultés à reprendre mes propos tellement ils s’obstinent à dresser de moi un portrait peu flatteur comme le leur demandent les amis du régime de Kigali. Mon propos s’inscrivait plutôt dans le prolongement de ma démarche scientifique relative à mon livre sur l’opération Turquoise. J’ai d’abord précisé que depuis vingt-cinq ans, les accusations contre l’opération Turquoise étaient d’une pauvreté affligeante et que les assertions des accusateurs ne résistaient pas à l’examen des faits et des preuves. J’ai également rappelé que j’avais minutieusement examiné les archives émanant du Conseil de sécurité pendant dix ans et ce que j’ai découvert m’a donné le vertige.

Contrairement à ce qui a été dit et écrit depuis plus de deux décennies, le conseil de sécurité ne s’est jamais désintéressé du Rwanda ni des Rwandais en 1994 mais c’est le FPR de Paul Kagame qui a écrit, entre avril et juin 1994, plusieurs lettres au président et aux membres du Conseil de sécurité pour exprimer son refus catégorique d’une intervention multinationale permettant de mettre fin aux massacres et au génocide. Cette découverte m’a bouleversé. L’existence de ces lettres de la rébellion est une bombe sur le plan scientifique et elle remet en cause l’histoire officielle telle qu’elle est racontée depuis vingt-cinq ans.

3. Réveil FM International: L’hommage à Pierre Péan, grand journaliste Français d’investigation dont vous avez repris le flambeau, doit vous honorer…

Charles Onana: Un hommage a effectivement été rendu à Pierre Péan par Judi River et moi-même car il a été très violemment attaqué, lui aussi, par ceux qui sont hostiles à la vérité et aux révélations qu’il avait apportées dans le dossier de la tragédie des Grands Lacs. Il a fait le travail que peu de journalistes ont eu le courage de faire. En cela, il a fait honneur à toute la profession.

4. Réveil FM International: Que répondez vous à ceux qui vous accuse d’être “Négationniste » ?

Charles Onana: Je n’ai pas de temps à consacrer à des individus qui sont spécialisés dans l’invective et refusent le débat scientifique. Dire de quelqu’un qui publie un livre que personne n’a d’ailleurs attaqué devant les tribunaux qu’il est « négationniste » n’apporte rien au progrès de la connaissance sur les événements du Rwanda et sur ce qui se passe au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) depuis 1994. Ceux qui me qualifient ainsi sont précisément ceux qui nient l’extermination des millions de Congolais, des Twa, des Hutu et aussi de Tutsi au Rwanda et au Zaïre par les troupes de Paul Kagame. Qui est donc « négationniste », eux qui nient ces victimes ou moi qui apporte les preuves des crimes commis par le « camp des vainqueurs » ? En fait, ces soutiens inconditionnels de criminels contre l’humanité attribuent à des auteurs ou à des responsables politiques un qualificatif qui pour moi relève du même mépris et de la même arrogance avec laquelle ils traitent les victimes congolaises et rwandaises.

5. Réveil FM International: Vous n’avez jamais tué personne, ni fait un coup d’État en Afrique ni envahi un autre pays africain pour piller ses ressources, pourquoi faites-vous peur ? Pourquoi cette volonté de vous bannir dans l’espace francophone ? Vous donner la parole, c’est s’attendre aux ennuis ?

Charles Onana: Manifestement, des messages circulent dans plusieurs rédactions parisiennes interdisant de m’inviter surtout dans les médias publics. Il n’y a toutefois aucune restriction, dans les mêmes médias, envers ceux qui défendent le régime rwandais et qui me traitent de tous les noms d’oiseaux. Je n’écris pourtant que des livres très appréciés du public des Grand lacs africains et je fais simplement de la recherche scientifiques avec un certain niveau d’exigence et de probité. Je crois que les livres et les auteurs qui osent examiner les choses en profondeur sont en principe « dangereux », d’après certains régimes criminels et leurs sympathisants. Aller en profondeur, c’est aussi porter la lumière là où certains préfèrent absolument conserver l’obscurité et le silence de leurs cadavres. Tenter d’apporter des preuves du mensonge là où certains refusent qu’on les montre est effectivement propice aux ennuis.

6. Réveil FM International: Le colloque Afrique des Grands lacs a eu lieu, quelle suite donner à cette rencontre ?

Charles Onana: Une suite qui viserait à cesser de se soumettre intellectuellement au discours officiel de la tragédie rwandaise. La suite serait de ne plus accepter que l’on prétende que le génocide du Rwanda a eu des conséquences non prévues en République Démocratique du Congo (RDC). C’est inexact ! Le drame du Rwanda visait l’invasion et le pillage du Congo. Les preuves existent. Il est donc urgent de réexaminer ce discours stigmatisant, continuellement méprisant et discriminant envers les autres victimes de la tragédie des Grands Lacs. Il faut faire entendre les voix de toutes les victimes : Hutu, Twa, Tutsi et Congolais, tués par les troupes de Paul Kagame au Rwanda et en RDC. C’est une exigence intellectuelle, humaine et scientifique que de refuser de trier dans les charniers. Fléchir et ramper devant les pressions d’une caste de criminels contre l’humanité ou de leurs thuriféraires est une renonciation à notre propre humanité. Tous ceux qui furent tués au Rwanda et en RDC méritent, sans discrimination ni restriction, d’être considérés et respectés. Je ne trie pas les morts Tutsi, Hutu et Twa. De même qu’on ne saurait, pour un enfant né d’un parent Tutsi et d’un parent Hutu et qui a perdu ses deux parents en 1994, s’intéresser à une seule partie de sa famille et considérer que l’autre n’existe pas.

7. Réveil FM International: On dit que vous êtes le chouchou des Africains silencieux, la prunelle des yeux des Congolais l’avez-vous ressenti au Sénat ?

Charles Onana: En tout cas, j’ai le sentiment d’avoir fait mon travail de façon honnête et avec humilité. Je n’ai jamais prétendu détenir la vérité, loin de là. Mais les lecteurs sont ravis et me disent merci d’avoir osé. Ils connaissent bien les enjeux qui pèsent sur ce dossier. Les milliers de femmes violées de la RDCongo en savent quelque chose. J’ai rencontré des lecteurs et lectrices venus de loin, du Canada et même d’Afrique pour ce colloque. C’est dire son importance. Les organisateurs de la rencontre du Sénat ont réussi leur pari. En plus d’ouvrir un débat démocratique et intellectuel d’une grande tenue, ils ont aussi posé un acte de catharsis. Les victimes congolaises ont eu droit à la parole qu’on leur refuse. Les visages, tantôt émus tantôt souriants, exprimaient une grande satisfaction. L’ambiance était chaleureuse et les poignées de mains franches. Dans les médias, on avait plutôt annoncé un « colloque de la honte » et « de la haine » ou du « négationnisme ». Il n’y a rien eu de tout cela. Et c’est dommage que les médias soient passés, une fois de plus, à côté de la réalité en restant sur leurs préjugés plutôt que de rendre compte en toute objectivité.

8. Réveil FM international: Il y a un procès au pénal contre vous pour avoir nié le génocide des Tutsi. Etes-vous déjà fixé ?

Charles Onana: N’importe quoi ! Le ridicule ne tue pas et que rien ne les arrête dans la diffusion du mensonge… Ils seraient bien inspirés de s’intéresser à la situation dramatique de mon ami Déo Mushayidi, victime Tutsi du génocide de 1994, condamné à perpétuité parce qu’il a réclamé, comme moi, vérité et justice pour les Tutsi et les Hutu. Demandez à tous les journalistes et associations qui ont diffusé cette rumeur à quelle date se tient le procès ? C’est hallucinant ! Ce sont des méthodes de voyous. Le droit français reste tout de même précis. Vous aurez remarqué qu’ils m’ont même baptisé « Adrien » pour l’occasion. Je n’ai jamais vu ce prénom dans mes papiers d’identité. Cela vous donne une idée du niveau de rigueur de ceux qui me poursuivent. S’ils en sont à ne même pas savoir comment je m’appelle alors que mon nom est sur tous mes livres, je serais tenté de dire qu’ils vont jusqu’à nier publiquement le nom que m’ont donné mes parents… N’est-ce pas du « négationnisme » ça ?

9. Réveil FM International: 20 ans de votre travail sur les Grands Lacs pour que seulement aujourd’hui la vérité commence petit à petit à faire son chemin…avec la conséquence de votre diabolisation…

Charles Onana: Souvenez-vous que Mandela fut longtemps traité de « terroriste » avant que le monde entier le traite de « Grand homme » ou de « démocrate », Martin Luther King était aussi présenté comme un homme « dangereux pour la sécurité de l’État » simplement parce que ces gens réclamaient la vérité et la justice dans leur pays. Moi je n’ai ni la taille ni le niveau de combativité de ces illustres personnalités. J’écris simplement des livres en apportant généralement des preuves sur ce que j’avance. Ce sont ces preuves qui permettent d’expliquer et de comprendre l’origine ou la cause principale de la tragédie du Rwanda et du Zaïre. Ce sont les même preuves qui me valent toutes les insultes, attaques et autres dénigrements. J’ai découvert des documents que je ne devais pas découvrir, des documents qui devaient rester cachés pour toujours au Conseil de sécurité. Voilà mon crime !

10.Réveil FM International: Êtes-vous en sécurité ? Vous sentez-vous menacé ?

Charles Onana: Je suis serein.

 

Freddy Mulongo

Source: Mediapart 


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La France demande à ses ressortissants de quitter le Rwanda immédiatement.

L’ambassade de France au Rwanda appelle les touristes français sur le territoire rwandais à  regagner la France immédiatement. L’ambassade fait suite au discours du président Emmanuel Macron tenu le lundi 16 mars 2020 au sujet de la pandémie Coronavirus , COVID-19.

Dans le but de faire face à la pandémie,  la France a mis en place de mesures drastiques et a mobilisé les ressources conséquentes car “on est en guerre” a dit Monsieur Macron. Dans son discours suivi par plus de trente millions de téléspectateurs, le président de la France a demandé aux résidents, entre autres d’éviter les déplacements sauf pour des raisons importantes inclus faire des courses, aller au boulot uniquement si le travail est indispensable à la vie du pays et que le télétravail est impossible. Une attestation sur l’honneur devra être signée et portée par la personne souhaitant sortir. Ces mesures seront de rigueur pendant au moins 15 jours.

Les mouvements entre l’espace Schengen et son extérieur sont interdits jusqu’à nouvel ordre. Mais les Français souhaitant rentrer chez eux seront assistés par le gouvernement.

L’ambassade de France à Kigali exécute.

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Cette décision est à  saluer car, non seulement le Rwanda n’a pas assez de moyens et de systèmes efficaces pour répondre à ce genre de crises, mais aussi apparemment le gouvernement n’est pas transparent dans la communication des statistiques de la propagation de la  pandémie sur le territoire rwandais.

Chaste GAHUNDE


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Rwanda: la langue de Molière toujours tenue à l’écart !

Malgré son statut de membre de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), le Rwanda ne fait aucun effort pour donner la place à la langue française qui pourtant est désignée par la Constitution comme langue parlée ( avec l’anglais et le Kinyarwanda). Le Rwanda a le privilège de diriger l’OIF, un choix qui a laissé pas mal d’observateurs en état de choc.

En effet, à la veille  de la nomination de la rwandaise Louise Mushikiwabo en tant que secrétaire générale de l’OIF, l’indignation  était totale. Le Rwanda est accusé entre autres de graves crimes contre l’humanité et les abus de pouvoir contre les droits de l’homme. La liberté d’expression,  le droit à la vie et à la propriété privée, l’état de droit, sont bafoués aux yeux de la communauté internationale qui semble hypnotisée par ce comportement inédit d’un régime irrespectueux de tout.

Pourtant,  tous ces abus étaient ignorés sous le même prétexte que celui avancé lors de l’adhésion du Rwanda à l’organisation des pays anciennement colonisés par le Royaume Uni: donner la chance au Rwanda est un appel à l’action, lui donner des responsabilités , c’est le forcer à se conformer aux principes de l’organisation.  Ceci n’est forcément pas une mauvaise idée  sauf que ça ne marche jamais avec Kagame et son système. Kagame vous fera croire qu’il est de même logique que vous, mais il attendra un moment propice pour tricher et vous decevoir.

Ainsi, même après avoir réussi à “infiltrer” Louise Mushikiwabo dans Paris pour cottoyer les influents francophones et plaider en faveur de son ancien maître, la langue française est toujours absente que ce soit dans l’éducation, sur les sites web du gouvernement ou dans les communiqués et décrets dans l’administration publique.

A ce sujet,  Louise Mushikiwabo semble en avoir marre et se révolte.

 

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C’est en réagissant au communiqué du ministère de la santé au sujet des mesures prises contre la pandémie COVID-19. Elle s’en félicite en ajoutant un hashtag “en français s’il vous plait”.

Quoiqu’on fasse la langue de Molière reste négligée non pas par ce qu’elle est moche ( moi je la trouve douce, délicieuse et surtout romantique) mais parce que la clique dirigeante du pays n’en pige que dalle.

Chaste Gahunde.


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Paul Kagame dans les bras du terrorisme international ?

RWANDA. PAUL KAGAME DANS LES BRAS DU TERRORISME INTERNATIONAL ?

Dans son édition du 22 janvier 2020, le journal chimpreports.com révélait la présence à Kigali de Moustapha Ould Limam Chafi, bien connu pour son financement du terrorisme international. Ce mauritanien est recherché activement par les services secrets occidentaux, notamment français et américains. La Mauritanie a également lancé un mandat d’arrêt international contre son ressortissant pour le financement d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique), un mouvement terroriste opérant dans les pays du Sahel.

Le 21 avril 2019, Moustapha Chafi était parmi les hautes personnalités venues accueillir l’émir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, à l’aéroport de Kigali.

Cette présence de Moustapha Chafi parmi les plus hautes personnalités rwandaises venues accueillir un hôte de marque est révélatrice du degré de relations étroites entre lui et le président Paul Kagame.

En effet, pour être aligné parmi les VIP devant saluer un Chef d’Etat à sa descente d’avion, il faut montrer patte blanche. Il faut être dans le cercle restreint du pouvoir en place pour fouler le tapis rouge destiné aux hôtes de marque. Au Rwanda, Moustapha Chafi a acquis ce statut. A en croire le journal medium.com, Moustapha Chafi voyagerait sur passeport diplomatique rwandais.

Une photo prise à l’occasion de cette visite montre Moustapha Chafi serrant chaleureusement la main de l’émir du Qatar, un signe qui ne trompa pas non plus sur leurs accointances. Or, le Qatar, malgré ses dénégations, est pointé lui aussi du doigt pour son rôle dans le financement du terrorisme international.

Au Rwanda, le Qatar a raflé tous les bijoux de famille non seulement par la signature des accords dans des domaines vitaux de l’économie rwandaise : tourisme, commerce, investissements, et surtout en achetant, monnaie sonnante et trébuchante, l’aéroport international du Bugesera et Air Rwanda, la société des transports aérien du Rwanda.

Les relations du président rwandais et les milieux terroristes sont motivées, à la base, par la recherche effrénée de l’argent. Pour son goût démesuré du lucre, Paul Kagame n’est pas à son premier coup, pris la main dans le sac en train de s’acoquiner avec les parrains du terrorisme international.

En guise d’illustration, citons le cas de Victor Bout. Arrêté en Thaïlande en 2008, ce « marchand de mort » (Lord of War) russe est emprisonné actuellement aux USA où il a été condamné à 25 ans de prison pour terrorisme. En 1996-1998, lors de la guerre du Congo, Victor Bout avait mis ses avions au service de Paul Kagame pour transporter les minerais pillés au en Rd-Congo vers le Rwanda. Victor Bout appartenait à un de ces réseaux criminels transnationaux entretenus par Paul Kagame et ses proches. Les relations entre Paul Kagame et Victor Bout portaient entre autres, selon les rapports de l’ONU (S/2000/203 du 10 mars 2000 et S/2002/1146 du 21 octobre 2002), sur la fourniture d’armes et la vente de diamants. Bout a séjourné à plusieurs reprises au Rwanda. Il fournissait les armes également au RCD-Goma, une autre création du Rwanda.

Victor Bout étant quelqu’un qui mange à tous les râteliers, il entretenait également des amitiés avec des réseaux terroristes à qui il vendait du matériel militaire.

Un autre cas et non des moindres est le cas de Jamil Mukulu. Chef des ADF, Mukulu a été à la tête d’un groupe islamiste opérant dans la région de Béni en RD-Congo. Ce mouvement est supposé combattre le pouvoir de Yoweri Museveni en Ouganda. Au lieu de cela, il a servi de couverture aux militaires de Paul Kagame et à d’autres mouvements qu’il entretient pour semer la désolation dans cette partie du Congo. Cela est d’autant plus vrai que Jamil Mukulu avait à sa disposition des gardes de sécurité lui donnés par Kigali et il sillonnait la région des Grands Lacs avec un passeport diplomatique rwandais. Jamil Mukulu a été intercepté en Tanzanie en 2015 et est en prison en Ouganda.

Gaspard Musabyimana
28/01/2020

Source: www.echosdafrique.com

L’Élysée rend hommage à Pierre PEAN

L'ELYSEE REND HOMMAGE À PIERRE PÉAN

Décès de Pierre Péan

Pierre Péan, l’un des plus grands journalistes d’enquête français, nous a quittés hier.

Il incarnait la grande tradition du journalisme d’investigation quoiqu’il ne goutait guère ce mot dans lequel il décelait des accents inquisitoriaux.

Cet amoureux de Tintin était, comme son idole, toujours en reportage. Il menait de longues enquêtes avec patience et passion, avec le souci constant de l’expertise et de la justesse. Puis il publiait le fruit de ses recherches dans des ouvrages qui furent régulièrement de grands succès de librairie, d’autant que son écriture les rendait aussi haletants que des romans policiers.

Pierre Péan avait signé sa première grande révélation dans les pages du Canard enchaîné : c’était l’affaire des diamants qu’aurait offert le dictateur centrafricain Bokassa à Valéry Giscard d’Estaing.

Spécialiste de l’Afrique, il publia aussi Affaires africaines sur les relations entre la France et le Gabon et Noires fureurs et Blancs menteurs au sujet du génocide rwandais dans lequel il remettait en cause les accusations portées contre le gouvernement français.

Pierre Péan s’intéressait également aux coulisses des médias, enquêtant aussi bien sur TF1 que sur Le Monde.

Il n’hésitait pas non plus à sonder les parcours des personnalités politiques les plus éminentes. C’est avec Une Jeunesse française, son enquête sur le passé trouble de François Mitterrand durant l’Occupation, qu’il connut son succès le plus retentissant. Il y révélait que celui qui était encore Président de la République avait d’abord frayé avec le Régime de Vichy avant de rejoindre le chemin de l’honneur et de s’engager dans la Résistance.

Mais jamais Pierre Péan ne cherchait à s’ériger en procureur, encore moins en moraliste. Il lui importait trop de restituer toute la complexité des êtres et des situations. Sa boussole, c’était la vérité des faits. Son cap, la vérité tout court.

Farouchement libre et indépendant, rétif aux sujets en vogue et aux modes médiatiques, il n’avait jamais peur de soulever les couvercles qui recouvrent parfois les événements du passé, la marche des Etats et la vie des puissants. Mais il avait aussi le respect du secret défense et savait que la transparence absolue pouvait devenir une tyrannie.

Lui qui exerçait un journalisme aussi exigent que patient, qui menait des enquêtes au long cours, craignait la servitude de la vitesse qui s’est abattue sur nos sociétés contemporaines et s’inquiétait de la dérive des temporalités médiatiques qui tendent à clouer toute information à ce qu’il avait appelé le « pilori de l’instantané ».

L’œuvre de journalisme qu’il a bâtie en plus de 50 années de carrière a révélé des trésors d’informations. Elle constitue aujourd’hui un héritage plein de leçons pour les temps présents.

Le Président de la République salue la quête inlassable de vérité de Pierre Péan et adresse à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui ont travaillé avec lui ses respectueuses condoléances.

Kagame, le nouvel ami encombrant du Président Macron

KAGAME-MACRON

La vérité d’un homme ne se montre parfois qu’aux initiés qui connaissent la portée de certains gestes. L’engouement récent d’Emmanuel Macron pour un personnage aussi trouble que le président du Rwanda, Paul Kagame, détonne singulièrement par rapport à l’image de modéré, libéral, défenseur des droits de l’homme qu’il se donne par ailleurs. Les évènements qui se sont produits au Rwanda depuis 1990 sont mal connus des Français lesquels, non sans un zeste de racisme, trouvent normal que les Africains se massacrent entre eux et ne se préoccupent pas de rechercher qui est responsable de quoi.

Qui est Kagame ?

La meilleure manière d’appréhender en termes simples les évènements du Rwanda est de se référer à Aristote :

« Dans les oligarchies, c’est la masse des citoyens qui se soulève, comme étant victimes d’une injustice du fait que leur part n’est pas égale à celle des  autres, dont ils se considèrent pourtant les égaux, alors que dans les démocraties, au contraire, ce sont les notables qui se révoltent, parce que leur part est seulement égale aux autres alors qu’ils ne se considèrent pas comme leurs égaux. » (Politique V,3).  

La révolte de la masse, c’est ce qui s’est passé au Rwanda en 1961, celle des notables, ce qui s’y est passé à partir de 1990. Très ancien royaume africain où, depuis des siècles, une minorité d’éleveurs-guerriers, les Tutsis (environ 10 % de la population en 1990, moins aujourd’hui), dominait une majorité de cultivateurs bantous (houtous[1]), le Rwanda a vu à l’indépendance en 1961, la majorité prendre le pouvoir, par application de la règle démocratique, le tiers  environ des anciens maîtres tutsis s’exilant en Ouganda ou en Europe (où ils constituent un lobby puissant). A partir de 1990, l’un de ces exilés, Paul Kagame a entrepris, à partir de l’Ouganda voisin, de restaurer le pouvoir de la minorité tutsie avec une armée d’exilés (Front patriotique rwandais) bien équipée par les Anglo-Saxons. Le 6 avril 1994, l’avion transportant les deux présidents houtous du Rwanda et du Bouroundi était abattu sur ordre de Kagame, selon des témoignages aujourd’hui irrécusables[2]  :  affolés, les Houtous en déroute se mirent à massacrer la minorité tutsie restée dans le pays, ce qui n’empêcha pas la victoire totale de Kagame. Ces massacres du Rwanda du printemps et de l’été 1994 ont fait entre 500 000 et 800 000 morts, probablement en majorité tutsis bien que l’armée de Kagame ait aussi massacré beaucoup de houtous au fur et à mesure qu’elle avançait dans le pays.

Une fois la capitale Kigali prise, cette armée partit très vite au Congo voisin à la poursuite des houtous en fuite, qualifiés, de « génocidaires » – même les enfants pas encore nés au moment des faits !  Selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations-Unies[3], ces opérations de représailles ont entrainé la mort  de 4 millions de personnes, rwandais houtous réfugiés ou congolais, non seulement dans la province frontalière du Kivu mais dans tout le Congo ex-belge.  Les troubles qui se produisent aujourd’hui au Kasaï en sont la suite.

Kagame a certes sauvé du massacre une petite partie ses congénères tutsis encore en vie à l’intérieur du Rwanda, la seule chose que retient la communauté internationale dûment désinformée. Il n’en porte pas moins une   responsabilité écrasante pour l’ensemble de la tragédie : en envahissant le pays sans aucune légitimité autre que d’appartenir à l’ancienne élite, ce qui est la cause première de tous les évènements, en massacrant les houtous au fur et à mesure de son avancée dans le pays, en abattant l’avion des deux présidents, attentat qui a déclenché les premiers massacres et en opérant des massacres de représailles bien plus graves encore au Congo.

On peut dire que Paul Kagame est au total le responsable direct ou indirect de la mort de près de 5 millions de personnes.

Il faut ajouter que depuis vingt-cinq ans qu’il est au pouvoir, Kagame a pris la France pour cible : sa prise de pouvoir avait déjà signifié pour notre pays la perte de toute influence dans la région des Grands lacs et même au Congo-Kinshasa (ex-Zaïre) ; il n’a cessé d’accuser de complicité de crime les soldats français de l’opération Turquoise arrivée au Rwanda en juillet 1994 sur mandat de l’ONU pour tenter de limiter les dégâts, accusation sans aucun fondement.  Il a remplacé le français par l’anglais comme langue officielle et adhéré au Commonwealth.

« Poignez vilain, il vous oindra »

Voilà le sinistre personnage auquel le président Macron a déroulé le tapis rouge à l’Elysée le 23 mai 2018.  Il est allé plus loin :  la France soutient officiellement la candidature au secrétariat général de l’Association des pays francophones d’une proche de Kagame, Louise Mushikiwabo, ministre des affaires étrangères du Rwanda, ce dont seul Mélenchon s’est ému, en termes d’ailleurs très modérés si l’on considère l’énormité de la chose.  Il est clair que pour ceux qui connaissent les dessous de l’affaire, soit tous les Africains, Macron met la France dans la position humiliante du vilain : « poignez vilain, il vous oindra. »

Comment ne pas être confondu devant tant de servilité vis-à-vis d’un roitelet africain qui aurait dû depuis longtemps être traduit devant la Cour pénale internationale ?

Il est vrai que, dès  le début de son opération de reconquête, Kagame a reçu le soutien des principales puissances occidentales (à l‘exception de la France de Mitterrand) : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, l’ancienne puissance coloniale, l’Afrique du Sud.

Il est vrai aussi que Kagame est un grand corrupteur connaissant les moyens de s’acheter les soutiens inattendus : si le Rwanda, surpeuplé, n’a guère de ressources, il contrôle désormais le Kivu, province voisine du Congo d’une fabuleuse richesse en métaux rares.

Nicolas Sarkozy était allé jusqu’ à visiter le Rwanda de Kagame, y compris le musée dénonçant les prétendus crimes de la France[4]. Mais son ignorance des questions africaines, dont avait témoigné son ridicule discours de Dakar, pouvait passer pour une excuse.

Hollande, seul, n’est pas tombé dans le piège : bien informé, lui, il a ignoré Kagame pendant cinq ans.

Mais aucun de ces trois présidents n’a daigné prendre la défense de l’armée française injustement accusée comme ils en avaient le devoir.

Qu’est-ce qui motive Macron dans cette affaire scabreuse ? L’ignorance ? On a du mal à le croire. L’obéissance aveugle à l’ordre occidental dont Kagame est, depuis le début (comme lui), le poulain et dont il adopte les yeux fermés la version tronquée des faits ? Le souci de flatter un personnage désormais influent en Afrique ? Ou bien quelque fascination plus secrète qui témoignerait du côté sombre du président français ?

Kagame, grâce au soutien des puissants de ce monde, est aujourd’hui à son zénith. Il n’est pas sûr qu’il gagne à se trouver ainsi exposé, ses soutiens non plus.

 

Roland HUREAUX

[1] Nous avons volontairement francisé l’écriture de ces noms.

[2] Notamment ses proches d’alors  devenus  dissidents , du moins ceux qui n’ont pas été assassinés pour les empêcher de témoigner.

[3] http://cec.rwanda.free.fr/documents/doc/rapportONU/DRC_MAPPING_REPORT_FINAL_FR.pdf 

[4] Il est possible que cette visite humiliante, qui lui avait  fait perdre le soutien de l’armée, ait contribué à lui coûter sa réélection.

Source: Libertepolitique.com

Inquiétudes autour de la candidature rwandaise à la tête de l’OIF

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Louise MUSHIKIWABO, la ministre rwandaise des affaires étrangères 
Après avoir reçu d’importants soutiens et en l’absence d’autres concurrents déclarés, Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a toutes les chances de devenir la prochaine secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de cette candidature issue de l’un des pires régimes en matière de liberté de la presse.

Louise Mushikiwabo est à ce jour la seule candidate en lice pour contester un deuxième mandat à Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie. L’actuelle ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement rwandais a déjà reçu le soutien public du président français Emmanuel Macron et de l’Union africaine. Le prochain secrétaire général de l’organisation sera désigné lors d’un sommet à Erevan en Arménie prévu les 11 et 12 octobre prochains.

Au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, le Rwanda est 154e. Parmi les 58 Etats membres de l’OIF, seuls cinq pays ont un bilan pire que le Rwanda en matière de liberté d’information. Censure, menaces, arrestations, violences, assassinats… Le régime dirigé d’une main de fer par Paul Kagamé depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l’un des pires systèmes de répression à l’égard des médias et des journalistes. Son président occupe une place de choix dans la galerie des prédateurs de la presse constituée par RSF.

Kagame Prédateur

“Comment l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) va-t-elle pouvoir favoriser le pluralisme des médias et la liberté de la presse conformément à ses objectifs en matière de droits de l’Homme, si elle est dirigée par l’une des principales dirigeantes d’un Etat qui piétine le droit à l’information et réprime les journalistes depuis 18 ans, s’inquiète Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. C’est la capacité de l’OIF à défendre les médias et les journalistes libres comme acteurs incontournables du développement dans l’espace francophone qui est en jeu”.

Depuis 1996, huit journalistes ont été tués ou sont portés disparus et 35 ont été contraints à l’exil. Ces dernières années, le nombre d’exactions enregistrées par notre organisation a baissé mais la censure reste omniprésente et l’autocensure la règle pour éviter de faire partie du tableau de chasse du régime. Les programmes très écoutés de la BBC en Kinyarwanda sont suspendus depuis 2015, après que la chaîne a diffusé un documentaire évoquant des massacres provoqués par le Front patriotique rwandais (FPR) au moment du génocide des Tutsis de 1994.

Lors du XVIe sommet de la Francophonie à Antananarivo en novembre 2016, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient rappelé leur engagement à “garantir la protection effective des journalistes et la liberté de la presse”.

Chaque année, l’OIF décerne le Prix francophone de l’innovation dans les médias avec RSF et RFI.

Source: Reporters Sans Frontières

Le Rwanda tente un Cheval de Troie en Francophonie

La francophonie est en danger. Par le biais de son média français préféré , le gouvernement rwandais – ou ses représentants au sein de la diplomatie française, ce qui revient au même – a lancé un ballon d’essai.

Ce ballon d’essai est destiné à lui faire connaître et donc anticiper les réactions que provoquerait une éventuelle candidature au poste de secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie de l’actuelle ministre des affaires étrangères du Rwanda .

Dès le début de cette manœuvre, la réaction officielle du gouvernement français a été recherchée. La réponse diplomatique qui aurait été faite passe aujourd’hui auprès des 83 pays membres de l’OIF pour la tentative d’une ancienne puissance coloniale pour imposer cette candidature. Elle peut donc être d’ores et déjà exploitée comme telle par Kigali, ce qui était probablement le but réel de sa publication prématurée.

Cette opération est aussi suivie de près par les états voisins du Rwanda, majoritairement anglophones et qui ont jadis soutenu militairement et diplomatiquement la conquête du pouvoir par Kagame puis son accès au Commonwealth, avant d’entrer en conflit ouvert avec lui. Ils avancent aujourd’hui que, les exigences du Commonwealth étant supérieures à celle de l’OIF en matière de respect des droits de l’homme, Kagame et son gouvernement dictatorial réélu avec un score soviétique, auraient aujourd’hui intérêt à se rapprocher de l’organisation francophone  qu’il voulait pourtant quitter il y a peu.

Tous les commentateurs et tous les acteurs  de ce ballon d’essai font mine de considérer – ou d’espérer – que le seul but poursuivi serait un réchauffement des relations franco-rwandaises.  Or, les exigences posées par l’un et par l’autre de ces deux partenaires sont totalement incompatibles puisque la France ne peut pas – décemment – imposer à sa Justice le non-lieu exigé par Kagame dans la procédure qui le met en cause depuis plus de dix ans dans l’attentat du 6 avril 1994, attentat qui a déclenché le génocide en toute connaissance de cause.

On ne peut que s’interroger sur les buts véritables poursuivis par cette initiative puisque les actuels prolégomènes à une éventuelle candidature de Mme Louise Mushikiwabo comme secrétaire générale de l’OIF ne les révèlent en rien. Les antécédents de ce personnage et de son maître, le général–président–à–vie Paul Kagame, leurs nombreuses tentatives  d’élimination de la langue française du Rwanda, pays indubitablement et exclusivement  francophone depuis un siècle, tout au moins pour ce qui est des langues européennes, ne laissent pas d’inquiéter les observateurs qui parlent d’un véritable « cheval de Troie ».

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Lousie MUSHIKIWABO, cheffe de la diplomatie rwandaise

Il est établi que, depuis de nombreuses années, Paul Kagame n’a eu de cesse d’éradiquer la langue et la culture françaises du Rwanda. Sous prétexte que, lui, Paul Kagame, ne parle pas français, il a interdit le 8 octobre 2008 l’usage de cette langue dans l’enseignement public rwandais où elle était seule utilisée depuis un siècle. De même, il a interdit l’usage de la langue française dans tout document administratif.

Accessoirement, sous des prétextes  d’urbanisme qui ne trompent personne, il a ensuite fait raser le centre culturel français de Kigali et il refuse depuis quelques années d’accréditer l’ambassadeur de France proposé par Paris. Pourquoi Kagame aurait-il brutalement changé radicalement de posture à l’égard de la langue et de la culture françaises et tout simplement à l’égard de la France ? N’ayant aucune réponse, très logiquement, certains observateurs avisés considèrent que  Louise Mushikiwabo qui s’est toujours comportée comme un petit soldat exemplaire au service de Kagame au point que, en tant que Ministre des « Affaires Etranges », elle a toujours couvert d’un manteau diplomatique les opération d’assassinat d’opposants rwandais commis à l’étranger (Afrique du Sud, Kenya et autres), ferait un excellent cheval de Troie au sein d’une organisation honnie.

Or, on sait depuis 1994 et depuis l’action du bataillon FPR introduit au CND de Kigali fin 1993, comment Kagame est passé maître dans l’utilisation d’un cheval de Troie.

Lors des négociations d’Arusha et lors de la paix signée en cette ville de Tanzanie le 4 août 1993, Kagame a su se ménager, sous le prétexte de mettre fin à la guerre, les moyens de lancer l’assaut final qui le portera au pouvoir quelques mois plus tard. Il a obtenu le départ des troupes françaises auxquelles il ne pardonnera jamais d’avoir retardé son triomphe, mais surtout, il a obtenu d’introduire au cœur du dispositif ennemi un bataillon de ses meilleures troupes. Sous prétexte d’assurer la protection de ses émissaires,  il a placé à Kigali un bataillon entier. Et comme il aime les symboles, il a fait en sorte que ce bataillon soit cantonné au Conseil National du Développement (C.N.D.) qui était jusque-là le parlement rwandais, le temple de la démocratie  naissante dans ce pays.  Ce bâtiment présentait, outre son aspect symbolique la double caractéristique, d’une part, de commander l’axe reliant l’aéroport au centre-ville et, d’autre part, de faire face, de l’autre côté de cet axe, au principal casernement de la Garde Présidentielle de son ennemi juré, Juvénal Habyarimana

C’est à partir de cette installation FPR du CND – que tout à chacun qualifiait de « Cheval de Troie » dès avant qu’elle soit effective en décembre 1993 – que Kagame a pu infiltrer la société rwandaise et les Interahamwe, préparer et perpétrer l’attentat du 6 avril 1994 qui tua deux chefs d’état hutu et lancer simultanément son offensive contre la Garde Présidentielle logée à portée de mitrailleuse.

Quand Kagame conquiert une place par la force, par la négociation ou par la ruse, il ne la lâche pas. Il est le maître du Rwanda depuis 1994 et jusqu’en 2034 au moins. Louise Mushikiwabo resterait secrétaire générale  de l’OIF pendant au moins plusieurs mandats…sauf si elle a détruit cette organisation entre-temps. Dans le meilleur des cas, si l’OIF n’est pas détruite, la France en sera exclue ou , à tout le moins, y sera marginalisée .

Michel ROBARDEY

Source: Mediapart