Category Archives: Actualités

Rwandan YouTube star jailed for ‘humiliating’ state officials

Dieudonne Niyonsenga, whose YouTube channel has more than 15 million views was sentenced to seven years in prison.

A Rwandan who used his YouTube channel to criticise the government has been sentenced to seven years in prison by a court in Kigali, amid a growing crackdown on dissidents in the tightly controlled East African nation.

Dieudonne Niyonsenga, whose YouTube channel Ishema TV had amassed more than 15 million views, was found guilty on Thursday on four charges including forgery, impersonation, and “humiliating” state officials.

“We are appealing this verdict against Niyonsenga with immediate effect. It is simply not right,” his lawyer Gatera Gashabana said on Friday.

The court found Niyonsenga to have committed the crimes intentionally and coupled the verdict with a fine of five million Rwandan francs ($4,900).

“Due to the adverse consequences that his crimes have had on Rwandan society, the court orders that Dieudonne Niyonsenga be immediately arrested and taken to serve his jail sentence,” the judge said in delivering the verdict.

Niyonsenga, better known by his YouTube persona Cyuma, which means “Iron”, was known for discussing human rights abuses on his channel.

Shortly after the verdict, the YouTube star said police had surrounded his home. Police and prison officials have not confirmed whether Niyonsenga has been taken into custody after being sentenced in absentia.

His jailing comes weeks after another high-profile critic with a YouTube following was sent to prison.

Last month, Rwandan authorities arrested six people including a journalist and members of an opposition party accused of publishing rumours allegedly intended to start an uprising.

Theoneste Nsengimana, who runs Umubavu TV – an online Youtube channel that often airs content critical of the government, was among those arrested.

Niyonsenga has already been arrested in April 2020, after broadcasting a series of videos accusing soldiers of serious abuses against slum dwellers during the enforcement of a strict coronavirus lockdown.

Shortly afterwards, he was charged with violating the lockdown and impersonating a journalist and sent to prison.

He was acquitted and released 11 months later but prosecutors appealed to a higher court.

The crackdown on YouTube creators has had a chilling effect in Rwanda, where independent media has been quashed and other forms of free expression are strictly monitored by the government.

Critics have accused President Paul Kagame’s government of human rights abuses although it has had support from Western donors for restoring stability in the years after the genocide, and boosting economic growth.

In March, Human Rights Watch voiced alarm about the crackdown. Kagame has denied accusations of abuse.

SOURCE: AL JAZEERA AND NEWS AGENCIES

UTOPIE CHRÉTIENNE VERSUS REALPOLITIK – LES CAS DE MARTIN LUTHER KING ET DE VICTOIRE INGABIRE UMUHOZA

Depuis que, il y a exactement un demi-siècle, (choqué par la terrible réalité des guerres et de la souffrance des pays les plus démunis dans un monde aux dépenses militaristes exorbitantes) j’ai commencé à être fasciné par la doctrine et le mouvement de la Non-violence, j’ai toujours été frappé par un phénomène très typique de notre Occident sécularisé.

D’une part, beaucoup de ceux qui sont attirés par la spiritualité ne sont généralement pas livrés à l’action politique. Non pas parce que c’est une vocation à laquelle ils ne se sentent pas appelés. C’est tout à fait respectable. Mais parce que, trop souvent, ils y voient un activisme de nature inférieure, un activisme trop mondain. Ce qui, à mon avis, trahit que leur spiritualité est plutôt un spiritualisme désincarné dans lequel une dimension, la dimension politique, qui nous façonne en tant qu’êtres sociaux que nous sommes, n’a pas été intégrée. Un spiritualisme dans lequel la souffrance des plus opprimés et des plus démunis n’est pas suffisamment centrale pour nous amener à découvrir que la réalisation ou non d’un monde plus juste et pacifique n’est pas possible sans l’enjeu de la politique.

Mais d’autre part, dans le monde de l’action politique, on considère trop souvent que les « croyances », et surtout ce que l’on pourrait appeler les expériences mystiques, doivent rester dans le domaine de la sphère privée. À tel point qu’il est mal vu et considéré comme irréaliste d’y faire référence publiquement et de les mélanger avec des réalités sociopolitiques pures et dures. Mais le plus déconcertant c’est que beaucoup de ceux qui pensent ainsi savent que les maîtres de la non-violence étaient de véritables mystiques qui rendaient publiques leurs expériences spirituelles les plus intimes, mais qu’en même temps leur lutte politique était exemplaire et que les résultats de cette lutte méritent un grand respect.

Le problème vient lorsqu’il s’agit d’accepter que ces maîtres ne l’auraient jamais été sans la force intérieure qui a jailli comme un torrent de ces expériences. Et, surtout, le problème se pose lorsqu’il s’agit d’accepter l’essentialité de cette dimension mystique non pas dans ces personnalités universellement reconnues, désormais éloignées dans le temps et même idéalisées, mais dans l’ici et maintenant de nos propres luttes pour la justice et la paix. J’ai souvent constaté que les mêmes personnes qui respectent Martin Luther King, ou Pere Casaldàliga et Ramon Llull à notre niveau plus local, réagissent avec malaise lorsqu’on affirme qu’ils sont incompréhensibles sans leurs expériences mystiques chrétiennes. Ou lorsque, au milieu de nos propres luttes, nous faisons appel à la même dimension spirituelle qui a soutenu ces géants.

Ce n’est pas un hasard si notre ami intime et maître dans la pratique de la non-violence, Prix Nobel de la Paix en 1980, Adolfo Pérez Esquivel, a choisi pour sa biographie le titre El Cristo del poncho (Le Christ du poncho). Adolfo peut être considéré comme un « rêveur » dans le style du Mahatma Gandhi et de Martin Luther King (« I had a dream… »). Un « rêveur » profondément réaliste. Comme eux aussi. Même si, en tant que visionnaires et êtres humains exceptionnels, leur vie et leur message sont déconcertants pour ceux qui évoluent dans un réalisme trop plat. Leur « rêve » du Christ du poncho était une anticipation du futur, un « rêve » prémonitoire qui nous montre que la réalité est un continuum espace-temps, comme l’a formulé Albert Einstein. Le fait que ce « rêve » ait donné le titre à son livre biographique est un indicateur de la centralité de cette vision pour Adolfo. Il l’explique lui-même à un endroit bien visible du livre:

« Lors d’un de mes premiers voyages en Équateur, j’ai fait un rêve: j’ai vu un Christ en croix portant un poncho. Plus tard, dans une des fraternités de Charles de Foucauld, en entrant dans la chapelle, j’ai découvert sur le mur le Christ du poncho que j’avais vu en rêve. Depuis lors, cette image m’a toujours accompagné. Après ma sortie de prison à La Plata, j’ai commencé à peindre le Christ en poncho. C’est le Christ des pauvres, le Christ sans visage, sans mains ni pieds. Mais son visage, ses mains et ses pieds sont ceux des Indiens et des paysans d’Amérique latine. »

La référence publique aux réalités spirituelles dans le vacarme de la lutte politique, le recours à des éléments tels que le jugement de Dieu ou son intervention dans l’histoire en faveur de la justice et du renversement des puissants (Évangile de Luc 1:56), provoquent presque toujours une réticence, voire un rejet pur et simple. Même chez les chrétiens pratiquants, qui tout au long de l’année liturgique écoutent des textes prophétiques ou du Nouveau Testament, qui ont beaucoup à voir avec tout cela. « Maintenant, laissons l’Évangile et revenons à la réalité », disait ironiquement un ami prêtre à propos de la grande incohérence évangélique des chrétiens. Ou comme, beaucoup plus sérieusement, trop de théologiens affirment: « Une fois le monde créé, avec ses propres lois et sa dynamique évolutive, Dieu n’intervient plus directement dans l’Univers ou dans l’Histoire ». Dommage, c’est leur perte. Le pire est qu’ils confondent et scandalisent les anavim, les « petits » et les sans défense. Parce que Dieu entend vraiment nos prières et intervient dans nos vies. Le cas spécifique de Martin Luther King peut parfaitement l’illustrer.

La prière continue d’être pratiquée aujourd’hui aussi par de nombreuses personnes dans notre monde rationaliste et positiviste de la science et de la technologie, où il y a tant de mépris pour la religion et même la spiritualité. Beaucoup de ces personnes, d’ailleurs, ont été et sont des réalistes combattants désintéressés et tenaces pour un monde plus juste. Comme Martin Luther King, qui, dans le dixième chapitre de son autobiographie, qu’il a intitulée La force d’aimer, a raconté comment, au point d’inflexion de sa vie, il a prié le Seigneur du plus profond de son cœur et que Celui-ci a radicalement tout changé, bénissant à jamais sa mission de lutte pour la justice et la vérité:

« Après une journée particulièrement fatigante, je me suis couché très tard. Ma femme s’était déjà endormie et je commençais à peine à le faire quand le téléphone a sonné. Une voix irritée a dit: ‘Écoute, nègre, nous avons pris des mesures contre toi. La semaine prochaine, tu maudiras le jour où tu es venu à Montgomery’. J’ai raccroché, mais je ne pouvais plus dormir. C’est comme si toutes mes peurs s’étaient effondrées sur moi en même temps. J’avais atteint le point de saturation.

J’ai sauté du lit et j’ai commencé à faire les cent pas dans la pièce. Finalement, je suis allé dans la cuisine pour faire chauffer du café. J’étais prêt à tout abandonner. J’ai essayé de trouver un moyen de m’en sortir sans avoir l’air d’un lâche. Dans cet état de découragement, alors que mon courage était presque mort, j’ai décidé de présenter mon problème à Dieu. La tête dans les mains, je me suis penché sur la table de la cuisine, en priant à haute voix. Les mots que j’ai adressés à Dieu ce soir-là sont encore bien vivants dans ma mémoire: ‘Je suis ici pour prendre position pour ce que je crois être juste. Mais maintenant, j’ai peur. Le peuple m’a choisi pour le diriger, et si je me tiens devant lui sans force ni courage, lui aussi sombrera. Je suis au bout de mes forces. Je n’ai plus rien. Je suis arrivé à un point où il m’est totalement impossible de tout affronter tout seul’.

À ce moment-là, j’ai ressenti la présence du Divin comme je ne l’avais jamais ressentie auparavant. J’ai eu l’impression de sentir la sécurité rassurante d’une voix intérieure qui me disait: ‘Défends la justice, défends la vérité. Dieu sera toujours de ton côté.’ Presque immédiatement, j’ai senti mes craintes disparaître. Mon incertitude a disparu. La situation restait la même, mais Dieu m’avait donné la paix intérieure.

Trois nuits plus tard, une bombe a été posée dans ma maison. Étrangement, j’ai accueilli l’alerte à la bombe avec sérénité. Mon expérience avec Dieu m’avait donné une nouvelle vigueur et un nouvel élan. Je savais maintenant que Dieu peut nous donner les ressources intérieures dont nous avons besoin pour faire face aux tempêtes et aux problèmes de la vie.

[…] Lorsque les nuages bas assombrissent nos jours et que les nuits deviennent plus sombres que mille demi-nuits, souvenons-nous qu’il existe dans l’univers une grande et bienveillante Puissance, dont le nom est Dieu, qui peut trouver un chemin là où il n’y en a pas et transformer les lugubres journées d’hier en lendemains radieux. Il est notre espoir de devenir des hommes meilleurs. C’est notre mandat pour essayer de faire un monde meilleur. »

Sans quitter le cas particulier de Martin Luther King, nous en arrivons ainsi à la question centrale de cet article: comment cesser de penser que ce qu’il recherchait est finalement resté une pure utopie? Il est vrai qu’avec leur propre sacrifice, le droit de vote des Noirs a été obtenu. Mais, grâce à d’autres mécanismes plus complexes et plus subtils, continue d’être réalisé l’assujettissement des Noirs, leur exclusion sociale, leur surpopulation carcérale, etc. Et probablement encore pire pour Martin Luther King serait la trahison de plusieurs des siens: Condoleezza Rice, Barack Obama… Trahison dans ce qu’il considérait comme encore plus grave que l’absence de droits civiques: les guerres d’agression des États-Unis et leur armement incontrôlé: « Une nation qui dépense plus d’argent en armements militaires qu’en programmes sociaux s’approche de sa mort spirituelle ».

Mais non: malgré tout, son « rêve » n’est pas resté une simple utopie non réalisée. Le temps de Dieu est évolutif, pas personnel. Le Mahatma Gandhi le savait bien: « Nous devons faire notre part et laisser le reste à Dieu. La prière a sauvé ma vie ». C’est la seule réponse que j’ai pu donner à Victoire Ingabire Umuhoza lorsqu’elle m’a confié qu’elle était troublée par la crainte qu’en entrant au Rwanda, les massacres de masse ne se déclencheraient à nouveau au cas où elle serait tuée. Et bien que cet article soit centré sur elle, car je la connais bien et qu’elle est à nouveau en danger maintenant, de nombreux autres Rwandais sont également dans mon esprit et dans mon cœur en ce moment. Surtout certains que j’ai eu l’honneur de connaître, qui sont des croyants convaincus et qui sont actuellement en prison. Comme Deo Mushayidi ou Paul Rusesabagina.

 
Mais tout cela comporte une dimension de sacrifice personnel qui est insupportable pour presque tout être humain. Sans la grâce divine, ce prétendu triomphe de la justice dans un futur Nouveau Monde utopique est, s’il arrive un jour, trop éthéré dans un temps trop long pour être le fondement d’un abandon absolu de sa propre vie. Sans parler de notre bonheur. Or, ce n’est pas vrai non plus, et encore moins chrétienne. Pour le prouver, je terminerai par les dernières paroles publiques de Martin Luther King, prononcées la nuit de son assassinat. Des mots qui montrent que ce sacrifice personnel est plutôt un accomplissement personnel rempli d’une consolation incompréhensible, inimaginable pour ceux qui ne sont pas prêts à faire un tel pas. Une consolation qui, en parlant de réalisme, est certainement beaucoup plus réelle que presque toutes les choses que nous avons tendance à considérer comme réelles. Ces mots et les images de cette scène sont un joyau, un véritable héritage spirituel de l’humanité:

« Des jours difficiles nous attendent. Mais je m’en fiche maintenant, parce que j’ai été au sommet de la montagne. Ça ne me dérange pas. Comme tout le monde, j’aimerais vivre longtemps. Mais je ne me soucie pas de ça maintenant. Je veux juste faire la volonté de Dieu. Et il m’a permis de gravir la montagne. J’ai regardé et j’ai vu la Terre promise. Je n’y arriverai peut-être pas avec vous. Mais je veux que vous sachiez ce soir que nous, en tant que peuple, atteindrons la Terre promise. Alors ce soir, je suis heureux, je ne m’inquiète de rien, je ne crains aucun homme, mes yeux ont vu la gloire de l’avènement du Seigneur! »

Il suffit de voir le visage de Martin Luther King ou celui de Victoire Ingabire Umuhoza, enfin libérée de son emprisonnement de huit ans dans une petite cellule sombre et toujours en extrême danger pour sa vie; il suffit de voir la sérénité, la force et la dignité que tous deux dégagent, prêts à sacrifier leur vie; il suffit d’entendre comment tous deux se réfèrent à leurs profondes convictions spirituelles (en totale liberté par rapport aux conventionnalismes politiquement corrects de nos sociétés et aux péroraisons arrogantes de nos intellectuels rationnels)… pour vérifier que, dans leurs situations personnelles difficiles, ils sont intérieurement bien mieux que les « grands » de la realpolitik ou que tous ceux qui placent dans ces « grands » une autorité qu’ils ne détiennent pas réellement ; pour vérifier qu’eux, les « rêveurs », sont les vrais réalistes; pour vérifier que leur fidélité « inefficace » à ce que Mahatma Gandhi appelait la douce voix intérieure est ce qui change finalement le cours de l’histoire au profit de tous, y compris des personnes prudentes et sensées qui n’ont pas pu saisir la grandeur de leur vie étrange, conflictuelle, utopique et mystique.

[Joan Carrero, 29.10.2021]

Source : I-Hora

MORT DU COLONEL BAGOSORA, ACCUSÉ D’AVOIR ÉTÉ LE « CERVEAU DU GÉNOCIDE » DU RWANDA, MAIS ACQUITTÉ PAR LE TPIR DU CHEF D’ACCUSATION DE PRÉMÉDITATION DE CE MÊME GÉNOCIDE…

Présenté par le régime de Kigali et par les médias  comme  le « cerveau du génocide » du Rwanda, le colonel Théoneste Bagosora vient de mourir à l’âge de 81 ans dans la prison du Mali où il purgeait une peine de 35 années de détention.

Arrêté au Cameroun au mois de mars 1996, défendu par Maître Raphaël Constant, avocat réputé du barreau de la Martinique, son procès (TPIR-98-41-T) débuta au mois d’avril 2002. Ce ne fut cependant qu’au mois d’octobre 2004, après un délai surréaliste de neuf années de détention préventive, que le Procureur fut en mesure de soutenir son acte d’accusation.
Construit sur le postulat qui était que le colonel Bagosora fut le maître d’œuvre du génocide, cet acte d’accusation reposait sur un « trou » de quelques heures  dans  son emploi du temps, entre 01h 30 et 06 heures du matin dans la nuit du 6 au 7 avril 1994, durant lequel l’accusé aurait « allumé la mèche du génocide » !!!

N’ayant fait aucune vérification, ni aucune enquête sérieuse, sous la pression constante du régime du général Kagamé et de ses porte-voix médiatiques, le Procureur ancra son acte d’accusation sur cette abstraite  construction intellectuelle.

Expert assermenté devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), j’ai travaillé durant plusieurs années sur ce dossier et, dans le volumineux rapport d’expertise que j’ai défendu devant la Cour (Lugan, TPIR-98-41-T), j’ai notamment minutieusement reconstitué l’emploi du temps du colonel (voir l’intégralité de mon rapport publié dans  Dix ans d’expertises devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda), faisant effondrer comme un château de cartes l’artificielle construction idéologique du Procureur.

Dans leur jugement, les juges rejetèrent donc tout naturellement  les éléments de « preuve » avancés par le Procureur, infligeant ainsi un camouflet d’une rare puissance à l’Accusation et à la thèse officielle.
Au terme d’un procès fleuve rythmé par 409 jours d’audience, par les déclarations de 242 témoins à charge et à décharge remplissant 30 000 pages de compte rendus d’audience, par 1 600 pièces à conviction, par 4 500 pages de conclusions et par 300 décisions écrites, la Cour, dans son jugement en date du 18 décembre 2008,  déclara en effet le colonel Bagosora non coupable « d’entente en vue de commettre un génocide ».

Ce jugement faisait donc  voler en éclats les bases de l’histoire officielle postulant que le génocide avait été programmé puisque les 40 éléments présentés par le Procureur pour tenter de prouver sa planification ne furent pas considérés comme probants par les juges (Résumé du jugement rendu en l’affaire Bagosora et consorts, TPIR-98-41-T, jugement 18 décembre 2008, page 1) :

« Plusieurs éléments qui ont servi de base à la thèse développée par le Procureur sur l’entente (en vue de commettre le génocide) n’ont pas été étayés par des témoignages suffisamment fiables (…) En conséquence, la Chambre n’est pas convaincue que le Procureur a établi au-delà du doute raisonnable que la seule conclusion raisonnable qui se puisse tirer des éléments de preuve produits est que les quatre accusés se sont entendus entre eux, ou avec d’autres, pour commettre le génocide (…) » (Résumé du jugement rendu en l’affaire Bagosora et consorts,TPIR-98-41-T, jugement 18 décembre 2008, pages 16-18).

Le colonel Bagosora fut néanmoins condamné à l’emprisonnement à perpétuité  pour des crimes commis par des hommes supposés avoir été ses subordonnés, entre le 6 et le 9 avril 1994. Le colonel Bagosora interjeta appel de ce jugement.

Le 14 décembre 2011, la Chambre d’Appel du Tribunal Pénal International pour le Rwanda réduisit à 35 ans la peine de perpétuité infligée en première instance au colonel Théoneste Bagosora, les juges d’appel n’estimant pas qu’il avait ordonné les crimes pour lesquels il avait été condamné en première instance, et ils le condamnèrent uniquement parce que, en tant que supérieur hiérarchique postulé, alors qu’il était à la retraite, il n’aurait rien fait pour les prévenir ou en punir les auteurs.
Compte tenu des pressions exercées par le régime de Kigali, par les Etats-Unis et par la Grande-Bretagne, il n’était en effet politiquement pas possible aux juges d’acquitter purement et simplement  l’accusé-phare du TPIR, celui qui, durant des années, avait été présenté comme le « cerveau » d’un génocide programmé, mais qui ne l’avait pas été puisque son déclencheur fut l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana. Voir à ce sujet les articles extrêmement détaillés publiés dans la revue « Le Fana de l’aviation » n° 619, 620 et 621 (2021), qui expliquent avec une grande minutie et une rare précision le déroulé de cet attentat, et dans lesquels le FPR du général Kagamé est clairement accusé d’en être l’auteur.
Pour l’état des connaissances scientifiques concernant ce génocide, ses origines et son déroulé, on se reportera à mon livre « Rwanda, un génocide en questions », éditions du Rocher, nouvelle édition 2021.

Bernard Lugan

Source : http://bernardlugan.blogspot.com/

Le Parlement européen demande au Gouvernement rwandais de relâcher Rusesabagina.

Le Parlement européen vient d’adopter une résolution sur la situation des droits de l’homme au Rwanda, précisément sur le cas de Paul Rusesabagina. Le texte a été adopté par 660 voix pour, 2 contre et 18 abstentions.

Les détails la da résolution :

Résolution du Parlement européen sur le cas de Paul Rusesabagina au Rwanda

(2021/2906(RSP)

Le Parlement européen,

– vu ses résolutions antérieures sur le Rwanda, et notamment celle du 11 février 2021 sur le Rwanda: le cas de Paul Rusesabagina[1],

– vu la déclaration universelle des droits de l’homme,

– vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui a été ratifié par le Rwanda en 1975,

– vu la charte africaine des droits de l’homme et des peuples,

– vu les directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l’assistance judiciaire en Afrique,

– vu la convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,

– vu l’ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus («règles Nelson Mandela»), révisé en 2015,

– vu la déclaration de Kampala sur les conditions de détention en Afrique,

– vu le rapport du 25 mars 2021 sur le Rwanda du groupe de travail du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la procédure d’examen périodique universel,

– vu les déclarations de la communauté internationale condamnant les irrégularités et dénonçant l’absence de procès équitables au Rwanda, notamment du gouvernement belge, du département d’État des États-Unis et du gouvernement britannique,

– vu les déclarations publiées par la Fédération des barreaux d’Europe, le Centre des droits de l’homme de l’Association du barreau américain et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme reconnues,

– vu l’accord de Cotonou,

– vu la Constitution du Rwanda,

– vu les instruments des Nations unies et de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples,

– vu la convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires,

– vu l’article 144, paragraphe 5, et l’article 132, paragraphe 4, de son règlement intérieur,

  1. considérant que, le 29 septembre 2021, M. Paul Rusesabagina, militant des droits de l’homme, ressortissant belge et résident aux États-Unis, a été condamné à 25 ans d’emprisonnement par la chambre des crimes internationaux et transfrontaliers de la Haute Cour du Rwanda à la suite de son arrestation à Kigali le 31 août 2020; que M. Rusesabagina a fait l’objet de neuf chefs d’accusation liés au terrorisme et qu’il a été reconnu pénalement responsable des activités attribuées au Mouvement rwandais pour le changement démocratique/Front de libération nationale (MRCD-FLN), coalition de partis politiques d’opposition et son bras armé;
  2. considérant l’arrestation arbitraire et fallacieuse de M. Rusesabagina en août 2020, caractérisée par son transfert illégal au Rwanda, sa disparition forcée et sa détention au secret; considérant qu’aucun mandat d’arrêt n’a été produit en vue de son arrestation, contrairement aux conditions fixées à l’article 37 du code de procédure pénale rwandais de 2019, et qu’aucun acte de mise en accusation n’a été produit avant sa condamnation, en violation de l’article 68 du code de procédure pénale rwandais; que M. Rusesabagina a déclaré publiquement à plusieurs reprises qu’il ne pouvait pas rentrer dans son pays natal par peur de représailles;
  3. considérant que Johnston Busingye, ministre rwandais de la justice, a reconnu le rôle de son gouvernement dans la disparition forcée et le transfert de M. Rusesabagina en août 2020, dans le paiement du vol chargé du transfert et dans la violation du droit de M. Rusesabagina à un procès équitable; que, le 10 mars 2021, la Cour a jugé que le transfert de M. Rusesabagina était légal et qu’il n’avait pas été enlevé;
  4. considérant que, lors du prononcé du verdict, des éléments supplémentaires qui n’avaient pas été entendus par la Cour ou présentés en cours de procès ont été annoncés à propos de l’affirmation selon laquelle M. Rusesabagina avait fourni des fonds au groupe armé FLN; qu’une partie des éléments cités découlent de déclarations qui, selon M. Rusesabagina, lui ont été extorquées sous la contrainte et en l’absence de son avocat;
  5. considérant que l’équipe d’avocats qui avaient représenté M. Rusesabagina au départ n’avait pas été choisie par lui et que les avocats de son choix auxquels il avait fini par avoir accès à partir d’avril 2021 ont été empêchés de le rencontrer, ce qui est contraire à l’article 68 du code de procédure pénale rwandais;
  6. considérant que l’état de santé de M. Rusesabagina en détention a été jugé très préoccupant étant donné qu’il a eu un cancer et qu’il souffre de troubles cardiovasculaires; que, d’après ses avocats, il n’a pas pu se rendre à deux dépistages du cancer et que les autorités carcérales ont refusé qu’il ait accès au traitement prescrit par son médecin belge, provoquant des souffrances mentales et physiques, ce qui est contraire aux articles 12 et 14 de la Constitution rwandaise relatifs au droit à la vie, au droit à l’intégrité physique et à la protection contre les traitements inhumains ou dégradants;
  7. considérant qu’en septembre 2020, les autorités rwandaises ont omis d’informer les autorités belges de l’arrestation de M. Rusesabagina, en violation du principe d’assistance consulaire consacré par le droit international; que le Service correctionnel rwandais (RCS) a eu accès aux communications et aux documents juridiques échangés entre M. Rusesabagina et ses avocats; que plusieurs notes verbales ont été envoyées par le ministre belge des affaires étrangères à son homologue rwandaise afin de demander le respect des droits de M. Rusesabagina, mais que le gouvernement rwandais a refusé toute demande;
  8. considérant qu’en juillet 2021, les autorités rwandaises auraient utilisé le logiciel espion Pegasus du NSO Group pour tenter de viser plus de 500 activistes, journalistes et responsables politiques; que selon l’analyse de son téléphone par la police criminelle, le logiciel espion a également été utilisé pour infecter le téléphone de Carine Kanimba, fille de M. Rusesabagina; que les autorités rwandaises nient ce fait;
  9. considérant que le Rwandais est signataire de l’accord de Cotonou, qui dispose que le respect des droits de l’homme est une composante essentielle de la coopération entre l’Union européenne et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique; que la consolidation de l’état de droit et le renforcement des droits de l’homme sont les grandes priorités de la programmation de l’Union européenne envers le Rwanda;
  10. considérant que la deuxième réunion ministérielle entre l’Union africaine et l’Union européenne aura lieu à Kigali les 25 et 26 octobre 2021;
  11. rappelle au gouvernement rwandais qu’il est tenu de garantir les droits fondamentaux, y compris l’accès à la justice et le droit à un procès équitable, ainsi que le prévoit la charte africaine des droits de l’homme et des peuples et d’autres instruments internationaux et régionaux en matière de droits de l’homme, dont l’accord de Cotonou, et notamment ses articles 8 et 96;
  12. souligne que le Rwanda doit garantir l’indépendance de sa justice et préserver celle-ci par sa Constitution et ses lois étant donné qu’il est du devoir de l’ensemble des institutions gouvernementales et des autres institutions de respecter et d’observer l’indépendance de la justice;
  13. rappelle que l’extradition d’un suspect vers un autre pays ne devrait avoir lieu que dans le cadre d’une procédure d’extradition supervisée de façon indépendante de façon à garantir la légalité de la demande d’extradition et à s’assurer que les droits du suspect à un procès équitable sont pleinement garantis dans le pays requérant;
  14. condamne dès lors avec vigueur l’arrestation, la détention et la condamnation illégales de M. Paul Rusesabagina, qui sont contraires au droit international et au droit rwandais; estime que le cas de M. Rusesabagina est l’exemple même des violations des droits de l’homme au Rwanda et remet en cause l’équité du verdict, qui serait dépourvu de garanties d’un procès équitable, contrairement aux bonnes pratiques internationales applicables à la représentation, au droit d’être entendu et à la présomption d’innocence;
  15. demande la libération immédiate de M. Rusesabagina pour des raisons humanitaires ainsi que son rapatriement, sans préjuger de sa culpabilité ou de son innocence; demande à la délégation de l’Union européenne au Rwanda ainsi qu’aux représentations diplomatiques des États membres de relayer cette demande avec force dans leurs échanges avec les autorités rwandaises;
  16. demande au gouvernement rwandais de garantir, en toutes circonstances, l’intégrité physique et le bien-être psychologique de M. Rusesabagina et de lui permettre de prendre son traitement habituel; insiste auprès du gouvernement rwandais pour qu’il respecte le droit du gouvernement belge d’apporter une assistance consulaire à M. Rusesabagina afin de garantir son état de santé et un accès digne de ce nom à la défense;
  17. déplore la situation globale des droits de l’homme au Rwanda et, notamment, la persécution ciblée des voix dissidentes; condamne les poursuites répondant à des motivations politiques ainsi que la poursuite des opposants politiques; demande instamment aux autorités rwandaises de garantir la séparation des pouvoirs, et notamment l’indépendance de la justice;
  18. invite le Service européen pour l’action extérieure, la Commission et le représentant spécial de l’Union européenne pour les droits de l’homme à renforcer le dialogue sur les droits de l’homme au plus haut niveau avec le Rwanda dans le cadre de l’article 8 de l’accord de Cotonou afin que le pays respecte ses engagements bilatéraux et internationaux; souligne que, dans le contexte des travaux internationaux en faveur du développement au Rwanda, il convient d’accorder une priorité bien plus importante aux droits de l’homme, à l’état de droit ainsi qu’à une gouvernance transparente et réactive;
  19. demande à la Commission de procéder à un réexamen critique de l’aide apportée par l’Union européenne au gouvernement rwandais et aux institutions publiques rwandaises afin de s’assurer qu’elle encourage pleinement les droits de l’homme et n’a pas de répercussions négatives sur les libertés d’expression et d’association, le pluralisme politique, le respect de l’état de droit et la société civile indépendante;
  20. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au vice-président de la Commission et haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au représentant spécial de l’UE pour les droits de l’homme, au président de la République du Rwanda, au président du parlement rwandais ainsi qu’à l’Union africaine et à ses institutions.

 Source: europarl.europa.eu

Paul Kagame asigaye ari mu gucuruza abana (abasirikari) b’u Rwanda nk’abacakara

Perezida wa Mozambique Nyusi aherutse mu Rwanda kuza kubwira Paul Kagame ko akeneye ko ingabo zitwa iz’u Rwanda zijya muri Mozambique guhondagura inyeshyamba zo bita ngo ni umutwe w’iterabwoba.

Paul Kagame yahise yoherezayo batayo ebyiri zigizwe n’abasirikare 1,000.

Urwego izi ngabo zagiyemo muri Mozambique ni agahoma munwa:

  1. Zoherejwe nk’ingabo za Paul Kagame ku giti cye. Kuko nta rwego rw’igihugu urwo arirwo rwose rwigeze rubigiramo uruhare. Urugero; abiyita intumwa za rubanda ntabwo bigeze bemeza cyangwa ngo bajye impaka kw’iyoherezwa ry’abana bu Rwanda kujya kumena amaraso yabo mu kindi gihugu no kureba inyungu u Rwanda rwazakuramo.
  2. Nta munyarwanda numwe uzi amafaranga Paul Kagame acuruza ku isaha buri musirikare witabiriye imirwano.
  3. Nta munyarwanda numwe uzi amafaranga Paul Kagame azajya yishyurwa kuri buri musirikare uzakomerekera ku rugamba rwa Nyusi, uzamugarirayo ndetse n’uzapfirayo.
  4. Buri munyarwanda wese ufungutse ubwonko arabibona ko Paul Kagame asigaye ari mu bucuruzi bwo gucuruza abana b’u Rwanda nk’abacakara. Ibibaye kuri aba basirikare bagiye kwiyahurira Nyusi na Kagame byanabaye no ku bana b’u Rwanda boherejwe kwiyahurira ibirombe bya zahabu byahawe Paul Kagame na bampatsibihugu mu gihugu cya Central Africa.
  5. Aba basirikare bafite ababyeyi, ariko ntanigipfumure Kagame azaha abababyeyi babyaye ibi bicuruzwa bye, aba basirikare bafite abagore n’abana, ibaze aba bagore bagiye kugirwa abapfakazi abana babo bakaba impfubyi baroshywe na Paul Kagame mu rugamba rwa Nyusi, rudafitiye ingungu u Rwanda, ahubwo rugamije kwinjiriza Paul Kagame wenyine akayabo k’amadorari.
  6. Abanyepolitike cyane cyane abari mu gihugu kuki umuzimu wo gukunda igihugu utabakukiramo bakamagana ku mugaragaro aya marorerwa arimo gukorwa na Paul Kagame?
  7. Kuki abarikare bakuru mu ngabo zitwa ngo ni iz’u Rwanda bakomeje kujejetwaho n’ubugwari?
  8. Aya marorerwa akomeje gukorwa na Kagame arareba buri munyarwanda wese kandi agira ingaruka mbi kuri bose. Kuki abanyarwanda tudatsinda ubwoba tukarwanya ikibi?

Birababaje cyane.

James Munyandinda

Vendredi de gratitude avec Ariane Mukundente

Vendredi de gratitude: Felicula Nyiramutarambirwa, la pionnière

Felicula Nyiramutarambirwa

Pour ce vendredi de gratitude, je vous présente une femme hors du commun au nom de Felicula Nyiramutarambirwa que j’ai eu le privilège de connaître personnellement. Déjà très jeune, je me suis rendue chez elle avec sa sœur religieuse, Petite sœur Monica de Jésus. Elles habitaient une maison nichée dans un champ de bananier. Je n’ai jamais oublié mon passage en ce lieu car je n’avais jamais vu des bananiers aussi hauts et serrés en si grand nombre les uns sur les autres. Avec le vent, leurs feuilles faisaient un bruit énorme, le lourd bruissement produit par une véritable forêt de bananiers. Et non, ce n’était pas à Kibungo mais bien à Gitarama, dans la commune de Mukingi. Un bon souvenir que je garde dans ma tête avec celui de sa maman si accueillante et à l’affection débordante.

Telle mère, telle fille : je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi fort caractère, courageuse, charismatique, aimable, rassembleuse… bref une leader-née que Felicula Nyiramutarambirwa. Et son parcours est impressionnant. Elle était auxiliaire de l’Apostolat, ce qu’on appelait communément ‘’abakobwa ba Musenyeri’’. Elle fut professeure et directrice de l’École sociale de Karubanda à Butare, une école secondaire pour jeunes filles. Elle a quitté la direction de l’école quand elle fut élue Députée au Conseil National de Développement (CND) pour représenter la préfecture de Gitarama où elle remplit cette fonction avec brio, en vraie représentante du peuple.

Felicula Nyiramutarambirwa avait le courage de penser en dehors du système, de le remettre en cause, et surtout de modifier le statu quo. Elle n’avait pas peur de sortir des sentiers battus pour trouver des solutions innovantes. C’est pour cette raison qu’elle a bataillé, malgré l’échec de ses efforts, contre la dot à la rwandaise car elle considérait que la femme était traitée telle une marchandise. Elle avait une confiance en elle qui suscitait l’admiration. Felicula Nyiramutarambirwa savait ce qu’elle voulait et ce qu’elle pouvait apporter aux autres en faisant preuve d’un leadership orienté vers le résultat. Elle n’en considérait pas moins les avis des autres tout en nourrissant les relations personnelles qui construisent les équipes soudées par l’atteinte d’objectifs communs.

Félicula Nyiramutarambirwa montra son leadership, notamment, en réunissant les parents de quatre communes, Mukingi, Tambwe, Ntongwe et Kigoma de la région de Gitarama pour fonder en 1988 une école secondaire privée, le Groupe Scolaire Indangaburezi, de Ruhango. Son premier Directeur n’était autre que le journaliste de la VOA Venuste Nshimiyimana qui lança l’école avec 80 élèves alors qu’elle en compte aujourd’hui près de 2500, allant du cycle secondaire à l’université. L’église fournit le terrain et l’école fut construite à crédit par feu Ignace Rulinda (RIP) qui avait beaucoup d’affection pour Felicula Nyiramutarambirwa.

Felicula Nyiramutarambirwa fait partie des trois samaritaines qui ont eu l’initiative de venir en aide aux femmes du Rwanda en détresse en fondant l’organisation Umushumba mwiza – Le bon Pasteur. L’idée même en est attribuable à une autre grande dame au grand cœur, Thérèse Mujawayezu, qui en a fit part à son amie la Reine Gicanda Rosalie ainsi qu’à la Députée Felicula Nyiramutarambirwa. Les trois compères en ont recruté sept autres, dont trois prêtres, et ce sont ces dix âmes charitables qui en sont venus à créer l’association du Bon Pasteur.

Mais pour beaucoup, la réalisation la plus spectaculaire de Nyiramutambirwa est la création en 1987 au Rwanda, avec la complicité de près de 30 personnes, d’une institution de Microfinance appelée DUTERIMBERE. Cette dernière existe toujours et compte parmi les plus importantes au pays. Afin de bien saisir l’ampleur des retombés de ce projet et l’impact de Felicula Nyiramutarambirwa sur la vie des gens, il suffit de lire ces quelques mots de l’américaine Jacqueline Novogratz, fondatrice et PDG d’Acumen, une association à but non lucratif américaine pour aider les pauvres par la promotion de l’entreprenariat:

” 1986. Kigali, Rwanda. I am standing in a field on a blue-sky day, surrounded by tall, yellow sunflowers. I am a twenty-five-year-old former banker dressed in a flowery skirt, wearing flat, mud-speckled white shoes, my head filled with dreams of changing the world. Beside me is an apple-cheeked, bespectacled nun in a brown habit smiling broadly. Her name is Felicula, and I adore her for taking me under her wing. Along with a few other Rwandan women, she and I are planning to build the first microfinance bank in the country. Today, we’re visiting a sunflower oil-pressing business, the kind of tiny venture our bank might one day support. We plan to call the microfinance organization Duterimbere meaning “to go forward with enthusiasm.”

All I see is upside.

  1. Kigali, Rwanda. I am standing at an outdoor reception on a starry night, surrounded by men and women in dark suits. I am the fifty-five-year-old CEO of Acumen, a global nonprofit seeking to change the way the world tackles poverty. Rwanda’s president, Paul Kagame, and his top ministers are at the reception to meet potential investors in a new $70 million impact fund Acumen is building to bring solar electricity to more than ten million low-income people in East Africa ”.

Ces mots sont extraits de son livre “Manifesto for a Moral Revolution”. Et voilà! Quoi dire de plus? Le Rwanda a de quoi être fier de cette femme exceptionnelle qui a changé la vie de beaucoup de gens de son vivant et même au-delà, jusqu’à aujourd’hui. Malheureusement, comme bien d’autres héros, Felicula Nyiramutarambirwa connut une fin tragique, en 1989. Elle est tuée dans un accident de voiture aux circonstances encore non élucidées. Peu de temps après sa mort, le directeur du Groupe Scolaire Indangaburezi a mobilisé les membres de l’organisation ainsi que d’autres rwandais pour mettre en place la Fondation Felicula Nyiramutarambirwa ayant pour objectif de poursuivre son œuvre d’éducation auprès des enfants rwandais.

Toutefois, alors que le communiqué annonçant la tenue de l’assemblée constituante de la Fondation venait de passer à la radio nationale et que des bienfaiteurs avait déjà commencé à verser leurs contributions, des responsables des Services de renseignements sont venus solliciter le report des assises. Le directeur a tout bonnement refusé. Par après, l’évêque de Kabyayi, Monseigneur Thaddée Nsengiyumva, s’est déplacé à Ruhango pour demander au directeur de reporter la création de la Fondation. Monseigneur Thaddée a également exigé qu’un autre communiqué soit transmis à la radio pour annuler la première annonce. On évoquait alors que la création de la Fondation pourrait entraîner des émeutes. Le régime soupçonnait également, sans chercher vraiment à l’expliquer, que le nouvel organisme risquait de jeter les bases à la création d’un parti politique qui pourrait fédérer les gens de la région de Gitarama.

Et voilà comment la paranoïa empêcha qu’une belle action voit le jour, et ce au nom de Felicula Nyiramutarambirwa. Qu’importe, ses œuvres d’hier à aujourd’hui parlent d’elles-mêmes. C’est l’une des femmes rwandaises qui, par ses actions remarquables, mérite que son nom figure avantageusement dans la liste des Héros du pays. C’est avec humilité que je vous demande de rendre hommage à cette dame aux valeurs humaines hors du commun. Une véritable inspiration pour les jeunes filles rwandaises. En ce qui me concerne, je salue son engagement en politique comme grande pionnière. Ce sont des femmes comme Felicula Nyiramutarambirwa dont nous avons besoin. Des femmes de conviction au service du peuple.

Felicula Nyiramutarambirwa, niyubahwe!

Ariane Mukundente

Résolutions du congrès du Parti Ishema qui s’est tenu à Paris du 1 au 3 Juillet 2021.

RWANDA: Madame Nadine Claire KASINGE annonce sa candidature aux présidentielles de 2024

NOUS NE CEDERONS JAMAIS AUX CAPRICES DU FPR QUI NOUS POUSSE A ABANDONNER NOTRE LUTTE POLITIQUE LEGITIME.

Résolutions du congrès du Parti Ishema qui s’est tenu à Paris du 1 au 3 Juillet 2021

************************************************************

Vu les articles 46, 50, 51 et 52 des statuts du parti adoptés le 28 avril 2013 concernant les prérogatives du Congrès du Parti Ishema du Rwanda et les articles 59, 60, 61 et 62 du Règlement d’ordre intérieur du 28 janvier 2018 en sa dernière version ;

Nous Abataripfana et Indemyarugamba réunis en congrès ordinaire du Parti Ishema tenu du 1er au 3 juillet 2021 ;

Après de longues discussions et des échanges constructifs sur les problèmes cruciaux auxquels font face les Rwandais aujourd’hui, problèmes résultant essentiellement de la dictature fondée sur le mensonge et la terreur, dictature qui tue, terrorise, appauvrit, vole et spolie le peuple rwandais ;

Ayant constaté que le parti unique FPR-Inkotanyi a pris le pouvoir par les armes et instrumentalise le génocide pour s’éterniser à la tête du pays au détriment des valeurs et principes républicains et démocratiques que le peuple a adoptés ;

Faisant état de la situation que les hommes et femmes politiques de l’opposition endurent au quotidien, leurs droits étant bafoués, qu’ils sont terrorisés, accusés injustement, emprisonnés, portés disparus et/ou assassinés ;

Vu que le parti FPR-Inkotanyi a choisi de gouverner le pays selon le modèle du régime monarchique révolu, ignorant à dessin les exploits des Pères de la République et leur lutte acharnée finalement couronnée par le Référendum du 25 septembre 1961 qui a confirmé la volonté du peuple de rejeter la monarchie et ses pratiques tyranniques ;

Vu qu’aujourd’hui ce même peuple est de nouveau privé des acquis de la République ;

Rappelant au peuple rwandais que le parti FPR-Inkotanyi a montré son intention de fermer l’espace politique à jamais en nous refusant à deux reprises l’entrée au pays pour participer à la vie politique bien que cela soit notre droit inaliénable reconnu par la Constitution du Rwanda et les accords internationaux ratifiés par le Rwanda ;

Le Congrès décide de ce qui suit :

  1. Ne jamais renoncer au droit d’aller mener notre lutte politique au Rwanda jusqu’à ce que le pouvoir soit remis entre les mains du peuple. Nous refusons de donner au FPR le CADEAU PRECIEUX d’abandonner le combat pacifique pour la démocratie.
  2. Participer à toutes les élections. A cet effet, nous élisons et présentons au peuple rwandais et au monde entier le candidat qui représentera le parti Ishema aux élections présidentielles prévues en 2024 en la personne de Madame Nadine Claire KASINGE.
  3. Présenter au peuple notre projet “Démocratie des jumeaux” amélioré afin de mettre fin au cycle vicieux rwandais de violences basé sur le manque de la volonté politique de partager le pouvoir entre hutu et tutsi.

Le Congrès demande :

a.   Aux organisations internationales : L’organisation des nations unies (ONU), L’Union africaine (UA), L’Union Européenne (UE) et toutes les autres organisations de nous soutenir dans notre lutte de mener le Rwanda à un changement pacifique nécessaire.

b.  A tous les hommes et femmes politiques rwandais de se rallier à notre cause pour l’ouverture du terrain politique au Rwanda jusqu’à ce que le pouvoir soit remis entre les mains du peuple.

Fait à Paris le 04 juillet 2021

Valence Maniragena

Porte-parole du Congrès

Des Tutsis emprisonnés pour génocide au Rwanda pour avoir refusé de faire partie des menteurs.

Les accusés de génocide en comparution devant les juges Gacaca

Introduction

Quand on parle de procès de génocide commis contre des Tutsis, on im plique implicitement des Hutus qui ont été jugés et condamnés à des années de prison. Evidemment, c’est compréhensible car les victimes étaient en général des Tutsis proches de ceux qui avaient attaqué le pays en 1990 et qui gagneront la guerre après 4 ans de lutte. Cependant, étant donné les abus auxquels se livreront les juges, certains Tutsi honnêtes refuseront d’être de faux informateurs et seront punis. Qu’est-ce qui a poussé ces vaillants hommes à transcender les clivages ethniques et à rester intransigeants bon gré mal gré ? Ces lignes abordent succinctement cette rare réalité.

1.Les faits

Safari est tutsi et certains de ses frères sont partis rejoindre la rébellion du FPR et le quartier en est conscient car ces jeunes ne sont plus visibles dans le quartier des pauvres de Kiyovu.

D’ailleurs son petit frère aura joué un grand rôle dans la libération de certaines victimes qui séjournaient à la paroisse Sainte Famille car comme il habite dans la localité, il leur a montré les chemins les plus discrets.

Dans sa cachette, Safari était avec d’autres Tutsis, dont un vieil homme qui lui a donné son testament lui demandant de le transmettre à ses enfants s’il en sort vivant; Safari fait de même.

Soudain, une bombe disperse les fugitifs et le vieil homme est ensuite tué mais Safari en sort indemne.

Lors des procès gacaca, Safari qui a recouvré ses fonctions de président laïc de la paroisse Sainte Famille et ayant épousé une femme hutue est appelé à témoigner contre les hutus qui ont tué des personnes dans leur quartier. Il a révélé ce qu’il savait mais il a refusé de témoigner contre des accusés innocents et cela a déclenché la colère de certains extrémistes qui se sont mis à le scruter et ont découvert qu’il ne peut pas jouer leur jeu tant que sa femme est une hutue et qu’il s’attache à l’église catholique  dont le rôle dans le génocide est évident selon eux.

Ils en profitent pour exploiter le testament qu’il a reçu du vieillard décédé et lui demandent d’expliquer les circonstances de sa mort en mettant de côté le fait qu’il a été tué plus tard lorsque le fugitif avait été dispersé par les bombes. Il est condamné à 17 ans de prison. de prison et à 19 ans en appel.

K.S est un habitant tutsi de Bumbogo dans la campagne de Kigali, aujourd’hui district de Gasabo dans la ville de Kigali. Lors du procès de Kamuhanda Jean de Dieu qui était ministre dans le gouvernement nommé après le crash de l’avion du président Habyarimana Juvénal, le ministère de la justice l’a invité à faire partie des témoins qui déposaient devant le TPIR. Il répondit qu’il était chrétien et qu’il ne connaissait pas cet homme et qu’il n’avait rien à témoigner sur son cas. Les agents du ministère lui ont dit qu’ils étaient au courant mais qu’il était mieux indiqué car il est originaire de la même région que l’accusé et que ce fait suffit à convaincre le juge et mieux encore qu’ils lui livreront ce qu’il dira devant le tribunal. Il a catégoriquement rejeté l’offre et est rentré chez lui. Lors des procès Gacaca de leur région, il est étonnamment accusé d’avoir aidé des criminels hutus lors du génocide et il est condamné à 17 ans de prison. Sa fille que nous avons rencontrée a raconté que le père n’a pas été jugé pour faits de génocide étant donné qu’il s’était caché avec d’autres Tutsis en fuite et n’a commis aucun acte de complicité mais il est vraiment puni pour avoir entendu des secrets d’Etat et n’avoir pas accepté la mission qui lui a été confiée ; que l’emprisonnement est inférieur à ce qu’il devrait subir pour une telle inconduite vis-à-vis du régime.

M.J.P est un Tutsi rescapé du génocide et était dans une session Gacaca qui remplissait les listes des accusés de génocide dans le secteur Mutete et un faux témoin l’a cité parmi les victimes d’un voisin qui a été dénoncé. Demandant la parole, il réfuta toutes les déclarations du témoin et comme preuve tangible; il déclara que le nom d’une victime prétendument tuée lui appartenait et invita le tribunal à éviter de telles personnes car elles serviraient à tromper toutes les décisions attendues de lui. Lors du procès des Gacaca, MJP. est accusé d’avoir assisté à une réunion de milices Interahamwe qui préparaient des tueries dans la région ; cet ancien faux témoin dont les déclarations avaient été réfutées fait partie des témoins l’accusant de faits et il est condamné à 10 ans de prison.

Les illustrations sont nombreuses, mais ces trois suffisent à rendre compte du phénomène oublié.

2.Analyse

Ce cas précis des Tutsis qui n’ont pas accepté l’instrumentalisation des procès gacaca pour réprimer tous les Hutus comprenant même des innocents est une autre preuve tangible de l’échec de ce système extrajudiciaire gacaca. En effet, les opposants aux gacaca craignaient que le recours aux juridictions gacaca – traditionnellement réservées aux petits litiges civils – ne minimise la gravité des crimes. Certains se sont également demandé si les citoyens ordinaires, souvent sans instruction et sans formation juridique formelle, avaient les compétences nécessaires pour gérer les procès et appliquer correctement les lois nationales. D’autres craignaient que les parents et amis ayant des liens étroits avec la communauté ne soient indûment influencés et fassent preuve de partialité dans leurs décisions, créant ainsi de nouveaux conflits et tensions.

Les partisans des gacaca se sont opposés à ces réserves et ont finalement gagné. Ils ont souligné que l’utilisation des gacaca pour les crimes de génocide ne banaliserait pas les crimes, mais forcerait plutôt les communautés à traiter les crimes au niveau où ils ont été commis et aiderait à mettre fin à l’impunité localement. Ils ont également fait valoir que les citoyens ordinaires pourraient être formés pour appliquer correctement la loi et pourraient recevoir l’assistance d’avocats si nécessaire. Certains membres ont déclaré que la tenue des procès en public réduirait le risque que les juges prennent parti et découragerait les membres de la communauté de faire de faux témoignages. Dans leur réflexion, les avantages de l’utilisation des gacaca pour individualiser la culpabilité, pour dissiper l’idée que tous les Hutus ont commis un génocide et pour donner aux Rwandais ordinaires un rôle actif dans la justice pour le génocide l’emportaient de loin sur toutes les limitations potentielles.

Cependant, de nombreuses lacunes peuvent être attribuées au compromis le plus important fait en choisissant d’utiliser les gacaca pour juger les affaires de génocide : la restriction des droits à un procès équitable de l’accusé. Bien que ces droits soient garantis à la fois par le droit rwandais et le droit international, les lois gacaca n’ont pas mis en place de garanties adéquates pour garantir que tous les accusés comparaissant devant les juridictions gacaca bénéficieraient d’un procès équitable. Les lois gacaca ont tenté de trouver un équilibre en protégeant certains droits, notamment le droit d’être présumé innocent jusqu’à preuve du contraire ; en modifier d’autres, comme le droit de disposer d’un temps suffisant pour préparer sa défense ; et sacrifier complètement les autres, y compris le droit à un avocat. Des dizaines de cas mentionnés montrent comment ces manquements à une procédure régulière ont directement contribué aux irrégularités des procès gacaca. Le gouvernement a fait valoir que les droits traditionnels à un procès équitable n’étaient pas nécessaires parce que les membres de la communauté locale – qui ont été témoins des événements de 1994 et savaient ce qui s’était réellement passé – participeraient aux procès et interviendraient pour dénoncer les faux témoignages d’autres membres de la communauté ou la partialité des juges. Contrairement à ces attentes, cependant, les Rwandais qui ont été témoins de procédures injustes ou partiales ont décidé de ne pas s’exprimer parce qu’ils craignaient les répercussions potentielles (allant des poursuites pénales à l’ostracisme social) et ont plutôt participé passivement au processus gacaca. Sans une participation populaire active, les procès étaient plus facilement manipulés et ne révélaient pas toujours la vérité sur les événements qui se sont passés au sein des communautés locales.

Conclusion

Certaines personnes courageuses se sont échappées du panier ethnique et ont combattu sans crainte l’injustice à leurs risques et périls comme c’est le cas de Karasira qui fait face à des poursuites pénales pour avoir dit la “vérité”. Et ce cas de Tutsi qui a rejeté le mensonge commun est un fait supplémentaire aux multiples lacunes et échecs des procès pour génocide qu’il importe de dénoncer haut et fort: violations fondamentales du droit à un procès équitable et limitations de la capacité des accusés à se défendre efficacement ; une prise de décision erronée (souvent causée par les liens des juges avec les parties dans une affaire ou des idées préconçues sur ce qui s’est passé pendant le génocide) conduisant à des allégations d’erreurs judiciaires ; des affaires fondées sur ce qui semblait être des accusations inventées de toutes pièces, liées, dans certains cas, à la volonté du gouvernement de faire taire les critiques (journalistes, militants des droits humains et fonctionnaires) ou à des différends entre voisins et même parents ; l’intimidation des témoins à décharge par des juges ou des fonctionnaires ; corruption des juges pour obtenir le verdict souhaité ; et d’autres irrégularités graves de procédure.

The Rwandan Lawyer

NK’UMUNTU WARI MEMBRE WA APR INKOTANYI, NSABYE IMBABAZI AIMABLE KARASIRA

Banyamuryango ba APR INKOTANYI, cyera nyakwigendera yasabye abahutu gusaba imbabazi z’ibyaha bya ba se na basekuru kugirango bitandukanye n’izo nkozi z’ibibi zarimbuye imfura. Nanjye ni muri urwo rwego nitandukanije n’izo nkozi z’ibibi zo muri APR zishe umuryango wa Karasira Aimable, wari warokotse genocide. Uretse na Karasira, ndasaba n’imbabazi n’undi wese izo nkozi z’ibibi zahemukiye zikamwicira abari barokotse genocide. Kandi ndasaba kuboneraho kubwira abandi ba member ba APR kuboneraho gusaba imbabazi z’imiryango yacu yishwe n’ibikoko twabanaga, bari barokotse genocide, nka mukuru wanjye kwa data wacu Bayingana. Namwiboneye n’amaso yanjye ndi muri convoy agiye i Byumba n’izindi mpunzi, sinongeye kumubona ukundi. Ba comrades mwese nanjye nkeneye pole!

Biriya bintu byakorewe Karasira ntibyari bikwiye. Yari akwiye gusabwa imbabazi ndetse agahabwa n’indishyi z’akababaro z’umuryango we bishe. Turiya dufaranga bavuga ngo bamusanganye, byagombaga kubashimisha ahubwo bakamwongerera, bakamuhumuriza , bakamufata mu mugongo, bakagerageza kumusana umutima.

Ntabwo bagomba kumufata nkatwe twanyazwe inyana n’ibiziriko. Uriya ni muto akeneye gusabwa imbabazi. Niba bamushinja gukorana n’ibipinga, ese niba ibyo bipinga bimuha pole urumva yaba umutindi wanga umugirira neza!

Karasira nta gikorwa kibi yakoze ahubwo arazira ko yiciwe. Wenda ibyo yaririmbye byababaje abana b’imfubyi ba nyakwigendera, aho avuga ko atazakumbura se ubabyara kuko ariwe wari ukuriye abamwiciye.

Ibyo byose ni ibintu byumvikana, abivuga mu rwego rwo gutaka. Ubwe yivugiye ko aba ku miti y’agahinda. Kuki mumushinyagurira aho kumusaba imbabazi? Ese ubwo aguye muri mabuso mwazavuga iki imbere y’abagabo, payback yanyu ibagezeho? Barabashuka ngo ni mukande abantu ntimumenye ko muri gutoza abandi. Ibyo ni ubujiji, si uko umuntu akora. Ineza ni yo yonyine yabategurira amaherezo meza.

Erega utwo tuntu twose muba mukora ndatubona nkagerageza kubumva kuko ibyanditswe bidakuka. Ariko kubera ayo manyanga mwongeraho, ntibishobora kubahira. Uko mukorera abandi payback ni ko murushaho kuremereza iyanyu.

Abantu mugirwa inama naTom Ndahiro, civiliani muri abasirikari, akabaragira nk’ihene! Kuko aziko muri ibisazi, azi aho gukanda mukaka nk’ishanyarazi! Na bariya bagore batakigira umutima wa kibyeyi, baravuga mukumva? Mwagishije inama ba nyoko na ba nyokosenge ko bamwe mukibafite?! Nibabagira inama nk’iza bariya bagore, tuzamenya ko hapfuye inka n’ingoma.

Thomas Sankara

Vendredi de gratitude avec Ariane Mukundente

Vendredi de gratitude : La résiliente Ingabire Umuhoza Victoire

Vendredi de gratitude : La résiliente Ingabire Umuhoza Victoire

La quasi majorité des personnes que j’ai présentée jusqu’à maintenant pour mes vendredis de gratitude sont des hommes. Le Rwanda est un pays patriarcal où la femme était toujours effacée. C’est pour cela qu’on n’a pas vu beaucoup de femmes rwandaises qui peuvent rivaliser avec les hommes dans leur carrière, sauf tout récemment après 1994. C’est ainsi que pour mon vendredi de gratitude d’aujourd’hui, j’ai le plaisir de présenter une femme très courageuse, Mme Umuhoza Ingabire Victoire.
Femme politicienne, elle suscite beaucoup de réactions. Elle est violemment calomniée par ses adversaires politiques et admirée par les autres pour son courage et sa résilience. Une chose est sûre c’est une personnalité qui ne passe pas inaperçue, sa notoriété est même internationale pour l’opposante la plus populaire au Rwanda.

Bien que je m’intéresse à la politique en générale, moi qui crois au vrai multipartisme et aux vrais partis d’opposition qui aspirent au pouvoir, la politique Rwandaise n’est pas très excitante, car tout est prévisible. Donc, avant, je ne me suis jamais intéressée à la politique de qui que ce soit au Rwanda, y compris celle Ingabire. Elle a attiré mon attention par un simple hasard suite à un article d’un journal en ligne, igihe.com. Cet article affirmait qu’Ingabire lors d’une réunion avec ses partisans avait demandé à ces derniers de ne pas recruter des Tutsi dans son parti. C’était quelque mois après sa sortie de prison. Cette nouvelle m’a coupé le souffle. Comment une femme intelligente, instruite comme Ingabire qui vient de sortir de prison et qui connait les conséquences des tels propos au Rwanda pouvait prononcer ces mots? Il y avait anguille sous roche, pour moi, c’était impossible. Le mensonge était trop gros pour être vrai. Il s’est avéré effectivement que c’était un mensonge grossier, Igihe.com s’est distancé de cet article lorsqu’Ingabire a voulu porter plainte.

Après cet incident, j’ai été très curieuse. Le journal Igihe.com est un journal pro-gouvernemental, il peut plaider l’ignorance, mais il ne peut pas publier un article comme celui-là sans raison. Je comprends très bien les attaques d’un adversaire en politique, c’est de bonne guerre.
Mais ce qui m’a intrigué ce jour-là, c’est la nature de l’attaque. Comment les gens peuvent-ils inventer des mensonges en rapports avec la haine ethnique? Pourquoi vouloir attribuer à Ingabire, un discours raciste qu’elle n’a pas tenu? Pourquoi ressortir les fantômes de l’ethnisme délibérément dans un pays où on dit que les ethnies n’existent plus? Comment un journal pro-gouvernemental comme Igihe.com a-t-il publié un article sur la haine ethnique en manipulant la population ? J’avais beaucoup de questions, car de simples paysans avaient été manipulés pour mentir sur la haine ethnique. On ne joue pas avec ces choses-là, ça a conduit à un génocide. Et j’ai commencé à suivre attentivement les discours d’Ingabire, car je voulais savoir exactement ce qu’elle dit dans ses discours pour déceler moi-même l’extrémisme qu’on voulait lui attribuer. Je venais de me rendre compte que ce qu’on écrit et dit sur elle n’étaient plus fiable, il fallait l’écouter soi-même pour mieux comprendre ses propos.

Je voulais savoir entre Ingabire et ses adversaires qui dit la vérité, qui véhicule les discours de la haine et de la division ethnique. Je l’ai suivie à la lettre, je disséquais chaque mot qu’elle disait pour l’analyser. Je suis tombée des nues. De tous les discours des politiciens tant de l’intérieur que de l’extérieurs, du Rwanda, Ingabire est parmi les plus pacifistes. Elle a un discours rassembleur, inclusif qui s’adresse à toute la population rwandaise. Après cette découverte, je me suis amusée à demander aux gens qui ne l’aimaient pas, le pourquoi de cette animosité car j’étais curieuse de leur réponse.

La plupart d’entre wux ne pouvait pas me répondre, c’est comme si je les prenais de court, car ils étaient obligés de réfléchir pour me répondre. Certains me disaient qu’elle était extrémiste et quand je leur demandais de me donner une seule phrase qu’elle aurait dite qui prouve son extrémisme ethnique, ils ne savaient pas me répondre car, certains n’avaient même pas écouté aucun des discours d’Ingabire. Les plus virulents évoquaient des mots qu’elle aurait prononcés au site mémorial de Gisozi en 2010, insinuant que les Hutus ont été tués aussi et qu’il fallait le reconnaître publiquement. Au fait ce que Victoire Ingabire a dit ce jour-là ne fait pas d’elle une extrémiste ethnique, car cela n’a pas de rapport. De plus , ce qu’elle a dit a été repris récemment par le Président Kagame dans un journal Britannique à savoir qu’un grand nombre de Hutus sont morts.

J’ai lancé un défi à n’importe quelle personne de me montrer un seul discours d’Ingabire qui prêche la haine que ses adversaires essayent de nous faire avaler. Au fait, plus ils mentent à propos d’elle, plus les gens éprouvent de la sympathie pour elle et elle gagne en popularité. Car les mensonges et les calomnies sont tellement grossiers et violents qu’on a envie de chercher à connaître Mme Ingabore et d’écouter ce qu’elle dit. Et quand on se rend compte du contraste de ce qu’elle dit et ce qui est dit sur elle, on tombe des nues. C’est à se demander qui véhicule la haine. Et c’est admirable de voir comment elle reste digne devant cette animosité à son égard. Elle reste une politicienne modèle qui appelle au respect de la loi et des institutions. C’est ici qu’on voit l’aura de cette grande dame et son respect devant la fonction suprême qu’elle convoite. Elle en a les qualités et les compétences, ces épreuves font d’elle, une femme résiliente et aguerrie de la politique rwandaise. Qui est-elle?

Ingabire Umuhoza Victoire est née le 3 Octobre en 1968 au Rwanda. Après ses études primaires et secondaires, elle ira faire ses études universitaires au Pays-Bas, en droit commercial et comptabilité. Brillante, en 1997, elle continue ses études supérieures en économie commerciale et gestion des entreprises. Après ses études, elle obtient un poste de cadre dans une compagnie privée de dimension internationale ayant son siège aux Pays-Bas, où elle est chargée de contrôler et de coordonner les services comptables de 25 filiales installées en Europe, en Asie et Afrique. Ingabire a tout: un emploi prestigieux, un foyer et trois adorables enfants.

Toutefois, en 2010 elle plaque tout et descend dans son pays natal, le Rwanda pour briguer la présidence aux élections de 2010. Arrivée sur le terrain, son calvaire commence. Quelques mois après son arrivée au Rwanda, elle est arrêtée et fut condamnée en première instance à 8 ans d’emprisonnement pour «conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre» et «minimisation du génocide» de 1994. Elle porte le jugement en appel en Cour Suprême. Ce dernier alourdit à 15 ans de prison la condamnation de Victoire Ingabire. Son avocat porta le jugement à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP). Septembre 2018, elle est libérée par la grâce présidentielle. Entre temps, elle est blanchie par CADHP le 7 décembre 2018, et ce denier condamne le gouvernement rwandais à verser 72 000$ à l’opposante Victoire Ingabire en guise de réparation des préjudices matériels et moraux occasionnés par ses huit années d’emprisonnement.

Dès sa sortie de prison le 15 Septembre, Ingabire n’a pas abandonné la politique active, malgré les épreuves. L’élite du Rwanda tape fort sur elle sans arrêt avec les accusations les plus abjectes sous l’œil bienveillant du pouvoir qui laisse cette haine se déverser sur une citoyenne innocente, malgré ses appels aux autorités pour le respect de la loi. Elle perd toute sa garde rapprochée, les assassinats et disparitions des partisans de son parti FDU-Inkingi, ensuite Dalpha-Umurinzi ne s’arrêtent pas, la liste est longue. Mais devant ces épreuves Mme Ingabire dans sa douceur reste zen, elle continue son bout de chemin sans broncher en gardant le focus sur son travail de politicien.

À ceux qui ne la connaissent pas je ne vous demande pas de me croire, écoutez vous-même ses discours et c’est à vous de juger si vous êtes devant un monstre qu’on essaye de nous présenter. Ensuite , demandez-vous la raison de cette violence qui flirte souvent avec de l’ethnisme dans notre Rwanda d’après 1994. Vous allez entendre qu’elle négationniste. Demandez à voir la preuve de cette accusation : une seule phrase qu’elle aurait prononcée, un seul geste qu’elle aurait fait. Et saviez-vous quoi? Elle a perdu son petit frère dans le génocide, on l’avait pris pour un Tutsi. Dans cette période de commémoration, elle aussi, elle se souvient la mort de son frère. Acceptons que Mme Ingabire a le droit de faire la politique et d’aspirer à la fonction suprême. C’est son droit le plus absolu. Mais si on choisit aussi, l’option de mentir à son égard, eh bien préparez-vous, car elle défie toutes règles. Lorsqu’il s’agit d’elle le « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » devient « mentez, mentez et la vérité sortira ». Si je n’étais pas tombée sur ce gros mensonge de l’article d’Igihe, j’aurais peut-être cru à ce qu’on me dit sur elle. Mais ce jour-là, j’ai compris l’importance de vérifier toujours l’information surtout quand on est en face de la propagande pure et dure.

Ses adversaires et les autres politiciens ont beaucoup à apprendre d’elle. Elle a beaucoup d’avance sur eux étant sur le terrain et maîtrisant comment faire de la politique, la vraie : par un discours positif et apaisant, une attitude de proximité sincère avec les gens; par le respect des lois du pays et les droits humains; et enfin, par la recherche du bien commun plus que les intérêts personnels.
Quant à nous, simples citoyens, nous ne pouvons que souhaiter d’avoir des politiciens à l’image Victoire Ingabire Umuhoza qui ont un message apaisant, inclusif et rassembleur axé sur le respect de la loi et l’émergence d’un pays de droit. Un peuple a les politiciens qu’il mérite, exigeons la qualité.

Rendons, aujourd’hui, hommage à cette grande dame charismatique dont le discours rassembleur et inclusif apaise les esprits dans un pays où la peur de l’autre risque de s’installer au quotidien si les politiciens ne font pas attention à leur discours imbu de haine.
Les Rwandais ont besoin d’entendre un discours apaisant.

Mme Ingabire Victoire Umuhoza, niyubahwe!

Mme Ingabire Victoire Umuhoza, yubahwe!

Ariane Mukundente Clarisse Kayisire