Author Archives: Chaste Gahunde

Lettre de l’abbé F. Rudakemwa au secrétaire exécutif de la CNLG

Fort-Coulonge, le 12 juin 2020

A Monsieur le Secrétaire Exécutif de la CNLG

P.O. Box 7035, Kigali-Rwanda

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Je voudrais réagir au volumineux rapport de recherche (502 pages) que votre commission a publié en 2019. Son titre est « Le génocide des Batutsi dans l’ancienne préfecture de Cyangugu ». Ma première réaction est de rendre hommage à toutes les victimes de cette tragédie, de souhaiter que les coupables soient punis et qu’aucune personne innocente ne soit accusée injustement. À propos des accusations infondées, je voudrais :

  1. Dénoncer l’obstination de ce rapport
  • à traiter de génocidaires tous les Bahutu de tous les temps et de tous les lieux;
  • à vouloir faire du génocide des Batutsi une clef de lecture de l’histoire du Rwanda en général, et de l’ancienne préfecture de Cyangugu en particulier.
  1. Me demander si nous ne serions pas en face d’accusations en miroir.
  2. Réfuter les insinuations et les mensonges que ce rapport profère contre ma personne.

« Je déteste ce que tu dis, disait Voltaire, mais je me ferais tuer pour que tu puisses toujours le dire ».

Ainsi je pourrai dire moi aussi ce que je pense et « du choc des idées jaillira la lumière ».

Je vous souhaite, Monsieur le Secrétaire exécutif, bonne réception de ce document.

Abbé Fortunatus Rudakemwa


Sigles et abréviations

AFP : Agence française de presse

APR : Armée patriotique rwandaise

CDR : Coalition pour la défense de la République

CNLG : Commission nationale de lutte contre le génocide

C.R.I.S.P : Centre de recherche et d’information socio-politique

CSP : Conseil supérieur du pays

FAR : Forces armées rwandaises

FPR : Front patriotique rwandais

HCR : Haut-commissariat des réfugiés

IBUKA : (Souviens-toi) : Association des rescapés du génocide des Tutsi au Rwanda

Inyenzi: Ingangurarugo yiyemeje kuba ingenzi (Vaillant combattant déterminé à être toujours le meilleur).

Lett.enc : Lettre encyclique

MDR : Mouvement démocratique républicain

ONU : Organisation des nations unies

PDC : Parti démocrate-chrétien

PSD : Parti social-démocrate

RADER : Rassemblement démocratique rwandais

UNAR : Union nationale rwandaise

UPRONA : Union pour le progrès national


 I. Coller à tous les Bahutu l’étiquette de génocidaires

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Le premier grand défaut de votre rapport est l’obstination à traiter de génocidaires tous les Bahutu de tous les temps et de tous les lieux. En peu de mots, « le virus de haine et de génocide contre les Batutsi est congénital et héréditaire chez les Bahutu ». Son deuxième défaut, corollaire du premier, c’est l’acharnement à faire du génocide des Batutsi en 1994 au Rwanda une clef de lecture de toute l’histoire du pays. Ce double défaut est tellement grave qu’il rend votre rapport odieux, digne d’être relégué aux oubliettes, pour ne pas dire à la poubelle, et de là passer au déchiqueteur.

J’avais déjà abordé le sujet en 2011 et j’écrivais alors ce qui suit :

Le peuple rwandais comprend trois groupes ethniques : les Bahutu, les Batutsi et les Batwa. Il est généralement admis que les Bahutu constituent 85% de la population, les Batutsi 14% et les Batwa 1%. Même en admettant de larges marges d’erreur, les Bahutu ne pourraient pas être moins de 80%, les Batutsi ne pourraient atteindre le seuil des 20%, ni les Batwa celui des 2%.

Le génocide de 1994 au Rwanda a été perpétré par des miliciens majoritairement Bahutu, mais ce ne sont pas tous les Bahutu qui se sont rendus coupables du crime de génocide comme voudraient l’accréditer la propagande, l’idéologie et la justice officielles actuellement en cours au Rwanda. Si tous les Bahutu s’étaient levés comme un seul homme et s’étaient mis tous ensemble à « génocider » les Batutsi, de ces derniers, pas un seul n’aurait survécu. Le résultat aurait été le même si la seule moitié des Bahutu s’était livrée aux massacres que la communauté internationale a qualifiés à juste titre de génocide.

Aujourd’hui, les prisons « connues » du Rwanda abritent 120.000 Bahutu accusés de génocide. Quand ils entrèrent en fonction, les tribunaux d’exception « Gacaca » se proposaient de juger 800.000 personnes pour le même crime. Le total de ces « génocidaires » s’élèverait alors à 920.000 personnes, auxquels viendraient s’ajouter ceux qui sont détenus dans les prisons et les cachots secrets et privés, ainsi que les 44.000 autres qui, au dire du gouvernement de Kigali, sont en cavale partout dans le monde et qu’une commission « ad hoc » créée le 14 novembre 2007 doit traquer par tous les moyens et ramener au pays morts ou vifs. Si un contingent aussi nourri, avec tout le temps libre dont il disposait pour sa sale besogne (100 jours : du 6 avril au 4 juillet 1994), s’était mis à l’œuvre, aucun Mututsi ne serait resté en vie.

Il y a eu le génocide des Juifs perpétré par les Nazis ; mais on n’a jamais entendu que tous les Allemands soient des génocidaires. Pourquoi est-ce que tous les Bahutu devraient l’être ? Est-il possible qu’il y ait plus de génocidaires au Rwanda, où les victimes se chiffrent à moins d’un million, que chez les Nazis où le nombre des victimes dépasse de loin les six millions ? [i]

Pour étayer votre thèse et son corollaire, vous passez en revue les tueries interethniques qui ont émaillé l’histoire du Rwanda, surtout depuis 1959 jusqu’en 1994, mais aussi avant et après cette période de temps.

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Un examen dépassionné du contexte et du déroulement de ces tueries montre que vous avez tort, que votre thèse est fausse, tandis que son corollaire est à la fois erroné et extrêmement dangereux pour le présent et le futur de la société rwandaise. Dans les lignes qui suivent, je voudrais procéder avec vous à cet examen dépassionné.

I.1. De 1994 à aujourd’hui

Commençons par les massacres de 1994 que la communauté internationale a qualifiés à juste titre de génocide. Ces massacres ont fait plus de victimes du côté des Bahutu que du côté des Batutsi. Et pour cause, dans une grande partie du Rwanda, les miliciens Interahamwe (pas tous les Bahutu) massacraient autant de Batutsi qu’ils pouvaient sans épargner les Bahutu de l’opposition. D’ailleurs les Interahamwe ont commencé d’abord par ces derniers.

De l’autre côté, dans la partie du Rwanda qu’elle contrôlait, l’APR (et non tous les Batutsi) massacrait autant de Bahutu innocents qu’elle pouvait. Elle a continué à le faire sur tout le territoire rwandais au fur et à mesure qu’elle progressait dans le cadre de sa guerre totale et finale contre les FAR. Pour des raisons difficiles à comprendre, elle massacrait aussi des Batutsi, omettait de leur porter secours alors qu’elle le pouvait et encourageait même les massacres dont ils étaient victimes. Les foules épuisées qui marchaient à pied sur les routes du Rwanda en 1994 en direction du Zaïre étaient constituées en très grande partie de rescapés, de témoins oculaires ou auriculaires des atrocités du FPR. Elles n’étaient pas constituées de criminels fuyant l’avancée du FPR. Loin de là.

Au mois de mai 1994, c’est une délégation du FPR à l’ONU qui s’est opposée à l’envoi par l’organisation d’une force internationale au Rwanda pour stopper net ces massacres. Ils venaient de durer un mois, ils allaient durer encore deux mois de trop (puisqu’officiellement ils finiront en juillet 1994) à cause de l’entêtement du FPR.

Rappelons qu’ils ont été causés par l’assassinat le 06 avril 1994 des présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda, Cyprien Ntaryamira du Burundi et de leurs suites dans les circonstances que vous connaissez. Vous n’ignorez pas que le même jour (le 06 avril 1994), les présidents Mobutu Sese Seko du Zaїre et Daniel Arap Moi du Kenya, ainsi que leurs suites, devaient eux aussi être assassinés. C’était seulement cinq mois après l’assassinat ignoble de Melchior Ndadaye, premier président démocratiquement élu du Burundi. Toutes ces victimes ont en commun le fait d’être des Bantous, peuple africain dont les Bahutu constituent un sous-groupe. Avant de présumer que ces chefs d’États auraient été tués (ou qu’ils étaient sur le point d’être tués) par leurs congénères, génocidaires de nature, je n’y réfléchirais pas sept fois seulement, mais bien mille fois.

I.2. De 1990 à 1994

Depuis le 1er octobre 1990, jour du déclenchement de sa guerre de reconquête à partir de l’Ouganda, le FPR se livrait à de sporadiques massacres de Rwandais, surtout des Bahutu. Depuis cette date, les pionniers des futures milices « Interahamwe » faisaient de même au détriment des Batutsi, sans épargner certains Bahutu. Avec cette grande différence que l’APR commettait des crimes presque parfaits. Aux yeux de l’opinion, elle parvenait à les adosser aux forces gouvernementales ou aux milices. D’autres fois, elle subtilisait les corps des victimes pour aller les enterrer et/ou les incinérer dans des endroits accessibles à ses seuls agents et membres.

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Au vu du contexte et du déroulement des massacres qui endeuillent le Rwanda depuis 1990 jusqu’aujourd’hui, au pays et partout ailleurs dans le monde, comment osez-vous stigmatiser tous les Bahutu et seulement les Bahutu ?  « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps », disait Abraham Lincoln. La vérité est en train d’émerger chaque jour davantage et rien ne l’arrêtera.

I.3. En 1973

Avant 1990, une précédente vague anti-tutsi avait soufflé sur le Rwanda au premier trimestre de 1973. Des « Comités de Salut Public » chassèrent les Batutsi des écoles, du monde du travail et de la fonction publique. Certains furent même tués, beaucoup d’autres prirent le chemin de l’exil. C’étaient des manœuvres combinées par un groupe de militaires visant à affaiblir encore d’avantage le régime du président Grégoire Kayibanda en vue de le renverser par un coup d’État, comme cela arrivera de fait le 05 juillet 1973.

Ces tristes événements ne peuvent pas être pris comme preuve infaillible d’une haine éternelle de la part des Bahutu à l’égard des Batutsi. Il suffit pour s’en convaincre de ne pas perdre de vue deux faits.

Le premier est que les membres des « Comités de Salut Public » s’en prenaient aussi aux étudiants Bahutu du centre et surtout de Gitarama, préfecture d’origine du président Grégoire Kayibanda. Le second fait est l’ampleur nettement plus étendue du génocide survenu quelques mois auparavant au Burundi (Pentecôte 1972), au cours duquel les éléments exclusivement tutsis de l’armée nationale burundaise et de la jeunesse Louis Rwagasore, jeunesse du parti UPRONA, massacrèrent entre 300.000 et 500.000 Bahutu, tous âges et toutes catégories confondus[ii]. Là, il y avait de la haine ethnique, oui.

I.4. En 1959

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Vous croyez trouver un argument massue en faveur de votre thèse dans les violences qui ont marqué la Révolution sociale de 1959 au Rwanda. Ignorez-vous que ces violences ont fait plus de morts du côté des Bahutu que du côté des Batutsi? Cela est dû au fait qu’elles n’ont pas été déclenchées par des leaders Bahutu « assoiffés de pouvoir ». Non. Elles ont été lancées par des milices royales à l’antique (Ingabo z’umwami) mises sur pied par des caciques Batutsi qui ne voulaient entendre parler ni de démocratie, ni de justice sociale, ni de partage du pouvoir et encore moins de renoncer à des privilèges mal acquis. Ils ont été les premiers dans l’histoire du Rwanda à dresser et à publier (afficher) des listes d’autres Rwandais, leurs compatriotes, à abattre.

La contre-attaque révolutionnaire ne s’en est pas prise aux Batutsi indistinctement, mais plutôt aux extrémistes qui étaient à la tête des milices royales et à ceux qui s’étaient montrés toujours brutaux et impitoyables dans l’exercice de leurs fonctions héréditaires. Elle a aussi renvoyé chez eux les représentants du roi que, au cours des années 1920-1930, l’autorité coloniale belge avait parachutés dans les entités autonomes hutu de l’ouest et du nord du Rwanda.

Pris de peur et pensant que leur sécurité n’était pas garantie, d’autres Batutsi qui n’étaient pas visés par la contrattaque révolutionnaire ont choisi de prendre le chemin de l’exil. Leurs voisins Bahutu les protégeaient, les accompagnaient jusqu’à la frontière, portant parfois leurs bagages et autres effets sur la tête. Certains Bahutu passaient même la frontière avec eux. Les uns et les autres étaient convaincus que l’exil serait de courte durée. C’était sans compter avec l’intransigeance et le jusqu’auboutisme de l’UNAR. Monsieur le Secrétaire exécutif, vous vous rendez compte que, à moins d’être d’une profonde mauvaise foi, personne n’oserait dire que les violences qui ont marqué le Révolution sociale de Novembre 1959 plaident en faveur de votre thèse.

D’autres nombreux Batutsi quitteront le Rwanda de leur propre gré après le 28 janvier 1961, date à laquelle le Rwanda est devenu une république dirigée par des leaders Bahutu. Pour ces Batutsi là, il était tout simplement impensable de partager le pouvoir avec les Bahutu et encore moins vivre dans un pays gouverné par eux[iii]. Certains d’entre eux rejoindront les « Inyenzi », rébellion armée regroupant une partie des durs qui étaient partis en 1959.

 I.5. De 1960 à 1967

Sans tarder, dès 1960 déjà, ces Inyenzi menaient des incursions terroristes à différents points du territoire rwandais. Leur but était d’étouffer dans l’œuf la jeune république, reprendre par les armes le pouvoir qu’ils avaient perdu par les urnes, même au prix du sang : le sang des Bahutu, mais aussi celui des Batutsi restés au Rwanda considérés déjà à l’époque par leurs congénères en exil comme des traîtres et des poltrons.

Leurs incursions continueront même après le 1 juillet 1962, date à laquelle le Rwanda recouvra l’indépendance. Elles iront jusqu’en 1967. La plus célèbre et la plus meurtrière de ces incursions fut celle de décembre 1963. Monsieur l’abbé Alexis Kagame en parle en ces termes:

Pendant ce temps, sous le coup de cette attaque qui n’avait été stoppée qu’à quelques 20 km de Kigali, tout le pays fut jeté dans une terreur panique … Dans le reste du pays, les populations étaient mises en alerte. Une tentative d’invasion s’était produite, en effet, à la pointe Nord-orientale du Rwanda, venant de l’Uganda. Elle fut repoussée par la garde nationale qui lui infligea beaucoup de pertes. Une autre attaque importante des Inyenzi … eut lieu au Bugarama (Vallée de la Rusizi) en direction de Cyangugu le 1 janvier 1964. La garde nationale leur infligea encore ici une cuisante défaite. …

Par ici, par-là, les autorités préfectorales s’arrogèrent le droit du glaive dans cette atmosphère de panique. Elles arrêtèrent de nombreux notables Batutsi et Bahutu notoiremnet Unaristes et les firent exécuter sans jugement. Ici encore les règlements de compte personnels firent des victimes parmi les personnes non concernées, y compris des Bahutu. Lorsqu’on est bien placé, en effet, quoi de plus simple que d’englober dans le massacre telle personne envers laquelle on devait régler une dette importante, ou est en procès avec un ami, etc?…

En conclusion, les incursions des Inyenzi n’avaient pas auparavant provoqué des représailles que nous sachions, d’ordre ethnique à l’intérieur du pays, et elles n’en auront pas dans la suite. La catastrophe s’est concentrée sur les raids de décembre 1963[iv].

Alexis Kagame continue en précisant que ces exécutions sommaires n’ont pas eu lieu partout au Rwanda, mais seulement dans les préfectures de Cyangugu, Gisenyi, Kibungo et Gikongoro.

Monsieur le secrétaire exécutif,

Je ne pense pas que vous en sachiez plus long que Alexis Kagame, le plus grand historien que le Rwanda ait connu, un Mututsi de surcroît. À la lecture du récit qu’il fait des tristes évènements de fin décembre 1963 – début janvier 1964 dans certaines préfectures du Rwanda, il faudrait encore une fois être d’une profonde mauvaise foi pour dire qu’ils témoignent d’un esprit génocidaire et d’une haine congénitale que les Bahutu ont à l’égard des Batutsi. Un autre fait qui le montre, c’est que les prisonniers de guerre faits par les unités de la Garde nationale ont été jugés par la Cour militaire, condamnés à mort, mais graciés par le président de la république.

Le jour de la très forte attaque des Inyenzi en décembre 1963, une quinzaine de leaders des partis d’opposition se trouvaient à Kigali, réunis comme à un rendez-vous. Alexis Kagame en cite certains :

– Rutsindintwarane, président de l’UNAR;

– Rwagasana, secrétaire général du même parti et député national;

– Afrika, ministre de l’élevage et membre du même parti;

– Burabyo; membre du bureau du même parti;

– Bwanakweli, président du RADER, Ndazaro, vice-président du RADER;

– Karinda, fonctionnaire au ministère des finances.

« Certains d’entre eux furent arrêtés par machination de leurs ennemis personnels », c’est Alexis Kagame qui le dit, c’est-à-dire « à l’insu des autorités responsables » toujours selon les termes de Kagame.

Tout le groupe formé de 15 hommes en état d’arrestation fut expédié à la prison spéciale de Ruhengeri, convoyé par des fonctionnaires belges de l’aide technique. Une fois là à Ruhengeri, les prisonniers auraient été exécutés probablement le 24 décembre 1963 par ces mêmes fonctionnaires belges qui les convoyaient, soi-disant « pour venger les propos injurieux que lesdits leaders avaient naguère déclamées contre l’Administration de la Tutelle ». Ces convoyeurs furent bientôt licenciés des services du gouvernement[v]. Monsieur le secrétaire exécutif, même l’horrible massacre de ces leaders rwandais, dont Prosper Bwanakweli d’heureuse mémoire, ne permet à personne de stigmatiser tous les Bahutu. J’espère que vous êtes d’accord avec moi sur ce point.

Conclusion à la première partie.

Monsieur le Secrétaire exécutif, l’analyse des tueries interethniques qui ont eu lieu au Rwanda depuis 1959 démontre un détail qui m’a intrigué. Jamais, au grand jamais, un groupe de Bahutu, (et encore moins tous les Bahutu comme tels) n’ont pris l’initiative de les déclencher.

-Sans les agressions verbales et physiques des Unaristes, voies de fait graves, coups, blessures et meurtres accomplis par les milices royales en 1959, la Révolution sociale de cette année-là au Rwanda n’aurait pas pris une tournure violente. Le pays aurait connu une évolution pacifique.

-Sans les sporadiques attaques des tristement célèbres « Inyenzi» qui se sont échelonnées de 1960 à 1967, les massacres qui se sont produits à la même époque n’auraient jamais eu lieu.

-Nous avons vu que derrière les actions des « Comités de Salut Public» en 1973, se trouvait un groupe d’officiers qui voulaient prendre le pouvoir par les armes. Mais je ne doute pas qu’il y ait eu des étourdis qui ont emboîté le pas aux meneurs du mouvement sans connaître leur objectif, mais ayant seulement à l’esprit les massacres à très grande échelle opérés l’année précédente au Burundi par les Batutsi contre les Bahutu.

-En 1990, le problème des réfugiés rwandais était sur le point d’être résolu par voie d’une concertation très avancée entre le HCR, le gouvernement ougandais et le gouvernement rwandais. Le jour où il était prévu une réunion très importante entre les trois parties, le FPR préféra déclencher la guerre dite d’Octobre 1990 avec son cortège de massacres opérés des deux côtés des belligérants.

-Sans l’attentant du 06 avril 1994 qui coûta la vie aux victimes dont nous avons parlé ci-haut, la guerre d’Octobre 1990 n’aurait jamais dégénéré en génocide. Dire qu’on ne sait pas qui a abattu l’avion du président Juvénal Habyarimana ce soir-là du 06 avril 1994, c’est un euphémisme ou, mieux encore, un secret de polichinelle.

II. Une accusation en miroir?

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Gardons à l’esprit l’étiquette de génocidaires que vous collez à tous Bahutus indistinctement. Gardons aussi à l’esprit l’élément très important que nous venons d’examiner à la fin de la première partie, à savoir que « Jamais, au grand jamais, un groupe de Bahutu, (et encore moins tous les Bahutu comme tels) n’ont pris l’initiative de déclencher les massacres interethniques qui ont marqué l’histoire du Rwanda depuis 1959 et 1994 ».

Procédons alors à un rapide flash-back de l’histoire du Rwanda de 1959 jusqu’aux origines. En effet, l’histoire du Rwanda ne commence, ne s’interrompt ni ne finit en 1959. Tandis que je faisais cette rétrospective, certains écrits ont retenu mon attention. Je voudrais vous les partager, Monsieur le Secrétaire exécutif, pour voir si votre thèse ne serait pas une accusation en miroir.

II.1. La charte de fondation du parti UNAR du 15 août 1959

Cette charte explique la doctrine du parti en disant entre autres ce qui suit :

L’orgueil de l’Occidental ne lui permet pas de supporter un « autre homme qui lui est égal ». … Bien que la société ruandaise soit composée d’individus de valeur très inégale, et qu’il n’est pas équitable d’accorder la même valeur à la pensée vulgaire de l’homme ordinaire qu’au jugement perspicace de l’homme capable … Bien que le suffrage universel aboutira infailliblement à l’asservissement de la minorité lettrée par la majorité inculte … Il est cependant impossible de refuser le suffrage universel aux Bahutu. … Si la minorité tutsi est vraiment capable et à la hauteur des événements, elle doit, par son énergie, influer sur l’opinion publique, étonner le monde par son organisation, sa discipline. … L’organisation immédiate de notre parti s’empressera de donner aux Bahutu et aux Batwa les mêmes droits, et en même temps s’empressera de mâter les sottises et la trahison commune aux êtres incapables de la plus élémentaire abstraction[vi].

Ce texte se passe de commentaire. Ses auteurs sont égaux aux Occidentaux et supérieurs aux autres Rwandais Bahutu et Batwa. A contrecœur et avec répugnance, ils leur donneront les mêmes droits, mais ils s’empresseront aussi de mâter les sottises et la trahison de ces êtres inférieurs.

II.2. La première lettre 17 mai 1958 des grands serviteurs de la cour au CSP.

Elle dit :

L’on peut se demander comment les Bahutu réclament maintenant leurs droits au partage du patrimoine commun. Ceux qui réclament le partage du patrimoine commun sont ceux qui ont entre eux des liens de fraternité. Or les relations entre nous (Batutsi) et eux (Bahutu) ont été de tout temps jusqu’à présent basées sur le servage ; il n’y a donc entre eux et nous aucun fondement de fraternité… Les Bahutu prétendent que Batutsi, Bahutu et Batwa sont fils de Kanyarwanda, leur père commun. Peuvent-ils dire avec qui Kanyarwanda les a engendrés, quel est le nom de leur mère et de quelle famille elle est ? L’histoire dit que Ruganzu a tué beaucoup de « Bahinza » (roitelets). Lui et les autres de nos rois ont tué des Bahinza et ont aussi conquis les pays des Bahutu dont ces Bahinza étaient rois. On en trouve le détail dans « l’Inganji Karinga ». Puisque donc nos rois ont conquis les pays des Bahutu en tuant leurs roitelets et ont ainsi asservi les Bahutu, comment maintenant ceux-ci peuvent-ils prétendre être nos frères ?” [vii]

Cet autre écrit se passe lui aussi de commentaire. Son titre est “Voici le détail historique du règne des Banyiginya au Rwanda”. Il s’acharne à justifier le droit historique et inaliénable du roi et des Batutsi à gouverner seuls le Rwanda parce qu’ils l’ont conquis.

II.3. La deuxième lettre 18 mai 1958 des grands serviteurs de la cour au CSP[viii].

Au lendemain de la première lettre, les mêmes grands serviteurs de la cour retournèrent à la charge et enfoncèrent encore davantage le clou. Ils adressèrent au roi et aux membres du CSP une autre lettre par laquelle ils s’opposaient énergiquement à tout projet de changement du régime foncier au Rwanda. “Nous vous exposons, disent-ils, nos doléances à propos des « ibikingi » et des « amasambu » [latifundia], propriétés exclusives de leurs possesseurs comme le Rwanda est propriété exclusive du roi”. Ils proposaient que les paysans sans terres soient encouragés à s’exiler vers les pays limitrophes ou à déménager pour aller occuper certaines zones insalubres et peu hospitalières à l’intérieur du Rwanda.

II.4. Inganji Karinga

Des trois documents ci-haut analysés, le message est clair : « Pas de partage, ni du pouvoir, ni des terres, ni du patrimoine commun entre les Batutsi et les autres Rwandais (Bahutu et Batwa ». Pourqoui ? Parce que les plus éminents parmi les Batutsi, les Banyiginya, sont d’origine céleste : une légende à dormir debout[ix]. Les détenteurs de cette idéologie disent qu’elle leur vient d’une tradition orale mise par écrit par Alexis Kagame dans son livre « Inganji Karinga » (Karinga le victorieux, – le conquérant ou le triomphateur-). Karinga, c’était le tambour emblème de la dynastie tutsi-nyiginya qui a régné sur le Rwanda jusqu’en 1959.

Tout au long l’histoire universelle, chaque fois qu’un peuple s’est considéré d’origine céleste et/ou supérieur aux autres, il a commis des crimes horribles contre les peuples dits « inférieurs » :

-Extermination par le peuple de Dieu des sept peuples, symboles des sept péchés capitaux, qui habitaient le territoire de Canaan, etc.

-Pillage des richesses naturelles, traite négrière, colonisation, néo-colonialisme et impérialisme de la part des Occidentaux Blancs,

-Seconde guerre mondiale et génocide des Juifs par les Aryens,

-Apartheid (développement séparé) en Afrique du Sud, etc.

-L’abus du droit de glaive et le système socio-économique appelé « Ubuhake» au Rwanda.

Quand les Abanyiginya annexaient une principauté, le prince de cette dernière et tous ceux qui, de droit, pouvaient prétendre à sa succession étaient passés au fil de l’épée. Pour symboliser la fin irréversible de leur lignée, ils étaient châtrés et les organes génitaux du prince en particulier allaient orner Karinga, le tambour emblème de la dynastie des Abanyiginya[x].

Les survivants, s’il y en avait, et à plus forte raison les gens du peuple, n’étaient pas associés à l’exercice du pouvoir. Ils se voyaient plutôt imposer un système socio-économique très oppressif dénommé « ubuhake ».

C’est un système qui tenait à la fois de la féodalité et de l’apartheid. De la féodalité, il avait pris le clientélisme ; et de l’apartheid la conviction que les Batutsi étaient supérieurs aux Bahutu et aux Batwa[xi].

Dans le domaine strictement économique, ce système se caractérisait par une exploitation des serfs par les seigneurs. Au Rwanda, ce système avait atteint son sommet qui est le principe de la loi d’airain : le serf, ravalé au rang d’instrument de travail, ne reste qu’avec le strict minimum nécessaire pour qu’il continue à produire. Un serviteur jugé insoumis par son seigneur s’exposait à l’expropriation ou à des sévices corporels qui bien souvent le laissaient estropié toute la vie.  Bien avant 1959, des Rwandais majoritairement Bahutu s’en allaient en exil pour échapper à la cruauté et au totalitarisme de la monarchie, auxquels était venu s’ajouter le joug colonial allemand, puis belge.

Conclusion à la deuxième partie

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Au terme de ce parcours, il me semble le virus que vous avez cru diagnostiquer chez les tous les Bahutu se trouverait plutôt chez une infime partie des Batutsi : une frange extrémiste au sein des Batutsi qui ont gouverné le Rwanda d’une main de fer jusqu’en 1959. Je ne sais pas si leurs descendants qui ont reconquis le pouvoir au Rwanda en 1994 portent eux aussi ce virus. Est-ce que certains Bahutu auraient été contaminés à leur tour ? Je ne l’exclus pas. En effet,

De longues années vécues dans la terreur développent chez certains individus des mécanismes de défense pouvant les conduire, au nom de la survie, à poser des actes désavoués silencieusement par leur conscience[xii] .

Si c’était le cas, alors les masses, c’est-à-dire la partie saine de la population rwandaise formée de Bahutu, de Batutsi, de Batwa et de Naturalisés, tous de bonne volonté, serait prise en sandwich entre deux groupuscules malveillants. Ce sont ces « génocidaires » peu nombreux et de tous bords que vous devriez ramener au bercail, au lieu de diviser par des discours haineux et mensongers « cette partie saine de la population que l’injustice seule peut conduire à des excès »[xiii].

[A suivre]

Intégralité du document:


Source: http://www.echosdafrique.com


[i] F. Rudakemwa, Priorité N1 : Régler leurs comptes aux Bahutu ? » in www.leprophete.fr, le 20 mars 2011.

[ii]  Rudakemwa F., Op.cit., pp. 127-133.

[iii] ID., Op.cit., pp. 93-94

[iv] Kagame A., Un abrégé de l’histoire du Rwanda de 1853 à 1972, Éditions universitaires du Rwanda, Butare 1975, pp.355-358.

[v] ID., Op.cit.,pp. 356-357.

[vi]  Charte de fondation du Parti UNAR, in Nkundabagenzi F., Rwanda politique, C.R.I.S.P, Bruxelles, 1962, pp. 94-95.

[vii] Première lettre des grands serviteurs de la cour, in Nkundabagenzi F., Doc. cit., pp. 35 – 36.

[viii] Deuxième lettre des grands serviteurs de la cour, in Nkundabagenzi F., Doc. cit., pp. 37 – 38. Rudakemwa F., L’évangélisation du Rwanda (1900-1959), L’Harmattan, Paris, 2005, pp. 322-323.

[ix] Kagame A., Inganji Karinga, Imprimerie de Kabgayi, Deuxième édition, 1959, pp. 60-68.

Rudakemwa F., Rwanda. A la recherche de la vérité historique pour une réconciliation nationale, L’Harmattan, Paris, 2007, pp. 117-120.

[x] ID., Op.cit, p. 41

[xi] ID., Op.cit., pp. 37-38.

[xii] Mbanda Jean, Lettre ouverte aux des familles politiques FPR, MDR, PDC, PDU, PSD, PSR, UDPR, Kigali, le 05.05.2000.

[xiii] Vicaires apostoliques du Rwanda et du Burundi, Lettre pastorale sur la vertu de la justice, Avril 1957, p.2.

Politiki y’akaminuramuhini irasenya.

Nzinduwe no gutanga umusanzu mu ​iyubakwa ry’ikiraro​ cyo guhuza abanyarwanda duhereye kubo dusangiye ibyifuzo byo kuzataha mu gihugu cyacu twahunze kubera politiki y’igitugu, ubwicanyi n’ivangura ya FPR Inkotanyi. Iyubakwa ry’icyo kiraro rirakenewe cyane kuko turi ​impunzi nyinshi​ ​kandi zitatanye​ ku migabane yose y’isi. Ariko ikidutanya cyane ni ​amateka​ yacu. Dufite amateka anyuranye ku buryo bamwe bisanga hamwe n’abo bahunze, kandi bose ari impunzi. Bakagira ikibazo cyo kumenya uburyo bafatanya urugamba rwo kurengera uburenganzira basangiye bwo kuva mu buhungiro bagataha mu gihugu cyabo. Iki nicyo gituma dufite amashyaka ya opozisiyo arenga 20. Usanga buri shyaka ari icyiciro cy’abantu bahuje amateka. Hariho abagerageza kwisungana bagakora ishyaka rimwe baturutse mu byiciro bibiri cyangwa bitatu bitandukanye. Ubwo ni uburyo bwo kugerageza kubaka amateme ahuza abanyarwanda. Urugero rukomeye ni nka ​P5​ yagerageje guhuza amashyaka atanu harimo FDU nayo ikomoka ku mashyaka anyuranye yishyize hamwe. Urundi rugero ni nka​ MRCD​ ihuje amashyaka 4. Ntitwabura kuvuga n’ishyaka ryitwa Ishakwe naryo rihuza igipande cyaturutse kuri ​RNC​ n’ikindi gipande cyaturutse kuri ​FDU​. Hari n’abiyise « Nouvelle génération » barimo ishyaka ​Ishema​ n’abandi ngo bibona mu rubyiruko. Ibyo byose iyo ubyitegereje usanga ikiranga opozisiyo nyarwanda muri rusange ari ugukora itatanye, mu kajagari, kandi bose nyamara indoto yabo ari imwe : gutaha mu rwatubyaye habanje gushyirwaho politiki nshya ibanisha abanyarwanda.

Muri iyo ntego yo kubaka ikiraro gihuza abanyarwanda barwanya igitugu cya FPR igikorwa cyabaye ku matariki ya ​23 na 24 Gicurasi​ uyu mwaka ni intambwe ikomeye cyane. Bifashishije ikoranabuhanga​, abantu 58​ bari bahagarariye ​imiryango 35​ y’ amashyaka n’amashyirahamwe adaharanira ubutegetsi (ari byo bita société civile) barahuye, bakora inama. Bwari ubwa mbere igikorwa nk’icyo kibasha kuba. Nagize amahirwe yo kuba nari iyo nama, nkaba nari mu ntumwa zoherejwe na Institut Seth Sendashonga. Kujya mu nama byari ukwicara iwawe cyangwa ahandi hantu wumva ufite umutuzo, ugafungura terefone yawe yo mu rwego bita smartphone, ni ukuvuga ifite ubushobozi bwo kwinjizwamo ibijyanye n’ikoranabuhanga nka wattsap, skype cyangwa ​zoom ​(soma zumu). Iri koranabuhanga nsorejeho (zoom) niryo twifashishije. Abatumiye inama (turabagarukaho) babanzaga kukoherereza ibanga ukoresha kugirango ubashe kwinjira mu cyumba inama yaberagamo. Ibanga warangiza kurikora bakakubwira ko bakubonye kandi bagiye kugufungurira mu kanya gato. Nyuma wagiraga utya ukabona ugeze mu cyumba cy’inama. Ukabona Runaka arimo kuvuga nk’uko wicara iwawe ukareba tereviziyo. Babanje kutwereka uko tuza kubigenza igihe cyose dushatse gusaba ijambo. Hari ahantu wakoraga bakamenya ko usabye ijambo. Birumvikana iryo koranabuhanga ryabanje kudutonda. Ukumva umuntu avugiye muri Amerika cyangwa mu Burisiya ngo njyewe natse ijambo kuva kare sinzi impamvu mutarimpa. Hari abo byagoraga bakavuga amazina yabo n’amashyaka cyangwa amashyirahamwe bahagarariye noneho abayobora inama bakabaha ijambo.

Gilbert Mwenedata ni umunyapolitiki tutari tuzi ariko wifitemo impano zo kuyobora abandi

Umuyobozi w’iyo nama yari umunyapolitiki witwa Gilbert Mwenedata, uyu washatse kwiyamamariza umwanya wa Perezida wa Repuburika komisiyo y’amatora ikavuga ko atabashije kuzuza umubare w’amasinyatire ya ngombwa kugirango yemererwe.

kwiyamamaza. Mu gihe ubutegetsi bwa Kagame bwari mu migambi yo gufunga Diane Rwigara nawe wagerageje kwiyamamaza akaburizwamo muri ubwo buryo bw’​amanyanga uwo Mwenedata yashoboye kubaca mu rihumye arahunga. Uwo mugabo waje adusanga mu buhungiro yatuzaniye ingufu nyinshi zishingiye ku bushobozi bwe n’izindi mpano yifitemo. Inama yacu yayiyoboye neza ku buryo nibwira nta muntu mu bayitabiriye utaramushimye. Uretse ijambo ryiza yavuze ayitangiza, yanabashije umurimo utoroshye wo kuduha amagambo no kuyaha​ umuyoboro​ neza. Akibutsa ibyavuzwe na Runaka akabihuza n’iby’undi yavuze. Mbese ukamenya ibitekerezo bigenda bigaruka n’ibishyashya bivuzwe vuba. Ku munsi wa mbere twatangiye inama saa kumi z’amanywa ku isaha y’i Paris n’i Buruseli tuyisoza ahagana saa tanu z’ijoro. Ku munsi wa kabiri nabwo twatangiye saa kumi z’amanywa turangiza saa sita z’ijoro. Kuvuga ko buri wese yiniguye biraruhije kuko umuntu yahabwaga iminota mikeya cyokora twese twagiye tuyirenza Mwenedata akagerageza kutwihanganira. Abandi batumye iyo nama igenda neza ari nabo bayitumije ni ​Ambasaderi Jean Marie Vianney Ndagijimana​ (uyu washinze Ibuka Bose Rengera Bose), ​Ambasaderi Charlotte Mukankusi​  (uyu mudamu wo muri RNC wakiriwe na Museveni naho Kagame n’abambari be bagacika ururondogoro) na ​Madamu Daforoza Nkundwa​ abenshi twamenyeye muri iyo nama. Abo nibo batanze icyerekezo cy’inama bahereye ku biganiro bari bateguye, ubundi kandi nibo bageragezaga gufasha umuyobozi w’inama bamwibutsa abasabye ijambo n’ibindi bituma gahunda yateguwe igenda neza.

Twavuze ibibazo byugarije u Rwanda, tuvuga​ igitugu​, ubwicanyi, ubukene , inzara. Twavuze Kagame n’ubugome ​bwe, tuvuga FPR n’ivangura ryayo, tuvuga intambara n’ibikomere yadusigiye, tuvuga jenoside yahekuye umuryango nyarwanda. Twavuze amateka, tuvuga Kalinga n’izayo, tuvuga revolisiyo yatanze ikizere kuri bamwe ariko abandi ikabashora mu buhunzi bwavuyemo intambara ya ruhekura yateye ubundi buhunzi. Twavuze no kubaka u Rwanda rushya rwubahiriza amatwara ya demokarasi n’uburenganzira bwa buri muturage. Twavuze indangaciro zituma abantu babana neza mu gihugu, ntawe uzizwa ​icyo yavutse aricyo​, abaturage bose bagahabwa amahirwe angana. Twavuze ubwisanzure bw’itangazamakuru n’ubwisanzure bwa buri wese. Twavuze ibyiza byo kugira ubutegetsi bukorera abaturage, bwitaye ku nyungu zabo mu gihe ingoma ya FPR yo yimakaje ubutegetsi budatinya gusenyera abaturage no kubakenesha. Mu mwanzuro w’inama twakoze itangazo rigufi ariko rihagije kuko ryavugaga ko igikorwa gikomeye cyo kubaka ikiraro gihuza abanyarwanda ari ​indashyikirwa​ kandi kigomba ​gukomeza​. Ni muri urwo rwego twashinze icyo twise ​« cadre de concertation​ » cyangwa ​« urwego nyungurana – bitekerezo » tuyishinga bariya bagize igitekerezo cyo gutumira iyo nama bakaba ari nabo bari bayiyoboye. Twahaye urwo rwego inshingano ikomeye yo gukomeza guhuza abanyarwanda kugirango babashe gufatanya igikorwa cyo guharanira ​impinduramatwara​ izatugeza ku Rwanda rushya twese twifuza. Twaboneyeho gushimira abaturanyi bacu b’Abarundi bateye intambwe nziza mu rwego rwo guhererekanya ubutegetsi batagombye kumena amaraso.

Intozi iyo zubaka haba hari kimwe cya gatatu muri zo gisenya ibyo izindi zubatse (Bernard Werber)

Twavuye mu nama twishimye birumvikana. Ifoto twafashe y’urwibutso ntabwo iratangazwa ariko ndizera ko bizaba. Ubwo hari hasigaye gutangariza abanyarwanda iyo nkuru nziza. Bamwe ariko bari bayimenye kandi bayishimiye. Mbere y’uko inama isozwa hari hasomwe ubutumwa buvuye i Kigali bwoherejwe n’umuyobozi wa Dalfa Umurinzi, Madame Victoire Ingabire Umuhoza, ndetse na Pezida fondateri wa PS Imberakuri, Bwana Bernard Ntaganda.

Ubwo butumwa bwo gushyigikira icyo gikorwa twari twangiye bwatuguye neza, cyane ko ababwohereje ari impirimbanyi zirwanira aho rukomeye. Cyokora nta byera ngo de. Ikiraro twarimo kubaka twasanze hari abashaka kugisenya bitwaje impamvu zinyuranye. Umwanditsi w’umufaransa nkunda cyane witwa Bernard Werber hari ikintu yavuze kiba ku ntozi ariko yashakaga kwerekana ibibazo twebwe abantu tugira. Yagize ati : Mukunze kubona intozi zikorana umwete, zitaruhuka, kandi byose bigenda kuri gahunda yazo, burya muri zo haba harimo bibiri bya gatatu bikora imirimo iteganijwe, izindi zigera kuri kimwe cya gatatu ngo ziba zisenya ibyakozwe. Natwe rero niko duteye, cyane twebwe abanyarwanda. Numvise ibyavugiwe kuri radiyo Ishakwe, bivuzwe n’umuntu nsanzwe nubaha, Dr Théogène Rudasingwa, numva birandenze. Kuri we ibyabaye byose nta gaciro byari bifite kuko abatumije inama barimo Ambasaderi Charlotte Mukankusi wo mu ishyaka RNC, iryo shaka akaba yaratandukanye naryo mu buryo bwaranzwe n’amagambo mabi cyane. Undi yanenze yivuye inyuma ni Ambasaderi Jean Marie Vianney Ndagijimana ngo kuko mu w’1994 ubwo yahungaga FPR yamukurikije imijugujugu y’urubwa ivuga ngo yatorokanye akayabo ka 100.000 dollars (hari igihe bavuga 200.000 dollars). Ibyo bintu ariko Rudasingwa azi neza ko byabuze gihamya yanditse bisigara ari ibigambo gusa. Rudasingwa yibagirwa ko leta ya FPR yamukatiye imyaka 21 y’igifungo kandi imurenganya, mu gihe Ndagijimana we kiriya kirego atigeze anakiburana mu rukiko.

Théogène Rudasingwa ni umuntu ukomeye mu ruhando rw’amashyaka ya opoziyo nyarwanda, nkaba mbona aho gusohora caterpillar yo gusenya ikiraro abandi banyarwanda barimo kugerageza kubaka ahubwo yakagombye kuzana umusanzu we, nk’umuntu w’inararibonye, wayoboye ishyaka FPR akaba yarabaye n’umuyobozi w’ibiro bya Perezida Kagame, ndetse akaba yarabaye na ambasaderi w’u Rwanda muri Amerika. Ibitekerezo amaze igihe atanga, haba ku giti cye, haba mu rwego rw’ishyaka ayoboye, Ishakwe, ndetse no mu rwego rwa komisiyo bise Rwanda Truth Commission byose ubona ari byiza, biri mu nzira yo guharanira impinduramatwara izafafasha abanyarwanda kubaka igihugu cy’amata n’ubuki. Ariko ntabwo yabishobora wenyine. Nta n’undi wabishobora wenyine. Twese turakeneranye. Ibi ndabibwira n’abandi bose bibwira ko aribo kamara, bakumva ko batabonetse isoko rya Nyagasambu rishobora kuburizwamo. Tumaze imyaka 26 turi ku ngoyi ya FPR. Ntabwo ari igihe cyo guca intege uhagurutse akagira icyo agerageza gukora. Bariya twavuze bashoboye kuduhuza, bakwiye nibura kubishimirwa. Uwakumva nawe yaduhuza cyangwa agakora byiza kurushaho yabikora. Hari abandi bantu (bakeya) bagerageje nabo kunenga mu buryo ubu n’ubu iriya nama, ahanini bitwaza ngo abayitumije ni bantu ki, bakorera nde, babifitemo izihe nyungu. Hari n’uwagerageje gusobanura ko Charlotte Mukankusi twari kumwe mu nama yari Kayumba Nyamwasa wari wambaye ijipo n’inkweto z’abagore. Ni nk’aho uwo mudamu wagaragaje kenshi ibitekerezo bifite ireme adakwiriye kubahirwa ubwitange bwe n’ibyo bitekerezo bye. Simvuga ko kunenga ibyakozwe n’uburyo byakozwemo ari ikibazo. Bishobora nabyo kuba umuganda mu gihe bikoranywe ubushake bwo gukosora kugirango icyo kiraro kitubakirwa ku butaka bw’ibumba. Ariko ntabwo biruhije kumenya ukunenga agamije kugufasha gukora byiza n’ukunenga agamije kuguca intege burundu.

Mbere yo gusoza ndagirango ko ngire igitekerezo ngeza ku bantu bose bifuza ko abanyarwanda babohorwa kuri iriya ngoyi FPR ibaboheyemo. Twese twabonye uburyo amashyaka avuka n’uburyo ashwanyuka. Twabonye kenshi abantu bafatanye urunana nyuma y’igihe gito cyangwa kirekire bagacirana amarozi. Twabonye ko ibyo bintu aho kubaka umuryango nyarwanda ahubwo birushaho kuwusenya. Ndagirango nsabe abumva bafite ubutumwa n’imishinga bageneye abanyarwanda kuzirikana aya magambo yaririmbwe hambere n’umugabo Sebanani Andereya wahoze adususurutsa muri orchestre Impala :
« kubaka sugusenya nukugereka ibuye ku rindi ». Ntabwo tuzakora politiki yubaka igihugu dukoresha imvugo y’akaminuramuhini. Iyo ni imvugo ukoresha uteganya ko uwo ubwira cyangwa uwo uvuga mutazongera kugira aho muhurira. Imvugo y’akaminuramuhini isenya urugo, isenya amashyaka, isenya igihugu. Abantu bashobora gupfa ibi n’ibi ntabwo ari igitangaza. Ariko ni byiza kuvuga uziga, kuvuga uteganya ko uwo muntu mushwanye uyu munsi ariko wenda ejo muzakenerana. Iki gitekerezo ntanze ndumva ari umusanzu ukomeye mu rwego rwo guharanira ko dushyira hamwe ingufu zacu kugirango tubashe guhangana n’igitugu kiduhejeje ishyanga ari nako cyica, gisenyera, gikenesha, gihoza ku nkeke abasigaye mu gihugu.

Bruxelles, le 11/6/2020

Jean Baptiste NKURIYINGOMA

http://www.therwandan.com

Rwanda – Grands Lacs: la piste israélo-sioniste

Un billet d’humeur
de Sylvestre
Nsengiyumva

Le major extrémiste tutsi Pierre Buyoya, deux fois président putschiste du Burundi dans une autre vie, occupe depuis quelques années un bureau à l’état-major de l’armée…rwandaise !

Il y dirige le « Burundi Desk », structure secrète chargée de mettre au point le projet « Apocalypse Burundi », en étroite collaboration avec le Brigadier Général Bosco Kazura, chef d’état-major, et lui-même « ancien » du Burundi….

Ce que se répètent ces deux hommes à longueur de journées, dans le secret des murs du « Pentagone » rwandais, nous a été récemment résumé sur les ondes par le « vuvuzela » attitré du tutsisme grand-lacustre, Jean Bwejeri: « …Le vote des Hutu du Burundi sera sans valeur. Nous ne laisserons pas faire ces esclaves-nés, débarqués dans la région par les colons blancs dont ils étaient porteurs, et qui continuent de souiller Havila, la terre promise du Peuple légitime juif tutsi… »!

BWEJERI!

L’histoire que je m’en vais vous résumer ici, je ne vous en voudrai pas si vous n’y croyez pas. On me l’aurait racontée que j’en aurais doutée aussi, si je n’en avais pas été témoin !

J’ai connu Jean Bwejeri à l’Université de Louvain, au milieu des années 1990, dans la foulée du « génocide rwandais ». Boursier du gouvernement burundais, il était censé faire un doctorat en je-ne-sais quoi.

Seulement voilà, quand tu cherchais Jean Bwejeri, tu avais plus de chances de le trouver au comptoir de « Chez Gaston », le bistrot zaïrois branché du campus, que dans les amphis de sa faculté !

Personnage (très) court de taille mais « haut en couleurs », l’homme ne passait pas inaperçu. Rien à faire, tu devais absolument te pencher pour l’écouter vociférer, à longueur de soirée et de verres de jupiler, sa haine viscérale contre des Hutus !

Plus rigolo que vraiment énervant, c’était le genre de raciste minable dont t’avais envie de remplir le verre, pour qu’il en rajoute encore une couche…

Nous n’avons rien vu venir !

Un bon matin, la nouvelle tomba que le petit tutsi burundais malade de l’ethnisme, ivrogne et tête de « vache qui rit », s’était fendu d’une thèse volumineuse !

Hypothèse, confirmée hâtivement par ses soins sans  démonstration scientifique : les Tutsi des Grands Lacs constituent la nième tribu d’Israël, descendants du Roi David, et installés depuis des millénaires sur la terre bénie de Havila…et bla, et blabla !

Contre toute attente, Jean Bwejeri ne tarda pas à faire des émules : plusieurs jeunes tutsis rwandais et burundais se laissèrent aussitôt pousser la  barbe longue, et commencèrent à déambuler dans les rues de LLN et Bruxelles, arborant le petit bonnet juif sur le crâne, et portant de petits bâtons bizarres…!

Tout ce folklore faisait rire tout le monde, jusqu’au jour où on s’arrêta net de rigoler : tous frais payés, Bwejeri venait de se faire inviter à un Congrès Juif à New York, où il exposa sa thèse et fut acclamé !

Au terme du congrès, Jean Bwejeri reçut une assistance matérielle et en ressources humaines, pour l’aider à poursuivre ses recherches…

Plus tard, j’appris que Jean Bwejeri s’était envolé, avec femme et enfants, pour s’installer aux States…histoire de se rapprocher de la plus puissante communauté juive de la planète !

LE « PROJET OUGANDA »

Le sixième congrès de l’Agence Juive Mondiale, organisation rassemblant toutes les tendances du sionisme planétaire, s’est tenu dans la ville suisse de Bâle en août 1903.

Principal point à l’ordre du jour : discuter du « projet Ouganda », cette idée d’installer le futur état juif sur un territoire de 8000kms carrés, mis à disposition par la puissance coloniale britannique, et situé alors à cheval entre l’Ouganda et le Kenya.

Au terme d’un débat long et houleux, le projet Ouganda fut rejeté in extremis en faveur de la Palestine, mais un « Mouvement territorialiste », farouchement favorable au projet, fit cessession dans la foulée….

Plus tard, environ 150 familles juives européennes émigrerent au Kenya, et s’y trouvent toujours….

DU DÉLIRE À LA CONSCIENCE?

Des signes persistants semblent indiquer que Jean Bwejeri n’est pas un petit illuminé isolé et sans intérêt.

Au printemps de l’année dernière, dans la foulée de l’ouverture en grande pompe de l’ambassade israélienne à Kigali, le président de l’association Ibuka déclarait : « …les présumés génocidaires hutu blanchis par la justice des pays démocratiques où ils sont installés, nous devons les traquer et les déstabiliser, imitant en cela nos frères juifs… »

Pendant les négociations burundaises de paix à Arusha, quelques partis tutsis ont sérieusement revendiqué les origines juives du Peuple tutsi, appelant à ce que ce fait soit » considéré »!

Sur les réseaux sociaux, on entend et on lit des leaders d’opinion Banyamulenge (tutsis du Congo) brandissant fièrement l’ascendance juive de leur peuple !…..

UNE » PROFONDEUR AFRICAINE » D’ISRAËL?

Ce développement apparent de la « conscience juive » dans la région s’accompagne d’un activisme, tout aussi inédit, de l’état d’Israël et des lobbies juifs,au Rwanda et dans tous les pays voisins.

Il y a environ cinq ans, le président rwandais Paul Kagame effectuait une visite d’état en Israël, où il fut reçu comme un grand, conjointement par le Premier ministre et le président.

Dans son discours, le Président de l’état juif insista  sur l’histoire douloureuse et commune des deux peuples tutsi et juif, avant de passer le témoin à Benjamin Netanyahu, qui conclut en substance: « …mon cher ami Kagame, Israël a décidé de revenir en Afrique par la grande porte. Tu m’avais promis de m’aider dans cette entreprise, et tu es entrain d’y arriver ! »

Le Rwanda Development Board, la plate forme qui coordonne toutes les institutions de l’économie rwandaise, est dirigé par un homme d’affaires israélien, ancien financier du Likud. Il est chargé, depuis peu, de former le fils aîné du Président, officier militaire de son état, aux arcanes de la haute gestion économique et financière…

En 1994, juste après la guerre et le génocide des Tutsi, je me souviens avoir tiqué en lisant, sous la plume de Colette Braeckman, que plusieurs agents du Mossad israélien avaient séjourné à l’hôtel des Milles Collines, un peu avant et un peu après la chute de l’avion de feu Juvenal Habyarimana!

Plus tard, on a découvert dans la presse qu’une ONG israélienne avait un temps « opéré » dans les camps de réfugiés rwandais au Zaïre, elle aussi truffée d’agents du Mossad…

Dans une de ses interviews, le journaliste français d’ investigation Pierre Péan, auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le  « drame » des Grands Lacs de ces trois dernières décennies, déclarait : « …je me suis toujours demandé la raison de l’acharnement contre moi des milieux juifs de France dans cette affaire; avant de découvrir que cette région est  envisagée désormais comme la profondeur africaine d’Israël… »

Sylvestre Nsengiyumva

Source: http://www.echosdafrique.com

Ni nde wica abakuru b’ibihugu bo mu karere k’ibiyaga bigari?

  1. Abami b’abahutu ni bo babimburiye abandi mu kwicwa mu myaka ya 1500 ubwo umwami tutsi Ruganzu Ndori yatangije campagne na expeditions zo kwica abami b’abahutu nta mpamvu kuko bari babanye neza mu Rda rwabo. .Abatutsi extremistes bavuga ko abami babo barimo bagura igihugu ariko ntabwo wakwagura igihugu urimo wica bamwe mu benegihugu bacyo n’imiryango yabo abandi urimo ubagira abacakara mu gihugu cyabo. Ibi ni byo byamaze imyaka 459 bibyara hutu revolution yo mu 1959.
  2. Nyiricubahiro Umushikiranganji wa Mbere w’u Burundi Petero Ngendandumwe(hutu) wishwe n’impunzi tutsi y’umunyarwanda i Bujumbura mu 1965.
  3. Nyiricubahiro Perezida Ndadaye(hutu) w’u Burundi wishwe na Buyoya(tutsi),Col Bikomagu (tutsi) bafatanije na FPR/APR ya Kagame na NRM/NRA ya Museveni wa Uganda.
  4. Nyakubahwa Perezida Habyarimana(hutu) w’u Rwanda wishwe na General Major Paul Kagame(tutsi) mu 1994 akoresheje FPR/APR ayobora.
  5. Nyiricubahiro Perezida Ntaryamira(hutu) w’u Burundi wishwe na General Major Paul Kagame(tutsi) mu 1994 akoresheje FPR/APR ayobora.
  6. Nyakubahwa Perezida Laurent Kabila(Bantu) wa Congo DRC wishwe na General Major Paul Kagame(tutsi) mu 2001.
  7. Nyakubahwa Perezida John Garang (Bantu) wa Sudani y’Amajyepfo wishwe na Yoweri Museveni(hima/tutsi wa Uganda) mu 2005.
  8. Nyiricubahiro Perezida Nkurunziza(hutu) w’u Burundi bivugwa ko ubu mu 2020 ashobora kuba yishwe n’uburozi buturutse muri RPF Rwanda kwa Kagame n’umurozi we mukuru Dan Munyuza bizwi neza ko bari bamaze igihe bamurwaye, bamukubitira agatoki ku kandi, bashakisha inzira zose bacamo bakamuhitana. Wari umugambi wa Leta y’u Rwanda uzwi.

Siniriwe mvuga abandi bayobozi bakuru bishwe na FPR/APR/RDF/DMI nka Minister Seth Sendashonga, abasilikari bakuru nka General Nsabimana (Rda), General Adolphe Nshimiyimana(Burundi) na Colonel Kisase(Zaire-Congo DRC), abashingamategeko nka Mtikila wo muri TZ; ect…

Mwe abasomyi murabibona mute? Nimuvuge ibyabayeho n’ibiriho ubu(facts): ibi bintu amaherezo yabyo murabona azaba ayahe koko!

Dr Gasana Anastase, PhD.

RWANDA : le pays lève 9,4 M€ pour préserver la rivière Sebeya

Le gouvernement rwandais vient de débloquer plus de 9,4 millions d’euros, soit 10 milliards de francs rwandais pour la préservation de la rivière Sebeya. Ce financement sera utilisé pour mettre en oeuvre une partie du projet « Restauration du paysage et gestion intégrée des ressources en eau à Sebeya et d’autres bassins versants » lancé par les autorités du pays en juin 2019. Celui-ci mobilisera à terme plus de 20,8 millions d’euros (22 milliards de francs rwandais).

Le gouvernement rwandais vient de lever un financement de plus de 9,4 millions d’euros, soit 10 milliards de francs rwandais. Ces fonds font partie de l’enveloppe d’une valeur de plus de 20,8 millions d’euros (22 milliards de francs rwandais), octroyée au Rwanda par l’ambassade du Royaume des Pays-Bas pour financer  le projet baptisé « Restauration du paysage et gestion intégrée des ressources en eau à Sebeya et d’autres bassins versants » en cours dans le pays.

Un projet destiné à prévenir les catastrophes

La rivière Sebeya prend sa source dans les montagnes du district de Rutsiro, le long de la ligne de partage des eaux du Nil au Congo, dans l’ouest du Rwanda. Depuis plusieurs années, elle est à l’origine de la destruction des infrastructures publiques et privées et fait des victimes dans le district de Rubavu et de ses environs. « Le problème de ce bassin versant est lié à l’érosion causée par les activités humaines (les mauvaises pratiques agricoles, la déforestation, des méthodes d’exploitation minière non durables…) et lorsqu’il pleut, cela déclenche l’érosion des sols et des inondations », indique Ngabonziza, le directeur général de l’Office rwandais des Ressources en eau.

Le projet « Restauration du paysage et gestion intégrée des ressources en eau à Sebeya et d’autres bassins versants » vise donc à améliorer les moyens de subsistance et la gestion des ressources naturelles à Sebeya et dans d’autres bassins versants. « Les activités mises en œuvre aideront la communauté à stopper l’érosion des sols. Ils offriront également des possibilités d’emploi aux Rwandais », affirme Vincent Biruta, le ministre rwandais des Affaires étrangères.

Le projet sera mis en œuvre par l’Office des ressources en eau du Rwanda, en collaboration avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’Organisation néerlandaise de développement (SNV).

La réalisation du projet va durer au moins 3 ans

Le projet « Restauration du paysage et gestion intégrée des ressources en eau à  Sebeya et d’autres bassins versants » comprend la construction des barrages, le creusage des tranchées et le reboisement des sols autour du fleuve Sebeya. Il se concentrera aussi sur le développement de mécanismes de financement et de chaînes de valeur innovants pour améliorer les moyens de subsistance grâce à des avantages écologiques et économiques. Le projet de conservation de la rivière Sebeya déploiera enfin des systèmes de gestion des connaissances pour la restauration des paysages et la gestion intégrée des ressources en eau.

Inès Magoum

Source: Afrik21.Africa

LE GOUVERNEMENT RWANDAIS A LE DEVOIR DE RENDRE ACCESSIBLES LES ACCORDS SIGNÉS AVEC LES PAYS ÉTRANGERS.

1. À partir du 28 janvier 1961, le Rwanda a aboli la monarchie et est devenu une République, et à partir du 1er juillet 1962, il est devenu un État indépendant qui place en avant les intérêts de ses citoyens.

2. La gouvernance dans la République est très différente de celle de la monarchie. Dans la République, les décisions sont prises avec la concertation du peuple et évaluées par le peuple. Dans la monarchie, la gouvernance est basée sur « l’Ubwiru » le top secret dont la priorité était de servir l’intérêt du monarque et de sa clique au-dessus de l’intérêt commun.

3. Le régime dirigé par le FPR a souvent été caractérisé par des violations des droits de l’homme, notamment le droit à l’information sur la gestion de la chose publique ainsi que sur les accords que le Rwanda conclue avec d’autres pays. Un tel manque de transparence favorise des malversations de fonds publics et de compromissions néfastes à la souveraineté nationale.

4. Les autorités du FPR Inkotanyi étant soupçonnées de crimes graves et d’autres manquements dans leur administration, elles ne sont pas capables de protéger les intérêts du pays, plutôt en cas de pression, elles sont prêtes à signer quoi que ce soit dans le but d’échapper à la justice. En fait, leurs crimes les retiennent en otage, ce qui nuit aux intérêts du Rwanda sur la scène internationale.

5. L’accord entre le Rwanda et les clubs Arsenal et Paris Saint Germain, l’accord entre le gouvernement du Rwanda et les hommes d’affaires à l’instar des sieurs Howard Buffet et Bill Gates, les accords entre le Rwanda et les États-Unis, ou les pays tels que la Russie, la Chine, le Qatar et l’Israël n’ont jamais été rendus publics. Aucun membre de l’assemblée nationale n’en a été informé.

Les accords militaires inquiétants

6. Le 28 mai 2020, le Rwanda a signé un accord avec les États-Unis d’Amérique sur la coopération militaire. Ce genre de traités sont souvent sujets de controverses parce que les États-Unis cherchent à imposer la présence de leurs troupes dans d’autres pays et à porter des armes, mais ne peuvent pas répondre à la justice en cas de violations de la loi. Un pays qui refuse de signer de tels accords se voit dans le collimateur des « grands » dans un complot international, comme cela est arrivé au Burundi ces dernières années.

7. La Constitution du Rwanda de 2003, telle qu’amendée à ce jour, dans son article 169 au premier paragraphe dispose :

“Les accords d’installation de bases militaires étrangères sur le territoire national sont interdits.”

8. La signature de ces accords a eu lieu quelques jours après la menace des États-Unis sur l’éventuelle révision de la qualification du « génocide contre les Tutsi ». Dans la déclaration adressée au président de l’assemblée générale des Nations Unies, le représentant des Etas Unis d’Amérique insiste que de nombreux Hutus ont été tués lors du génocide, y compris ceux qui s’opposaient aux tueries. Cette superpuissance a signalé que, pour cela, les termes qui excluent les victimes hutues pourraient être revisités. Que le Rwanda ait immédiatement signé l’accord devrait inquiéter plus d’un.

Pour toutes ces raisons :

9. Le régime du FPR doit permettre l’accès aux accords signés avec des pays étrangers, des organisations internationales ainsi que des individus afin que le public puisse vérifier si ces accords ne sont pas effectivement en violation de la Constitution.

10. En effet, la loi organique n ° 03/2012 / OL du 13/06/2012 déterminant la structure, le fonctionnement et la compétence de la Cour suprême, notamment les articles 53 et 54, prévoit qu’en cas de violation de la Constitution par les accords internationaux, une plainte peut être déposée à la Cour suprême pour correction avec en annexe une copie de l’accord en question. Pour que cela se produise, les autorités doivent rendre accessible le contenu de ces accords qui restent cachés.

Vivent la République et la Démocratie

Vive la gouvernance transparente

Vive le Rwanda indépendant

Fait à Montréal, le 03/06/2020.

Nadine Claire KASINGE

Présidente du Parti ISHEMA

Source: http://ishema-party.org/en/communiques-amatangazo/197-le-gouvernement-rwandais-a-le-devoir-de-rendre-accessibles-les-accords-signes-avec-les-pays-etrangers.html

Lettre à l’assemblée nationale française sur l’injustice au Rwanda.

  • Boniface Twagirimana est porté disparu depuis le 08 octobre 2018, il se serait échappé d’une prison haute sécurité, quelques jours après son arrivée dans cette prison !
  • Anselme Mutuyimana a été assassiné le 08 mars 2019,
  • Eugene Ndereyimana est porté disparu depuis le 15 juillet 2019,
  • Syldio Dusabumuremyi a été assassiné le 23 septembre 2019.

Le plus attristant est que l’on pourra croire que le jeu politique entre la France et le Rwanda via la Francophonie se joue avec une variable d’ajustement, celle des vies des opposants politiques. Comment en votre qualité de représentants du peuple français pouvez-vous laisser faire cela ? Peut-on imaginer une France dans laquelle les opposants politiques seront assassinés ou portés disparus sans qu’une enquête indépendante ne soit menée ?

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons » Martin Luther King

En restant sur la Francophonie, Paul kagame a été obligé de libérer un autre prisonnier politique, il s’agit de Kizito Mihigo. C’est important de revenir sur lui car le 07 avril 2020, Emmanuel Macron a tenu à saluer « la capacité de réconciliation » du peuple rwandais et cela m’a interpellée pour deux raisons :

  • Tout en reconnaissant et en saluant le soutien et la solidarité qu’Emmanuel Macron et le peuple français ont exprimés au peuple rwandais par la commémoration des victimes du génocide perpétré contre les tutsis en 1994, le silence des autorités françaises à la suite de l’assassinat de Kizito Mihigo, rescapé de ce génocide est déplorable.
  • Saluer « « la capacité de réconciliation » du peuple rwandais est ignorer que la réconciliation au Rwanda, comme pour les autres sujets au Rwanda, obéit aux ordres de la dictature. Le peuple rwandais est sommé d’afficher un semblant de réconciliation, pire encore ceux qui essayent d’œuvrer pour mettre en place les fondations d’une réconciliation véritable et durable sont emprisonnés, assassinés, forcés à l’exil voire les trois à la fois pour les moins lotis.

L’exemple ici est trois jeunes trentenaires, membres fondateurs de l’Alliance Rwandaise pour le Pacte National (RANP-Abaryankuna, un mouvement composé des jeunes résistants rwandais) qui en 2014 avaient mis en place une action d’envergure pour amorcer des dialogues sur la vraie unité dont le peuple rwandais a besoin. Lorsque le gouvernement rwandais a découvert leur action, la réponse n’a pas tardé :

  • Gérard Niyomugabo, écrivain, a été arrêté le 04/04/2014, à ce jour il est porté disparu.
  • Kizito Mihigo, chanteur, a été arrêté le 06/04/2014 et libéré le 15 septembre 2018 dans le contexte de la Francophonie. Il a été de nouveau arrêté le 13 février 2020 puis depuis a été assassiné le 16 février 2020 dans sa cellule par les autorités rwandaises qui ont voulu masquer cet assassinant en suicide.
  • Cassien Ntamuhanga, journaliste, a été arrêté le 07/04/2014 et s’est miraculeusement échappé de la prison rwandaise le 31 octobre 2017. Vous devez savoir que trois petits frères de Cassien Ntamuhanga ont été kidnappés le 04 octobre 2016 par les agents des renseignements rwandais et sont à ce jour portés disparus !

Les trois jeunes étaient des activistes de la réconciliation rwandaise, celle fondée sur l’égalité parfaite entre les individus, le pardon et l’amour de l’autre et du pays. Ce faisant, ils se distanciaient de l’idéologie officielle du régime du FPR, celle de « Ndi Umunyarwanda » qui demandait aux descendants de ce qui a été considéré comme l’ethnie hutue de demander éternellement pardon aux descendants de ce qui é été considéré comme l’ethnie tutsie pour les crimes qui ont été commis en leur nom. Dans ses oeuvres, Kizito Mihigo chantait notamment une réconciliation basée sur l’humanité en indiquant « Je suis rwandais (Ndi Umunyarwanda) devrait être précédé par je suis humain (Ndi umuntu) » et a été emprisonné en raison de ces paroles.

En dehors du contexte de la Francophonie, je souhaite vous parler de :

  • Dieudonné Niyonsenga journaliste et propriétaire de la chaîne Youtube Ishema TV, qui s’est distingué en couvrant les démolitions des habitations de plus de 4000 familles des pauvres et des classes moyennes à Kigali sans aucune indemnité ou relogement, les viols des femmes rwandaises par les militaires rwandais lors du confinement. Ce journaliste a été arrêté le 15 avril 2020 pour n’avoir pas respecté les mesures de confinement, depuis la police rwandaise a fabriqué des charges (utilisation des faux papiers) contre lui et il est en prison en attendant un procès ! Ce dimanche un média a appelé publiquement à ce que Victoire ingabire soit assassinée. La journaliste qui utilise le surnom d’« Ellen Kampire » et le média « my250TV » n’ont pas été sanctionnés !
  • Fred Barafinda Sekikubo, il a été amené le 10 février 2020 à l’hôpital psychiatrique de Ndera par la police rwandaise. Depuis il y est interné contre la volonté de sa famille. Selon sa femme les médecins ont dit qu’il pouvait sortir mais attendent l’autorisation de la police rwandaise ! Ce père de 10 enfants a voulu se présenter à l’élection présidentielle de 2017 et s’est beaucoup démarqué fin 2019 et début 2020 par ses prises de positions où il dénonçait les démolitions des habitations des pauvres à Kigali et l’injustice sans fin dont subit le peuple rwandais.

Pour finir, il est primordial de ne pas oublier les victimes des exécutions extrajudiciaires par les forces de sécurité rwandaise en toute impunité. Depuis le 01 janvier 2020, au moins dix-sept civils[1] non armés ont été assassinés par la police rwandaise ou affiliée. Pour l’année 2019, il y a eu au moins cinquante civils[2] non armés exécutés par la police rwandaise.

Tout cela se déroule dans une impunité totale et sous silence complète de la communauté internationale dont la France fait partie. La lutte contre l’impunité est primordiale pour que le peuple rwandais puisse vivre en paix. Le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, l’a souligné dans son discours du 10 décembre 2018 : «Seule la lutte contre l’impunité peut briser la spirale des violences». Vos voix pour arrêter la spirale des violences au Rwanda peuvent non seulement aider le peuple rwandais à retrouver la paix et la sécurité mais aussi peut sauver des vies, notamment celle des opposants politiques dans le collimateur du pouvoir du FPR au Rwanda ou à l’étranger. A défaut d’agir, vous pouvez vous abstenir de soutenir ce régime pour celles et ceux qui le font et encourager Emmanuel Macron à arrêter de soutenir le dictateur sanguinaire Paul Kagame.

Je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, les Députés de la République française, à l’assurance de ma plus haute considération.

Constance Alice Mutimukeye


[1] https://www.rwandanlivesmatter.site/#/numbers

[2] Ibid

Rwanda: Impuruza. Dore aho u Rwanda rwerekera niba ntawe ufashije Rubanda kwirwanaho.

Umwimere w’iyi nyandiko ufite umutwe ugira uti:  “Intabaza yerekana aho u Rwanda rwagana abarwanya ingoma mpotozi ya FPR Inkotanyi batereranye rubanda”. Mu rwego rwo kubwira Rubanda ko na rwo rwifitemo imbaraga, kandi rukaba rugomba gutanga umusanzu warwo, twahisemo guhindura umutwe tuwita : “Impuruza. Dore aho u Rwanda rwerekera niba ntawe ufashije Rubanda kwirwanaho”. Turashimira abayitugejejeho kandi turahamagarira abasomyi gutanga ibitekerezo byabo uko babyumva nk’umusanzu wo kubaka igihugu kizira umunabi. 

Duhereye ku mateka y’igihugu cyacu, hari ibimenyetso bigaragara byerakana ko niba nta gihindutse mu maguru mashya, abanyarwanda bashobora kwibona mu bintu byibutsa imyaka ya 1959-1961, n’imyaka ya 1990-1994.

Kuva aho umwami Mutara III Rudahigwa yangiye guha agaciro ibitekerezo yari yagejejweho n’impirimbanyi za demokarasi byari bikubiye mu nyandiko izwi ku izina rya “Manifeste des Bahutu” yerekanaga akarengane abenegihugu barimo, Kigeri V Ndahindurwa wamusimbuye mu mwaka w’1959 akadukana ahubwo urugomo rwo kwica izo mpirimbanyi, byarangiye byose ubwami buciwe, hashingwa Repubulika.

Repubulika imaze gushingwa, abatarishimiye ishingwa ryayo bahunze igihugu ndetse barema n’umutwe w’ingabo wo kurwanya iyo Repubulika uzwi ku izina “Inyenzi”. Igihe ubutegetsi bwa Repubulika bwari buri mu biganza by’impirimbanyi zishyize hamwe, bwabashije gukumira ibitero by’inyenzi.

Nyuma y’imyaka 25 u Rwanda rubonye ubwigenge, bamwe mu bahunze igihugu mu myaka ya 1959-1961 bavuguruye ishyaka ryari irya Kigeri V Ndahindurwa baryita RANU, ari na ryo ryaje guhinduka FPR Inkotanyi ubwo bateraga u Rwanda mu mwaka
w’1990.

Intambara y’Inkotanyi zishaka gufata no kwiharira ubutegetsi mu Rwanda kuva mu Ukwakira 1990 kugeza 1994 yaranzwe n’ibi bikurikira:
● Ubwumvikane buke mu bari imbere mu gihugu cyane cyane nyuma y’aho amashyaka menshi yemerewe;
● Ingorane z’ubutegetsi bwa Habyarimana zo kurwana intambara ebyiri icyarimwe: iy’amasasu n’iya demokarasi;
● Ubufatanye hagati y’abateye u Rwanda na ba mpatsibihugu bashakaga ko inyungu zabo mu karere zakwitabwaho kurushaho;
● Ibikorwa by’iterabwoba mu gihugu n’urugomo byakozwe na FPR Inkotanyi hagamijwe gutera ubwoba abanyarwanda muri rusange n’abanyapolitiki by’unwihariko;

● Iyicwa rya bamwe mu banyapolitiki b’abanyarwanda ryashojwe n’iyicwa rya Perezida Habyarimana kuya 6 Mata 1994 hagamijwe gushyira igihugu mu kangaratete kugira ngo FPR Inkotanyi ishobore gufata ubutegetsi nta nkomyi.

Kuva Inkotanyi zafata ubutegetsi i Kigali muri Nyakanga 1994, ntizahwemye gukora ibikorwa by’iterabwoba, haba mu gihugu imbere ndetse no hanze, zica abo zibona bose bazibangamiye kubera ibitekerezo byabo byo kubanisha abanyarwanda mu mahoro n’ubwumvikane.

Uretse kwica zakomeje n’ibikorwa byo gufunga inzirakarengane ziziziza gutekereza ku
buryo bunyuranye n’ubw’Inkotanyi.
Nko mu gihe bicaga Gapyisi Emmanuel (18.05.1993) wahamagariraga abanyarwanda bari imbere mu gihugu gushyira hamwe ngo bivune FPR Inkotanyi yari yabashoye mu ntambara bakicana ari abavandimwe, ni ko bishe umuhanzi Kizito Mihigo (17.02.2020) wahamagariraga abanyarwanda bose kwiyunga nyabyo kugira ngo babashe guhangana n’ibibazo baterwa n’ubutegetsi bubi.

Uko Mbonyumutwa Dominiko yakubiswe muri 1959, ba Secyugu na ba Mukwiye bakicwa, niko ubu abayoboke b’amashyaka arwanya FPR Inkotanyi bicwa cyangwa bakagaraguzwa agati.
Nk’uko ihohoterwa ryakorewe Mbonyumutwa Dominiko n’iyicwa ry’abarwanashyaka byatumye ubwami buseswa hakavuka Repubulika;
Nk’uko kandi iyicwa rya ba Gapyisi Emmanuel (MDR, perezida wa komisiyo y’iteganyamigambi), Rwambuka Fideli (MRND, Burugumesitiri wa komini Kanzenze), Gatabazi Felisiyani (PSD, Minisitiri w’ibikorwa bya Leta), Bucyana Martini (CDR, Perezida w’ishyaka) na Perezida Habyarimana n’abo bari kumwe mu ndege byatumye abanyarwanda bicwa ari benshi bitari ngombwa;

Ihohoterwa rikomeje ry’abanyapolitiki batavuga rumwe na FPR Inkotanyi n’iyicwarubozo rya bamwe muri bo bishobora gutuma igihugu kijya mu ijoro ry’icuraburindi risumba iryakigwiriye muri 1994.

Dukurikije iyi mikorere yaranze abarunari ikaba ubu iranga FPR Inkotanyi, yo kwanga ko abanyarwanda bakumvikana bakareshya imbere y’amategeko;

Tuzirikanye urugomo rukabije ruyiranga ubu rugaragarira mu kugaraguza agati madamu Ingabire Victoire, Me Ntaganda Bernard n’abandi banyapolitiki no kwica abayoboke b’amashyaka atavuga rumwe na FPR Inkotanyi;

Ni ngombwa ko abanyarwanda badakomeza kuba ba Bwoba, Ntibindeba ahubwo bagashishikazwa no kurengera igihugu cyabo n’uburenganzira bwabo busesuye.

Ibi byakorwa gute rero?
1. Gushyigikira birushijeho no gushingana Madamu Ingabire Victoire, Me Ntaganda Bernard, n’izindi mpirimbanyi za demokarasi ziri mu Rwanda mu buryo butaziguye;
2. Gushira ubwoba no gutinyuka gushyigikira ku mugaragaro amashyaka arwanya ubutegetsi buriho mu Rwanda no kwanga gukomeza kogerwaho uburimiro n’abambari b’ingoma mpotozi;
3. Abaharanira ko uburyo igihugu kiyobowe bwahinduka neza mu buryo buboneye abanyarwanda bose bakore ibikorwa bateganyije batagombye gutegereza ibikorwa bigayitse bya FPR, mu gihe ibi byaba bibaye, bo bakabyamagana bivuye inyuma;
4. Abarwanya ingoma mpotozi ya FPR bakurikiza umurongo wa politiki ushyira imbere inyungu za rubanda bakwiye kwikusanya bidatinze bagahuza ingufu zabo;
5. Kwiga uburyo abakeka ko baremewe gutegeka mu Rwanda batitaye ku nyungu za rubanda bataba imbogamizi mu kubahiriza inyungu z’abanyarwanda bose muri rusange, ahubwo bakumva ko uburenganzira bafite mu gihugu babunganya n’abandi banyarwanda;
6. Kuzirikana ko impinduka mu Rwanda ishoboka ari uko abanyarwanda ubwabo babishatse kandi bakabikora, inkunga y’abanyamahanga ikaba gusa yaza ibunganira kuko “Akimuhana kaza imvura ihise”.

Bikozwe ku ya 24 Gicurasi 2020 na:
Maniragena Valensi
Nzeyimana Ambrozi

Ambrozi_Valensi

Rwanda. Détournements scandaleux de fonds publics dévoilés dans le rapport de l’auditeur général !

Dans son édition du 24/05/2020, le journal The Chronicles, s’appuyant sur le rapport de l’auditeur général rwandais, révèle que les institutions gouvernementales dépensent chaque année des milliards de francs rwandais, souvent de manière injustifiés, signe d’un gaspillage effarant des deniers publics. Le journal est d’avis que ce « modèle » doit être abandonné, non seulement pour éviter de telles dépenses excessives à l’avenir, mais aussi pour regagner la confiance des citoyens.

Des exemples de cette mauvaise gestion sont légion : certains projets qui, au départ étaient estimés 1,5 milliards de francs rwandais, ont coûté 3 milliards sans aucun justificatif. Un autre marché avait été accordé à un fournisseur à 8 millions de FRW. Mais quand il a terminé les travaux, il a été payé plus de 79 millions de FRW.

Le journal parle d’une autre institution gouvernementale qui a opéré un dépassement de 831 millions de FRW sur son budget initial approuvé par le ministère des Finances.

Ces cas mis en en évidence ci-dessus ne sont pas de la fiction. Ils constituent un instantané d’un rapport de 1 739 pages de l’Auditeur général pour la période juin 2018-juin 2019. Le volumineux rapport a été remis au Parlement le 15 mai.

Le rapport détaille un gaspillage inimaginable de l’argent des contribuables. Les agences gouvernementales dépensent les maigres ressources dont dispose le pays, sans se soucier de la bonne gestion. C’est comme s’ils se disputaient qui ou quelle agence dépensera le plus.

La société parastatale de fournisseur d’eau, WASAC, est l’une des principales agences pointées du doigt dans le rapport. Elle a distribué des marchés pour six offres, pour lesquelles il a payé 6,25 milliards de RWF supplémentaires. Cela saute aux yeux. Il y a eu des magouilles de telle sorte que le PDG de WASAC, Ing. Aimé Muzola, a approuvé plus d’un milliard de francs de dépassement pour chaque projet.

Au cœur du scandale : Bernard Makuza, ancien Président du Sénat; Dr Ndayambaje Irenée, Directeur général de REB; Dr Conco Jeanine, ancienne Directrice générale de RBC; Dr James Gashumba, Vice-Chancelier de Rwanda Polytechnic; Ing. Aimé Muzola, Directeur général de WASAC; Richard Gasana, Maire du District de Gatsibo; Ndayambaje Godefroid, Maire du District de Ngororero; Rutaburingoga Jérôme, Maire du District de Gisagara; Sebutege Ange, Maire du District de Huye; Habyarimana Gilbert, Maire du District de Rubavu; Espérance Mukamana, Directrice générale de RLMUA [photo The Chronicles].

 

Le projet en question était intitulé : Conception, réhabilitation, mise à niveau et extension du réseau d’approvisionnement en eau dans six (6) villes satellites (Huye, Muhanga, Musanze, Nyagatare, Rubavu et Rusizi). Le projet a été divisé en 6 lots (appels d’offres différents). La vérificatrice générale a constaté de nombreuses irrégularités dans chacune des offres.

Les irrégularités comprennent : les offres attribuées sans entreprendre d’études de faisabilité indépendantes du projet; attribuer la conception, la réhabilitation, la modernisation et l’extension du réseau d’approvisionnement en eau à un seul entrepreneur; et de longs retards dans le processus d’appel d’offres entraînant l’expiration des offres.

Ce projet ci-dessus n’est pas le seul de WASAC à avoir élaboré des offres douteuses. En fait, l’auditeur général a consacré près de 30 pages du rapport à la mise en évidence des préoccupations dans les appels d’offres lancés par WASAC et au total, 87 pages concernent ses différentes sortes d’irrégularités dans les dépenses de son budget de fonctionnement. Au Parlement, l’auditeur général Biraro Obadiah a décrit l’attitude de WASAC comme « exceptionnelle » dans la façon dont il abuse de l’argent des contribuables.

Même dans les plus hautes institutions au sommet de l’Etat, la mauvaise gestion est une règle. Ainsi, au Sénat, la chambre haute du Parlement, où l’on pouvait s’attendre à une stricte adhésion aux lois et règlements, il ressort du rapport que le payement des appels d’offres lancés ont été multipliés par 5 lors des décaissements. Le trop-payé ne s’est pas produit avec un seul marché ou deux appels d’offres. Non! Le dépassement des prix des activités s’est produit avec 3 trois appels d’offres différents. À l’époque, Bernard Makuza, également ancien Premier ministre, était président du Sénat. L’auditeur général a constaté que pour les trois appels d’offres, le Sénat prévoyait de payer un total de 8,2 millions de FRW. Mais, à la fin des contrats, il a payé 79,3 millions de FRW, soit une augmentation de de l’ordre de 900% !

Dans une autre société paraétatique « Rwanda Biomedical Center » (RBC), une agence autonome du ministère de la Santé et qui dirige actuellement la gestion de la pandémie de COVID-19, la façon dont l’argent des contribuables y est utilisé est ahurissante.

Au cours de la période de juin 2018 à juin 2019, il a lancé quatre appels d’offres, pour un total de 197,2 millions de FRW. Les travaux ont été achevés après avoir a payé Rwf 866,9 millions FRW, soit une excédent de plus de 669,6 millions FRW. À l’époque, RBC était dirigée par le Dr Conco Jeanine.

Le gaspillage n’a pas été relevé au niveau du gouvernement central seulement. Au niveau des entités locales, c’est encore pire. Le district de Rubavu, l’une des villes relativement grandes de Gisenyi, également limitrophe de la RD Congo, a déboursé des sommes excessives pour divers projets. La ville a trop-payé dans 17 appels d’offres. Alors qu’au départ le marché avait été conclu pour un budget total de 1,57 milliard de francs rwandais, le rapport de l’auditeur général a constaté que Rubavu a déboursé une somme supplémentaire de 1,48 milliard, soit une augmentation de 95%, approuvée illégalement par le maire Habyarimana Gilbert et son équipe.

Dans le district de Gatsibo, dans l’est du Rwanda, dirigée par Richard Gasana, quatre appels d’offres ont été lancés pour un total de 871,6 millions de FRW. A la fin des travaux, la somme payée s’élevait à près de 1,8 milliard de FRW, soit plus de 831 millions de plus que la somme initiale.

L’auditeur général a signalé que ces paiements de trop  avaient été également épinglés dans les rapports des années précédentes. Malgré cela, aucune amélioration significative n’a été faite dans la gestion de la chose publique. A cause des réseaux de toutes sortes et des intérêts convergents, ces détournements sont restés, pour la plupart, sans aucune poursuite.

Gaspard Musabyimana