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Pierre BUYOYA est mort

Pierre Buyoya, ancien président burundais.
Pierre Buyoya, ancien président burundais. RFI

Texte par :RFI

L’ancien président du Burundi et ex-haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel est décédé à 71 ans. Il est mort cette nuit alors qu’il était en train de rejoindre un hôpital parisien.

Pierre Buyoya, 71 ans, avait contracté le coronavirus alors qu’il se trouvait à Bamako au Mali. Il était hospitalisé depuis une semaine à la clinique Pasteur dans la capitale malienne, placé sous respirateur artificiel. Son état de santé s’est brusquement dégradé, selon une source familiale.

Il a finalement été évacué par un avion médicalisé vers Paris jeudi en début d’après-midi et est arrivé dans la capitale française dans la soirée. Trop tard puisqu’il est décédé durant son transfert en ambulance d’un aéroport parisien vers l’hôpital Américain de Neuilly, où il était suivi depuis longtemps pour des problèmes de santé.

Difficile pour l’instant de savoir où et quand l’ancien chef de l’État sera inhumé. Les relations entre l’ancien chef de l’état et le pouvoir burundais étaient au plus mal depuis le début de la crise de 2015, due à la décision du président Pierre Nkurunziza, décédé en juin, de briguer un troisième mandat. Des membres de sa famille sont déjà en route pour la France et devraient arriver à Paris ce vendredi pour décider de la suite.

Il y a trois semaines, Pierre Buyoya avait démissionné de son poste de haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel. Une fonction qu’il occupait depuis 2012. Il avait remis sa démission après avoir été condamné à la prison à perpétuité dans un procès qui s’est tenu en son absence au Burundi, condamné pour avoir fomenté en 1993.  y a 27 ans, l’assassinat de Melchior Ndadaye qui était alors président du Burundi.

Pierre Buyoya avait qualifié ce procès de parodie de justice, de mascarade politique. Il expliquait fin novembre démissionner de son poste de haut représentant de l’UA afin de pouvoir « se défendre et laver son honneur ».

Guverinoma ya Rubanda ikorera mu buhungiro tuyumve dute?

Kuva iki gitekerezo cya Guverinoma ikorera mu buhungiro cyavuka hari bamwe batasobanukiwe. Ni initiative igamije guhuriza hamwe imbaraga zitavuga rumwe na FPR , bakaba babona ko koko aribo bagombye kuba bayobora igihugu ( qui réclament la légitimité du gouvernement). Iyo abaturage babujijwe uburenganzira bwo kwishyiriraho ubutegetsi , bashobora gushinga Guverinoma yabo igahangana n’iyo batemera.

Muri Kenya hari umugabo washinze Guverinoma ye bamaze kumwiba amajwi. Uretse ko we yari mu gihugu , iyo aza kwirukanwa agahunga, iyo Guverinoma yari kuba ibaye iyo mu buhungiro.
Usanga hari abantu batumva iyi innovation muri politiki nyarwanda bigatuma batinjira muri iyi Guverinoma. Hari n’abandi banga kandi bakarwanya iyi Guverinoma byonyine ngo kuko igitekerezo atari icyabo.

Ngaho nimumbwire:
1. Ni gute warwanya iyi Guverinoma ngo ntibibaho, ngo ni ukwikinisha, nyamara washinze ishyaka mu buhungiro, nk’aho ryo hari itegeko ribikwemerera?

  1. Ni gute wakwanga kwinjira muri Guverinoma nyamara ukinjira muri Rwanda Bridge Builders ? ( uretse ko basanze Nahimana Thomas yarabatanze idée ya Guverinoma – yabatanze umushi).
  2. Ni gute warwanya Guverinoma ikorera mu buhungiro kandi wowe ufite cg ushaka gushinga ingabo? ( ubundi Ingabo z’igihugu zagombye kuba zihagije)

Maze rero abantu bajye basobanukirwa ko yaba amashyaka ya politiki, yaba Guverinoma yo mu buhungiro, zaba ingabo, zose ni outils de résistance à l’oppression zishyirwaho mu bihe bidasanzwe nk’ibyo turimo. Cyakora koko niba ubona leta ya FPR ifite légitimité na légalité mu maso y’abanyarwanda, byo koko Guverinoma yindi ntiwayemera. Ushobora no kwanga kujya muri Guverinoma kuko yashyizweho n’umuntu udakunda ariko ibyo ni ibibazo hagati y’abantu kandi bibaho. Ahubwo ikimbabaza ni uko idakora cyane uko bikwiye.

Reka nifurize ishya n’ihirwe abagize Guverinoma nshya ya Rubanda ikorera mu buhungiro.

Génocide rwandais: la commission sur le rôle présumé de la France mise en garde.

En date du 14 novembre 2020 on apprenait le retrait d’un des membres de la “Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi (1990-1994)”. Cette commission mise sur pied par le président Emmanuel Macron a pour but d’éplucher les archives et déterminer quel a(urait) été le rôle de la France dans le conflit rwandais qui a culminé en génocide de 1994. Un travail très délicat si l’on considère les implications diplomatiques et politiques du sujet. Les acteurs de la société civile et universitaires d’origine rwandaise réunis sous Groupe d’Initiative France Rwanda (GIFR) avaient partagé par avance avec cette commission leurs inquiétudes avant de soumettre des recommandations. Les membres du GIFR pressentent les tentatives de manipulations de la commission par le FPR à travers les trous que la démocratie française pourrait naïvement offrir à la dictature rwandaise.

Leur lettre est reprise ci-bas.

Note à la Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi (1990-1994)

Mesdames, Messieurs, membres de la Commission ;

Le Groupe d’Initiative France Rwanda (GIFR) salue votre dévouement et votre bon travail pour atteindre les objectifs définis lors de la création de la Commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi (1990-1994). Le monde entier en général, la France et le Rwanda en particulier attendent de vous les réponses aux questions qui, jusqu’ici, n’ont pas eu de réponses définitives et convaincantes sur le rôle qu’aurait joué la France dans la tragédie rwandaise il y a 26 ans.

En tant que Rwandais et Français d’origine rwandaise vivant en France, nous avons suivi ce dossier de près car il nous est indéniable que seule la vérité sur ce qui s’est réellement passé, pourra nous permettre de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays dans un esprit de respect mutuel. Pour les Rwandais spécialement, il nous sera enfin possible de nous réconcilier avec notre passé, de rendre justice à tous ceux qui en ont soif depuis déjà trop longtemps, de mettre un point à notre deuil, et d’avancer en envisageant un avenir durable.

Par cette note nous nous permettons d’apporter notre observation en termes de contribution et soutien au travail qui vous est confié et qui requiert l’objectivité, l’éthique et le professionnalisme. Nos apports sont fondés et soutenus par nos expériences en tant qu’acteurs de la société civile rwandaise et acteurs politiques, universitaires et/ ou témoins de certains événements de la période concernée par votre travail.

  1. Des objectifs précis mais aux antipodes de la politique menée par le Front Patriotique Rwandais (FPR).

Les objectifs de cette mission sont très clairs et concis ne laissant aucune fenêtre au moindre doute, et le résultat reflètera la position de la France à ce sujet et guidera les décisions et actions dans l’avenir. Cependant, il est commode de souligner que le FPR a déjà sa version des faits, une version que le régime de Kigali est prêt à défendre, une hypothèse que le régime fera tout pour qu’elle soit confirmée. Selon cette hypothèse, la France est complice dans le génocide et au moins 13 anciens dirigeants français sont incriminés[1]. Par exemple, selon la conclusion du rapport “MUCYO” de la Commission nationale chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’état français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 « Durant toute la période du génocide, la France a soutenu diplomatiquement et militairement le gouvernement intérimaire qui, au su du monde entier, en temps réel, était en train d’organiser et d’exécuter un génocide [2]».  

Et dans ses recommandations, la même Commission encourage l’Etat rwandais de soutenir toute action individuelle ou collective de victimes qui souhaiteraient porter plainte pour le préjudice causé par l’Etat français. La Commission ajoute que, cependant, le gouvernement rwandais pourrait se contenter d’un arrangement diplomatique avec l’Etat français pour trouver une solution à cette question. Ceci, dit la Commission, dépendrait de la décision de l’Etat français de reconnaître toutes ses responsabilités dans le génocide et de procéder à des réparations[3].

Bien que les méthodologie et témoignages utilisés par la Commission étaient vivement critiqués, les conclusions de l’enquête ont été saluées par le Gouvernement Rwandais. Le rapport constitue un instrument important et une arme pour mettre à genoux la France. Aucun travail de professionnels aussi intègre qu’il soit ne saura faire bouger le FPR de sa position, car il s’agit d’une cause existentielle.

  1. Une démarche scientifique versus une pratique machiavélique

Lors de la composition de votre Commission, le Président Emmanuel Macron s’est basé sur vos valeurs et professionnalisme confirmés par vos travaux et succès dans vos missions du passé. Pour cela, les membres du GIFR n’ont aucun doute sur vos neutralité et sincérité. Pourtant, votre démarche scientifique est une chose inexistante au Rwanda. Le FPR utilise toute sorte de pression et n’épargne rien, y compris le mensonge, la manipulation de statistiques[4] et les méthodes les plus illégales, pour arriver à ses fins. Les chercheurs[5] les plus fidèles à leurs carrières sont victimes de chantage et terrorisme orchestrés par les services secrets rwandais pour les contraindre à revenir aux conclusions de leurs travaux qui contredisent la version officielle de Kigali. Tel a été le modus operandi du FPR, et ça a marché dans plusieurs cas.

Dans son jeu, le FPR paie des lobbies et média pour véhiculer le faux narratif en sa faveur, ce qui en partie façonne l’opinion internationale susceptible d’influencer les conclusions si on adopte la démarche scientifique. En effet, la littérature sur le sujet est pleine de ce genre de sources. Un exemple frappant concerne la thèse du génocide contre les Tutsis qui aurait été planifié, une thèse qui continue d’être répétée même par les chercheurs sérieux alors que même le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) n’a pas reconnu cette planification par le gouvernement rwandais de l’époque[6]. Aujourd’hui la France est encore accusée de complicité dans cette « prétendue » planification.

L’on pourrait aussi citer l’assertion de « la communauté internationale qui a manqué à ses responsabilités d’intervenir pour assister aux Tutsis qui faisaient massacrer en 1994 ». Or, c’est bien le FPR qui s’est opposé au déploiement de la force onusienne, car, le mouvement rebelle craignait qu’une telle intervention aurait pu empêcher sa conquête militaire qui s’annonçait inévitable[7]. Et des observateurs avisés estiment que les décisions de l’Etat français prises par rapport au dossier du génocide rwandais, tendent à céder au chantage de l’Etat rwandais[8]. Ainsi, quand on s’attendait à la vérité, c’est la realpolitik qui a été privilégiée.

  1. La démocratie française au service de la dictature rwandaise

La démocratie française et ses nobles valeurs offrent une porte d’entrée exploitable par la dictature rwandaise. En effet, au moment où tous les témoignages au Rwanda sont manipulés, la liberté d’expression est garantie à chacun en France. Nous avons observé des associations françaises, des universitaires, des médias, ou de simples citoyens[9] défendre les intérêts du Rwanda au détriment de leur pays, seulement parce qu’ils sont tombés sur une source attractive mais mensongère, ou qu’ils ont cru naïvement en la version officielle de Kigali, ou qu’ils sont payés pour ça.

Bien qu’il y ait pas mal de suspicions sur les relations qu’entretiennent certaines associations et le régime de Kigali, aucune enquête sérieuse n’est menée par des instances habilitées pour déterminer à quel point ça pourrait constituer un danger à la démocratie. Ces associations et individus au service du FPR créeront une sorte de populisme et serviront en tant que groupes de pression sur n’importe quelle Commission pour faire triompher la version de Kigali. Ils iraient même jusqu’à dire que les archives ont été altérées s’il arrivait que les résultats ne correspondent pas aux attentes du FPR.

Cas de l’Association Survie

Lors de la sortie de votre note intermédiaire[10], l’association Survie a fait une réaction avec indignation comme quoi « la grande lessive a déjà commencé [11]». Toujours en quête de protéger la bonne relation entre Survie et le FPR, la stratégie utilisée reste inchangée : partir d’une réalité, la sortir de son contexte temporaire, légal et légitime, pour en faire une situation tout à fait différente, horrible et condamnable. Il s’ensuit de faire beaucoup de bruit à ce sujet dans des actions encouragés par le FPR, premier profiteur de la situation. Mais à en juger de plus près, Survie n’a aucune autorité morale dans cette affaire pour des raisons bien connues.

En effet, le FPR et Survie marchent main dans la main depuis un peu avant 1994. Se présentant comme une association contre la néo-colonisation française en Afrique, Survie propose ses services au FPR. En 1994, le fondateur de l’association, Monsieur Jean Carbonare devient Conseiller du Président Pasteur BIZIMUNGU. Son rôle principal était de faire la promotion de l’image du nouveau régime post-génocide et sera impliqué dans plusieurs projets à caractère commercial contrairement aux objectifs de l’association Survie. L’héritage de Monsieur Carbonare sera ( Ndlr: et reste) bien entretenu après sa mort.

  1. Recommandations

La France était présente au Rwanda et a encouragé le multipartisme et les négociations entre les deux camps opposés dans la guerre lancée par le FPR en 1990, néanmoins, force est de constater que les acteurs dans ce conflit étaient plus nombreux. Pour cela, malgré l’importance que les archives françaises représentent, elles ne peuvent pas à elles seules expliquer les actions et réactions des deux camps. C’est dans cette optique qu’il serait judicieux de consulter, dans la mesure du possible, les archives de l’Ouganda, des Etats Unis d’Amérique, de Belgique, du Canada, et de l’Organisation des Nations Unies.

L’Etat rwandais vous invite à consulter les « chercheurs » rwandais pour avoir une vue complète de toute la situation. Cependant, le FPR n’était pas aux affaires pendant la période concernée et la totalité d’archives a été détruite pendant la guerre. Cette lacune pourrait être en partie comblée par les entretiens avec les personnes qui ont servi dans la diplomatie rwandaise de l’époque, mieux placés que le FPR.


[1] https://www.lefigaro.fr/international/2008/08/05/01003-20080805ARTFIG00452-le-rwanda-accuse-la-france-de-participation-au-genocide-.php

[2] Commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994, p. 328

[3] Idem, p.329

[4] https://www.france24.com/en/20190813-financial-times-says-rwanda-has-manipulated-its-economic-data

[5] https://www.musabyimana.net/20141121-le-professeur-belge-filip-reyntjens-dans-le-collimateur-du-regime-de-paul-kagame/

[6] Serge DUPUIS, De la planification du génocide des Rwandais tutsis, note 214, Fondation Jean Jaurès, 2014.

[7] https://nsarchive2.gwu.edu//NSAEBB/NSAEBB117/Rw29.pdf

[8] http://www.echosdafrique.com/20171215-rwanda-france-la-justice-coincee-entre-chantage-et-realpolitik

[9] https://www.france24.com/fr/video/20180321-rwanda-france-a-soutenu-le-gouvernement-genocidaire

[10] https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/note_intermediaire_-_commission_rwanda_cle8afecc.pdf

[11] https://survie.org/themes/genocide-des-tutsis-au-rwanda/la-france-et-le-genocide-des-tutsis/article/commission-duclert-la-grande-lessive-a-commence

Rwanda : Affaire du serment, quand le FPR se prévaut de sa propre turpitude !

Ceux qui se connaissent en droit sont familiers avec la locution « nemo auditur propriam turpitudinem allegans » qui peut se traduire par « personne ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». Tout simplement, ceci veut dire que l’on ne peut utiliser en sa faveur une faute que l’on a commise. Prenons l’exemple de quelqu’un qui conduit en état d’ivresse, renverse un piéton, et tente de se dédouaner de son crime en disant que ce n’était pas sa faute, qu’il faut blâmer l’alcool qu’il avait ingéré ! Ou encore, cet homme accusé de malversation financière qui va se défendre en disant qu’il a toujours agi de la même manière, que personne ne s’est plaint, qu’il ne voit pas pourquoi ça lui arrive cette fois-ci ! Dans une manœuvre désespérée visant à défendre son serment et ses manières coercitives de rejoindre sa famille politique, le Front Patriotique Rwandais (FPR) invoque sa propre turpitude.

Tout commence par la circulation d’une vidéo amateur qui montre une centaine de membres de la diaspora rwandaise établis sur le territoire londonien entrain de prêter serment d’allégeance au FPR, un exercice que tout nouveau membre de ce parti est appelé à faire. Jusque-là, tout a l’air normal. Qu’on fasse une promesse de rester fidèle à une cause, ce n’est que logique. Sauf que le serment est non seulement illogique et antidémocratique, mais aussi anticonstitutionnel.

Suivantes sont les paroles prononcées dans ce fameux serment :

« A cette étape indéniable que je franchis, Moi… (Nom et prénom) après avoir bien appris, bien compris et discerné l’assermenté du FPR, je prête serment en jurant

  • Avoir bien appris, compris et discerné le sens de mon engagement au parti avec les autres membres ; 
  • Sauvegarder et être gardien du parti en combattant contre tous les “ennemis du pays” partout où ils seraient et par tous les moyens ; 
  • Respecter sans discuter toutes les directives du parti FPR, actuelles et celles qui viendront ; 
  • Me préparer à être tué par crucifixion comme tout malfaiteur, si jamais je venais à transgresser une directive du parti, car j’aurais trahi tous les rwandais.”

La chaine britannique BBC ne manque d’interpeller l’opinion publique sur ce genre de pratique qui constitue une menace pour les Rwandais en dehors de leur pays.

Le régime de Kigali, éhonté, tente de se justifier. Dans une réaction de l’ambassade du Rwanda à Londres, Kigali adopte une stratégie plutôt de distraction avant de lancer :

« Le serment existe, presque inchangé, depuis la formation du FPR en 1987. Les tentatives des détracteurs de le présenter à tort comme quelque chose de sinistre sont pathétiques ».

Un serment anticonstitutionnel et antidémocratique 

  1. L’article 159 de la Constitution rwandaise telle que révisée à ce jour prévoit que la défense nationale est assurée par les forces de défense rwandaises (FRD). En jurant pour « combattre les ennemis du pays », les membres du FPR se prennent pour membres de l’armée nationale. C’est anticonstitutionnel.
  2. L’article 55 de la même Constitution donne droit à tout Rwandais d’adhérer à un parti politique de son choix ou de n’adhérer à aucun parti. Transgresser la directive du FPR revient à choisir ne plus faire partie de cette organisation, un droit constitutionnel. Que le FPR tue par crucifixion quelqu’un qui exerce son droit, c’est plus que pathétique. Rappelons qu’au Rwanda la peine de mort est abolie depuis le 25 juillet 2007. Et puis, en quoi trahir le FPR, un parti politique comme tous les autres, signifie trahir tous les Rwandais même ceux qui appartiennent à d’autres mouvements politiques ?
  3. Sauf dans des républiques bananières, dans quel autre pays du monde un parti politique contraindrait les citoyens de « respecter ‘sans discuter’ toutes les directives ‘actuelles’ et ‘celles qui viendront’ » sans savoir si, le moment venu, celles-ci répondront aux besoins ou satisferont les intérêts socioéconomiques et politiques, entre autres ?

Conclusion :

A vouloir justifier un serment aussi ignoble, antidémocratique et anticonstitutionnel dans un pays qui se targue d’être un état de droit sous prétexte que le serment existe et reste le même depuis 1987, le FPR mis en difficultés, n’a plus d’arguments et invoque sa propre turpitude. Franchement, ce mouvement est voué à disparaitre.  

Chaste GAHUNDE

Affaire Léon Mugesera : Le Rwanda condamné pour traitement cruel et inhumain

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSELéon Mugesera a été expulsé du Canada en 2012 au terme d’une saga judiciaire portant sur son immigration au pays, en 1993 ; il a ensuite été jugé au Rwanda pour incitation au génocide.

Le Rwanda s’est livré à un « traitement cruel, inhumain et dégradant » à l’égard de l’ancien résidant canadien Léon Mugesera, a statué vendredi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

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Le jugement ne change pas la condamnation à la prison à vie de Léon Mugesera, reconnu coupable d’incitation au génocide par un tribunal rwandais en 2016, mais blâme Kigali pour ses conditions de détention.

La Cour africaine conclut également que le Rwanda a violé le droit à la vie et le droit à la famille de l’ancien résidant de Québec.

En revanche, l’État rwandais n’a pas violé le droit à la défense de Léon Mugesera, tel que l’alléguait la poursuite déposée en 2017 devant le tribunal basé à Arusha, en Tanzanie.

« Nous sommes très contents que la souffrance de Léon soit reconnue enfin », a déclaré à La Presse sa femme, Gemma Uwamariya.

La famille espère un jour « revoir vivant celui qui [lui] a sauvé la vie » en lui faisant fuir le Rwanda à l’aube du génocide de 1994, confie Mme Uwamariya.

Nous implorons le Canada de s’assure que le Rwanda cesse immédiatement les souffrances cruelles dont Léon est victime.

Gemma Uwamariya, la femme de Léon Mugesera


Le cabinet du ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, n’avait pas réagi au jugement au moment d’écrire ces lignes.

Dédommagement de 32 000 $

Dans son jugement, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples condamne le Rwanda à verser 25 millions de francs rwandais, soit près de 33 000 $, à Léon Mugesera et sa famille, dont 10 millions à titre de préjudice moral.

Elle ordonne également qu’un médecin indépendant soit désigné pour évaluer l’état de santé de Léon Mugesera et déterminer les « mesures nécessaires à son assistance ».

Le tribunal a aussi rejeté la demande de Léon Mugesera d’ordonner sa remise en liberté et l’annulation de sa condamnation pour incitation au génocide, estimant que le litige portait sur ses conditions de détention et non pas sur la légalité de sa détention.

La Cour africaine a refusé également d’ordonner au Rwanda d’entamer des discussions avec le Canada pour que Léon Mugesera puisse purger le reste de sa peine d’emprisonnement à perpétuité au Canada, affirmant que cela relève de la compétence des États concernés et non du tribunal.

Léon Mugesera a été expulsé du Canada en 2012 au terme d’une saga judiciaire portant sur son immigration au pays, en 1993 ; il a ensuite été jugé au Rwanda pour incitation au génocide.

Au terme d’un procès jugé inéquitable par ses avocats, Léon Mugesera a été déclaré en 2016 coupable d’incitation publique à commettre un génocide, de persécution et d’enseignement de la haine basée sur l’ethnicité par la Haute Cour du Rwanda, qui l’a en revanche acquitté des chefs d’accusation de complot et de complicité de génocide.

Les dates clés de Léon Mugesera

– 1987 : Il obtient son doctorat à l’Université Laval, à Québec.

– Novembre 1992 : Il prononce, dans le nord-ouest du Rwanda, le discours qui lui a valu d’être accusé d’incitation au génocide.

– Août 1993 : Il arrive au Canada avec son épouse et leurs cinq enfants mineurs. Ils ont tous le statut de réfugiés.

– Juillet 1996 : La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) ordonne son expulsion, considérant que le discours de 1992 constituait une incitation au meurtre, une incitation au génocide et à la haine ainsi qu’un crime contre l’humanité.

– Janvier 2012 : Après des années de démarches judiciaires, il est finalement renvoyé au Rwanda par le Canada.

– Janvier 2013 : Début de son procès pour incitation au génocide à Kigali, au Rwanda.

– Avril 2016 : Il est condamné à l’emprisonnement à perpétuité.

Source : https://www.lapresse.ca/international/afrique/2020-11-27/affaire-leon-mugesera/le-rwanda-condamne-pour-traitement-cruel-et-inhumain.php

L’Angola dans les crises congolaises : entre fantasmes et réalité des faits.

L’Angola. Oui, parlons un peu de l’Angola puisqu’il se raconte des choses depuis le passage de Félix Tshisekedi dans ce pays et la signature d’un accord de coopération militaire entre Luanda et Kinshasa. Dans le camp de la talibanie, on exulte en criant déjà victoire à la suite du fameux «meeting aérien» qui s’est déroulé dans le ciel kinois ce vendredi 20 novembre. Mais que peut-on retenir de tout ceci ?

Le fait que Félix Tshisekedi ait sollicité l’Angola pour l’aider dans le bras de fer qui l’oppose à Joseph Kabila signifie que lui Félix n’a pas confiance en l’armée congolaise, ce qui peut se comprendre. Mais contrairement à ce que pensent les intégristes de la secte et certaines personnes, l’Angola n’a jamais été le « faiseur de rois » en RDC. Jamais.

En 1997, l’Angola était intervenu aux côtés de l’AFLD à l’étape de Kisangani sur demande américaine, mais aussi et surtout parce que son adversaire de toujours, l’UNITA, s’était positionnée aux côtés du président Mobutu. Cette implication de l’Angola aux côtés de l’AFDL n’avait pas changé grand-chose sur le terrain militaire.

En 1998, l’intervention de l’Angola, mais aussi du Zimbabwe, aux côtés de Laurent-Désiré Kabila avait permis de défaire les troupes rwando-ougandaises au niveau du triangle Kitona-Banana-Moanda, sans plus. Avec le recul, on peut affirmer que l’implication de Luanda avait pour but de rééquilibrer les rapports de force sans nécessairement donner un avantage militaire conséquent à la RDC dont la partie Est était restée sous occupation des forces d’invasion jusqu’à la signature des accords de paix.

Sous Joseph Kabila, l’Angola a été un bon protecteur, mais pas un « faiseur de Rois » pour la simple et bonne raison que le pouvoir de Joseph venait de loin… si vous voyez ce que je veux dire. Le soutien que semble apporter l’Angola à Félix Tshisekedi aujourd’hui pourrait-il faire la différence en cas de confrontation armée avec Joseph Kabila ?

Dans une certaine mesure seulement puisque l’enjeu est régional et dépend de la position des acteurs composant aussi bien cet écosystème que l’échiquier international. Je vais y revenir dans une prochaine analyse sur Sputnik.

Pour le reste, il faut rappeler à certains rêveurs que l’Angola a besoin d’une RDC faible, que le soutien militaire qu’il avait apporté à Laurent-Désiré Kabila en 1998 n’avait pas empêché que celui-ci se fasse descendre dans son bureau…

À bon entendeur, je bois mon lait nsambarisé…

Patrick MBEKO

Génocide au Rwanda : une historienne controversée se retire de la commission sur le rôle de la France

Au sein de la communauté scientifique, on n’hésitait pas à parler de “l’affaire Julie d’Andurain”. L’historienne militaire, membre de la commission chargée de faire la lumière sur le rôle de la France au Rwanda lors du génocide de 1994, est accusée de parti pris. La commission a annoncé samedi 14 novembre dans un bref communiqué qu’elle avait “pris acte” de “la décision” de l’universitaire française de “se mettre en retrait” des travaux.

Polémique après un article du “Canard enchaîné”

D’après le communiqué, cette décision a été prise le 25 août, mais n’a été rendue publique que près de trois mois plus tard. L’annonce survient après la parution fin octobre d’un article du Canard enchaîné qui a déclenché la polémique. L’hebdomadaire a exhumé un texte de l’historienne sur l’opération Turquoise lancée par la France au Rwanda de juin à août 1994. La professeure y estimait notamment que “l’histoire rendrait raison” au bilan de cette opération controversée.

Après la publication de l’article du Canard enchaîné, plusieurs chercheurs et universitaires avaient dénoncé les “erreurs”, le “parti pris”, voire le “négationnisme” du texte de Julie d’Andurain. Ils avaient estimé qu’il discréditait le travail de la commission.

Le rapport attendu début avril

“Cette mise en retrait volontaire signifie que madame d’Andurain ne consulte plus d’archives, qu’elle ne participe plus aux réunions d’équipe et qu’elle ne contribue pas à la rédaction du rapport”, a expliqué à l’AFP l’historien Vincent Duclert qui préside la commission. “Le rapport sera remis le 5 avril au président Macron, lequel le rendra aussitôt public avec l’intégralité des sources in extenso, comme cela a toujours été décidé et annoncé”, a assuré le haut fonctionnaire.

Mise en place en avril 2019 par Emmanuel Macron, cette commission indépendante de 15 membres doit examiner les archives françaises relatives à l’implication politico-militaire de Paris au Rwanda entre 1990 et 1994. Le chef de l’Etat s’était engagé à cet accès facilité à de tels documents, en mai 2018, lorsqu’il avait reçu le président rwandais Paul Kagame à l’Elysée.

Les zones d’ombre sur le rôle de la France dans le génocide rwandais empoisonnent les relations entre Paris et Kigali depuis plus de 25 ans. Parmi les points les plus disputés figurent l’ampleur de l’assistance militaire apportée par la France au régime du président Habyarimana de 1990 à 1994, ainsi que les circonstances de l’attentat qui a coûté la vie au chef d’Etat, le 6 avril 1994, et déclenché le génocide.

Source: https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/rwanda/genocide-au-rwanda/genocide-au-rwanda-une-historienne-controversee-se-retire-de-la-commission-sur-le-role-de-la-france_4181143.html

Rwanda : Paul Rusesabagina a été victime d’une disparition forcée

Les violations des droits de cet opposant soulèvent des craintes quant à la possibilité d’un procès équitable

(Nairobi, le 10 septembre 2020) – L’arrestation par le gouvernement rwandais de Paul Rusesabagina, personnalité connue pour ses critiques du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir, a constitué une disparition forcée et une grave violation du droit international. Le Rwanda devrait immédiatement accorder à cet opposant l’accès à un avocat de son choix, des échanges confidentiels, ainsi que la possibilité d’être en contact régulier avec sa famille. Les autorités devraient lui permettre d’exercer rapidement son droit de contester la légalité de son arrestation, et d’être représenté par un avocat de son choix devant un tribunal indépendant appliquant les normes internationales en matière de droits humains.

Paul Rusesabagina s’est enfui en Belgique en 1996. Il est aujourd’hui citoyen belge et réside aux États-Unis. Le 27 août 2020, il voyageait entre les États-Unis et Dubaï, aux Émirats arabes unis. Des membres de sa famille ont déclaré à Human Rights Watch avoir échangé des messages WhatsApp avec lui ce soir-là, n’avoir pu le contacter de nouveau et n’avoir rien su de ce qui lui était arrivé jusqu’à ce que, le 31 août, le Bureau d’enquêtes rwandais (Rwanda Investigation Bureau, RIB) annonce qu’il détenait Rusesabagina à Kigali, au Rwanda. Sa famille n’a pu lui parler que le 8 septembre.

« Les antécédents du Rwanda dans l’utilisation de méthodes illégales et interlopes pour cibler ceux que le parti au pouvoir perçoit comme une menace sont bien connus », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Le fait que le Rwanda n’ait pas appréhendé Paul Rusesabagina en utilisant une procédure d’extradition légale suggère que les autorités ne pensent pas que leurs preuves ou les garanties d’un procès équitable résisteraient à l’examen d’un tribunal indépendant, les amenant à choisir de contourner l’état de droit ».

Human Rights Watch s’est entretenu avec trois membres de la famille de Rusesabagina et avec l’un de ses avocats, et a examiné les informations accessibles au public, notamment les données des vols entre Dubaï et Kigali et les entretiens accordés par le président Paul Kagame et par le porte-parole du RIB.

Rusesabagina est surtout connu comme étant l’ancien patron de l’hôtel des Mille Collines, un établissement de luxe du centre de Kigali où des centaines de personnes sont venues chercher protection pendant le génocide de 1994 au Rwanda. Après le génocide, craignant pour sa sécurité, il a fui le Rwanda. Par la suite, il est devenu un détracteur féroce du gouvernement rwandais et a cofondé le Mouvement rwandais pour le changement démocratique, le MRCD, une coalition de groupes d’opposition, dont la branche armée est connue sous le nom de Forces de libération nationale (FLN). Les FLN ont revendiqué plusieurs attaques dans la province du Sud, au Rwanda, depuis 2018.

Plus de 10 jours après que le Rwanda a reconnu que Rusesabagina avait été arrêté, les autorités n’ont toujours pas fourni un compte rendu cohérent ou complet de la manière dont il avait été appréhendé puis détenu. En particulier, les autorités rwandaises n’ont pas révélé qui l’avait placé sous sa garde depuis son appréhension à Dubaï le 27 août jusqu’à sa réapparition à Kigali le 31 août.

Rusesabagina a parlé au téléphone à trois membres de sa famille le 8 septembre. L’un des membres de sa famille a déclaré à Human Rights Watch qu’ils craignaient que Rusesabagina ne puisse s’exprime librement parce que deux avocats qui ne font pas partie de l’équipe de défense qu’ils ont constituée étaient présents lors de cette conversation. Des membres de la famille ont également déclaré que ces deux avocats étaient présents lors d’une visite d’un représentant du consulat belge le 7 septembre.

Il est difficile de savoir si Rusesabagina a eu accès à un avocat de son choix, les autorités rwandaises ayant confirmé aux médias qu’elles avaient refusé un avocat qui s’était présenté comme étant autorisé par la famille de Rusesabagina à le représenter.

Les membres de la famille de Rusesabagina ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils craignaient que Rusesabagina ne reçoive des médicaments différents de ceux qu’il prend habituellement pour traiter ses problèmes de santé.

Les autorités rwandaises ont d’abord déclaré qu’elles avaient arrêté Rusesabagina grâce à la coopération internationale, mais le 8 septembre, elles ont semblé faire marche arrière, suggérant qu’elles étaient seules responsables de l’arrestation de Rusesabagina et que d’autres pays n’avaient aidé le pays que pour de précédentes enquêtes. Si tel est le cas, cela signifie que des agents rwandais opéraient sur le sol des Émirats pour le capturer.

Un responsable anonyme des Émirats cité dans un article de CNN a déclaré que Rusesabagina avait quitté le pays « légalement » à bord d’un jet privé pour le Rwanda plusieurs heures après son arrivée aux Émirats. Radio France Internationale a confirmé qu’un avion Bombardier Challenger 605 appartenant à la société Gainjet – qui a un bureau à Kigali et qui est régulièrement utilisée par des responsables rwandais, notamment par le président – a quitté l’aéroport international Al Maktoum de Dubaï vers 1h du matin le 28 août et est arrivé à l’aéroport de Kigali quelques heures plus tard.

Le 6 septembre, le président Kagame a nié toute allégation d’enlèvement : « Il n’y a pas eu de kidnapping. Aucun acte répréhensible n’a été commis dans le processus qui l’a mené ici ».

Alors qu’il était détenu au poste de police de Remera, Rusesabagina a été présenté pour un entretien à The East African le 3 septembre, au cours duquel il a refusé de répondre aux questions sur son arrestation et sur son arrivée au Rwanda. Dans son entretien avec The East African, Rusesabagina a déclaré qu’il avait accès à de la nourriture, des médicaments, une assistance médicale et qu’il était en train de choisir son avocat. Le fait qu’une personne soupçonnée d’une infraction pénale accorde une interview « exclusive » à la presse avant d’avoir accès à ses avocats, aux services consulaires ou à des contacts avec sa famille est extrêmement suspect, a déclaré Human Rights Watch.

Les autorités rwandaises devraient fournir de toute urgence un compte rendu complet et corroboré de la façon dont Rusesabagina a été appréhendé et transféré au Rwanda, a déclaré Human Rights Watch. Sur la base des recherches de Human Rights Watch qui s’appuient sur des informations accessibles au public, Rusesabagina était détenu par les Rwandais ou leurs intermédiaires dès la nuit du 27 août, alors que sa détention n’a été reconnue par les Rwandais que le 31 août, ce qui signifie que sa disparition forcée a duré au moins trois jours.

Quand des autorités privent une personne de sa liberté et refusent de reconnaître sa détention, ou cachent l’endroit où elle se trouve, elles procèdent à une disparition forcée, qui est un crime prohibé en toutes circonstances au regard du droit international. Les personnes impliquées et responsables de tels actes devraient être tenues pénalement responsables, a déclaré Human Rights Watch.

La détention légale et le transfert d’un suspect d’un pays à un autre pour des poursuites pénales devraient être exécutés dans la cadre d’une procédure d’extradition supervisée par un tribunal indépendant pour vérifier la légalité de la demande d’extradition et déterminer si les droits du suspect, notamment le fait d’être protégé contre les traitements inhumains et de bénéficier d’une procédure régulière et d’un procès équitable, seront garantis. Le fait que les autorités rwandaises aient contourné la procédure légale d’extradition de Rusesabagina remet sérieusement en cause la légitimité et la bonne foi qu’ils revendiquent dans leurs efforts pour engager des poursuites contre lui.

En vertu de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (la « Convention contre la torture »), ratifiée par le Rwanda et les Émirats arabes unis respectivement en 2008 et 2012, nul ne peut être envoyé dans un pays où il y a des motifs sérieux de croire qu’il pourrait être torturé ou maltraité. Cette obligation a été interprétée comme obligeant les gouvernements à fournir un mécanisme permettant aux personnes de contester les décisions de les transférer vers un autre pays.

Les autorités belges devraient de toute urgence mener à bien une enquête sur le transfert de Rusesabagina au Rwanda et publier leurs conclusions sans délai, a déclaré Human Rights Watch.

« Le traitement de cette affaire par les autorités rwandaises jusqu’à présent a fait fi de bon nombre de protections prévues par le droit international, suscitant de sérieuses craintes quant au bien-être de Rusesabagina et au respect de son droit à un procès équitable au Rwanda », a déclaré Lewis Mudge. « La gravité des accusations qui pèsent contre Rusesabagina ne donne pas aux autorités rwandaises le droit de recourir au crime de disparition forcée et d’ignorer la régularité des procédures ainsi que les normes internationales d’équité des procès ».

Inquiétudes quant à l’équité du procès d’un opposant de longue date

Au fil des ans, Rusesabagina est devenu une personnalité connue pour ses critiques du Front patriotique rwandais et a accusé Kagame d’armer des milices secrètes. En décembre 2018, Rusesabagina a dénoncé le gouvernement de Kagame dans une vidéo sur YouTube et a appelé à « user de tous les moyens possibles pour provoquer le changement au Rwanda, car tous les moyens politiques ont été essayés et ont échoué ». Dans la vidéo, il promet un « soutien sans réserve » aux FLN, la branche armée du MRCD. Depuis 2018, les FLN ont revendiqué plusieurs attaques autour de la forêt de Nyungwe, dans la province du Sud, près de la frontière avec le Burundi.

En avril 2019, les autorités judiciaires rwandaises ont confirmé que Callixte Nsabimana (également connu sous le nom de « Sankara »), un chef du mouvement et porte-parole des FLN, était sous leur garde, plusieurs semaines après avoir été porté disparu par sa famille. Sa famille a déclaré aux médias qu’il avait été enlevé aux Comores, alors que les autorités rwandaises déclaraient qu’il avait été extradé grâce à la « coopération internationale ».

Richard Sezibera, ministre rwandais des Affaires étrangères à l’époque, a déclaré aux médias qu’il « avait été arrêté et ramené [au Rwanda] » mais n’a pas précisé depuis où ni par quelle procédure son transfert avait eu lieu. Nsabimana a plaidé coupable de toutes les accusations portées contre lui, notamment d’avoir formé un groupe armé illégal, de terrorisme, de meurtre, d’enlèvement et de déni de génocide.

Le 6 septembre, Kagame a déclaré : « Rusesabagina dirige un groupe de terroristes qui ont tué des Rwandais. Il devra payer pour ces crimes. Rusesabagina a le sang des Rwandais sur les mains ». Les déclarations du président, faites avant qu’une procédure judiciaire indépendante n’ait déterminé la culpabilité de Rusesabagina, compromettent ses chances de bénéficier d’un procès équitable au Rwanda. Cela a fréquemment été le cas pour d’autres criminels présumés que le gouvernement accusait d’avoir des liens avec l’opposition et avec des groupes armés, a déclaré Human Rights Watch.

Le 9 septembre, Rusesabagina aurait été déféré à l’Organe national de poursuite judiciaire rwandais et son dossier transféré à cette institution. Rusesabagina devrait avoir accès à un avocat de son choix à chaque interrogatoire ou audition, a déclaré Human Rights Watch.

En vertu de la loi antiterroriste du Rwanda, toute personne soupçonnée de terrorisme peut être détenue provisoirement pour une durée maximale de 15 jours, renouvelable jusqu’à 90 jours. Toutefois, l’article 9 (3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) dispose que « Tout individu arrêté ou détenu du chef d’une infraction pénale sera traduit dans le plus court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires ».

Le Comité des droits de l’homme, un organe d’experts indépendants qui surveille la mise en œuvre du PIDCP, a déclaré que le délai entre l’arrestation d’un accusé et le moment de sa déposition devant une autorité judiciaire « ne devrait pas dépasser quelques jours ».

La position de Human Rights Watch, qui s’appuie sur toutes les normes pertinentes des droits humains, est que toute personne détenue par les autorités d’un État pour quelque raison que ce soit devrait, dans les 48 heures qui suivent le début de sa détention, être physiquement traduite devant un magistrat indépendant pour être autorisée à contester la légalité de sa détention, sauf circonstances exceptionnelles qui rendent cette opération impossible. En tout état de cause, la période de 15 jours autorisée par la loi rwandaise viole le droit international et les obligations découlant des traités auxquels le Rwanda est partie.

Le 7 septembre, les avocats de Rusesabagina ont déposé un appel urgent auprès du Dr Nils Melzer, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Le 31 août 2020, les gouvernements belge et américain ont déclaré à l’Associated Press qu’ils ne disposaient pas d’information sur cette affaire.

Les avocats de Rusesabagina basés aux États-Unis ont déclaré qu’il avait, par le passé, « subi des cambriolages à son domicile, reçu des menaces de mort et survécu à une tentative d’assassinat en 1996 ».

Rusesabagina, qui a le statut de résident permanent aux États-Unis, a reçu la Médaille présidentielle de la liberté des mains de George W. Bush en 2005 et a été lauréat du Prix des Droits de l’homme Tom Lantos en 2011. Le 2 septembre 2020, le Secrétaire adjoint du Bureau des affaires africaines au Département d’État des États-Unis, Tibor Nagy, a tweeté que les États-Unis s’attendaient à ce que le gouvernement rwandais réserve un traitement humain à Rusesabagina, qu’il adhère à l’état de droit et lui donne accès à une procédure judiciaire équitable et transparente.

Attaques contre les dissidents au Rwanda

Le retour à première vue forcé et illégal de Rusesabagina au Rwanda s’inscrit dans un contexte de répression bien documenté des critiques du gouvernement rwandais, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le gouvernement a arrêté, détenu et poursuivi au Rwanda des critiques et opposants au gouvernement dans le cadre de procès politiquement motivés et a menacé à plusieurs reprises d’autres personnes vivant à l’extérieur du pays. Certains ont été physiquement attaqués et même tués.

En 2017, Human Rights Watch a documenté l’existence d’actes systématiques de torture, de disparitions forcées, de détentions illégales et arbitraires, de procès inéquitables et d’autres violations graves des droits humains de 2010 à 2016 dans des centres de détention de l’armée au Rwanda, en violation flagrante du droit rwandais et international.

Ces méthodes de détention illégales se sont révélées être conçues pour obtenir des informations auprès de membres réels ou présumés, ou de sympathisants de groupes armés d’opposition, notamment des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé basé dans l’est de la République démocratique du Congo dont certains des membres ont participé au génocide de 1994 au Rwanda. Dans plusieurs procès suivis par Human Rights Watch depuis 2010, les juges ont exercé des pressions sur les prévenus accusés de terrorisme et les ont empêchés de témoigner sur l’illégalité de leur transfert ou de leur détention.

Plus récemment, les autorités rwandaises n’ont pas mené d’enquête crédible et transparente sur la mort suspecte en garde à vue, en février 2020, du chanteur bien connu Kizito Mihigo. Les autorités rwandaises ont affirmé qu’il s’était « étranglé » dans sa cellule du poste de police de Remera. Mihigo, une personnalité critique du gouvernement qui avait été poursuivi et emprisonné pendant quatre ans, avait peu de temps avant sa mort fait part à Human Rights Watch des risques sérieux qu’il encourait d’être tué par des agents du gouvernement.

Mihigo a été détenu au secret dans un lieu inconnu pendant neuf jours en avril 2014, où selon son propre témoignage il a été battu, menacé et forcé d’avouer des crimes dont il a ensuite été accusé. En février 2015, la Haute Cour de Kigali l’a condamné à 10 ans de prison pour des infractions présumées d’association de malfaiteurs, d’entente en vue de commettre un assassinat et de complot contre le gouvernement en place ou le président. Il a été libéré en septembre 2018 après une grâce présidentielle. Il a de nouveau été arrêté en février 2020 à la frontière avec le Burundi.

Après plusieurs années de menaces, d’intimidations, de morts mystérieuses et de procès très médiatisés à motivation politique, peu de partis d’opposition restent actifs ou s’autorisent à commenter publiquement les politiques gouvernementales.

En 2019, trois membres du parti d’opposition non enregistré des Forces démocratiques unifiées (FDU)-Inkingi ont été portés disparus ou retrouvés morts. En septembre, Syldio Dusabumuremyi, le coordinateur national du parti, a été poignardé à mort. À l’époque, le RIB a annoncé avoir placé deux hommes en garde à vue. Eugène Ndereyimana, également membre des FDU-Inkingi, a été porté disparu le 15 juillet, après n’être jamais arrivé à une réunion à Nyagatare, dans la province de l’Est, au Rwanda. Le corps d’Anselme Mutuyimana, un assistant de la dirigeante des FDU-Inkingi à l’époque, Victoire Ingabire, retrouvé mort en mars, présentait des signes d’étranglement. Le RIB a déclaré avoir ouvert des enquêtes sur ces différentes affaires.

En décembre 2019, la Cour d’appel du Rwanda a confirmé la condamnation de deux anciens responsables de l’armée, bien que le tribunal ait réduit leur peine à 15 ans chacun. Le 31 mars 2016, la Haute Cour militaire de Kanombe avait condamné le colonel Tom Byabagamba et le général de brigade à la retraite Frank Rusagara à 21 et 20 ans de prison respectivement pour avoir incité à l’insurrection et terni l’image du gouvernement. Human Rights Watch a dénoncé leurs condamnations pour avoir critiqué les autorités et les politiques gouvernementales, ainsi que l’utilisation de preuves non fiables pendant leur procès, notamment des informations faisant état de mauvais traitements et de problèmes de santé traités de manière inadéquate en détention.

Attaques contre les dissidents à l’étranger

Outre la répression des voix critiques à l’intérieur du Rwanda, des dissidents et critiques réels ou supposés vivant à l’extérieur du pays – en Ouganda et au Kenya voisins, voire plus loin, comme en Afrique du Sud et en Europe – ont été victimes d’attaques et de menaces. 

Les victimes d’attaques à l’étranger sont plutôt des opposants politiques ou des critiques acharnés du gouvernement rwandais ou du président Kagame lui-même. Les anciens responsables du FPR qui se sont retournés contre le président Kagame et sont devenus des opposants en exil ont plus particulièrement été la cible d’attaques et de menaces. Des similitudes existent entre les attaques dans plusieurs affaires très médiatisées, comme par exemple les assassinats de l’ancien ministre de l’Intérieur Seth Sendashonga en 1998 et de l’ancien chef du renseignement extérieur Patrick Karegeya en 2014, et la tentative d’assassinat de l’ancien chef d’état-major de l’armée Kayumba Nyamwasa en 2010, le premier au Kenya et les deux autres en Afrique du Sud.

Karegeya, ancien chef des services du renseignement extérieur du Rwanda et opposant de premier plan au gouvernement, exilé en Afrique du Sud, a été assassiné dans une chambre d’hôtel à Johannesburg le 1er janvier 2014. En 2019, les services du Procureur général d’Afrique du Sud ont émis des mandats d’arrêt contre deux Rwandais accusés du meurtre. Lors de l’enquête sur le meurtre de Karegeya, l’unité spéciale d’enquête sud-africaine a déclaré dans un témoignage écrit que le meurtre de Karegeya et les attaques contre l’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, le général Kayumba Nyamwasa, « étaient directement liés à l’intervention du gouvernement rwandais ».

Suite à son assassinat, le président, le premier ministre et les ministres des Affaires étrangères et de la Défense rwandais ont tous publiquement qualifié Karegeya de traître et d’ennemi, laissant entendre qu’il avait obtenu ce qu’il méritait.

La sécurité de certains réfugiés et demandeurs d’asile rwandais a elle aussi été menacée dans leur pays d’asile, en particulier en Ouganda. Le 20 août 2013, des hommes armés ont enlevé Joël Mutabazi, un ancien garde du corps présidentiel au Rwanda qui avait le statut de réfugié en Ouganda, de la résidence protégée d’une banlieue de la capitale, Kampala, où il vivait depuis qu’il avait échappé à une tentative d’assassinat en Ouganda en juillet 2012. Il a été libéré le jour même grâce à l’intervention de la police ougandaise.

Le 25 octobre 2013, il a été porté disparu d’un autre lieu où il vivait sous protection de la police ougandaise 24 heures sur 24. Il été impossible de le localiser pendant six jours. Le 31 octobre, la police rwandaise a confirmé qu’il était détenu au Rwanda, tout en refusant de révéler son lieu de détention. Le 13 novembre, il a comparu devant un tribunal militaire de Kigali avec 14 coaccusés pour terrorisme et d’autres délits. Le gouvernement ougandais a affirmé qu’un policier ougandais avait remis par erreur Mutabazi à la police rwandaise, sans suivre les procédures légales qui s’imposaient.

En octobre 2014, un tribunal militaire a déclaré Mutabazi coupable de terrorisme, de formation d’un groupe armé et d’autres infractions liées à une collaboration présumée avec un groupe d’opposition en exil et avec les FDLR. Il a été condamné à la prison à vie.

Mutabazi et plusieurs de ses coaccusés ont déclaré aux juges qu’ils avaient été torturés et forcés de signer des déclarations. Les juges n’ont ordonné aucune enquête, mais le président du tribunal a déclaré à l’issue du procès que le tribunal avait condamné plusieurs accusés à de longues peines de prison pour avoir menti au sujet de la torture.


Source: https://www.hrw.org/fr/

Lettre ouverte au Secrétaire Général de l’ONU à propos de l’incapacité de Paul KAGAME

Son Excellence Antonio GUTERRES

Secrétaire -Général de l’Organisation des Nations Unies

Montréal, le 31/08/2020

Cher Monsieur,

1. En avril 1994, le Rwanda s’est effondré dans le chaos lorsque la guerre engagée contre le gouvernement de l’époque depuis octobre 1990 touchait à son horrible sommet. L’attaque terroriste contre l’avion présidentiel qui a causé la mort des Présidents Juvénal HABYARIMANA du Rwanda et de son homologue burundais Cyprien NTARYAMIRA, ainsi que de tous ceux à bord, est inscrit dans le domaine public comme l’étincelle du génocide qui s’est déroulé immédiatement, et auquel près d’un million de vies succomberont sans citer d’autres conséquences catastrophiques de grande portée. L’assassinat subséquent du Premier ministre, Agathe UWILINGIYIMANA, et d’autres dignitaires a créé un vide de leadership, et il n’y avait personne pour arrêter les massacres en cours.

2. De mars 2020 à aujourd’hui, le Rwanda a connu un désordre politique extraordinaire en raison de l’absence de leadership. La déclaration de confinement comme mesure de lutte contre le COVID-19 a été faite contrairement aux dispositions constitutionnelles en matière d’urgence sanitaire, le Premier ministre a usurpé les pouvoirs présidentiels, les forces de sécurité ont abusé des citoyens, les mesures de temps de guerre ont été imposé au pays sans raison, pour ne citer que quelques cas. En conséquence, les victimes des manœuvres militaires ont dépassé celles de la pandémie COVID-19.

3. Des informations provenant de l’intérieur du parti au pouvoir, le FPR, et des analyses de tous les observateurs bien placés permettent de conclure que Paul KAGAME a souffert d’une maladie grave qui a entraîné une perte de capacités mentales, psychologiques et physiques, et donc que le siège présidentiel est vacant. Pour un pays qui a été bâti sur la dictature pendant plus de deux décennies, un vide de leadership peut avoir des conséquences désastreuses : le soulèvement populaire est inévitable face à une armée mono-ethnique qui a des antécédents criminels et sans aucune hésitation à tuer les civils innocents pour maintenir les rênes du pouvoir.

4. En tant qu’acteurs politiques intéressés par les affaires du Rwanda, nous suivons de près la situation et, nous nous rendons compte que le RWANDA a absolument besoin d’une intervention urgente des Nations Unies pour éviter une nouvelle catastrophe humaine. Plus concrètement, nous exhortons votre notable autorité à plaider pour :

A. Une force de sécurité d’intervention pour empêcher la violence militaire qui pourrait éclater au moment où il ne sera plus possible de garder en secret l’incapacité de KAGAME. La mission de cette intervention doit être de protéger la population civile potentiellement proie aux forces fidèles à KAGAME. L’expérience des gardes présidentiels en 1994 aurait dû nous apprendre à être prudents.

B. Une assistance pour patronner un Dialogue Inter Rwandais qui rassemblerait toutes les forces vives, politiques et société civile pour réfléchir à l’avenir de la Nation. Le dialogue devrait aboutir à :

– L’ouverture de l’espace politique pour permettre à toutes les forces du pays de jouer leur rôle dans la reconstruction de la nation.

La proposition d’un gouvernement de transition qui ouvre les portes à l’opposition politique et à tous les acteurs de la société civile avec pour mission de préparer les élections démocratiques de 2024.

La restructuration des institutions étatiques pour en faire des organes démocratiques, efficaces et opérationnelles.

La refonte des services de sécurité du pays et la création de services de confiance reflétant la réalité de la société rwandaise.

La création des commissions distinctes chargées de diverses questions, dont une chargée d’étudier le rapatriement des réfugiés.

Cher Monsieur,

Nous sommes désolés de porter à votre attention que ne pas tenir compte de cet appel urgent marquera l’histoire de l’humanité et que les responsables devront rendre des comptes.

Fait à Montréal, le 31 août 2020.

Pour le Parti ISHEMA

Nadine Claire KASINGE

Présidente

Kuzana ibyihebe mu Rwanda bisobanuye iki ku karere k’ibiyaga bigari?

Inkuru igezweho ni iy’umugabo Adham Amin Hassoun ukomoka muri Libani ubu waaze kugezwa mu Rwanda ngo ahature nyuma y’uko arangije ibihano by’ibyaha byamuhamye. Ibyo byaha by’iterabwoba, byakorewe ku butaka bwa Leta zunze ubumwe z’Amerika maze mu rubanza rwarangiye mu mwaka wa 2007, uyu mugabo Adham Amin Hassoun akatirwa igihano cy’imyaka 15 y’igifungo. Aho atangirije igihano , igihugu cya Leta zunze ubumwe z’Amerika cyanze ko aguma ku butaka bwacyo maze kimuha u Rwanda, na rwo rwemera kumwakira. Ni mu gihe igihugu cye cya Libani cyari cyamwanze cyane cyane ko igihugu cya Isiraheli kimufata nk’umuterabwoba, bityo uwamwakira wese yaba ahanganye na Isiraheli. Kumuzana mu karere k’ibiyaga bigari bivuze iki?

Mu mibanire y’ibihugu habamo guharanira no kurinda inyungu. Ibihugu by’ibihangange ntibijya byibeshya ngo bitsimuke kuri uyu murongo. Nyamara ibihugu bikishakisha akenshi byubakiye ku butegetsi bw’ikandamiza, butagira demokarasi, bihura n’ingorane kuri iyi ngingo. Usanga abategetsi bareba inyungu za bo nk’abantu aho kureba inyungu z’abenegihugu muri rusange.

Bene aba bategetsi barenga ku mategeko bishyiriyeho, kenshi bagasinya amasezerano adafitiye abenegihugu akamaro bagamije gushimisha ibihugu by’ibihangange. Kuzana uyu Adham Amin Hassoun mu karere k’ibiyaga bigari byareberwa muri iyi ndorerwamo. Abenshi bamenyereye ibijyanye na géopolitique barabona ko uyu mugabo afite mission imuzanye, ishobora kuba ijyanye no kubiba intambara izatuma ubukungu bwo mu karere busahurirwa mu nduru.

Mu mateka ya hafi, Leta zunze ubumwez’Amerika zikoresha abantu nk’uyu Adham Amin Hassoun mu ntambara nk’izo. Abazwi cyane ni nka Charles Tylor, Paul Kagame, n’abandi. Reka tuvuge kuri Charles Taylor na Paul Kagame.

Charles Taylor

Charles Taylor

Yafashije Samuel Doe mu gukora cou d’Etat muri Liberia mu mwaka wa 1980. Coup d’Etat irangiye, Charles Taylor yagizwe umuyobozi mukuru wa General Service Agency (GSA) ikigo cyari gishinzwe kugura ibikoresho bya Guvernoma. mu mwaka wa 1983, Tayolor yarirukanywe azira kurigisa amadolari miliyoni y’amanyamerika. Icyo gihe yahise ahungira muri Leta zunze ubumwe z’Amerika. Samuel Doe na Leta ye bakoze ibishoboka byose ngo bagarure Taylor ariko USA yanga kumutanga. Taylor yafungiwe muri Gereza ifite umutekano ukajije yitwa Plymouth County Correctional Facility. Mu mwaka wa 1985, abifashijwemo n’abakozi na CIA, Charles Taylor yatorotse gereza anyura Newa York nyuma aburirwa irengero. Mu mwaka wakurikiyeho, yagaragaye muri Libya afite umutwe urwanya Liberia waje no kumugeza ku butegetsi. Byose byari mu mipango ya USA. Amaze kugera ku butegetsi Abanyamerika babonye uko bakoza intoki kuri zahabu ya Liberia. Nyuma Taylor yaje kwegura ku butegetsi, arahunga, biranga arafatwa aregwa ibyaha by’intambara mu rukiko mpuzamahanga akatirwa imyaka 50 mu rwego rwo kumubuza kuzamena amabanga ya CIA.

Paul Kagame

Paul Kagame

Nk’impunzi y’umunyarwanda yari afite ubwenegihugu bwa Uganda, Kagame yageze muri Amerika agiye kwiga mu ishuri rya gisirikare aho bivugwa ko yahuriye na CIA igatangira kumuha mission. Mu gihe u Rwanda rwaterwaga na FPR Inkotanyi, Paul Kagame yoherejwe kuyobora urugamba. Kugora ngo azabigereho nta nkomyi, Kagame yishe abasirikare bamurushaga ubuhanga, kumenywa no gukundwa mu Nkotanyi: Rwigema, Bunyenyezi, Kayitare, Bayingana, n’abandi bari bagifite gahunda ya gi komunisiti mu mitwe yabo. Aba bari bari barakuriye mu ntambara zashyiraga imbere amatwara ya gikomunisti yari ateye ubwoba Abanyamerika.

Hashize imyaka ine, Kagame yaje gufata ubutegetsi mu Rwanda amaze kwica abaperezida babiri, uw’u Rwanda n’uw’u Burundi mu gikorwa cy’iterabwoba cyabaye tariki ya 6 Mata 1994. Abanyamerika bakoze ibishoboka byose barinda Kagame inkiko mpuzamahanga zimurega kuba yarishe abantu abatagira ingano. Kubera Kagame mu Rwanda, Abanyamerika bemerewe kuzana ingabo zabo mu Rwanda, ibintu Kayibanda na Habyarimana bari baranze. Ndetse na Mobutu, Kabila père bari barabyanze. Muri make nta kintu Kagame yahakanira Abanyamerika (CIA) kuko azi ko bazamwica byanze bikunze. It’s a matter of time.

Kuzana Adham Amin Hassoun mu Rwanda biragaragaza ko hari ibintu birimo gutegurwa mu karere. Twabibutsa ko uyu mugabo bamuzanye hashize iminsi mikeya igihugu cy’u Burundi cyanze kwakira abantu Amerika yashakaga koherezayo ibita ko ari Abarundi. Kugira ngo wumve uburemere bwabyo, Amerika yafatiye ibihano igihugu cy’u Burundi ngo kuko cyanze kwakira abo bantu, cyakora Leta y’u Burundi yihagazeho.

Adham Amin Hassoun

Uyu Adham Amin Hassoun aje asanga undi uzwi mu ntambara zo muri Saheli witwa Moustapha Ould Lima wibera i Kigali. Bombi bafitanye umubano n’igihugu cya Qatar kimaze gushora amafranga menshi mu bukungu bw’u Rwanda, ku buryo gisa n’icyaguze igihugu! Icyo Paul Kagame azatuzanira tuzagifatisha yombi. Hejuru ya jenoside ni nde koko wari uzi ko hashobora kuba ibiyirenze? Uretse ko ngo Magayane yabivuze!

Moustapha Ould Lima (ibumoso) arasuhuza Emir wa Qatar

Reka dukomeze tubitege amaso, ntiduheranwe n’ubwoba ahubwo twishakemo imbaraga zo kurwanya ubutegetsi budashyira imbere inyungu za Rubanda.