Le Rwanda a demandé aux États-Unis de considérer Adham Amin Hassoun comme apatride et de l’envoyer au Rwanda, en vertu de la Convention internationale de 1954 sur le statut des apatrides. Le Liban est le pays natal de Hassoun. Cependant, le Liban a refusé de recevoir Hassoun après sa peine de 15 ans de prison aux États-Unis. Un tribunal fédéral a condamné Hassoun pour terrorisme. Le Rwanda était impatient de recevoir Hassoun après avoir purgé sa peine de prison aux États-Unis.
a) Quelle est la stratégie de Kagame?
Un tribunal fédéral américain a déclaré Hassoun coupable d’avoir été membre d’une cellule de collecte de fonds dans le sud de la Floride qui a envoyé de l’argent et des recrues aux jihads à l’étranger. Le tribunal a appris que Hassoun avait recruté Jose Padilla, un membre d’un gang de rue de Chicago qui s’était converti à l’islam et avait ensuite été accusé d’avoir comploté un attentat radioactif à la «bombe sale» aux États-Unis. Jose Padilla a été retrouvé avec une bombe sale qui, selon l’accusation, faisait partie d’un complot terroriste en cours visant à attaquer les États-Unis.
(b) Pourquoi Kagame serait-il intéressé à accueillir Hassoun, une personne que les États-Unis et Israël considèrent comme un terroriste international?
Au cours des deux dernières années, Kigali a entretenu des relations cordiales avec Israël. Cependant, l’année dernière, Kagame n’a pas été invité pour le 75e anniversaire de l’Holocauste en Allemagne et en Israël, respectivement. La même année, Nyetanyahu s’est rendu en Ouganda, a rencontré le président du Soudan du Sud mais n’a pas visité Kigali.
c) Que signifie le fait d’accueillir Hassoun, une personne qu’Israël considère comme proche des militants palestiniens, pour les relations entre le Rwanda et Israël?
L’Emir du Qatar serre la main de Moustapha, le financier du terrorisme au Sahel, une rencontre arrangée par Paul Kagame.
d) La présence de Moustapha et Hassoun au Rwanda signifie-t-elle que la sous-région des Grands Lacs pourrait devenir un foyer de terrorisme à l’avenir?
Le Qatar est accusé de financer l’Etat islamique, entre autres organisations terroristes. La récente «lune de miel» Rwanda-Qatar est bien documentée.
e) L’émir du Qatar et Moustapha auraient-ils pu utiliser leurs bonnes relations avec Kagame pour sauver Hassoun, sous prétexte de la Convention internationale de 1954 sur le statut des apatrides?
Ce brave monsieur François Robinet est peut-être historien mais pas “spécialiste du Rwanda” comme on voudrait le qualifier pour impressionner, mais surtout pas un analyste politique et judiciaire.
1. S’il en était un, il saurait que l’horloge judiciaire dans ce dossier volontiers banalisé ( assassinat de deux présidents hutu et de trois officiers français en mission commandée) le 06 avril 1994) est réglé par une main politique. Ainsi il aurait noté le rôle de Bernard Kouchner, ami de Paul Kagame depuis le temps où ce dernier était dans l’armée ougandaise et entreprenait la conquête du Rwanda en octobre 1990. Ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy en 2007, c’est le même Kouchner qui conseillera à Kagame de livrer une de ses proches visée par les mandats d’arrêt du juge Bruguière pour que la défense accède au dossier et étudie les stratégies pour répliquer. Tandis que l’inculpée arrêtée serait vite relâchée. C’est l’épisode de Rose Kabuye dont visiblement l’historien et spécialiste du Rwanda Robinet n’a jamais entendu parler.
Tout comme il ignore que c’est le même Bernard Kouchner qui a recommandé à Paul Kagame les avocats (des stars des barreaux européens et des puissants et redoutés lobbies) qui le défendront dans cette affaire. Et que c’est le ministre Kouchner qui choisira le nouveau juge à qui sera confié ce dossier après le départ en retraite du juge Bruguière. Enfin l’auto-proclamé spécialiste du Rwanda n’a pas su que c’est le même Kouchner qui a organisé le voyage du président Sarkozy au Rwanda et qui lui a suggéré d’exprimer les excuses à Paul Kagame au nom de la France.
2. Ensuite s’il était analyste comme il le prétend, il aurait noté les actes du juge Marc Trévidic qui a repris le dossier. En effet ce juge s’est soumis à une visite guidée et encadrée par les agents de Kagame au Rwanda. Il a poussé le zèle jusqu’à présenter une simulation d’un tir effectué au centre de la France comme le résultat des expertises balistiques et géométriques effectuées à Kanombe alors que ces expertises avaient conclu à autre chose que la fameuse expertise acoustique désormais célèbre et donc les conclusions ont été médiatisées comme “Parole d’Evangile” alors qu’elle n’avait jamais été effectuée à Kanombe. C’est le même juge qui révélera prématurément l’identité et le lieu de résidence d’un témoin-clé et celui-ci fut aussitôt enlevé par les commandos de Paul Kagame et exécuté. Nous parlons de Emile Gafirita un des convoyeurs des missiles qui ont abattu l’avion présidentiel en exil à Nairobi au Kenya et qui voulait témoigner. Le juge Trévidic refusera obstinément la demande des contre-expertises des avocats des parties civiles. Pour sa compréhension et pour ce sens “patriotique”, il sera promu “Juge Président” à Lille et laissera le dossier aux mains d’un autre juge. Il ne faut pas être historien et spécialiste du Rwanda pour avoir noté ces faits.
3. Son successeur le juge Herbaut se montrera dans ce dossier sensible et politique aussi malléable et compréhensif que son prédécesseur. En effet il refusera catégoriquement et systématiquement les dépositions des témoins oculaires comme les habitants de la colline Masaka qui ont découvert les tubes lanceurs des missiles. Tout comme les dépositions des officiers des FAR comme ceux d’un officier ayant traduit les inscriptions en russe sur ces tubes ou le Chef des Renseignements Militaires des FAR (G2) qui a réceptionné et suivi l’acheminement de ces tubes jusque dans l’ancien Zaïre dans le soucis de préserver ces pièces à conviction et armes du crime. Ce juge refusera aussi de rouvrir le dossier suite à la découverte des éléments nouveaux par les avocats des parties civiles. En effet, il a refusé d’intégrer le rapport du TPIR gardé secret à l’ONU et qui parlait de l’attentat du 06 avril 1994.
4. Et pour finir; l’historien et “spécialiste du Rwanda et des affaires judiciaires” devrait avoir noté le timing que les tribunaux français respectent pour annoncer leurs décisions dans cette affaire. Le Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu son arrêt de “non-lieu” en 2018 juste au moment où le président français Emmanuel Macron venait de faire nommer une proche de Paul Kagame à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) . Quand on sait que le même Paul Kagame francophobe notoire qui ne parle ni ne comprend un mot de français avait banni la langue française au Rwanda et l’a interdite dans le système d’enseignement, on croit rêver. Mais on ne donne que ce qu’on a. C’est ce qu’avait la France à offrir à Kagame pour l’amadouer. Quant à la Cour d’Appel de Paris elle s’est arrangée pour annoncer son arrêt de “non-lieu” en juillet 2020 au moment où la France annonçait sa reprise de la coopération avec le Rwanda de Paul Kagame en lui versant en prime 50 millions d’euros. Kagame promettait de son côté d’autoriser la reconstruction du Centre culturel français à Kigali en remplacement de celui qu’il avait rasé en 2009 et surtout l’agrément enfin d’un ambassadeur de France au Rwanda ce qu’il refusait depuis plus de 3 ans.
Bref, les rwandais n’ont pas besoin d’historien français et encore moins de soi-disant spécialistes de leur pays pour comprendre et réaliser le sort qui est le leur.
Politiques, activistes, ONG et centres de recherches diffusent presque tous les jours des informations relatives à des incursions aux frontières de la RDC. Depuis le début de l’année, au moins six armées ont été signalées sur le sol congolais. Le président Tshisekedi a préconisé la mise en place d’un état-major régional l’an dernier et le gouvernement congolais l’évoque très peu publiquement. L’heure est à la diplomatie.
La première armée régulièrement signalée, c’est l’armée rwandaise. Une présence démentie par le président Paul Kagame. En avril dernier, la RDC a protesté contre l’installation d’une position rwandaise côté congolais de la frontière auprès de l’organisation sous-régionale, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). L’opposition et la société civile congolaises dénoncent, elles, un accord secret entre Kinshasa et Kigali.
Dans son courrier du 22 avril, le chef d’état-major des forces armées congolais (FARDC) dénonçait également la présence de la marine ougandaise dans les eaux congolaises du lac Albert. Tout comme la présence de soldats de l’armée burundaise dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu. Cette présence burundaise, le ministre congolais de la Défense l’a d’ailleurs évoquée en juin dernier à l’Assemblée nationale. Il a aussi rappelé les incursions de l’armée zambienne, contre lesquelles une médiation de la République du Congo a été requise.
Inquiétude sur le risque de balkanisation des conflits
À l’ouest, l’armée angolaise fait elle aussi des intrusions, un militaire angolais a été même tué ce week-end et les autorités congolaises disent avoir déjà rendu le corps à Luanda. Au nord, ce sont des exactions de l’armée sud-soudanaise qui ont été signalées.
Au total, depuis le début de l’année, on dénombre donc des incursions d’au moins six armées étrangères. Quand l’opposition et la société civile disent redouter une balkanisation, du côté des services de sécurité, on dit privilégier la voie de la diplomatie. La commission défense de l’Assemblée nationale vient de recommander la création d’unités spéciales dédiées à la protection des frontières.
Lettre ouverte à Son Excellence Madame Jeannette KAGAME (envoyée mardi 07 juillet 2020)
En tant que coordinateur du CLIIR, je suis dans l’obligation de vous envoyer ma seconde lettre sur la souffrance du peuple rwandais.
Un jour votre mari a fait un discours de mépris contre une de ses victimes, le défunt président Habyarimana. Il s’est exprimé en ces mots en kinyarwanda :
« Bati dufite urutonde rw’abanyarwanda tugomba gucira urubanza bahanuye indege. Mu ndege harimo iki ? Muri iyo ndege harimo iki, kigomba kwica abanyarwanda miliyoni ? » Son discours, qui traduit également son mépris vis-à-vis de toutes les victimes du génocide rwandais, se résume en français comme suit : « ils nous ont dit qu’ils avaient une liste de rwandais à traduire en justice pour avoir abattu l’avion. Dans l’avion, il y avait quoi? Dans cet avion qu’est-ce qu’il y avait qui pouvait justifier le massacre d’un million de rwandais ? » Je vous demande d’aider votre mari à prendre conscience que c’est l’attentat terroriste du 06 avril 1994 et l’infiltration des commandos du FPR dans les milices Interahamwe et CDR qui ont déclenché le génocide de 1994. Ces commandos du FPR qui ont participé aux massacres avaient été formés par les meilleurs instructeurs militaires et cadres politiques du FPR-Inkotanyi. Ces infiltrés du FPR ont supervisé des massacres sur plusieurs barrières partout dans le pays. Le Sénateur Tito Rutaremara l’a confirmé à Kigali le 13/04/2020 et s’en vanté à la Rwanda TV. Le chiffre de plus de 3.500 cellules clandestines du FPR dispersées sur tout le territoire rwandais, a été cité le 02 mai 1997 par M. Tito RUTAREMARA, qui venait de reconnaître pour la première l’existence de ces infiltrés du FPR dans tous les milieux lors d’une conférence-débat organisée par le Parti du Travail Belge (PTB) à Bruxelles.
Pour cacher la vérité sur cette participation des infiltrés du FPR au génocide, votre mari Kagame a mis en place un régime totalitaire de terreur qui contrôle et paralyse toutes les institutions officielles du Rwanda. Les spécialistes décrivent tout régime totalitaire comme suit :
« Les régimes totalitaires méprisent la raison et n’accordent aucune valeur à la vie humaine. Ils ne font aucun effort pour évaluer les conséquences de leur idéologie et de leurs activités. Ils méprisent également la liberté intellectuelle, l’essor des connaissances et le respect de la justice. Le mépris des dirigeants pour les individus au service d’un idéal aveugle conduit également à n’accorder aucune valeur à l’autre, et par extension à la vie humaine.
Ceux qui sont au service des dictateurs et en exécutent les ordres sont souvent frappés du même aveuglement et du même mépris de la vie humaine. Comme l’explique Todorov, tous les régimes extrémistes se servent du principe : « Qui n’est pas pour moi est contre moi », mais seuls les régimes totalitaires ajoutent : « Et qui est contre moi doit périr ». Ce qui caractérise plus spécifiquement le totalitarisme est que cet ennemi se trouve à l’intérieur même du pays, et que l’on étend le principe de guerre aux relations entre groupes de compatriotes.
Les systèmes totalitaires renoncent à l’universalité et divisent l’humanité en êtres supérieurs (leurs partisans) et en êtres inférieurs (leurs opposants qui doivent être punis, voire éliminés).
C’est le régime qui détient la mesure du bien et du mal et décide de la direction dans laquelle la société doit évoluer.
L’Etat doit contrôler l’intégralité de la vie sociale d’un individu : son travail, son lieu d’habitation, ses biens, l’éducation de ses enfants, et même sa vie familiale et amoureuse.
Cette totale mainmise lui permet d’obtenir la soumission de ses sujets : il n’y a plus de lieu où ils pourraient s’abriter et lui échapper ».
C’est ce mépris de la raison, ci haut décrit, qui caractérise la plupart des discours de votre mari, le président Paul Kagame. Et c’est pour cette raison que personne dans l’assistance n’a répondu à sa question stupide de savoir « ce qu’il y avait dans l’avion ». Pourquoi n’ont-ils pas répondu ?
Tout d’abord, parce que Kagame savait très bien que dans l’avion présidentiel abattu, il y avait deux présidents de la République qui étaient tous deux Hutus. Il y avait aussi un bon nombre de leurs collaborateurs qui ont péri dans ce cet assassinat destiné à créer le chaos par l’écroulement de l’ordre public. Ensuite, c’est parce que les opprimés préfèrent garder le silence. Mais tout silence parle. Surtout le silence de l’offensé. Car ce silence a cette capacité insondable de pulvériser, ne serait-ce qu’un instant, la violence de l’offenseur. Devant l’injure, la calomnie, la médisance, le silence a valeur d’éternité.
Ce jour-là, le silence des opprimés du Rwanda n’a pas attiré l’attention de votre mari très arrogant. Ils ne pouvaient pas oser blesser son orgueil et son prestige d’avoir déclenché la descente aux enfers du peuple rwandais. Ce silence peut traduire soit le respect soit la crainte de l’agressé vis-à-vis de l’agresseur.
Parce que ce dernier sait absolument qu’il écrase, piétine, flagelle…
L’offensé, malgré l’affront qui lui est fait, en se taisant révèle, à celui qui le blesse sa propre blessure et peut le soigner mystérieusement.
Le silence de l’opprimé, alors, a cette vertu étrange de révéler la compassion insondable qu’on porte à un être profondément blessé. Car votre mari est un grand blessé de l’exil forcé qu’il a vécu. Mais aujourd’hui vous devez l’aider à dialoguer où alors à se suicider par le feu ou par un nouvel exil. A méditer !
L’histoire tragique de votre mari explique en partie ses profondes blessures. Comme il refuse tous les soins et les conseils dont il a besoin pour cesser d’humilier et de faire souffrir des millions de citoyens rwandais, je compte sur Vous, en tant que son épouse qui connaît le Rwanda d’avant 1990 pour l’aider à dialoguer d’urgence avec ses opposants avant qu’il ne soit trop tard.
Ma présente lettre vous explique que son système totalitaire impitoyable mis en place depuis l’assassinat du Général Fred Rwigema le 02/10/1990 ne suffit plus à lui assurer l’impunité. Seul le dialogue urgent et l’héritage de réconciliation du martyr Kizito MIHIGO peuvent l’aider à échapper à la justice pour ces nombreux crimes commis en Uganda, au Kenya, au Rwanda, au Burundi et en République Démocratique du Congo (RDC). Pouvez-vous mesurer l’ampleur de ses crimes organisés dans la Région de l’Afrique des Grands Lacs (RAGL) ?
Pour approfondir le contenu de ma présente lettre, je vous transmets, en annexe, les conseils de sagesse que Sa Sainteté le Dalaï Lama donne « A Ceux qui font souffrir les autres ». Même lorsqu’ils ont été blessés dans leur passé comme s’est arrivé à votre époux, les oppresseurs doivent savoir que « Plus on fait souffrir les autres plus on accumule les causes de sa propre souffrance. En outre, comme on nuit à la société, on nuit doublement à soi-même ».
Je vous supplie de faire soigner votre mari et d’atténuer ses souffrances qui le maintiennent dans la violence extrême contre des opposants pacifiques. Les Conseils du Dalaï Lama ne manqueront pas de vous inspirer. Un des remèdes très efficaces serait par exemple de rencontrer et de dialoguer d’urgence avec ses opposants politiques pacifiques. Plutôt que de les menacer de toutes sortes de punitions, alors qu’ils ne font qu’exercer leurs droits et leurs libertés reconnus par la Constitution rwandaise et les autres lois en vigueur au Rwanda.
Continuer à les présenter comme des « terroristes » est un gros mensonge qui ne tient plus la route devant l’opinion publique. Si votre mari estime qu’il a fait taire le peuple et muselé les journalistes depuis 26 ans, je Vous rappelle que « devant l’injure, la calomnie, la médisance, le silence a valeur d’éternité. »
Jusqu’au moment opportun où le peuple rwandais reprendra sa liberté.
Je vous prie d’agréer l’assurance de ma considération très distinguée.
Fait à Bruxelles, mardi le 07 juillet 2020
Pour le CLIIR, MATATA Joseph, Coordinateur (GSM :+32 476701569)
Lettre ouverte à Son Excellence Madame Jeannette Kagame
En ma qualité de coordinateur du CLIIR, je me permets de vous adresser ce cri d’alarme pour vous demander de sauver notre maison, le Rwanda, car elle est en train de brûler. Et ce depuis les 26 ans de pouvoir du régime totalitaire mis en place par un petit noyau de chefs militaires regroupé autour de votre mari, Son Excellence le président Paul KAGAME. Je m’adresse à Vous parce que vous êtes une mère au même titre que Madame Victoire INGABIRE Umuhoza qui est rentrée au Rwanda le 16 janvier 2010. Cette femme, dont les qualités humaines et la compassion équivalent celle de Madame INYUMBA Aloysie, a été accueillie par la violence de votre mari et a passé Huit en prison. Cette brutalité du régime ne l’a pas ébranlée. Au contraire, pendant son séjour dans les « quatre murs » des prisons 1930 et Mageragere, elle a même réussi à redonner l’espoir au peuple rwandais opprimé et terrassé par la terreur d’Etat et l’injustice entretenues par votre mari.
Si j’ai choisi de vous écrire aujourd’hui ce 05 juillet, c’est qu’il s’agit d’une date « maudite » à laquelle deux généraux ont pris le pouvoir par la force avant de le perdre pour le Général Habyarimana dont le régime dictatorial a perdu la guerre les 04 et 05 juillet 1994. Pour appuyer ma présente lettre, je vous transmets quelques extraits de deux livres écrits par des « êtres de lumière » issus de deux confessions religieuses différentes, mais dont le dénominateur commun est l’Amour de l’autre qui favorise le dialogue et la compassion envers tous les êtres humains. Il s’agit des livres suivants :
La Colère : Transformer son énergie en sagesse » écrit par le Vénérable Thich Nhat Hanh, un maître bouddhiste « Ma religion, c’est l’amour » écrit par le prêtre catholique Guy Gilbert qui s’occupe des jeunes en difficulté en France.
Cette lettre m’a été surtout inspirée par le discours de votre mari prononcé le 10 décembre 2012 et dans lequel il a fait l’éloge de feu Honorable Aloysie INYUMBA née le 28 décembre 1964 et décédée le 06 décembre 2012. Cette courageuse fondatrice et Trésorière de l’UMURYANGO du FPR-Inkotanyi a été terrassée et emportée par un cancer de la gorge à l’âge de 48 ans. En cette Journée mondiale des droits de l’homme du 10 décembre 2012, Madame INYUMBA a eu droit au plus grand éloge présidentiel au cours duquel votre mari a reconnu les nombreuses qualités humaines qui ont caractérisé cette « UMUKADA » (cadre politique) connue pour sa générosité, sa compassion, son esprit de sacrifice et ses talents de médiatrice hors du commun. Selon ceux qui l’ont connue, Mme INYUMBA a toujours réussi à privilégier la tolérance et à rétablir le dialogue dans des situations les plus désespérées.
Je reviendrai sur ce discours très élogieux du président Kagame dans mes prochaines lettres que je vous adresserai en ma qualité de chrétien ordinaire.
Je vous propose d’écouter également sur Youtube l’interview très intéressante de Monsieur Gilbert MWENEDATA à la chaîne Radio TV Ku Mugaragaro. Dans son discours destiné surtout aux jeunes générations dont il fait partie, Mwenedata parle de son parcours politique exemplaire. Ce rescapé tutsi et chef du parti politique dénommé IPAD-Rwanda (Initiative du Peuple pour l’Alliance Démocratique). A la suite du rejet de sa candidature aux élections présidentielles de 2017 et suite aux multiples menaces, il a été contraint de fuir son pays. Parmi les conseils qu’il a donnés, M. Mwenedata a recommandé aux gens incapables de construire une société juste et paisible de NE PAS faire des enfants.
Puisque votre couple présidentiel a des enfants, ce discours pourrait vous faire réfléchir sur l’avenir de vos propres enfants. Vous souhaitez, comme tous les parents, vivre assez longtemps pour voir vos petits-enfants et probablement vos arrières-petits-enfants. Et c’est ce bonheur que je vous souhaite sans hypocrisie.
Selon l’écrivain et philosophe français, Albert Camus, « Les gouvernements, par définition, n’ont pas de conscience ». Les institutions onusiennes, européennes ou autres éprouvent probablement le même problème de conscience. C’est pourquoi, je m’adresse à Vous en votre qualité d’épouse du Président Kagame. Vous êtes une personne en chair et en os et vous êtes doté de conscience qui vous permet d’assumer vos responsabilités. Je ne doute pas de votre capacité d’être le cœur de votre foyer (umutima w’urugo rwanyu). Je compte sur votre bonté humaine et votre conscience pour éteindre le feu de la colère de votre époux qui veut continuer à faire éliminer physiquement ses opposants en toute impunité. Après l’assassinat de « Mutagatifu » Kizito MIHIGO, le peuple rwandais n’a plus besoin d’autres martyrs en la personne des opposants politiques et pacifiques tels que Mlle Diane RWIGARA, Mme Victoire INGABIRE, M. Bernard NTAGANDA, M. Déogratias MUSHAYIDI, Dr Théoneste NIYITEGEKA et tous les autres opposants qui croupissent arbitrairement dans les prisons mouroirs du Rwanda. Je vous demande d’éteindre le feu de sa colère pour sauvegarder notre pays avant qu’il soit trop tard. Nous ne voulons plus de guerre civile dans notre pays. Le peuple a assez souffert depuis le déclenchement de la guerre en octobre 1990.
« Vivre, ce n’est pas se résigner » selon Albert Camus. La résignation du peuple rwandais dure depuis 26 ans. Je vous informe que ce peuple est au bord de la révolte parce que tous ses droits et ses libertés sont bafoués. Vous pouvez vous rappeler les qualités humaines de Mme INYUMBA Aloysie énumérées par votre époux le 10/12/2012 devant les autres sénateurs venus pour son inhumation. Pourquoi votre époux ne pourrait-il pas marcher sur les pas de cette femme tant appréciée ?
Vous avez le devoir de sauvegarder notre maison : le Rwanda. « Si l’incendie ravage votre maison, la chose la plus urgente à faire est de tenter de l’éteindre, et non de courir après celui que vous croyez être responsable. Si vous le pourchassez, les flammes réduiront votre maison en cendres. Il ne serait pas sage d’agir ainsi. Vous devez absolument tout faire pour l’éteindre. De même, lorsque vous êtes en colère, en continuant à vous disputer avec l’autre personne, en cherchant à la punir, vous agissez exactement comme celui qui court après l’incendiaire pendant que sa maison est dévorée par les flammes », nous conseille le vénérable Thich Nhat Hanh. Vous avez intérêt à éteindre le feu de colère de votre mari et à lui conseiller de dialoguer avec ses opposants plutôt que de terroriser le peuple. Je vous transmets en annexe les extraits des deux livres ci-haut cités pour renforcer le message contenu dans ma présente lettre. Je vous supplie d’atténuer les souffrances qui maintiennent votre mari dans la violence extrême. La méthode de l’Abbé Guy Gilbert peut vous inspirer.
Je vous prie d’agréer l’assurance de ma considération très distinguée.
Fait à Bruxelles, le 05 juillet 2020
Pour le CLIIR, MATATA Joseph, Coordinateur (GSM 0476701569)
CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.
D’après notre analyse, ce dont le Rwanda a besoin n’est pas l’argent, car, rien sur cette planète n’égalera les sommes reçues par ce pays dans la reconstruction après la guerre de 1990 – 1994. Selon l’étude de la Banque mondiale, plus de 190 millions de dollars n’ont pas servi à ce qui était prévu et se sont retrouvés dans les paradis fiscaux. Billy NDENGEYINGOMA, le beau-fils de KAGAME, BUSIGNYE Johnson via son petit frère Denis KARERA, un autre haut gradé de l’armée et conseiller de KAGAME , détiennent des comptes cités dans ce scandale. Il y va sans dire les autres détournements scandaleux qui impliquent, notamment Bernard Makuza, ancien Président du Sénat; Dr Ndayambaje Irenée, Directeur général de REB; Dr Conco Jeanine, ancienne Directrice générale de RBC; Dr James Gashumba, Vice-Chancelier de Rwanda Polytechnic; Ing. Aimé Muzola, Directeur général de WASAC; Richard Gasana, Maire du District de Gatsibo; Ndayambaje Godefroid, Maire du District de Ngororero; Rutaburingoga Jérôme, Maire du District de Gisagara; Sebutege Ange, Maire du District de Huye; Habyarimana Gilbert, Maire du District de Rubavu; Espérance Mukamana, Directrice générale de RLMUA.
Kagame lui même n’aménage rien en se servant de ces fonds qui seront remboursés par le contribuable rwandais sans en avoir bénéficier. Les coûts de déplacements inutiles du Présidents ont été analysés par les experts:
En 2018, Kagame a effectué 59 voyages à l’étranger. En comparaison, le président américain Barack Obama avait effectué 52 voyages à l’étranger en 8 ans de présidence. Quand on apprend que le taux de facturation appliqué par Crystal Ventures Ltd, le conglomérat industriel du FPR que Kagame dirige et auquel appartiennent les jets de luxe utilisés par lui-même, le président rwandais utilise 14.000 dollars les 14 heures.
Ce dont le Rwanda a besoin n’est pas l’argent, plutôt la bonne gouvernance. En effet, bien que la pandémie COVID – 19 ait causé ses propres dégâts, force est de constater que ceux-ci auraient pu être évités dans un système politique avec des institutions fortes et un environnement socio-économique plus libre et propice à l’optimisation du potentiel national.
Afin de doter le pays de telles capacités, il faut: 1. L’ouverture de l’espace politique pour permettre à toutes les forces vives du pays de jouer leur rôle dans la refondation de la nation. 2. La proposition d’un gouvernement de transition qui ouvre les portes à l’opposition politique et tous les acteurs de la société civile avec la mission de préparer les élections démocratiques de 2024. 3. La restructuration des institutions de l’Etat pour en faire organes démocratiques, efficaces et opérationnels. 4. La refonte des forces de l’ordre du pays et création des services dignes de confiance, et qui reflètent la réalité de la société rwandaise. 5. La création des commissions distinctes chargées des questions diverses.
Le major extrémiste tutsi Pierre Buyoya, deux fois président putschiste du Burundi dans une autre vie, occupe depuis quelques années un bureau à l’état-major de l’armée…rwandaise !
Il y dirige le « Burundi Desk », structure secrète chargée de mettre au point le projet « Apocalypse Burundi », en étroite collaboration avec le Brigadier Général Bosco Kazura, chef d’état-major, et lui-même « ancien » du Burundi….
Ce que se répètent ces deux hommes à longueur de journées, dans le secret des murs du « Pentagone » rwandais, nous a été récemment résumé sur les ondes par le « vuvuzela » attitré du tutsisme grand-lacustre, Jean Bwejeri: « …Le vote des Hutu du Burundi sera sans valeur. Nous ne laisserons pas faire ces esclaves-nés, débarqués dans la région par les colons blancs dont ils étaient porteurs, et qui continuent de souiller Havila, la terre promise du Peuple légitime juif tutsi… »!
BWEJERI!
L’histoire que je m’en vais vous résumer ici, je ne vous en voudrai pas si vous n’y croyez pas. On me l’aurait racontée que j’en aurais doutée aussi, si je n’en avais pas été témoin !
J’ai connu Jean Bwejeri à l’Université de Louvain, au milieu des années 1990, dans la foulée du « génocide rwandais ». Boursier du gouvernement burundais, il était censé faire un doctorat en je-ne-sais quoi.
Seulement voilà, quand tu cherchais Jean Bwejeri, tu avais plus de chances de le trouver au comptoir de « Chez Gaston », le bistrot zaïrois branché du campus, que dans les amphis de sa faculté !
Personnage (très) court de taille mais « haut en couleurs », l’homme ne passait pas inaperçu. Rien à faire, tu devais absolument te pencher pour l’écouter vociférer, à longueur de soirée et de verres de jupiler, sa haine viscérale contre des Hutus !
Plus rigolo que vraiment énervant, c’était le genre de raciste minable dont t’avais envie de remplir le verre, pour qu’il en rajoute encore une couche…
Nous n’avons rien vu venir !
Un bon matin, la nouvelle tomba que le petit tutsi burundais malade de l’ethnisme, ivrogne et tête de « vache qui rit », s’était fendu d’une thèse volumineuse !
Hypothèse, confirmée hâtivement par ses soins sans démonstration scientifique : les Tutsi des Grands Lacs constituent la nième tribu d’Israël, descendants du Roi David, et installés depuis des millénaires sur la terre bénie de Havila…et bla, et blabla !
Contre toute attente, Jean Bwejeri ne tarda pas à faire des émules : plusieurs jeunes tutsis rwandais et burundais se laissèrent aussitôt pousser la barbe longue, et commencèrent à déambuler dans les rues de LLN et Bruxelles, arborant le petit bonnet juif sur le crâne, et portant de petits bâtons bizarres…!
Tout ce folklore faisait rire tout le monde, jusqu’au jour où on s’arrêta net de rigoler : tous frais payés, Bwejeri venait de se faire inviter à un Congrès Juif à New York, où il exposa sa thèse et fut acclamé !
Au terme du congrès, Jean Bwejeri reçut une assistance matérielle et en ressources humaines, pour l’aider à poursuivre ses recherches…
Plus tard, j’appris que Jean Bwejeri s’était envolé, avec femme et enfants, pour s’installer aux States…histoire de se rapprocher de la plus puissante communauté juive de la planète !
LE « PROJET OUGANDA »
Le sixième congrès de l’Agence Juive Mondiale, organisation rassemblant toutes les tendances du sionisme planétaire, s’est tenu dans la ville suisse de Bâle en août 1903.
Principal point à l’ordre du jour : discuter du « projet Ouganda », cette idée d’installer le futur état juif sur un territoire de 8000kms carrés, mis à disposition par la puissance coloniale britannique, et situé alors à cheval entre l’Ouganda et le Kenya.
Au terme d’un débat long et houleux, le projet Ouganda fut rejeté in extremis en faveur de la Palestine, mais un « Mouvement territorialiste », farouchement favorable au projet, fit cessession dans la foulée….
Plus tard, environ 150 familles juives européennes émigrerent au Kenya, et s’y trouvent toujours….
DU DÉLIRE À LA CONSCIENCE?
Des signes persistants semblent indiquer que Jean Bwejeri n’est pas un petit illuminé isolé et sans intérêt.
Au printemps de l’année dernière, dans la foulée de l’ouverture en grande pompe de l’ambassade israélienne à Kigali, le président de l’association Ibuka déclarait : « …les présumés génocidaires hutu blanchis par la justice des pays démocratiques où ils sont installés, nous devons les traquer et les déstabiliser, imitant en cela nos frères juifs… »
Pendant les négociations burundaises de paix à Arusha, quelques partis tutsis ont sérieusement revendiqué les origines juives du Peuple tutsi, appelant à ce que ce fait soit » considéré »!
Sur les réseaux sociaux, on entend et on lit des leaders d’opinion Banyamulenge (tutsis du Congo) brandissant fièrement l’ascendance juive de leur peuple !…..
UNE » PROFONDEUR AFRICAINE » D’ISRAËL?
Ce développement apparent de la « conscience juive » dans la région s’accompagne d’un activisme, tout aussi inédit, de l’état d’Israël et des lobbies juifs,au Rwanda et dans tous les pays voisins.
Il y a environ cinq ans, le président rwandais Paul Kagame effectuait une visite d’état en Israël, où il fut reçu comme un grand, conjointement par le Premier ministre et le président.
Dans son discours, le Président de l’état juif insista sur l’histoire douloureuse et commune des deux peuples tutsi et juif, avant de passer le témoin à Benjamin Netanyahu, qui conclut en substance: « …mon cher ami Kagame, Israël a décidé de revenir en Afrique par la grande porte. Tu m’avais promis de m’aider dans cette entreprise, et tu es entrain d’y arriver ! »
Le Rwanda Development Board, la plate forme qui coordonne toutes les institutions de l’économie rwandaise, est dirigé par un homme d’affaires israélien, ancien financier du Likud. Il est chargé, depuis peu, de former le fils aîné du Président, officier militaire de son état, aux arcanes de la haute gestion économique et financière…
En 1994, juste après la guerre et le génocide des Tutsi, je me souviens avoir tiqué en lisant, sous la plume de Colette Braeckman, que plusieurs agents du Mossad israélien avaient séjourné à l’hôtel des Milles Collines, un peu avant et un peu après la chute de l’avion de feu Juvenal Habyarimana!
Plus tard, on a découvert dans la presse qu’une ONG israélienne avait un temps « opéré » dans les camps de réfugiés rwandais au Zaïre, elle aussi truffée d’agents du Mossad…
Dans une de ses interviews, le journaliste français d’ investigation Pierre Péan, auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le « drame » des Grands Lacs de ces trois dernières décennies, déclarait : « …je me suis toujours demandé la raison de l’acharnement contre moi des milieux juifs de France dans cette affaire; avant de découvrir que cette région est envisagée désormais comme la profondeur africaine d’Israël… »
Dans son édition du 24/05/2020, le journal The Chronicles, s’appuyant sur le rapport de l’auditeur général rwandais, révèle que les institutions gouvernementales dépensent chaque année des milliards de francs rwandais, souvent de manière injustifiés, signe d’un gaspillage effarant des deniers publics. Le journal est d’avis que ce « modèle » doit être abandonné, non seulement pour éviter de telles dépenses excessives à l’avenir, mais aussi pour regagner la confiance des citoyens.
Des exemples de cette mauvaise gestion sont légion : certains projets qui, au départ étaient estimés 1,5 milliards de francs rwandais, ont coûté 3 milliards sans aucun justificatif. Un autre marché avait été accordé à un fournisseur à 8 millions de FRW. Mais quand il a terminé les travaux, il a été payé plus de 79 millions de FRW.
Le journal parle d’une autre institution gouvernementale qui a opéré un dépassement de 831 millions de FRW sur son budget initial approuvé par le ministère des Finances.
Ces cas mis en en évidence ci-dessus ne sont pas de la fiction. Ils constituent un instantané d’un rapport de 1 739 pages de l’Auditeur général pour la période juin 2018-juin 2019. Le volumineux rapport a été remis au Parlement le 15 mai.
Le rapport détaille un gaspillage inimaginable de l’argent des contribuables. Les agences gouvernementales dépensent les maigres ressources dont dispose le pays, sans se soucier de la bonne gestion. C’est comme s’ils se disputaient qui ou quelle agence dépensera le plus.
La société parastatale de fournisseur d’eau, WASAC, est l’une des principales agences pointées du doigt dans le rapport. Elle a distribué des marchés pour six offres, pour lesquelles il a payé 6,25 milliards de RWF supplémentaires. Cela saute aux yeux. Il y a eu des magouilles de telle sorte que le PDG de WASAC, Ing. Aimé Muzola, a approuvé plus d’un milliard de francs de dépassement pour chaque projet.
Au cœur du scandale : Bernard Makuza, ancien Président du Sénat; Dr Ndayambaje Irenée, Directeur général de REB; Dr Conco Jeanine, ancienne Directrice générale de RBC; Dr James Gashumba, Vice-Chancelier de Rwanda Polytechnic; Ing. Aimé Muzola, Directeur général de WASAC; Richard Gasana, Maire du District de Gatsibo; Ndayambaje Godefroid, Maire du District de Ngororero; Rutaburingoga Jérôme, Maire du District de Gisagara; Sebutege Ange, Maire du District de Huye; Habyarimana Gilbert, Maire du District de Rubavu; Espérance Mukamana, Directrice générale de RLMUA [photo The Chronicles].
Le projet en question était intitulé : Conception, réhabilitation, mise à niveau et extension du réseau d’approvisionnement en eau dans six (6) villes satellites (Huye, Muhanga, Musanze, Nyagatare, Rubavu et Rusizi). Le projet a été divisé en 6 lots (appels d’offres différents). La vérificatrice générale a constaté de nombreuses irrégularités dans chacune des offres.
Les irrégularités comprennent : les offres attribuées sans entreprendre d’études de faisabilité indépendantes du projet; attribuer la conception, la réhabilitation, la modernisation et l’extension du réseau d’approvisionnement en eau à un seul entrepreneur; et de longs retards dans le processus d’appel d’offres entraînant l’expiration des offres.
Ce projet ci-dessus n’est pas le seul de WASAC à avoir élaboré des offres douteuses. En fait, l’auditeur général a consacré près de 30 pages du rapport à la mise en évidence des préoccupations dans les appels d’offres lancés par WASAC et au total, 87 pages concernent ses différentes sortes d’irrégularités dans les dépenses de son budget de fonctionnement. Au Parlement, l’auditeur général Biraro Obadiah a décrit l’attitude de WASAC comme « exceptionnelle » dans la façon dont il abuse de l’argent des contribuables.
Même dans les plus hautes institutions au sommet de l’Etat, la mauvaise gestion est une règle. Ainsi, au Sénat, la chambre haute du Parlement, où l’on pouvait s’attendre à une stricte adhésion aux lois et règlements, il ressort du rapport que le payement des appels d’offres lancés ont été multipliés par 5 lors des décaissements. Le trop-payé ne s’est pas produit avec un seul marché ou deux appels d’offres. Non! Le dépassement des prix des activités s’est produit avec 3 trois appels d’offres différents. À l’époque, Bernard Makuza, également ancien Premier ministre, était président du Sénat. L’auditeur général a constaté que pour les trois appels d’offres, le Sénat prévoyait de payer un total de 8,2 millions de FRW. Mais, à la fin des contrats, il a payé 79,3 millions de FRW, soit une augmentation de de l’ordre de 900% !
Dans une autre société paraétatique « Rwanda Biomedical Center » (RBC), une agence autonome du ministère de la Santé et qui dirige actuellement la gestion de la pandémie de COVID-19, la façon dont l’argent des contribuables y est utilisé est ahurissante.
Au cours de la période de juin 2018 à juin 2019, il a lancé quatre appels d’offres, pour un total de 197,2 millions de FRW. Les travaux ont été achevés après avoir a payé Rwf 866,9 millions FRW, soit une excédent de plus de 669,6 millions FRW. À l’époque, RBC était dirigée par le Dr Conco Jeanine.
Le gaspillage n’a pas été relevé au niveau du gouvernement central seulement. Au niveau des entités locales, c’est encore pire. Le district de Rubavu, l’une des villes relativement grandes de Gisenyi, également limitrophe de la RD Congo, a déboursé des sommes excessives pour divers projets. La ville a trop-payé dans 17 appels d’offres. Alors qu’au départ le marché avait été conclu pour un budget total de 1,57 milliard de francs rwandais, le rapport de l’auditeur général a constaté que Rubavu a déboursé une somme supplémentaire de 1,48 milliard, soit une augmentation de 95%, approuvée illégalement par le maire Habyarimana Gilbert et son équipe.
Dans le district de Gatsibo, dans l’est du Rwanda, dirigée par Richard Gasana, quatre appels d’offres ont été lancés pour un total de 871,6 millions de FRW. A la fin des travaux, la somme payée s’élevait à près de 1,8 milliard de FRW, soit plus de 831 millions de plus que la somme initiale.
Très heureuse d’apprendre votre élection au poste du chef de la magistrature suprême de la République du Burundi lors du scrutin du 20/05/2020, en mon nom personnel, et au nom des membres du parti ISHEMA dont la présidence m’est confiée, je vous adresse toutes nos félicitations.
Monsieur le Président,
Dans notre communiqué de presse No ISH 2020/05/005 du 20 mai 2020sur les élections burundaises, nous avons exprimé notre satisfaction quant aux circonstances dans lesquelles se sont déroulées les élections, plus particulièrement, l’ouverture d’esprit et l’aspiration à la démocratie du peuple burundais. Le choix de votre personne à la présidence du pays vient confirmer, une fois de plus, un niveau très élevé de discernement, d’appréhension des enjeux politiques nationaux, régionaux, et internationaux du peuple burundais ainsi que leur engagement à l’intérêt général de la nation.
Contrairement au Rwanda, les élections communales, législatives et présidentielles constituent un test démocratique réussi pour le Burundi et tous les Burundais. Que la volonté et la grande confiance exprimées par vos concitoyens vous soient une inspiration pour mener avec succès les objectifs que vous vous êtes fixés dans la poursuite du processus de développement durable, du bien-être et de la sécurité de tout le peuple Burundais.
Je ne doute pas que très bientôt l’amitié et la coopération entre les citoyens Burundais et Rwandais vont reprendre et se renforcer dans l’intérêt commun de nos deux pays.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute et cordiale considération.
Sur son site web, Rwanda Broadcasting Agency (RBA) a sorti une liste d’une trentaine de médecins de l’Hôpital universitaire de Butare censés avoir participé dans le génocide rwandais de 1994. Cette liste est un recyclage d’une vieille liste sortie par une certaine Rakiya Omaar d’Africa Rights et qui était payée par le gouvernement rwandais pour fabriquer ces accusations. Les compromissions entre Rakiya Omaar et le FPR furent découvertes et étalés au grand public. Prise de honte, elle qui se disait militer pour les droits de l’homme, Rakiya Omaar disparut dans la nature. Que Jean Damascène Bizimana du CNLG (Commission nationale de lutte contre le génocide) sorte de nouveau la liste, c’est de bonne guerre mais ça ne convainc personne. C’est plutôt la loi du moindre effort et une façon ostentatoire de montrer qu’il travaille et que le budget colossal alloué au Centre qu’il préside se justifie.
Une petite historique de l’usage de listes montre que le FPR (Front patriotique rwandais, parti au pouvoir au Rwanda) y fait régulièrement recours pour traquer ses opposants politiques ou ceux dont il soupçonne de n’être pas d’accord avec sa politique. Il a donc imaginé ce raccourci de listes de « génocidaires ». C’est une arme politique redoutable et qui a été utilisée avec succès par l’UNAR (Union Nationale Rwandaise) ancêtre du FPR.
L’usage de listes à des fins criminelles date de novembre 1959. Cette année, des extrémistes du parti UNAR (Union Nationale Rwandaise, ancêtre du FPR) y ont eu recours pour désigner les Hutu à abattre. Ceux qui avaient commencé à manifester leur ras-le-bol avec le système féodal en vigueur furent listés et qualifiés d’« abaporosoma », membres du parti APROSOMA (Association pour la Promotion Sociale de la Masse) de Joseph Habyarimana Gitera (Temps Nouveaux, 1/11/1959). Il est vrai que bon nombre des ces avant-gardistes étaient des leaders de ce parti. Ils furent pourchassés et assassinés atrocement.
Le système de listes ayant fait ses preuves, il fut adopté par le FPR durant la préparation de la guerre. Ainsi, parallèlement aux attaques qu’il menait, le FPR élaborait des listes des personnes à abattre. Déjà en mars 1993, en pleine négociation d’Arusha, il avait fourni une liste des autorités administratives et politiques à relever de leurs fonctions. La plupart ont été assassinées. Après la descente de l’avion du Président Habyarimana, tout au début du mois d’avril 1994, le FPR envoya à bon nombre de pays et de chancelleries ce qu’il appela la « CDR list », contenant selon lui les noms de ceux qui étaient impliqués dans des massacres. La liste comprend même des personnes inexistantes ou qui ne vivaient pas au pays depuis de longues années.
Après sa prise de pouvoir en 1994, le FPR officialisa le système de listes. En 1995, un projet de loi révisant le code pénal pour y introduire le crime de génocide fut préparé par feu Alphonse Marie Nkubito, alors ministre de la justice. Parallèlement, un autre projet fut initié par les services du FPR. Ils proposaient la mise sur liste des suspects du génocide, leur catégorisation et le principe de plaidoyer de culpabilité. Pour donner une force à son projet et enterrer celui du ministère de la justice, le FPR organisa à Kigali un symposium international en décembre 1995 dont les recommandations allaient dans le sens de son projet de loi. Après l’éviction de Nkubito, sa remplaçante, Marthe Mukamurenzi, endossa le projet mais au moment d’aller le défendre au Parlement, elle fut remplacée par Charles Muligande, alors Ministre des Transports et Secrétaire Général du FPR.
Sitôt arrivé à Kigali, le FPR lança une liste de 428 personnes. Elle fut revue et enrichie jusqu’à 1946 personnes et publiée au Journal Officiel la République Rwandaise comme « Liste n°1 de la première catégorie prescrite par la loi organique n°8/96 du 30/08/1996 ».
La liste du 30/08/1996, comme par ailleurs toutes les précédentes, condamne avant même de juger et pêche contre le principe de la présomption d’innocence. Elle a fait des ravages en particulier dans l’intelligentsia hutu. Pourtant, les critiques qui lui sont faites lui ôte pratiquement toute sa valeur.
En effet, on y retrouve par exemple des personnes mortes avant 1990 et d’autres mortes avant 1994. Parmi celles-ci se retrouvent même des victimes du FPR d’avril 1994 dont notamment Théoneste Mujyanama assassiné par le FPR à Kigali, ancien ministre de la justice; Sylvestre Baliyanga, ancien Préfet de Kibuye et de Ruhengeri, assassiné par le FPR avec sa famille chez lui à Remera, à Kigali; Jean Hategekimana, ancien Président du Tribunal de Première Instance de Kigali et sa famille assassinés par le FPR à Kigali.
La liste contient aussi par des fautes de forme inexcusables dans une matière aussi grave. A certains endroits, la numérotation manque ou les numéros sont repris deux fois. L’identification des personnes est incomplète vu qu’elle ne fait mention, dans la plupart des cas, que des noms et prénoms sans autres coordonnées. Certaines personnes sont même identifiées uniquement par leurs prénoms. A certains numéros, on retrouve les mêmes personnes mais identifiées avec des données différentes.
Appelé à s’expliquer par une certaine opinion nationale choquée par la grossièreté des erreurs de la liste qui dépassaient tout entendement, le Procureur Général Siméon Rwagasore, signataire de la liste, a été obligé d’avouer, dans une interview au journal Intego (n° 25, décembre II, 1996), que la liste n’avait pas la valeur qu’on voulait lui prêter. Pourtant au Rwanda, des centaines de personnes ont été arrêtées et emprisonnées par le fait même qu’elles figuraient sur la liste, malgré des discours officiels rassurants (Amiel Nkuliza, Le Partisan, n° 40, janvier 1997).
Fort heureusement, certains Etats démocratiques se sont aperçus du manque de sérieux de cette liste et ont accordé l’asile politique à certaines personnes qu’elle reprend. Pouvait-il en être autrement puisque même le pouvoir de Kigali a affecté aux hautes fonctions des personnalités figurant sur la liste.
La liste du 30/08/1996 a été actualisée le 31 décembre 1999. Elle contenait les mêmes erreurs que la précédente malgré un vernis qui ne pouvait tromper personne. Elle pêchait toujours contre la présomption d’innocence. Elle condamnait avant jugement.
La liste mentionnait même le nom de Juvénal Habyarimana. Pourtant le FPR est désigné par plusieurs sources comme le commanditaire de son assassinat.
Le 19 mars 2001 la liste fut portée à 2898 noms. 36 noms avaient disparu et 801 nouveaux noms y étaient apparus ; Pierre Célestin Rwigema qui a été chef du gouvernement du FPR pendant 5 ans y figurait en bonne place.
Leur rôle était de recenser les réfugiés hutu se trouvant dans ces pays. A partir des informations qu’ils transmettaient régulièrement, une liste de 93 hutu vivant à l’étranger fut élaborée et transmise à bon nombre de pays ainsi qu’à INTERPOL.
Le système de listes fut utilisé dans les Tribunaux Gacaca. Un million de personnes furent recensées : des hommes et des femmes encore valides, des leaders d’opinion, des intellectuels (enseignants, agronomes, infirmiers,…). Le même travail fut fait à l’étranger et la liste arrêtée contenait plus de 40000 personnes.
Le système de listes a fait ses preuves. Le FPR y fait recours pour maintenir et consolider son pouvoir dictatorial et criminel, en tentant d’intimider quiconque est susceptible de porter un jugement sur sa gestion bananière du pouvoir.